Quitter les monts d’automne – Emilie Querbalec

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Un solide roman de SF pendant 99% de sa longueur… mais une fin assez décevante

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un service de presse consenti par AMI. Un grand merci à Gilles Dumay !

quitter_monts_automneÉmilie Querbalec est une autrice française née au Japon (et on verra que la précision, loin d’être anecdotique, est au contraire d’importance). Quitter les monts d’automne, qui paraîtra le 2 septembre 2020 chez Albin Michel Imaginaire, est son deuxième roman (le précédent ayant été publié chez Nats éditions -connaît pas-). On pourrait presque dire de ce livre les mêmes choses que pour l’autre parution AMI qui aura lieu à cette date-là, à savoir La Marche du Levant de Léafar Izen : qu’ils sont plutôt classiques dans les tropes utilisés, que leur style est remarquable, qu’ils constituent de très bonnes portes d’entrée dans l’imaginaire pour de complets débutants (et c’est encore plus vrai pour l’ouvrage de Querbalec que pour celui d’Izen). Sauf qu’il y a une différence cruciale entre les deux : La Marche du Levant n’est pas toujours très convaincant au cours du récit mais se rattrape grâce à une fin assez magistrale, tandis que tout au contraire, Quitter les monts d’automne est franchement convaincant tout le long (bien qu’assez classique dans son intrigue et les tropes utilisés) mais voit sa fin abrupte et aux explications peu convaincantes ternir une impression d’ensemble qui était jusque là franchement positive (surtout que, vous commencez à me connaître, je suis rarement -et c’est un euphémisme- charmé par la SF française). Signalons pour terminer que ce roman ressemble encore à un autre titre AMI, Le livre de M de Peng Shepherd, dans le fait que la mémoire y a un rôle central.

Toutefois, et même s’il ne conviendra sans doute pas à tous les types de lectrices et de lecteurs, je reste persuadé qu’on tient là un titre globalement (et le terme a toute son importance ici) recommandable, et en tout cas, pour ma part, si je devais conseiller une des deux sorties d’AMI du 2 septembre plutôt que l’autre, ma préférence irait assez nettement vers le bouquin de Querbalec plutôt que vers celui d’Izen. Lire la suite

Vigilance – Robert J. Bennett

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Une des sorties de l’année ! 

vigilance_bennett_VFLe 27 août 2020, en plus des Agents de Dreamland dont je vous parlais hier, sortira dans la collection Une heure-lumière du Belial’ une longue novella (ou un roman pas si court, c’est comme vous voulez) signée Robert Jackson Bennett (qui est également l’auteur du très bon American Elsewhere et de l’excellent Foundryside), Vigilance. Si le texte de Kiernan est de très bonne qualité, celui de Bennett joue en revanche dans une tout autre catégorie, et se placera à mon sens parmi les sorties les plus marquantes de cette année 2020 (et quelle couverture d’Aurélien Police, simple mais élégante et résumant très efficacement en une image un des axes centraux du livre !).

J’ai, pour ma part, lu ce roman court à sa sortie en anglais, début 2019, et j’avais été frappé par sa qualité hors-norme. Vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page, mais, pour ceux qui en veulent un rapide résumé, voici quelle en était la conclusion : dans cette SF dystopique d’une grande habileté, profondeur et intelligence, Robert Jackson Bennett montre les dérives des médias, du surarmement des civils, de l’auto-défense et de l’informatisation à outrance lorsqu’une émission de télé-réalité organisant des tueries de masse contrôlées accouche d’un monstre. Pratiquement parfait de sa première à sa dernière ligne, Vigilance montre que cette dernière est de mise afin que l’Amérique ne forge pas elle-même l’arme qui va l’abattre. Bref, un texte salutaire et indispensable, sans nul doute une des sorties de l’année, et qui prouve que Bennett est aussi à l’aise dans la forme (pas si) courte que dans la longue qui a, d’habitude, sa préférence.

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L’œil d’Apophis – Numéro 17

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Eye_of_ApophisDix-septième numéro de la série d’articles L’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », pour lesquels on se dit « il faudra absolument que je le lise… un jour » alors qu’on ne le fait jamais, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans, recueils ou cycles : aujourd’hui, il s’agit de Schismatrice + de Bruce Sterling, de la trilogie Singularité de Robert J. Sawyer et de Mars de Ben Bova.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). Lire la suite

La fille automate – Paolo Bacigalupi

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Un roman qui me laisse une étrange impression

fille_automatePaolo Bacigalupi est un écrivain américain de SF mais aussi de Fantasy, genre dans lequel il m’avait particulièrement convaincu mais qui reste mineur dans sa bibliographie. J’ai donc voulu approfondir mon exploration de son domaine de prédilection, à savoir la Science-fiction à dominante environnementale, post-apocalyptique et orientée biotechnologies, en lisant son oeuvre phare, La fille automate, qui a obtenu la bagatelle du prix Hugo, du Locus, du Nebula et du John W. Campbell, excusez du peu ! Je suis donc parti confiant, ayant, de plus, déjà lu (et apprécié) l’auteur.

Je ressors cependant de ma lecture avec une impression assez étrange et, pour tout dire, mitigée. Oui, par bien des côtés, La fille automate est un admirable roman, qui méritait sa ribambelle de prix prestigieux, et son worldbuilding, ou du moins une partie de ce worldbuilding, n’est certainement pas étranger à l’affaire. Ce qui m’a principalement posé problème est qu’une autre partie de la construction de cet univers m’en a demandé beaucoup en terme de suspension d’incrédulité, beaucoup trop sans doute, et que n’ayant pu adhérer à certains des postulats de Bacigalupi, cela a eu un lourd retentissement sur le reste de ma lecture. Pour tout dire, j’ai presque eu, par moment, l’impression de plus lire une sorte de variante de Steampunk que le biopunk post-apo que j’attendais, même si sur bien d’autres points, celui-ci est incontestablement (et brillamment) présent. Lire la suite

Les portes de la délivrance – Peter Hamilton

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Un roman où Hamilton s’inspire beaucoup trop d’autres auteurs ou de ses propres romans, trop bavard, à la structure trop hachée, mais…

salvation_t1(Une version condensée de cette critique est parue dans le numéro 94 du magazine Bifrost. Elle est reproduite dans la rubrique « En conclusion », en fin d’article).

Après trois cycles dans l’univers du Commonwealth / du Vide, l’annonce du fait que la nouvelle trilogie de Peter Hamilton, Salvation, se situerait dans un contexte inédit a fait l’effet d’une bombe. Certes, La grande route du Nord partait théoriquement sur une base identique, mais dans les faits, elle montrait en fait un système de déplacement par Trous de ver très similaire à celui existant dans le cycle de Pandore. Les fans attendaient donc du britannique qu’il propose cette fois quelque chose d’inédit et de profondément différent. Autant le dire tout de suite, de ce point de vue là, c’est raté. Alors certes, dans l’univers de Salvation, on se déplace grâce à des portails à intrication quantique spatiale et pas basés sur des Trous de ver (enfin… non, rien), mais fondamentalement, les différences ne sont que cosmétiques, et ce nouveau roman comprend de nombreux personnages, éléments d’intrigue, de construction d’univers, etc, qui ressemblent d’une façon flagrante à ceux qu’on trouve dans divers autres romans de l’auteur. Et encore pire, celui-ci, comme dans La grande route du Nord, s’inspire lourdement d’autres écrivains, le tout concourant à une impression de manque flagrant d’originalité.

Ceci étant posé, est-ce un mauvais roman ? Oui et non. Même le manque de nouveauté mis à part, il est trop verbeux et a une structure trop convolutée pour pleinement convaincre. Il n’en reste pas moins que cela reste un New Space Opera comme seul Hamilton peut en forger, dont, de plus, la fin donne franchement envie de lire la suite. Je dirais donc que votre ressenti dépendra probablement de l’acuité de votre esprit critique ou de votre faculté à le mettre en sommeil (par opposition à une volonté de vous laisser porter par l’aventure) et de vos lectures antérieures (chez Hamilton ou les auteurs dont il s’est inspiré). Pour ma part, même si je déplore une ré-utilisation de vieilles recettes, les maladresses dans l’écriture et une exploitation assez opportuniste (selon moi) du combat social autour des pronoms de genre neutres, j’ai eu ma dose requise de sense of wonder et je lirai sans souci la suite. Lire la suite

Stormblood – Jeremy Szal

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Altered Carbon + The Expanse + Starship Troopers = Stormblood

StormbloodJeremy Szal est un jeune écrivain (25 ans) australien, dont Stormblood est à la fois le premier roman et le tome inaugural d’un cycle appelé The Common. Il a d’ailleurs le défaut commun aux premiers pas de nombreux auteurs, qu’ils soient français, anglo-saxons ou autres, à savoir une trop grosse proximité avec les inspirateurs qui ont poussé ladite personne à se mettre à écrire elle aussi. À vrai dire, on est même sur un des pires cas de ce « syndrome » auquel j’ai eu affaire, tant sur de nombreux plans, ce bouquin est une copie carbone (c’est le cas de le dire…) du Carbone modifié de Richard Morgan : même personnage d’ex-supersoldat originaire d’une planète mêlant populations slaves et japonaises, même mélange de roman d’enquête noir et de SF, même brutalité des combats, etc. Sauf qu’ici, cette influence est mélangée avec une emphase sur la vie dans un astéroïde et sur une biotechnologie d’origine extraterrestre qui a un très fort parfum de The Expanse (les livres ou la série), et qu’un côté très militaire où on nous parle souvent d’armures de combat évoluées évoque le Starship troopers de Robert Heinlein (et non pas l’étron cinématographique qu’en a tiré Verhoeven). Sans compter d’autres influences sur lesquelles je vais garder le silence pour ne pas spoiler. Sur le plan de l’originalité, donc, on repassera.

Si les problèmes de ce roman se limitaient à un souci d’originalité, mais que le reste était convaincant, j’aurais pu être bien plus enthousiaste que je ne l’ai été. Mais il y en a d’autres, à commencer par une intrigue à la structure répétitive, des personnages au comportement parfois assez étonnant, une géopolitique floue et un côté technologique à la dichotomie carrément étrange. En fin de compte, les points qui m’ont le plus convaincu sont une partie du Worldbuilding (tout ce qui concerne Compass), le côté militaire (les flashbacks pendant la guerre des Reapers), tout ce qui concerne l’armement (très bien fait) et la description des combats (notamment le très long affrontement final). J’ai donné à Stormblood la note de 3 étoiles sur Goodreads parce que 2 me paraissait un brin exagéré, mais honnêtement, on est plus sur du 2.25 / 2.5 qu’autre chose. Malgré ce jugement quelque peu sévère, j’ai été assez convaincu pour donner sa chance au tome 2 quand il sortira, sans en faire une priorité et en espérant que Jeremy Szal aura amélioré certains pans de son écriture d’ici là. On espère aussi que l’illustration de couverture dudit tome 2 sera à la fois plus esthétique et surtout aura un rapport avec l’histoire, parce que là, c’est loin d’être évident. Mais bon, les goûts et les couleurs, hein… Lire la suite

Firewalkers – Adrian Tchaikovsky

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Pas convaincu. Du tout.

firewalkersAprès six mois sans nouvelle publication de roman, court ou long, ce qui, pour lui, est une éternité (on aimerait que les Martin, Lynch et Rothfuss en prennent de la graine…), Adrian Tchaikovsky nous revient le 12 Mai avec une novella de 185 pages, Firewalkers. J’en profite aussi pour vous signaler que son prochain roman proprement dit, The doors of Eden (qui parle d’univers parallèles), initialement prévu le 26 mai, est repoussé au mois d’août.

Il est visible qu’avec ses dernières productions en SF, l’auteur explore petit à petit tous les sous-genres de cette dernière, tels que la Terre Mourante avec Cage of souls ou la science-fiction horrifique avec Walking to Aldebaran. Avec Firewalkers, il s’attaque cette fois au post-apocalyptique / la Cli-Fi et à la dystopie (il y a une petite élite qui peut fuir en orbite vers de luxueux vaisseaux-mondes, et tous les autres qui sont obligés de griller à petit feu sur le plancher des vaches : il y a un mot pour cela, génocide). Et vaguement au thème des vaisseaux-mondes, plus un autre trope SF dont je ne dirai rien pour ne pas divulgacher.

Disons-le tout net, Firewalkers ne m’a pas convaincu : il met pas mal de temps à dévoiler son axe central (qui n’est ni dystopique, ni lié à la Cli-FI ou aux vaisseaux-mondes, enfin pas directement, disons), et une fois que c’est fait, il demande une suspension d’incrédulité bien trop forte à mon goût. L’intrigue et le worldbuilding présentent bien trop de pièces qui ne s’emboîtent qu’en forçant carrément pour me convaincre. Sans compter que sur le fameux trope SF secret, d’autres ont déjà exploré la chose, et en beaucoup, beaucoup mieux. Bref, autant Tchaikovsky est capable de toucher au sublime dans la forme longue (comme dans la suite de Dans la toile du temps, le magistral Children of ruin), autant ses dernières productions dans la forme courte ont toujours quelque chose d’un peu bancal, voire même, dans le cas de Firewalkers, tout d’une Tour de Pise. Lire la suite

The human – Neal Asher

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Neal Asher repousse toutes les frontières de la SF

the_human_asherThe human est l’ultime roman de la trilogie Rise of the Jain (après The soldier et The warship), un sous-cycle qui s’inscrit dans le cadre beaucoup plus large de la saga Polity, qui compte donc désormais dix-huit livres, répartis en trois trilogies (Rise of the Jain, donc, Spatterjay et Transformation), une pentalogie (Agent Cormac) et quatre romans isolés mais se déroulant dans cet univers commun. Seuls deux de ces dix-huit bouquins ont été traduits en français (L’écorcheur, premier tome de Spatterjay, et le standalone Drone). Les sous-cycles et romans isolés, bien que partageant un cadre et souvent des personnages communs, étant réputés lisibles de façon indépendante (même si on y perd forcément car on ne saisit pas de subtiles références à des événements s’étant déroulés dans d’autres livres), j’ai commencé ma découverte de Polity en 2018 par The soldier, celui-ci présentant l’avantage de débuter une nouvelle histoire. Je savais, après ma lecture de Voyageurs (roman indépendant qui n’a rien à voir avec Polity), que Neal Asher était un excellent auteur de SF, mais j’avais tout de même été impressionné par l’énorme qualité de The soldier, sorte de version de la Culture de Iain M. Banks avec les curseurs scientifiques, militaires et transhumanistes poussés beaucoup plus loin que chez le regretté auteur écossais, et une prose particulièrement nerveuse et efficace. Pour patienter en attendant la sortie de The warship en 2019, j’avais alors repris le cycle Polity par l’autre bout, en lisant les autres romans dans l’ordre préconisé par la chronologie interne de cet univers (et pas par l’ordre de publication).

En ce mois de mai 2020, j’attendais donc The human avec impatience. Je savais qu’il allait être bon (aucun livre d’Asher n’est mauvais, même si certains sont plus aboutis ou intéressants que d’autres), mais rien ne m’avait préparé au choc absolu qu’a constitué sa lecture. Je le termine KO debout, sidéré par la façon dont Asher s’est transcendé avec cette dernière production. Car avec elle, il passe du statut de très bon auteur de SF à celui de titan digne de figurer au panthéon du genre, et pousse les curseurs scientifiques / transhumanistes / militaires au-delà des limites. Ce n’est pas « plus que de la SF », mais en revanche, c’est de la SF +++ : là où les autres auteurs écrivant dans les mêmes sous-genres que lui évoluent sur une échelle graduée jusqu’à 10, atteignant même 11 pour les plus audacieux, lui se balade au minimum à 12… voire 14. Sur 10. Bref, on tient là un roman absolument unique, sans conteste le chef d’oeuvre absolu de son auteur, une oeuvre qui redéfinit ce dont la science-fiction est capable de proposer quand elle est menée de main de maître. Lire la suite

Brass Man – Neal Asher

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Neal Asher fait son Excession

brass_man_asherBrass Man est le troisième des cinq tomes du cycle Agent Cormac (après Gridlinked et The line of Polity), qui fait lui-même partie de l’énorme saga Polity (dont nous allons très prochainement reparler sur ce blog, à l’occasion de la sortie d’un autre tome 3, celui du sous-cycle Rise of the Jain, à savoir The human). La postface nous apprend que le personnage de Mr Crane, le Golem (IA logée dans un corps robotique) au revêtement extérieur cuivré, ayant été massivement apprécié du lectorat du cycle, celui-ci a demandé à Neal Asher s’il pouvait le faire revenir. Donc Brass Man (« homme de laiton ») est en partie axé sur le retour du mutique Androïde, et sur une exploration de son passé doublée de ses nouvelles aventures dans le présent. Mieux encore, le début du roman poursuit aussi l’histoire du tome 2, The line of Polity, et réutilise certains de ses personnages secondaires. Mais un autre axe se dessine peu à peu : en effet, dans ce tome 3, le trésor que constitue la technologie Jain va, malgré ses dangers, attiser bien des convoitises, jusqu’à provoquer une scission là où le lecteur n’en imaginait pas vraiment une. Ce qui, il faut l’avouer, rappelle de façon suspecte un des axes majeurs de l’Excession de Iain M. Banks. Je vous parlais d’ailleurs, dans ma critique de The soldier, des convergences mais aussi des divergences entre la Culture et Polity, entre Banks et Asher.

Une fois fini, le roman laisse une bonne impression d’ensemble, un dernier tiers haletant rattrapant une mise en place un poil laborieuse et surtout une narration très éclatée au niveau des points de vue, des lieux, des époques et des ambiances. L’écriture d’Asher n’a pas encore atteint, au moment de la parution de Brass Man (2005), l’efficacité redoutable qui est aujourd’hui la sienne, mais il n’en est pas si loin, et quand elle fonctionne, elle le fait à 110%. Bref, si vous avez débuté le cycle Agent Cormac, aucune raison de se priver de ce troisième tome, bien au contraire. Pour ma part, outre la critique de The human le mois prochain, je vous proposerai en 2020, si le programme est respecté, celles des deux derniers volets de la pentalogie, puis celle de The technician, avant de continuer à explorer peu à peu cette énorme saga en 2021. Lire la suite

Iain M. Banks – Cycle de la Culture – Guide de lecture

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cropped-apophis-ra_symbolBien que le cycle de la Culture de Iain M. Banks (1954 – 2013) soit une des œuvres les plus importantes du New Space Opera et de la SF Transhumaniste, et plus généralement de la science-fiction dans son ensemble de ces trente dernières années, on s’aperçoit fréquemment que les lecteurs débutants n’en ont pas forcément entendu parler, et que beaucoup de fans de SF ne l’ont pas lu en entier. Il faut dire qu’il n’est pas toujours évident de savoir par quel bout l’attaquer, surtout compte tenu de l’assertion selon laquelle les tomes étant « indépendants », on peut les lire dans n’importe quel ordre (ce qui est souvent faux). Il était donc plus que temps d’essayer de débroussailler tout ça, en vous proposant un guide de lecture dans le même esprit que ceux déjà disponibles sur ce blog, qu’ils soient consacrés à Peter Hamilton ou à l’Honorverse de David Weber. Lire la suite