Recursion – Blake Crouch

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Déjà vu ain’t what it used to be ! *

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* Skyclad, 2000.

Recursion est le nouveau roman de Blake Crouch, dont je vous avais parlé il y a deux ans à l’occasion de la sortie française de Dark Matter. Même s’il ne constitue pas une suite de ce dernier, Recursion en partage pourtant certaines caractéristiques, comme l’exploitation de sous-genres classiques des littératures de l’imaginaire (même si ici, il ne s’agit pas tout à fait des mêmes), les grosses similitudes par rapport à un ou plusieurs romans emblématiques desdits sous-genres, la capacité à, malgré cela, plaire même à un lecteur expérimenté du fait d’une écriture très efficace, et peut-être surtout une thématique de fond, à savoir « Et si vous pouviez tout recommencer, avoir une vie différente, meilleure (ou pire…) ? ».

Mais peut-être surtout, ce nouveau bouquin partage avec Dark Matter une caractéristique très ennuyeuse pour un critique littéraire : il est, à la base, impossible à chroniquer correctement sans divulgacher. Pour le précédent roman de l’auteur, j’avais fait le choix de présenter succinctement l’histoire avant d’émettre un avertissement à l’intention du lecteur et d’en dire ensuite plus sur les ressorts de l’intrigue, les thématiques, les ressemblances avec d’autres œuvres, etc. Cette fois, je vais faire un choix différent : je vais vous donner la base de la base, puis vous dire deux mots très généraux et vous laisser découvrir le reste en lisant ce livre. Je dirais juste ceci : si vous avez un minimum d’expérience en littératures de l’imaginaire, rien qu’avec le titre, mon résumé et la couverture (version jaune), vous aurez déjà une bonne idée de quoi ça parle et surtout sur les traces de quel autre livre cela marche. Je vous donne un indice : les deux premières lettres du titre sont communes aux deux romans. Lire la suite

Skinner box – Carole Johnstone

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Une brillante nouvelle, entre Peter Watts et Frank Herbert

skinner_boxCarole Johnstone est une autrice écossaise, qui a obtenu le British Fantasy Award de la meilleure nouvelle en 2014. Déjà publiée par une dizaine d’éditeurs, elle nous propose aujourd’hui gratuitement (en anglais) une novelette (ou nouvelle longue, dans la terminologie française) sur cette page du site de Tor, une maison avec laquelle elle souhaitait travailler depuis longtemps.

Je ne lis pas tous les textes gratuits que Tor propose, faute de temps ou, parfois, de motivation si le résumé en 2-3 lignes donné par l’éditeur au début ne m’inspire pas. Mais en général, si je commence une nouvelle, je la termine. Celle-ci a cependant failli être l’exception : ses prémices ne me semblaient pas très réalistes, et l’info dump vraiment maladroit. Heureusement pour moi (et pour vous !), j’ai continué, et bien m’en a pris, car Skinner Box est au final un texte brillant, quelque part au carrefour entre certaines œuvres de Frank Herbert et surtout Peter Watts. Si vous êtes anglophone, je vous conseille donc vivement de lire cette novelette, dont j’espère sincèrement qu’elle sera traduite (je suis même prêt à m’en charger moi-même, avis aux éditeurs amateurs !). Lire la suite

Crystal Rain – Tobias S. Buckell

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Ou comment un empilement de tropes aboutit à un roman en un sens original, à défaut d’être passionnant

crystal_rainJe vous ai déjà un peu parlé de Tobias S. Buckell dans une précédente critique, où j’avais été impressionné par sa capacité à rivaliser, sur le plan littéraire, avec son co-auteur, le bien plus connu Paolo Bacigalupi. Je m’étais donc promis d’explorer plus avant sa bibliographie, ce qui n’a pas été chose aisée. Très peu de ses textes ont été traduits, et même en VO, on ne trouve pas forcément de versions électroniques. J’ai cependant réussi à mettre la main sur un exemplaire en français de Crystal Rain (car, oui, malgré son titre en anglais, il s’agit bel et bien d’un roman en VF), premier tome (et le seul traduit) de son cycle Xenowealth (et premier bouquin publié par l’auteur). Précisons toutefois que ce roman peut tout à fait se lire comme un stand-alone, et que les différents livres du cycle sont assez largement indépendants les uns des autres, en terme d’ambiance ou d’histoire (les 2 et 3 se déroulent en parallèle, par exemple).

Crystal Rain ayant bonne réputation en France (malgré un vilain 3.6 sur Goodreads ; mais bon, les différences entre les attentes des différents lectorats sont bien connues), et ayant déjà pu apprécier l’écriture de l’auteur, je me suis lancé dans ce livre avec enthousiasme, et en toute confiance. Et je dois dire que j’ai assez rapidement déchanté. Ce n’est pas que ce livre soit mauvais, mais il empile les tropes d’une façon un peu brouillonne, et met longtemps à devenir vraiment intéressant. Et ce même si l’univers, pourtant bâti sur des points qui, individuellement, sont du déjà vu, donne une impression d’ensemble plutôt originale. Au final, j’en ressors avec l’impression que Crystal Rain n’est qu’un long prologue pour le tome suivant, Ragamuffin, qui aurait eu, je pense, plus de chances de m’intéresser (et ce d’autant plus que certains témoignages sur Goodreads tendent à prouver qu’il est parfaitement lisible sans avoir lu son prédécesseur). Ce n’est pas un mauvais roman, surtout pour l’amateur d’exotisme, mais ce n’est certainement pas une claque non plus. Lire la suite

Walking to Aldebaran – Adrian Tchaikovsky

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Sur la route de brique jaune

walking_to_aldebaranWalking to Aldebaran est le tout nouveau roman court signé Adrian Tchaikovsky, publié chez Solaris en ce 28 mai 2019. Tout comme le récent Cage of souls, il remet au goût du jour de vieux tropes de la SF (nous allons en reparler), et comme Children of ruin, c’est un hommage à d’autres œuvres de l’imaginaire, qu’il s’agisse de romans, de films ou de séries. Car avec cette novella, Tchaikovsky réussit l’incroyable mélange du Magicien d’Oz, du mythe grec du Labyrinthe, de Cube 2 : Hypercube, de La grande porte de Frederik Pohl, de L’homme dans le Labyrinthe de Robert Silverberg, de la SF à Big Dumb Objects et du thème du « Piège cosmique », et peut-être surtout des chemins Silfens de Peter Hamilton. Très référencé, le livre cite ou évoque Frank Zappa, le Capitaine Kirk, Alien, 2001, Lovecraft, Blade runner et Star Wars. Même s’il joue sur le registre de l’Horreur, qu’elle soit cosmique ou gore, il n’est pourtant pas dépourvu d’humour, même s’il est parfois bien noir.

Étant donné que, depuis environ un an, Tchaikovsky a publié beaucoup, et des textes de qualité variable qui plus est (Children of ruin étant le meilleur, Cage of souls le pire, et The expert system’s brother restant relativement décevant), on aurait pu craindre qu’une novella si pleine de références et d’hommages à des livres / films / séries antérieurs soit trop peu originale pour convaincre. Et on ferait une erreur. Après tout, Dans la toile du temps était aussi lourdement influencé par David Brin, ce qui ne l’a pas empêché d’être un excellent roman. C’est aussi le cas ici. Au final, si vous aimez la SF à l’ancienne (ou qui en a le parfum, du moins) et l’horreur en science-fiction, et que vous êtes anglophone, vous auriez tout intérêt à jeter un coup d’œil à ce texte. Je ne le qualifierais pas de chef-d’oeuvre, contrairement à Children of ruin, mais il reste très intéressant à lire. Lire la suite

Diaspora – Greg Egan

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Le roman le plus ambitieux et le plus rempli de sense of wonder de toute l’histoire de la science-fiction

DiasporaVous avez découvert Greg Egan récemment, par exemple avec Zendegi, Cérès et Vesta, voire, si vous êtes anglophone, avec Perihelion Summer, et vous pensez connaître l’auteur ? Eh bien comme le disait un personnage d’une série récemment achevée (dans tous les sens du terme), « Tu ne sais rien, Jean Neige » (je francise). Dans ces textes, l’australien fait ce que j’appellerais de la « Light Hard SF », au mieux (et souvent presque de la Soft SF), ce qui est donc un ou plusieurs ordres de grandeur en-dessous de la complexité, de la difficulté et de l’ambition de la plupart de ses textes plus anciens (pour plus de détails, voir mon Guide de lecture de la Hard SF). Rien de tel ici : publié en 1997 en VO, Diaspora relève de cette pure ultra-Hard SF qui a fait connaître l’auteur. Ce qui veut dire que même si, pour moi, c’est sans aucun doute le livre le plus ambitieux et le plus rempli de sense of wonder de toute l’histoire de la Science-Fiction, il ne se destinera probablement pas à tous les profils de lecteur. Même si l’australien fait un notable effort à coups d’analogies, de visualisations et de métaphores pour rendre son propos compréhensible, qu’il y a une vraie intrigue et que le propos n’est pas froidement centré uniquement sur les sciences mais plutôt sur l’humain, c’est une SF d’un tel calibre que, comme, dans un sous-genre différent, Anatèm, elle se révélera à la fois exigeante mais aussi incomparablement gratifiante pour qui s’investira dans sa lecture.

Ceci étant posé, voilà une sortie à côté de laquelle il ne faut surtout pas passer, car je vous prie de croire que des livres de ce calibre, il n’en est publié le plus souvent qu’un par décennie, au mieux (le décalage entre la sortie en VO et la traduction a fait que nous en avons, avec Anatèm, eu deux en quelques mois, ce qui fait que nous vivons clairement ce que je n’hésite pas à appeler une époque bénie). J’ajoute que voilà un parfait exemple de la SF que moi, je veux lire : moins de Damasio, plus de Diaspora ! Lire la suite

Children of ruin – Adrian Tchaikovsky

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Partez à, hum, l’Aventure ! 

children_of_ruinSorti il y a tout juste une semaine, Children of ruin est à la fois le dernier texte en date signé Adrian Tchaikovsky (plus pour longtemps : le suivant, la novella Walking to Aldebaran, sort dans cinq jours -nous en reparlerons à ce moment là-), et surtout la suite de Children of time, plus connu en France sous le nom Dans la toile du temps. Ce dernier étant, à mon sens, un des livres de SF les plus marquants sortis ces dernières années, la barre était donc placée haut, ne serait-ce que pour faire aussi bien. Eh bien Tchaikovsky a réussi l’exploit de faire encore mieux. Si, si.

Si ce second tome reprend certains des fondamentaux et des influences (principalement David Brin) de son prédécesseur, il ajoute ou développe d’autres thématiques, ou encore des concepts créés par d’autres auteurs, le principal étant Greg Bear. De plus, au cours du livre, et particulièrement à la fin, il étend les limites de cet univers de façon de plus en plus vertigineuse. Ainsi, tout en se plaçant dans la continuité de Dans la toile du temps, il constitue aussi un roman qui, en terme d’atmosphère, de thèmes et de tropes, en est également parfois sensiblement différent. Une véritable prouesse !

Au final, si vous avez aimé le premier tome de ce qui est désormais un cycle (il semblerait que l’auteur ait « quelques idées » pour une suite potentielle -et la fin de ce tome 2 est un tel teasing que pour moi, il ne peut en être autrement-), vous devez absolument lire cette suite, dont la parution en français n’est clairement qu’une question de temps. Lire la suite

The warship – Neal Asher

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Statique mais dynamique

warship_asherThe warship est le nouveau roman de Neal Asher, le dix-septième (!) de la vaste saga Polity et le second du sous-cycle Rise of the Jain, après The soldier. Si vous suiviez déjà le blog l’année dernière à la même époque, vous vous souviendrez peut-être que ce dernier avait été une de mes plus grosses baffes de l’année, et m’avait (enfin, diront les mauvaises langues…) incité à lire ce cycle de référence en matière de New Space Opera, sorte de Culture de Iain M. Banks sous amphétamines, avec une GROSSE dose de SF militaire et de Hard SF dedans. Pour être honnête, si j’attendais évidemment la suite avec une grande impatience (à part Diaspora de Greg Egan et le Ada Palmer, c’est le roman que j’avais le plus hâte de lire cette année), je me doutais bien que l’effet de surprise étant passé et que cet opus étant le tome de transition d’une trilogie, ça n’allait pas forcément être une lecture aussi étourdissante. Eh bien je n’avais que partiellement raison, comme je vais vous l’expliquer plus en détails.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : on peut amèrement regretter que l’auteur ne soit plus traduit en France, parce que Asher est à la SF ce que Steven Erikson est à la Fantasy. Plus extrême dans son exploitation des technologies (de la magie / des dieux pour Erikson), plus épique dans sa description des combats, des décors ou des enjeux, plus noir, plus gore, vous prenant aux tripes plus vite, plus fort et plus définitivement que l’écrasante majorité des autres écrivains. Bref, si vous lisez l’anglais… Lire la suite

Réjouissez-vous – Steven Erikson

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L’Atalante surfe sur la vague Erikson

rejoice_erikson_VFAprès onze jours passés plongé dans les 1150 pages des Souvenirs de la glace de Steven Erikson pour Bifrost, j’émerge de ma caverne pour vous parler de la sortie en français, le 23 mai, d’un roman de SF, cette fois, signé… Steven Erikson (argh…), le bien mal nommé Réjouissez-vous. L’ayant lu en anglais (plus de détails dans ma critique), je peux en effet faire le constat suivant : Erikson, référence désormais incontournable de la Fantasy, n’est définitivement pas fait pour la SF, point. Son bouquin avait du potentiel (bien que dans un registre déjà très souvent visité, celui du premier contact avec la race aînée qui va faire franchir -dans la « douleur »- un nouveau paradigme / stade d’évolution à la civilisation humaine), certains passages sont très intéressants, mais ils sont noyés dans les opinions idéologiques / politiques et les inimitiés d’Erikson (dont tout le monde se fout), dans ses geekeries ou ses hommages à la SFFF canadienne (dont Robert J. Sawyer qui devient un personnage badass de premier plan !), dans des changements de point de vue incessants autant que le plus souvent inutiles, dans des longueurs qui noient complètement un message central qui aurait pourtant dû avoir un respectable impact (réflexion sur la nature humaine, les atavismes, la nature de nos sociétés, le viol, le capitalisme, etc), dans des changements de ton (sérieux / humoristique) et des fluctuations dans le niveau d’écriture (très bon / très mauvais) incessants, et finalement torpillés par une fin particulièrement frustrante, et une absence de twist qui aurait pu tout remettre en cause pour le plus grand bonheur d’un lecteur qui ne ressent pour seule émotion que de l’ennui depuis longtemps. En gros, après la découverte de la base lunaire des Gris, vous pouvez refermer votre bouquin, ça ne fait plus que tourner en rond et vous n’apprendrez rien de plus.

Bref, bien que je lui reconnaisse certaines qualités, je ne recommande pas la lecture de ce roman, les sorties beaucoup plus intéressantes ne manquant pas dans les semaines à venir (ahem, Diaspora, hum). Après, chacun fera la part des choses en fonction des arguments présentés dans ma critique, ce qui me déplaît pourrait au contraire être un gros point d’intérêt pour certains d’entre vous. Et si, donc, vous décidez d’acheter ce livre, et que vous souhaitez soutenir le blog, passez par un des liens affiliés suivants pour votre achat, cela n’entraînera pas de surcoût pour vous mais bénéficiera au Culte :

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Les meurtres de Molly Southbourne – Tade Thompson

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Prodigieux

molly_southbourne_thompsonTade Thompson est un psychiatre britannique originaire du Nigéria, où il a d’ailleurs vécu une vingtaine d’années après sa naissance à Londres, avant de revenir s’installer en Angleterre. En plus de ses aptitudes en matière d’écriture, il est aussi un illustrateur doué.

L’auteur a une grosse actualité cette année, aussi bien en VO qu’en VF : en effet, concernant cette dernière, en plus de la novella sortie chez le Belial’ dont je vais vous parler dans la suite de cet article, sont attendues respectivement le 24 avril et le 4 septembre les traductions des deux premiers tomes de son cycle Rosewater. Et dans la langue de Shakespeare, les sorties sont tout aussi alléchantes : le troisième tome dudit cycle, et peut-être surtout la très attendue suite des aventures de Molly Southbourne (en juillet). Bref, si vous suivez un minimum l’actualité de la SFF, il vous sera difficile d’échapper à Mr Thompson en 2019 !

Les meurtres de Molly Southbourne, donc, est la dernière novella en date parue dans la collection Une heure-lumière, qui est désormais devenue une référence incontournable en matière de format court. Illustré comme d’habitude avec brio par Aurélien Police, traduit avec sa maestria coutumière par Jean-Daniel Brèque, ce roman s’avère tout simplement prodigieux aussi bien sur la forme, fluide et très prenante, que sur le fond, d’une richesse peu commune. Signalons d’ailleurs une interview clôturant l’ouvrage, très intéressante et nous en apprenant beaucoup sur les influences et les intentions de l’auteur. Au final, je place ce texte dans le trio de tête au sein d’UHL, pour ma part, aux côtés de l’indétrônable L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu et de Retour sur Titan de Stephen Baxter. Et je ne saurais trop vous recommander sa lecture ! Lire la suite

Perihelion summer – Greg Egan

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Tristement banal

perihelion_summerPerihelion Summer est le nouveau roman court de SF de Greg Egan, paru hier chez Tor.com. Et je dis bien : « de SF », et non « de Hard SF », tant ce texte est représentatif de la production récente du mystérieux australien, qui, par rapport à ses œuvres les plus anciennes, a d’une part spectaculairement mis de l’eau dans son vin en rendant sa prose compréhensible pour tout le monde sur le plan scientifique, et s’est d’autre part réorienté vers des thèmes sociaux plus que vers un vertige technologique, philosophique, transhumaniste ou lié aux merveilles de l’univers. On se rappellera, par exemple, de Cérès et Vesta. Dans Perihelion Summer, cette tendance est poussée encore plus loin : certes, cette histoire met en jeu un trou noir, mais ce n’est clairement qu’un gadget servant à l’auteur à catalyser un changement climatique extrême (je vais y revenir). De fait, cette novella n’est pas vraiment de la Hard SF, mais un mélange de Climate Fiction et de Science-fiction post-apocalyptique (avec un certain aspect thriller), malheureusement tout ce qu’il y a de banal, de vu et de revu chez d’autres, et le plus souvent de façon bien plus détaillée, puisqu’un roman court n’offre évidemment pas la même place pour développer certains thèmes qu’un pavé de 500 pages ou pire, un cycle entier.

Au final, Perihelion Summer est un texte banal, tel que n’importe qui aurait pu l’écrire ou presque : si Greg Egan peut écrire de la cli-fi / du post-apo comme tout le monde, l’inverse n’est malheureusement pas vrai, tant un écrivain lambda ne saurait proposer l’ultra-Hard-SF vertigineuse avec laquelle l’australien nous régalait jadis. Et si c’est ce Greg Egan là que vous voulez lire, c’est vers la sortie française de Diaspora, le 30 mai, qu’il vous faudra vous tourner, mais clairement pas vers cette novella. Lire la suite