Man of war – Heidi Ruby Miller

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Une suite peu crédible

Je vous ai récemment parlé de Deux Faucons de l’autre Terre, roman de Philip José Farmer mettant en scène un héros haut en couleur, Two Hawks. Il se trouve qu’après avoir écrit, pour une des nombreuses anthologies rendant hommage à l’écrivain disparu en 2009, une nouvelle mettant en scène ledit personnage, l’autrice Heidi Ruby Miller a reçu l’autorisation des héritiers de Farmer d’écrire une suite en bonne et due forme, à la dimension d’une novella, des rocambolesques aventures de l’américain d’origine iroquoise. Cette suite, Man of war (A Two Hawks adventure), a été publiée en 2017. La nouvelle Dakota’s Gate de Miller s’y intègre, servant de prologue.

Si le roman de Farmer avait ses défauts, notamment certains points demandant un degré conséquent de suspension de l’incrédulité, sa suite rédigée par Miller n’est pas du même niveau de qualité. Elle fait longtemps illusion, faisant un peu grincer des dents, sonnant plus Pulp qu’autre chose, mais restant assez plaisante à lire, jusqu’à des scènes finales bancales sur le plan scientifique et offrant une révélation finale non seulement assez grotesque (quoique pas dénuée de sense of wonder, en un sens), mais venant, en plus, contredire un point capital du livre de Farmer. Bref, si vous êtes anglophone, avez lu avec plaisir le bouquin de Farmer et vous demandez s’il est pertinent de lire sa « suite », à mon humble avis vous pouvez vous dispenser sans regret de son achat et de sa lecture, même si ce court roman n’est pas franchement onéreux et est très vite lu. Lire la suite

Deux Faucons de l’autre Terre – Philip José Farmer

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Classique, parfois bancal, mais efficace

Deux faucons de l’autre Terre (oui, le titre est bizarre, mais pas de panique, vous allez comprendre) est un roman signé Philip José Farmer (1918-2009), plus connu pour ses cycles comme Le fleuve de l’éternité ou La saga des Hommes-dieux, ou son livre Les amants étrangers. L’ouvrage, paru dans la collection poche (Hélios) de chez Mnémos le 11 juin 2021, est en fait une traduction révisée (par Olivier « Le Janissaire » Bérenval) de Two Hawks from Earth (1979), texte qui est lui-même une édition révisée et étendue de The gate of time, publié en 1966. Ce dernier texte ayant déjà été traduit en français en 1983 par Fleuve noir sous le titre La porte du temps (ce qui fait donc de l’édition Mnémos la première version complète du roman disponible en français). C’est bon, vous suivez ?

Notez que l’autrice Heidi Ruby Miller a reçu, en 2017, l’autorisation des héritiers de Farmer d’écrire une suite officielle des aventures de Two Hawks, une novella appelée Man of war. Mais je n’en dis pas plus ici, car je vous reparlerai de ce court roman dès après-demain  😉

Si je ne placerais pas Deux faucons de l’autre Terre au panthéon des littératures de l’imaginaire (je vais vous expliquer pourquoi dans la suite de cet article), j’ai en revanche trouvé que c’était un roman agréable et surtout efficace, avec une dernière trentaine de pages assez bluffante. C’est un honnête bouquin, d’aventures essentiellement (même si le fond n’est absolument pas absent), « à l’ancienne », qui donne envie de lire la suite (ça tombe bien, comme nous l’avons vu, elle existe), qui ne laisse pas un souvenir désagréable une fois achevé, et ma foi, c’est bien tout ce qu’on demande à un achat en SFFF, non ? Mais justement, en parlant d’achat, 11.90 euros pour un livre de poche de 350 pages (il est épais et a l’air d’en faire plus, mais c’est parce que le papier me semble inhabituellement épais), je trouve ça un poil rude, sans pour autant être outrageusement exagéré. Mais bon, ça doit être parce que je suis habitué aux prix ridicules des VO en version électronique, dirons-nous. Lire la suite

Vision aveugle – Peter Watts

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La réédition tant attendue d’un chef-d’œuvre absolu !

vision_aveugleDepuis plusieurs années (la preuve), je vous parle de Vision aveugle de Peter Watts, qui est, immédiatement après Hypérion, le livre de SF le plus important dans mon panthéon personnel. Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que ce n’est pas le genre de « distinction » que j’attribue à la légère, ce qui devrait vous situer le niveau de l’ouvrage. Qui n’était plus disponible depuis, oh, plus que ça, mais que Monsieur Bélial’ a l’excellente initiative de rééditer le 23 septembre 2021, dans une nouvelle mouture illustrée par Manchu, préfacée par l’auteur en personne et agrémentée d’une nouvelle supplémentaire. Le fait que mon deuxième roman de science-fiction préféré ne bénéficie pas sur le Culte d’une critique en bonne et due forme aux standards actuels de ce blog étant une anomalie, j’ai décidé de la corriger et de vous donner, je l’espère (vraiment !) envie de découvrir ce livre incroyable.

Je viens de lire ce roman pour la troisième fois (dans son édition poche ; cet article sera mis à jour quand j’aurai accès à la nouvelle édition pour vous parler du paratexte), et même en connaissant les tenants et les aboutissants, eh bien ça a été à nouveau la claque. Là aussi, ça vous situe le niveau. Et cette relecture a été riche en nouveaux éléments d’analyse, car ayant lu la trilogie Rifteurs depuis la précédente (qui avait eu lieu un peu avant la sortie d’Échopraxie), j’ai pu percevoir des parallèles Vision Aveugle / Rifteurs qui m’avaient évidemment échappé avant. Mais de façon plus générale, je pense que, d’une part, un roman, quel qu’il soit, ne s’apprécie vraiment qu’à la relecture, et que d’autre part, Vision aveugle est d’une telle richesse et flamboyance que, ébahi et émerveillé par tant d’intelligence (j’y reviendrai) lors de la lecture initiale, la remarque est doublement valable pour les bouquins de sa trempe (la trilogie Martienne de Kim Stanley Robinson, etc). Bref, à lire… et à relire ! Lire la suite

Unity – Elly Bangs

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Un concurrent sérieux au titre de roman SF de l’année !

Elly Bangs est une autrice américaine basée à Seattle dont j’avais déjà lu la nouvelle Dandelion, qui nous offrait un incroyable voyage émotionnel, beaucoup d’humanité et une fin grandiose. Inutile de dire, donc que quand j’ai appris qu’elle sortait son premier roman, Unity, mi-avril, je me suis empressé de l’inscrire dans mon programme de lecture, même si divers facteurs ont fait que je n’ai pas pu le lire aussi près de sa parution que possible. Après l’avoir achevé, je suis absolument sidéré que ce livre n’ait pas eu plus d’écho que cela, car c’est, et de très loin, une de mes meilleures lectures SF récentes. J’imagine que, comme nous le verrons, il a peut-être pâti d’une première moitié qui ne reflète absolument pas la qualité (hallucinante) de la seconde, d’un manque de visibilité ou de notoriété de son autrice. Quoi qu’il en soit, j’espère que ma critique incitera les anglophones, parmi vous, à lire ce bouquin, et surtout l’édition française à s’y intéresser, tant il mériterait vraiment d’être traduit ! Car à nouveau, Bangs mêle Sense of wonder, émotion, humanité et une (pré-) fin très réussie en un mélange magistral (si on prend en compte la totalité du livre), qui plus est très en prise avec les préoccupations progressistes actuelles sans être non plus (trop) agressivement militant.

Inutile de dire qu’après deux textes (un court, puis un long) aussi réussis, je vais me jeter, à l’avenir, sur tout ce que publiera l’autrice, et ce d’autant plus qu’elle me sort, ainsi, d’une série de lectures VO qui ont rarement été enthousiasmantes. Lire la suite

Anthologie Apophienne – épisode 13

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce treizième épisode, nous allons parler d’une nouvelle et d’une novelette signées Isaac Asimov, ainsi que d’une novella écrite par Charles Stross. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

Les ténèbres hurlantes – Christopher Ruocchio

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Une des sorties récentes les plus marquantes en matière de Space Opera d’envergure

Le 2 juin dernier est sorti le roman Les ténèbres hurlantes de Christopher Ruocchio, second tome du cycle Le dévoreur de soleil, après L’empire du silence. Et la suite arrive très vite, puisque la VF du tome 3, Le démon blanc, sera publiée le premier septembre, tandis que la VO du tome 4, Kingdoms of death, paraîtra en mars 2022. Je signale aussi que l’auteur a écrit une (grosse) novella consacrée à Crispin Marlowe, The lesser devil, qui s’insère entre les deux premiers tomes du cycle.

Si L’empire du silence était, globalement, un bon roman mais qui n’était pas dépourvu de bien des défauts, sa suite est deux, voire trois divisions au-dessus, sans pour autant se débarrasser de certaines des dites maladresses, mais en les compensant très largement par d’énormes qualités (notamment une grande dramaturgie, une phénoménale intensité et une dimension grandiose). J’ai, pour ma part, lu Les ténèbres hurlantes en anglais il y a deux ans, et voici la conclusion de ma critique (que vous pouvez lire en intégralité sur cette page) : ce roman conserve certes quelques-uns des défauts de son prédécesseur (longueur et trop grand degré de copier-coller par rapport à Frank Herbert et Dan Simmons), mais propose surtout des scènes d’une prodigieuse intensité dramatique, un fond très solide, une fascinante allégorie de La divine comédie de Dante, d’excellents personnages et un fort sense of wonder. Ce qui, à mon sens, fait de lui une des sorties récentes les plus marquantes en matière de Space Opera d’envergure. Je ne saurais donc trop vous conseiller de le lire si vous avez apprécié le tome 1, et de lui donner tout de même sa chance même si L’empire du silence vous a laissé une impression mitigée.

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Panthéon Apophien – épisode 5

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cropped-apophis-ra_symbolSur ce blog, certains romans sont distingués par un tag prestigieux (si, si) : (roman) culte d’Apophis, qui représente une combinaison de coup de cœur hautement subjectif et surtout de ce que je pense être, objectivement, le meilleur de ce que les littératures de l’imaginaire ont à offrir. À la base, le tag a été attribué aux livres lus après la fondation du Culte, le 5 janvier 2016. Mais au fil des années, certains aponautes m’ont posé la question : et donc, quels sont les (romans) cultes d’Apophis lus avant cette date ? Eh bien la série dont fait partie le présent article, Panthéon Apophien, a précisément pour but de vous parler des cultes avant le Culte, entre 1985 et fin 2015. Chaque article vous présentera trois romans ou cycles, retraçant également en parallèle de façon plus ou moins chronologique (c’est loin, tout ça…) ce qu’a été mon parcours personnel de lecteur de SFFF et mon état d’esprit de l’époque.

Vous pouvez retrouver tous les autres articles de cette série sous ce tag ou sur cette page. Les romans cultes d’Apophis, pré- ou post-2016, sont listés sous cet autre tag. Lire la suite

How we lost the moon – Paul McAuley

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Un sacré Sense of wonder

How we lost the moon, a true story by Frank W. Allen est une nouvelle écrite en 1999 par Paul McAuley, et que l’on peut retrouver (en anglais) dans les anthologies suivantes. On peut aussi l’acheter sous forme audio (toujours dans la langue de Shakespeare). J’ai une relation assez compliquée avec l’auteur, puisque si le résumé de ses romans m’enthousiasme très souvent, j’en ressors en revanche systématiquement déçu (comme pour Féerie par exemple). J’ai donc voulu voir ce qu’il donnait dans la forme (très) courte, et je dois dire que là, j’en ressors nettement plus convaincu. À tel point que je me demande même si je ne vais pas finir par lire Le choix, un des plus anciens titres de la collection Une heure-lumière et un des rares sur lesquels j’ai fait l’impasse.

Le plus étonnant là-dedans est peut-être que cette nouvelle relève d’une Hard SF de compétition orientée physique de l’extrême, un registre littéraire auquel McAuley n’est pas forcément associé spontanément ou en premier par le lecteur de Science-Fiction moyen mais où, pourtant, il a parfaitement sa place, comme le prouve sans conteste ce texte. Si vous avez l’occasion de vous le procurer, je vous conseille vivement de le lire, vous ne perdrez vraiment pas votre temps et ferez l’expérience d’un beau Sense of wonder ! Lire la suite

Jack Four – Neal Asher

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Survivor

Jack Four est le dernier roman en date de Neal Asher, sorti le 10 juin 2021. Il s’inscrit au sein du vaste cycle Polity, mais n’est pas lié à un de ses sous-cycles : c’est un standalone, comme Prador Moon, Drone (bien que, pour ma part, je considère ce dernier comme le tome 0 du sous-cycle Agent Cormac), Hilldiggers et The technician (ces deux derniers seront critiqués sur ce blog avant fin 2022, normalement. Et en général, pour ce qui est des romans de Neal Asher, que je lis toujours avec grand plaisir, ces prédictions sont respectées). Ce qui veut dire que vous pouvez vous lancer dedans sans avoir rien lu d’autre, l’auteur expliquant d’ailleurs succinctement mais efficacement les bases de son univers (Prador – Polity – virus Spatterjay).

Après l’énormissime The human, sans nul doute le chef-d’œuvre d’Asher, je me demandais comment ce dernier allait pouvoir faire aussi bien, et je m’attendais donc « forcément » à quelque chose de moins bon. Si Jack Four n’est « évidemment » pas aussi bon, il reste tout de même très prenant (surtout dans sa première moitié, comme nous allons le voir), bien qu’à mon avis un peu trop long sur la fin, trop surchargé en combats dans sa deuxième moitié, et avec une révélation finale téléphonée. Pourtant, dans mon panthéon personnel, l’auteur britannique a su se faire une place au sein de mes valeurs sûres, aux côtés des David Weber et autres Peter Hamilton, des auteurs auxquels je reviens toujours avec plaisir et en toute confiance en sachant que même un roman « moyen » émanant de leur plume va me faire passer un très bon moment. Et cela a été le cas ici. Lire la suite

L’œil d’Apophis – Numéro 18

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Eye_of_ApophisDix-huitième numéro de la série d’articles L’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », pour lesquels on se dit « il faudra absolument que je le lise… un jour » alors qu’on ne le fait jamais, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans, recueils ou cycles : aujourd’hui, il s’agit d’Exultant de Stephen Baxter, de Destination : vide de Frank Herbert, et du cycle du Guerrier de Mars de Michael Moorcock.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’œuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). Lire la suite