The Black Hawks – David Wragg

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Surprenant

black_hawks_wraggAvant d’entamer une longue série de lectures SF (ou plus généralement non-Fantasy), je vais vous parler aujourd’hui de The Black Hawks, qui est à la fois le premier roman de l’auteur britannique David Wragg ainsi que le tome inaugural d’un cycle appelé Articles of faith. Mais pour vous parler de ce livre, il me faut vous expliquer de quelle manière je choisis mes futures lectures, ou plutôt la façon dont je fais le tri entre ce que je considère comme prioritaire et ce que je remets à plus tard (et ceux qui suivent le blog depuis longtemps savent que parfois, « plus tard » peut signifier plusieurs années). À la lecture du résumé (hop ; attention toutefois, je trouve qu’il en dévoile beaucoup), j’ai été interpellé par autant de points positifs que négatifs, les premiers venant surtout de la comparaison avec Abercrombie et Lynch, les seconds étant constitués par la mention d’un « morveux de prince » et d’un énième ersatz de La Compagnie Noire. J’étais donc prêt à repousser cette lecture aux calendes grecques quand j’ai vu qu’Ed « Blackwing » McDonald en avait écrit une critique franchement positive sur Goodreads. J’ai donc entamé cette lecture peu après la sortie du roman.

Au final, si je n’en ressors pas aussi convaincu que lui, et si cette lecture ne sera pas parmi mes plus marquantes en Fantasy cette année, elle ne s’est pour autant révélée ni désagréable, ni catastrophique, et en tout cas, elle a eu le mérite de s’avérer constamment surprenante. Il faut dire que la quatrième donne du bouquin une image relativement distordue, qui ne correspond pas vraiment à sa réalité. De plus, ça tient bien moins de la Compagnie Noire que d’une Fantasy politico-religieuse (certes Dark), et si les premières dizaines de pages m’ont presque conduit à abandonner l’ouvrage, la suite s’est avérée plus intéressante, et la fin assez étonnante m’a convaincu de lire la suite quand elle sortira. Et puis j’ai apprécié d’être constamment pris à contre-pied, chaque changement de cap du scénario s’avérant soit imprévisible, soit faussement prévisible, ce qui est presque plus intéressant. Bref, ce n’est pas un chef-d’oeuvre, c’est une (Low) Fantasy classique qui ne révolutionnera pas le genre, ni en terme taxonomique, ni via un worldbuilding qui se contente de faire le job et un magicbuilding totalement absent, mais si vous êtes à court de romans cultes en Fantasy, celui-ci n’est pas un mauvais candidat en tant que prochaine lecture potentielle. Lire la suite

The bone ships – R.J. Barker

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Ursula Le Guin (revue façon Dark Fantasy) + Patrick O’Brian = R.J. Barker !

bone_ships_barkerR.J. Barker est un auteur britannique, dont les deux premiers tomes de la trilogie Le royaume blessé ont été traduits en France par Bragelonne au moment où je rédige ces lignes (il faudra d’ailleurs que je me décide à lire le premier, mais ceci est un autre problème). The bone ships est son tout nouveau roman, et débute un cycle différent, appelé The Tide Child (du nom du navire qui est au centre de l’intrigue). Il s’inscrit dans une récente tendance, consistant, depuis la mort d’Ursula Le Guin, à proposer des univers de Fantasy inspirés par ou ressemblant à tel ou tel point de la saga Terremer, mais généralement avec une atmosphère très différente de celle des livres de l’autrice. J’aurai d’ailleurs l’occasion, en début d’année prochaine, de vous présenter un autre roman relevant de cette tendance émergente. Mais nous en reparlerons en temps et en heure. Pour l’occasion, j’ai créé un tag, Fantasy Le Guin-ienne, pour centraliser les romans plus ou moins inspirés par l’autrice (ou ressemblant en tout cas à son oeuvre), récents ou pas.

Mais revenons à nos moutons : si la ressemblance avec Terremer, qu’elle soit voulue ou fortuite, est incontestable, ce n’est pas la seule qui doit retenir l’attention. Car plusieurs éléments pointent aussi fortement vers Patrick O’Brian (R.J. Barker le citant d’ailleurs dans les remerciements), l’auteur de la saga de romans Historiques consacrés au personnage de Jack Aubrey (joué au cinéma par Russell Crowe dans le magistral film Master & Commander), depuis le surnom d’un des deux protagonistes jusqu’à l’ambiance, qu’elle concerne la vie quotidienne à bord d’un navire de guerre ou celle des combats. Mais je m’aperçois que j’ai presque oublié de vous mentionner un « détail » essentiel : si l’univers a un parfum Le Guin-ien, le traitement qui lui est appliqué est en revanche Dark Fantasy, et si nos héros sont à la barre d’un navire, celui-ci est fait… d’os de dragons des mers ! Inutile donc de vous dire que nous avons un worldbuilding qui, outre le fait qu’il soit très soigné, « claque » carrément, a une « gueule » terrible. Moorcockienne, presque. De ce point de vue là, le roman de Barker est donc une spectaculaire réussite. Toutefois, si je prends toutes les composantes de ce livre, il m’a manqué un petit quelque chose pour passer d’une bonne, voire très bonne impression d’ensemble, à un des romans « cultes » qui ont donné son nom à ce blog. Néanmoins, si vous êtes comme moi, et regrettez que la Fantasy maritime soit marginale, et / ou que vous souhaitiez voir un traitement Dark Fantasy de l’oeuvre phare (en Fantasy, du moins) d’Ursula Le Guin, voilà une lecture hautement recommandable ! Lire la suite

A little hatred – Joe Abercrombie

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Des évolutions d’un côté, de la stagnation de l’autre

a_little_hatred_abercrombieA little hatred est le tout nouveau roman de Joe Abercrombie, le premier d’une seconde trilogie (The age of madness) prenant place dans l’univers de la Première Loi et se déroulant 15 ans après la fin de Pays rouge (le plus avancé, dans la chronologie interne de ce contexte, des trois stand-alone faisant suite au cycle initial) et 28 après celle de Dernier Combat, le tome 3 dudit cycle. Les tomes 2 et 3 de cette seconde trilogie s’appelleront The trouble with peace et The beautiful machine, et sortiront respectivement en 2020 et 2021.

Bien que ce tome 1 puisse se lire sans avoir lu aucun des autres romans, ou bien seulement certains d’entre eux (moi-même, je n’ai pour l’instant lu aucun des stand-alone), le lecteur y perdra, car des tas de références à des événements ou des personnages passés vont lui échapper. Ce qui n’est d’ailleurs pas systématiquement un mal : en effet, il y a à un moment une grosse « révélation » concernant deux des personnages, qui ne pourra surprendre que quelqu’un qui n’a pas lu Dernier combat, mais que quelqu’un qui l’a fait connaîtra dès que l’auteur parlera de la relation les liant. Tout compte fait, je pense toutefois important d’avoir lu au moins la première trilogie avant de se lancer dans ce nouveau roman.

Et justement, comment se positionne ce début de cycle par rapport à son prédécesseur ? La réponse est assez dichotomique : d’un côté, il y a des évolutions aussi visibles que spectaculaires (en terme de rythme, de présence rapide de sexe et de violents combats, et de niveau technologique, notamment), mais de l’autre, fondamentalement Abercrombie nous rejoue quasiment la même partition, une génération plus tard dans la chronologie interne de cet univers. Sans compter un humour et de savoureux dialogues assez significativement moins présents. Toutefois, on apprécie de retrouver certains anciens personnages ou leurs descendants. Au final, si le bilan est mitigé, le bouquin reste agréable à lire et de qualité, et j’ai hâte de lire la suite, même si je placerais peut-être mes espoirs un niveau plus bas la prochaine fois.  Lire la suite

We are the dead – Mike Shackle

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Grim, grim, supergrim ! *

* comme aurait pu le dire le staff de Ruby Rhod.

we_are_the_deadMike Shackle est un auteur britannique vivant actuellement à Vancouver. We are the dead est son premier roman, ainsi que le tome inaugural d’un cycle appelé The last war. Alors que la tendance Hopepunk (SFF optimiste conçue comme une réponse au Grimdark) prend de plus en plus d’ampleur, Shackle va dans le sens opposé, proposant un bouquin qui ferait passer Le trône de fer pour une novélisation des Bisounours. En clair, il s’agit d’une Dark Fantasy extrême dans sa chronique sans concessions de ce qui arrive quand un pays est vaincu et livré à la cruauté et à la rapacité de ses ennemis jurés. D’ailleurs, un des Grands Maîtres du genre ne s’y est pas trompé ; voilà ce qu’en dit Glen Cook en personne : « Le meilleur livre que j’ai lu depuis des années. Erikson, Martin et Rothfuss vont devoir faire de la place au bar. Un joyau. » Pour ma part, je vous dirais que pour l’instant, c’est le meilleur roman de Fantasy que j’ai lu en 2019, avec The rage of dragons. Mais je vous conseillerai aussi, si vous lisez l’anglais, de bien être conscient de ce dans quoi vous vous engagez, car c’est vraiment un bouquin sans concessions (ou presque). Lire la suite

Crowfall – Ed McDonald

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Un grand final ! 

CrowfallCrowfall est le troisième tome du cycle Blackwing, les deux premiers ayant été traduits en français sous les titres La marque du corbeau et Le cri du corbeau. Rappelons qu’Ed McDonald a conçu la saga comme une trilogie mais n’a pas non plus exclu d’écrire d’autres romans situés dans le même univers, mais mettant cette fois en jeu un autre héros (de fait, la fin pourrait tout à fait aller dans ce sens).

Ne faisons pas durer le suspense, ce tome 3 est une fin tout à fait digne pour ce cycle, sans doute un des plus originaux et intéressants parus en Fantasy ces dernières années du fait de son univers absolument unique. Outre le fait qu’il boucle tous les arcs narratifs, il répond aussi à certaines questions qui se posaient (même inconsciemment) depuis le tome 1, densifiant encore plus un contexte déjà très fouillé. Il a aussi le mérite de montrer qu’on peut faire, comme l’a déclaré Mark Lawrence, du « Grimdark avec du cœur », puisque si ce roman peut être, tout le long, très noir, sa conclusion est, en revanche, magnifique. Bref, si vous avez apprécié les deux livres précédents, il n’y a a aucune raison pour que vous n’aimiez pas celui-là. En tout cas, j’ai hâte de voir ce que McDonald va proposer dans le futur, que sa production soit liée à cet univers ou pas (ce qui, quelque part, serait encore plus intéressant). Lire la suite

The ascent to godhood – Jy Yang

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Une nouvelle merveille

ascent_to_godhoodThe ascent to godhood est la quatrième novella du cycle Tensorate, par Jy Yang, après The black tides of HeavenThe red threads of Fortune et The descent of monsters. Rappelons que si Ken Liu est celui qui a formalisé le sous-genre du Silkpunk et son auteur le plus connu, il n’en revendique pas la paternité, et je considère que Yang lui est largement supérieur dans ce registre précis (même si Liu est meilleur dans d’autres domaines des littératures de l’imaginaire). Comme pour les autres romans courts de ce cycle, l’illustration de couverture est une fois de plus une pure oeuvre d’art.

Jy Yang a été nominé à tous les prix prestigieux depuis la sortie de The black tides of Heaven, mais n’a jusqu’ici rien gagné (ce qui, au vu de la faiblesse de certains des textes qui l’ont fait, est proprement sidérant, mais bon, les goûts et les couleurs…). On ose espérer que cette quatrième (et dernière ? J’espère que non !) novella va changer la donne. Car c’est pour moi, des quatre, la seconde meilleure, juste derrière Black tides. J’avais été légèrement déçu par The descent of monsters, mais là par contre, j’ai dévoré ce texte profondément à la fois humain… et inhumain !  Lire la suite

The border keeper – Kerstin Hall

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Un court roman absolument unique, que ce soit en terme d’atmosphère, de ressemblances (ou plutôt leur absence !) et de worldbuilding

boder_keeperKerstin Hall est une autrice sud-africaine, membre de l’équipe de Beneath Ceaseless Skies, dont la novella The border keeper est le premier roman (et, à peu de choses près, la première publication, si je me fie à Goodreads), mais, à mon humble avis (ou d’après celui de Max Gladstone, qui a encensé ce texte), certainement pas le dernier. Pour ma part, je serais un peu plus mesuré que l’américain, même si comme nous allons le voir, je reconnais à ce bouquin des qualités certaines, à commencer par son atmosphère unique.

Le résumé est faussement simple : on croit y deviner qu’un homme au passé et aux motifs mystérieux (ils mettront d’ailleurs -au moins- les deux tiers de la novella à se dévoiler complètement) demande à la gardienne de la frontière entre le royaume des vivants (Ahri) et celui des morts (Mkalis) de l’aider à retrouver une femme dans cet Enfer très hiérarchisé. On se dit donc que nous avons affaire à une catabase classique, dans la lignée de celle d’Orphée dans la mythologie grecque. Sauf que… on ne peut pas vraiment réduire tout cela à la recherche par le protagoniste de son Eurydice, et que l’inspiration de cet Au-delà n’a rien de grec, pas plus que sa très singulière géographie. Bref, on se gardera de toute idée préconçue, tant le worldbuilding forgé par Hall est tout à fait unique.

Au final, le plus gros reproche (à part une intrigue un poil floue) qu’on puisse faire à ce livre tient à sa brièveté : il aurait vraiment, vraiment fallu un roman de taille standard et pas une simple novella, tant on aurait aimé en voir et en savoir plus. En tout cas, pour une première publication dans le format (semi-)long, la sud-africaine démontre un potentiel certain, et ce sera clairement une autrice à suivre dans les années à venir (par contre, carton rouge pour la couverture, à la fois peu esthétique et donnant, je trouve, une image dangereusement Young Adult, ce que ce bouquin n’est absolument pas).  Lire la suite

The rage of dragons – Evan Winter

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Et j’aurai ma vengeance ! *

rage_of_dragons(* Gladiator)

The rage of dragons est le premier roman d’Evan Winter, auteur né en Angleterre de parents sud-américains et élevé en Afrique près du territoire de ses ancêtres Xhosa. C’est le tome inaugural d’un cycle, The Burning, qui en comptera quatre. Initialement auto-publié, ce livre est depuis peu édité par Orbit sous forme électronique, les versions physiques arrivant cet été. Il est présenté par l’éditeur comme un mélange entre Game of thrones et Gladiator (on peut d’ailleurs remarquer que la -très réussie- couverture de la version auto-éditée laissait peu de doutes sur la première de ces influences, tant elle a l’air de sortir tout droit de la série télévisée tirée des livres de G.R.R. Martin). L’illustration version Orbit, si elle est moins « percutante », a pour moi deux grosses qualités : premièrement, celle de plus insister sur l’influence africaine omniprésente dans le livre, et deuxièmement, démarquer un peu celui-ci de GoT, la série étant beaucoup moins en odeur de sainteté ces derniers temps et surtout son influence étant, à mon avis, plutôt modeste par rapport à celle de la culture Xhosa ou même de Gladiator.

Avec des références aussi prestigieuses que la meilleure série de Fantasy de l’Histoire et un film à succès signé Ridley Scott, on peut légitimement s’interroger sur l’originalité de la chose, et se demander, de plus, si l’auteur arrivera à un niveau de qualité justifiant pareilles comparaisons. Et on se pose encore plus de questions quand on commence à un peu avancer dans le livre, et qu’on analyse certains des tropes ou mécanismes utilisés, qui paraissent initialement beaucoup trop classiques (récit initiatique, vengeance). On commence donc à craindre un roman ennuyeux et stéréotypé, même si le cadre pseudo-africain dans un monde secondaire n’est pas très fréquent en Fantasy. Seulement voilà, on se rend rapidement compte que l’auteur n’introduit certains clichés que pour mieux les subvertir, et que surtout, il possède une écriture d’une redoutable efficacité, combinant des scènes épiques très cinématographiques, d’autres plus intimes d’une rare puissance dramatique et émotionnelle, et une faculté à prendre son lecteur aux tripes d’une force peu commune. Donc certes, comme du John Gwynne, voire du Peter A. Flannery (mais dans le registre de la Sword & Sorcery plutôt que de la High Fantasy), c’est classique sur certains plans (mais pas du tout sur d’autres, le plus visible étant le worldbuilding), mais ce qui compte, c’est qu’une fois ce livre commencé, et surtout un certain événement passé, vous ne pourrez plus le lâcher ! La référence de la fantasy africaine, Imaro de Charles Saunders, a donc un nouveau et redoutable concurrent.  Lire la suite

Uncanny Collateral – Brian McClellan

22

Un nouveau sous-genre : la Troll-Hipster-Fantasy ! 

uncanny_collateralUncanny Collateral est une novella d’Urban Fantasy de 151 pages sortie hier qui… Comment ? Oui, vous êtes bien sur le Culte d’Apophis, pourquoi ? Vous dites ? De l’Urban Fantasy sur le Culte, mais bien sûr, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ? Oui, je sais que le 1er avril est passé. Non, ce n’est pas une blague. Ah mais oui, pardon, j’aurais dû commencer par là. Attendez, vous allez mieux comprendre. Uncanny Collateral, donc, est une novella ÉCRITE PAR BRIAN McCLELLAN (et auto-éditée par lui) et relevant de l’Urban Fantasy. Ce qui pose d’ailleurs d’intéressantes questions phylogéniques lorsqu’on se penche sur l’évolution de cet auteur. Mais j’y reviendrai.

Ce roman court est le premier d’un cycle, appelé Valkyrie Collections (du nom de la société pour laquelle bosse le héros). Et avec lui, on sent que McClellan a voulu proposer quelque chose de plus fun que ses précédentes séries ou stand-alone, que ce soit les deux trilogies des Poudremages ou War Cry. Parce qu’outre le sous-genre (Flintlock Fantasy pour les Poudremages, Arcanepunk pour War Cry, Urban Fantasy ici), outre le fait que cette fois, l’action ne se passe pas dans un monde secondaire (imaginaire) mais aux USA de nos jours, une grosse différence est à la fois l’absence de cadre militaire qui était jusque là systématique chez l’auteur et surtout un ton bien plus léger et moins épique. Sans faire pour autant une Fantasy à proprement parler humoristique ou sans enjeux, celle là est beaucoup plus décontractée que dans les bouquins précédents de McClellan. On peut par contre remarquer que plus il publie de livres, plus il avance dans le niveau technologique et la période d’inspiration de sa Fantasy, passant de la Révolution et de l’épopée Napoléonienne à la Seconde Guerre Mondiale, puis le XXIe siècle. C’est même à se demander ce qu’il nous prépare pour ses prochains cycles…

Au final, j’ai dévoré ce sympathique petit bouquin, je lirai les suites avec grand plaisir, et le conseille à la fois aux fans de l’auteur et à ceux qui veulent lire une histoire se passant dans un contexte mélangeant Constantine et Lucifer, avec une petite touche de Max Gladstone dedans (voir plus loin). Lire la suite

The jewel and her lapidary – Fran Wilde

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J’étais moyennement convaincu, et puis la fin est arrivée, et là…

jewel_lapidary_wildeFran Wilde est une autrice américaine qui, entre autres (nombreuses) activités, à été l’assistante d’un joaillier. Ce qui, comme nous allons le voir, n’a rien d’anecdotique mais a au contraire une importance certaine. Elle va publier dans quelques semaines son quatrième roman, Riverland, mais c’est d’abord dans le registre court qu’elle a attiré l’attention. De fait, la novelette (texte de longueur intermédiaire entre une nouvelle et une novella / un roman court) dont je vais vous parler aujourd’hui, The jewel and her lapidary, a été finaliste du prix Locus 2017 et nominée au Hugo et au Nebula la même année. On remarquera aussi les éloges de Ken Liu sur la première de couverture.

Histoire de vous raconter ma vie deux minutes (vous conviendrez que je ne me prête pas souvent à l’exercice…), ce texte végétait tranquillement dans ma liste de bouquins « à lire un jour (lointain) » depuis, oh, plus que ça, et y serait probablement resté un gros moment si Tor n’avait pas annoncé la sortie d’une novella (208 pages), The fire opal mechanism,  située dans le même univers  (dit « Gemworld », qui est également le nom du cycle) le 4 juin 2019. Là, je me suis fait la réflexion qu’il était temps de me bouger un peu, et donc, de fait, voici ma critique. Au final, j’en sors très convaincu sur certains points, pas du tout sur d’autres, mais ça ne m’empêchera pas de lire la « suite ». Parce que la fin a tout de la (petite) claque et excuse, au moins partiellement, les points négatifs.  Lire la suite