Titanshade – Dan Stout

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Disco Inferno ! 

titanshadeDan Stout est un auteur américain qui, après être passé, comme beaucoup de ses compatriotes, par la case « nouvelles publiées dans des magazines et autres anthologies », propose, avec Titanshade, son premier roman proprement dit. Et autant le dire tout de suite, c’est une grande réussite, à commencer par l’originalité du contexte. En effet, si d’autres écrivains, comme Max Gladstone ou Brian McClellan, ont déplacé l’époque d’inspiration de la Fantasy à monde secondaire (imaginaire) plus loin que le médiéval / antique classique dans ce genre, Stout est allé plus loin encore qu’eux (seul le précurseur Shadowrun -un jeu de rôle- a plus poussé le curseur), dépassant le début du XXe siècle de Gladstone (Three parts dead) et la Seconde Guerre mondiale de McClellan (War Cry) pour mener l’Arcanepunk vers un territoire nouveau, à savoir… les seventies ! On se retrouve donc avec un monde qui mêle cassettes audio (ou plus précisément les 8-tracks, pour les connaisseurs), .38 special, bagnoles, télévision, musique disco, pétrole, mais aussi magiciens, dieu déchu et sept races non-humaines en plus de notre espèce, le tout sur une planète imaginaire où huit continents ont fusionné en un seul. Comme vous le voyez, le contexte est donc déjà très intéressant, et comme beaucoup d’autres éléments d’écriture sont aussi haut de gamme (surtout pour un premier roman !), voilà une lecture incontournable pour qui veut vraiment sortir des sentiers battus en matière de Fantasy !

Et encore, le meilleur est peut-être à venir… Il ne s’agit que du premier roman d’un cycle (The Carter archives), et, qui sait, le suivant sera peut-être encore plus réussi que celui-ci ! Lire la suite

The ingenious – Darius Hinks

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Un world- et magic-building très original

the_ingeniousLe britannique Darius Hinks a un profil plutôt atypique : avant de devenir l’auteur d’une grosse douzaine de romans (dont certains s’inscrivant dans l’univers Warhammer 40 000 et dont le premier, Warrior Priest, a obtenu le David Gemmell Morningstar Award), il a été le guitariste du groupe de Grunge Cable, avant le split de ce dernier (apparemment à cause d’une sale bataille juridique). Son dernier « opus », si j’ose dire, est donc The ingenious, une Fantasy plutôt atypique mais travaillée, évocatrice et efficace, à l’exception peut-être d’une fin un peu en demi-teinte. Il faut cependant retenir le world- et le magic-building qui, avec les deux protagonistes, constituent le très gros point fort du bouquin. Et une couverture de fou furieux, bien entendu. Au passage, ce roman est édité chez Angry Robot, la même maison qui nous a récemment proposé Time’s children, autre fantasy où on se balade dans l’espace-temps et qui brise en petits morceaux les codes traditionnels d’un genre très sclérosé. Bref, pour ma part, cet éditeur devient, du moins en Fantasy (en SF, c’est moins brillant), un de ceux à suivre de près. Lire la suite

Foundryside – Robert Jackson Bennett

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Peut-être le meilleur système de magie de toute l’histoire de la Fantasy !

foundryside_2Robert Jackson Bennett est un auteur américain de SFFF, d’Horreur et de thriller (certains livres mélangeant d’ailleurs plusieurs de ces aspects). Plutôt prolifique (le roman dont je vous parle aujourd’hui est le huitième en autant d’années), il n’avait jusque là été que peu traduit (une seule fois, et par Eclipse -donc autant dire zéro, vu le peu de sérieux en matière de promotion et de suivi de cette maison-), du moins jusqu’à ce qu’Albin Michel Imaginaire décide de faire de son American Elsewhere un de ses trois titres de lancement, en octobre 2018. Il était jusqu’ici connu pour une trilogie de Fantasy, The divine cities.

Foundryside, le premier tome de la Founders trilogy, relève également de ce genre. Et autant le dire tout de suite, nous avons ici affaire à ce qui est sans doute la sortie anglo-saxonne de l’année, et probablement le meilleur système de magie de toute l’histoire de la Fantasy. Et en plus, l’écriture est excellente, l’intrigue passionnante et les personnages attachants ! Lire la suite

Hyperborée & Poséidonis – Clark Ashton Smith

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Continents anciens rime avec Lovecraftien !

hyperboree_poseidonis_CASHyperborée & Poséidonis est le second volume de l’intégrale Clark Ashton Smith publiée par Mnemos, après Zothique. Si ce dernier était, très logiquement, sous-titré « mondes derniers », puisqu’il parlait d’un continent du lointain avenir de la Terre, ce tome 2, lui, est appelé, au contraire, « mondes premiers ». Il s’intéresse en effet à l’Hyperborée, un continent dont le Groenland actuel n’était qu’une péninsule et qui, au Miocène, bénéficiait d’un climat tropical, avant une fatale glaciation due au basculement de l’axe de la planète, ainsi qu’à Poséidonis, la dernière île de la civilisation Atlante. L’ouvrage est divisé en deux parties, chacune consacrée à un de ces « mondes premiers », la première, dévolue à l’Hyperborée, comprenant douze textes, tandis que la deuxième, vouée à Poséidonis, en rassemble huit. Vous aurez également droit à une préface (très intéressante), une postface (signée S.T. Joshi en personne !) et deux cartes.

Les plus éveillés d’entre vous auront peut-être remarqué le tag « Lovecrafteries » sous cet article, la mention de Tsathoggua, Iog-Sottot (sic) ou Kthulhut (sic) sur la quatrième de couverture du livre ou encore d’Ubbo-Sathla ou du Livre d’Eibon dans la préface ou le sommaire. Si vous êtes rôliste ou connaisseur de l’oeuvre d’HPL, rien de tout cela ne devrait vous étonner : les deux auteurs étaient amis et correspondants réguliers, et les allers-retours entre leurs œuvres respectives étaient nombreux. Si Lovecraft a repris le Tsathoggua de Smith, celui-ci a aussi rendu hommage aux créations les plus fameuses du génie de Providence. Bref, en plus du reste, Hyperborée & Poséidonis relève également du registre Lovecraftien, et une connaissance correcte de ce dernier est un gros plus (sans être indispensable) pour la lecture de certaines nouvelles. Vous pourriez aussi vous étonner du classement en Light Fantasy / Fantasy humoristique, mais ce serait oublier que cette dernière comprend aussi l’ironie ou la satire qui est particulièrement présente dans ce recueil, ce qui n’exclut pas la noirceur, bien au contraire. Lire la suite

In the village where brightwine flows – Bradley P. Beaulieu

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Les Experts : Sharakhaï

beaulieu_nouvelle_sharakai_2Comme de plus en plus d’auteurs anglo-saxons, Bradley P. Beaulieu a complété les romans de son cycle The song of the shattered sands (appelé en français Sharakhaï, du nom de la ville au centre de son univers) par des nouvelles et des novellas. Celle dont je vais vous parler aujourd’hui est la seconde en date, sortie le 11 août dernier (je vous présenterai l’autre dans quelques jours). Sachez aussi que Mr Beaulieu va en publier trois autres (déjà apparues dans diverses anthologies), et qu’il a signé pour les livres 4, 5 et 6 du cycle (et non, ce n’est pas une « trilogie en six volumes », il avait toujours envisagé une saga de cette longueur).

In the village where brightwine flows, donc, est une nouvelle de 65 pages (vendue au prix prohibitif de… 2.99 euros !) centrée sur un des personnages secondaires (mais assez marquant) des Douze rois de Sharakhaï, l’apothicaire Dardzada, le père adoptif de Çeda (qui n’est que vaguement mentionnée et n’apparaît pas dans ce texte). Lire la suite

Gagner la guerre – Jean-Philippe Jaworski

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La guerre n’est pas gagnée… enfin pas tout à fait ! 

gagner_la_guerre_jaworskiAvec ce livre, je me retrouve dans une situation inhabituelle. Le credo du Culte d’Apophis, c’est d’être à la pointe, c’est-à-dire de vous proposer des critiques des nouveautés en VF alors que l’encre n’a pas encore fini de sécher, de vous faire découvrir la vraie actualité de la Fantasy (et de la SF) en VO (en allant largement au-delà des sentiers battus et des auteurs bankables, hein), et de vous faire redécouvrir de bons livres oubliés pour une raison x ou y. Bref, il ne consiste pas à vous proposer une recension sur un livre qu’en gros, 90 à 95 % d’entre vous auront déjà lu. Mais bon, vu qu’il y a de la demande (beaucoup), et que pour comprendre ses 12789 épigones, il faut lire le maître (au passage, je saisis mieux, par exemple, un point précis croisé chez Gregory Da Rosa)… Bref, ceci est ma critique de Gagner la guerre, de J.P. Jaworski.

Alors je ne vais pas vous le cacher (et certains d’entre vous l’ont d’ailleurs bien senti), j’y suis vraiment allé à reculons (pour résumer en deux mots à ceux qui ne sont pas des habitués de ce blog : je suis nettement plus adepte de l’écriture directe, efficace, fonctionnelle, caractéristique de la plupart des auteurs anglo-saxons de Fantasy), mais, comme toujours, l’esprit ouvert, sans jugements préconçus et en toute impartialité. Au final, si j’ai pris du plaisir à lire ce livre (et beaucoup plus que je ne l’aurais cru), je ne le qualifierai pas pour autant de chef-d’oeuvre, et ne lui décernerai pas la distinction (enviée, si, si) de (roman) Culte d’Apophis. Il est « juste » très bon (c’est du 4 étoiles, pas 5, quoi). Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à cette conclusion. Lire la suite

The penitent damned – Django Wexler

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Sombre police secrète, Prêtres de l’Obscur et voleuse employant une magie de l’Ombre, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoiiiiir !

penitent_damnedThe penitent damned est une nouvelle (en anglais) qui fait partie du cycle The shadow campaigns, dont Les Mille noms est le premier tome. Elle constitue, d’après l’auteur, un prélude à ce dernier livre, mais peut aussi se lire de façon indépendante. Je trouve cependant que commencer le cycle par ce texte est plutôt une mauvaise idée, car il donne des clefs qui gâchent certaines découvertes des Mille noms et ne peut, à mon avis, pleinement se savourer qu’après avoir lu ce roman (à moins de vouloir s’en servir comme test pour voir si on accroche au style ou à l’univers de l’auteur, ou si son niveau d’anglais est accessible).

Vous pouvez lire cette nouvelle en ligne sur io9, la télécharger gratuitement sur Goodreads, ou en récupérer une version « de luxe » sur Amazon, toujours gracieusement offerte et comprenant également un peu plus de deux chapitres des Mille noms (en anglais). Bref, voilà, si vous lisez la langue de Shakespeare, l’occasion de découvrir l’univers de mousquets & magie développé par Django Wexler. Lire la suite

Arachnae – Charlotte Bousquet

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Maladroit, m’as-tu-lu, malsain, mercantile

arachnaeCharlotte Bousquet est philosophe de formation, mais son activité principale est liée aux littératures de l’imaginaire : romans, nouvelles, dossiers thématiques pour des revues, directrice de collection, elle sait tout faire, et exerce aussi bien dans le registre de la jeunesse que dans celui destiné aux adultes, et tout autant en Fantastique qu’en Fantasy ou encore en Dystopie.

Arachnae, sorti en 2009, est le premier tome d’une trilogie de Dark Fantasy, l’Archipel des Numinées (ou plutôt, c’est la première partie d’un cycle plus grand, dont les fans de l’auteur attendent toujours la suite, si j’ai bien tout saisi). La simple association de « dark fantasy » et d' »auteur français » a de quoi intriguer, tant ce sous-genre est beaucoup plus facilement associé aux auteurs anglo-saxons, de Glen Cook à G.R.R Martin en passant par Joe Abercrombie, qu’aux écrivains hexagonaux. Ce livre de Charlotte Bousquet aurait pu prouver le contraire, si elle ne s’était pas systématiquement plantée dans le placement des curseurs : univers en carton-pâte, personnages sans âme et trop nombreux, rythme trop échevelé, niveau de langage souvent mal adapté, et surtout une énorme complaisance à décrire de façon beaucoup trop détaillée les scènes pédophiles les plus insoutenables qui soient. Donc non, la Dark Fantasy (en tout cas la bonne), ce n’est pas ça. Lire la suite

Les douze rois de Sharakhaï – Bradley P. Beaulieu

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Un univers solide, une intrigue passionnante, des personnages complexes et attachants, mais une narration perfectible

sharakhaiBradley P. Beaulieu est un auteur américain de Fantasy (y compris Young Adult) qui décide de se consacrer à l’écriture au début des années 2000. Il est guidé sur cette voie par des écrivains prestigieux comme Joe Haldeman, Tim Powers, Nancy Kress et Kij Johnson. Sa Fantasy est inspirée de cultures terrestres, comme celle de l’Arabie pour le livre dont je vais vous parler aujourd’hui, la culture nordique pour son cycle Tales of the Bryndlholt, ou encore celle des peuples slaves pour la série Lays of Anuskaya. Outre Les douze rois de Sharakhaï, le cycle (qui s’appelle en anglais The song of the shattered sands et en français simplement Sharakhaï) comprend une préquelle, tandis que deux autres tomes sont prévus.

Ce roman a attiré l’attention de Glen Cook en personne, qui a déclaré à son sujet : « Je suis impressionné… Une histoire extrêmement inventive se déroulant dans un univers sombre créé avec beaucoup de soin, qui n’est pas notre bonne vieille Europe médiévale. J’attendrai avec impatience la sortie du prochain tome ».  Bref, si c’est bon pour l’auteur de La Compagnie Noire, c’est bon pour moi. D’ailleurs, Stéphane Marsan en personne parle de ce livre en le qualifiant de « notre grande découverte Fantasy de l’année » (dans une interview accordée à Elbakin).  Lire la suite

La pointe d’argent – Glen Cook

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Un tome 6… pardon 4… pardon 3.5… enfin, un livre surprenant quoi !

pointe_argentContrairement à la numérotation adoptée par les éditeurs français, La pointe d’argent n’est PAS le tome 6 du meta-cycle de la Compagnie Noire. Etant donné que ce roman fait le lien entre le cycle des Livres du Nord et celui des Livres du Sud, il est bel et bien le tome 4 (et pas 6) de la saga si on se place sur le plan de la chronologie interne de l’intrigue (il est peu logique de lire l’interlude entre les cycles du Nord et du Sud après avoir lu ces derniers…). D’ailleurs, il est considéré comme le tome 3.5 de la saga sur Goodreads.

Il ne s’est retrouvé affublé de cette numérotation trompeuse que parce que l’Atalante a décidé de le publier après les Livres du Sud (probablement parce que certains événements décrits se déroulent en parallèle de ceux de Jeux d’ombres et de Rêves d’Acier-qui lui-même décrit des péripéties qui se déroulent parallèlement à celles de Saisons Funestes, mais c’est pas grave…-), et qu’il est donc paru en France en sixième position. Et comme J’ai Lu a suivi la numérotation de l’éditeur Nantais, la plupart des gens lisent donc ce roman après Rêves d’Acier, alors que La Pointe d’argent est la suite directe de La Rose Blanche … Ils ont donc l’impression qu’il s’agit d’un flash-back , alors qu’il n’en est rien.  Lire la suite