Crowfall – Ed McDonald

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Un grand final ! 

CrowfallCrowfall est le troisième tome du cycle Blackwing, les deux premiers ayant été traduits en français sous les titres La marque du corbeau et Le cri du corbeau. Rappelons qu’Ed McDonald a conçu la saga comme une trilogie mais n’a pas non plus exclu d’écrire d’autres romans situés dans le même univers, mais mettant cette fois en jeu un autre héros (de fait, la fin pourrait tout à fait aller dans ce sens).

Ne faisons pas durer le suspense, ce tome 3 est une fin tout à fait digne pour ce cycle, sans doute un des plus originaux et intéressants parus en Fantasy ces dernières années du fait de son univers absolument unique. Outre le fait qu’il boucle tous les arcs narratifs, il répond aussi à certaines questions qui se posaient (même inconsciemment) depuis le tome 1, densifiant encore plus un contexte déjà très fouillé. Il a aussi le mérite de montrer qu’on peut faire, comme l’a déclaré Mark Lawrence, du « Grimdark avec du cœur », puisque si ce roman peut être, tout le long, très noir, sa conclusion est, en revanche, magnifique. Bref, si vous avez apprécié les deux livres précédents, il n’y a a aucune raison pour que vous n’aimiez pas celui-là. En tout cas, j’ai hâte de voir ce que McDonald va proposer dans le futur, que sa production soit liée à cet univers ou pas (ce qui, quelque part, serait encore plus intéressant). Lire la suite

Darien – C.F. Iggulden

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Une première incursion réussie dans le domaine de la Fantasy

darien_igguldenDarien, tome inaugural d’un cycle appelé Les prodiges de l’empire, est aussi le premier livre de Fantasy de C.F. Iggulden. Pour autant, c’est très, très loin d’être la première publication de son auteur, qui est en fait Conn Iggulden, écrivain de premier plan et recordman de ventes en matière de romans Historiques dans son pays, la Grande-Bretagne (on remarquera d’ailleurs que Bragelonne a mis un sérieux coup de projecteur, ces derniers temps, sur les grands auteurs de ce genre littéraire, puisque la maison d’édition a également récemment ressorti le premier tome des Chroniques saxonnes de Bernard « Sharpe » Cornwell, Le dernier royaume, cycle précédemment sorti chez Michel Lafon sous le nom Les histoires saxonnes). Les plus observateurs d’entre vous auront remarqué que, comme Iain Banks, qui introduisait le « M » de l’initiale de son second prénom pour distinguer sa production SF du reste, Conn Iggulden signe son bouquin de Fantasy « C.F. Iggulden », pour la même raison. J’en profite, au passage, pour dire que les séries phares du britannique, Imperator (consacrée à Jules César) et L’épopée de Gengis Khan, sont également très intéressantes.

En résumé, je dois dire que j’ai été surpris par ce roman. Je savais qu’il ne pouvait être que de qualité, avec un tel auteur, mais vu le profil de ce dernier, je m’attendais à une Low Fantasy à la Guy Gavriel Kay, pointue sur le plan Historique et pauvre en surnaturel, alors que je me suis retrouvé avec quelque chose de beaucoup plus riche en magie et… étrange (pas mauvais, hein, juste étonnant) sur le plan des influences issues de notre monde réel. Quoi qu’il en soit, cela a été une excellente lecture, et je lirai la suite avec plaisir. Lire la suite

Haut et court – Joe Abercrombie

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Un bien meilleur second tome 

première_loi_tome_2Je vais vous parler aujourd’hui du second tome de La première loi, connu sous deux titres selon son édition : Déraison et sentiments pour la première, chez Pygmalion, et Haut et court pour la version Bragelonne (on méditera tout de même sur le fait que le titre de la VO est Before they are hanged…). Vu les disponibilités et les prix des unes ou des autres, j’ai choisi de donner pour nom à mon article celui adopté par cette seconde édition.

Je précise aussi que je vous proposerai très rapidement la critique de l’ultime tome de cette première trilogie, vu que le premier roman (A little hatred) du cycle qui lui fait suite (The age of madness) débarque en VO en septembre. L’intrigue se déroulera trente ans après et mettra en scène, outre des personnages inédits, les descendants de certains de ceux de La première loi. Cette deuxième trilogie aura aussi peut-être pour conséquence de mettre un peu plus en lumière la Fantasy post-médiévale auprès des éditeurs français, puisque si elle est en progression constante depuis quelques années dans l’édition anglo-saxonne, elle reste encore assez confidentielle chez nous, sauf chez Critic (Olangar, L’empire du Léopard) ou Bragelonne (Le sang du dragon) par exemple.

J’anticipe beaucoup sur la conclusion de cet article, mais j’ai trouvé ce second tome bien plus solide, équilibré et intéressant que Premier sang, et je l’ai lu avec un réel plaisir. Ce qui fait que du coup, la lecture de Dernier combat n’aura rien d’une corvée en prélude à la sortie de A little hatred ! Lire la suite

Le cri du corbeau – Ed McDonald

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Un tome 2 encore plus réussi que son prédécesseur

blackwing_T2Le douze juin, sortira Le cri du corbeau d’Ed McDonald, tome 2 du cycle Blackwing, et donc la suite du très solide La marque du corbeau. J’ai, pour ma part, lu ce roman en VO, sous le titre Ravencry, et voilà la conclusion que je tirais de ma lecture (vous pouvez retrouver ma critique complète ici) : cette très attendue suite de Blackwing – La marque du corbeau ne déçoit pas, bien au contraire. Ryhalt Galharrow devra à la fois élucider un assassinat lié à une rencontre étrange dans la Désolation, le vol d’une relique d’un des Rois (les ennemis des Sans-Noms), l’afflux vers Valengrad de prédicateurs religieux et autres pamphlétaires révolutionnaires, ainsi que deux femmes bien encombrantes, son intendante et une orpheline sortie de la rue. On pourrait résumer ce tome 2 en une formule : plus d’action, plus de Désolation, plus d’immersion, plus d’émotion. Et un Ryhalt cette fois ultra-concerné par tout ce qui se passe, et qui va aller au bout d’une terrible odyssée dans la Désolation pour sauver ce (et ceux) qu’il aime. Ed MacDonald a établi une connexion directe entre son cerveau, ses tripes et son cœur et ceux du lecteur, et ça fonctionne : même quelques facilités scénaristiques (sans aller jusqu’au Deus ex Machina) et un côté convenu à la fin n’empêchent pas le fait que le bouquin pourra être apprécié par les critiques les plus exigeants et venimeux (*lève la main*). Bref, un deuxième roman encore plus réussi, quelque part, que le précédent (qui était déjà impressionnant en lui-même et surtout pour un premier livre publié), qui abonde en scènes puissantes (la rencontre avec les Sans-Noms, la scène avec Betch, avec la Dame, au point zéro de la Désolation, la fin, l’explication de la source des tremblements de terre, etc). Vivement recommandé et vivement le tome 3 !

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Chevauche-brumes – Thibaud Latil-Nicolas

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Pépite ou pyrite ? 

chevauche_brumesThibaud Latil-Nicolas est un auteur français, dont Chevauche-brumes est le premier roman. Il fait aussi partie des « Pépites de l’imaginaire », initiative d’un collectif d’éditeurs de SFF indépendants (ActuSF / Mnemos / Les Moutons électriques) devant promouvoir ce qu’ils perçoivent être les nouveaux talents hexagonaux dans nos mauvais genres préférés. Sauf que parfois, les blogueurs et autres critiques ne sont pas d’accord. Voyez par exemple la réception fort tiède du récent La forêt des araignées tristes. On comprendra donc que je me sois prudemment tenu à l’écart de la plupart de ces titres, ayant, de toute façon, une affinité très relative pour la Fantasy française, à quelques exceptions près. Oui mais voilà, de très bons retours sur Chevauche-brumes m’ont incité à sortir de ma zone de confort, et ce d’autant plus qu’il s’agit d’une fantasy militaire ET à poudre, thématique qui, vous le savez probablement, m’intéresse beaucoup.

Au final, s’il ne s’agit pas d’un mauvais roman, il souffre toutefois d’un très, très gros manque d’originalité. Mais, comme nous le verrons, ce n’est pas son seul problème, même si il y a aussi des choses fort agréables à souligner. Bilan (très) mitigé, donc. Lire la suite

Never Die – Rob J. Hayes

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Une fin extraordinaire

never_dieRob J. Hayes est un auteur britannique auto-édité (et expérimenté : treize livres au compteur !), et comme chacun le sait, je ne lis quasiment jamais de romans qui ne passent pas par le circuit traditionnel de l’édition. Sauf quand ledit auteur a gagné l’édition 2017 du Self-Published Fantasy Blog-Off, un prix littéraire piloté depuis 2015 par Mark Lawrence, et qui doit justement mettre en lumière le meilleur de ce que l’auto-édition anglo-saxonne a à offrir. Car il se trouve que j’ai lu le bouquin du lauréat 2016, The Grey Bastards de Jonathan French, et que j’ai passé un bon moment avec. J’ajoute que la couverture très pro et très esthétique a joué (je ne lirai jamais un bouquin juste pour l’illustration, mais si elle est réussie c’est toujours un plus très agréable, à mon sens), et que le résumé était carrément intrigant, ce qui a contribué à faire pencher encore plus la balance.

Le verdict ? Eh bien non seulement c’est carrément excellent (bien meilleur que le bouquin de French, au passage), mais en plus ça coche beaucoup de cases que j’aime : Fantasy non-européenne, à poudre, au scénario qui n’est pas du mille fois vu, etc.  Lire la suite

Les portes de la maison des morts – Steven Erikson (version Leha)

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In-con-tour-na-ble !

portes_maison_des_morts_eriksonLe 16 novembre, (re)paraîtra en français Les portes de la maison des morts, second tome du Livre des martyrs (anciennement Livre Malazéen des glorieux défunts), monumental cycle de Fantasy signé Steven Erikson. Je l’ai, pour ma part, lu il y a près de trois ans dans une précédente édition française, qui l’avait scindé en deux livres. Histoire de vous éviter de parcourir x articles, faisant de plus mention de particularités ne concernant pas cette édition signée Leha, j’ai synthétisé mon analyse et mon ressenti dans la suite de la présente chronique (par contre, n’ayant pas racheté ce tome 2, je ne peux évidemment pas juger la qualité de la nouvelle traduction, et il se peut que certains noms de personnages et autres termes propres à cet univers mentionnés dans ma critique ne soient pas ceux adoptés par Leha) . En résumé : achetez ce livre ! Que vous ayez apprécié mais sans plus le tome 1, ou au contraire que vous l’ayez adoré, ce tome 2 est facilement deux divisions au-dessus, et constitue à mon sens une des lectures les plus marquantes et les plus incontournables de toute l’histoire de la Fantasy. Rien de moins !  Lire la suite

The monster Baru Cormorant – Seth Dickinson

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The fall of Baru Cormorant ?

monster_baru_cormorantThe monster Baru Cormorant est le second tome du cycle également nommé d’après ce personnage, et fait suite à The traitor Baru Cormorant, sans aucun doute une de mes lectures les plus marquantes en 2017. Mais comme le dit si bien l’expression, plus on s’élève, et plus dure sera la chute. En effet, ce deuxième livre concentre et amplifie tous les défauts de son prédécesseur, sans pour autant proposer les quinze premiers et derniers % extraordinaires qui faisaient tout son intérêt (et pourtant, de bonnes fées se sont penchées sur son berceau : Kameron Hurley, Max Gladstone, Yoon Ha Lee et même la multi-primée Ann Leckie). La déception est donc cruelle, même si certaines révélations de la fin font que je n’exclue pas totalement de lire le tome suivant. Il faut en effet savoir que Seth Dickinson a soumis à son éditeur un manuscrit si colossal (1104 pages !) que celui-ci a décidé de le couper… en trois. De diptyque, le cycle s’est donc (à ma connaissance) transformé en tétralogie.

J’attire votre attention sur le fait que la moindre ligne de ce qui suit est un énorme spoiler sur la fin du tome 1 : si vous n’avez pas lu celui-ci, je vous conseille donc de passer directement à la conclusion (oui, j’aime passer trois heures à rédiger des critiques que 99% des gens ne pourront donc pas lire…).  Lire la suite

Time’s children – D.B. Jackson

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Un mélange d’éléments très classiques et d’autres plus novateurs, pour un résultat assez unique

time_s_children_jacksonD.B. Jackson est le pseudonyme de David B. Coe, écrivain américain de Fantasy (jusqu’ici principalement épique, urbaine et Historique -voire Historique / Urbaine, à la Marie Brennan-) auteur d’une vingtaine de romans (traduits dans une douzaine de langues, excusez du peu !), dont certains publiés chez Tor (un gage de qualité, à mon sens). Sa nouvelle trilogie, The Islevale Cycle, explore des territoires à la fois nouveaux pour lui et probablement pour une grosse partie de ses lecteurs (nous allons en reparler). Le tome 1, Time’s Children, est sorti en début de mois, le second, Time’s Demon, est prévu pour mai 2019, tandis que le travail sur le troisième, Time’s Assassin, a déjà commencé.

Mais laissez-moi vous résumer ce roman inaugural : un jeune homme doit voyager dans le temps parce que la nation qu’il sert est en train de perdre une guerre sur deux fronts. En remontant quatorze années en arrière, il doit apaiser certaines tensions et faire en sorte que le conflit n’éclate jamais. Malheureusement, sa mission échoue, et l’Histoire est réécrite, générant une uchronie dystopique du monde tel qu’il le connaissait. Coincé dans le passé parce que l’appareil qui lui permet de voyager dans le temps a été endommagé, il se retrouve, en plus, avec une compagne de voyage bien encombrante sur les bras. Vous êtes probablement en train de vous dire : « Mouais, du Time Opera classique, rien de nouveau sous le soleil ! ». Sauf que, cher lecteur, tu es parti sur une hypothèse erronée, car il ne s’agit pas de SF… mais de Fantasy !  Lire la suite

Bloody Rose – Nicholas Eames

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Et de deux !

bloody_rose_eamesBloody Rose est le deuxième opus (je pense que ce terme, d’habitude employé pour des disques, n’est ici en rien usurpé) du cycle The Band, par Nicholas Eames. C’est la suite du formidable Kings of the Wyld, dont je vous disais il y a un peu plus d’un an le plus grand bien et que j’ai hâte de voir débarquer en français (il a été acheté par Bragelonne : source). Le tome 3, lui, est prévu pour 2019 (vivement !). Kings of the Wyld proposait un univers qui était, paradoxalement, à la fois extrêmement classique (notamment du fait de sa filiation assumée avec celui de Donjons & Dragons) et complètement novateur : le point central de sa construction était en effet que les compagnies d’aventuriers et de mercenaires étaient structurées comme des groupes de Rock et adulées comme eux. Ce qui faisait son énorme charme était aussi le cocktail unique, à la fois épique, humoristique et plein d’émotion, que Nicholas Eames avait su créer.

Dès lors, deux questions se posaient à propos de sa suite : l’auteur allait-il réussir à maintenir l’intérêt de son lecteur une fois l’effet de surprise du premier tome passé, et pourrait-il maintenir l’équilibre parfait entre les ingrédients précédemment cités dans un second roman ? Eh bien si l’on prend Bloody Rose dans sa globalité, la réponse est oui, même si son premier tiers peut faire un peu douter et si l’ambiance est bien plus sombre que dans le livre précédent (ce qui n’empêche pas les scènes humoristiques !). Au final, cependant, ce tome 2 s’est avéré être plus qu’à la hauteur de son prédécesseur et de mes attentes, et ne devrait pas décevoir celles des fans de SagaLire la suite