La promesse du sang – Brian McClellan

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Révolutionnaire (dans tous les sens du terme) ! 

promesse_du_sangBrian McClellan est un auteur américain formé dans les ateliers d’écriture de Brandon Sanderson et Orson Scott Card, excusez du peu ! La promesse du sang, tome introductif de la Trilogie des Poudremages, est son premier roman. Il a obtenu le prix Morningstar 2014. Le cycle s’est achevé en 2015, mais une seconde trilogie, située dans le même monde, doit voir le jour cette année. De plus, neuf nouvelles et novellas (plus deux recueils les rassemblant) se déroulant également dans cet univers ont été publiées (une se passe entre les tomes 1 et 2, les autres avant le début du tome 1, parfois bien des années auparavant. Toutes donnent un éclairage sur les personnages principaux ou secondaires du tome 1). Le premier tome a été traduit en français, avant que la série ne soit abandonnée (faute de ventes, ce qui, compte tenu de l’originalité et de la qualité du livre, est pour le moins étonnant, mais peut s’expliquer par la faible mise en avant de ce titre à sa sortie), malgré le fait que le second avait été annoncé.

Le cycle est considéré comme une des références, sinon LA référence absolue de la Flintlock Fantasy. De fait, il suffit d’observer la couverture (superbe, signée Gene Mollica) et de la mettre en parallèle avec le nom de la trilogie pour comprendre instantanément, même sans rien savoir de plus sur le roman, que nous n’avons vraiment pas affaire à une Fantasy habituelle : mages, mousquets, uniforme très Napoléonien, poudre, voilà un mélange inédit, en tout cas hors de la Fantasy Historique (voir plus loin). Et non seulement ça casse les codes du médiéval-fantastique, mais en plus ça se révèle vraiment intéressant ! Le public et les écrivains anglo-saxons ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, parlant d’un des premiers romans les plus impressionnants sortis ces dernières années. Pour ma part, voilà exactement le genre de livre novateur et épique que je veux lire. 

Don’t you know they’re talking about a Revolution *

Talkin’ ‘Bout a Revolution, Tracy Chapman, 1988.

L’analyse de l’avant-propos de l’auteur et des remerciements est (comme souvent) très intéressante. Il y explique tout d’abord qu’il a été fortement influencé, et ce dès l’enfance, par Le comte de Monte Cristo, Les misérables, Les trois Mousquetaires, Le vicomte de Bragelonne, etc. Donc, pour lui, écrire une Fantasy inspirée par la Révolution Française était tout à fait naturel. Ce qui signifie que ce roman ne relève pas du Médiéval- ou de l’Antique-Fantastique qui sont la norme pour une part écrasante des livres appartenant à ce genre, à l’exception de l’Urban Fantasy et de certains livres de Fantasy Historique.

D’ailleurs, puisqu’on parle de cette dernière, vous allez peut-être me faire remarquer qu’on joue sur les mots en qualifiant d’inédite une Fantasy qui, après tout, existait déjà plus ou moins : après tout, mêler Versailles (ou, chez McClellan, un équivalent imaginaire) et des éléments fantastiques, cela a été fait depuis longtemps, par exemple par Vonda McIntyre dans La lune et le roi-soleil. Si on adopte cette optique là, La promesse du sang ne relèverait donc « juste » que de la variante de la Fantasy Historique se passant dans un monde imaginaire mais fortement inspiré par une période et un lieu précis du monde réel (ici, la France de la toute fin du XVIIIème). Sauf que, si cette vision est dans un certain sens correcte sur le papier, elle est en fait très limitée. En effet, il y a deux différences colossales entre le cycle des Poudremages et ce type de Fantasy Historique : d’abord, le niveau de magie / surnaturel, qui est extrêmement élevé, alors que chez McIntyre (ou chez Kay, d’ailleurs), il est très faible; ensuite, le fait que la Flintlock dérive en droite ligne de la Fantasy épique et de la Fantasy militaire, des aspects là aussi extrêmement ténus, voire complètement absents, de la Fantasy Historique lambda.

Bref, oui, et sans conteste possible, il faut bel et bien parler d’un nouveau sous-genre à propos de La promesse du sang : certes, la Flintlock a une parenté avec la Fantasy Historique, mais elle est aussi bien plus que ça. Et elle est aussi extrêmement différente du médiéval-fantastique, pas seulement à propos de la présence d’armes à feu, mais aussi du fait de tout un tas de structures, concepts, etc, qui n’existent tout simplement pas dans un cadre médiéval. Par exemple, un Syndicat joue un rôle très important dans l’intrigue : or, entre servage et esclavage, la notion même de syndicalisme est totalement incongrue dans un cadre Fantasy classique.

Et ça ne s’arrête pas là ! Voici un petit florilège de ce qu’on peut croiser dans ce bouquin, et qui change TOUT, que ce soit en terme d’ambiance ou d’intrigue : des fiacres, des journalistes, des inspecteurs de police, des guillotines, des bateaux et une presse à imprimer à vapeur, des bicornes, une canne-épée, un syndicat, donc, des boites de conserve, des cigarettes, des chèques, des poêles à gaz, du Tennis, du Polo et des stylos-plume, et enfin (last but not least) un recul de la théologie face aux mathématiques et à la science. Pas vraiment des concepts, métiers ou objets qu’on croise tous les jours en Fantasy, donc.

Dans les remerciements, Brian McClellan dit toute la gratitude qu’il a pour Brandon Sanderson, son professeur d’écriture et son inspirateur. De fait, lorsqu’on connaît les caractéristiques, voire les récurrences, de l’oeuvre de Sanderson, force est de constater que l’oeuvre du disciple se rapproche sur bien des points de celle du maître (ne serait-ce que dans l’attention apportée au magicbuilding). De plus, on peut également faire pas mal de parallèles avec Steven Erikson. Dans les deux cas, je vais éviter de trop m’étendre sur le sujet, histoire de ne pas déflorer certaines surprises dans le récit. Sachez cependant que je n’ai jamais eu le sentiment 1/ de lire quelque chose de stéréotypé ou de prévisible car sortant d’un atelier d’écriture et 2/ de lire du sous-Sanderson, et pour moi c’est tout ce qui importe.

Bref, tout ça mis bout-à-bout, j’en viendrai à la conclusion suivante : si le cadre est original, d’autres points le sont moins, mais ce qui importe, c’est que Brian McClellan repousse les frontières de la Fantasy en transposant certains archétypes (du genre ou ceux de Sanderson, peu importe) dans un environnement aussi inédit qu’excitant, particulièrement pour un Français.

Un mot sur l’édition

Outre la couverture, superbe, on relèvera la présence non pas d’une mais de trois cartes (c’est Byzance !), ainsi que de sympathiques petites silhouettes de pistolets (en début de chapitres) ou de sabres / montagnes qui mettent tout de suite dans l’ambiance. Rien de bien méchant à signaler niveau relecture, mais par contre un Dramatis Personæ aurait été bien utile, vu qu’il y a quand-même pas mal de personnages.

Contexte

Il est facile à expliquer : c’est tout simplement la Révolution Française transposée dans un monde imaginaire. Adro est un des Neuf, un des royaumes crées il y a des siècles par le dieu Kresimir et ses frères et sœurs (il y a d’autres pays, d’après certaines allusions de l’auteur, qui servent à assouvir les ambitions coloniales des Neuf). Gouverné par une monarchie soutenue par la Cabale Royale (comprenez : une très puissante bande de magiciens d’élite), il voit cependant les tensions accumulées depuis plus d’un siècle atteindre leur point culminant quand le souverain actuel, Manhouch (j’imagine la tête du traducteur…), se met à vider les caisses du pays, puis à contracter une dette colossale (100 millions de kranas) auprès de l’ennemi juré Kez, pour financer sa vie de débauche. Le contraste entre les nobles en général, vivant dans un luxe inouï, et le peuple, qui subit la famine, est tel qu’au début du livre, une Révolution a éclaté (voir plus loin). C’est la signature imminente des Accords avec les Kezs, qui auraient mis le pays en coupe réglée et l’auraient transformé en véritable colonie économique de l’ennemi en échange de l’annulation de la Dette qui a mis le feu aux poudres.

Si la tentation est évidente de faire d’Adro la France (de Sablecroc la Bastille, etc), il y a 2-3 points qui me font m’interroger, cependant : d’abord, le royaume est en quelque sorte une immense vallée (comme dans Les nains de Markus Heitz) entourée de chaînes de hautes montagnes, et dont on ne peut sortir ou entrer que par un nombre limité de passes ou de voies maritimes, ce qui rappelle tout de même… une île. Quand vous saurez que la force militaire Kez est appelée La Grande Armée, que ce pays est plus peuplé qu’Adro et essentiellement agricole, et qu’il est en retard sur le plan de la technologie et de la production industrielle, vous en viendrez probablement à la même conclusion que moi, à savoir qu’en réalité (et comme dans Les Mille noms, autre référence incontournable de la Flintlock Fantasy), les deux pays, protagoniste et antagoniste, sont en fait des mélanges de France et d’Angleterre de l’époque de la Révolution et de l’Empire. On pourrait même couper les cheveux en quatre en disant qu’Adro est une Angleterre faisant sa Révolution, et que Kez est une France royaliste !

Les autres pays (Brudania, Gurla, Fatrasta, etc) ne sont mentionnés qu’au passage, mais l’un d’eux a une forte ambiance perse / Hindoue, tandis qu’un autre comprend des sauvages à la peau très blanche, aux yeux verts et aux cheveux roux (nation qui rejette les armées Kez et se bat pour son indépendance, dans un parallèle ma foi assez clair de la Révolution américaine : pour le coup, les Kezs sont clairement plus anglais que français). Vous remarquerez que l’évolution du cadre historique (médiéval –> Révolution) permet une richesse géopolitique qui ne peut quasiment pas exister (ou par des allégories très détournées) dans une fantasy classique, comme par exemple le fait qu’on ne puisse pas offenser tel notable par peur de voir son approvisionnement en salpêtre (composant de la poudre) compromis, comme le fait qu’un voisin veuille entrer en guerre pour stopper le développement du syndicalisme (il y a cent millions de travailleurs dans les Neuf, autant de membres potentiels et la perspective d’un monstrueux contre-pouvoir), et ainsi de suite.

Notez qu’aucune mention n’est faite de races non-humaines ou de créatures fantastiques (dragons, etc) à ce stade du cycle, nous ne sommes clairement pas dans le même type de contexte que dans le cycle Les elfes de Fer (ma prochaine critique). A ce niveau, seuls les Gardiens (des gens dont le corps a été manipulé et renforcé par la magie, afin de les rendre quasi-impossibles à tuer et de leur donner une force prodigieuse, les rendant aussi efficaces que dix hommes au combat) se démarquent de la norme humaine (ils servent de gardes du corps aux Privilégiés -voir ci-dessous- de Kez).

Magicbuilding *

Bullet in the head, Rage against the machine, 1992.

Alors là accrochez-vous, c’est du sérieux. Largement au niveau de Sanderson et d’Erikson, même s’il n’atteint pas le niveau (extraordinaire) de Brent Weeks. Parce qu’il n’y a pas UNE forme de magie, mais… quatre ! Et encore, je ne suis pas persuadé que nous avons tout vu, et je suis certain que l’auteur a encore des tas de choses à nous raconter sur ce plan là.

Je vais essayer de vous résumer tout ça, sachant que les pratiquants des quatre types ont tous un point commun, celui de pouvoir utiliser un « troisième œil » (pas le vrai organe, une sorte de sixième / septième sens -et non, ça n’a rien à voir avec leur Cosmos intérieur et tout ça, vous avez trop regardé les Chevaliers du Zodiaque quand vous étiez minots, hein- purement mental) leur permettant de repérer un autre être doué de magie à son aura ou bien les traces laissées par l’emploi des sorts.

  • Doués : les Doués ont un pouvoir magique, mais ils n’emploient pas de sorts. Je m’explique : ils ont de naissance une faculté de nature magique, une sorte d’équivalent médiév… pardon Révolution-Fantastique (il y a des automatismes à perdre !) des plus faibles des super-pouvoirs des comics. En réalité, on est même presque entre le don naturel poussé à un stade extraordinaire et une faculté certes au-delà des possibilités purement humaines, mais pas réellement spectaculaire (certains Dons sont cependant réputés plus puissants que la sorcellerie des Privilégiés). Quelques exemples : faculté de ne jamais avoir besoin de dormir (ce qui rappelle L’insigne du Chancelier de Dave Duncan), mémoire eidétique, faculté de discerner à coup sûr la vérité du mensonge, et ainsi de suite. Notez cependant que certains Dons sont très utiles : un des personnages secondaires, Vlora, peut par exemple mettre le feu à la poudre non pas à 12 pas comme ses petits camarades, mais à plusieurs lieues de distance, ce qui fait de cette faculté unique un atout militaire considérable.
  • Privilégiés : les Privilégiés ont accès à la palette complète des pouvoirs magiques. Leur magie est liée à leurs mains : avec l’une, ils puisent des « auras » (de l’énergie) dans l’Autre (la dimension parallèle dans laquelle « voit » le Troisième oeil), tandis qu’avec la main droite ils tissent leurs sorts, chaque doigt étant lié à un élément (eau, feu, air, terre, éther). Le corollaire est qu’un moyen très efficace de neutraliser un Privilégié est tout simplement… de lui couper les mains ! Notez que malgré ce qu’on peut lire sur le net, la magie n’est pas que de nature élémentaire, vous trouverez de nombreux exemples du contraire dans le roman. Le statut de Privilégié se transmet par le sang (par les gènes), mais beaucoup plus rarement que pour les autres types de « mages ». D’où le fait que le Roi fournisse un harem à chacun des Privilégiés de sa Cabale, afin d’en renouveler ou augmenter le nombre (très modeste, quelques dizaines de membres). En très gros, la chance de transmettre son pouvoir est d’une sur mille, sauf bien entendu si les deux géniteurs sont des Privilégiés (notez que les Doués et les Poudremages sont statistiquement plus nombreux que les Privilégiés, même après la purge effectuée sur les seconds 150 ans auparavant).
  • Marqués ou Poudremages : jadis persécutés, encore aujourd’hui méprisés par les Privilégiés, les Marqués (surnom péjoratif) ou Poudremages (nom qu’ils se sont choisis) de la Cabale de la Poudre de Tamas (voir plus loin) utilisent une source d’énergie différente pour alimenter leur magie : la combustion de la poudre. Ils peuvent la sentir et la faire détonner à distance, ce qui transforme les cornes de poudre des soldats ennemis en grenades particulièrement meurtrières. De plus, avec l’énergie tirée de la combustion de celle de leur propre corne, ils peuvent contrôler les balles, leur faisant faire des choses dignes  du rapport d’enquête sur l’assassinat de Kennedy : changer de direction en plein vol comme un missile guidé, leur faire tourner les coins, leur donner une portée impossible vu le niveau technologique de cet univers, les arrêter en plein vol, et ainsi de suite (on peut aussi penser au film Wanted, avec James McAvoy, Morgan Freeman et Angelina Jolie). De plus, en ingérant ou en sniffant la poudre (à canon, hein !), ils peuvent entrer dans ce qu’on appelle la « Poudretranse », un état de vigilance accrue où l’acuité de leurs sens, leur force, leur vitesse et leur résistance sont décuplées. Il y a cependant un danger, à savoir l’accoutumance comme à une drogue, un aspect qui est abordé dans le livre. N’utilisant pas leurs mains pour tisser des sorts, ils ne sont pas vulnérables sur ce plan là, mais voient en revanche l’intégralité de leurs pouvoirs inhibée par la présence d’or dans leur sang, et sont bien entendu dépendants de la présence de poudre sur eux ou leurs adversaires. Malgré tout, un Poudremage en pleine possession de ses moyens est un adversaire absolument meurtrier, et extrêmement craint.
  • Oeil d’os : un des personnages secondaires est un œil d’os, une sorte de shaman tribal utilisant une variété du vaudou et de ses poupées, entre autres facultés. L’origine et la nature exacte de ses pouvoirs ne sont pas révélés dans ce tome 1, mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont extrêmement puissants.

Il y a encore d’autres formes ou utilisateurs de magie (par exemple, seul un Privilégié sur cent possède ne serait-ce que la plus élémentaire capacité de guérison), mais je ne vais pas en dire plus pour ne pas spoiler ou pour ne pas développer inutilement (les Brisemages, par exemple). Ce qui est certain, c’est que même s’il y a des syndicats, des industries, des bateaux à vapeur et des mousquets, cet univers se place aisément parmi les plus magiques qu’il m’ait été donné de voir : polymorphie, poupées vaudou, puissante magie des éléments, immeubles rasés d’un seul geste, fétiches liés à la magie noire, magie de la poudre, dieux réputés fréquenter le monde aux côtés des mortels, voire les posséder (comme chez Erikson), nous sommes vraiment sur quelque chose de spectaculaire et d’épique, ce qui pourra séduire certains lecteurs (dans mon genre) mais en rebuter d’autres.

Non, Sire, ce n’est pas une révolte, c’est une Révolution ! *

Kill the King, Rainbow, 1977.

Le point de départ de l’intrigue est relativement simple : Adamat, ancien inspecteur de police, est convoqué en pleine nuit au palais royal d’Adopest, la capitale. Dès son arrivée, il constate que quelque chose de très bizarre est en train de se passer : il n’aperçoit pas un seul membre des Prétoriens (la Garde royale), du moins jusqu’à ce qu’il en trouve un mort derrière une tenture. Sur le trône, il ne trouve pas Manhouch, mais le Maréchal Tamas, le militaire le plus prestigieux du royaume. Celui-ci a capturé le souverain et tué tous les membres de la Cabale Royale, sauf une femme qui était dans leurs murs mais n’en est pas membre et qui a réussi à s’échapper, tuant plusieurs Poudremages au passage (une preuve de sa considérable puissance). Dans leur agonie, les Privilégiés ont tous prononcé la même phrase, relative à une certaine « promesse de Kresimir » (qui est le dieu adoré dans le Royaume). Un des adjoints de Tamas s’est alors souvenu qu’il s’agissait du nom d’une bande de criminels massacrée par la sorcellerie 22 ans auparavant. Le maréchal fait donc appel à Adamat, devenu enquêteur privé, pour qu’il résolve ce mystère. Plus tard dans le récit, il devra aussi découvrir qui des co-conspirateurs de Tamas a cherché à l’assassiner, une tâche rendue difficile par le fait que chacun d’entre eux accuse au minimum un de ses petits camarades !

Dans le même temps, le Maréchal a fort à faire pour éviter que le peuple ne se retourne contre lui, pour écraser la contre-insurrection Royaliste (menée par le Général Westeven, un vieux soldat en retraite qui est un des seuls chefs militaires à la hauteur de Tamas) et pour échapper aux machinations d’un ou de plusieurs de ses co-conspirateurs, désormais membres du Conseil (ils représentent tous les pouvoirs : militaires, syndicalistes, parrains de la pègre, fonctionnaires, universitaires, religieux). Et bien entendu, il faut se préparer à l’inévitable invasion du puissant voisin Kez ! Ce pays a peur d’Adro car Manhouch a permis aux syndicats, aux Poudremages et aux Ailes d’Adom (théoriquement une -énorme- « compagnie » de mercenaires, cette organisation fondée par un patriote est en fait quasiment une seconde armée parallèle à l’officielle, au service de la défense du pays et formée de combattants et d’officiers redoutables) de prospérer, une liberté inacceptable pour son Roi, Ipille.

Il délègue à son fils, Taniel dit « deux-coups » (il a accompli l’exploit unique de tuer deux privilégiés d’un seul tir de mousquet), héros de la guerre d’indépendance de Fatrasta, ainsi qu’à une équipe de mercenaires (dont une Privilégiée au très mauvais caractère et un Brise-mage) la tâche difficile de retrouver et de neutraliser la Privilégiée qui a réussi à échapper aux Poudremages lors de l’attaque de la Cabale Royale. Cette femme se révélera être bien peu ordinaire. Plus tard dans le récit, Taniel fera partie des défenseurs d’une des passes montagneuses qui protègent l’accès au pays.

Comme vous le voyez, l’intrigue ne propose pas que l’aspect militaire volontiers associé à la Flintlock ou l’aspect Révolution propre au contexte : outre l’aspect magique, il y aussi un fort aspect politique avec Tamas et un excellent aspect enquête(s) avec Adamat, qui rappelle (un peu, hein) à la fois Scott Lynch (notamment avec la redoutable bande des Barbiers de la Rue Noire) et Stephen Aryan (avec la plongée dans les bas-fonds et le monde de la pègre aux côtés d’un boxeur, SouSmith). J’ajoute que le roman est très dense, il se passe tout le temps quelque chose de significatif, et on ne peut pas dire que le bla-bla inutile est franchement présent. Heureusement que le style de l’auteur est fluide et agréable (sans être transcendant, je le qualifierais d’efficace), et qu’il a l’intelligence de nous présenter les informations de manière graduelle (sur le Magicbuilding, notamment), parce que sinon, on aurait pu frôler l’indigestion, tant il y a facilement de la matière pour deux romans « normaux » là-dedans.

Personnages

Quelque part, il y a du Victor Hugo là-dedans : les protagonistes sont « héroïques » (ils sont les fossoyeurs de la monarchie et -en grande partie- de la noblesse afin de conduire le peuple vers un avenir plus prospère et plus libre, ils sont des héros d’une guerre d’indépendance menée contre un oppresseur impérialiste et militariste, ils sont un inspecteur de police à l’abnégation et la rectitude sans tâche), mais ils sont aussi et surtout très crédibles, nuancés :

  • Tamas : ce vieux soldat buriné et roturier est un des deux officiers les plus prestigieux du Royaume. Il est aussi considéré comme un stratège de génie et comme le plus puissant des Poudremages (bien que son fils puisse lui contester cet honneur). Impitoyable dans la façon dont il mène la Révolution, il saura aussi surprendre un des personnages secondaires en faisant preuve d’une compassion complètement inattendue. Enfin, le fait qu’il ait conduit et réussi la Révolution n’est pas totalement altruiste : certes, sa volonté de libérer le peuple de la tyrannie et de la pauvreté est réelle, mais c’est aussi d’une vengeance personnelle dont il s’agit. En effet, lorsque sa femme a été guillotinée sous des prétextes fallacieux par les Kezs (sic), le roi Manhouch a refusé toute intervention militaire. Sa relation avec Taniel est complexe, faite d’admiration mais aussi de défiance mutuelle. Tout le monde le déteste : les Privilégiés parce que c’est un Poudremage (ils méprisent, craignent et abhorrent cette magie différente de la leur), les Nobles parce qu’il a mis fin à l’achat de grades (on ne s’élève plus dans la hiérarchie qu’au mérite, ce qui a d’ailleurs fait de l’armée adrane une des meilleures des Neuf), etc. Enfin, si ses intentions sont louables, ses méthodes se révèlent souvent violentes et impitoyables.
  • Taniel (dit « Deux-coups », 22 ans) : alors qu’il rentre de Fatrasta au bout de deux ans de guérilla pour l’indépendance du pays, il découvre que sa promise, Vlora, l’a trompé, et se voit confier par son père la traque d’une très puissante Privilégiée. Ce personnage est déjà intéressant à la base (notamment via la dynamique de ses relations avec son père ou d’autres personnages), mais il le devient encore plus du fait de son addiction à la poudre, et de ses tentatives de s’y soustraire.
  • Adamat : ex-inspecteur de police devenu enquêteur privé après une aventure industrielle malheureuse (un désastre qui n’est d’ailleurs peut-être pas entièrement dû au hasard), ce Doué a un Don très utile dans son métier : une mémoire absolue. Il va se retrouver dans une situation très délicate lorsque un certain seigneur Vetas, à la solde d’un commanditaire encore plus mystérieux, prendra en otage sa famille, forçant ce personnage hautement intègre à jouer un double-jeu meurtrier avec Tamas. Ce déchirement entre sa loyauté et la survie de sa famille (voire la sienne) rend d’ailleurs ce protagoniste franchement intéressant.
  • Nila : lavandière au service d’un duc, elle se prend d’une affection bien réciproque pour le fils de ce seigneur, un garçonnet. Lors de la purge effectuée dans la noblesse par Tamas, elle sauve le jeune Jakob (après avoir elle-même été sauvée d’une tentative de viol par le futur garde du corps de Tamas) qui s’avérera, même si elle ne le sait pas à ce moment là, être le dernier héritier (très indirect) au trône. Séparée du petit, elle se donnera alors pour mission de tuer ce boucher de Tamas.
  • Olem : personnage débonnaire, très humain et attachant, ce Doué a la faculté de ne pas avoir besoin de dormir, ce qui fait de lui le garde du corps parfait pour Tamas. Il va mener sa tâche avec une abnégation admirable, et entamer une histoire d’amour avec Nila.
  • Ka-Poel : depuis qu’il l’a sauvée lors de la guerre, cette jeune sauvageonne (elle a l’air d’avoir quatorze ans), qui se révèle également être une sorte de shaman aux immenses pouvoirs, suit Taniel comme son ombre. Elle a la particularité d’être muette (c’est très à la mode ces dernières années en Fantasy, cf The Vagrant de Peter Newman). Ce personnage mystérieux et plutôt original (c’est quasiment ce que pourrait donner une irlandaise avec une culture proche des Indiens d’Amérique) est hautement intéressant et attachant.
  • Vlora : son Don unique fait d’elle un atout militaire indispensable pour Tamas (notez que dans cet univers, les femmes combattent à l’égal des hommes), qu’elle traite d’ailleurs comme son père, bien plus que Taniel à vrai dire (avec qui la cohabitation est malaisée, vu qu’elle l’a trompé pendant qu’il était à la guerre. Pourtant, il a toujours de l’amour pour elle, quelque part). En effet, le Maréchal l’a arrachée, enfant, à un pensionnat, et lui a offert une carrière dans l’Armée.

Les chapitres alternent (soit d’un à l’autre, soit au sein d’un seul et même chapitre) les points de vue de Tamas, Taniel et Adamat, avec quelques détours très occasionnels par Nila.

Sachez également qu’il y a des tas d’autres personnages secondaires intéressants, à commencer par les autres Conjurés (Dame Winceslav des Ailes d’Adom, Ricardo Tumblar du tout-puissant Syndicat des Guerriers du Travail, le Préfet Ondraus, l’Archidiocèle Charlemund -un personnage complexe-, le Propriétaire -chef de la Pègre- et enfin le Doyen Lektor), sans oublier Gavril le Montagnard, le Privilégié Borbador, le Duc Nikslaus (la Némésis de Tamas) ou Mihali, le Chef (cuisinier) au talent prodigieux, évadé d’un asile et qui se prend pour la réincarnation d’un dieu !

Dans l’ensemble, j’ai trouvé que les personnages étaient réussis, ils ont une âme, ne sont pas mono-dimensionnels ou parfaits et on s’y attache, ce qui pour moi est, sur ce plan, la marque d’un livre réussi.

Mon avis, ma conclusion

Si tout le monde ou quasiment s’accorde, en France, a reconnaître qu’il s’agit d’un bon, voire très bon livre, un nombre surprenant de gens semble lui dénier le statut de chef-d’oeuvre, notamment du fait d’une ressemblance avec l’oeuvre de Sanderson (Brian McClellan étant issu de ses ateliers d’écriture) ou parce qu’ils considèrent qu’il ne s’agit « que » d’une transposition de codes classiques de la Fantasy dans un cadre non-médiéval. Je ne suis pas du tout d’accord avec ça : d’abord (et je l’ai démontré dans ma critique), le changement de cadre historique ouvre des possibilités narratives, technologiques, magiques et géopolitiques assez inédites en Fantasy, ce n’est pas « juste » un changement d’ambiance; ensuite, j’ai trouvé que la combinaison de duels de magie spectaculaires (à la Erikson), de combats épiques mettant en jeu mousquets et canons (songez que les deux plus grands chefs militaires de leur temps, le Révolutionnaire et le Royaliste, s’affrontent au milieu d’une ville d’un million d’habitants !) et de forts aspects enquête policière et jeux de pouvoir politiques était menée de main de maître, surtout compte tenu du fait qu’il s’agit d’un premier roman; enfin, des personnages complexes et très réussis, ainsi qu’une écriture fluide et prenante, achèvent de faire de La promesse du sang, malgré son énorme densité, un roman remarquable, révolutionnaire (^^) dans ce qu’il combine ou change en Fantasy.

Le changement de paradigme politique / historique / technologique n’est pas le seul abordé, puisque l’intrigue nous montre une claire opposition entre magie ancienne, plus puissante et durable, magie actuelle, affaiblie par le développement de la poudre, et sorcellerie des Poudremages, l’arme humaine du futur.

Bref, à part quelques défauts relativement mineurs (je n’ai pas constaté, comme certains, de baisse de rythme significative au milieu, mais par contre, je dois reconnaître que la contre-insurrection Royaliste a été évacuée un peu rapidement à mon goût), je place, pour ma part, ce livre au sein de mon Panthéon personnel, et j’ai pris énormément de plaisir à le lire. C’est le genre de roman, novateur et épique à la fois, superbement réalisé, qui est tout ce que je recherche en Fantasy. Ce qui rend le fait qu’il soit en grande partie indisponible en France (en VF, du moins) et quasi-totalement inconnu parfaitement abracadabrant(esque).

Si, sur mes conseils, vous n’avez qu’un livre de Flintlock Fantasy à lire, c’est clairement celui-ci que je vous recommande. Comme vous vous en doutez, je vais vous proposer, dans les mois qui viennent, des critiques des autres textes composant le cycle (romans et nouvelles / novellas). J’attends beaucoup du tome 2, réputé plus intéressant qu’un tome intermédiaire de cycle moyen, et montrant la retraite désespérée de Tamas poursuivi par les troupes de Kez (Tamas, un nouveau Coltaine ?).

Pour aller plus loin

Ce livre fait partie d’une trilogie : retrouvez sur Le culte d’Apophis les critiques du tome 2 et du tome 3. Vous trouverez également celles consacrées à la dizaine de nouvelles complétant ces romans ici et .

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Lutin sur Albedo, celle de Blackwolf,

38 réflexions sur “La promesse du sang – Brian McClellan

  1. Bon, je l’entame ce soir, quoi?
    C’est assez incompréhensible cette histoire au niveau de l’édition du livre… Il y en a plus un seul de disponible en neuf. Épuisé! C’est dire qu’il a eu son petit succès!
    Vu que les tomes suivants ne sont pas prêts d’être parmi nous, j’ai opté pour une édition en VO.
    J’ai parcouru les premières pages et c’est d’un niveau plus abordable qu’Erikson (dont j’ai dépassé les 50% d’après ma liseuse).

    Pour en revenir a ta critique magistrale, je me demande qui n’a pas envie de se précipiter dessus après cela ?`(j’ai d’ailleurs beaucoup aimé tes jeux de mots). Le thème musical m’a un peu surprise
    Autrement tu sais que j’adore SAnderson, Weeks aussi si l’influence du premier en perceptible, je ne puis résister…

    Bref, il ne va pas rester au chaud longtemps dans la PAL.

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    • En même temps, un bouquin pareil qui se retrouve chez Panini éditions (Eclipse est une filiale de ce groupe), c’est un peu incompréhensible quand-même. D’autant plus quand tu vois à quel point ils ne se sont pas du tout bougés pour le promouvoir. Après ça, entre le peu d’intérêt pour un roman au potentiel élevé et le fait que certains éditeurs se désintéressent complètement de ce nouveau sous-genre pourtant très dynamique dans l’édition anglo-saxonne, il ne faut pas s’étonner que la Flintlock / Gunpowder ne soit ni connue, ni appréciée en France. Pour avoir de la demande, il faut savoir créer et entretenir une offre. Et c’est là que je bénis ma maîtrise de la langue anglaise.

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      • Tu continueras donc en VO.
        Je m’aperçois en lisant Garden of the Moon que ma lecture en anglais s’accélère. Mais, je dois dire que cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu en VO.
        D’ailleurs, le début a été assez éprouvant avec le Erikson, j’avais l’impression de ne pas avancer, le vocabulaire sort de l’ordinaire, les structures des phrases changent aussi en fonction du POV, sans compter la complexité initiale de tous ces personnages, races, lieux, enjeux. Je dois avouer que je ne commence à me régaler que maintenant…
        Les premières pages je devais tourner autour de 30% de ma vitesse normale, maintenant, je dois être à 75%.

        Bref, tout cela pour dire que l’on pourrait éventuellement se partager la découverte de quelques potentiels anglo-saxons.

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        • Oui, je continue en VO, non seulement ce cycle mais la Flintlock / Gunpowder en général. La lecture (en anglais) du prélude aux Mille noms est d’ailleurs prévue en fin de mois.

          Pfffiou, il faut dire que pour te remettre à la VO, tu n’as pas choisi le plus facile. Personnellement, j’ai acheté tout ce qui était paru en français dans le cycle malazéen (qu’on trouve très facilement neuf en VF), je me suis dis que ça me donnerait les bases pour m’attaquer au reste du cycle (tome 3+, en anglais seulement) plus aisément.

          Si tu regardes le programme de lecture du blog, tu verras que mes lectures en anglais sont déjà en très grande partie programmées… pour les deux ans à venir 😀 (et je vais encore en insérer pas mal, dans certains cas j’attendais d’évaluer le tome 1 avant de programmer le reste du cycle).

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  2. Pingback: Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : hors-série n°2 – Gunpowder et Flintlock Fantasy | Le culte d'Apophis

  3. Pingback: Les Mille noms – Django Wexler | Le culte d'Apophis

  4. Je l’avais noté au moment de sa sortie chez Panini et puis, comme tu le dis, il n’y a pas eu tellement de promo et je l’ai très peu vu en librairie alors il m’était sorti de la tête. Le voilà maintenant en tête de ma liste d’achat : merci pour cette critique très bien construite et très enthousiaste 🙂

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  5. Dis donc, il a l’air super intéressant ce roman et au moins, on sort des sentiers battus. En revanche, tu sais que tu m’intrigues avec les Elfes de fer? Hâte de lire ta prochaine chronique, alors!

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    • J’en ai déjà lu un tiers, et je peux déjà t’en dire plusieurs choses : premièrement (à ce stade de ma lecture), c’est moins solide, niveau univers ou écriture que La promesse du sang, les Mille noms ou le cycle du Porteur de Lumière, sans que ce soit mauvais non plus; deuxièmement, l’univers est tout de même sympathique (en gros, c’est du Kipling dans une Inde Fantasy, avec des pseudo-britanniques qui utilisent des elfes comme troupes coloniales); troisièmement, on est loin des elfes « normaux » de Fantasy, ceux-là sont très spéciaux; et enfin, le héros est vraiment très, mais alors très sympathique. Critique à suivre mercredi, normalement.

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    • Merci 🙂

      J’ai trouvé ça très dépaysant et novateur à de multiples niveaux (ne serait-ce qu’une forme de magie basée sur la poudre, on ne croise pas ça tous les jours), et j’ai beaucoup aimé l’ambiance.

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  6. Dans un geste d’humeur contre l’impéritie de l’éditeur VF, j’avais décidé à l’époque de faire l’impasse sur cette trilogie, mais tu viens de me faire changer d’avis ^^
    Encore une super chronique, en tout cas !

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  8. Sympa cette thématique.
    J’avais repéré ce roman au moment de sa sortie, mais je lui avais préféré « Les mille noms » de Django Wexler… que je n’ai toujours pas lu !
    Est-ce qu’il est au programme lui aussi ?

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    • Ah c’est marrant que tu en parles, parce que je suis justement en train de lire la suite, qui est pour l’instant (j’en suis exactement à la moitié) une belle claque ^^ (critique jeudi, normalement). Et pour ce qui est des Mille Noms, tu trouveras sa critique ici : https://lecultedapophis.wordpress.com/2016/04/13/les-mille-noms-django-wexler/

      Je précise que la suite est facilement deux divisions au dessus, et moins militarisée. C’est également une transposition de la Révolution dans un cadre Fantasy, comme La promesse du sang, sauf que chez Wexler on voit les préparatifs et le déroulement de la révolte, alors que chez McClellan on s’intéresse à ses conséquences, en passant assez vite sur son déroulement.

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      • Ah oui, ça m’apprendra à ne pas faire de recherche !
        D’un côté c’est bien de voir que la suite est encore meilleure, de l’autre c’est dommage que le premier volume ait été édité par Eclipse…

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        • Exactement. Eclipse / Panini, le grand spécialiste du « je commence une série, je ne fais pas de promotion, après ça je m’étonne que ça ne marche pas, et boum, j’arrête le cycle et je laisse les non-anglophones avec un tome 1 dont ils ne connaîtront jamais la suite ».

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  18. Excellente critique qui retranscris très bien l’ambiance du bouquin et qui donne bien envie de le lire ( c’est ta critique qui m’a fait acheter le livre). Cela me permet de découvrir un sous genre de la fantasy que je ne connaissais pas et qui je suis d’accord avec toi change de l’ambiance médiévale européenne présente dans une proportion énorme de la production française . Sinon je commence la lecture du deuxième volume en VO , j’ai pas la patience d’attendre et au vu de ta critique sur les nouvelles le niveau en anglais pour comprendre l’auteur à l’air accessible (ça permettra de m’entrainais pour lire Memories of Ice ou Diaspora qui je pense risque d’être plus difficiles) . J’attends ton retour sur the crimson campaign qui va ne pas tarder je crois.

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    • Merci beaucoup 🙂

      Tout à faire, le niveau d’anglais est accessible chez Brian McClellan. Steven Erikson est beaucoup plus ardu à lire, tandis que chez Greg Egan, ce n’est pas tant le niveau de langage utilisé qui pose problème que l’extrême complexité de ce qui est abordé.

      En effet, la critique de The crimson campaign est prévue d’ici 3 semaines, environ.

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