The calculating stars – Mary Robinette Kowal

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Conquête spatiale, conquête des droits

calculating_starsThe calculating stars fait partie du cycle Lady astronaut, dont il est le second texte publié mais le premier dans la chronologie interne de cet univers. Il explique donc (ainsi que le roman suivant, à paraître dans quelques semaines, The fated sky) la façon dont on en est arrivé au monde de The lady astronaut of Mars. Mélange d’Atompunk (Steampunk des années 45-65 ; l’auteure, elle, parle, dans la postface, de « punchcard punk », étant donné que l’informatique plus primitive de son univers fonctionne aux cartes perforées), donc d’uchronie rétrofuturiste, et de Hard SF / SF post-apocalyptique, le roman propose aussi au lecteur une intrigue qui mêle différentes strates de lecture : évolution sociale (possibilités professionnelles offertes aux femmes ou aux personnes de couleur), course à l’espace uchronique avec une exploitation réaliste de la science et de la technique, mais aussi (et peut-être surtout) une immersion pleine de sensibilité et d’émotion dans la vie d’un couple, confronté, de la première à la dernière ligne, à des défis extraordinaires.

Une fois de plus, Mary Robinette Kowal livre un très bon texte, même si pas tout à fait dépourvu de certains défauts, au minimum pour des profils bien précis de lecteurs. Je vais donc essayer de vous décrire le plus précisément possible ce qui peut vous plaire… ou pas là-dedans.  Lire la suite

The lady astronaut of Mars – Mary Robinette Kowal

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Touchant

lady_astronaut_kowalMary Robinette Kowal est une auteure américaine qui présente l’étonnante particularité d’être, en même temps, une marionnettiste professionnelle, ainsi qu’une narratrice pour les livres audio d’autres auteurs de SFFF, comme John Scalzi, Seanan McGuire, Cory doctorow ou encore Kage Baker. La novelette dont je vais vous parler aujourd’hui a gagné le prix Hugo (la plus prestigieuse récompense dans le domaine de l’imaginaire) en 2014 pour cette catégorie de textes. Je vous rappelle d’ailleurs la nomenclature anglo-saxonne, basée sur le nombre de mots : à moins de 7500, on parle de Nouvelle, de 7500 à 17500 de Novelette (ou de « nouvelle longue » chez nous), de 17500 à 40 000 de Novella (ou de « roman court » en France), et au-delà de Roman (Novel dans la langue de Shakespeare). Mais revenons à nos moutons : cette novelette, donc, s’inscrit dans le même univers que deux romans à paraître en 2018, The calculating stars (sorti en juillet) et The fated sky (prévu en août), et les trois textes font partie du cycle Lady Astronaut. Le plus étonnant dans l’histoire est que les deux romans constituent le prélude de la novelette !

Rendons à la gens Julia, ou plutôt aux Harkonnen, ce qui leur appartient, puisque c’est le camarade FeydRautha qui a attiré mon attention sur ce texte. Je suis toujours à la recherche d’exemples à vous donner pour illustrer mes articles taxonomiques, et cette novelette (ou plutôt les romans qui en constituent le prequel) me paraissant être un exemple d’Atompunk, j’ai décidé de vous en proposer une critique. Notez qu’elle est disponible gratuitement (mais en anglais) sur le site de TorLire la suite

Summerland – Hannu Rajaniemi

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Brillant !  

summerlandHannu Rajaniemi est un auteur finlandais (vivant désormais en Californie), mathématicien et physicien de haut niveau écrivant également de la SFF (il a déclaré avoir été poussé dans les deux carrières -la scientifique et la littéraire- par la lecture des ouvrages de Jules Verne). Nouvelliste aussi bien que romancier, il est surtout connu pour sa trilogie consacrée à Jean le flambeur, dont seul le premier volume a été traduit chez nous : Le voleur quantique. Son nouveau roman, Summerland, un stand-alone, ne ressemble pourtant en rien (à part peut-être sur les thèmes de la mémoire, de la surveillance ou de la longévité et de ses effets sur la personnalité des gens) à ce dernier et plus généralement au registre Hard SF dans lequel on classe cet écrivain le plus souvent : il s’agit d’une relecture uchronique et rétrofuturiste de la guerre d’Espagne et des luttes entre services secrets de différentes nationalités qui l’entourent, basée sur une sorte de variante assez étonnante du Dieselpunk (revu à la sauce SOS Fantômes). Mais nous en reparlerons.

C’est un roman relativement exigeant (et j’insiste sur le « relativement », surtout pour ceux qui ne sont pas allés jusqu’au bout du Voleur quantique) parce qu’il impose d’assimiler de nombreux nouveaux concepts en à peine 330 pages, mais en tout cas l’univers proposé est assez unique et franchement intéressant.  Lire la suite

The tangled lands – Paolo Bacigalupi / Tobias S. Buckell

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Une fantasy alliant un solide fond (principalement écologiste) avec une forme à la fois exotique et sombre 

tangled_lands_bacigalupiContrairement aux apparences, The tangled lands n’est pas tout à fait un roman écrit à quatre mains par Paolo Bacigalupi et Tobias S. Buckell, mais plutôt un fix-up de (longues) nouvelles situées dans le même monde, partageant certains personnages, mentionnant des événements communs, mais pouvant, à part ça, se lire de façon indépendante, même si, lues à la suite, elles forment aussi une seule histoire de la ville de Khaim. Sur ces quatre textes, deux ont déjà été publiés (isolément et dans un recueil -audio- commun nommé The Alchemist and The Executioness), The alchemist de Bacigalupi (traduit chez nous sous le nom L’alchimiste de Khaim) et The Executioness de Buckell, tandis que les deux autres sont inédits (vous trouverez en fin de critique une liste complète de liens vous permettant de faire un tri là-dedans, en VO et en VF).

Les préoccupations écologistes de Bacigalupi sont bien connues, bien que s’exerçant d’habitude dans un registre SF. Ici, elles sont transposées dans un monde secondaire et un contexte de Fantasy, où l’usage de la magie provoque la pousse d’une ronce empoisonnée qui finit par chasser les gens de leurs champs, de leurs mines et de leurs cités, créant des colonnes de réfugiés « climatiques », en quelque sorte. Et lorsqu’on sait que n’importe qui peut potentiellement utiliser la magie et que l’interdiction théorique de l’employer édictée par les autorités est en fait assez peu suivie… Lire la suite

An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock

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Beaucoup de bruit pour rien

alchemy_craddockAn alchemy of masques and mirrors est le premier roman de Curtis Craddock, auteur américain vivant au Colorado et enseignant l’informatique à des prisonniers dans un pénitencier. Après l’avoir achevé et fait quelques recherches pour la rédaction de cette introduction, je me suis également aperçu qu’il s’agissait du premier tome d’un cycle, The Risen kingdoms, alors que franchement, vu que la fin boucle tous les arcs narratifs, je ne m’attendais pas vraiment à une suite. Même si vu la place accordée au worldbuilding, j’aurais dû m’en douter. Pas sûr, cependant, que je lise le tome 2, vu à quel point j’ai eu du mal à finir celui-ci. Même si il y a certains points que j’aimerais bien voir éclaircis sur l’origine de ce monde.

Sur Goodreads, ce roman bénéficie d’une note de 4.1 (sur un peu plus de 300 évaluations, ce qui reste modeste), et ses lecteurs avaient l’air très enthousiastes. De fait, le mélange de genres proposé (Mousquetaires, sorcellerie, vaisseaux des airs) avait l’air assez original et attractif. Au final, on se retrouve avec un monde auquel il est assez difficile d’adhérer, avec une fausse originalité qui cache en fait un grand classicisme, avec un des deux protagonistes auquel il est malaisé de croire, avec une narration verbeuse et une intrigue convolutée qu’on a hâte de voir se terminer (enfin), après le 18e coup de théâtre et la 27e révélation (en trois chapitres). Bref, je m’attendais à me régaler, et c’est avec un grand soupir de soulagement que je l’ai achevé et que je suis passé à (beaucoup) plus intéressant, à savoir le tome 4 de The shadow campaigns (qui sera la dernière critique publiée sur ce blog en 2017 : il est de tradition, sur le Culte, de finir chaque année sur un genre mal-aimé en France et de commencer l’année suivante de la même façon. Cette fois-ci, donc, nous allons finir sur de la Flintlock et commencer 2018 avec de l’Heroic Fantasy -féminine-). Mais revenons à nos moutons !  Lire la suite

The guns above – Robyn Bennis

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Honor Harrington, capitaine de dirigeable

the_guns_aboveRobyn Bennis est une auteure californienne travaillant dans le domaine des biotechnologies, dont The guns above est à la fois le premier roman et le tome inaugural d’un cycle appelé Signal airship. Le tome 2, By fire above, est attendu en mai 2018. Influencée, de son propre aveu, par (entre autres) Patrick O’Brian, David Weber et Bernard Cornwell, il était logique qu’elle commence par écrire de la SFFF militaire d’influence Napoléonienne. Là où ça devient intéressant, en revanche, c’est qu’elle a choisi de créer un contexte Steampunk / Fantasy (je vais y revenir) dans lequel un équivalent d’Honor Harrington commande… un zeppelin militaire ! Ou comment transposer les combats spatiaux de l’Honorverse dans un contexte à mousquets, Grenadiers, Dragons (les cavaliers, pas les bestioles) et canons ! Le résultat est bluffant, aussi bien au niveau de l’ambiance / immersion que du côté technique (description des dirigeables) ou de dialogues ou personnages principaux très solides, surtout pour une première oeuvre.

La plupart des gens le classifieront en Steampunk (bien que le seul côté rétrofuturiste soit dans la présence de dirigeables évolués dans un contexte Napoléonien, soit un gros siècle avant la période Historique où ce genre de rigide employant de l’Hélium était utilisé à des fins militaires), mais le fait que l’intrigue se déroule dans un monde secondaire (imaginaire) me fait plutôt classer ça, personnellement, dans la Gaslamp / Gaslight Fantasy, même s’il n’y a aucun élément fantastique (encore moins que dans Téméraire, qui, lui, montre des dragons).  Lire la suite

L’alchimie de la pierre – Ekaterina Sedia

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L’histoire de cette touchante héroïne sert de prétexte à transmettre un beau message, certes, mais avec la subtilité d’un bulldozer

alchimie_pierreEkaterina Sedia est une autrice russe de Fantasy (écrivant en anglais) vivant aux USA depuis vingt ans. Elle enseigne l’écologie des plantes et la botanique dans le New Jersey. Elle a publié cinq romans, et écrit également des nouvelles et des poèmes. L’alchimie de la pierre est son livre le plus connu. Les illustrations (couverture + intérieures), superbes, sont l’oeuvre de Nicolas Fructus.

Nous suivons une Automate intelligente-consciente, Mattie, dans une intrigue qui sera l’occasion pour Ekaterina Sedia d’examiner tout un tas de problèmes de société, de l’émancipation de la femme au rôle qui lui est attribué dans un contexte pseudo-Victorien caractérisé par sa rigidité en passant par le racisme, la mécanisation des sociétés modernes ou la réaction des gens face aux attentats. Lire la suite