Anthologie Apophienne – épisode 9

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce neuvième épisode, nous allons parler, comme souvent dans l’Anthologie Apophienne, d’un texte de Lovecraft, mais aussi de Hard SF et, plus étonnant pour ceux qui connaissent un peu mes goûts, non seulement de SF humoristique, mais en plus signée Jack Vance. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

Aurora – Kim Stanley Robinson

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Le meilleur roman de KSR depuis la trilogie martienne

Une version modifiée de cette critique est parue dans le numéro 96 de Bifrost. Vous pouvez retrouver tous mes articles publiés dans le magazine sous ce tag.

aurora_KSRDans la bibliographie de Kim Stanley Robinson (KSR), Aurora, publié en VO en 2015, se place entre 2312, au solide univers mais incapable de raconter une histoire, et Red Moon, qui en narrait plus ou moins correctement une mais pêchait par contre au niveau d’un contexte lunaire décevant. Se pose donc la question de savoir comment ce roman va se situer, et les interrogations augmentent encore à la lecture de la quatrième de couverture, où le résumé ne fait que quelques phrases. Et pour cause…

En effet, si le point de départ est clair (un vaisseau à générations est dans la phase finale de son approche de Tau Ceti et de ses planètes), et si pendant un bon tiers, le roman suit la partition qu’on imagine, l’auteur va ensuite lui faire prendre un tournant complètement inattendu, qui va occuper les deux tiers suivants et qui explique la discrétion de la quatrième. Qui mentionne aussi une citation du Guardian selon laquelle il s’agirait du meilleur livre de KSR depuis la trilogie martienne, voire de son meilleur tout court. Si la première partie de la phrase est incontestable, en revanche la seconde est une question d’attentes. Volume unique, narration bien plus maîtrisée que dans 2312, meilleur univers que dans Red Moon, rythme et intérêt constants quasiment d’un bout à l’autre et profondeur des thématiques traitées, Aurora a tout pour plaire, surtout à celui qui ne connaît pas la prose de KSR ou n’y adhère pas d’habitude. Mais non, il n’éclipsera pas la trilogie martienne, monument du Planet Opera à la richesse hors-norme. Lire la suite

Eifelheim – Michael J. Flynn

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Sidérant anonymat

EifelheimCeci n’est pas une critique du roman Eifelheim de Michael J. Flynn. Enfin, pas seulement. Considérez que c’est aussi un épisode de plus de L’œil d’Apophis, cette série d’articles où je tente de remettre en lumière des romans qui sont passés inaperçus ou bien n’ont pas eu la réception commerciale ou critique qu’à mon avis (les goûts et les couleurs mis à part) ils méritaient. Eh bien avec ce livre, on est en plein dedans. Cela faisait des années que je voulais le lire, essentiellement parce qu’il constitue une curiosité taxonomique (sur laquelle s’étend d’ailleurs Gérard Klein dans sa préface -qui, comme tous les textes de ce genre émanant de l’illustre directeur de collection, doit se lire en fait en tant que postface pour éviter de se voir divulgâcher l’ensemble de l’intrigue), mais je n’avais pas pris la mesure du bijou que constituait ce roman dans son ensemble.

Maintenant que c’est fait, je suis absolument sidéré qu’il n’ait pas eu plus d’écho en France lors de sa sortie (et on peut même se demander comment le Hugo a pu lui échapper, même si, avec entre autres Rainbow’s end de Vernor Vinge -le lauréat- et Vision aveugle -bientôt réédité par le Belial’- de Peter Watts, cette année là, c’était vraiment très concurrentiel et que le verdict ne pouvait donc faire que des déçus), et je croise les doigts très fort pour que, maintenant que Klein a fait de la nécromancie sur son Ailleurs & Demain en catalepsie dans son sarcophage (N’est pas mort ce qui à jamais dort, etc), il ait la bonne idée de rééditer ce bijou (et puis deux-trois autres trucs, hein, du genre L’aube de la nuit, notamment), si possible avec une couverture pas conçue sous LSD et pas aussi émétique que la dernière fois, merci (la preuve). Même si, comme nous allons le voir, oui, c’est une pépite, mais non, elle ne sera sans doute pas destinée à tous les profils de lectrices et de lecteurs. Quand on voit, en 2020, des adultes qui lisent à 99% du YA (ce qui est toutefois leur droit, ce n’est pas la question) et qui trouvent les romans de SFFF les plus basiques « difficiles », on imagine sans mal l’effet (laisser tomber le livre concerné par terre) qu’un bouquin vraiment exigeant peut produire sur eux !

Un dernier mot : il est impossible d’analyser de façon décente Eifelheim sans dévoiler une partie de son intrigue, et ce d’autant plus que c’est la connaissance desdits éléments qui peut vous inciter à lire ce roman… ou pas. Soyez donc averti que si vous ne voulez rien savoir de plus sur lui que « c’est un livre inhabituel, génial mais exigeant et peut-être pas fait pour moi », vous devez stopper votre lecture de cet article ici-même. Lire la suite

Le nuage noir – Fred Hoyle

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Hard SF de la préhistoire ! 

le_nuage_noir_hoyleFred Hoyle (1915-2001) était un astrophysicien et cosmologiste britannique, connu pour être un farouche opposant de la théorie du Big Bang (terme qu’il a d’ailleurs inventé -par dérision-), qui était en totale contradiction avec son propre modèle d’un univers dit « à l’état stationnaire » (éternel, immuable), modèle qui finira cependant par être abandonné car incapable de rendre compte des observations. Mais il ne faudrait pas, pour autant, oublier qu’il a été un des pionniers en matière de recherches sur la Nucléosynthèse stellaire (son travail a d’ailleurs été étrangement ignoré lors de la remise du Prix Nobel de Physique 1983 à son coéquipier William Alfred Fowler) et de l’idée de principe anthropique faible. Il faut dire qu’outre celle du Big Bang, Hoyle était un habitué des controverses, étant par exemple opposé à l’idée d’abiogenèse et plutôt partisan de la Panspermie.

Au-delà du fait d’être un savant reconnu, Hoyle était aussi l’auteur, en plus de ses écrits scientifiques, de plusieurs romans de SF, dont Le nuage noir dont je vais vous parler aujourd’hui, publié en VO en 1957 et traduit en français en 1962 (je l’ai, pour ma part, lu en anglais, pour des raisons de disponibilité de la VF / prix de l’occasion ; j’en profite pour préciser que la VO se lit très facilement, le niveau de langue utilisé ne présentant aucune difficulté particulière). Dans la préface (celle de l’édition anglo-saxonne, du moins), son fils relate que pendant la Seconde Guerre mondiale, un de ses collègues, voyant Fred Hoyle lire un roman de SF, lui demande pourquoi il lit ce genre de littérature de gare, ce à quoi l’intéressé répond « Ces gars n’ont aucune connaissance scientifique et se font beaucoup d’argent. Moi qui les ai, je dois être capable de faire bien mieux ». Il écrit donc un roman de Hard SF en… 1957.

Précisons toutefois que Hoyle exagère un peu et que même si Le nuage noir s’inscrit dans ce que l’on pourrait appeler « l’aube des temps » de ce sous-genre, il n’en est pas pour autant tout à fait un précurseur, puisque des auteurs comme Tom Godwin ou Hal Clement avaient déjà publié des textes de Hard SF plusieurs années avant, et que les origines du genre peuvent être retracées bien avant ça. Mais bon, pour cette époque antédiluvienne, Le nuage noir reste (sur le strict plan de la Hard SF) carrément impressionnant : on dirait du Robert Forward mélangé à du Peter Watts mais des décennies avant les œuvres phares de ces derniers ! Sur un pur plan littéraire, en revanche, on reste un peu dubitatif devant certaines louanges proférées par des critiques ayant pourtant une tenace réputation d’avoir la dent dure, tel que Damon Knight par exemple, tant la première moitié du livre est poussive et tant on a parfois l’impression d’avoir affaire à un essai et pas un roman (comme chez Forward, même si ça s’arrange dans la seconde moitié et que l’impression est rarement aussi prononcée que chez lui). Lire la suite

Hot Rock – Greg Egan

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Un Planet Opera (très) Hard SF de toute beauté

oceanic_eganHot Rock est la troisième et dernière nouvelle s’inscrivant dans l’univers de l’Amalgame, après Riding the crocodile et Gloire. C’est la seule qui a été publiée après Incandescence, le roman situé lui aussi dans ce contexte, et des trois, c’est clairement la plus Hard SF, et de très loin. Mais surtout, des trois, c’est, et là aussi de loin, la plus intéressante, un Planet Opera (très) Hard SF de toute beauté, rivalisant sur ce plan avec le formidable Retour sur Titan de Stephen Baxter.

Cependant, le tableau n’est pas tout à fait rose, puisque les tenants (deux citoyens de l’Amalgame décident de résoudre un mystère) sont très (trop…) similaires à ceux des deux autres nouvelles. Différence appréciable, cependant, ce texte là répond à un plus grand nombre des questions qu’il pose, et donc sa fin se révèle plus satisfaisante. Lire la suite

Gloire – Greg Egan

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Un début effectivement glorieux, une fin qui l’est moins

gloire_eganGloire est la deuxième nouvelle du cycle informel de l’Amalgame, dont je vous ai présenté les fondamentaux dans ma critique de Riding the crocodile. Au moment où je rédige ces lignes, c’est le seul texte inscrit dans cet univers à avoir été traduit, en l’occurrence par Bragelonne. Des trois nouvelles, c’est cependant, de mon point de vue, la moins intéressante, bien qu’en valeur absolue, elle ait bien des arguments à faire valoir, à commencer par son début tonitruant.

Les fondamentaux et la structure de Gloire sont finalement fort similaires à ceux de Riding the crocodile (deux citoyens de l’Amalgame tentent de résoudre un mystère, la fin ne répond pas vraiment aux promesses faites par l’auteur), à ceci près qu’ici certains curseurs sont poussés bien plus loin (le texte est nettement plus Hard SF -enfin surtout son début, pour être honnête, après ça se calme nettement-, et la fin est plus décevante que celle de Riding the crocodile). Les thématiques centrales, cependant, restent, comme nous allons le voir, intéressantes, et c’est en elles, plus que dans la résolution d’un éventuel mystère, que réside sans doute le vrai point fort de cette nouvelle. Lire la suite

Riding the crocodile – Greg Egan

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Iain M. Banks + Alastair Reynolds = Greg Egan ! 

oceanic_eganIl existe, dans l’œuvre de Greg Egan, une sorte de cycle informel, dit de l’Amalgame, qui est composé de trois nouvelles et de son roman (sorti en 2008) Incandescence (qui n’a, au moment où je rédige ces lignes, pas été traduit). Ces trois textes courts sont disponibles dans le recueil Oceanic, qui n’est pas identique à son quasi-homonyme en VF, Océanique, publié par le Belial’. La première de ces nouvelles, sortie en 2005, est Riding the crocodile, qui n’a pour l’instant pas été traduite non plus, et dont je vais vous parler aujourd’hui (les deux autres, ainsi que le roman, seront chroniqués dans les 4-5 semaines qui viennent, sauf catastrophe). Outre dans Oceanic, on peut aussi la lire gratuitement (en anglais) directement sur le site de l’auteur. La seconde nouvelle (sortie en 2007) est Glory, qui est disponible dans Oceanic en VO ou sous forme électronique en VF (éditée par Bragelonne) sous le titre Gloire. Enfin, la troisième nouvelle, Hot Rock, est postérieure à la sortie d’Incandescence, puisqu’elle a été publiée dans Oceanic en premier lieu en 2009.

Les quatre textes (nouvelles + roman) s’inscrivent dans un univers commun, qui ressemble un peu à une fusion entre celui de la Culture de Iain M. Banks et celui de House of suns d’Alastair Reynolds (même si ce dernier roman est sorti en 2008, et qu’on peut se demander si Reynolds ne s’est pas inspiré d’Egan). L’auteur précise, sur son site, que Riding the crocodile se déroule environ 300 000 ans avant les événements d’Incandescence. Lire la suite

Vers les étoiles / Lady Astronaute – Mary Robinette Kowal

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Conquête spatiale, conquête des droits

vers_les_étoiles_kowalDans trois semaines, le 7 octobre 2020, sortira Vers les étoiles de Mary Robinette Kowal, premier roman du cycle Lady Astronaute (ce que ne précise pas la quatrième de couverture, apparemment, et ce même si ce livre peut tout à fait se lire de façon isolée : on rappellera d’ailleurs que ses deux suites, The fated sky et le récent The relentless moon, ne sont pas, de mon point de vue, à la hauteur de cette très bonne ouverture de cycle). Anecdote aussi cocasse que sidérante, un autre roman, émanant d’un auteur différent (Brandon Sanderson) et sortant chez un éditeur concurrent, sera publié le même jour et sous le même titre, Vers les étoiles !

Rappelons également que le premier octobre, sortira un recueil de cinq nouvelles, Lady Astronaute, situé dans le même univers (et mentionnant cette fois l’existence du cycle) et comprenant le texte éponyme, couronné par le prix Hugo. Et d’ailleurs, Vers les étoiles a réalisé un sans-faute, puisqu’il a obtenu, excusez du peu, le prix Hugo, le Locus, le Nebula et le prix Sidewise dont nous discutions récemment sur ce blog.

Ce n’est pas le premier roman à nous arriver en provenance du monde anglo-saxon bardé de prix et auréolé d’une réputation flatteuse, et certaines fois, les désillusions sont cruelles, tant les attentes du public français et celui des USA ou d’Angleterre sont parfois différentes. Rien de tel ici : même s’il a quelques défauts, Vers les étoiles reste (contrairement, à des degrés divers, à ses deux premières suites) un livre de grande qualité et parfaitement recommandable. Lire la suite

The house of Styx – Derek Künsken

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Un joyau du Planet Opera, et la clef de la géopolitique du Magicien quantique

house_of-styx_kunskenThe house of Styx est le nouveau (et troisième) roman de Derek Künsken. Il se déroule dans le même univers que Le magicien quantique, mais 250 ans auparavant. Il n’en constitue donc pas la suite (qui est The quantum garden), mais, comme ce dernier roman, a pour but (entre autres) de préciser la géopolitique jusqu’ici très floue de cet univers. En effet, dans Le magicien quantique, diverses nations interstellaires d’origine terrienne étaient évoquées (les Vénusiens, les Banques, etc), dont certaines avec des fondamentaux assez étonnants (comme la fleur de lys qui servait de symbole aux dits vénusiens), mais sans que l’auteur n’ait forcément le temps, dans un aussi petit roman, ni l’envie, d’entrer dans les détails, concentré qu’il était sur son Ocean’s Eleven de l’espace. Eh bien un des buts primordiaux de The house of Styx (premier tome d’un cycle, Venus Ascendant) est de réparer cette lacune, en vous en apprenant plus sur les Banques et surtout, surtout, sur les Vénusiens, puisque tout le roman se passe sur l’étoile du berger.

Ce premier aspect est déjà intéressant pour qui a aimé l’univers du Magicien quantique, mais The house of Styx a des arguments à faire valoir pour un public bien plus large que cela : en effet, c’est non seulement le meilleur Planet Opera consacré à Vénus jamais écrit, à mon sens (supérieur au roman du même nom de Ben Bova), mais je pense même sincèrement que c’est un des romans Planet Opera en général les plus importants écrits depuis la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson. Et clairement, tout comme pour ce dernier cycle, lorsqu’on parlera de la colonisation de Vénus en SF, il y aura un avant et un après The house of Styx. Enfin, pour celles et ceux que Le magicien quantique ou Vénus laisseraient plutôt froids, la dernière production de Künsken a un autre argument de poids à faire valoir : il est exceptionnellement inclusif, puisqu’il comprend, excusez du peu, un personnage atteint du syndrome de Down, un second ayant un problème d’identité de genre, et un troisième gay. Bref, quelle que soit la raison qui soit susceptible de vous conduire à lire ce roman (en VO ou dans une éventuelle traduction), il y a peu de chances, je pense, d’être déçu, d’autant plus que les personnages très travaillés sont crédibles et attachants et que l’auteur répond de façon convaincante à bien des questions posées par son univers dans Le magicien quantique. Lire la suite

Eriophora – Peter Watts

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LA sortie SF de l’année ! 

eriophoraLe 17 septembre 2020, paraîtra ce que je considère être la sortie SF (en VF) de l’année, à savoir le (pas si court) roman Eriophora de Peter Watts. J’attire votre attention sur le fait que s’il est édité par le Belial’, il n’appartient pas, pour autant, à la collection Une heure-lumière, en raison de sa taille (224 pages), de l’illustrateur de la couverture (qui est Manchu et pas Aurélien Police, artiste attitré d’UHL) et de la présence d’illustrations intérieures, signées, elles, par Cédric Bucaille.

J’ai, pour ma part, lu ce texte en anglais, sous le titre The freeze-frame revolution, le jour de sa sortie (le 29 mai 2018), et j’en suis sorti impressionné par la combinaison de SF à grand spectacle / forte ambition, d’une excellente intrigue, de solides personnages et surtout par la façon dont Watts avait rendu un livre de Hard SF (non, ne fuyez pas…) aussi accessible à tout le monde. Je ne peux donc que vivement vous conseiller de vous jeter sur Eriophora quand il sortira, car c’est ce genre de science-fiction de l’extrême, brassant les millions d’années et les centaines de milliers d’années-lumière, que je promeus depuis les débuts de ce blog et que j’aimerais lire bien plus souvent en français.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, ma critique de la VO est à votre disposition. Si vous ne souhaitez pas la lire en intégralité, j’en reproduis ici la conclusion : ce roman (pas si) court se place dans le même univers que les trois nouvelles jusqu’ici disponibles en français consacrées au vaisseau Eriophora (recueil Au-delà du gouffre, édité par le Belial’), mais peut sans problème être lu même par quelqu’un qui n’en a aucune connaissance. Il s’agit d’une Hard SF atypique, à la fois par rapport à la production habituelle de Watts et par rapport aux standards du genre, dans la manière qu’elle a, sans négliger la technologie ou le Sense of wonder, de mettre au centre du livre les personnages et surtout une excellente intrigue. Elle sera donc lisible même par quelqu’un qui ne lit pas ou même n’aime pas d’habitude ce sous-genre, un peu dans la veine de la « Light Hard-SF » proposée ces dernières années par Greg Egan. On peut même dire que quelque part, The freeze-frame revolution est un peu le Cérès et Vesta de Watts. Quoi qu’il en soit, que vous soyez expert ou novice en Hard SF, voilà un texte hautement recommandable, qui prouve que le canadien reste sans conteste un des grands auteurs de ce sous-genre.

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