Painless – Rich Larson

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Une grande réussite, une fois encore

painless_larsonAprès Meat and salt and sparksThe ghost ship Anastasia et Extraction request (lu mais non chroniqué), je poursuis mon exploration de l’oeuvre de Rich Larson avec une autre nouvelle, disponible gratuitement (en anglais) sur cette page du site de Tor.com, Painless. De fait, ce nouveau texte mélange l’aspect biotechnologique de la seconde nouvelle citée plus haut avec le cadre militaire de la troisième, mais en plaçant non pas l’action dans l’espace ou sur une lointaine planète mais sur Terre, dans un futur assez proche.

Si j’ai apprécié, à des degrés divers, les trois autres textes, celui-ci est, à mon sens, le plus réussi et surtout le plus marquant, et ce sur deux plans : l’ambiance, d’une part, et la révélation finale, d’autre part. Bref, si vous lisez la langue de Shakespeare, je vous conseille vivement de vous intéresser non seulement à cette nouvelle (disponible, je le répète, gratuitement) mais aussi, par extension, à l’ensemble de l’oeuvre de l’auteur, qui mérite vraiment d’être découverte. Lire la suite

The ghost ship Anastasia – Rich Larson

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Délicieusement dégueulasse ! 

clarkesworld_124Après avoir lu Meat and salt and sparks du très prolifique Rich Larson, j’ai clairement eu envie de découvrir plus de nouvelles signées par l’auteur (et il y en a beaucoup). L’un des aponautes ayant eu la gentillesse de me diriger vers les textes les plus marquants, j’ai donc décidé de commencer par The ghost ship Anastasia, qu’il m’avait décrit comme dans la même veine que Les étoiles sont légion de Kameron Hurley, roman qui m’avait beaucoup déçu du fait d’un aspect strictement science-fictif très maigre (qui n’était d’ailleurs qu’un problème parmi d’autres, mais passons). Rien de tel ici : je suis venu pour voir de la SF à vaisseaux vivants, et je n’ai pas perdu mon temps ! Car tout ce que le bouquin de Hurley avait de percutant (le côté « salement organique »), la nouvelle de Larson le fait mieux, et tout ce qui était bancal dans Les étoiles sont légion (l’intrigue, le worldbuilding, etc) est ici magistralement traité. Outre la longueur, la différence essentielle entre les deux textes étant que Larson laisse de côté l’aspect féministe / social qui est au centre du roman d’Hurley.

Bref, vous risquez de voir pas mal de critiques de Rich Larson sur ce blog dans les mois à venir, car quel que soit le registre émotionnel dans lequel l’auteur opère, il fait preuve d’une impressionnante maîtrise et offre des nouvelles de grande qualité. Si vous voulez lire, vous aussi (en anglais), The ghost ship Anastasia, vous pouvez le faire gratuitement sur cette page du site de Clarkesworld (elle est parue dans le numéro 124 du magazine, en janvier 2017). Lire la suite

Meat and salt and sparks – Rich Larson

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Une nouvelle d’une redoutable efficacité

meat_salt_spark_larsonRich Larson est un grand voyageur, mais il est actuellement basé en Alberta. Spécialisé dans les nouvelles de SF, cet auteur est extrêmement prolifique (c’est le recordman du nombre de publications dans ce domaine en 2015), mais très peu traduit en français (deux seulement, dont une cette année). Celle dont je vais vous parler aujourd’hui est disponible gratuitement (en anglais) sur cette page du site de Tor. Et croyez-moi, mais si vous lisez la langue de Shakespeare, vous ne perdrez vraiment pas votre temps avec ce texte, qui commence comme une « banale » science-fiction d’enquête dans un univers Biopunk (également inspiré par David Brin), avant de virer à une SF transhumaniste de très grande qualité sur la fin. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de remarquer que Meat and salt and sparks était un des textes gratuits les plus mis en favoris (et de loin) par les visiteurs du site, ce qui en dit long sur sa qualité. Lire la suite

Thin air – Richard Morgan

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Richard Morgan 2.0 (ou quasiment)

thin_air_morganAprès quelques années sans publier de roman, Richard Morgan revient nous coller quelques bastos dans le buffet avec son nouvel opus, Thin air. L’auteur, que nombre d’entre vous a découvert cette année via la série Altered Carbon, est en revanche bien connu des aficionados de SF couillue mâtinée de roman noir, et ce depuis une quinzaine d’années. Thin air se situe dans le même univers que Black Man (rebaptisé Thirteen aux USA), mais en est indépendant et peut se lire sans problème comme un stand-alone, l’intrigue ayant un début, un milieu et une fin.

De prime abord, on se dit que Morgan n’a rien changé à sa recette, la transposant juste sur Mars alors que Black Man se déroulait sur Terre, remplaçant une variante 13 par un Hibernoïde (je vais y revenir), ajoutant aux codes du Biopunk et du roman noir une partie de l’ambiance d’un western de l’espace, et gardant le personnage central de l’ex-super-soldat qui disperse, qui ventile, enfin vous connaissez la chanson. Sauf que en matière de worldbuilding, de personnages secondaires et surtout d’intrigue, Morgan a carrément passé la vitesse supérieure. Voire même deux. Alors certes, les scènes de sexe décrites avec un grand luxe de détails alternent avec celles nous faisant vivre de sauvages combats, mais le livre de Morgan n’a, en terme de profondeur et de complexité, pas à rougir devant qui que ce soit désormais. Bref, tout en gardant ses fondamentaux, l’auteur a créé un roman enthousiasmant, propre à intéresser des gens qui n’auraient pas forcément été attirés par le cocktail, vu comme un peu bourrin ou basique, qu’il proposait jusque là. Lire la suite

La maison des Derviches – Ian McDonald

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Une mise en place des pièces du puzzle lente mais magistrale

maison_dervichesAprès l’excellent Luna, je poursuis mon exploration de l’oeuvre de Ian McDonald avec La maison des derviches, qui est à la fois proche et très éloigné de la dernière parution de l’auteur (Je vous annonce aussi que Le fleuve des dieux et La petite déesse seront au programme dans le futur). Ce roman a, entre autres, reçu le Prix Planète SF des blogueurs (le groupement auquel j’ai l’insigne honneur d’appartenir depuis quelques mois) 2013.

Cette fois, l’action se passe sur Terre, plus précisément en Turquie en avril 2027. Alors qu’Istanbul est écrasée par une canicule précoce, les destins, à priori séparés, de personnages dont le seul point commun est d’habiter dans une ancienne Maison des Derviches vont se croiser, l’occasion pour l’auteur de décrire un futur très détaillé d’une Turquie où se croisent Europe et Asie, tradition et modernité, religion / mysticisme et nanotechnologie.  Lire la suite

Féerie – Paul McAuley

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Des fées issues… du génie génétique ! 

féerie_mc_auley_2Paul McAuley est un auteur de Science-Fiction britannique (qui s’est également essayé à l’uchronie avec Les conjurés de Florence) plutôt orienté Hard-SF (il est botaniste de formation) mais ayant balayé un grand nombre de sous-genres au travers d’une assez prolifique carrière (plus d’une vingtaine de romans) : Space-Operas très ambitieux et situés dans un futur extrêmement lointain (son cycle Confluence, jamais traduit en France) ou centrés sur le système solaire et un futur plus proche (La guerre tranquille), Planet Opera (Sable rouge) ou encore Univers parallèles (Cowboy Angels). Il a aussi publié des novellas (romans courts), dont Le choix récemment traduit par le Belial’.

Etant donné sa formation, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’il a aussi publié quelques textes basés sur les biotechnologies, dont Les diables blancs et celui dont je vais vous parler aujourd’hui, tous deux considérés comme des piliers du Biopunk (à ce sujet, je vous invite à consulter la critique de Ribofunk pour plus de précisions). Lire la suite

Ribofunk – Paul Di Filippo

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Le prodigieux tableau d’un futur proche dominé par les biotechnologies

ribofunkPaul Di Filippo est un multi-instrumentiste de la littérature SFFF : cet auteur américain écrit dans des genres aussi différents que le biopunk (je vais y revenir en détails) et le steampunk (et aussi bien des romans que des nouvelles), est un critique de SF reconnu, travaillant pour pléthore de magazines US, rédige des scénarios de comics, ainsi que des essais consacrés à la science-fiction ou son écriture, excusez du peu ! Il a par contre été très peu traduit chez nous.

Le livre que je vous présente aujourd’hui est un fix-up de nouvelles (en anglais) paru en 1996 et qui est considéré comme un des pionniers du Biopunk (voir plus loin). Di Filippo est parti du constat suivant : après avoir écrit du pur Cyberpunk, il a constaté que l’évolution technique rendait de plus en plus probable une prédominance des bio-(ou nano-)technologies sur la cybernétique, la robotique ou l’électronique, ce qui rendait donc le cyber- obsolète. De plus, le -punk lui paraît très limité, car il signifie antihéros, ton noir, cynique et nihiliste, etc. Il forge donc un nouveau concept : non pas cyber-punk, mais ribo-funk. Ribo pour ribosome (la pièce maîtresse de la machinerie cellulaire devant traduire l’information génétique contenue dans l’ADN en protéines de structure ou à fonctions métaboliques) et funk pour un côté moins noir, plus chaleureux. En d’autres termes, un des ruisseaux qui, en en se rejoignant, allaient former le Biopunk. Il faut donc que je vous parle un peu de ce dernier avant de vous parler des nouvelles. Une des ambitions de ce blog est après tout de vous donner une vision plus complète des innombrables sous-genres des littératures de l’imaginaire. Lire la suite

Black Man – Richard Morgan

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Un rythme trompeur, un roman balayant de nombreuses questions de société

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Petite précision préalable : oui, c’est du Richard Morgan, oui, c’est du biopunk (variante du cyberpunk plutôt orientée génétique, drogues et biotechnologies), mais non, ce roman n’est pas connecté au cycle de Takeshi Kovacs.

Un petit mot sur Richard Morgan : cet auteur anglais est surtout connu pour ses romans Postcyberpunks (la trilogie consacrée au fameux Kovacs que je citais plus haut), mais il écrit également de la Fantasy (aussi hardcore que sa SF, sinon plus, et en outre particulièrement gay-friendly, ce qui est suffisamment rare pour être signalé dans ce genre). En outre, il a travaillé, dans sa carrière, sur des romans graphiques et des scénarios de jeux vidéos (dont celui de Crysis 2). Son roman phare, Carbone modifié, est en cours d’adaptation par Netflix au moment où je rédige ces lignes.

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