Les cendres de Babylone – James S.A. Corey

18

Passage obligé

expanse_6_cendres_babyloneLes cendres de Babylone est le sixième volume du cycle The Expanse, après L’éveil du Léviathan, La guerre de Caliban, La porte d’AbaddonLes feux de Cibola et Les jeux de Némésis. La critique du tome 7, Le soulèvement de Persépolis, qui vient tout juste de paraître en VF, suivra celle-ci d’ici quelques jours. Le tome 8, Tiamat’s Wrath, est sorti en anglais en mars, et le neuvième et ultime roman (les auteurs -rappelons qu’ils sont deux à se cacher sous le pseudonyme commun « James S.A. Corey »- ont déjà annoncé qu’ils passeraient à un autre univers de SF ensuite) est prévu (en VO) en 2020. Signalons qu’Actes Sud accélère le mouvement, puisque après avoir longtemps été à la traîne de trois autres pays européens en matière de délai de traduction, l’éditeur a mis les bouchées doubles en 2019, faisant paraître deux tomes en VF la même année (les 6 et 7) alors que de 2014 à 2018 inclus, il n’y en a eu qu’un par an. La maison arlésienne est donc certes presque à jour, mais cette accélération du rythme n’a pas été, comme nous le verrons, sans conséquence sur la qualité de la traduction et de la relecture.

Après un bon premier tome, un tome 2 très bon, un troisième fort décevant, un 4 plutôt passable (mais avec de bons moments) et un 5 qui relevait vraiment le niveau, j’étais curieux de savoir ce qu’allait donner ce sixième roman. Pour tout dire, sans être mauvais, il est tout de même bien long pour ce qu’il a à raconter (c’est le plus gros des huit livres parus en VO pour le moment), et son issue ne fait guère de doutes. Quand on a compris le schéma général du cycle (nous allons en reparler), on a le sentiment que, certes, son écriture et son intrigue étaient un passage obligé, mais on a tout de même hâte de passer au tome suivant. Qui, lui (je suis en plein dedans, au moment où je tape ces lignes), est beaucoup plus intéressant et surprenant. Tout compte fait, on a cependant affaire à un tome qui se lit sans trop de frustrations, et qui globalement, est meilleur que les tomes 3-4, même s’il n’atteint pas (à part peut-être dans son dernier quart) la qualité du tome 5. Lire la suite

Made things – Adrian Tchaikovsky

11

Ce n’est certes pas un chef-d’oeuvre, mais c’est très loin d’être dénué d’intérêt !

made_thingsSi vous ne connaissez de l’oeuvre d’Adrian Tchaikovsky que le peu qui en a été traduit (pour le moment) en français, c’est-à-dire Dans la toile du temps et Chiens de guerre, vous pourriez facilement croire qu’il s’agit essentiellement d’un auteur de SF. Et pourtant, celle-ci est minoritaire dans sa bibliographie, puisque sur vingt-quatre romans ou novellas, dix-sept relèvent… de la Fantasy, dont Made things, dont je vais vous parler aujourd’hui, et qui est le quatrième livre de l’auteur publié en VO en 2019 (plus un en VF !), après (dans l’ordre de parution) Cage of soulsChildren of ruin (la suite de Dans la toile du temps) et Walking to Aldebaran. Une productivité telle que nous sommes désormais un certain nombre à affubler l’auteur du gentil sobriquet de « Stakhanovsky »  😀

Bien sûr, une telle frénésie ne peut être sans conséquences, et fatalement, certains textes seront moins aboutis, réussis ou plus dispensables que d’autres. Si Cage of souls relevait, pour moi, de cette catégorie, je ne classerais pourtant pas tout à fait Made things dans la même. Tout simplement parce qu’à mon sens, comme je vais vous l’expliquer, l’intention sous-jacente est différente. Et qu’un auteur (Tchaikovsky ou n’importe quel autre) n’est pas « condamné » à ne produire que des chefs-d’oeuvre, ayant aussi le droit d’écrire des bouquins pour se faire plaisir et / ou qui n’ont pas l’ambition d’obtenir un prix quelconque. Sans compter le fait que mes attentes ne sont pas les mêmes pour une novella comme Made Things et un roman pleine taille comme Cage of souls. Lire la suite