The black god’s drums – P. Djèli Clark

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Un worldbuilding au top, encore une fois

black_god_s_drumsSi vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez sans doute que lorsque je découvre un auteur et que j’apprécie vraiment ce que je lis, j’ai tendance à aller farfouiller dans sa bibliographie, histoire de prolonger cette bonne expérience. Après avoir adoré The haunting of Tram Car 015 et A dead djinn in Cairo de P. Djèli Clark, j’ai eu envie de lire l’oeuvre la plus connue de cet écrivain, à savoir sa novella The black god’s drums. Tout comme les deux textes ayant pour cadre une Égypte alternative, ce roman court relève de l’uchronie de Fantasy, c’est-à-dire qu’il se déroule certes sur Terre et pas dans un monde imaginaire, mais que d’une part le cours de l’Histoire a été modifié, et que d’autre part des éléments fantastiques (magie, créatures surnaturelles, etc) y sont présents. On ajoutera, pour être complet, que chez P. Djèli Clark, il y a également une esthétique Steampunk, ce qui n’est pas le cas dans toutes les uchronies de Fantasy, évidemment.

Si, sur le papier, cette novella relève de codes similaires à ceux employés dans la nouvelle et le roman court égyptiens, l’ambiance et le monde créés se révèlent pourtant sensiblement différents. De plus, globalement, j’ai moins apprécié ce texte que les deux autres, sans le trouver mauvais pour autant. Toutefois, si vous souhaitez vous projeter dans un univers qui sort vraiment des sentiers battus, et particulièrement si vous appréciez tout ce qui tourne autour de la Nouvelle Orléans et des Caraïbes, vous trouverez difficilement plus exotique, comme nous sommes sur le point de le voir. Lire la suite

Les meurtres de Molly Southbourne – Tade Thompson

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Prodigieux

molly_southbourne_thompsonTade Thompson est un psychiatre britannique originaire du Nigéria, où il a d’ailleurs vécu une vingtaine d’années après sa naissance à Londres, avant de revenir s’installer en Angleterre. En plus de ses aptitudes en matière d’écriture, il est aussi un illustrateur doué.

L’auteur a une grosse actualité cette année, aussi bien en VO qu’en VF : en effet, concernant cette dernière, en plus de la novella sortie chez le Belial’ dont je vais vous parler dans la suite de cet article, sont attendues respectivement le 24 avril et le 4 septembre les traductions des deux premiers tomes de son cycle Rosewater. Et dans la langue de Shakespeare, les sorties sont tout aussi alléchantes : le troisième tome dudit cycle, et peut-être surtout la très attendue suite des aventures de Molly Southbourne (en juillet). Bref, si vous suivez un minimum l’actualité de la SFF, il vous sera difficile d’échapper à Mr Thompson en 2019 !

Les meurtres de Molly Southbourne, donc, est la dernière novella en date parue dans la collection Une heure-lumière, qui est désormais devenue une référence incontournable en matière de format court. Illustré comme d’habitude avec brio par Aurélien Police, traduit avec sa maestria coutumière par Jean-Daniel Brèque, ce roman s’avère tout simplement prodigieux aussi bien sur la forme, fluide et très prenante, que sur le fond, d’une richesse peu commune. Signalons d’ailleurs une interview clôturant l’ouvrage, très intéressante et nous en apprenant beaucoup sur les influences et les intentions de l’auteur. Au final, je place ce texte dans le trio de tête au sein d’UHL, pour ma part, aux côtés de l’indétrônable L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu et de Retour sur Titan de Stephen Baxter. Et je ne saurais trop vous recommander sa lecture ! Lire la suite

Perihelion summer – Greg Egan

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Tristement banal

perihelion_summerPerihelion Summer est le nouveau roman court de SF de Greg Egan, paru hier chez Tor.com. Et je dis bien : « de SF », et non « de Hard SF », tant ce texte est représentatif de la production récente du mystérieux australien, qui, par rapport à ses œuvres les plus anciennes, a d’une part spectaculairement mis de l’eau dans son vin en rendant sa prose compréhensible pour tout le monde sur le plan scientifique, et s’est d’autre part réorienté vers des thèmes sociaux plus que vers un vertige technologique, philosophique, transhumaniste ou lié aux merveilles de l’univers. On se rappellera, par exemple, de Cérès et Vesta. Dans Perihelion Summer, cette tendance est poussée encore plus loin : certes, cette histoire met en jeu un trou noir, mais ce n’est clairement qu’un gadget servant à l’auteur à catalyser un changement climatique extrême (je vais y revenir). De fait, cette novella n’est pas vraiment de la Hard SF, mais un mélange de Climate Fiction et de Science-fiction post-apocalyptique (avec un certain aspect thriller), malheureusement tout ce qu’il y a de banal, de vu et de revu chez d’autres, et le plus souvent de façon bien plus détaillée, puisqu’un roman court n’offre évidemment pas la même place pour développer certains thèmes qu’un pavé de 500 pages ou pire, un cycle entier.

Au final, Perihelion Summer est un texte banal, tel que n’importe qui aurait pu l’écrire ou presque : si Greg Egan peut écrire de la cli-fi / du post-apo comme tout le monde, l’inverse n’est malheureusement pas vrai, tant un écrivain lambda ne saurait proposer l’ultra-Hard-SF vertigineuse avec laquelle l’australien nous régalait jadis. Et si c’est ce Greg Egan là que vous voulez lire, c’est vers la sortie française de Diaspora, le 30 mai, qu’il vous faudra vous tourner, mais clairement pas vers cette novella. Lire la suite

Permafrost – Alastair Reynolds

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Ce roman court est pire que mauvais : il est quelconque ! 

permafrost_reynoldsSi vous fréquentez ce blog depuis un moment, ou que vous êtes adeptes de Hard SF, vous savez quelle importance Alastair Reynolds a dans ce dernier sous-genre, et plus généralement dans la Science-Fiction (britannique, mais pas que) des vingt dernières années. On peut raisonnablement dire qu’il constitue un auteur majeur, ce qui fait que la moindre de ses sorties est attendue certes avec impatience, mais aussi depuis peu de pied ferme. Car il faut bien avouer que d’ouvrages de commande (son fameux contrat « 10 ans, 10 romans, un million de Livres Sterling » établi en 2009 avec Gollancz) en errements Young Adult (ou en tout cas perceptibles comme tels), l’auteur Gallois s’est récemment quelque peu éloigné des romans majeurs (le cycle des Inhibiteurs ou le magistral House of suns) qui ont fait sa considérable renommée. Seulement voilà, une histoire de voyage dans le temps signée par maître Alastair, moi, je ne refuse pas !

Au final, ce roman (pas si) court se révèle pire que mauvais : il est quelconque. C’est un scénario où les hommes d’un futur post-apocalyptique remontent le temps en tentant de modifier le cours de l’Histoire afin d’empêcher la catastrophe, comme vous en avez probablement déjà lu ou vu, que ce soit à la télévision ou au cinéma. Et en plus, un point dont je ne parlerai pas est encore plus cliché dans le domaine du Time Opera, ce qui fait que clairement, l’attrait éventuel de ce texte ne sera pas à chercher sur le plan de l’originalité. Toute la question est donc de savoir si un texte mille fois vu au niveau des tropes science-fictifs exploités peut être intéressant. Je dirais personnellement que oui, c’est possible, à condition que sur d’autres aspects littéraires, il apporte une plus-value incontestable (dans le genre : un style virtuose, des personnages inoubliables, une profonde immersion et une intensité dramatique telle qu’elle prend même le plus blasé ou insensible des lecteurs aux tripes, etc). Sauf qu’ici, ce n’est pas vraiment le cas. On se retrouve donc avec une novella qui, sans être mauvaise, est stéréotypée, peine à captiver un lecteur un minimum expérimenté en matière de SF temporelle, ne propose aucun twist et pas vraiment de développement des tropes science-fictifs exploités, et se révèle finalement plus plate qu’autre chose. Bref, pire qu’à un mauvais texte, c’est à un roman court banal auquel nous avons affaire, ce qui, pour un auteur du calibre de Reynolds, est plus que décevant, mais est hélas dans la lignée de sa production récente. Jamais mauvaise, mais plus jamais inoubliable non plus.

Le contrat de Reynolds parvenant à son terme, j’espère qu’il va retrouver du poil de la bête et que, libre d’écrire à son rythme, il va à nouveau nous proposer ces œuvres grandioses qu’il a jadis imaginées. Par exemple cette suite de House of suns qu’il a assuré vouloir écrire ! On remarquera aussi que cette novella a été éditée par Jonathan Strahan, qu’on a connu plus inspiré… Lire la suite

The jewel and her lapidary – Fran Wilde

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J’étais moyennement convaincu, et puis la fin est arrivée, et là…

jewel_lapidary_wildeFran Wilde est une autrice américaine qui, entre autres (nombreuses) activités, à été l’assistante d’un joaillier. Ce qui, comme nous allons le voir, n’a rien d’anecdotique mais a au contraire une importance certaine. Elle va publier dans quelques semaines son quatrième roman, Riverland, mais c’est d’abord dans le registre court qu’elle a attiré l’attention. De fait, la novelette (texte de longueur intermédiaire entre une nouvelle et une novella / un roman court) dont je vais vous parler aujourd’hui, The jewel and her lapidary, a été finaliste du prix Locus 2017 et nominée au Hugo et au Nebula la même année. On remarquera aussi les éloges de Ken Liu sur la première de couverture.

Histoire de vous raconter ma vie deux minutes (vous conviendrez que je ne me prête pas souvent à l’exercice…), ce texte végétait tranquillement dans ma liste de bouquins « à lire un jour (lointain) » depuis, oh, plus que ça, et y serait probablement resté un gros moment si Tor n’avait pas annoncé la sortie d’une novella (208 pages), The fire opal mechanism,  située dans le même univers  (dit « Gemworld », qui est également le nom du cycle) le 4 juin 2019. Là, je me suis fait la réflexion qu’il était temps de me bouger un peu, et donc, de fait, voici ma critique. Au final, j’en sors très convaincu sur certains points, pas du tout sur d’autres, mais ça ne m’empêchera pas de lire la « suite ». Parce que la fin a tout de la (petite) claque et excuse, au moins partiellement, les points négatifs.  Lire la suite

The haunting of Tram Car 015 – P. Djeli Clark

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Le Caire des merveilles

tram_car_015P. Djèli Clark est un auteur américain né à New York mais ayant passé sa jeunesse dans le pays d’origine de ses parents, Trinité-et-Tobago, avant de revenir s’installer aux U$A. Exerçant dans la forme courte, il a publié sa prose dans divers magazines et anthologies, et surtout via Tor, que ce soit sous forme de novella (The black god’s drums) ou de nouvelle (A dead djinn in Cairo, dont je vous reparlerai dès demain). La novella dont je vous parle aujourd’hui s’inscrit d’ailleurs dans le même univers que ce dernier texte, uchronique tout comme l’était celui de The black god’s drums (mais la nature de la divergence est différente). En effet, le contexte de A dead djinn in Cairo s’est révélé si populaire que l’auteur a reçu une forte demande pour y revenir, dont acte. Il faut dire qu’il a un charme fou : le Caire d’un 1912 parallèle, où magie et technologie cohabitent tout comme le font Djinns et humains.

Au final, je ressors enchanté par la balade (il faut dire qu’il était temps, je viens d’enchaîner la pire série d’abandons -ou de « mises en pause » indéfinies- de l’histoire du Culte d’Apophis…), à un point tel que comme dit plus haut, je poursuis directement mon exploration de cet univers avec l’autre nouvelle. On pourrait d’ailleurs penser que j’aurais dû faire l’inverse, mais je voulais voir si Tram Car 015 était lisible sans rien savoir de son texte parent (ce qui est le cas). Pour finir, remarquons que les deux textes sont liés d’une sympathique façon : à la fin de celui-ci, l’héroïne de la nouvelle initiale rend visite au protagoniste de Tram Car, et lui raconte les détails (classifiés) de l’intrigue dont elle fut au centre. On peut donc se dire que paradoxalement, lire A dead djinn in Cairo après cette novella postérieure n’est donc pas si dépourvu de sens que cela ! Lire la suite

Les attracteurs de Rose Street – Lucius Shepard

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Un livre plein d’habiles contrastes

attracteurs_rose_streetLucius Shepard (1943 – 2014) était un écrivain américain, grand voyageur (ce qui a eu une influence sur son oeuvre, particulièrement à ses débuts, où elle était particulièrement axée sur l’Amérique centrale), ayant exercé mille métiers, parmi lesquels l’écriture n’est venue que très tardivement, alors qu’il avait déjà la quarantaine. Il a gagné un prix Hugo, un Nebula, un Locus et deux World Fantasy Award. Il est particulièrement connu pour son roman La vie en temps de guerre et pour sa saga du Dragon Griaule, lignée de textes courts de Fantasy mettant en scène un dragon jadis pétrifié par un magicien mais si grand que les hommes l’ont de tout temps pris… pour une chaîne de montagnes, et si maléfique que même à l’état de monolithe, il continue à exercer son influence corruptrice sur les environs. Il est particulièrement renommé pour la qualité de son style.

Le Belial’, grand admirateur et soutien de l’auteur, nous propose, dans sa prestigieuse collection Une heure-lumière, une novella relevant de la Gaslamp / Gaslight Fantasy (ou à la rigueur du Weird, voire de l’Urban Fantasy ; pour la signification de ces termes, je vous invite à lire ceci), tout comme, d’ailleurs, un roman précédemment publié par l’éditeur. Elle met en scène un fantôme dans la Londres de la fin du XIXe siècle. Comme d’habitude, la (splendide) couverture est signée Aurélien Police, et la traduction, comme il se doit impeccable lorsqu’on a affaire à une VO si raffinée, par Jean-Daniel Brèque, à qui, sans surprise, le cadre victorien sied comme un gant. Lire la suite

Retour sur Titan – Stephen Baxter

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Le meilleur UHL à ce jour, avec L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu

retour_sur_titan_baxterOn ne présente plus sur ce blog Stephen Baxter, membre de ma, hum, Sainte Trinité de la Hard SF, avec Greg Egan et Peter Watts. Retour sur Titan est une novella signée par le britannique et qui s’inscrit, comme le signale la deuxième de couverture, dans le fameux (meta-)cycle des Xeelees de l’auteur (pour en apprendre plus à son sujet, je vous conseille fortement l’excellent article du camarade Perchoc sur le blog Bifrost). Si vous ne l’avez pas du tout lu, ou pas entièrement (je n’en ai lu qu’une partie, pour ma part, honte à moi), rassurez-vous, Baxter résume efficacement les fondamentaux de son univers, et vous ne serez jamais perdu, même si au moins trois clins d’œil vont vous échapper (dont celui de la dernière page). Autre précision importante, ce texte n’a rien à voir avec le roman Titan également signé Baxter. La couverture, comme d’habitude esthétique et efficace d’Aurélien Police, emploie à mon sens très justement des tons que je qualifierais de cryogéniques.

La collection Une heure-lumière (UHL), dont ce roman court fait partie, a réussi à intéresser à la SF de haut vol des gens qui n’en lisaient pas ou peu (ou plus…) jusqu’ici. Certains de ces lecteurs achètent les nouveaux titres de la collection sans forcément savoir grand-chose sur eux, ce qui, à mon sens, est un signe de la qualité d’UHL et de la confiance que les consommateurs lui portent. Attention toutefois, cette sortie là se démarque des autres : si ce n’est pas la première novella classifiable en Hard SF qui y sort (on peut citer Cookie MonsterLe sultan des nuages ou encore -bien que dans ce cas-là, la classification soit contestable- Cérès et Vesta), c’est en tout cas à mon sens la seule qui reflète pleinement à la fois le sense of wonder (sentiment de vertige / émerveillement / sidération associé aux merveilles de l’univers ou aux progrès d’une science ultra-avancée) et l’exigence scientifique qui caractérisent les meilleurs ouvrages de ce sous-genre, ce qui distingue par exemple Greg Egan ou Hannu Rajaniemi de leurs petits camarades. Je ne vous dis pas que cette lecture va forcément être trop ardue pour vous (les premiers retours, même ceux émanant de gens qu’on ne peut pas qualifier d’aficionados de la Hard SF, montrent qu’avec un peu de bonne volonté, c’est lisible par tous), mais je vous préviens en revanche qu’elle est très orientée science et va vous en demander plus, si la SF n’est pas forcément votre genre de prédilection, que les autres UHL. Il n’en reste pas moins que nous avons là un texte indispensable pour l’amateur de Hard SF et, pour moi, le meilleur texte de la collection à ce jour avec L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu.  Lire la suite

War cry – Brian McClellan

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Machine-gun & Sorcery

war_cryBrian McClellan est un auteur américain qui a produit le meilleur cycle de la jeune histoire de la Flintlock Fantasy (voir mon article), les Poudremages. Il sort aujourd’hui un roman court qui n’y est pas lié et propose un tout nouvel univers. Comme vous pouvez vous en douter avec un écrivain qui semble avoir, comme votre serviteur, développé une profonde lassitude envers le médiéval-fantastique, ce nouveau contexte ne s’inspire pas tout à fait de l’Europe, et certainement pas du Moyen Âge. On aurait pu penser que McClellan allait, comme Adrian Tchaikovsky avant lui (dans Guns of the dawn), placer son histoire dans un cadre rappelant la Guerre de Sécession, mais il a en fait décidé de sauter une étape, et, grimpant dans les branches de l’arbre taxonomique, de passer de la Flintlock Fantasy à l’Arcanepunk, dont il devra désormais être considéré comme un des maîtres, à l’égal de Max Gladstone. Car War cry rappelle la Seconde Guerre mondiale… mais dans un monde secondaire (imaginaire) où la sorcellerie existe ! Bref, après la sword & sorcery, il faudra désormais aussi parler de machine-gun (ou de bomber) & sorcery !

Même si je lui ai trouvé quelques facilités sur la fin, il n’en reste pas moins qu’une fois de plus, McClellan nous offre un texte magistral, plein d’émotions variées, au rythme haletant et à l’univers totalement hors-norme dans un genre, la Fantasy, ultra-sclérosé.  Lire la suite

Le Volcryn (Nightflyers) – George R. R. Martin

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L’oeuvre de G.R.R. Martin ne se réduit pas à la Fantasy ! 

volcrynC’est un aspect de son travail qui a, aujourd’hui, largement été occulté par le succès colossal de son cycle phare de Fantasy, Le trône de fer, mais bien avant d’écrire dans ce registre des littératures de l’imaginaire, George R. R. Martin était un écrivain de Science-Fiction (Chanson pour Lya, Les rois des sables) et d’Horreur (Armageddon Rag, Riverdream) respecté.

Le Volcryn est une novella parue en 1980, et titulaire du prix Locus l’année suivante. Etant donné qu’une série télévisée basée sur elle est prévue cette année (nommée d’après son titre original, Nightflyers), elle va être rééditée en octobre en français sous le même nom (selon la même logique qui a présidé à la nouvelle appellation d' »Altered Carbon » pour le Carbone modifié de Richard Morgan). Notez qu’il s’agit de sa seconde adaptation sur un écran, puisqu’un film en a également été tiré en 1987 (toujours sous le même nom). Notez aussi que l’univers dans lequel ce roman court se déroule est le même que celui d’autres textes, dont L’agonie de la lumièreChanson pour Lya ou le multi-primé Les rois des sables.

Tout comme ce dernier texte, Le Volcryn est un hybride de SF et d’Horreur, inspiré à Martin par la réflexion d’un critique opposant ces deux genres et les qualifiant d’incompatibles. Je pense qu’il est inutile que je vous cite la liste de longs-métrages à succès venant démentir cette assertion ridicule, non ? Quoi qu’il en soit, sachez que ce roman court n’est pas du tout ce qu’il paraît être de prime abord. Car ce qui y est important n’est pas tant la destination du vaisseau convoyant l’équipe scientifique impliquée, mais plutôt le voyage et le huis clos qui en résulte.  Lire la suite