Seven of infinities – Aliette de Bodard

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Un Arsène Lupin féminin dans un empire vietnamien de l’espace !

seven_of_infinities_kindleLes aponautes les plus anciens s’en souviennent peut-être, je vous ai parlé, il y a deux ans et demi, de l’univers Xuya de l’autrice Aliette de Bodard, un contexte de space opera inspiré non pas par la civilisation occidentale mais par la vietnamienne, et comprenant une trentaine de textes courts, essentiellement des nouvelles mais aussi plusieurs novellae, dont The tea master and the detective (à la critique duquel je vous invite à vous référer pour connaître les fondamentaux de cet univers) et The citadel of weeping pearls. Le 31 octobre 2020, est sorti le tout nouveau court roman s’inscrivant dans Xuya, Seven of infinities, d’abord dans une édition papier limitée (et signée), superbe mais au prix prohibitif (35.60 euros !), avant, heureusement, que cette novella ne sorte en version électronique (à un tarif plus de dix fois inférieur !), avec une couverture différente, qui plus est, le 9 décembre 2020. C’est évidemment dans cette dernière version que je l’ai lu.

Si The tea master and the detective était une évidente transposition de Sherlock Holmes dans l’univers Xuya, Seven of infinities utilise le même procédé, mais pour Arsène Lupin cette fois (c’est déjà assez clair à la lecture du texte, mais la fin des remerciements ôte tout doute éventuel sur ce point). Ce qui n’est d’ailleurs qu’une des nombreuses réutilisations de mécanismes déjà abordés dans les autres novellae qui font que cette fois-ci, le texte n’a pas vraiment fonctionné sur moi, sans pour autant que je puisse le qualifier de mauvais. Ces fameux remerciements montrent d’ailleurs qu’un nombre tout à fait ahurissant de bonnes fées aux noms connus se sont penchées sur son berceau. Lire la suite

L’écart des missiles – Charles Stross

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Disco volante

missile_gap_strossJ’ai déjà parlé, sur ce blog (dans la critique de A colder war), du projet Exoglyphes, qui s’est donné pour mission (pour ne pas dire sacerdoce) de traduire les « causes perdues » de la SFFF, les textes qui, bien que de grande valeur, n’intéressent pas les éditeurs (ou ne sont pas jugés potentiellement rentables, difficilement traduisibles, etc). Et en 2020, les membres d’Exoglyphes ont pour ambition d’en ajouter une belle à leur tableau de chasse, déjà bien fourni, à savoir le formidable Ribofunk de Paul Di Filippo, dont je n’ai jamais compris pourquoi il n’avait pas bénéficié d’une VF, tant c’est un recueil fondamental dans les domaines du Biopunk et plus généralement du Postcyberpunk. Si je vous reparle de tout cela aujourd’hui, c’est qu’Exoglyphes met à disposition gratuitement et en français la version électronique d’une novella de Charles Stross, appelée Missile Gap en VO et L’écart des missiles en VF, que vous pourrez récupérer ici.

Ce court roman réunit plusieurs motifs récurrents chez Stross : le sense of wonder spatio-temporel, les barbouzes (y compris, parfois, de l’occulte) et la Guerre Froide revue selon le prisme de la SFFF. Il aborde un nombre considérable de thèmes science-fictifs, dans une perspective semblant mêler Robert Charles Wilson et Arthur C. Clarke (pour ce dernier, on pense à un texte précis, même si je ne peux vous en parler sans divulgâcher la fin). Et émerveillement, il y a : rien que le contexte / le postulat de départ sont époustouflants, sans parler de certains éléments du reste du texte (dont la fin) ! Lire la suite

La chose – John W. Campbell

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Un texte d’une étonnante modernité

la_chose_campbellQuiconque s’est intéressé, même vaguement, à l’histoire de la SF (ou quiconque a lu le numéro 94 de Bifrost) sait que John W. Campbell y a une importance capitale via ses activités de rédacteur en chef, de découvreur et promoteur de talents littéraires (Asimov, van Vogt, Heinlein, etc : excusez du peu !). Mais il était aussi auteur (comme Pierre-Paul Durastanti, également traducteur du texte dont je vais vous parler aujourd’hui, l’explique fort bien dans sa préface), et il a donné au genre une histoire qui sera rendue légendaire par une de ses trois adaptations cinématographiques, à savoir The thing de John Carpenter. Parue en… 1938, La chose (ici proposée par le Belial’ dans une traduction inédite) est une novella d’une étonnante modernité, un précurseur de la SF horrifique, et un des grands classiques du genre dans son ensemble. Malgré son ancienneté, c’est donc un court roman tout à fait digne d’être lu, surtout si vous avez apprécié le long-métrage de Carpenter et souhaitez revenir à ses sources.

J’en profite pour rappeler que d’une certaine façon, La chose avait déjà été mis en lumière, cette fois indirectement, par les mêmes Béliaux il y a quelques années, puisque un des textes du recueil Au-delà du gouffre de Peter Watts, paru chez cet éditeur, se plaçait cette fois du point de vue de la créature. J’imagine donc que lire les deux à la suite peut s’avérer être une expérience digne d’intérêt  😉 Vous apprendrez par contre avec… eh bien terreur qu’une suite au texte de Campbell est en cours d’écriture par John Gregory Betancourt (source), c’est-à-dire l’auteur de ce massacre qu’est le prélude des Princes d’Ambre de Zelazny : ça promet ! (ou pas…). Lire la suite

L’enfance attribuée – David Marusek

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Glaçant et enthousiasmant à la fois ! 

Une version condensée de cette critique est parue dans le numéro 96 de Bifrost (elle est reproduite dans la partie « En conclusion » de cet article). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

enfance_attribuée_v2David Marusek est un écrivain américain, auteur de quatre romans et d’une douzaine de textes courts, dont celui dont je vais vous parler aujourd’hui. Cette novella, son troisième texte publié, a été, depuis, intégrée (sous une forme révisée) au roman Un paradis d’enfer (le seul de Marusek à avoir été traduit -par les Presses de la cité-), dont elle forme le premier chapitre. Sous sa forme isolée, elle avait déjà été publiée par… le Belial’, en 1999. L’enfance attribuée occupe donc une place à part dans la collection Une heure-lumière : c’est le premier court roman réédité qui en fait partie (tous les autres étant, au moment de sa parution, des inédits en français). UHL entre, ainsi, dans ce que j’appellerais la « seconde phase » de son existence, et je trouve que donner une place à la réédition de textes d’importance est, à mon avis, aussi capital que de faire découvrir au public francophone des chefs-d’œuvre dont il était coupé par la barrière de la langue.

Lorsqu’on sait que la VO date de 1995, on ne peut qu’être ébahi par l’ampleur de la vision, à la fois technologique et sociale, proposée par Marusek dans cette novella, maîtrisée de la première à la dernière ligne, et invariablement passionnante, même si le gros twist de l’intrigue se voit venir. Ce texte est donc une très grande réussite, et je vous en recommande vivement la lecture. Lire la suite

Acadie – Dave Hutchinson

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Un retournement de situation et d’ambiance vertigineux

Une version condensée de cette critique est parue dans le numéro 96 de Bifrost (elle est reproduite dans la partie « En conclusion » de cet article). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

acadie_hutchinsonDave Hutchinson est un auteur britannique exerçant aussi bien dans la forme longue que dans la courte (il est l’auteur de romans, de recueils de nouvelles, de novellas -dont celle dont je vais vous parler aujourd’hui- et est aussi anthologiste, excusez du peu !). Il est titulaire d’un British Science Fiction Association Award du meilleur roman. Il a eu un curieux parcours, ayant fait une pause de deux décennies dans l’écriture pour se consacrer à son métier de journaliste. Dans ses textes, il a l’habitude de mêler les genres : horreur, science-fiction, fantasy, surnaturel, etc. Acadie est son premier texte traduit en France. Vu sa qualité, espérons que ce ne sera pas le dernier (sa novella The push a également l’air très intéressante).

Signalons que la couverture, comme d’habitude signée par Aurélien Police, ne peut se comprendre qu’après avoir achevé le roman. Une novella qui soit cueille le lecteur alors qu’il ne s’y attend pas du tout, soit, plus fort encore, qui réussit à ébahir même le vieux briscard qui avait vu le twist venir. Un tour de force ! Lire la suite

The Tindalos asset – Caitlin R. Kiernan

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Le cycle revient sur les bons rails

Tindalos_assetAlors que les non-anglophones parmi vous viennent juste de découvrir Les agents de Dreamland de Caitlin R. Kiernan, sorti dans la collection Une heure-lumière du Belial’, son autrice publie la troisième novella du cycle (Tinfoil dossier) auquel ce texte appartient (après le très décevant et extrêmement cryptique Black Helicopters), un roman-pas-si-court (près de 170 pages tout de même) appelé The Tindalos asset. Celles et ceux d’entre vous qui sont les plus versés dans les arcanes lovecraftiennes auront bien entendu instantanément reconnu la référence aux Chiens de Tindalos créés par Frank Belknap Long. Pourtant (et l’illustration de couverture devrait vous donner un indice en ce sens), c’est en fait un autre pan de la mythologie du génie de Providence qui est ici mis en avant. Pour tout dire, alors que Les agents de Dreamland montraient une apocalypse possible due à une des races du Mythe, The Tindalos asset en montre une autre, à vrai dire bien plus convenue, qui pourrait advenir (si on ne l’empêche pas) si les activités occultes (dans tous les sens du terme) d’une autre race (bien plus mise en avant dans les Lovecrafteries) ne sont pas stoppées.

Si The Tindalos asset est un texte bien plus digeste que Black Helicopters, agréable et intéressant (sauf dans quelques chapitres mettant en scène l’antagoniste, qui sont presque aussi cryptiques que Black Helicopters) et remet donc le cycle sur les bons rails, il a cependant un défaut (au moins pour certaines catégories de lecteurs, même si je ne me compte pas vraiment dans leurs rangs) : la répétitivité. De structure (identique à celle des Agents de Dreamland -j’y reviendrai-) et scénaristique (il s’agit une fois de plus d’empêcher une future apocalypse possible). Toutefois, j’ai pris plaisir à lire cette novella, et en matière de néo-Lovecrafteries, l’œuvre de Kiernan reste très clairement le haut du haut du panier. Lire la suite

Eriophora – Peter Watts

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LA sortie SF de l’année ! 

eriophoraLe 17 septembre 2020, paraîtra ce que je considère être la sortie SF (en VF) de l’année, à savoir le (pas si court) roman Eriophora de Peter Watts. J’attire votre attention sur le fait que s’il est édité par le Belial’, il n’appartient pas, pour autant, à la collection Une heure-lumière, en raison de sa taille (224 pages), de l’illustrateur de la couverture (qui est Manchu et pas Aurélien Police, artiste attitré d’UHL) et de la présence d’illustrations intérieures, signées, elles, par Cédric Bucaille.

J’ai, pour ma part, lu ce texte en anglais, sous le titre The freeze-frame revolution, le jour de sa sortie (le 29 mai 2018), et j’en suis sorti impressionné par la combinaison de SF à grand spectacle / forte ambition, d’une excellente intrigue, de solides personnages et surtout par la façon dont Watts avait rendu un livre de Hard SF (non, ne fuyez pas…) aussi accessible à tout le monde. Je ne peux donc que vivement vous conseiller de vous jeter sur Eriophora quand il sortira, car c’est ce genre de science-fiction de l’extrême, brassant les millions d’années et les centaines de milliers d’années-lumière, que je promeus depuis les débuts de ce blog et que j’aimerais lire bien plus souvent en français.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, ma critique de la VO est à votre disposition. Si vous ne souhaitez pas la lire en intégralité, j’en reproduis ici la conclusion : ce roman (pas si) court se place dans le même univers que les trois nouvelles jusqu’ici disponibles en français consacrées au vaisseau Eriophora (recueil Au-delà du gouffre, édité par le Belial’), mais peut sans problème être lu même par quelqu’un qui n’en a aucune connaissance. Il s’agit d’une Hard SF atypique, à la fois par rapport à la production habituelle de Watts et par rapport aux standards du genre, dans la manière qu’elle a, sans négliger la technologie ou le Sense of wonder, de mettre au centre du livre les personnages et surtout une excellente intrigue. Elle sera donc lisible même par quelqu’un qui ne lit pas ou même n’aime pas d’habitude ce sous-genre, un peu dans la veine de la « Light Hard-SF » proposée ces dernières années par Greg Egan. On peut même dire que quelque part, The freeze-frame revolution est un peu le Cérès et Vesta de Watts. Quoi qu’il en soit, que vous soyez expert ou novice en Hard SF, voilà un texte hautement recommandable, qui prouve que le canadien reste sans conteste un des grands auteurs de ce sous-genre.

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Les agents de Dreamland – Caitlin R. Kiernan

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La crème des Lovecrafteries du XXIe siècle ! 

Les_agents_de_DreamlandLe 27 août 2020, sortira (entre autres, mais nous aurons l’occasion d’en reparler) dans la collection Une heure-lumière du Belial’ Les agents de Dreamland de Caitlin R. Kiernan, autrice d’exception dont S.T. Joshi en personne (LE spécialiste de Lovecraft) a comparé le style avec ceux de Dunsany et Ligotti, excusez du peu ! Il s’agit du premier volet d’un cycle de novellas appelé Tinfoil dossier, dont le troisième (le second étant Black helicopters), The Tindalos asset, sortira en VO (et sera chroniqué sur ce blog) en octobre. Sachez aussi qu’une nouvelle présente dans Bifrost 99, sur le point de paraître, est également liée à ce texte, mais de cela aussi, je vous reparlerai d’ici quelques jours.

J’ai, pour ma part, lu Les agents de Dreamland en anglais à sa sortie, il y a deux ans et demi, et pour ceux qui ne voudraient pas lire ma critique complète, j’en reproduis ici sa conclusion : ce texte néo-Lovecraftien exploite certes un classique, mais s’éloigne toutefois des sentiers les plus fréquentés pour employer un pan de la mystique du génie de Providence finalement un peu négligé. Mêlant roman noir, ufologie, Histoire secrète et créatures du Maître, cette redoutable Novella en impose, dans un style nettement plus hardcore que La quête onirique de Vellitt Boe, par exemple, et qui est plus là pour faire de l’Horreur cosmique que pour mettre absolument au premier plan la personne de couleur (La ballade de Black Tom) ou la femme (Vellitt Boe ; et ce même si cette dernière est largement mise en avant ici). La narration est à la fois complexe et exigeante, adoptant trois points de vue et se baladant sur un intervalle temporel de plus d’un siècle, mais récompensera celui qui aura fait l’effort d’aller jusqu’au bout. S’il est lisible par tous, y compris le néophyte en Lovecrafteries, ce texte ne prendra toute sa pleine saveur que pour quelqu’un qui connaît la nouvelle de Lovecraft sur laquelle il est basé (dont je ne vais évidemment pas parler, même si les indices sont précoces et gros comme des immeubles). En tout cas, j’ai certes passé un moment glaçant, mais que je ne regrette absolument pas.

Ce livre vous intéresse, vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir le blog ? Passez par un des liens affiliés suivants pour votre achat, cela ne vous coûte strictement rien de plus !

Acheter en version papier (notez que suite à une absence d’accord avec l’agent de l’autrice, qui exigeait la présence de DRM, auxquels le Belial’ a toujours été opposé, ce texte ne sortira PAS en version électronique).

Si vous lisez sur Kindle, vous pouvez également soutenir le blog en vous inscrivant pour un essai gratuit de l’abonnement Kindle, via ce lien, et si vous audiolisez, vous pouvez aider le Culte en essayant gratuitement Audible via ce lien.

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Firewalkers – Adrian Tchaikovsky

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Pas convaincu. Du tout.

firewalkersAprès six mois sans nouvelle publication de roman, court ou long, ce qui, pour lui, est une éternité (on aimerait que les Martin, Lynch et Rothfuss en prennent de la graine…), Adrian Tchaikovsky nous revient le 12 Mai avec une novella de 185 pages, Firewalkers. J’en profite aussi pour vous signaler que son prochain roman proprement dit, The doors of Eden (qui parle d’univers parallèles), initialement prévu le 26 mai, est repoussé au mois d’août.

Il est visible qu’avec ses dernières productions en SF, l’auteur explore petit à petit tous les sous-genres de cette dernière, tels que la Terre Mourante avec Cage of souls ou la science-fiction horrifique avec Walking to Aldebaran. Avec Firewalkers, il s’attaque cette fois au post-apocalyptique / la Cli-Fi et à la dystopie (il y a une petite élite qui peut fuir en orbite vers de luxueux vaisseaux-mondes, et tous les autres qui sont obligés de griller à petit feu sur le plancher des vaches : il y a un mot pour cela, génocide). Et vaguement au thème des vaisseaux-mondes, plus un autre trope SF dont je ne dirai rien pour ne pas divulgacher.

Disons-le tout net, Firewalkers ne m’a pas convaincu : il met pas mal de temps à dévoiler son axe central (qui n’est ni dystopique, ni lié à la Cli-FI ou aux vaisseaux-mondes, enfin pas directement, disons), et une fois que c’est fait, il demande une suspension d’incrédulité bien trop forte à mon goût. L’intrigue et le worldbuilding présentent bien trop de pièces qui ne s’emboîtent qu’en forçant carrément pour me convaincre. Sans compter que sur le fameux trope SF secret, d’autres ont déjà exploré la chose, et en beaucoup, beaucoup mieux. Bref, autant Tchaikovsky est capable de toucher au sublime dans la forme longue (comme dans la suite de Dans la toile du temps, le magistral Children of ruin), autant ses dernières productions dans la forme courte ont toujours quelque chose d’un peu bancal, voire même, dans le cas de Firewalkers, tout d’une Tour de Pise. Lire la suite

La survie de Molly Southbourne – Tade Thompson

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Une digne suite (mais néanmoins antithèse) de son prédécesseur

survie_southbourne_VFLe 11 juin 2020, paraîtra chez le Belial’ La survie de Molly Southbourne de Tade Thompson, la suite de l’excellent Les meurtres de Molly Southbourne. On peut d’ailleurs remarquer que c’est la première fois qu’un livre de la collection Une heure-lumière constitue la continuation d’un autre, et il convient d’insister sur le fait que la lecture des Meurtres est indispensable pour comprendre quelque chose à cette nouvelle sortie.

Vous connaissez la chanson, j’ai, pour ma part, lu ce court roman à sa sortie en VO, en juillet 2019. Ma critique complète est disponible sur cette page, mais en résumé, voilà ce que j’en avais pensé : cette seconde novella consacrée à Molly Southbourne prend, sur quasiment chaque plan, le contre-pied de la première, que ce soit sur celui de la structure, de l’attitude du personnage (on passe du refus à l’acceptation), de son comportement, passant d’un suivi rigide de règles absolues à une anarchie totale ou presque, et ainsi de suite. Plus encore que le premier texte, celui-ci montre une identité en construction, celle d’un imposteur qui apprend à être ce qu’il est (molly devenant Molly), tout simplement, celle d’une personne qui refuse les Règles qu’on a imposées au fer rouge dans l’esprit de sa « génitrice » et établit les siennes, en totale opposition. Sur un plan plus bassement matériel, on en apprend (un peu…) plus sur le monde dans lequel se déroule ce cycle et sur les bases scientifiques du pouvoir de Molly, et si le récit est globalement prenant et de très bonne qualité, il faut bien avouer que les quarante premiers %, en gros, sont un peu poussifs. Le reste, par contre, rebat les cartes, change tous les paradigmes, mettant en place le décor pour une troisième novella qui s’annonce passionnante. Bref, même sans l’effet de surprise dont bénéficiaient Les  Meurtres de Molly Southbourne, Tade Thompson signe un texte de grande qualité, un digne successeur (mais néanmoins antithèse) de son prédécesseur.

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