Autrefois les ténèbres – R. Scott Bakker

21

Everest littéraire

autrefois_les_ténèbresR(ichard) Scott Bakker est un auteur canadien de Fantasy, qui avait initialement envisagé de publier une trilogie appelée The second apocalypse. Cependant, il avait tellement de personnages, de thèmes et d’événements à développer qu’il a décidé de faire de chacun des trois tomes son propre sous-cycle. Le premier a donc donné une trilogie traduite en français sous le nom Le prince du néant, dont Autrefois les ténèbres, dont je vais vous parler aujourd’hui, est le premier tome. Le second roman du projet initial devait lui aussi être transformé en trilogie, mais son troisième tome était si gros qu’il a été coupé en deux volumes, ce qui fait donc un total de quatre livres. Ce second sous-cycle (The Aspect-Emperor) n’a, lui, pas été traduit en français du tout (apparemment, si les deux premiers tomes sont bons, ce n’est pas du tout le cas des deux autres). Le troisième et dernier sous-cycle reste à écrire au moment où je rédige ces lignes.

Dans chaque genre des littératures de l’imaginaire, il y a des œuvres hors-normes, du fait de leur richesse (thématique ou celle de leur univers), de leur complexité, de leur degré d’exigence ; la SF a (par exemple) ses Anatèm, ses Diaspora, ses Trop semblable à l’éclair ; la Fantasy, elle, a son Livre des martyrs, ses Instrumentalités de la nuit et… le (sous-)cycle dont je vais vous parler aujourd’hui. Car clairement, au niveau univers, personnages, sous-intrigues et degré d’exigence, la trilogie de R. Scott Bakker joue dans la même division qu’Erikson et Cook. Autrefois les ténèbres va donc se mériter, nécessiter une lecture attentive et sur le laps de temps le plus court possible, mais vous pouvez me croire, grande sera la récompense, tant on tient là un roman véritablement exceptionnel sur de nombreux plans, à commencer par des protagonistes extrêmement soignés et une écriture de toute beauté. Lire la suite

The Oppenheimer alternative – Robert J. Sawyer

23

Mo-nu-men-tal !

oppenheimer_alternativeIl est auteur de science-fiction, il est canadien, il s’appelle Robert et… Mais qu’est-ce que c’est que ce chien qui débarque tout frétillant en me faisant des fêtes ? Attendez, il a un collier, il s’appelle « Critique »… Eh bien non, Chien Critique, je ne veux pas parler de Robert Charles Wilson mais bel et bien de Robert J. Sawyer. L’auteur a été régulièrement traduit chez nous, particulièrement à la fin des années 2000 et au début des 2010 (quatre fois en Ailleurs & Demain -gage de qualité, même si dans le sérail, l’auteur n’est pas franchement respecté- entre 2009 et 2011), puis a disparu des radars de l’édition française. Eh bien il est toujours là, et bien là. Et il vient de sortir un roman que l’on peut qualifier de phénoménal : The Oppenheimer alternative. Comme son nom l’indique, il est centré autour de Robert Oppenheimer, le physicien qui a coordonné le Projet Manhattan, que nous allons suivre de 1936 à sa mort, en 1967. Une grande partie du livre (et particulièrement ses trente premiers %) a donc une véritable dimension biographique / de roman Historique (j’attire d’ailleurs votre attention sur la bibliographie d’une ahurissante longueur qui clôt l’ouvrage, ainsi que sur le dramatis personæ inhabituellement long qui l’ouvre). Mais le bouquin de Sawyer est bien plus que cela : il prend, à partir de ces fameux 30%, une dimension uchronique (il y a alternative dans le titre, après tout…), et sa dimension SF ne fait que grandir au fur et à mesure que l’on avance (je vous rappelle que dans ma conception de la taxonomie, Uchronie et SF sont deux genres séparés -alors que beaucoup de gens font de la première une subdivision de la seconde-, même si un roman peut parfaitement relever des deux à la fois, comme c’est le cas ici). On peut même dire que mettant en vedette des protagonistes qui sont tous des personnages bien réels, et qui sont à l’écrasante majorité des scientifiques de grand renom (Oppenheimer, Szilard, Teller, Einstein, Feynman, Von Neumann, Gödel, etc), The Oppenheimer alternative est un peu le roman ultime d’une certaine conception ou branche de la Hard SF.

Je sors sidéré par la qualité, l’audace et la façon dont genres et sous-genres ont été habilement mélangés (nous allons en reparler) pour donner un roman qui, dans les recherches qu’il a dû demander, n’est que deux petits crans en-dessous de ce qu’à proposé Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne (il faut dire que KSR y a consacré une décennie), mais qui est aussi deux bons crans au-dessus de ce que propose quelqu’un comme Guy Gavriel Kay (connu pour ses intenses recherches préalables à l’écriture de sa Fantasy Historique de haute volée). Si vous vous intéressez à l’histoire de la création puis du contrôle des armes atomiques, à celle des grands physiciens du XXe siècle, à certains des grands thèmes sociaux des années trente à soixante, et que vous souhaitez voir un mélange de roman Historique, de SF et d’uchronie de très haute volée, ne manquez pas ce roman, vous allez vous régaler. Et ce d’autant plus si vous connaissez déjà et appréciez Sawyer qui, avec les années et les ouvrages, n’a rien perdu de son style fluide et immersif. Lire la suite

The human – Neal Asher

6

Neal Asher repousse toutes les frontières de la SF

the_human_asherThe human est l’ultime roman de la trilogie Rise of the Jain (après The soldier et The warship), un sous-cycle qui s’inscrit dans le cadre beaucoup plus large de la saga Polity, qui compte donc désormais dix-huit livres, répartis en trois trilogies (Rise of the Jain, donc, Spatterjay et Transformation), une pentalogie (Agent Cormac) et quatre romans isolés mais se déroulant dans cet univers commun. Seuls deux de ces dix-huit bouquins ont été traduits en français (L’écorcheur, premier tome de Spatterjay, et le standalone Drone). Les sous-cycles et romans isolés, bien que partageant un cadre et souvent des personnages communs, étant réputés lisibles de façon indépendante (même si on y perd forcément car on ne saisit pas de subtiles références à des événements s’étant déroulés dans d’autres livres), j’ai commencé ma découverte de Polity en 2018 par The soldier, celui-ci présentant l’avantage de débuter une nouvelle histoire. Je savais, après ma lecture de Voyageurs (roman indépendant qui n’a rien à voir avec Polity), que Neal Asher était un excellent auteur de SF, mais j’avais tout de même été impressionné par l’énorme qualité de The soldier, sorte de version de la Culture de Iain M. Banks avec les curseurs scientifiques, militaires et transhumanistes poussés beaucoup plus loin que chez le regretté auteur écossais, et une prose particulièrement nerveuse et efficace. Pour patienter en attendant la sortie de The warship en 2019, j’avais alors repris le cycle Polity par l’autre bout, en lisant les autres romans dans l’ordre préconisé par la chronologie interne de cet univers (et pas par l’ordre de publication).

En ce mois de mai 2020, j’attendais donc The human avec impatience. Je savais qu’il allait être bon (aucun livre d’Asher n’est mauvais, même si certains sont plus aboutis ou intéressants que d’autres), mais rien ne m’avait préparé au choc absolu qu’a constitué sa lecture. Je le termine KO debout, sidéré par la façon dont Asher s’est transcendé avec cette dernière production. Car avec elle, il passe du statut de très bon auteur de SF à celui de titan digne de figurer au panthéon du genre, et pousse les curseurs scientifiques / transhumanistes / militaires au-delà des limites. Ce n’est pas « plus que de la SF », mais en revanche, c’est de la SF +++ : là où les autres auteurs écrivant dans les mêmes sous-genres que lui évoluent sur une échelle graduée jusqu’à 10, atteignant même 11 pour les plus audacieux, lui se balade au minimum à 12… voire 14. Sur 10. Bref, on tient là un roman absolument unique, sans conteste le chef d’oeuvre absolu de son auteur, une oeuvre qui redéfinit ce dont la science-fiction est capable de proposer quand elle est menée de main de maître. Lire la suite

The last human – Zack Jordan

22

1989 : Hypérion – 2020 : The last human !

the_last_humanThe last human est le premier roman de Zack Jordan. Il nous arrive précédé d’une curieuse réputation : d’un côté, les louanges d’autres auteurs et de journalistes américains, de l’autre une note d’à peine 3.66 sur Goodreads (bien qu’elle soit à relativiser vu que le livre n’est sorti que depuis six jours au moment où je rédige ces lignes, et que la plate-forme a été victime, ces derniers temps, d’un phénomène consistant à distribuer des notes à 1 étoile… sans même avoir lu le livre concerné), mais avec des critiques très dichotomiques, la moitié, en gros, parlant de chef-d’oeuvre, l’autre disant souvent que la personne n’a même pas réussi à se motiver assez pour finir ce roman Après l’avoir, pour ma part, fini, je peux dire que c’est le genre de bouquin qu’on ne peut pas juger correctement sans l’avoir lu en entier, du fait de sa structure très particulière (dont je vous reparle plus loin).

Ce roman, je l’ai repéré il y a très longtemps (plus d’un an et demi, si je me souviens bien), et j’en ai même parlé (sans succès) à une maison d’édition, en disant « à surveiller de près ». Le postulat de départ (l’héroïne est la seule humaine dans un univers dominé par les extraterrestres), sans être inédit (on pensera à Chanur de C.J. Cherryh ou à Douglas Adams), est tout de même suffisamment inhabituel pour intriguer, tout comme ce qui est mentionné dans les praises. Eh bien vous savez quoi ? Rien de ce que j’ai pu lire avant d’attaquer ce roman ne donne la moindre idée de son intérêt réel, ni la quatrième (que je vous conseille d’ailleurs d’éviter de lire car si elle ne permet pas vraiment de mesurer l’intérêt littéraire de cet univers, elle en dévoile en revanche beaucoup trop sur l’intrigue), ni les louanges des uns ou des autres, ni les critiques que j’ai vu passer. Car ce roman, dans sa dimension « j’ai lu et digéré tout ce qui a été écrit de majeur en SF avant moi, et j’en donne ma propre déclinaison », en rappelle un autre, et pas n’importe lequel : un certain… Hypérion de Dan Simmons (même si ce dernier livre reste supérieur sur le plan des personnages -de façon significative- et de l’écriture -mais pas tant que ça-). Sur le strict plan du « roman-catalogue », le reader’s digest de la phase précédente de l’Histoire de la SF, The last human est donc, en un sens, l’Hypérion des années 2020. C’est en tout cas, pour l’instant, ma meilleure lecture en VO parmi les inédits sortis en 2020. Et même ma meilleure lecture de ce premier trimestre de l’année tout court, et de très loin ! Lire la suite

Le magicien quantique – Derek Künsken

12

Ocean’s Eleven revu par Greg Egan

magicien_quantiqueLe 26 février 2020, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le magicien quantique de Derek Künsken, premier tome d’un cycle appelé The quantum evolution (mais roman qui se suffit aussi à lui-même et peut tout à fait s’envisager comme un one-shot). Je l’ai, pour ma part, lu en anglais (vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page), et à vrai dire, j’ai même lu… sa suite. Sur Le culte d’Apophis, vous trouverez donc tous les éléments vous permettant de savoir si Le magicien quantique peut vous intéresser, que ce soit tout court, en tant que one-shot ou que début de cycle !

Pour celles et ceux qui ne voudraient pas lire ma critique complète, on peut résumer simplement ce livre par la formule suivante : c’est Ocean’s Eleven revu par Greg Egan (le bouquin relève en effet de cette SFF « de casse » qui a été particulièrement à la mode ces dernières années). Non, non, ne fuyez pas à la mention de « Hard SF » ou de Greg Egan, ce livre n’est ni aussi exigeant, ni aussi aride (l’humour y est très présent) que ceux de l’australien, et il est donc accessible (avec un peu de bonne volonté) à chacun d’entre vous, tout en étant capable de satisfaire le vrai aficionado de ce genre littéraire : un vrai tour de force ! Il propose une intrigue passionnante, servie par une écriture fluide, agréable et efficace, des personnages complexes et crédibles, un humour occasionnel mais ravageur, un univers d’une richesse surprenante (principalement sur le plan de la description de plusieurs variantes de l’humain de base créées par génie génétique) pour un aussi petit ouvrage (moins de 400 pages en VO), ainsi qu’une réflexion d’une grande profondeur, qui là aussi, étonne dans un bouquin de petite taille. Bref, pour son premier roman, Derek Künsken, jusqu’ici spécialisé et reconnu dans la forme courte, signe un véritable coup de maître, que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir.

Si vous décidez d’acheter ce livre, que vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir le Culte, passez par un des liens affiliés suivants, cela n’entraînera aucun frais supplémentaire pour vous !

Acheter en version papierAcheter en version Kindle

***

Retour à la page d’accueil

Sans concession – David Weber

27

C’est la lutte finale ! (ou presque)

sans_concession_hh_14_vol1Lorsque j’ai vu un des membres de l’Atalante parler récemment, dans une interview, de Sans concession, il a employé la phrase suivante : « Et ce sera surtout la fin d’une attente de six ans : le quatorzième (et dernier ?) volume de la série Honor Harrington de David Weber, Sans concession, sera sur les tables des libraires ». Il me faut donc commencer par préciser les choses : non, l’attente n’a pas été de six ans, mais de sept, vu qu’aux dernières nouvelles, la VF du tome 13 est sortie en janvier 2013 et que celle du tome 14 est parue en janvier 2020 ; et oui, ce dernier est bel et bien l’ultime tome de la saga Honor Harrington, vu que l’auteur lui-même ne laisse planer aucun doute sur ce sujet… dans la postface dudit bouquin (je vais en reparler en détails). On déplorera aussi qu’il ait fallu attendre janvier 2020, donc quinze mois après la sortie de la VO, pour avoir droit à la VF, sachant que je sais d’expérience que les manuscrits dans la langue de Shakespeare sont disponibles des mois avant la sortie commerciale des romans (je me souviens en avoir lu un en tant que Lecteur -avec un grand « L »- pratiquement onze mois avant sa sortie anglo-saxonne en librairies), ce qui explique par exemple qu’AMI ou Bragelonne puissent parfois proposer des sorties VF avec très peu de décalage (2 semaines à 3 mois, maximum) avec la VO. Certes, on parle d’un gros roman (1100 pages), donc d’un délai de traduction forcément conséquent (si tant est que le traducteur choisi soit immédiatement disponible…), mais tout de même, quinze mois…

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos Supercuirassés (Porte-capsules). Ce tome 14, donc, marque la fin 1/ du second des trois arcs narratifs principaux, et 2/ d’Honor Harrington en tant que protagoniste et / ou que capitaine à la barre d’un vaisseau de combat (voir plus loin). Mais vu que l’Honorverse ne se résume pas au cycle principal, ni à Honor Harrington, ce n’est pas parce que le premier se termine que nous n’aurons pas droit à la résolution de l’arc impliquant Mesa. Il ne faut donc pas crier au scandale si, ce livre achevé, vous regrettez de ne pas connaître « la fin », vu que la postface ou d’autres sources (voir également plus loin) sont très claires : elle est dans les tuyaux. Quoi qu’il en soit, ce tome 14 est, pour moi, parmi les meilleurs du cycle, sans doute le meilleur depuis le tome 11, et offre une très belle sortie à un personnage hors-normes, que nous aurons appris à aimer ces 21 dernières années. Je précise que je proposerai au mois de Mars (ce qui me paraît de circonstance 😉 ) un Guide de lecture spécialement consacré à l’Honorverse, et expliquant (en français) ce qu’il faut lire (ou pas forcément) et surtout dans quel ordre. Lire la suite

Ellipses – Audrey Pleynet

29

Une autrice d’exception

EllipsesEn août 2018, je vous ai fait découvrir une autrice française prometteuse, Audrey Pleynet, lorsque j’ai chroniqué sa nouvelle Citoyen+. Il se trouve que ce texte est l’un des huit proposés dans un recueil, Ellipses, et que je vais vous parler aujourd’hui des sept autres qui le composent. Comme c’est mon habitude en pareil cas, je vais vous donner un résumé de chaque nouvelle avant d’indiquer mon analyse et mon ressenti à son sujet. Sur un plan bassement matériel, je commencerais par ailleurs par préciser que je trouve la couverture de ce dernier nettement plus esthétique que celle de Citoyen+.

Comme tout recueil (ou anthologie, d’ailleurs), celui-ci propose des textes de qualité inégale, mais aucun n’est mauvais, et certains sont au sommet de ce que la science-fiction est capable de proposer. Et je pèse mes mots : quand on en vient à faire des comparaisons avec des gens comme Ken Liu, Marion Zimmer Bradley ou Peter Watts, c’est qu’on tient vraiment une autrice d’exception, surtout en matière de SF française, genre où, en 2019, on a du mal à trouver de nouveaux écrivains de qualité (le Girard s’en plaint bien assez dans les éditos de Bifrost pour que la chose soit connue et reconnue de tous). Outre la qualité du texte moyen de ce recueil, on relèvera aussi avec intérêt qu’il balaye de nombreux sous-genres ou thèmes de la SF (et des lieux très divers, de mondes extrasolaires à notre bonne vieille capitale), du Planet Opera au Post-apocalyptique en passant par le Transhumanisme, tout en adoptant toujours une approche Soft-SF à dominante sociale / sociétale. En fin de compte, voilà une lecture qui, au minimum, est dans l’ensemble très recommandable, et dont certaines nouvelles (Dolores, par exemple) relèvent du must-read. Rien de moins ! Bref, ce recueil confirme sans peine ce que la seule nouvelle Citoyen+ suggérait : nous tenons là un vrai talent français en matière de SF, et il devient urgent pour l’édition Hexagonale de s’y intéresser de plus près ! Lire la suite

La mort ou la gloire – Wyld tome 1 – Nicholas Eames

26

Une sortie à ne surtout pas rater ! 

wyld_T1_VFLe 16 octobre 2019, sortira La mort ou la gloire, premier tome du cycle Wyld de Nicholas Eames, chez Bragelonne. C’est une traduction que j’attendais depuis longtemps et avec une grande impatience, non pas pour lire ce livre, que j’ai pour ma part découvert en VO à sa sortie, mais bel et bien pour que ceux d’entre vous qui ne lisent malheureusement pas l’anglais puissent en profiter. Car si votre serviteur et les camarades Ours inculte et Xapur vous crient sur tous les toits qu’il vous faut ab-so-lu-ment lire ce bouquin depuis maintenant… oh, plus que ça, c’est bel et bien parce que dans son genre très particulier, c’est un p*tain de chef-d’oeuvre (et aussi incroyable que cela puisse paraître, la suite est encore meilleure, si, si !). Nous sommes ici sur une Fantasy populaire, d’aventure, d’émotion et de divertissement, ce qui n’a jamais équivalu à « bas de gamme » (qu’on se rappelle Robert E. Howard !), sauf pour les plus élitistes des critiques de l’imaginaire.

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire ma critique complète de la VO, et pour ceux qui en voudraient un résumé succinct, voici mon sentiment à l’égard de ce livre formidable : ce roman, unique en son genre, part du principe que dans un monde hautement épique et fantastique (et très, très inspiré par Dungeons & Dragons), les groupes d’aventuriers mercenaires sont structurés et adulés comme des groupes de Rock. Mêlant l’humour propre à la Light Fantasy à certaines des scènes les plus épiques qu’il m’ait été donné de lire, dialogues légers et psychologie (ou passé) parfois trouble des protagonistes ou antagonistes, ce livre très agréable, très réussi dans le dosage et le mélange uniques de ses différents éléments, propose aussi et surtout une magnifique histoire d’amitié entre cinq hommes et d’amour de deux pères pour leurs filles. C’est un des livres de Fantasy les plus agréables et enthousiasmants que j’ai pu lire depuis un gros moment. La fin, très, très réussie, propose une conclusion satisfaisante pour celui qui ne souhaiterait pas forcément poursuivre l’aventure (mais pourquoi feriez vous ça, hein ?). Bref, en un mot comme en cent, un must-read ! Et en plus, la couverture très Rock’n’roll déchire, yeah !

Si vous décidez d’acheter ce roman, que vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir le Culte, passez par un des liens affiliés suivants, cela n’entraînera aucun frais supplémentaire pour vous !

Acheter en version papier / Acheter en version Kindle

Si vous lisez sur Kindle, vous pouvez également soutenir le blog en vous inscrivant pour un essai gratuit de l’abonnement Kindle, via ce lien, et si vous audiolisez, vous pouvez aider le Culte en essayant gratuitement Audible via ce lien.

***

Retour à la page d’accueil

We are the dead – Mike Shackle

28

Grim, grim, supergrim ! *

* comme aurait pu le dire le staff de Ruby Rhod.

we_are_the_deadMike Shackle est un auteur britannique vivant actuellement à Vancouver. We are the dead est son premier roman, ainsi que le tome inaugural d’un cycle appelé The last war. Alors que la tendance Hopepunk (SFF optimiste conçue comme une réponse au Grimdark) prend de plus en plus d’ampleur, Shackle va dans le sens opposé, proposant un bouquin qui ferait passer Le trône de fer pour une novélisation des Bisounours. En clair, il s’agit d’une Dark Fantasy extrême dans sa chronique sans concessions de ce qui arrive quand un pays est vaincu et livré à la cruauté et à la rapacité de ses ennemis jurés. D’ailleurs, un des Grands Maîtres du genre ne s’y est pas trompé ; voilà ce qu’en dit Glen Cook en personne : « Le meilleur livre que j’ai lu depuis des années. Erikson, Martin et Rothfuss vont devoir faire de la place au bar. Un joyau. » Pour ma part, je vous dirais que pour l’instant, c’est le meilleur roman de Fantasy que j’ai lu en 2019, avec The rage of dragons. Mais je vous conseillerai aussi, si vous lisez l’anglais, de bien être conscient de ce dans quoi vous vous engagez, car c’est vraiment un bouquin sans concessions (ou presque). Lire la suite

The ascent to godhood – Jy Yang

10

Une nouvelle merveille

ascent_to_godhoodThe ascent to godhood est la quatrième novella du cycle Tensorate, par Jy Yang, après The black tides of HeavenThe red threads of Fortune et The descent of monsters. Rappelons que si Ken Liu est celui qui a formalisé le sous-genre du Silkpunk et son auteur le plus connu, il n’en revendique pas la paternité, et je considère que Yang lui est largement supérieur dans ce registre précis (même si Liu est meilleur dans d’autres domaines des littératures de l’imaginaire). Comme pour les autres romans courts de ce cycle, l’illustration de couverture est une fois de plus une pure oeuvre d’art.

Jy Yang a été nominé à tous les prix prestigieux depuis la sortie de The black tides of Heaven, mais n’a jusqu’ici rien gagné (ce qui, au vu de la faiblesse de certains des textes qui l’ont fait, est proprement sidérant, mais bon, les goûts et les couleurs…). On ose espérer que cette quatrième (et dernière ? J’espère que non !) novella va changer la donne. Car c’est pour moi, des quatre, la seconde meilleure, juste derrière Black tides. J’avais été légèrement déçu par The descent of monsters, mais là par contre, j’ai dévoré ce texte profondément à la fois humain… et inhumain !  Lire la suite