L’ennemi dans l’ombre – David Weber

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Les Solariens, enfin ! 

ennemi_ombre_1_weberL’ennemi dans l’ombre est le second livre du cycle Saganami (il s’agit d’une tétralogie -le quatrième roman, L’ombre de la victoire, étant prévu pour juin-), après L’ombre de Saganami. Comme la plupart des ouvrages rattachés à l’univers d’Honor Harrington, il est divisé en deux tomes d’environ 460 pages chacun. Ce livre 2 montre des événements compris entre mars et décembre 1921 Post-Diaspora, soit vingt ans après Mission Basilic et sur une période qui correspond à une partie des événements finaux de L’ombre de Saganami, à Torche de la liberté (et pas Plaies d’honneur, comme le stipule improprement la quatrième de couverture -ce roman se déroulant plusieurs années avant L’ennemi dans l’ombre-), Coûte que coûte et qui donne un aperçu de ce qui va advenir dans En mission. La préface de David Weber est très intéressante : il explique la conception des deux sous-cycles (voir plus loin) et précise qu’ils ne doivent pas être vus comme des sagas séparées se déroulant dans le même univers mais comme une seule et même histoire dont des petits bouts sont insérés dans chacun des trois cycles (le troisième étant celui d’Honor Harrington). Ce qui explique aussi pourquoi certains livres reprennent des scènes déjà vues dans d’autres cycles, en adoptant un point de vue différent. Je suis moyennement convaincu par la pertinence du procédé, personnellement, surtout qu’il finit par coûter cher et est riche en possibilités de spoil (notamment, ici, sur l’opération Baie des huîtres).

Mais bon, je suis sans doute allé un peu vite en besogne : si vous êtes beaucoup plus nombreux à avoir découvert l’Honorverse (du fait de la -re-sortie des premiers tomes des aventures d’Honor en poche -made in l’Atalante et pas J’ai lu, cette fois-) depuis la dernière fois où j’ai publié une critique d’un roman signé ou co-signé David Weber, tout le monde n’a peut-être pas pris conscience de la structure tortueuse du meta-cycle d’HH. Allez hop, c’est parti pour un peu de pédagogie !  Lire la suite

La dernière trouée du Cumberland – H. Paul Honsinger

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200 premières pages haletantes, suivies par 150 autres laissant plus le lecteur sur sa faim

honsinger3.inddLa dernière trouée du Cumberland est le troisième roman du cycle De haut bord. Pour l’anecdote, la fin du tome 2 annonçait que son successeur s’appellerait « Un dernier haut fait », titre tout de même plus évocateur et sonnant mieux mais qui n’a au bout du compte pas été retenu. Curieuse discordance entre l’annonce imprimée et le choix final ! Quoi qu’il en soit, ce livre met un terme (très) provisoire à la saga, puisque l’auteur avait annoncé vouloir écrire des suites et un prélude, ce dont il a été empêché par des problèmes de santé en chaîne (diabète mal équilibré, narcolepsie, infection touchant une jambe, apnée du sommeil, etc) ces deux dernières années. Il annonce toutefois un nouveau roman pour 2018, To stations my lads, ainsi qu’une novella qui voit un jeune Max transporté par les Vaaachs à 14 000 années-lumière de la Terre, dans le bras Croix-Centaure de la galaxie, The hunters of vermin.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un mot sur la couverture, de nouveau signée Gene Mollica, et encore une fois absolument superbe, avec des visages criants de vérité (et un Max qui a un vague air de Juan-Martin Del Potro !). J’aime beaucoup cet illustrateur, et même si je m’attends à des merveilles à chaque fois, je suis invariablement époustouflé par le résultat. Bravo l’artiste !  Lire la suite

Valiant dust – Richard Baker

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Une SF (romantico-)militaire à la géopolitique développée et au héros officier, gentleman, prince et socialite !

valiant_dustRichard Baker est un ancien officier de l’US Navy qui, outre l’écriture de treize romans, est aussi et surtout un acteur de premier plan dans le monde du jeu de rôle, ayant (entre autres) participé, que ce soit pour TSR ou Wizards of the Coast, à l’élaboration d’un très grand nombre de livres liés à D&D (de la seconde à la quatrième édition), principalement dans les gammes Forgotten Realms, Birthright et Dark Sun.

Valiant dust est le premier tome d’un cycle de SF militaire appelé Breaker of empires. Si, de prime abord, on peut être tenté d’établir des parallèles avec David Weber, nous verrons que les choses sont plus compliquées et subtiles qu’un banal clonage d’une des références du genre. Mais si sa géopolitique élaborée et ses thématiques sont le gros point fort du livre, il est par contre un poil bancal (sans être mauvais) sur un pur plan militaire. Et nul doute que la forte dose de romance, la condition sociale du héros et sa propension à passer beaucoup de temps dans des événements mondains pourront poser problème à certains lecteurs de SF militaire.  Lire la suite

Rédemption – Jamie Sawyer

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Une initiative à saluer

lazarre_vol2b.inddRédemption est une novella de 117 pages s’inscrivant entre les tomes 2 et 3 du cycle Lazare en guerre de Jamie Sawyer. L’Atalante a d’ailleurs choisi de suivre la numérotation adoptée sur Goodreads, ce qui fait que le dos porte le numéro 2.5, et la couverture la mention « intermède ». Si vous suivez ce blog, vous êtes familier de cette tendance récente des auteurs anglo-saxons à publier des textes courts s’insérant avant ou entre les romans de leurs cycles (pour les livres proprement dits -préludes ou nouveaux tomes s’insérant entre deux tomes existants, parfois écrits des décennies auparavant-, cela se fait depuis longtemps), et permettant soit d’explorer d’autres pans de l’univers, soit de revenir plus en détails sur certains personnages ou événements. C’est dans ce dernier cas que nous sommes ici : Rédemption se déroule quelques heures avant la fin du tome 2 du cycle, et explique son coup de théâtre final.

Je tiens à saluer l’initiative de l’Atalante de proposer au lecteur non-anglophone une de ces novellas intermédiaires, car il y en a de plus en plus et car les éditeurs français les ont jusqu’ici consciencieusement ignorées. Certes, ces textes sont, selon les auteurs et les cycles, d’un intérêt variable (en Fantasy, par exemple, si celles de Brian McClellan sont très intéressantes pour mieux comprendre les motivations du protagoniste principal du cycle des Poudremages, on ne peut pas dire que Sandrunners d’Anthony Ryan apporte grand chose au cycle The draconis memoria), mais certains d’entre eux (ceux de McClellan, donc, ou de Bradley P. Beaulieu, par exemple) sont vraiment de très bonne facture et mériteraient une traduction. On espère donc que, étant donné en plus l’intérêt autour du format court (enfin) impulsé par le considérable succès commercial et critique de la collection Une heure-lumière du Belial’, d’autres éditeurs suivront l’intelligente initiative de l’Atalante (je pense à Actes Sud avec The expanse, par exemple).  Lire la suite

Dogs of war – Adrian Tchaikovsky

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Encore un chef-d’oeuvre !

dogs_of_warDogs of war est le nouveau roman d’Adrian Tchaikovsky, très prolifique auteur de SFF britannique, aussi à l’aise en Fantasy qu’en SF, qui m’avait bluffé avec l’excellent Children of time. S’il s’agit toujours de science-fiction, le contexte est cette fois différent, puisqu’il concerne la Terre d’un futur très proche (une grosse génération, à priori) et s’inscrit dans le sous-genre militaire. Nous suivons un groupe de bioformes expérimentales, des animaux (chien, ours, reptile, abeilles -ah, j’ai capté l’attention de Lutin, là-) transformés par l’ingénierie génétique et la cybernétique, et utilisés pour mener une sale guerre corporatiste au sud du Mexique. Endoctrinées et dotées de puces de Feedback devant les contrôler, les bestioles finissent cependant par penser par elles-mêmes et par s’interroger sur la pertinence des ordres… Cependant, cette partie martiale n’est qu’un (long) prologue pour quelque chose de beaucoup plus profond et ambitieux, en lien avec un thème récurrent chez l’auteur : la coexistence et les relations entre formes de vie différentes, les relations entre une créature et son créateur.

Avec ce titre, nous revitalisons un peu le cycle SF biologique lancé l’année dernière et un peu laissé de côté en 2017. J’en profite aussi pour en lancer un autre, le cycle anticipation militaire, qui se propose de réunir des romans se passant dans un futur très proche et tentant de réfléchir, d’une façon un minimum réaliste, à ce que pourrait être la guerre demain.  Lire la suite

La forêt sombre – Liu Cixin

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Très, très intéressant

foret_sombre_liuLa forêt sombre est la suite du Problème à trois corps. Le roman a été publié en 2008, traduit en anglais en 2015, et c’est à partir d’une version révisée établie en 2016 que la VF a été traduite directement à partir du chinois, à la demande de l’auteur. Deuxième précision, utile pour ceux qui ont lu le tome 1 de cette trilogie : cette fois, vous pouvez parcourir la quatrième de couverture, il s’agit d’un résumé « normal » et pas de la médaille d’or du spoiler comme pour le livre précédent. Enfin, ultime précision, mais qui a son importance : si vous n’avez pas encore lu Le problème à trois corps, je vous déconseille fortement de parcourir cette critique, qui vous dévoilera forcément sa grande révélation (il est strictement impossible de faire autrement, à moins de réduire mon avis à c’est bien / passable / pas bien).

Ce que je peux vous dire est que ce tome 2 est assez différent du premier qui, via ses flash-backs centrés sur la Révolution Culturelle, était ancré dans une certaine réalité concrète. Ici, nous sommes en très grande partie dans une SF plus spéculative, à vaisseaux et ascenseurs spatiaux, rayons à particules et toute la quincaillerie SF que vous pouvez imaginer. Pour autant, malgré quelques défauts, j’ai trouvé La forêt sombre globalement passionnant, et j’ai vraiment hâte de lire le tome 3 (l’année prochaine à la même époque ?).  Lire la suite

La légion – Jamie Sawyer

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Une demi-déception

legion_lazareLa légion est le second tome de la trilogie Lazare en guerre, après L’artefact, une SF militaire dont je n’attendais rien de particulier et qui, au final, s’est révélée être une très bonne lecture. Sachez (et c’est suffisamment rare pour être souligné et salué) que l’Atalante va publier, au mois de Novembre, la novella Rédemption, qui sert de tome « 2.5 » à ce cycle (dans la plupart des cas, les éditeurs français ne traduisent jamais les nouvelles et romans courts qui, de plus en plus souvent, complètent les romans auxquels ils ou elles sont rattachés).

Deux ans après les événements du tome 1, Conrad « Lazare » Harris et son équipe sont à nouveau envoyés sur un site Bribe, cette fois dans l’espace. Alors que son prédécesseur était inspiré par Joseph Conrad, Aliens et Avatar, La légion se balade, lui, entre Terminator, Hypérion, Le sens du vent et Vision aveugle. Je le disais, alors que j’ai abordé le tome 1 sans attentes particulières et que j’ai été impressionné par cette lecture, cette fois j’attendais beaucoup (trop, sans doute) de ce tome 2… et j’en sors à-demi déçu. Il s’agit toujours d’une très bonne SF militaire, mais qui manque cette fois de la profondeur qui faisait l’intérêt du tome précédent. Lire la suite