Les neuf Magnifiques – Chapitres 1-4

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Je vous ai récemment parlé de mon projet de cycle de novellas mélangeant Western, Fantasy, Steampunk, Super-Héros et une part pas si négligeable de SF, le cycle des Magnifiques. Dans cet article, je vous propose de lire les quatre premiers chapitres du tome 1, Les neuf Magnifiques. Si ma prose plaît à un nombre suffisant d’entre vous, je mettrai ensuite en ligne un chapitre par semaine jusqu’au quatorzième et dernier. Vos commentaires, même négatifs, sont les bienvenus, à condition bien évidemment qu’ils soient constructifs et argumentés (ce qui signifie que je ne tolèrerai pas des « Cé nhulle » sans argumentaire, par exemple). Lire la suite

Le marteau de dieu – Arthur C. Clarke

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Clarke a trop utilisé son marteau sur sa propre tête !

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 102 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Publié en 1993, le roman Le marteau de Dieu est une version étendue d’une nouvelle parue dans le magazine Time l’année précédente. Et le moins que l’on puisse dire est que le procédé est douloureusement visible et très maladroitement réalisé ! L’intrigue est supposée parler de la menace pour toute vie sur Terre que constitue Kali, un astéroïde détecté en 2109 par le programme de surveillance Spaceguard (un postulat de base qui rappelle franchement celui de Rendez-vous avec Rama, ce à quoi il convient d’ajouter deux éléments recyclés de 2001 et 2010), ainsi que de la mission menée par le capitaine Singh pour le dévier de sa trajectoire, mais le roman débute en nous parlant du passé du protagoniste, l’astéroïde n’étant abordé, quand on y pense, que de façon presque marginale durant les deux premières parties du livre. Il faut même attendre plus du tiers de ce dernier pour que l’histoire de la découverte de Kali soit relatée. On a la nette impression que l’astéroïde n’est pas le principal sujet de l’ouvrage, un comble !

Pendant ce temps, l’auteur s’étend à n’en plus finir sur l’existence (pas franchement passionnante) de son protagoniste, et tente de nous dépeindre les changements sociétaux, technologiques ou autres qui ont eu lieu au XXIe siècle et au début du XXIIe. Autant le dire, c’est un échec : ce qui n’est pas du cent fois vu, en mieux qui plus est, chez Clarke ou d’autres, nécessite parfois un considérable degré de suspension de l’incrédulité, comme avec l’hypothèse de départ rien moins qu’absurde de la formation d’un syncrétisme chrétien / islamique. Ce qui est d’autant plus grave qu’il a un rôle non négligeable à jouer dans l’intrigue ! Les parties spécifiquement consacrées à l’astéroïde sont d’une faiblesse intolérable pour un auteur de Hard SF du calibre de Clarke, sans compter une absence quasi-totale de dramaturgie inacceptable dans ce genre de SF apocalyptique (les problèmes se règlent pratiquement aussi vite qu’ils apparaissent !).

La structure inutilement bavarde et aérée de l’ensemble (bien des chapitres sont ridiculement courts et / ou n’apportent rien à l’histoire, manière d’augmenter artificiellement le nombre de pages de l’ouvrage, tout comme le fait de le découper en une quantité excessive de parties) se conjugue à un patchwork de chapitres n’ayant rien à voir avec ceux qui forment l’intrigue principale et insérés n’importe comment entre eux, ainsi qu’à la faiblesse de tous les aspects traités, pour donner un roman dont on se passera aisément, surtout chez un romancier comme Clarke, qui a produit tant d’autres livres intéressants, voire incontournables. Et ce d’autant plus que dans la thématique de l’astéroïde tueur, d’autres (à commencer par Benford / Rostler avec Shiva le destructeur, dont on se demande d’ailleurs si Clarke ne s’en est pas inspiré) ont fait bien mieux.

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Apophis Box – Mai 2022

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite

La cité et les astres – Arthur C. Clarke

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Surévalué

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 102 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Paru en VO en 1956, La cité et les astres est une version étendue et révisée du premier roman de Clarke, Against the fall of night, publié en 1951 et qui était déjà lui-même une version allongée et retravaillée d’une novella sortie dans Startling Stories en 1948. Le but de cette ultime version était de montrer les progrès faits par Clarke dans l’art de l’écriture. C’est raté ! S’inscrivant dans le registre de la SF de la Terre Mourante, comme certaines œuvres de Vance ou de Moorcock (entre autres), ce roman nous projette plus d’un milliard d’années dans le futur. L’Homme a jadis conquis les étoiles, avant d’en être chassé par de mystérieux Envahisseurs extraterrestres et d’être confiné sur son monde d’origine, où les effets des éons ont arasé les montagnes et fait évaporer les océans. Il ne reste plus qu’une seule cité, Diaspar, capable de s’autoréparer en permanence et donc libérée de la tyrannie du Temps, tout comme ses dix millions d’habitants, stockés dans des mémoires informatiques inaltérables et qui ne sont incarnés, par petits contingents, que toutes les quelques dizaines de millénaires. Sauf que parfois, un Unique apparaît, quelqu’un qui n’a jamais vécu avant, qui n’est pas soumis à la compulsion de rester au sein des limites de Diaspar. Quelqu’un qui se pose des questions, notamment sur le fait que l’Histoire de sa race est quasiment oubliée Quelqu’un chez qui ni la curiosité, ni l’ambition qui étaient jadis le propre de l’Homme ne semblent avoir été excisées. Le jeune Alvin est l’un d’eux.

On pourrait faire, en moins sévère (quoique…) la même remarque pour ce roman que pour Le marteau de Dieu : le texte original semblait fonctionner correctement, sa version allongée et retravaillée… moins. On voit vite où Clarke veut nous conduire, et si ses réflexions sont souvent pertinentes (sur un hyper-conservatisme qui fossilise une société, sur l’ouverture nécessaire aux autres cultures et sur l’extérieur en général, sur la manipulation du récit Historique, l’élan salvateur de la jeunesse, l’importance du non-conformisme, etc.), elles auraient surtout facilement pu rester condensées dans un roman qui aurait fait un bon tiers de pages de moins que celui qui nous est proposé. Au bout d’un moment, l’auteur tourne quasiment en rond, ne surprend plus, et le ton dépassionné de l’ensemble peine à captiver. On met parfois La cité et les astres sur le même plan que les chefs-d’œuvre de Clarke, les 2001 et autre Rendez-vous avec Rama : c’est clairement une erreur. Ce roman d’apprentissage, qui ne séduira ou ne surprendra qu’un débutant ou un nostalgique de la SF de l’âge d’or, est somme toute mineur et indigne d’être placé sur un tel piédestal. Et ne parlons même pas du suspect parfum Asimovien qui plane sur un nombre non-négligeable d’éléments de construction du monde ou de l’intrigue !

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