Sins of Empire – Brian McClellan

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Une (énorme) réputation amplement méritée

sins_of_empireSins of Empire est le premier tome d’un nouveau cycle de Flintlock Fantasy signé Brian McClellan, qui se déroule dans le même univers que sa trilogie des Poudremages (dix ans après la fin du tome 3) et en reprend certains personnages. Sur Goodreads, il bénéficie de la note colossale de 4.46 (sur 4105 notations), ce qui, pour information, est (très) largement supérieur à l’écrasante majorité des… prix Hugo et des World Fantasy awards ! (un seul titre récent fait, à ma connaissance, mieux : Battle mage de Peter Flannery -à paraître chez AMI-, avec 4.51). La lecture du cycle précédent n’est pas strictement indispensable, même si elle permet évidemment de mieux saisir certaines choses ou leur donnent un tout autre relief. La même remarque peut être étendue à la nouvelle The Mad Lancers, qui, elle, permet de mieux se rendre compte de certains changements intervenus chez Ben Styke. Enfin, on conseillera aussi éventuellement de jeter un coup d’œil à Ghosts of the Tristan Basin, sans que, là encore, cela soit un pré-requis absolu.

Cette nouvelle trilogie, donc, déplace l’action vers Fatrasta, dix ans après l’indépendance de cette ancienne colonie Kez. Sous la coupe de l’âme de la Révolution, Lindet, et de sa police secrète, le pays voit les tensions monter entre les colons et les indigènes, les Palo. Nous suivrons trois personnages, Ben Styke et Vlora que ceux qui ont lu les Poudremages (ou les nouvelles associées) connaissent déjà, ainsi qu’un petit nouveau, Michel. Les trois se retrouveront liés à un mystérieux avocat, sur fond de troubles créés par un pamphlet, le fameux Sins of EmpireLire la suite

The Mad Lancers – Brian McClellan

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Les origines de Ben Styke et de son unité de cavalerie rebelle

the_mad_lancersThe Mad Lancers est une nouvelle de 85 pages rattachée au cycle Gods of Blood and Powder (je vous proposerai la critique du tome 1 dans quelques jours : sachez que les événements de ce texte se déroulent douze ans avant), qui lui-même prend place dans le même univers que la trilogie des Poudremages et en reprend quelques personnages. L’un d’entre eux est Ben Styke, un cavalier en armure enchantée qui apparaissait dans la nouvelle Ghosts of the Tristan Basin, donnait un coup de main à Taniel et ressemblait à un mélange entre Arnold Schwarzenegger et le Colonel Kilgore d’Apocalypse Now. C’est la façon dont il a rejoint la Révolution naissante, a formé son unité de cavalerie et peut-être surtout a obtenu leurs fameuses armures magiques qui est racontée dans The Mad Lancers. Si la lecture de ce texte n’est pas, à proprement parler, indispensable, elle éclaire cependant d’un jour nouveau les événements des deux cycles de Flintlock Fantasy de Brian McClellan, et se révèle, comme toujours avec lui, de qualité.  Lire la suite

The Guns of empire – Django Wexler

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Je finis l’année 2017 en beauté !

guns_of_empireThe guns of empire est le quatrième et avant-dernier roman du cycle The shadow campaigns, par Django Wexler. Il suit la tendance constatée chez ses prédécesseurs, à savoir le fait d’être (au moins) un peu meilleur que le tome précédent, qui lui-même était (au minimum) un (très) bon livre. C’est d’ailleurs parfaitement reflété dans la progression des notes sur Goodreads pour les tomes 1-4, respectivement 4.04, 4.12, 4.26 et 4.31 (pour vous donner un point de comparaison, les trois tomes des Poudremages sont à 4.16, 4.35 et 4.35). Autre constante dans l’évolution entre les tomes : celle de suivre méthodiquement les étapes de l’épopée Napoléonienne, le personnage de Janus étant (plus ou moins) un analogue de l’illustre personnage. Le tome 1 est donc un équivalent de la Campagne d’Égypte, le 2 montre la Révolution, le 3 la Terreur, ce qui fait que, logiquement, ce tome 4 aurait dû nous montrer le Consulat et éventuellement la proclamation de l’Empire. Or, l’auteur a, cette fois, choisi de diverger un petit peu par rapport au modèle historique : c’est en fait la Campagne de Russie, très postérieure, qu’il met en scène.

Sachez que la lecture des deux Novellas The penitent damned et The shadow of Elysium est un plus non négligeable pour mieux saisir certains points dans ce roman, même si elle n’est évidemment pas indispensable. En effet, l’auteur fait intervenir leurs deux protagonistes, Abraham et (surtout) Alex, ce qui fait que 1/ vous saurez ce qu’il est advenu d’eux et 2/ vous saisirez mieux les tenants et les aboutissants des événements les concernant.  Lire la suite

An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock

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Beaucoup de bruit pour rien

alchemy_craddockAn alchemy of masques and mirrors est le premier roman de Curtis Craddock, auteur américain vivant au Colorado et enseignant l’informatique à des prisonniers dans un pénitencier. Après l’avoir achevé et fait quelques recherches pour la rédaction de cette introduction, je me suis également aperçu qu’il s’agissait du premier tome d’un cycle, The Risen kingdoms, alors que franchement, vu que la fin boucle tous les arcs narratifs, je ne m’attendais pas vraiment à une suite. Même si vu la place accordée au worldbuilding, j’aurais dû m’en douter. Pas sûr, cependant, que je lise le tome 2, vu à quel point j’ai eu du mal à finir celui-ci. Même si il y a certains points que j’aimerais bien voir éclaircis sur l’origine de ce monde.

Sur Goodreads, ce roman bénéficie d’une note de 4.1 (sur un peu plus de 300 évaluations, ce qui reste modeste), et ses lecteurs avaient l’air très enthousiastes. De fait, le mélange de genres proposé (Mousquetaires, sorcellerie, vaisseaux des airs) avait l’air assez original et attractif. Au final, on se retrouve avec un monde auquel il est assez difficile d’adhérer, avec une fausse originalité qui cache en fait un grand classicisme, avec un des deux protagonistes auquel il est malaisé de croire, avec une narration verbeuse et une intrigue convolutée qu’on a hâte de voir se terminer (enfin), après le 18e coup de théâtre et la 27e révélation (en trois chapitres). Bref, je m’attendais à me régaler, et c’est avec un grand soupir de soulagement que je l’ai achevé et que je suis passé à (beaucoup) plus intéressant, à savoir le tome 4 de The shadow campaigns (qui sera la dernière critique publiée sur ce blog en 2017 : il est de tradition, sur le Culte, de finir chaque année sur un genre mal-aimé en France et de commencer l’année suivante de la même façon. Cette fois-ci, donc, nous allons finir sur de la Flintlock et commencer 2018 avec de l’Heroic Fantasy -féminine-). Mais revenons à nos moutons !  Lire la suite

The guns above – Robyn Bennis

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Honor Harrington, capitaine de dirigeable

the_guns_aboveRobyn Bennis est une auteure californienne travaillant dans le domaine des biotechnologies, dont The guns above est à la fois le premier roman et le tome inaugural d’un cycle appelé Signal airship. Le tome 2, By fire above, est attendu en mai 2018. Influencée, de son propre aveu, par (entre autres) Patrick O’Brian, David Weber et Bernard Cornwell, il était logique qu’elle commence par écrire de la SFFF militaire d’influence Napoléonienne. Là où ça devient intéressant, en revanche, c’est qu’elle a choisi de créer un contexte Steampunk / Fantasy (je vais y revenir) dans lequel un équivalent d’Honor Harrington commande… un zeppelin militaire ! Ou comment transposer les combats spatiaux de l’Honorverse dans un contexte à mousquets, Grenadiers, Dragons (les cavaliers, pas les bestioles) et canons ! Le résultat est bluffant, aussi bien au niveau de l’ambiance / immersion que du côté technique (description des dirigeables) ou de dialogues ou personnages principaux très solides, surtout pour une première oeuvre.

La plupart des gens le classifieront en Steampunk (bien que le seul côté rétrofuturiste soit dans la présence de dirigeables évolués dans un contexte Napoléonien, soit un gros siècle avant la période Historique où ce genre de rigide employant de l’Hélium était utilisé à des fins militaires), mais le fait que l’intrigue se déroule dans un monde secondaire (imaginaire) me fait plutôt classer ça, personnellement, dans la Gaslamp / Gaslight Fantasy, même s’il n’y a aucun élément fantastique (encore moins que dans Téméraire, qui, lui, montre des dragons).  Lire la suite

Nadejda – Olivier Boile

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Quand Kay rencontre Gemmell, Anderson et Moorcock

nadejdaOlivier Boile est un auteur picard ayant vécu quelques temps près de Montpellier avant de revenir dans sa région d’origine. Nouvelliste de SFFF prolifique (il a une centaine de textes courts à son actif, dont certains réunis dans le recueil Sans donjon ni dragon) et couteau suisse de la littérature de genre (il est capable d’écrire à peu près tout ce que le domaine a à offrir, de l’uchronie à la SF en passant par le fantastique), il a publié deux romans relevant de la Fantasy humoristique, Medieval Superheroes et Les feux de l’armure. De mon côté, je l’ai découvert via Le rêve du pont Milvius, remarquable nouvelle uchronique présente dans l’anthologie antiqu’idées, dont elle constituait un des deux meilleurs textes, l’autre étant signé Lionel Davoust, excusez du peu ! Ça vous situe tout de suite le niveau ! J’avais, à l’époque, exprimé mon envie de découvrir plus de la prose de cet écrivain, et c’est désormais chose faite. Auteur qui, d’ailleurs, est un des plus fidèles abonnés de ce blog et un des commentateurs avec lesquels j’ai le plus de plaisir à échanger, ce qui, si vous connaissez la maison, ne m’aurait pas empêché de souligner les défauts de son roman s’il y en avait eu (sur le Culte, le copinage, on ne connait pas, et l’honnêteté envers le lecteur est une règle absolue). Mais bon, il se trouve que, des défauts, il y en a peu, donc le problème ne se posera pas.

Sans donjon ni dragon mettait déjà en scène des personnages historiques ou légendaires, et Nadejda, qui relève avant tout de la Fantasy Historique (mais pas que, comme nous allons le voir), fait de même. Plus intéressant encore, dans le dernier paragraphe de la postface, un passage que j’aurais quasiment pu écrire moi-même tant il m’enlève les mots de la bouche, Olivier Boile avoue sa lassitude de la Fantasy médiévale-fantastique exploitant les mythologies celtique et nordique, et explique donc avoir voulu proposer autre chose, à savoir un roman mêlant imaginaire et lieux ou personnages réels, se déroulant dans la Russie du début du onzième siècle, un temps où la vieille religion païenne est en train de laisser sa place au Christianisme.  Lire la suite

The autumn republic – Brian McClellan

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Une fin de cycle (et de roman) réussie

the_autumn_republicThe autumn republic est le troisième et dernier roman de la trilogie des Poudremages. Pourtant, il ne constitue pas (loin de là, même) la fin de l’exploration de cet univers par l’auteur : outre une dizaine de nouvelles (voir ici et ), Brian McClellan s’est lancé dans un second cycle, Gods of blood and powder, reprenant le même monde et certains des personnages que nous connaissons déjà (y compris via les textes courts, d’ailleurs, qui prennent donc encore plus d’importance pour celui qui veut pleinement saisir les tenants et aboutissants). Je vous proposerai, au premier trimestre 2018, une critique des deux premiers romans de cette nouvelle saga, ainsi que celle de la nouvelle The mad lancers.

Mais revenons à nos moutons : chaque tome des Poudremages est réputé un peu meilleur que le précédent, et celui-ci est supposé offrir un final en apothéose au cycle. Est-ce le cas ? Globalement, oui, même si j’ai eu personnellement un peu plus de mal à entrer dans celui-ci. Mais une fois que cela a été fait, quelle baffe !  Lire la suite