The bone shard daughter – Andrea Stewart

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Prévisible mais prenant

bone_shard_daughterThe bone shard daughter est le nouveau roman d’Andrea Stewart, autrice sino-américaine vivant en Californie. C’est aussi le tome inaugural d’un cycle appelé The drowning empire. Il s’inscrit dans toutes les tendances de la Fantasy récente, à savoir proposer un cadre se démarquant de la pseudo-Europe médiévale qui a longtemps été cardinale dans le genre, un système de magie original et élaboré mais aussi un recyclage de tropes et d’influences… SF, tout en relevant pourtant incontestablement de la Fantasy (et de la Fantasy seule, hein, pas de Science-Fantasy ou je ne sais quoi).

Ce roman s’est révélé, au moins pour certains de ses fils narratifs (j’y reviendrai) vraiment très prenant, à la fois parce que l’autrice a su forger des personnages intéressants et / ou attachants, parce qu’elle a un style souvent (mais pas toujours) immersif et surtout parce qu’elle met en place toute une série de mystères ou d’interrogations, et que le lecteur lit avidement pour voir si les hypothèses qu’il a élaborées se révéleront fondées (ou pas). Pour tout dire, j’avais quasiment tout deviné, mais pourtant j’ai eu plaisir à voir mes supputations confirmées (et l’une d’elles infirmées !). Il n’en reste pas moins que le roman a quelques défauts, surtout concentrés sur certains personnages, et qu’une certaine prévisibilité (pour le vieux routard de la SFFF, du moins), pour ne pas dire une prévisibilité certaine, fait qu’il n’atteint pas tout à fait le niveau d’un (roman) Culte d’Apophis. Toutefois, je lirai avec grand plaisir les suites, car Andrea Stewart a eu l’intelligence de ne pas expliquer tous ses mystères à la fin de ce tome 1, et car l’opposition de deux personnages promet de très belles choses dans le tome 2. Lire la suite

Le deuxième sang – Emilie Querbalec

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Un aperçu gratuit du style de l’autrice

deuxième_sang_querbalecAlbin Michel Imaginaire nous offre aujourd’hui (sous forme électronique, téléchargeable directement sur votre site marchand habituel ou via le site de l’éditeur) une nouvelle gratuite, Le deuxième sang, signée Émilie Querbalec, l’autrice de Quitter les monts d’automne qui paraîtra le 2 septembre. Le but étant évidemment de vous proposer un aperçu du style de la dame, histoire de vous inciter, si vous étiez hésitant, voire pas tenté du tout, à lire son roman. Précisons que ce texte est une version retravaillée d’une nouvelle précédemment parue dans l’anthologie Rouge de Nice Fictions, sous le titre alternatif (et à mon avis bien meilleur) Le prix du sang. Mais précisons surtout que Le deuxième sang ne s’inscrit PAS dans le même univers que Quitter les monts d’automne, même si, que ce soit au niveau de la protagoniste, du ton et de l’ambiance asiatique, nous n’en sommes pas si loin que ça. À une grosse différence près : nous sommes ici sur de la Fantasy, pas de la SF. 

Si cette nouvelle s’avère assez intéressante, on précisera toutefois qu’au niveau du style, on est facilement un cran en-dessous du roman. Mais tout compte fait, si vous accrochez à ce texte, il y a toutes les chances pour que cela soit aussi le cas pour Quitter les monts d’automne. Si, par contre, l’héroïne, le ton ou l’écriture vous donnent de l’urticaire, vous avez plus intérêt à vous tenir éloigné du roman. Lire la suite

Focus sur le cycle Mémoires, par lady Trent – Tomes 2 à 5 – Marie Brennan

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Analyse des récurrences et de l’intérêt du cycle

Bifrost_94Le nombre élevé de sorties, ainsi que les disponibilités fluctuantes des membres de la rédaction de Bifrost, voire leurs envies de lecture du moment, sans parler de la disponibilité (ou pas) des SP, font que certaines fois, le début d’un cycle fait l’objet d’une recension au moment de sa publication, tandis que le reste n’est pas chroniqué tout de suite. Dans certains cas, les tomes peuvent s’accumuler à un point tel que ledit cycle est achevé alors que seule la critique de son tome 1 est lisible dans le magazine. En pareil cas, un des rédacteurs (pas forcément celui qui s’est attelé à l’article sur le roman inaugural, d’ailleurs) fait ce que nous appelons un focus. En gros, il rédige un papier synthétique qui, sans entrer dans les détails de l’intrigue, dégage les forces, les faiblesses, les motifs récurrents, les thématiques et globalement les caractéristiques marquantes des livres non-chroniqués jusque là, voire de l’ensemble d’un cycle (ou dans certains cas de romans liés par un auteur ou un thème commun). Alors que c’est l’estimé camarade Perchoc qui s’était chargé de la critique du tome 1 des aventures de lady Trent (signées Marie Brennan) pour le périodique, c’est votre serviteur qui a rédigé le focus (paru dans Bifrost 94) sur les tomes 2-5, reproduit dans la suite de cet article. Si vous souhaitez creuser un peu plus, sachez que les critiques détaillées des cinq romans sont disponibles sur le Culte : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4 et tome 5.

Vous pouvez retrouver tous mes articles rédigés pour Bifrost sous ce tag. Lire la suite

Le sanctuaire ailé – Marie Brennan

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Fracassante révélation ! (ou pas…)

sanctuaire_ailéLe sanctuaire ailé est le cinquième et dernier volume des Mémoires de Lady Trent. Toutefois, Marie Brennan a décidé de continuer à écrire dans cet univers, puisqu’un roman mettant en scène la petite-fille d’Isabelle, Audrey, est sorti en août 2019 sous le titre Turning darkness into light. Ce tome 5 reprend la présentation de grande qualité qui a fait la renommée de ce cycle, avec sa couverture et ses splendides illustrations intérieures signées Todd Lockwood (particulièrement celle représentant Isabelle à deux âges différents et qui clôture le livre).

Cet ultime opus, donc, nous explique comment Lady Trent est devenue aussi célèbre que la reine du Scirland, et, outre son histoire personnelle, il donne aussi une conclusion (provisoire, probablement, au vu du roman consacré à Audrey) à l’évolution du statut de la femme dans ce pays imaginaire d’inspiration Victorienne, ainsi qu’à la série de découvertes scientifiques liées aux dragons et à la mystérieuse civilisation Draconienne. Deux points sont à retenir : premièrement, il est légèrement plus fantastique que les autres, et deuxièmement, il est… impossible à chroniquer ! Lire la suite

Autrefois les ténèbres – R. Scott Bakker

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Everest littéraire

autrefois_les_ténèbresR(ichard) Scott Bakker est un auteur canadien de Fantasy, qui avait initialement envisagé de publier une trilogie appelée The second apocalypse. Cependant, il avait tellement de personnages, de thèmes et d’événements à développer qu’il a décidé de faire de chacun des trois tomes son propre sous-cycle. Le premier a donc donné une trilogie traduite en français sous le nom Le prince du néant, dont Autrefois les ténèbres, dont je vais vous parler aujourd’hui, est le premier tome. Le second roman du projet initial devait lui aussi être transformé en trilogie, mais son troisième tome était si gros qu’il a été coupé en deux volumes, ce qui fait donc un total de quatre livres. Ce second sous-cycle (The Aspect-Emperor) n’a, lui, pas été traduit en français du tout (apparemment, si les deux premiers tomes sont bons, ce n’est pas du tout le cas des deux autres). Le troisième et dernier sous-cycle reste à écrire au moment où je rédige ces lignes.

Dans chaque genre des littératures de l’imaginaire, il y a des œuvres hors-normes, du fait de leur richesse (thématique ou celle de leur univers), de leur complexité, de leur degré d’exigence ; la SF a (par exemple) ses Anatèm, ses Diaspora, ses Trop semblable à l’éclair ; la Fantasy, elle, a son Livre des martyrs, ses Instrumentalités de la nuit et… le (sous-)cycle dont je vais vous parler aujourd’hui. Car clairement, au niveau univers, personnages, sous-intrigues et degré d’exigence, la trilogie de R. Scott Bakker joue dans la même division qu’Erikson et Cook. Autrefois les ténèbres va donc se mériter, nécessiter une lecture attentive et sur le laps de temps le plus court possible, mais vous pouvez me croire, grande sera la récompense, tant on tient là un roman véritablement exceptionnel sur de nombreux plans, à commencer par des protagonistes extrêmement soignés et une écriture de toute beauté. Lire la suite

La guerre du pavot – R.F. Kuang

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Un fond pertinent, une forme qui ne l’est pas du tout

guerre_du_pavot_kuangD’habitude, quand je vous fais ce genre de rappel de sortie de romans que j’ai déjà eu l’occasion de lire en VO, le but premier est de vous dire « attention, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais à telle date sort un super roman, que je vous conseille vivement ». Eh bien dans le cas de La guerre du pavot de R.F. Kuang, que j’ai pour ma part lu en anglais sous le titre The poppy war et qui sort (théoriquement, vu que la date a déjà été repoussée au moins deux fois, si j’ai bien tout suivi) le 1er juillet, je vous conseille surtout de lire la critique très détaillée que j’ai consacrée à la VO, histoire de bien comprendre dans quoi vous allez vous engager et dans quoi vous allez investir vos vingt-quatre euros. D’une façon plus générale, entre ce titre et l’épouvantable Sandremonde chroniqué (ou plutôt atomisé) par le camarade Cid Vicious dans le dernier Bifrost, je ne peux m’empêcher de remarquer que pour l’instant, le virage vers la Fantasy pris par la collection Exofictions n’est, en restant charitable, pas franchement convaincant.

Pour celles et ceux d’entre vous qui ne veulent pas lire la critique complète de la VO et souhaitent un résumé rapide, voilà quelle était la conclusion de cette dernière : ce roman, le premier de son autrice et le tome inaugural d’une trilogie, a pour ambition, via une allégorie dans un monde secondaire, de dénoncer les crimes de guerre (génocide, viol, utilisation d’armes bactériologiques et chimiques, femmes de réconfort, expérimentations humaines, etc) de l’armée japonaise dans les années trente-quarante, tout en mêlant cela à du Shamanisme, un monastère d’arts martiaux et à la façon dont un dictateur « naît ». Noble ambition, hélas lourdement gâchée par un propos qui tarde terriblement à être nuancé (il faut attendre la toute fin du livre) et frôle de fait la propagande anti-japonaise, par une manipulation de l’Histoire pas forcément très pertinente (on met sur le dos des pseudo-japonais l’introduction en Chine de l’opium, dont ils ne sont pas responsables dans notre Histoire) sur un plan éthique pour une Historienne de formation, et, sur un plan bassement matériel, par une construction schizophrène qui alterne une première moitié relevant du roman d’apprentissage sur un ton quasi-Young adult (et qui plus est, lourdement pompée sur Le nom du vent) et une seconde qui donne dans une Fantasy historico-militaire hardcore et hyper-grimdark (à tel point que Kuang elle-même déconseille la lecture de son bouquin à certaines personnes !). Et c’est là que résidera le souci pour la majorité des lecteurs : trop ceci pendant une moitié du roman et pas assez cela pendant l’autre, ou inversement pour d’autres types de lecteurs, cette oeuvre a hélas des chances de finir par laisser tout le monde sur le bord de la route. Et ceci malgré un bon accueil dans le lectorat anglo-saxon qui, comme on le sait, n’a pas forcément les mêmes attentes que celui de l’Hexagone. On conseillera aux gens intéressés par le sujet des exactions japonaises, mais qui cherchent quelque chose de plus solide sur le plan littéraire et de plus nuancé dans la façon de traiter un thème délicat sans stigmatiser, de se tourner vers L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu, autrement plus pertinent. Bref, pour moi, si le fond (la dénonciation des crimes de guerre) est pertinent, la forme ne l’est pas, ne poussant jamais les curseurs au bon endroit ou quasiment.

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Chasing Graves – Ben Galley

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Apophis Fantasy !

chasing_gravesBen Galley est un auteur britannique de Fantasy et de Weird West résidant au Canada et plutôt prolifique, avec une douzaine d’ouvrages au compteur en à peine une décennie. Bien qu’il travaille aussi avec le circuit traditionnel de l’édition, c’est surtout un expert en matière d’auto-publication, un domaine dans lequel il conseille d’ailleurs d’autres auteurs. Alors que son roman le plus connu, The written, était inspiré par les mythes nordiques, sa trilogie Chasing Graves (qui présente la particularité d’avoir été entièrement écrite avant même que le premier livre ne sorte) est, elle, bâtie sur des fondations égyptiennes, ce qui, quand on a comme pseudonyme Apophis, ne peut qu’attirer l’œil. J’avais donc acheté le tome inaugural et éponyme et avait prévu de le lire tranquillement début 2021, quand, il y a quelques jours, l’auteur a décidé très généreusement d’offrir l’intégralité de la trilogie en version électronique. J’ai donc décidé d’avancer ma lecture du tome 1 puisque du coup, disposant des deux autres, s’il me plaisait je pouvais envisager de boucler le cycle assez rapidement. Je vous signale d’ailleurs que si ce dernier n’est plus gratuit au moment où je rédige ces lignes, c’est tout comme : on la trouve en version dématérialisée à… 0.99 euros. Pour les trois livres, soit 1052 pages !

Ce tome 1 s’étant révélé très prometteur, je vous proposerai la critique au minimum du tome 2 à l’avenir. Et je suis d’autant plus curieux de connaître la suite que Chasing graves se termine sur une énorme révélation concernant un des trois protagonistes et un gros cliffhanger concernant un autre. Lire la suite

Queen of the conquered – Kacen Callender

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Un contexte très original, une grande richesse thématique, une fin très réussie… mais un roman poussif

queen_of_the_conqueredKacen Callender est un auteur de fiction et de Fantasy qui écrit aussi bien de la littérature jeunesse que Young Adult et, à compter du roman dont je vais vous parler aujourd’hui, Queen of the conquered, adulte. Vous le savez, je suis extrêmement méfiant envers ces auteurs avant tout YA qui décident de passer à la Fantasy ou la SF adulte, car au moins au début, les scénarios, les univers, les personnages ou le ton manquent, selon mes critères, de solidité. Rien de tel ici, ce qui n’est pas si étonnant puisque apparemment, même dans les registres jeunesse / YA, Callender proposait déjà, par exemple, des personnages franchement nuancés et des situations non dépourvues de dramaturgie.

L’auteur est originaire de l’île de Saint-Thomas, une des trois qui constituent les îles Vierges des États-Unis, dans les Antilles. La précision n’a rien d’anecdotique, car cette caractéristique a eu un impact capital sur l’écriture de son roman : dans notre Histoire réelle, cet archipel a été colonisé par les Danois et n’a été vendu aux USA qu’en 1917 ; dans le monde imaginaire créé par Callender, un archipel de claire inspiration caribéenne a été colonisé par les Fjern, transparente allégorie des danois. La seule différence est que, voulant dénoncer l’esclavage en plus du colonialisme, l’auteur a remplacé les populations caribéennes natives par des noirs.

Un mot sur la couverture, puisqu’on m’en a parlé même avant la publication de cette critique : elle est certes esthétique (dans le même registre, je signale aussi que la carte de l’archipel est très réussie), mais elle a surtout été conçue de façon très astucieuse ; en effet, on y voit quatre éléments qui ont une importance capitale dans l’intrigue, à savoir une femme noire, vêtue de blanc, avec des fleurs et un serpent. Si je vous précise que le blanc est réservé aux dirigeants Fjern, qui sont normalement tous caucasiens, vous commencez à vous douter que du coup, l’héroïne de couleur de Callender est bien peu banale. Et vous aurez raison !

Si, donc, sur le plan de l’originalité de l’univers et de la profondeur des thématiques, ce roman est admirable, sur un pur plan littéraire, en revanche, le résultat est nettement moins convaincant, hélas, au moins sur certains plans. Cela ne m’empêchera pas de lire la suite (ce n’est que la première partie d’un diptyque, Islands of blood and storm, dont la seconde sort début décembre 2020), mais cela devrait vous interpeller si vous hésitez à le lire : si c’est pour le fond et l’exotisme de l’univers par rapport aux standards de la Fantasy, vous pouvez y aller, sinon je vous recommande de lire attentivement ma critique ou celles des anglo-saxons avant de vous lancer. Lire la suite

Fantasy non-médiévale / d’inspiration extra-européenne / aux thématiques sociétales

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La Fantasy « du monde d’après » existe en fait depuis avant-hier !

ApophisCes derniers jours, nous sommes un certain nombre de blogueurs et plus généralement de lecteurs réguliers de Fantasy à nous être interrogés sur un billet signé André-François Ruaud, paru sur le blog des Moutons électriques, et que vous pouvez lire ici. De la façon dont ce texte a été rédigé, il est difficile de ne pas se faire la réflexion que son auteur semble non seulement oublier certaines des parutions de sa propre maison (ce que certains intervenants n’ont d’ailleurs pas manqué de faire remarquer aux Moutons sur Twitter, en commentaires de l’article et probablement sur d’autres plates-formes), méconnaître ce que d’autres éditeurs français ont publié ces dernières années en matière de Fantasy post-médiévale et progressiste, et plus généralement n’avoir qu’une idée très floue de ce qui se fait chez les Anglo-Saxons depuis une bonne quinzaine d’années. Monsieur Ruaud n’est cependant que la partie émergée d’une immense partie du lectorat français, persuadée que le genre est resté bloqué au stade médiéval-« fantastique » inspiré par l’Europe et aux préoccupations / aux sociétés féodales, alors que ce n’est plus le cas depuis au moins quinze ans (et souvent plus longtemps).

M’étant moi-même, dans mon essai ou les articles sur lesquels il est basé (dont les plus anciens datent de… 2016), longuement penché sur les pistes de renouvellement de la Fantasy, et proposant depuis des années sur ce blog des critiques de romans de Fantasy d’inspiration extra-européenne, à un stade de développement non-médiéval (le plus souvent post-médiéval) et développant des thématiques sociétales et progressistes avec force, émotion et intelligence, je crois ne pas être trop mal placé pour vous proposer un rapide état des lieux en ces matières.

Étant donné qu’il était, de longue date, dans mes intentions de vous proposer un Guide de lecture complet sur la Fantasy d’inspiration extra-européenne (avec ce niveau de détail) et un autre sur la Fantasy non-médiévale, le présent article se veut succinct et ne donner que quelques exemples ciblés pour démontrer son propos. Les articles détaillés viendront plus tard (en fin d’année pour la Fantasy extra-européenne, par exemple). Lire la suite

Race the sands – Sarah Beth Durst

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Cœur de lionne

race_the_sandsJe vous parle souvent, sur ce blog, de premiers romans d’écrivains anglo-saxons de Fantasy, qui appartiennent le plus souvent à des trilogies / cycles. Eh bien aujourd’hui, ce n’est pas du tout le cas, car Sarah Beth Durst, autrice de Race the sands, signe un livre qui est à la fois un stand-alone et son vingtième ouvrage, si j’ai bien compté (parmi eux, on trouve à part égale des bouquins pour adultes, adolescents et enfants). Vu cette toute dernière information, vous devez donc vous demander si Race the sands relève du YA ou pas : la réponse n’est pas évidente, car si il y a effectivement un parfum de ce registre littéraire qui flotte sur ce livre, notamment dans l’évolution de l’intrigue (extrêmement prévisible) et des personnages (la plupart, du moins), cela ne doit pas occulter un worldbuilding très soigné et inhabituel et peut-être surtout une inoubliable protagoniste principale, Tamra. Ce roman m’en rappelle un autre, à savoir Les dragons de sa majesté de Naomi Novik, dans le fait qu’on puisse éventuellement le classer en YA mais que ça n’enlève pas son intérêt (et sa lisibilité) pour un lecteur adulte / habitué à la Fantasy adulte.

Notez aussi qu’outre un worldbuilding aussi peu inspiré que possible par l’Europe médiévale, ce roman a un autre intérêt : il me paraît être un très bon exemple d’Hopepunk, ce courant ayant émergé en 2017 et qui se veut être un anti-Grimdark, à savoir une SFFF positive. Au final, si on passe outre une intrigue honteusement prévisible (ce qui ne généra de toute façon qu’un lecteur adulte et / ou expérimenté) et un ton parfois à l’extrême limite du mièvre, on se retrouve avec un bouquin tout à fait recommandable, même pour quelqu’un d’aussi exigeant que votre serviteur, et en tout cas plus qu’un livre qui opère dans un registre similaire, Empire of sand. Lire la suite