Malice – John Gwynne

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Retour vers le futur

Malice_gwynneJohn Gwynne est un auteur britannique vivant dans l’East Sussex. Malice est son premier roman, ainsi que le tome inaugural d’une tétralogie à succès (les romans 2 à 4 se baladent entre 4.37 et… 4.47 sur Goodreads, ce qui situe tout de suite le niveau), The faithful and the fallen, achevée en 2016. Le premier tome d’un nouveau cycle (Of blood and bone) situé dans le même univers vient tout juste de paraître. Je voyais souvent revenir le nom de Gwynne lors de mes recherches de livres de Fantasy de valeur à lire en VO, mais le fait que ce soit apparemment de la High Fantasy m’avait un peu refroidi. Heureusement, un article de l’Ours Inculte m’a convaincu que je ratais sans doute quelque chose : étant donné que c’est un des deux critiques dont je suis le plus proche au niveau des ressentis sur nos lectures communes (l’autre étant Boudicca), c’est en toute confiance que je me suis lancé dans la lecture de ce tome 1. Et le constat est là : ce n’est pas encore cette fois que lui et moi serons en désaccord !

Malice, donc, est certes, à la base, de la High Fantasy, combat du bien contre le mal, prophéties, élu et tout le tralala, mais (et c’est un très gros « mais ») revisitée en (petite) partie à la sauce G.R.R. Martin et surtout, dans un style d’écriture et une atmosphère qui ont un fort parfum de… David Gemmell ! Cela aurait pu donner un gloubi-boulga insipide, mais au contraire je viens de lire un des romans qui, globalement (je vais y revenir) est un des plus prenants lus depuis… oh, plus que ça. J’ai retrouvé là-dedans des sensations que la Fantasy avait été en grande majorité incapable de me faire éprouver depuis l’époque bénie des Elric, Princes d’Ambre et autres Seigneur des anneaux de mon adolescence. Gwynne a un éclatant talent de conteur, est un grand créateur de personnages, et malgré la taille du pavé, on en redemande et ça se lit tout seul une fois passé un premier quart un poil laborieux. Certes, ça reste une Fantasy très classique, loin des aspects novateurs de l’Arcanepunk ou de la Flintlock, mais c’est extrêmement efficace, et c’est tout ce qui compte !  Lire la suite

Soul of the world – David Mealing

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Une High Fantasy 2.0 à mousquets Révolutionnaire (dans tous les sens du terme) et d’une ambition que ne renierait pas Steven Erikson

soul_of_the_worldSi vous suivez ce blog, vous savez que je fais partie de ces lecteurs de longue date / ces gros lecteurs qui ont depuis un moment laissé tomber la High Fantasy, ses prophéties et ses héros / héroïnes destiné(e)s à sauver le monde. Question de répétitivité de ce sous-genre, de manichéisme et de pauvreté des intrigues, de simplicité relative de la psychologie des personnages, surtout par rapport à la Dark Fantasy. Ne croyant plus à un renouvellement du genre, je me suis tourné vers des formes émergentes, plus novatrices et dynamiques, comme la Flintlock ou la Colonial Fantasy. Eh bien il faut croire que de l’autre côté de l’océan Atlantique, le Grand Esprit a entendu ma prière muette, et qu’il a missionné le dénommé David Mealing. En effet, celui-ci nous propose ce que l’on pourrait appeler une High Fantasy 2.0, ou, pour être vraiment très précis, une High Flintlock / Colonial Fantasy (oui, j’invente des sous-genres maintenant, je n’ai plus de limites, mouahaha !). Car pourquoi proposer un sauveur du monde lorsqu’on vous pouvez en proposer trois (et autant de formes de magie différentes !), pourquoi se restreindre à du médiéval-fantastique lorsque vous pouvez mélanger des tomahawks, de la sorcellerie et des canons, et enfin pourquoi modeler votre contexte et intrigue sur la Révolution française lorsque vous pouvez mélanger cette dernière avec son équivalent américain, dans un cadre qui rappelle la colonisation anglaise et française du continent et la Guerre de Sept Ans ?

Si on ajoute à cela une ambition certaine (et des éléments qui ne dépareilleraient pas chez ces pointures que sont Steven Erikson et Michael Moorcock), on se retrouve avec un premier roman (car c’est bien de cela dont il s’agit) absolument impressionnant, à la fois par son ampleur, par l’audace de son auteur (qui ne donne pas dans la facilité pour une première oeuvre) et par la façon ahurissante dont il mélange les vieilles recettes avec les plus récentes pour donner un livre résolument unique. Alors certes, tout n’est pas parfait (on va en parler), mais ça reste tout de même un auteur à suivre de près. Et ce d’autant plus que le premier jet du tome 2 (il s’agit d’un cycle, dit de l’Ascension) est déjà terminé à 95 % ! Lire la suite

Le seigneur des Isles – David Drake

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Le seigneur des somnifères

seigneur_islesDavid Drake (né en 1945) est un ancien avocat également diplômé en histoire. Sans doute marqué par ses deux années de service au Vietnam (et au Cambodge) durant la guerre du même nom, il est devenu un auteur de premier plan en matière de SF militaire, avec sa série Hammer’s Slammers ou un cycle plus récent, Republic of Cinnabar Navy, inspiré par les romans consacrés à Jack Aubrey (donc par le même contexte Napoléonien, anglais et naval qui a donné naissance à  Honor Harrington). En plus de son propre travail, il lui est également souvent arrivé de fournir à d’autres auteurs la trame générale de leur histoire, ces derniers se chargeant de « combler les blancs ». Le moins que l’on puisse dire est que ces collaborations impliquent des noms connus des aficionados de SFFF, comme Karl Edward Wagner, S.M. Stirling ou Eric Flint.

Le  roman que je vous présente aujourd’hui est de la fantasy et pas de la SF militaire : paru en 1997, c’est le premier du cycle du même nom, qui compte 9 volumes en VO (l’auteur lui a donné une conclusion en 2008), 6 pour un premier sous-cycle et 3 pour un second (La couronne des Isles). Bragelonne a traduit les trois premiers avant (selon toute probabilité) d’abandonner la série (la dernière parution française remonte à… six ans). Et franchement, je ne peux pas jeter la pierre à l’éditeur, car ce premier tome est particulièrement médiocre, et ce sur tous les plans. Je me demande même comment il a pu aller jusqu’à trois volumes, pour être totalement franc. Lire la suite

Mage de guerre – Stephen Aryan

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Relativement convenu dans sa première moitié, ce roman devient phé-no-mé-nal dans la seconde : un nouveau classique est né

battlemage

Ce roman, le premier d’une trilogie, a été publié chez nos amis anglo-saxons le 24 septembre… 2015. Oui, oui, vous avez bien lu, il y a à peine six mois ! Bragelonne en propose donc une traduction très peu de temps après sa sortie (on est très loin de certains chefs-d’oeuvre de la Fantasy, qui n’ont été publiés en France que bien des années après leur sortie anglaise ou américaine), et la sortie française du tome 2, dont la parution est prévue le 12 avril en Angleterre, est également inscrite au programme de l’éditeur pour le 29 juin 2016 ! On peut donc saluer le travail de l’éditeur et du traducteur et leur célérité !

Inutile, donc, de dire à quel point les gens de chez Bragelonne ont l’air de croire dur comme fer en ce roman. L’auteur anglais confesse une grande admiration pour (entre autres) David Gemmell, et une considérable influence de ce dernier sur sa propre oeuvre. Alors, est-ce un bon livre, l’élève s’est-il hissé à la hauteur de son illustre maître ? Je ne vais pas faire durer le suspense : oui, ce roman est une baffe monstrueuse (probablement, j’ose le dire, un nouveau classique), oui, Stephen Aryan s’est élevé bien haut, parfois plus haut que ses aînés (Erikson en tête, du moins sur un plan bien précis), mais non, ce livre n’est pas parfait, il y a certaines choses maladroites dedans (en même temps, c’est le premier roman de l’auteur, donc une certaine indulgence est de mise). Lire la suite