Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 3 – Sous-genres majeurs de la Fantasy

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ApophisDans ce troisième article, nous allons parler des sous-genres « majeurs » de la Fantasy. D’abord, entendons-nous bien sur le terme : par majeur, il faut comprendre ayant une grande importance dans l’histoire de la Fantasy et / ou renfermant un très grand nombre de romans et / ou comprenant des œuvres majeures. Le cinquième article, lui, parlera des sous-genres mineurs (d’une sélection d’entre eux, du moins), qui sont ceux qui ne remplissent pas ou pas encore ces critères, ce qui n’enlève rien à leur intérêt potentiel. Par exemple, la Flintlock / Gunpowder Fantasy est actuellement un sous-genre (mineur) qui ne saurait être comparé à la High Fantasy (sous-genre majeur), par exemple, mais qui, pourtant, gomme de façon innovante et agréable les défauts du Médiéval-Fantastique, est en plein essor depuis quelques années et est probablement destinée à établir de nouveaux standards et, à terme, à être un genre très prolifique.

Dans cet article, je vais vous parler des sous-genres suivants :

  • Heroic Fantasy et Sword & Sorcery.
  • High Fantasy.
  • Dark fantasy.
  • Urban Fantasy.
  • Portal / Crossworlds Fantasy.
  • Fantasy politique.
  • Fantasy militaire.

Je vous conseille vivement de lire chaque entrée dans l’ordre, tant certains genres ont été créés en réaction à un autre et en constituent de quasi-antithèses. 

Un dernier mot : il est très important de comprendre que certains sous-genres ont de tels points communs avec d’autres que les distinctions entre eux sont parfois difficiles (voire peu pertinentes) à établir, et également que certains romans ou cycles emblématiques sont représentatifs (c’est-à-dire qu’ils ne se contentent pas d’en relever marginalement, mais qu’ils sont pris comme exemples pour illustrer ce que sont ces sous-genres) de plusieurs sous-genres à la fois. Enfin, soyez conscients que les définitions de certains sous-genres (particulièrement la High Fantasy) sont multiples et que j’ai du faire certains choix : je ne prétends pas que la conception que je vous présente est universelle et la seule valable.

Heroic Fantasy et Sword & Sorcery *

The power of thy sword, Manowar, 1992.

A une lointaine époque, l’équation était, à peu de choses près, la suivante : Heroic Fantasy = Fantasy tout court. Point. Mais ces temps de grande aventure sont désormais lointains, ce sous-genre (tel qu’il a été redéfini, un parmi tant d’autres, alors que pendant longtemps, il a tout simplement été le genre lui-même) a désormais été relégué au rang de fossile vivant, de Cœlacanthe, par de nouvelles variantes plus abouties et dynamiques. La psychologie typiquement simple et stéréotypée du héros a notamment été un handicap pour satisfaire des lecteurs en demandant désormais plus sur ce plan. Pourtant, même s’il a été ringardisé (sa variante Sword & Sorcery est devenue, pour certains, un synonyme de roman de maigre qualité destiné à des lecteurs peu exigeants), si son aura a diminué, il continue, encore aujourd’hui, a produire des œuvres majeures, dans le sillage d’un renouveau impulsé par David Gemmell et quelques autres.

heroic_fantasyComme son nom l’indique, cette Fantasy est centrée sur un héros, donc quelqu’un que ses capacités (en général martiales, physiques, mais parfois, au contraire, magiques : Elric est, sur le plan du physique, une magnifique antithèse à Fafhrd ou Conan) et / ou sa destinée placent nettement au-dessus du commun des mortels. De plus, ce personnage, le plus souvent solitaire, n’est motivé que par ses propres désirs et intérêts, combat à la recherche d’or, d’aventure ou pour assouvir un quelconque désir personnel (vengeance, devenir Roi de ses propres mains, etc). Voilà donc un point capital qui permet d’établir une différence avec la High Fantasy, qui met plutôt en jeu un groupe, une compagnie, une fraternité, ainsi que des gens qui se battent de façon altruiste pour sauver le royaume / le monde. Dans l’Heroic Fantasy, l’enjeu d’une intrigue est personnel, terre-à-terre; en High Fantasy, il dépasse les simples désirs d’une personne, il dépasse même la petite personne du héros pour être global, à l’échelle du pays, du monde, voire du cosmos ou du multivers.

Loin d’être une figure presque christique par sa pureté, son altruisme et son abnégation à faire triompher le bien et la justice comme le personnage principal en High Fantasy, le protagoniste d’Heroic Fantasy ne se fie à rien, ni aux hommes, ni aux femmes, ni aux bêtes. Seule la force de son bras et la solidité de l’acier (ou du bronze, pour certains) de son épée sont ses repères. Inutile, donc, de dire qu’on est très, très loin de la Fantasy féérico-merveilleuse arthurienne chérie par tant d’auteurs français : la violence est un élément omniprésent, incontournable de ces récits, qui sont un culte à la force, l’agressivité, la virilité, la science des armes, une ode au carnage, un autel à la gloire de la destruction (d’où, d’ailleurs, le fait qu’ils soient présentés, souvent complètement à tort, comme des livres bourrins, pour lecteurs au front bas, et « sans intérêt »). Le héros manie sans effort d’énormes épées bâtardes ou haches (les armes à distance sont souvent quasiment bannies de ces récits, le combat ne peut se concevoir que les yeux dans les yeux), tuant d’un seul revers de sa lame plusieurs hommes. Certains, comme Hadon d’Opar, sont l’équivalent d’un vice-champion olympique de Pentathlon. En gros, ils frappent comme Mike Tyson, courent comme Usain Bolt, sautent comme Carl Lewis ou Renaud Lavillenie et nagent comme Michael Phelps. Et je ne parle même pas de l’attrait irrésistible (et des « performances »…) qu’ils exercent sur des femmes hautement lascives, d’avance conquises et toujours soumises (ou, au contraire, des « tigresses » à « dompter »).

Le personnage principal, donc, est la clef en Heroic Fantasy : il est souvent immensément plus important dans l’intrigue et plus développé que les personnages secondaires, voire même que le monde dans lequel se déroule ses aventures. Il n’est jamais embringué dans une grande compagnie type Fraternité de l’Anneau, mais voyage et combat plutôt seul ou à la rigueur avec un fidèle compagnon de longue date, une véritable âme-sœur parfois (Le Souricier Gris pour Fafhrd ou Spellbinder pour Raven, par exemple). Les personnages féminins sont typiquement des ectoplasmes ou des stéréotypes (la princesse en détresse, la jeune femme au corps de déesse vêtue d’un bikini en cotte de mailles), sauf dans de rares cas où certains écrivains en font, au contraire… le héros du récit ! (Jirel de Joiry, Raven). Le peu de psychologie que possède le protagoniste d’Heroic Fantasy est souvent (mais pas toujours) complètement stéréotypé.

Le monde, donc, n’est le plus souvent pas aussi développé que dans les grands cycles de High Fantasy : pas d’historique s’étendant sur des milliers d’années, pas de poèmes, de chansons, pas de langues créées pour l’occasion, très souvent (mais pas toujours) même pas de races non-humaines, etc. Dans un grand nombre de cas (Conan, Kane, Hadon d’Opar), les univers d’Heroic Fantasy correspondent à une époque lointaine (10 à 15000 ans avant notre ère, en gros) et hautement méconnue (comprenez : fictive) de l’histoire de la Terre (au passage, remarquez que c’est aussi le cas pour le cycle le plus emblématique de la High Fantasy, Le seigneur des anneaux), même si les univers complètement imaginaires existent aussi (Elric, le cycle des épées). Quoi qu’il en soit, il s’agit de mondes sauvages, virils, où le vent à l’odeur du sang, parcourus par des bêtes sauvages, des dinosaures ou des monstres mutants, où despotes, usurpateurs, vils sorciers, seigneurs de la guerre et brigands règnent en maîtres.

sword_and_sorceryLa différence entre Heroic Fantasy (HF) et Sword & Sorcery (S&S) n’est pas toujours aisée à établir, et certains ne tentent même pas de le faire, considérant qu’il ne s’agit que de différentes facettes de la même gemme ou de termes équivalents désignant le même type de romans. Certains cycles majeurs sont d’ailleurs présentés comme emblématiques à la fois de l’HF et de la S&S, comme celui de Conan par exemple.

Malgré tout, on peut remarquer que l’Heroic Fantasy met l’accent sur les prouesses purement martiales, tandis que la Sword & Sorcery implique plutôt un bretteur-magicien ou bien un pur épéiste combattant spécifiquement des menaces de nature surnaturelle (sorciers, démons, etc). Dans ce dernier sous-genre, les antihéros sont la règle (Kane, Fafhrd, Le Souricier Gris), l’ambiguïté morale est bien plus prononcée (le combat du bien contre le mal existe, mais il y a moins d’absolus qu’en Heroic ou en High Fantasy). Enfin, la S&S mêle parfois des éléments de Science-Fantasy (le cycle de Kane, une fois encore) ou de Fantastique (idem, avec l’inclusion de puissants éléments Lovecraftiens) qui n’existent normalement pas en HF, et est nettement plus sombre que cette dernière. En exagérant à peine, on pourrait presque dire que la S&S est de la « Dark Heroic Fantasy » ou de « l’Antiheroic Fantasy ».

Dans tous les cas, la magie est rare, mystérieuse, réservée à une élite, et en général (mais pas toujours) maléfique (particulièrement en S&S).

En résumé, l’Heroic Fantasy, c’est :

  • Un protagoniste solitaire (ou à la rigueur doté d’un fidèle compagnon).
  • Qui combat pour satisfaire ses propres désirs et pas sauver le monde.
  • En général caractérisé par des valeurs ou comportements « négatifs », comme l’égoïsme ou la violence, sans pour autant être clairement dévoué au Mal.
  • Au-dessus du commun des mortels, en terme de naissance, de destinée ou (surtout) de capacités, essentiellement martiales et physiques.

Auteurs, cycles et livres emblématiques du genre (listes évidemment non-exhaustives) :

  • Sword & Sorcery : Clark Ashton Smith, Fritz Leiber (Lankhmar), Michael Moorcock (Elric), L. Sprague de Camp, Robert E. Howard, Karl Edward Wagner (Kane).
  • Heroic Fantasy : Robert E. Howard, David Gemmell, Lin Carter, Philip José Farmer (Opar), C.L Moore, Robert Holdstock (Raven).

High Fantasy *

Emerald sword, Rhapsody (of Fire), 1998.

La High Fantasy, ou Fantasy épique (bien que certains établissent des différences entre les deux termes, voire considèrent, en utilisant une définition différente, que l’Heroic Fantasy est aussi de la Fantasy épique), est l’exact opposé de l’Heroic Fantasy : là où cette dernière mettait en jeu un héros solitaire ou une petite bande, qui ne poursuivait que ses propres buts égoïstes ne mettant pas en jeu le sort du monde, et où le héros n’était moralement pas tout net et en tout cas pas un modèle à suivre, la High Fantasy explose tous les compteurs, avec une intrigue aux dimensions presque mythiques, mettant en jeu le sort du monde, de l’univers, voire du multivers, avec de grandes compagnies de héros sans peur et surtout sans reproche, avec une emphase mise sur l’altruisme, avec une séparation extrêmement nette entre les gentils et les méchants (presque jusqu’au ridicule, notamment dans les couleurs portées par les antagonistes et protagonistes).

De plus, là où l’Heroic Fantasy se caractérisait par une écriture directe, simple, à but essentiellement récréatif, avec des personnages aux motivations et à la psychologie basiques, la High Fantasy met en jeu des personnages mieux décrits / moins caricaturaux, moins prompts à la violence aveugle et systématique, ainsi qu’une écriture en général plus subtile (chansons, poèmes, niveau de langage plus élevé). Une des différences entre les deux sous-genres est dans la manière de traiter l’adversaire : souvenez-vous de la réprimande de Gandalf à Frodon, lorsqu’il lui fait part de son sentiment selon lequel Bilbon aurait dû tuer Gollum lorsqu’il en avait l’occasion. Un Conan, lui, aurait découpé la créature en apéricubes et l’aurait sans arrière-pensée fait déguster aux bêtes sauvages, sans jamais remettre en question la pertinence de son acte. Là où le protagoniste d’Heroic Fantasy ou, pire encore, de Sword & Sorcery, tue par habitude, froidement, sans remord, voire même par soif de sang et parce qu’il y prend plaisir, celui de High Fantasy ne prend une vie que si il y est contraint, jamais gratuitement. Et dans tous les cas, il n’y prend pas plaisir, voire en conçoit du remord.

La High Fantasy est enfin fortement marquée par la notion d’élu, de prophétie, de destin : si Machinbidule détruit le Seigneur Noir des Ténèbres de la Mort qui Tue, c’est parce qu’il était destiné à le faire. L’intrigue est une quête, avec un fort aspect roman d’apprentissage dans un nombre important de cas, dont le moteur est une prophétie ou la sagesse d’un vieux mentor (autre élément presque incontournable de ce sous-genre).

Bref, ce qu’il faut retenir, c’est que la High Fantasy est l’exact inverse de l’Heroic Fantasy, et est caractérisée par :

  • Un protagoniste qui n’est pas unique, mais plutôt formé par une fraternité, une compagnie, une communauté, bref un groupe.
  • Les notions d’élu, de prophétie, de héros destiné à assurer la victoire du Bien contre le Mal et à sauver le monde.
  • Son échelle épique : c’est le sort du monde qui est en jeu, pas juste l’assouvissement du désir d’un simple individu.
  • Le niveau en général très élevé d’éléments fantastiques / imaginaires mis en jeu, y compris celui de magie.
  • La très nette distinction entre les protagonistes, servant le bien et moralement irréprochables, et les antagonistes, complètement et irrémédiablement mauvais. La nuance morale n’existe pas en High Fantasy, c’est ce qui la distingue de la Dark Fantasy ou de la Sword & Sorcery.
  • L’emphase mise sur des valeurs positives, comme le pardon, la tempérance, l’altruisme, l’entraide, le désir de justice par opposition à la recherche de la vengeance, etc.

J’ai décidé (c’est une conception relativement personnelle, qui ne fera pas l’unanimité) de qualifier de Fantasy épique tout roman qui satisfait les conditions d' »échelle » (du niveau de magie, des enjeux, des combats épiques, etc) de la High Fantasy sans en satisfaire les critères moraux. En clair, dans cette conception, Le cycle Malazéen des Glorieux défunts est (entre autres) de la Fantasy épique, mais bien évidemment pas de la High Fantasy, vu sa parenté évidente avec La compagnie noire de Glen Cook.

Selon certaines autres conceptions, la définition de la High Fantasy (par opposition à la Low ou à l’Urban) n’est pas la même : je vous invite à vous reporter au deuxième article de la série pour plus de précisions.

L’auteur le plus emblématique du genre est évidemment J.R.R Tolkien, avec Le Seigneur des anneaux.

Dark Fantasy *

Stormbringer, Deep Purple, 1974 (ici, reprise de Jorn).

Si, quelque part, la High Fantasy a été conçue comme une antithèse à la simplicité de l’écriture, des mondes, des motivations et des intrigues de l’Heroic Fantasy, une partie de la Dark Fantasy, elle, a été créée en réaction au net manichéisme qui signe la High Fantasy. En clair, il était désormais hors de question d’opposer des « gentils », défenseurs moralement parfaits du Bien, à d’incurables « méchants », sectateurs définitivement pourris au service du Mal. Cela s’est fait par deux voies : soit faire des « méchants » (ou des monstres, d’ailleurs, pour les ouvrages de Dark Fantasy qui mettent le plus en avant l’aspect Horreur qui est une des signatures du genre) les… protagonistes , soit faire de tout le monde des êtres à la psychologie nettement plus complexe, nuancée, où le blanc et le noir laissent la place à un continuum de nuances de gris.

Selon un autre point de vue, il n’existe pas une cassure nette entre Fantasy héroïque / épique d’un côté et Dark Fantasy de l’autre, mais plutôt un long continuum, où certaines œuvres relèvent de deux de ces genres à la fois : c’est par exemple le cas des cycles d’Elric ou de Kane, qu’on peut sans peine classer à la fois en Sword & Sorcery et en Dark Fantasy. D’ailleurs, les (anti)héros de la S&S montrent que bien avant Glen Cook et compagnie, certains auteurs avaient commencé à créer des personnages nettement plus complexes et ambigus sur le plan moral et psychologique.

dark_fantasy

Le ton, l’ambiance, sont aussi des éléments très importants : lugubres, pessimistes, oppressants, réalistes, violents, montrant des personnages au bout du rouleau, ils se démarquent, là aussi, du héros tout puissant pleinement confiant dans ses (considérables) capacités de l’Heroic Fantasy ou du paladin tellement convaincu de la justesse de sa cause que le renoncement n’est en aucun cas une option de la High Fantasy. Enfin, les éléments horrifiques et la description explicite de certains actes de violence sont aussi des signatures du genre.

Les happy ends sont très rares, et les personnages, mêmes les principaux (ou leurs proches…), peuvent disparaître ou subir un sort terrible : viol, mutilation, torture, etc. L’antihéros est la règle absolue dans ce type de Fantasy : aucun protagoniste ou antagoniste ne saurait pouvoir être caractérisé comme totalement (ou définitivement) bon ou mauvais : ils sont un peu l’un, un peu l’autre, ou bien glissent progressivement d’une nuance à une autre.

En résumé, la Dark Fantasy est caractérisée par :

  • Une action qui soit est vue du côté des « méchants », soit met en jeu des protagonistes et antagonistes à la psychologie complexe, ni ou à la fois bons et mauvais, faits d’un continuum infini de nuances de gris, sans blanc ou noir purs.
  • Une action caractérisée par sa violence, son côté explicite, ses éléments horrifiques.
  • Son ton / ambiance noir, lugubre, pessimiste, etc.
  • L’absence de garantie concernant la survie ou le bien-être des personnages.

Auteurs, cycles et livres emblématiques du genre (liste évidemment non-exhaustive) : cycle d’Elric, cycle de La compagnie noire, cycle du Trône de fer, cycle de Kane, romans de Joe Abercrombie, cycle du Livre Malazéen des Glorieux Défunts.

Urban Fantasy

La Fantasy urbaine est un sous-genre aux limites, voire à la définition, extrêmement floues. Je vous invite à vous reporter, une fois de plus, au deuxième article de la série pour avoir plus de détails à son sujet. J’ajouterais juste qu’on place sa date de naissance officielle aux alentours de 1984, qu’il a connu un développement assez explosif durant 15-20 ans dans la littérature anglo-saxonne, avant de subir une importante baisse de popularité. En France, c’est justement au moment où les lecteurs, auteurs et éditeurs outre-Manche et outre-Atlantique passaient à autre chose que le genre a explosé chez nous, surtout avec sa très populaire variante Bit-Lit.

Ce qu’il faut retenir, c’est que si parfois, un roman ou un cycle peuvent relever de plusieurs sous-genres à la fois, ils ne peuvent, au moins dans une des définitions de la Fantasy urbaine, jamais relever à la fois de la High Fantasy (ou de toute Fantasy se passant dans un monde imaginaire) et de l’Urban Fantasy (qui se déroule dans notre monde). Si, par contre, on s’en tient à la définition initiale, à savoir Fantasy à cadre urbain (donc ni forcément contemporaine, ni forcément dans le monde réel), il peut théoriquement se concevoir que certains genres se mélangent. En pratique, on considère aujourd’hui qu’Urban Fantasy désigne celle qui se passe entre la fin du XIXème et le début du XXIème siècle, sur notre Terre, même s’il y a des exceptions (le cycle de la Cour d’Onyx de Marie Brennan, par exemple, se passe en 1590 !).

En résumé, l’Urban Fantasy est caractérisée (dans sa définition actuelle) par : 

  • Le fait qu’elle se déroule sur notre Terre, à l’époque contemporaine le plus souvent, et dans tous les cas dans un cadre obligatoirement urbain.
  • Le fait que les éléments féeriques ou merveilleux soient cachés (faute de quoi c’est de l’Uchronie de Fantasy ou de la Fantasy historique).
  • Le fait que la découverte de ces éléments n’entraîne pas de rejet, de terreur ou d’incompréhension  ET qu’il n’y ait aucun doute sur leur réalité (qu’il n’y ait aucun doute sur la santé mentale du narrateur ou protagoniste), faute de quoi c’est du Fantastique.
  • Le fait que parfois, le protagoniste soit d’ascendance à moitié surnaturelle, et / ou qu’il traque ou protège des créatures surnaturelles, que ce soit en tant que « justicier » ou que membre d’une agence fédérale / unité de police officielle.
  • Le fait que la romance y ait souvent une place importante MAIS qu’elle puisse être évacuée sans faire s’effondrer l’intrigue (faute de quoi c’est en fait de la Paranormal Romance).
  • Une critique sous-jacente de la société contemporaine, urbaine, avec en contrepartie une déclaration d’amour au merveilleux et à la nature.

Vous remarquerez qu’un grand nombre de points dans la liste précédente ne servent pas tant à décrire ce qu’elle est que ce qu’elle ne doit pas être afin de ne pas être confondue avec d’autres genres ou sous-genres, un signe certain du flou qui entoure la définition de l’Urban Fantasy et, à mon avis, du peu de pertinence d’en faire un sous-genre à part entière (notamment parce qu’elle partage certains codes ou ressemblances avec la Low Fantasy, le Fantastique ou la Portal Fantasy).

Auteurs, cycles et livres emblématiques du genre (liste évidemment non-exhaustive) : Charles de Lint, Marie Brennan, Patricia Briggs, Jim Butcher, Neil Gaiman, Laurell K. Hamilton, Kim Harrison, Robin Hobb, China Miéville.

Portal Fantasy (et Crossworlds Fantasy)

J’en parlais récemment dans les commentaires de l’article hors-série : si le terme Portal Fantasy est méconnu, en revanche les œuvres relevant du genre sont très loin de l’être. Pour vous en convaincre, une petite liste : Alice au Pays des merveilles, Narnia, Le magicien d’Oz, L’appel de Mordant de Stephen Donaldson et Coraline de Neil Gaiman relèvent tous de ce sous-genre ! Si on prend en compte un sous-genre connexe, la Crossworlds Fantasy (voir plus loin), on peut ajouter à ces prestigieux exemples Les chroniques de Thomas Covenant, La tapisserie de Fionavar, Trois coeurs, trois lions ou encore La septième épée, entre autres.

La Portal Fantasy est caractérisée par la co-existence de deux mondes (parfois, l’existence d’autres univers, voire d’un immense multivers, est évoquée, mais l’histoire n’implique que deux d’entre eux), le nôtre et un autre de nature fantastique (dans certains cas, elle implique même le passage d’un monde fantastique à un autre monde fantastique). Le protagoniste passe de l’un à l’autre par un « portail » (au sens très large) de nature magique (terrier de lapin, armoire, tornade, miroir, etc). Elle ne doit pas être confondue avec d’autres sous-genres des littératures de l’imaginaire mettant également en jeu d’autres « univers » (là aussi au sens large), que ce soit la Crossworlds Fantasy (qui implique une notion d' »élu » invoqué pour sauver le monde dans lequel il débarque, une forte dimension morale -bien contre mal, justice contre injustice, anarchie et loi du plus fort- et qui peut aussi conduire le protagoniste à d’autres époques), l’Alternate World fiction ou la SF qui met en jeu des portes spatiales menant à d’autres endroits (de Frederik Pohl à Stargate, vous avez l’embarras du choix…). La situation est d’autant plus compliquée que certains romans phares sont classés dans deux de ces sous-genres (voire plus…), comme Narnia par exemple (qui relèverait pour certains de la Portal Fantasy, et pour d’autres de la Crossworlds, et en tout cas de la High Fantasy).

En résumé, la Portal Fantasy est caractérisée par : 

  • La co-existence de deux mondes, l’un étant en général le nôtre (mais pouvant être un monde Fantastique) et l’autre étant un univers surnaturel.
  • On passe de l’un à l’autre par un « Portail ».
  • Ce portail n’est PAS de nature technologique (sinon, c’est de la SF ou de la Science-Fantasy).
  • Il n’y a que deux univers en tout, s’il y en a plus ça relève d’autres sous-genres.
  • N’importe qui peut franchir ce portail, il n’y a pas de notion d' »élu » (sinon c’est de la Crossworlds Fantasy).
  • Les histoires n’impliquent pas forcément un grand combat moral entre bien / mal, lumière / ténèbres, loi / chaos, etc (idem).
  • L’écrasante majorité de l’histoire se déroule dans le monde fantastique, faute de quoi il y a de fortes chances que ça relève plutôt de l’Urban Fantasy.

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Fantasy politique

Les deux dernières catégories de cet article ne sont pas reconnues comme des sous-genres à part entière par tout le monde (c’est plutôt une conception anglo-saxonne que française), plutôt comme une thématique qui vient s’ajouter à un sous-genre bien établi, comme la Fantasy épique ou la Dark Fantasy. Ces catégories sont la Fantasy politique et la Fantasy militaire.

Il y a finalement peu de choses à expliquer à propos de la Fantasy politique, le nom se suffit à lui-même : elle décrit les grandes manœuvres… politiques soit à l’intérieur d’un seul et même royaume, soit entre royaumes rivaux. Parfois, elle peut aussi concerner une rébellion qui lutte contre un seigneur local ou un souverain tyrannique, ou qui essaye de regagner la liberté confisquée par un envahisseur (Vif-argent).

Ce sous-genre a lui-même des variantes ou sous-catégories, comme la Court Intrigue Fantasy (qui se consacre exclusivement aux intrigues de Cour -cf le cycle des Princes d’Ambre de Roger Zelazny-) par exemple. Il a donné naissance à quelques unes des sagas les plus populaires, emblématiques ou réussies de la Fantasy, comme Le Trône de fer, le cycle de l’Empire de Janny Wurts / Raymond E. Feist ou de nombreuses œuvres de Guy Gavriel Kay, comme Les lions d’Al-RassanLes chevaux célestes ou sa suite, Le fleuve céleste.

Fantasy militaire

Cette fois, le terme est trompeur : toute Fantasy comprenant des guerriers, des soldats ou des batailles ne relève pas de ce sous-genre ! Ce qui le caractérise, c’est le fait que la narration et l’intrigue se focalisent sur la vie des soldats (et des troufions de base ou des sous-officiers, pas des gradés, champions et autres commandants de l’unité), sur la guerre ou sur une unité spécifique.

military_fantasyLà encore, ce sous-genre a donné naissance à certaines des œuvres les populaires de la Fantasy, jugez plutôt : La compagnie noire, La première loi de Joe Abercrombie, Le livre Malazéen des Glorieux défunts ne sont que les trois exemples les plus emblématiques d’une galaxie de romans et de cycles pouvant être classifiés en Fantasy militaire. C’est aussi un sous-genre qui a évolué ces dernières années, et qui peut être considéré comme étant à la pointe d’un certain renouveau de la Fantasy dans son ensemble. En effet, via son sous-genre fils, la Flintlock Fantasy (dont je vous parlerai en amples détails dans l’article suivant de la série), il tente de s’affranchir des influences historiques, géographiques, mythologiques, culturelles et technologiques qui ont cloisonné la fantasy pendant un nombre effarant de décennies dans un éternel contexte médiéval-fantastique d’inspiration européenne et celto-romano-nordique.

Ainsi, loin d’être la littérature de gros bourrins et « sans intérêt » que dépeignent certains, la Fantasy militaire est probablement celle qui, au contraire, propose les romans cassant le plus les codes, allant au-delà des frontières finalement étriquées des autres sous-genres pour proposer quelque chose de neuf et de dépaysant. De Glen Cook il y a trente ans à la Flintlock Fantasy aujourd’hui, elle a été, et de longue date, aux avant-postes des progrès du genre tout entier.

27 réflexions sur “Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 3 – Sous-genres majeurs de la Fantasy

  1. Hum il y a juste quelques points ou je ne suis pas très d’accord avec toi.
    Surtout concernant l’UF parce que les autres genres sont assez classique.
    – Le coté romance de l’urban fantasy : en globalité il y a quasiment autant de séries de UF sans romance (ou alors peu, pas plus que dans la majorité du reste de la fantasy tout sous genres confondus) qu’il y en a avec. Donc je ne pense pas qu’ajouter de la romance comme critère soit vraiment nécessaire en fait. Car au final il peut y en avoir, comme il peut ne pas y en avoir, donc c’est pas déterminant du genre pour moi.
    Après c’est vrai que chez nous en France se sont les romans avec qui sont principalement publiés, mais un livre n’est pas exclu de l’UF parce qu’il n’a pas de romance.

    – De même pour le coté caché, je pourrais te citer pas mal de séries d’UF pour ce n’est pas le cas et ou les surnaturels le sont au yeux du monde, sans que ça n’exclut non plus un livre de ce genre. Si bien sur ça change pas le système politique ou le monde dans sa globalité.
    En fait je n’ai jamais vu personne parler d’uchronie fantasy dans ce cas, même si ça devrait surement être le cas pour certaines qui poussent le coté différence un peu trop loin pour moi (les Kate Daniels, les Meg Corbyn …), pour le reste de la terre ça reste de l’urban fantasy , ce qui implique une définition plus simple du genre :
    De la fantasy dans notre monde (sans que ça devienne du fantastique, la je suis d’accord avec ton point) ? Si c’est avant le 20ième siècle ça devient de la fantasy historique, si c’est après c’est dans l’UF. (en gros on ne se complique pas la tête)

    Mais après comme tu l’as dit c’est vraiment personnel à se niveau la, chacun est libre d’avoir sa propre définition.

    Juste un dernier point, contrairement à toi personnellement je pense que niveau sous genre aucun ne s’exclut mutuellement, on pourra toujours trouver un livre quelque part qui est à moitié ou en partie d’un sous genre et d’un autre, quels qu’ils soient.

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    • – Le résumé de l’UF précise justement qu’on peut évacuer les éléments de romance sans pour autant ne plus avoir affaire à de l’Urban Fantasy, ce qui est par contre impossible en Paranormal Romance. Tu remarqueras que certains éléments des résumés des sous-genres abordés dans l’article (et c’est particulièrement vrai pour l’UF, aux frontières très floues) servent surtout à définir les différences avec les autres genres, donc à la fois ce qui caractérise le sous-genre ET ce qui ne le caractérise pas ou pas forcément. C’est une sorte de diagnostic différentiel, si tu veux.

      – Mais le côté caché désigne précisément cela : caché aux yeux du grand public, ou caché transitoirement (au début) dans l’intrigue aux yeux du protagoniste, puis intégré et admis par le héros / l’héroïne.

      -Non, il ne faut pas tout mélanger, ni simplifier à l’extrême, et rester précis : la Fantasy historique, c’est soit un monde imaginaire mais très inspiré par une période historique (Guy Gavriel Kay), soit une intrigue qui nous montre la face secrète (oubliée, censurée), magique, d’événements historiques MAIS sans altération du déroulement de ces derniers ou du cours de l’histoire. La période historique concernée importe peu, et peut inclure la période allant du 19ème au 21ème (même si en pratique, c’est peu souvent le cas pour la période allant de 1900 à nos jours). L’uchronie de Fantasy est en revanche à la fois une uchronie (ça se passe sur notre Terre, pas dans un monde imaginaire, ET le cours de l’histoire a été modifié) et de la Fantasy (= il y a AU MOINS un élément associé à la Fantasy : dragons, magie, etc). Ex : Téméraire. Quant à l’Urban, si l’écrasante majorité des romans publiés en français se concentrent sur notre monde et sur deux siècles, ce n’est pas le cas de tous les romans (cf le cycle de Marie Brennan que je cite dans l’article), et certainement pas le cas si on prend en compte la définition initiale / étendue de l’UF (Fantasy à cadre urbain, point, ce qui peut aussi signifier un monde complètement imaginaire).

      Si on suit ton raisonnement, on se retrouve avec des absurdités du genre Rosée de feu de Mauméjean (qui se passe pendant la Guerre du Pacifique) classifié en Urban Fantasy, ce qui n’a strictement aucun sens.

      Pour le reste, je ne suis pas l’inventeur de l’Uchronie de Fantasy, cf le Guide de l’Uchronie de karine Gobled / Bertrand Campeis ou les ouvrages d’Eric Henriet.

      Attention, je ne dis pas qu’un roman doit relever d’un seul genre, il suffit de jeter un coup d’oeil aux catégories à la fin de chaque critique pour s’en convaincre. En revanche, là aussi, il est incontestable (et c’est très clairement expliqué dans l’article) qu’on ne peut pas mélanger High Fantasy (dans sa définition : « seulement dans un monde imaginaire ») et Urban Fantasy (dans sa définition : « seulement dans le monde réel ») ou Dark et High Fantasy, vu que ces sous-genres sont, par définition, complètement antithétiques.

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      • En respectant tes critères, sans chercher, me vient directement en tête le cycle du Porteur de Lumière de Brent Weeks correspond à la fois a la majorité des critères de la High Fantasy, sans le coté moral qui est son seul point pour lequel il correspond à la Dark Fantasy, il est pour moi au moins en partie dans les 2 sous genres sans qu’on puisse vraiment le classer strictement dans l’un et dans l’autre, donc il est dans les deux.

        Après oui c’est sur que du point de vue strictement du lieu ou se passe l’action un livre ne peux pas être à la fois en High et en Urban, ça c’est d’accord.

        Pour le reste je parlais du cas précis de l’urban fantasy, oui je sais que l’uchronie fantasy existe. Mais la différence c’est que pour moi l’uchronie se réfère à l’histoire modifiée.

        Ce qui n’est pas le cas en général en UF ou le coté connu ou pas de la magie pour le grand public se passe dans le présent (par exemple -totalement au hasard- dans les vampires de Chicago ou le scénario fait justement apparaitre la magie au grand public dans les premiers tomes et se concentre en partie sur les événements que cette découverte implique), et donc n’implique pas de modification du passé qui est pour moi nécessaire à la classification en Uchronie.

        Sinon en général je dirais que tes références sont un peu trop littéraire pour moi, quand je parle des lecteurs/personne je parle du lecteur lambda (qui fini toujours par avoir raison sur le long terme) et pas de l’expert qui connait tous les détails (et dont l’avis bien sur sans doute plus précis et juste fini par être oublié si le public ne suis pas).

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        • Concernant le porteur de Lumière : Dark Fantasy ? Franchement, je ne suis pas convaincu : l’atmosphère ne correspond pas, il n’y a pas d’éléments horrifiques, et à part le protagoniste, les autres personnages ne sont pas spécialement ambigus sur le plan moral. High Fantasy ? Non plus (à part dans la définition « se passe dans un monde imaginaire »). Fantasy épique ? Là d’accord. Fantasy historique ? absolument (les parallèles avec des civilisations réelles sont innombrables). Fantasy politique ? Voui. Mais surtout, c’est un des meilleurs exemples que je connaisse de Gunpowder Fantasy (explication à venir dans le prochain article de la série), et surtout de Gunpowder qui ne relève pas de la Flintlock Fantasy (pour ceux qui établissent une distinction entre les deux, ce que tout le monde ne fait pas).

          Sinon, la classification en sous-genres et sous-sous-genres, ce n’est pas pour jouer à l’expert qui se la pète, c’est surtout que c’est extrêmement utile, lorsqu’on a aimé un roman ou un cycle, pour trouver (ou conseiller) quelque chose qui sera quasi-exactement du même tonneau. Sans compter que c’est précisément le but de cette série d’articles et même du blog tout entier : faire dépasser au lecteur de SFFF lambda un niveau de compréhension basique ou simpliste et lui donner un aperçu des nuances, des distinctions fines. Parce que sinon, je ne vois pas pourquoi je me fais suer : je laisse tomber ces articles qui me prennent beaucoup de temps, et je réduis la classification sur le blog à SF, Fantasy, Fantastique, point.

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      • Edit> Ha oui j’ai oublié de répondre à ça : La romance en UF
        Ce que je n’aime pas c’est la façon dont est écrite ta phrase : « Le fait que la romance y ait une place importante ». Non ça c’est faux. La romance PEUT être importante serait plus juste, mais le fait que la romance soit importante n’est pas un critère valide pour définir l’UF, contrairement à ce que ta phrase laisse supposer.

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        • Premièrement, la Bit-Lit est considérée comme un sous-genre de l’Urban Fantasy, donc il n’est absolument pas abusif de dire que dans l’ensemble de l’UF, Bit-Lit comprise, la romance a une place importante.

          Deuxièmement, et encore une fois, le résumé de chaque sous-genre, mais particulièrement celui de l’UF, dont les limites sont très mal définies (et qui, pour moi, ne devrait même pas exister, vu que les livres qui y sont classés pourraient probablement tous être reclassés dans des sous-genres aux limites plus claires), est conçu autant pour dire ce qu’il est que pour dire ce qu’il n’est pas. C’est une boite à outils, permettant de dire : il y a ça, c’est forcément tel sous-genre; il n’y a pas ça, ça ne peut pas être tel sous-genre; il y a ça mais si on l’enlevait, ça ne changerait rien, donc c’est le sous-genre A et pas le B, qui, lui, ne peut pas exister si on enlève ce machin là. La phrase en question est conçue pour fournir un outil permettant de différencier facilement Urban Fantasy et Paranormal Romance.

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  2. Me suis bien marrée, Monsieur l’expert!

    Plus sérieusement, superbe article et je trouve que ta combinaison de thème musical était en symbiose parfaite avec ton propos. Je t’ai trouvé particulièrement poétique, presque lyrique avec des bons mots et de l’humour qui fait mouche ( dont les apéricubes!).

    Fondamentalement, je suis en accord avec toi même si je n’aurais pas poussé aussi loin les distinctions relatives à la fantasy politique et la fantasy militaire. Cependant j’en vois la pertinence ayant lu les cycles mentionnés pour quelques uns. D’ailleurs, tu cites les cycles majeurs et fondateurs au moins, il y a de quoi se repérer. Des exemples plus confidentiels ou littéraires auraient sans doute perdu quelques lecteurs ( 😉 ) … mais aurait éveillé ma curiosité. Bon si je suis trop cryptique fait moi signe!

    Pour en revenir à l’Urban fantasy, comment dire, je ne fais pas tout à fait la même distinction. Tout ce qui inclut de la romance et du sexe comme base du récit, je le vire de la catégorie et c’est purement Paranomal Sex Roman. Du coup Les Hamilton, Briggs et compagnie sont out pour moi.
    Du coup, en Urban fantasy, cela restreint un peu la masse et clarifie la catégorie. Epoque moderne + définition de base de la fantasy (comics et super-héros compris) : Les rivières de Londres, Magie Brute,…
    D’ailleurs, cela offusquera moins de déconnecter l’aspect romance.

    Merci

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    • Merci 🙂

      Effectivement, le fait de faire de la Fantasy politique et militaire un sous-genre à part entière est plus une conception anglo-saxonne que française, et ne fait pas l’unanimité. Pour certains, c’est juste une thématique d’un autre genre ou sous-genre, souvent la Dark Fantasy, mais je ne pense pas qu’on puisse réduire La compagnie noire, par exemple, à « juste » de la Dark Fantasy se passant dans un milieu militaire.

      Concernant les exemples, je réfléchis (parce qu’en plus ça m’a été demandé) à faire un ou plusieurs articles du style « lectures conseillées par Apophis » dans tel ou tel genre ou sous-genre. Un peu comme les listes de livres qu’on trouve sur Babelio ou qu’on trouvait, dans le temps, sur Amazon.

      Oui, ça se défend. C’est un peu comme ça que je voyais la chose avant de faire des recherches pour affiner ma vision de l’Urban Fantasy.

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  3. Il me semble que tu oublies un élément essentiel de la High Fantasy : la prophétie, et son corollaire, le destin ! Parce qu’un roman (ou plus exactement une trilogie) dont le résumé commence ainsi : « Après mille ans de sommeil, le Seigneur du Mal s’est réveillé en Angharbok. Mais une antique prophétie annonce que le règne du Bien pourra être rétabli par un cœur pur. Orpheline, la jeune Melwyn ignore qu’elle est l’Élue… » ce sera forcément de la High Fantasy, non ?

    Accessoirement, tout cela me rappelle que si j’ai longtemps cru ne plus aimer la Fantasy dans son ensemble, la seule qui me sorte par les yeux, c’est celle-là, la High donc.

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    • C’est pas faux, c’est tellement évident dans mon esprit que du coup je n’ai même pas pensé à le mentionner. J’étais plus occupé, dans cette section de l’article, à établir une claire distinction entre Heroic et High fantasy, ce qui fait que du coup, le point que tu soulèves n’est pas venu naturellement dans le cours du texte. Je vais ajouter quelques lignes pour le préciser.

      Je pense que nous sommes très nombreux dans ce cas là, ce qui explique d’ailleurs l’effondrement du genre en terme de succès critique (par contre, c’est tellement stéréotypé que le moindre type qui se lance dans l’écriture de Fantasy commence dans 90 % des cas par de la High, ce qui explique qu’il y en ait toujours autant sur les rayons des libraires, ou, surtout, en auto-édition…).

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  4. Je suis d’accord avec Boudicca : ton article était passionnant (comme toujours!) et permet de bien différencier les genres en Fantasy. Juste une petite remarque (pas grand chose, hein!) mais dans le paragraphe de l’Urban Fantasy, dans le résumé, tu parles de « période moderne » pour désigner la période du XIXème au XXIème siècle. En réalité, il s’agit plutôt de « période contemporaine ». Car en Histoire, la « période moderne » correspond au XVIème-XVIIIème siècle.

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