La piste des cendres – Emmanuel Chastellière

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Voilà un roman dont l’achat ne vous laissera pas un goût de cendres !

Une version modifiée de cette critique est parue dans le numéro 98 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag

piste_cendres_chastellièreLa piste des cendres s’inscrit dans le même univers que L’empire du léopard, un quart de siècle plus tard. Il n’en constitue pas une suite, et peut donc se lire de façon indépendante, voire même avant L’empire du léopard.

L’action a lieu au Nouveau-Coronado, contexte imaginaire mais s’inspirant de la colonisation espagnole en Amérique centrale et du sud. Formé vingt-cinq ans plus tôt, après la défaite de l’empire du léopard, le dernier et le plus puissant des royaumes indigènes, il présente un net contraste entre un nord  agricole (les ex-territoires impériaux) et un sud industrialisé. Les divisions sont nombreuses, entre colons nordiques rêvant d’indépendance et sudistes fidèles à la métropole, entre indigènes et colons venus du Premier Continent, entre ceux qui ont connu celui-ci et ceux qui sont nés dans la péninsule, entre individus issus de parents d’une seule ethnie et métis, entre ceux issus d’un père colon et les autres. Alors que la grogne et les tensions menacent de faire éclater une guerre civile, les indigènes montrent eux aussi des signes de révolte, et l’assassinat du vice-roi par l’un d’eux puis l’annonce de la venue prochaine de la reine Constance vont mettre le feu aux poudres. Lire la suite

La fille aux éclats d’os – Andrea Stewart

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Un roman prévisible mais prenant, à l’univers original, et une précommande exceptionnelle

fille_éclats_os_stewartOn le sait, certains éditeurs sont capables de sortir la VF d’un roman en anglais avec un faible écart (quelques mois) par rapport à sa publication anglo-saxonne. C’est le cas de Bragelonne qui, le 5 mai 2021, nous proposera La fille aux éclats d’os, premier tome du cycle L’empire d’écume, et surtout traduction de The bone shard daughter d’Andrea Stewart, paru dans la langue de Shakespeare en… septembre 2020. On peut dire que ça n’a donc pas traîné, même si on a déjà vu des écarts plus faibles encore, que ce soit chez Bragelonne ou d’autres éditeurs, comme AMI par exemple.

Lorsque je vous fais ce genre de rappel de sortie en VF d’un roman que j’ai, pour ma part, lu en anglais, c’est soit pour vous signaler qu’il s’agit d’un livre à ne pas rater, soit, dans quelques cas, pour vous avertir que le soi-disant chef-d’œuvre vanté par l’éditeur est très loin d’en être un (de mon point de vue, du moins). Le livre de Stewart, sans être un monument de la Fantasy, est toutefois très recommandable, la question n’est donc pas là. Je voulais plutôt attirer votre attention sur le fait que La fille aux éclats d’os sort chez Bragelonne Big Bang, c’est-à-dire dans la collection Young Adult de l’éditeur. Et vu que les aponautes ne sont, en majorité, pas forcément des lectrices et lecteurs massifs de YA, d’après ce que je constate, je ne voudrais pas que vous passiez à côté d’un livre qui a bien des atouts pour vous séduire (sans compter que je ne vois pas trop pourquoi il a atterri dans une collection YA, mais bon…).

Celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir plus sur ce roman peuvent se référer à ma critique complète de la VO. Je signale aussi que l’éditeur propose de nombreux avantages liés à la précommande de l’ouvrage (vous trouverez tous les détails sur cette page de son site), ce qui explique que je fasse ce rappel de sortie en VF de façon un peu plus précoce que je n’en ai l’habitude (en général, c’est environ quinze jours avant), afin que celles et ceux d’entre vous qui voudront en profiter ne ratent pas l’occasion.

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Les maîtres enlumineurs – Robert Jackson Bennett

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Un roman exceptionnel !

Le 31 mars 2021 marquera la sortie, chez Albin Michel Imaginaire (AMI), des Maîtres enlumineurs, version française du roman Foundryside de Robert Jackson Bennett (déjà auteur du magistral et salutaire Vigilance ainsi que de l’également très bon American Elsewhere), dont je vous parle quasiment depuis le jour de sa parution anglo-saxonne tant il m’a impressionné, et ce sur plusieurs plans. Le plus évident étant que comme l’a fait remarquer l’auteur américain Dan Wells, « Le meilleur livre de Fantasy épique de l’année est aussi le meilleur roman de Cyberpunk de l’année. Avez-vous souvent l’occasion de déclarer cela ? ». En effet, sans faire de Science Fantasy ou de SF déguisée en Fantasy, mais un pur représentant de ce dernier genre, Bennett recycle de façon particulièrement habile les codes, tropes et thématiques sociétales et technologiques (informatiques) du Cyberpunk dans un univers de magie. Et c’est bluffant ! Le plus fort étant que celui qui connait lesdits codes s’amusera à les repérer au sein du texte, tandis que celui ou celle qui n’est pas adepte de SF / de Cyberpunk ne sera pas, pour autant, gêné dans sa lecture, qui reste totalement abordable en tant que pur livre de Fantasy. Si on ajoute à cela des personnages extrêmement sympathiques, on se retrouve devant un bouquin qui n’est pas sans rappeler un autre roman paru chez AMI, à savoir Le magicien quantique de Derek Künsken : propre à régaler le connaisseur mais pourtant tout à fait lisible par le néophyte.

Excellente injection de codes SF dans une pure Fantasy, personnages attachants, dialogues, style et intrigue de qualité, les atouts du roman de Bennett pour vous séduire seraient déjà conséquents s’il n’en existait pas un autre qui les éclipse tous : le système de magie. Certes, nombreux sont les auteurs qui ont bâti un magicbuilding élaboré ou original (on citera, par exemple, Brandon Sanderson ou Brent Weeks), mais celui de Bennett les dépasse, à mon sens, tous, du fait de son élégance : un postulat de départ extrêmement simple à comprendre (on peut persuader les objets que les lois de la physique ne s’appliquent plus à eux / ont été modifiées) entraîne une foule de conséquences passionnantes et de développements fouillés (et pourtant digestes !). Bref, si vous êtes amoureux des livres qui ne se contentent pas d’un « ta gueule, c’est magique ! » d’auteur feignasse, celui-là est carrément pour vous. Et même le pur amateur de SF qui, d’habitude, voit la Fantasy comme quelque chose de risible ou d’inintéressant aura tout intérêt à jeter un coup d’œil à ce livre, et encore plus à sa suite, qui va encore plus loin dans l’exploitation de la reprogrammation « informatique » de l’univers et dans l’injection de codes / tropes d’habitude purement SF (cyberpunk, posthumanistes, etc).

Si l’argumentaire précédent ne vous a pas déjà incité à jeter vos euros durement gagnés sur votre écran, ma critique TRÈS complète de la VO devrait atomiser vos dernières réticences. Et pour les plus aventureux d’entre vous, celle de la VO du tome 2 est également disponible  😉 Lire la suite

Le chant des sorciers – R. Scott Bakker

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Quel « final » !

chant_des_sorciers_bakkerLe chant des sorciers est le troisième et dernier tome du cycle Le prince du néant, après Autrefois les ténèbres et Le guerrier prophète. Il ne propose pourtant pas la fin de l’histoire (juste celle d’une de ses phases), puisque l’ensemble de cette trilogie ne constitue en fait que l’équivalent du premier tome, découpé en trois livres en raison de sa taille, de la vraie « trilogie » envisagée initialement par l’auteur, et appelée The second apocalypse. L’équivalent du second tome a été publié (en anglais) en quatre livres, puisque le troisième volet était si volumineux que l’auteur a été obligé de le scinder à son tour en deux volumes. Oui, hein, on se croirait chez Les moutons électriques… Au moment où je rédige ces lignes, l’équivalent du tome 3 de la trilogie telle qu’elle était initialement envisagée reste à écrire. Vu mes soucis de santé actuels (qui expliquent le fait que pour la première fois de son histoire, ce blog n’a pas été alimenté pendant près d’un mois, et que jusqu’à nouvel ordre, la périodicité des nouveaux posts risque d’être franchement aléatoire), je n’ose plus vous promettre quoi que ce soit, mais normalement, les romans (en anglais) du second sous-cycle devraient être chroniqués sur ce blog… un jour.

Si je vous raconte tout cela, ce n’est pas tout à fait par hasard, mais pour bien vous faire comprendre qu’il ne faut pas vous formaliser si la fin du Chant des sorciers n’en est pas totalement une, en tout cas pas sur tous les plans. Oui, elle tient bien la promesse initiale de l’auteur, à savoir montrer toutes les étapes du cheminement de la Guerre Sainte vers la cité sacrée de Shimeh. Mais non, le destin de tous les personnages principaux ne s’accomplit pas complètement. Il y a bien des parallèles à faire entre The second apocalypse et Dune, et très clairement, il faut voir toute la trilogie Le prince du néant comme l’équivalent du seul premier roman de la saga de Frank Herbert : elle ne sert qu’à instaurer un nouveau paradigme, à mettre en place un prophète sur un trône, et les conséquences de ce bouleversement ne seront indubitablement examinées que plus tard, à la fois dans d’autres livres et surtout plus loin dans la chronologie de cet univers (la tétralogie qui fait suite à cette trilogie inaugurale se déroule plusieurs décennies plus tard). Ce qui, finalement, n’est pas un gros problème pour un lecteur anglophone, mais en constitue par contre un beaucoup plus épineux pour une personne qui ne lit qu’en français, puisque je vous rappelle que ledit second sous-cycle de quatre romans est paru depuis des années, qu’il n’a pas été traduit et qu’il me paraît très peu probable qu’il le soit (il faudrait déjà que l’éditeur français réédite Le prince du néant, et il n’en montre absolument aucun signe).

Vous allez donc vous / me demander si, dans ce cas, vous avez intérêt à lire cette trilogie si vous n’avez aucune chance d’avoir droit à la suite dans la langue de Molière un jour : vu sa qualité hors-normes, et le fait que Le chant des sorciers propose tout de même une forme partielle de conclusion, la réponse est (à mon sens) très clairement oui. Encore faudra-t-il pouvoir vous procurer les VF : mon exemplaire du tome 3 (dont j’étais tombé amoureux de la sublime couverture) m’a coûté la modique somme de… cinquante euros, en poche et d’occasion. Comme on dit chez mes ancêtres slaves : cyka blyat ! Lire la suite

The bone shard daughter – Andrea Stewart

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Prévisible mais prenant

bone_shard_daughterThe bone shard daughter est le nouveau roman d’Andrea Stewart, autrice sino-américaine vivant en Californie. C’est aussi le tome inaugural d’un cycle appelé The drowning empire. Il s’inscrit dans toutes les tendances de la Fantasy récente, à savoir proposer un cadre se démarquant de la pseudo-Europe médiévale qui a longtemps été cardinale dans le genre, un système de magie original et élaboré mais aussi un recyclage de tropes et d’influences… SF, tout en relevant pourtant incontestablement de la Fantasy (et de la Fantasy seule, hein, pas de Science-Fantasy ou je ne sais quoi).

Ce roman s’est révélé, au moins pour certains de ses fils narratifs (j’y reviendrai) vraiment très prenant, à la fois parce que l’autrice a su forger des personnages intéressants et / ou attachants, parce qu’elle a un style souvent (mais pas toujours) immersif et surtout parce qu’elle met en place toute une série de mystères ou d’interrogations, et que le lecteur lit avidement pour voir si les hypothèses qu’il a élaborées se révéleront fondées (ou pas). Pour tout dire, j’avais quasiment tout deviné, mais pourtant j’ai eu plaisir à voir mes supputations confirmées (et l’une d’elles infirmées !). Il n’en reste pas moins que le roman a quelques défauts, surtout concentrés sur certains personnages, et qu’une certaine prévisibilité (pour le vieux routard de la SFFF, du moins), pour ne pas dire une prévisibilité certaine, fait qu’il n’atteint pas tout à fait le niveau d’un (roman) Culte d’Apophis. Toutefois, je lirai avec grand plaisir les suites, car Andrea Stewart a eu l’intelligence de ne pas expliquer tous ses mystères à la fin de ce tome 1, et car l’opposition de deux personnages promet de très belles choses dans le tome 2. Lire la suite

Le deuxième sang – Emilie Querbalec

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Un aperçu gratuit du style de l’autrice

deuxième_sang_querbalecAlbin Michel Imaginaire nous offre aujourd’hui (sous forme électronique, téléchargeable directement sur votre site marchand habituel ou via le site de l’éditeur) une nouvelle gratuite, Le deuxième sang, signée Émilie Querbalec, l’autrice de Quitter les monts d’automne qui paraîtra le 2 septembre. Le but étant évidemment de vous proposer un aperçu du style de la dame, histoire de vous inciter, si vous étiez hésitant, voire pas tenté du tout, à lire son roman. Précisons que ce texte est une version retravaillée d’une nouvelle précédemment parue dans l’anthologie Rouge de Nice Fictions, sous le titre alternatif (et à mon avis bien meilleur) Le prix du sang. Mais précisons surtout que Le deuxième sang ne s’inscrit PAS dans le même univers que Quitter les monts d’automne, même si, que ce soit au niveau de la protagoniste, du ton et de l’ambiance asiatique, nous n’en sommes pas si loin que ça. À une grosse différence près : nous sommes ici sur de la Fantasy, pas de la SF. 

Si cette nouvelle s’avère assez intéressante, on précisera toutefois qu’au niveau du style, on est facilement un cran en-dessous du roman. Mais tout compte fait, si vous accrochez à ce texte, il y a toutes les chances pour que cela soit aussi le cas pour Quitter les monts d’automne. Si, par contre, l’héroïne, le ton ou l’écriture vous donnent de l’urticaire, vous avez plus intérêt à vous tenir éloigné du roman. Lire la suite

Le sanctuaire ailé – Marie Brennan

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Fracassante révélation ! (ou pas…)

sanctuaire_ailéLe sanctuaire ailé est le cinquième et dernier volume des Mémoires de Lady Trent. Toutefois, Marie Brennan a décidé de continuer à écrire dans cet univers, puisqu’un roman mettant en scène la petite-fille d’Isabelle, Audrey, est sorti en août 2019 sous le titre Turning darkness into light. Ce tome 5 reprend la présentation de grande qualité qui a fait la renommée de ce cycle, avec sa couverture et ses splendides illustrations intérieures signées Todd Lockwood (particulièrement celle représentant Isabelle à deux âges différents et qui clôture le livre).

Cet ultime opus, donc, nous explique comment Lady Trent est devenue aussi célèbre que la reine du Scirland, et, outre son histoire personnelle, il donne aussi une conclusion (provisoire, probablement, au vu du roman consacré à Audrey) à l’évolution du statut de la femme dans ce pays imaginaire d’inspiration Victorienne, ainsi qu’à la série de découvertes scientifiques liées aux dragons et à la mystérieuse civilisation Draconienne. Deux points sont à retenir : premièrement, il est légèrement plus fantastique que les autres, et deuxièmement, il est… impossible à chroniquer ! Lire la suite

La guerre du pavot – R.F. Kuang

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Un fond pertinent, une forme qui ne l’est pas du tout

guerre_du_pavot_kuangD’habitude, quand je vous fais ce genre de rappel de sortie de romans que j’ai déjà eu l’occasion de lire en VO, le but premier est de vous dire « attention, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais à telle date sort un super roman, que je vous conseille vivement ». Eh bien dans le cas de La guerre du pavot de R.F. Kuang, que j’ai pour ma part lu en anglais sous le titre The poppy war et qui sort (théoriquement, vu que la date a déjà été repoussée au moins deux fois, si j’ai bien tout suivi) le 1er juillet, je vous conseille surtout de lire la critique très détaillée que j’ai consacrée à la VO, histoire de bien comprendre dans quoi vous allez vous engager et dans quoi vous allez investir vos vingt-quatre euros. D’une façon plus générale, entre ce titre et l’épouvantable Sandremonde chroniqué (ou plutôt atomisé) par le camarade Cid Vicious dans le dernier Bifrost, je ne peux m’empêcher de remarquer que pour l’instant, le virage vers la Fantasy pris par la collection Exofictions n’est, en restant charitable, pas franchement convaincant.

Pour celles et ceux d’entre vous qui ne veulent pas lire la critique complète de la VO et souhaitent un résumé rapide, voilà quelle était la conclusion de cette dernière : ce roman, le premier de son autrice et le tome inaugural d’une trilogie, a pour ambition, via une allégorie dans un monde secondaire, de dénoncer les crimes de guerre (génocide, viol, utilisation d’armes bactériologiques et chimiques, femmes de réconfort, expérimentations humaines, etc) de l’armée japonaise dans les années trente-quarante, tout en mêlant cela à du Shamanisme, un monastère d’arts martiaux et à la façon dont un dictateur « naît ». Noble ambition, hélas lourdement gâchée par un propos qui tarde terriblement à être nuancé (il faut attendre la toute fin du livre) et frôle de fait la propagande anti-japonaise, par une manipulation de l’Histoire pas forcément très pertinente (on met sur le dos des pseudo-japonais l’introduction en Chine de l’opium, dont ils ne sont pas responsables dans notre Histoire) sur un plan éthique pour une Historienne de formation, et, sur un plan bassement matériel, par une construction schizophrène qui alterne une première moitié relevant du roman d’apprentissage sur un ton quasi-Young adult (et qui plus est, lourdement pompée sur Le nom du vent) et une seconde qui donne dans une Fantasy historico-militaire hardcore et hyper-grimdark (à tel point que Kuang elle-même déconseille la lecture de son bouquin à certaines personnes !). Et c’est là que résidera le souci pour la majorité des lecteurs : trop ceci pendant une moitié du roman et pas assez cela pendant l’autre, ou inversement pour d’autres types de lecteurs, cette oeuvre a hélas des chances de finir par laisser tout le monde sur le bord de la route. Et ceci malgré un bon accueil dans le lectorat anglo-saxon qui, comme on le sait, n’a pas forcément les mêmes attentes que celui de l’Hexagone. On conseillera aux gens intéressés par le sujet des exactions japonaises, mais qui cherchent quelque chose de plus solide sur le plan littéraire et de plus nuancé dans la façon de traiter un thème délicat sans stigmatiser, de se tourner vers L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu, autrement plus pertinent. Bref, pour moi, si le fond (la dénonciation des crimes de guerre) est pertinent, la forme ne l’est pas, ne poussant jamais les curseurs au bon endroit ou quasiment.

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Chasing Graves – Ben Galley

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Apophis Fantasy !

chasing_gravesBen Galley est un auteur britannique de Fantasy et de Weird West résidant au Canada et plutôt prolifique, avec une douzaine d’ouvrages au compteur en à peine une décennie. Bien qu’il travaille aussi avec le circuit traditionnel de l’édition, c’est surtout un expert en matière d’auto-publication, un domaine dans lequel il conseille d’ailleurs d’autres auteurs. Alors que son roman le plus connu, The written, était inspiré par les mythes nordiques, sa trilogie Chasing Graves (qui présente la particularité d’avoir été entièrement écrite avant même que le premier livre ne sorte) est, elle, bâtie sur des fondations égyptiennes, ce qui, quand on a comme pseudonyme Apophis, ne peut qu’attirer l’œil. J’avais donc acheté le tome inaugural et éponyme et avait prévu de le lire tranquillement début 2021, quand, il y a quelques jours, l’auteur a décidé très généreusement d’offrir l’intégralité de la trilogie en version électronique. J’ai donc décidé d’avancer ma lecture du tome 1 puisque du coup, disposant des deux autres, s’il me plaisait je pouvais envisager de boucler le cycle assez rapidement. Je vous signale d’ailleurs que si ce dernier n’est plus gratuit au moment où je rédige ces lignes, c’est tout comme : on la trouve en version dématérialisée à… 0.99 euros. Pour les trois livres, soit 1052 pages !

Ce tome 1 s’étant révélé très prometteur, je vous proposerai la critique au minimum du tome 2 à l’avenir. Et je suis d’autant plus curieux de connaître la suite que Chasing graves se termine sur une énorme révélation concernant un des trois protagonistes et un gros cliffhanger concernant un autre. Lire la suite

Queen of the conquered – Kacen Callender

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Un contexte très original, une grande richesse thématique, une fin très réussie… mais un roman poussif

queen_of_the_conqueredKacen Callender est un auteur de fiction et de Fantasy qui écrit aussi bien de la littérature jeunesse que Young Adult et, à compter du roman dont je vais vous parler aujourd’hui, Queen of the conquered, adulte. Vous le savez, je suis extrêmement méfiant envers ces auteurs avant tout YA qui décident de passer à la Fantasy ou la SF adulte, car au moins au début, les scénarios, les univers, les personnages ou le ton manquent, selon mes critères, de solidité. Rien de tel ici, ce qui n’est pas si étonnant puisque apparemment, même dans les registres jeunesse / YA, Callender proposait déjà, par exemple, des personnages franchement nuancés et des situations non dépourvues de dramaturgie.

L’auteur est originaire de l’île de Saint-Thomas, une des trois qui constituent les îles Vierges des États-Unis, dans les Antilles. La précision n’a rien d’anecdotique, car cette caractéristique a eu un impact capital sur l’écriture de son roman : dans notre Histoire réelle, cet archipel a été colonisé par les Danois et n’a été vendu aux USA qu’en 1917 ; dans le monde imaginaire créé par Callender, un archipel de claire inspiration caribéenne a été colonisé par les Fjern, transparente allégorie des danois. La seule différence est que, voulant dénoncer l’esclavage en plus du colonialisme, l’auteur a remplacé les populations caribéennes natives par des noirs.

Un mot sur la couverture, puisqu’on m’en a parlé même avant la publication de cette critique : elle est certes esthétique (dans le même registre, je signale aussi que la carte de l’archipel est très réussie), mais elle a surtout été conçue de façon très astucieuse ; en effet, on y voit quatre éléments qui ont une importance capitale dans l’intrigue, à savoir une femme noire, vêtue de blanc, avec des fleurs et un serpent. Si je vous précise que le blanc est réservé aux dirigeants Fjern, qui sont normalement tous caucasiens, vous commencez à vous douter que du coup, l’héroïne de couleur de Callender est bien peu banale. Et vous aurez raison !

Si, donc, sur le plan de l’originalité de l’univers et de la profondeur des thématiques, ce roman est admirable, sur un pur plan littéraire, en revanche, le résultat est nettement moins convaincant, hélas, au moins sur certains plans. Cela ne m’empêchera pas de lire la suite (ce n’est que la première partie d’un diptyque, Islands of blood and storm, dont la seconde sort début décembre 2020), mais cela devrait vous interpeller si vous hésitez à le lire : si c’est pour le fond et l’exotisme de l’univers par rapport aux standards de la Fantasy, vous pouvez y aller, sinon je vous recommande de lire attentivement ma critique ou celles des anglo-saxons avant de vous lancer. Lire la suite