The black god’s drums – P. Djèli Clark

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Un worldbuilding au top, encore une fois

black_god_s_drumsSi vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez sans doute que lorsque je découvre un auteur et que j’apprécie vraiment ce que je lis, j’ai tendance à aller farfouiller dans sa bibliographie, histoire de prolonger cette bonne expérience. Après avoir adoré The haunting of Tram Car 015 et A dead djinn in Cairo de P. Djèli Clark, j’ai eu envie de lire l’oeuvre la plus connue de cet écrivain, à savoir sa novella The black god’s drums. Tout comme les deux textes ayant pour cadre une Égypte alternative, ce roman court relève de l’uchronie de Fantasy, c’est-à-dire qu’il se déroule certes sur Terre et pas dans un monde imaginaire, mais que d’une part le cours de l’Histoire a été modifié, et que d’autre part des éléments fantastiques (magie, créatures surnaturelles, etc) y sont présents. On ajoutera, pour être complet, que chez P. Djèli Clark, il y a également une esthétique Steampunk, ce qui n’est pas le cas dans toutes les uchronies de Fantasy, évidemment.

Si, sur le papier, cette novella relève de codes similaires à ceux employés dans la nouvelle et le roman court égyptiens, l’ambiance et le monde créés se révèlent pourtant sensiblement différents. De plus, globalement, j’ai moins apprécié ce texte que les deux autres, sans le trouver mauvais pour autant. Toutefois, si vous souhaitez vous projeter dans un univers qui sort vraiment des sentiers battus, et particulièrement si vous appréciez tout ce qui tourne autour de la Nouvelle Orléans et des Caraïbes, vous trouverez difficilement plus exotique, comme nous sommes sur le point de le voir. Lire la suite

A dead Djinn in Cairo – P. Djèli Clark

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Le culte d’Hathor ! 

a_dead_djinn_in_cairoA dead Djinn in Cairo est, dans l’ordre de parution, la première nouvelle qui s’inscrit dans l’univers uchronique mêlant magie et technologie imaginé par P. Djèli Clark, univers qui a été repris dans le roman court dont je vous parlais hier, The haunting of Tram Car 015. Et c’est justement parce que j’ai beaucoup apprécié ce texte que j’ai eu envie de prolonger ma balade dans ce Caire d’un 1912 fantasmé. Signalons d’ailleurs que A dead Djinn in Cairo est disponible gratuitement (an anglais) sur cette page du site de Tor, pour ceux qui souhaiteraient faire comme moi.

Si je ne pensais évidemment pas être déçu, je dois dire que quelque part, j’ai encore plus apprécié cette nouvelle que le roman court sorti avant-hier, car elle comprend deux éléments qui ont eu un puissant effet « waouh ! » sur moi : des anges très particuliers et un aspect Lovecraftien qui fonctionne toujours aussi bien, même plus de trente ans après ma découverte des écrits blasphématoires du Maître. La combinaison des deux textes dépeint un univers au potentiel inouï, sans doute au niveau (mais dans un style différent) de celui dépeint dans le cycle The Craft sequence de Max Gladstone. Et au passage, l’inclusion (pour ne pas dire l’incursion) d’éléments Lovecraftiens renforce la ressemblance avec l’oeuvre de Stross, du moins sur certains plans (d’existence, mouahaha !). Bref, je ne saurais trop vous conseiller de jeter plus qu’un coup d’œil (d’autant plus que c’est gratuit et dans un anglais très accessible) à cette nouvelle, dépaysement garanti ! Lire la suite

The haunting of Tram Car 015 – P. Djeli Clark

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Le Caire des merveilles

tram_car_015P. Djèli Clark est un auteur américain né à New York mais ayant passé sa jeunesse dans le pays d’origine de ses parents, Trinité-et-Tobago, avant de revenir s’installer aux U$A. Exerçant dans la forme courte, il a publié sa prose dans divers magazines et anthologies, et surtout via Tor, que ce soit sous forme de novella (The black god’s drums) ou de nouvelle (A dead djinn in Cairo, dont je vous reparlerai dès demain). La novella dont je vous parle aujourd’hui s’inscrit d’ailleurs dans le même univers que ce dernier texte, uchronique tout comme l’était celui de The black god’s drums (mais la nature de la divergence est différente). En effet, le contexte de A dead djinn in Cairo s’est révélé si populaire que l’auteur a reçu une forte demande pour y revenir, dont acte. Il faut dire qu’il a un charme fou : le Caire d’un 1912 parallèle, où magie et technologie cohabitent tout comme le font Djinns et humains.

Au final, je ressors enchanté par la balade (il faut dire qu’il était temps, je viens d’enchaîner la pire série d’abandons -ou de « mises en pause » indéfinies- de l’histoire du Culte d’Apophis…), à un point tel que comme dit plus haut, je poursuis directement mon exploration de cet univers avec l’autre nouvelle. On pourrait d’ailleurs penser que j’aurais dû faire l’inverse, mais je voulais voir si Tram Car 015 était lisible sans rien savoir de son texte parent (ce qui est le cas). Pour finir, remarquons que les deux textes sont liés d’une sympathique façon : à la fin de celui-ci, l’héroïne de la nouvelle initiale rend visite au protagoniste de Tram Car, et lui raconte les détails (classifiés) de l’intrigue dont elle fut au centre. On peut donc se dire que paradoxalement, lire A dead djinn in Cairo après cette novella postérieure n’est donc pas si dépourvu de sens que cela ! Lire la suite

Brother’s ruin – Emma Newman

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Et là, c’est le drame…

brothers_ruinEmma Newman est une autrice anglaise, écrivant aussi bien de l’Urban Fantasy (parfois mélangée avec du post-apocalyptique) que de la SF (le récent -et acclamé- Planetfall, le premier tome d’une trilogie -le second sortira en VO dans un an-). C’est aussi une narratrice professionnelle de livres audio et la co-créatrice et animatrice du podcast Tea & Jeopardy (nominé pour le Hugo), avec Peter Newman, l’auteur de The Vagrant (qui, si j’en juge par la postface, serait son mari).

Brother’s Ruin relève de la Gaslamp Fantasy (voir plus loin). Cette novella est présentée comme le premier texte d’un potentiel cycle (tout dépendra des ventes, selon son propre aveu), Industrial Magic, qui, comme son nom l’indique, se déroule dans une variation uchronique de l’Angleterre Victorienne dans laquelle la Révolution industrielle a été impulsée par la magie et non la technologie. Lire la suite

King of the wood – John Maddox Roberts

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Une uchronie saisissante, un grand roman d’aventures

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Cela fait plusieurs années que j’entends parler de ce roman, considéré par certains auteurs  (ou spécialistes) d’uchronies comme une des références du genre. Après l’avoir lu, on peut dire que non seulement il s’agit effectivement d’une fascinante uchronie, mais aussi d’un grand roman d’aventures.

Le monde décrit est celui de l’amérique du milieu du quinzième siècle, mais d’une amérique complètement différente de ce qu’elle était dans notre monde à cette époque. En effet, après avoir découvert ce continent un peu avant l’an mille (comme dans notre histoire), les vikings paiens l’ont, cette fois, colonisé « massivement » pour fuir les persécutions que leur faisaient subir les vikings christianisés en scandinavie. Ils se sont donc installés là où, dans notre histoire, les treize colonies se trouvaient. Quelques décennies plus tard, ce sont les saxons chrétiens d’angleterre, chassés par la conquête normande, qui viennent coloniser ce qui, pour nous, est le québec. Les deux royaumes se livreront deux guerres aux résultats peu décisifs, tout en ayant maille à partir avec les indiens et en commerçant avec les maures, qui se sont installés en Floride, et avec les aztèques. Lire la suite