Dark Matter – Blake Crouch

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Le chat l’homme de Schrödinger

dark_matter_crouchBlake Crouch est un écrivain américain exerçant dans les registres de la Science-fiction, de l’horreur et du thriller. Il est plus particulièrement connu pour être l’auteur de la trilogie ayant servi de base à la série télévisée Wayward Pines. Le protagoniste de Dark Matter (rien à voir avec la série ou le comic du même nom), Jason, alors qu’il fait des courses, est kidnappé par un homme masqué, qui lui pose tout un tas de questions personnelles, lui vole ses vêtements, puis lui injecte des drogues. Lorsque Jason se réveille, quelques heures plus tard, il n’est plus dans une usine désaffectée, mais dans un laboratoire, où on l’accueille comme le messie, disant que cela fait 14 mois qu’il a disparu en réalisant une expérience scientifique révolutionnaire. Tout le monde le connaît, mais lui ne connaît personne. Il s’enfuit, retourne chez lui, découvre une maison à la décoration complètement différente, vide de sa femme et de son fils. Après quelques recherches, il s’avère que Daniela ne s’est jamais mariée avec lui, et donc que leur fils Charlie n’est jamais né. A partir de là, personnage et lecteur vont se poser tout un tas de questions : est-il fou ? Est-ce une expérience, un mauvais trip, un jeu de télé-réalité à la Truman Show ? Ou la vérité est-elle bien plus extraordinaire que cela ?

D’habitude, je ne spoile pas le contenu d’un livre dans sa critique. Mais pour pouvoir réaliser celle-ci, je vais devoir le faire, à un certain degré. Du coup, si vous poursuivez votre lecture, sachez qu’une partie des secrets du livre vous sera révélée. Personnellement, je m’étais lourdement auto-spoilé avant de le commencer en lisant des critiques US ou françaises devant m’aider à valider (ou pas) mon achat, donc je peux dire en toute confiance que le roman reste prenant malgré ça. Toutefois, vous êtes désormais prévenus (dans le même ordre d’idée, ne jetez pas un coup d’œil au classement par catégories de ce roman sur ce blog…). 

 No, it’s not a shame to be a family man *

Family Man, Blackfield, 2017.

Dès le début, on renifle quelque chose de suspect : avant d’aller faire les courses (au retour desquelles il sera enlevé), Jason s’interroge sur ses choix professionnels, ainsi que sur ceux de sa femme Daniela. Lui était un scientifique très prometteur, elle une artiste en devenir, et ils ont tout sacrifié pour leur fils Charlie, un prématuré à la santé très fragile lors de sa première année de vie. Désormais, Daniela est « juste » une excellente épouse et mère au foyer, et lui, loin de l’étoile montante de la cosmologie et de la physique quantique qu’il fut jadis, est « juste » un père aimant et un professeur enseignant aux étudiants de première année dans une université de troisième zone. On ne peut pas dire qu’ils regrettent ces choix, mais cela ne les empêche pas de s’interroger sur la façon dont les choses auraient pu tourner. Ce qui est d’ailleurs une des thématiques du livre.

Autant le dire, l’auteur y va avec d’assez gros sabots, d’autant plus quand le ravisseur masqué de Jason lui paraît « extrêmement familier ». Lorsque Jason se réveille quelques heures plus tard, puis s’enfuit du complexe scientifique corporatiste où il se trouvait, il s’aperçoit que certes, il n’a plus ni femme ni enfant, mais que par contre, c’est une superstar de la physique, mieux que Michio Kaku, Brian Greene, Neil deGrasse Tyson et Alex Filippenko réunis. Si, si. Dans le même temps, son ravisseur a pris sa place chez lui, et… hein, il a fait quoi ? Et personne ne s’aperçoit de la substitution ? Non. Car il a la même apparence que Jason, même si son comportement est vaguement différent, et que dans la chambre à coucher, il est passionné comme au premier jour, pour le plus grand plaisir de Daniela.

Bon, à ce stade, celles et ceux qui ont lu L’échange de Alan Brennert pensent savoir de quoi il s’agit : en fait, ils n’ont que partiellement raison, et largement tort. Les convergences et divergences entre les deux romans sont les suivantes (je le répète attention gros spoilers) :

  • S’il y a bien échange de vies entre deux versions du même homme, il n’est pas consenti dans le cas de Jason, il est fait sous la contrainte.
  • Sur tous les aspects, des choix à l’aspect moral en passant par le déroulement de l’intrigue, ce livre est loin d’être aussi… hum… binaire que L’échange. Et de plus, en terme d’émerveillement ou d’horreur cosmique, il en est à des années-lumière.
  • Jason n’est pas du tout heureux dans sa nouvelle existence : ce qu’il veut, c’est retrouver sa petite vie d’avant, car être une superstar de la physique, l’inventeur d’un procédé révolutionnaire, ne lui apporte en rien la même satisfaction qu’une simple vie familiale.
  • Les genres, le mode de narration, le rythme, ne sont pas du tout les mêmes (je vais y revenir).
  • Dark Matter est beaucoup, mais alors beaucoup plus sombre (en même temps, il y a DARK dans le titre, hein), avec meurtres, tabassages, mort(s) de proches, dystopies, une vision assez ténébreuse de l’âme humaine, et ainsi de suite. Et plus le livre avance, plus c’est noir.
  • Dans L’échange, qui relève du Fantastique, le phénomène menant à l’inversion de place des deux versions du personnage n’est jamais clairement expliqué : ici, c’est tout l’inverse, l’explication est longue et détaillée (pour quelqu’un qui s’y connaît vraiment en mécanique quantique, elle paraîtra relativement bancale, mais pour un béotien, elle possède une apparence de cohérence et de solidité qui fait que ça fonctionne. Et puis suspension d’incrédulité, tout çaaaaaa). On frôle même des fois le bouquin de Hard SF sans en atteindre tout à fait la solidité. S’il fallait résumer la chose en une phrase et sans trop spoiler, je dirais « l’homme de Schrödinger ».
  • Le phénomène mis en jeu est loin de s’arrêter à deux, hum, « endroits ». On frôle Éon / Éternité / Héritage ou La Voie terrestre.  Ou Matrix Reloaded. Car le, hum, dispositif qui permet d’accéder à tout un tas, de ahem, endroits, ressemble, tel que vu par un humain sous l’effet de la drogue qui met en pause notre « pare-feu mental » (une bien belle idée, d’ailleurs), à un couloir d’une longueur infinie comportant un nombre tout aussi infini de portes. Et puis tant qu’on y est dans les analogies, hein, ça ressemble aussi à Fringe, à Sliders, à la façon dont les Princes d’Ambre voyagent entre les Ombres (ils imaginent l’endroit où ils veulent aller), et, à partir d’un certain point, ça évoque Extinction Game. J’évoquerais aussi deux autres analogies un peu plus loin.

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Rythme, écriture, genres

Ce qui frappe tout d’abord, c’est le style d’écriture de l’auteur : on se retrouve avec un staccato de phrases ultra-courtes (à la James Ellroy), et on va à la ligne quasi-systématiquement (les deux techniques n’étant d’ailleurs pas obligatoirement associées, en tout cas, pour rester dans la SFFF, pas chez Anders Fager par exemple). Ce qui, conjugué au fait que le rythme est très élevé, fait que ce roman de 350 pages se lit à une vitesse stupéfiante. Et parce qu’un exemple vaut mieux qu’un long discours, vous trouverez une capture de page typique ici.

D’habitude, j’ai beaucoup de mal avec ce style d’écriture et de mise en page, mais là, combiné avec l’aspect thriller, ça se marie franchement bien, et ça n’a pas du tout impacté mon plaisir de lecture.

Le genre du roman fluctue au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture. L’aspect (techno-)thriller est omniprésent, et tous les codes du genre sont au rendez-vous : fausses-pistes (au passage, pendant un bon moment, le livre relève du Fantastique, car le lecteur hésite entre le fait que le personnage est fou ou que ce qui lui arrive à une cause rationnelle), révélations progressives, cliffhangers et scènes de poursuite, rythme extrêmement soutenu (sans compter le redoutable compte à rebours du nombre d’ampoules restant -je ne peux en dire plus-), théorie du complot (avant que le roman ne bascule dans la SF pure et dure) et bien entendu vengeance contre les responsables des maux du protagoniste.

L’aspect SF réserve un beau moment de Sense of wonder (et, au passage, quelques beaux moments d’effroi ou d’horreur aussi), ce qui m’amène d’ailleurs à regretter que la couverture de l’édition française ne fasse pas mieux que celles des éditions anglo-saxonnes : je pense qu’étant donné l’image créée par l’auteur, il y avait carrément plus pertinent et visuellement plus percutant que ce qui a été réalisé (ou alors c’est encore une « couverture neutre » ?).

Thématiques, défauts

Comme le roman de Brennert, celui de Crouch a pour thématique principale les choix de vie, et ce qui aurait pu se passer s’ils avaient été différents. Il s’interroge aussi sur ce qui fait ou pas le bonheur d’une personne, sur ce qui constitue notre identité, notre individualité (personnalité, style de vie, choix, etc). Tout tourne autour de ce mécanisme cosmique qui permet d’éradiquer les regrets, de faire les bons choix. Il y a un aspect que j’ai beaucoup aimé : la morale de l’histoire, qui dit que les voies dont nous nous sommes détournés constituent elles aussi notre identité. En plus, ce protagoniste qui se détourne de tous les honneurs pour simplement être avec les siens est évidemment sympathique (mais voyez plus loin quand-même), même si vaguement trop parfait et constant dans son comportement pour être réaliste.

Par la profondeur de cette morale, ce livre aurait pu ressembler à Mémoire, ou, plus particulièrement, à Replay (il partage d’ailleurs avec ce dernier livre un point commun : pris au piège d’un mécanisme cosmique infernal, tout ce qui préoccupe le protagoniste est son amour pour sa femme et son ou ses enfants) : pourtant, il n’atteint pas ce niveau d’intensité émotionnelle. Attention, je ne dis pas qu’il n’est pas prenant et que le lecteur n’a pas envie de connaître le fin mot de l’histoire, puis la fin (et puis entre le rythme et les codes du thriller, c’est tout de même un ouvrage haletant). Mais en revanche, il est lourdement impacté par le fait que tout ça… est du déjà-vu. Au moins partiellement. Et que du coup, on perd en impact émotionnel (du moins, cela a été mon cas).

Un autre point qui m’a dérangé est la prévisibilité des explications et des twists : le connaisseur voit arriver tout ça des dizaines de pages à l’avance. Du coup, en plus de l’impact émotionnel, ce sont aussi les moteurs de l’intrigue qui souffrent de la comparaison avec d’autres livres de SF ou de Fantastique.

De plus, le roman présente certains autres défauts : avec le recul, je me demande un peu à quoi le personnage d’Amanda a servi, j’ai trouvé la fin quelque peu abrupte (même si elle règle tout) et quelque peu irréaliste compte tenu des événements précédents, de la détermination des individus concernés et du ton général du livre, et surtout je trouve une des morales de ce dernier douteuse. En effet, l’auteur semble passer son temps à nous rabâcher qu’on ne peut pas concilier vie professionnelle réussie et vie de famille, ou qu’on ne peut être heureux qu’avec femme et enfant. Je connais plusieurs célibataires de 40 ans ou plus qui sont épanouis dans leur travail et qui ne sont pas malheureux comme les pierres pour autant du fait de leur célibat, des mères de famille qui conjuguent avec brio le rôle de super-maman, de maîtresse de maison et d’employé ou de patronne efficace, et des mères au foyer qui ne regrettent en rien le sacrifice d’une hypothétique réussite professionnelle. Prétendre le contraire me paraît couper les cheveux en quatre ou relever du sermon de télé-évangéliste typiquement américain. La vie ne me paraît pas aussi binaire.

En conclusion

Il est très difficile de critiquer ce livre sans spoiler horriblement, mais cette fable sur l’identité et les choix de vie passe du Fantastique à la SF presque-Hard tout en ne quittant jamais les codes du thriller. Racontée sur un rythme élevé, dans un style de phrases ultra-courtes à la James Ellroy avec retours à la ligne incessants, elle se lit très vite, interroge pas mal, émerveille ou terrifie parfois. Pourtant, le roman, s’il est prenant et globalement réussi (les personnages, notamment, sont très solides), n’arrive pas à susciter l’impact d’un Replay de Ken Grimwood, avec qui il partage certaines caractéristiques, tout simplement du fait qu’il partage justement des points communs avec un grand nombre d’autres livres (à commencer par L’échange de Alan Brennert) ou de séries télévisées. Bref, à moins d’être néophyte dans le genre « Et si vous pouviez changer complètement de vie ou refaire des choix différents de ceux faits la première fois » en allant, hum, ailleurs, cette lecture sera, certes, prenante et tout à fait recommandable, mais pas assez originale pour servir de référence.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Lhisbei sur le RSF Blog,

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22 réflexions sur “Dark Matter – Blake Crouch

    • Merci 🙂

      C’est une critique qui n’a pas été facile à écrire, car trouver le dosage adéquat entre en dire assez pour proposer une analyse complète et ne pas en dire trop (afin de pas gâcher le plaisir de la découverte aux gens) s’est révélé particulièrement difficile.

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      • Et c’est très réussi. Honnêtement, c’est un bel exemple de critique à la fois construite, balancée, érudite, réfléchie, et par dessus tout, personnelle. Le tout sur un livre qui ne t’a pas passionné plus que cela. J’imagine en effet que cela a dû être difficile à écrire. Bravo.

        (La capture de page…on dirait du Marguerite Duras, et moi ça m’hérisse le poil !)

        Aimé par 1 personne

  1. Le livre ne t’a pas plu tant que cela, même si tu fais une critique équilibré – ce n’est pas exactement le mot qui exprime la nuance que je voudrais écrire, balanced conviendrait mieux.
    J’ai aimé Replay sans être non plus bluffée.

    Ce que tu écris me fais furieusment penser à Fringe qui aborde les thématiques similaires et des lignes narratives ressemblantes. Je pense que j’aurais une trop grosse impression de déjà-vu.

    Je passe.

    Aimé par 1 personne

    • Normalement, tu devrais adorer Replay. Même si comme l’a très bien dit FeydRautha dans sa critique sur Babelio, c’est un roman qui parlera peut-être plus à quelqu’un de nos âges (la quarantaine, il doit avoir 2-3 ans de plus que moi) qu’à quelqu’un de plus jeune. Mais qui reste tout de même prenant quel que soit l’âge de son lecteur.

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  5. 570 pages ? Mon exemplaire faisait 350 pages si je ne me trompe pas. En poche ?
    Pas eu trop d’impression de déjà vu sauf un peu avec Spiders. Un peu avec Replay mais un peu différent. Un peu déçue aussi qu’Amanda ne fasse qu’une petite apparition sans que ça change quelque chose…
    Je note L’échange je ne connais pas.
    Très belle critique comme d’habitude. 🙂

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    • Merci 🙂

      Non, en version électronique. Je me suis fié à ce qu’annonçait Amazon au moment où j’ai rédigé ma critique, il devait y avoir une erreur (et vu que je lis un certain pourcentage du fichier sous Kindle chaque jour, je ne me suis pas aperçu de ma méprise). Je corrige, merci 😉

      Sliders, tu veux dire ?

      Oui, complètement d’accord avec toi concernant Amanda.

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  9. Alors première chose, pour moi qui ai adoré la lecture de Replay il y a 4-5 ans (j’ai 39 maintenant), je vais courir voir ce que vous avez pu en dire. Gros impact émotionnel pour moi ce livre… Ca me rappelle que j’ai également lu L’échange des années plus tôt, le livre ne m’a pas laissé de souvenir au final, c’est dire, hum.
    Et donc que dire de ce bLACK mATTER? primo, qu’il m’a été très très chaudement recommandé par le libraire d’une librairie spécialisée en SF et imaginaire parisienne (la dimension fantastique, du côté du métro POissonnière), « vous allez voir vous allez adorer! », sur la base du pitch qui me botte, je prends donc. Pour tout dire j’ai préféré lire le livre sur un laps de temps assez court (moins d’une semaine et en coupant la lecture le moins de fois possible, histoire de bien garder tous les éléments de l’hsitoire en tête, – pour moi, à chaque fois qu’on referme un bouquin pour remetttre la suite à un autre jour, le plus on est susceptible d’en oublier les détails, pour ne plus se rappeler que du gros de l’intrigue). SI ON VEUT FAIRE BREF, J AI TROUVE QUE CE LIVRE ETAIT UNE GROSSE M*ERDE, J’AI FAILLI REPASSER CHEZ LE LIBRAIRE QUI ME L’AVAIT RECOIMMANDE pour le lui rendre gratuitement qu’il le revende à qqun d’autre qui l’appréciera peut -être mieux. Ce que je lui reproche:
    – primo, l’auteur n’a absolument aucun style. Pour le style, on y retrouve que des phrases très courtes, avec un verbe d’action dans chacune oun presque: ça m’a vrament fait penser à un scénario de film ou de série tv… des dialogues et entre les dialogues des phrases très courtes, décrivant l’action surtout et avant tout. Rien sur les décors. Et ça m’a semblé hyper pauvre et limité pour ce que l’on pourrait dire du « style ». Pour moi ça ressemble à un Draft (brouillon) de scénario, rien de plus.
    – deuxio, et ça rejoint un peu la critique du 1er point, que cela ressemble à un scenario de série tv: les personnages et leur psychologie ne SONT ABSOLUMENT PAS développés. X aime Y, X s’est fait voler sa vie par X PRIME et voudrait la retrouver. Sauf qu’à pas un moment il n’est développé le passé de X et Y qui auraient vécu des années ensemble, pas un souvenir de leur vie évoqué, rien qui ne soulève, ni ne suscite l’empathie en nous, nada. Rien. Ca s’en tient juste au fait que le perso prinicpal s’est fait voler sa vie et souhaite la récupérer et de là… des tergiversations et du blabla avec ce système de portes illustré ds l’article pour tenter de retrouver la situation initiale. Ni on ne ressent l’amour ni la tendresse pour sa femme, sa vie volée, aucun détail… ça ce sera aux scénaristes de la série de se creuser la tête pour étoffer la psychologie des personnages. UN LIVRE QUE VOUS POUVEZ NE PAS LIRE. AU BOUT DE 60 PAGES, j’ai compris que j’allais juste y perdre mon temps à cette lecture, QUE C ETAIT TOUT SIMPLEMENT… MAUVAIS de bout en bout. Après j’ai lu pour en voir les rebondissements, la manière dt l’histoire serait développée. PASSEZ VOTRE CHEMIN. je mettrais une note de 0,5 sur 10 si je devais noter le truc (et encore je me demande pourquoi…) Et je recommande chaleureusement REPLAY de Ken Grimwood, un peu sur le même thème (qu’aurait on changé dans notre vie si nous en avions eu l’opportunité). Un livre qui passe par qq longueurs mais qui vous hante pendant longtemps par le questionnement existentiel qu’on y trouve et l’attachement qu’on peut développer pour les personnages. Voilà pour mon avis 🙂

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    • Si, si, ce type de staccato est un style, à la James Ellroy. Il ne te convient peut-être pas (à moi non plus, en temps normal, à vrai dire), mais de là à faire passer ça pour de la sténo, il ne faut pas exagérer non plus. Idem pour la psychologie des personnages, dire qu’elle n’est absolument pas développée est extrêmement exagéré. Ou alors (et tu l’avoues toi-même) c’est que tu juges ce livre non pas pour ce qu’il est mais en comparaison avec Replay. Le piège classique, quoi : certes, je suis le premier à dire qu’il faut situer un bouquin par rapport à ceux du même genre, mais il faut aussi (et surtout, en fait) savoir l’évaluer en valeur absolue, pas relative.

      Pour le reste, pour un type de 39 ans, il me semble que cela fait au bas mot 29 d’entre eux que tu aurais dû comprendre la différence entre « j’aime pas » et « c’est mauvais » (surtout que tu es très seul sur ce cas : la note sur Goodreads est de 4.1/5 sur près de… 117 000 notations), même si, dans de rares cas, un livre sera « techniquement » si mauvais que la différence n’aura pas lieu d’être. Ce qui n’est pas le cas ici. Et j’ajoute que je n’ai aucun problème à ce que tu exprimes ton avis sur ce livre chez moi, mais par contre, que tu me sortes une critique complète de deux kilomètres de long qui aurait plus eu sa place sur Babelio, livraddict, amazon, goodreads et compagnie, là je ne suis pas forcément d’accord. Ici, ce n’est ni un forum, ni un réseau social pour lecteurs, et surtout pas une tribune publicitaire.

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      • Je suis tombé par hasard sur la critique de Black Master sur votre site au cours de mes pérégrinations sur internet à me trouver un très bon roman de SF à lire. Du coup n’ayant pas apprécié du tout ce livre et n’ayant pu exprimer mon point de vue ni en discuter après lecture avec quelqu’un, jetais ravi d’en finir pouvoir poster avis dessus qq part ! Après pour m’être un moment promené sur votre site j’avoue : que vous m’avez épaté par le nombre de romans que vous avez pu lire et critiquer et que je n’ai pas cette habitude que vous avez sitôt un livre terminé d’en écrire une critique structurée et circonstanciée. Et merci aux auteurs et passionnés de lecture comme vous de le faire !
        Pour revenir à Black matter, ce livre m’est simplement tombé des mains… J’aurais pu masquer et transformer mon propos en disant du livre qu’il s’agit d’un « bon divertissement » et accessoirement d’un bon « page turner », d’un livre qu’on a du mal à lâcher une fois lancé dedans. Sauf que mon sentiment principal à été : mais quel dommage ! Quel dommage cette impression de lire le scénario d’une piètre série tv, qu’aucun moment intime ou personnel de ce couple ne nous soit narré pour que l’on s’attache à ce personnage principal, que toute son énergie ne soit mise que dans l’intrigue, l’action, les possibles rebondissements. C’est simplement que mon avis quant à l’auteur était rapidement forgé: ce type n’a aucun talent de conteur ni d’écriture. Passées les 60 premières pages, je me suis « forcé » à lire l’intégralité du livre comprenant qu’il n’était pas selon mon goût du tout (qu’il ne répondait pas à mes exigences) pour avoir le fin mot de l’histoire. De bons rebondissements ? Il y en a. Mais j’ai vraiment eu cette désagréable impression d’un roman de piètre piètre qualité littéraire et d’une personne plus douée à échafauder des scénarios et nous ayant mis là sur papier la base d’une série tv populaire /divertissante du genre de 24heures ou Heroes qu’autre chose. Tous les goûts sont dans la nature ! Je saurais maintenant où aller poster mes avis suite à une lecture (les sites que vous avez mentionnés) et ma foi si vous trouvez mes messages pas à leur place sur votre site, j’en serai un peu chagriné mais vous pouvez les en effacer. Et il est vrai que Replay avait été un gros coup de cœur pour moi, le roman 22.11.63 de Stephen King m’a aussi procuré un énorme plaisir de lecture (malgré qq moments creux à miparcours) dans le thème un peu similaire du ‘s’il était possible de refaire l’histoire, qu’y changerez vous ?…’ Je vous en recommande la lecture si vous ne l’avez pas déjà lu. Bien à vous

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