Far from the light of Heaven – Tade Thompson

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Un roman qui porte bien son nom !

Far from the light of Heaven (à paraître le 2 mars 2022 chez J’ai Lu, dans la collection Nouveaux Millénaires, sous le titre Loin de la lumière des cieux) est le nouveau roman de Tade Thompson, connu pour sa trilogie Rosewater (toujours chez J’ai Lu) et pour le cycle Molly Southbourne (édité, lui, par le Bélial’). La postface nous apprend que l’auteur s’est inspiré de Double assassinat dans la rue Morgue d’Edgar Allan Poe, mais en poussant le concept de l’énigme en chambre close au maximum, c’est-à-dire en le transposant dans l’environnement clos ultime, à savoir l’espace (il faut croire qu’il n’a jamais lu Fritz Leiber, qui, lui, l’applique carrément à un univers de poche temporairement coupé de sa connexion à notre cosmos). Heureusement que Tade Thompson a eu ce, hum, coup de génie, ce n’est pas comme si la SF employait ce trope depuis quoi, des décennies ? Mais bon, la même postface explique que les tropes science-fictifs n’étant pas réalistes, il a voulu s’en affranchir, qu’il a fait beaucoup de recherches sur les vrais astronautes, mais qu’en même temps, son bouquin n’est pas un magazine de vulgarisation scientifique. Donc en gros, c’est de la Hard SF, mais Soft SF. Ah, et puis oui, c’est lui qui le précise, le consensus entre lui, son éditeur et son chat (et je ne plaisante absolument pas), c’est que ce n’est pas un Space Opera. Bref, pour reprendre les mots désormais éternels autant que légendaires de Romain Lucazeau, « Quand c’est trope, c’est tropico ».

Alors la visible inculture SF de l’auteur mise à part, est-ce un bon roman ? Absolument pas ! Premièrement, il souffre terriblement de la comparaison avec le cycle Molly Southbourne, où Thompson faisait preuve d’une puissance narrative et d’une virtuosité dans le maniement des thématiques tout à fait bluffante. Ici, la narration est balourde et les thématiques délivrées avec un tel manque de subtilité qu’on se pose la question de savoir si on a réellement affaire au même auteur (là aussi, la postface est sidérante : Thompson y déclare notamment « I try to lean away from aliens being Other because that’s tied up with colonialist thinking », et nous sort une diatribe contre la récupération des recherches nazies pour l’appliquer à l’astronautique, connaissances qui ont alimenté les programmes spatiaux US et soviétiques ; on peine à comprendre ce que ce genre de discours fait là, d’autant plus que s’il connaissait son Histoire, il saurait que les recherches japonaises ont autant contribué au dit programme que celles des nazis : lisez Ken Liu, lui le démontre très bien dans l’excellent L’homme qui mit fin à l’Histoire). Si on ajoute à cette postface les thèmes développés dans le roman proprement dit, à savoir les méfaits du capitalisme et un message écologiste lourdement appuyé (et anti-industrie minière), on se retrouve avec un bouquin plus calibré pour cocher, avec de gros sabots, toutes les cases agréant aux jurys des prix littéraires anglo-saxons que pour faire preuve du centième de l’intelligence éblouissante manifestée dans le cycle Southbourne. Pire encore, le principal moteur narratif est le trope des tropes en littérature de l’imaginaire, voire dans les romans tout court (la vengeance), le livre donne une désagréable impression d’être un sous-Peter Hamilton (et pas le meilleur de cet auteur, plutôt ses dernières et très passables productions), et à part sur la fin, on s’ennuie mais alors carrément.

Tout ça pour vous dire que quand ça sortira en français, si vous voulez lire un (bon) Whodunit dans l’espace, achetez-vous plutôt La troisième griffe de Dieu d’Adam-Troy Castro, vous vous rendrez service, et que si vous voulez lire du (bon) Thompson, faites l’acquisition des Molly Southbourne, c’est carrément d’un autre niveau et ça ne s’embarrasse pas d’un message idéologique balourd qui n’a rien à faire là. Lire la suite

Sur la route d’Aldébaran – Adrian Tchaikovsky

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Sur la route de brique jaune

Le 18 novembre 2021 marquera la sortie, dans la collection Une heure-lumière des éditions du Bélial’, d’une novella d’Adrian Tchaikovsky, Sur la route d’Aldébaran. Si l’auteur a déjà été plusieurs fois traduit en France (par Denoël) dans la forme longue (cf Dans la toile du tempsDans les profondeurs du temps et Chiens de guerre), c’est en revanche la première fois qu’il bénéficie d’une publication en français dans la forme courte et par la maison d’édition mammésienne.

Si vous suivez ce blog depuis quelques années, vous savez que la production de l’auteur est à la fois pléthorique et d’une qualité de plus en plus variable : l’excellent (Dans la toile / Dans les profondeurs du temps), pour ne pas dire indispensable, y côtoie, hélas de plus en plus souvent, des textes au mieux passables, au pire complètement dispensables (j’ai abandonné le roman Shards of Earth au bout de quelques dizaines de pages et ne cherche même plus à lire systématiquement, comme je le faisais à une époque, les 3-5 sorties annuelles de Tchaikovsky). Sur la route d’Aldébaran, s’il n’atteint pas le niveau stratosphérique du cycle Dans la toile du temps, reste cependant un court roman de très grande qualité, parfaitement recommandable et tout à fait digne de traduction.

Une tendance de fond, ces dernières années, des livres de Tchaikovsky est de remettre au goût du jour d’anciens sous-genres, thématiques ou tropes de la SF (c’est particulièrement visible dans Cage of souls), sans parler de nombreux hommages ou références à des œuvres science-fictives emblématiques. Avec Sur la route d’Aldébaran, il réussit l’incroyable mélange du Magicien d’Oz, du mythe grec du Labyrinthe, de Cube 2 : Hypercube, de La grande porte de Frederik Pohl, de L’homme dans le Labyrinthe de Robert Silverberg, de la SF à Big Dumb Objects et du thème du « Piège cosmique », et peut-être surtout des chemins Silfens de Peter Hamilton. Très référencé, le livre cite ou évoque Frank Zappa, le Capitaine Kirk, Alien2001, Lovecraft, Blade runner et Star Wars. Même s’il joue sur le registre de l’Horreur, qu’elle soit cosmique ou gore, il n’est pourtant pas dépourvu d’humour, même s’il est parfois bien noir. On aurait pu craindre qu’une novella si pleine de références et d’hommages à des livres / films / séries antérieurs soit trop peu originale pour convaincre : il n’en est rien. Tchaikovsky a déjà prouvé qu’il pouvait écrire des textes qui devaient beaucoup à des auteurs antérieurs et qui, pourtant, sublimaient ces influences, allaient plus loin que ces inspirateurs. C’est aussi le cas ici. Le rythme des révélations est très bien dosé, il y a des pièges qui vous conduisent à penser telle chose alors que, si vous avez effectivement raison, c’est votre chronologie des événements qui est mauvaise, et certains twists finaux ne se voient pas forcément venir (même s’il y a des indices pour les gens très attentifs). C’est aussi un texte très immersif car nous plaçant vraiment dans la tête du narrateur, en plus (le récit à la première personne du singulier aidant aussi bien sur ce plan là).

Bref, si vous aimez la Science-Fiction à l’ancienne (ou qui en a le parfum, du moins) et l’Horreur en science-fiction, je vous conseille très vivement la lecture de cette novella de SF horrifique. Je l’ai, pour ma part, lue à sa sortie en anglais, il y a deux ans et demi, et celles et ceux d’entre vous qui voudront en savoir plus à son sujet pourront se référer à ma critique complète de la VO.

Au passage, si la thématique « Vers une autre étoile, en marchant » vous fascine, j’en ai récemment parlé dans un mini-guide intégré dans cet article.

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Vision aveugle – Peter Watts

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La réédition tant attendue d’un chef-d’œuvre absolu !

Depuis plusieurs années (la preuve), je vous parle de Vision aveugle de Peter Watts, qui est, immédiatement après Hypérion, le livre de SF le plus important dans mon panthéon personnel. Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que ce n’est pas le genre de « distinction » que j’attribue à la légère, ce qui devrait vous situer le niveau de l’ouvrage. Qui n’était plus disponible depuis, oh, plus que ça, mais que Monsieur Bélial’ a l’excellente initiative de rééditer le 23 septembre 2021, dans une nouvelle mouture à la couverture dessinée par Manchu (la plus fidèle aux descriptions faites dans le roman et à son ambiance qu’il m’ait été donné de voir, éditions françaises ou anglo-saxonnes confondues), dotée d’une demi-douzaine d’illustrations intérieures signées Thomas Walker (le tout étant esthétiquement superbe), préfacée par l’auteur en personne et agrémentée d’une nouvelle supplémentaire. Le fait que mon deuxième roman de science-fiction préféré ne bénéficie pas sur le Culte d’une critique en bonne et due forme aux standards actuels de ce blog étant une anomalie, j’ai décidé de la corriger et de vous donner, je l’espère (vraiment !) envie de découvrir ce livre incroyable.

Je viens de lire ce roman pour la troisième fois, et même en connaissant les tenants et les aboutissants, eh bien ça a été à nouveau la claque. Là aussi, ça vous situe le niveau. Et cette relecture a été riche en nouveaux éléments d’analyse, car ayant lu la trilogie Rifteurs depuis la précédente (qui avait eu lieu un peu avant la sortie d’Échopraxie), j’ai pu percevoir des parallèles Vision Aveugle / Rifteurs qui m’avaient évidemment échappé avant. Mais de façon plus générale, je pense que, d’une part, un roman, quel qu’il soit, ne s’apprécie vraiment qu’à la relecture, et que d’autre part, Vision aveugle est d’une telle richesse et flamboyance que, ébahi et émerveillé par tant d’intelligence (j’y reviendrai) lors de la lecture initiale, la remarque est doublement valable pour les bouquins de sa trempe (la trilogie Martienne de Kim Stanley Robinson, etc). Bref, à lire… et à relire ! Lire la suite

Jack Four – Neal Asher

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Survivor

Jack Four est le dernier roman en date de Neal Asher, sorti le 10 juin 2021. Il s’inscrit au sein du vaste cycle Polity, mais n’est pas lié à un de ses sous-cycles : c’est un standalone, comme Prador Moon, Drone (bien que, pour ma part, je considère ce dernier comme le tome 0 du sous-cycle Agent Cormac), Hilldiggers et The technician (ces deux derniers seront critiqués sur ce blog avant fin 2022, normalement. Et en général, pour ce qui est des romans de Neal Asher, que je lis toujours avec grand plaisir, ces prédictions sont respectées). Ce qui veut dire que vous pouvez vous lancer dedans sans avoir rien lu d’autre, l’auteur expliquant d’ailleurs succinctement mais efficacement les bases de son univers (Prador – Polity – virus Spatterjay).

Après l’énormissime The human, sans nul doute le chef-d’œuvre d’Asher, je me demandais comment ce dernier allait pouvoir faire aussi bien, et je m’attendais donc « forcément » à quelque chose de moins bon. Si Jack Four n’est « évidemment » pas aussi bon, il reste tout de même très prenant (surtout dans sa première moitié, comme nous allons le voir), bien qu’à mon avis un peu trop long sur la fin, trop surchargé en combats dans sa deuxième moitié, et avec une révélation finale téléphonée. Pourtant, dans mon panthéon personnel, l’auteur britannique a su se faire une place au sein de mes valeurs sûres, aux côtés des David Weber et autres Peter Hamilton, des auteurs auxquels je reviens toujours avec plaisir et en toute confiance en sachant que même un roman « moyen » émanant de leur plume va me faire passer un très bon moment. Et cela a été le cas ici. Lire la suite

La troisième griffe de Dieu – Adam-Troy Castro

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Classique, prévisible, mais particulièrement bien réalisé et très prenant

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un service de presse fourni par Albin Michel Imaginaire : merci à l’éditeur et à Gilles Dumay !

Le 2 juin 2021, paraîtra La troisième griffe de Dieu, second tome du cycle Andrea Cort, après le très bon Émissaires des morts (clic et clic). Comme ce dernier, il s’agit en fait d’un recueil qui comprend, outre le roman éponyme, une novelette, Un coup de poignard, qui se place entre les romans 2 et 3. Ce qui est amusant, c’est que si, sur certains points, ma critique de ce second tome pourrait être identique à celle de son prédécesseur (en terme de prévisibilité, principalement, mais aussi de qualité globale), j’ai, cette fois, eu une impression complètement inverse sur un plan précis : autant, dans le recueil Émissaires des morts, j’avais trouvé qu’Adam-Troy Castro était plus pertinent dans la forme courte que dans la longue, autant là j’ai eu un sentiment totalement opposé, ayant trouvé le roman La troisième griffe de Dieu proprement dit à la fois très maîtrisé et très réussi, mais m’interrogeant, par contre, sur l’utilité de la nouvelle Un coup de poignard, que j’ai trouvée assez anecdotique (elle sert apparemment à introduire un personnage récurrent dans une demi-douzaine d’autres textes courts de l’auteur).

Précision importante : Castro fait un rappel, (très habilement) intégré au texte, des événements relatés dans le roman et les nouvelles précédentes, ce qui fait que théoriquement, vous pourriez presque lire ce tome 2 de façon isolée. Mais (parce qu’il y en a un, et un gros) vous y perdriez une partie de ce qui fait l’intérêt du nouveau bouquin, à savoir mesurer l’évolution psychologique et sociale considérable de Cort. Je vous conseille donc vraiment de lire l’intégralité du cycle, et dans l’ordre. Lire la suite

Dans les profondeurs du temps – Adrian Tchaikovsky

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Aussi sidérant que cela paraisse, Tchaikovsky fait ENCORE MIEUX qu’avec Dans la toile du temps !

Profondeurs_temps_TchaikovskyLe 9 juin 2021, paraîtra dans la collection Lunes d’encre des éditions Denoël le très attendu Dans les profondeurs du temps, suite de l’excellent Dans la toile du temps. Avec ce dernier, Adrian Tchaikovsky avait placé la barre très haut, et rien que le fait de proposer un tome 2 d’aussi bonne qualité aurait déjà été méritoire. Eh bien croyez-le ou non, mais le britannique a fait mieux. Et pas dans de petites proportions, qui plus est. Si vous avez aimé le tome 1 de ce cycle, je vous conseille vraiment de vous ruer sur cette suite, qui étend beaucoup cet univers (et sa fin vertigineuse promet de très belles choses pour le tome 3 !).

Celles et ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus pourront se référer à ma très complète critique de la VO. Il me faut d’ailleurs vous avertir : elle évite soigneusement de dévoiler la nature d’une des espèces impliquées dans l’intrigue, mais cela ne sera pas le cas de toutes les chroniques de la version anglaise qui sont déjà présentes sur le net (ou de celles de la VF qui vont débarquer via les SP dans les tout prochains jours). Lire certaines recensions sur ce roman est donc à vos risques et périls si vous souhaitez garder le maximum de surprises ! Lire la suite

L’armada de marbre – Gareth L. Powell

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Loin d’être dépourvu de défauts, mais pourtant très prenant !

armada_de_marbre_powellAprès une pause en 2020 due à ce satané Covid, la publication du cycle Braises de guerre reprend chez Denoël, dans la prestigieuse collection Lunes d’encre, puisque le 14 avril 2021, paraîtra le second tome, L’armada de marbre, qui fait suite à Braises de guerre (le roman), qui était un bouquin certes prévisible, certes très (trop ?) inspiré par Iain M. Banks, mais aussi et surtout franchement prenant et, en fin de compte, un  (New) Space Opera parfaitement recommandable.

J’ai, pour ma part, lu ce deuxième volet en anglais il y a deux ans, et voilà quel était mon sentiment à son sujet (l’intégralité de ma critique est lisible sur cette page) : ce second tome du cycle Braises de guerre reprend les qualités et les défauts de son prédécesseur ; écriture d’une fluidité remarquable, très agréable, personnages solides et sympathiques, Space Opera plus qu’honnête, mais aussi sans doute trop inspiré par quelques maîtres, au premier rang desquels se trouve (le regretté) Iain M. Banks et, sur ce tome en particulier, la saga Alien. On ajoutera que le scénario de ce tome 2 était prévisible dès la fin du 1, et qu’il comprend deux points pas forcément d’une logique folle. Pourtant, je persiste à conseiller ce roman et ce cycle, car tout compte fait, l’ensemble reste vraiment très plaisant et un Space Opera qui, sans révolutionner le genre ou marquer l’émergence d’un nouveau maître (pas pour le moment, en tout cas), demeure tout à fait valable.

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Anthologie Apophienne – épisode 10

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce dixième épisode, nous allons parler, comme souvent dans l’Anthologie Apophienne, d’un texte de Lovecraft (même si celui-ci est assez particulier), mais aussi de Hard SF et de la nouvelle qui, excusez du peu, a lancé la carrière de Dan Simmons ! Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

L’écart des missiles – Charles Stross

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Disco volante

missile_gap_strossJ’ai déjà parlé, sur ce blog (dans la critique de A colder war), du projet Exoglyphes, qui s’est donné pour mission (pour ne pas dire sacerdoce) de traduire les « causes perdues » de la SFFF, les textes qui, bien que de grande valeur, n’intéressent pas les éditeurs (ou ne sont pas jugés potentiellement rentables, difficilement traduisibles, etc). Et en 2020, les membres d’Exoglyphes ont pour ambition d’en ajouter une belle à leur tableau de chasse, déjà bien fourni, à savoir le formidable Ribofunk de Paul Di Filippo, dont je n’ai jamais compris pourquoi il n’avait pas bénéficié d’une VF, tant c’est un recueil fondamental dans les domaines du Biopunk et plus généralement du Postcyberpunk. Si je vous reparle de tout cela aujourd’hui, c’est qu’Exoglyphes met à disposition gratuitement et en français la version électronique d’une novella de Charles Stross, appelée Missile Gap en VO et L’écart des missiles en VF, que vous pourrez récupérer ici.

Ce court roman réunit plusieurs motifs récurrents chez Stross : le sense of wonder spatio-temporel, les barbouzes (y compris, parfois, de l’occulte) et la Guerre Froide revue selon le prisme de la SFFF. Il aborde un nombre considérable de thèmes science-fictifs, dans une perspective semblant mêler Robert Charles Wilson et Arthur C. Clarke (pour ce dernier, on pense à un texte précis, même si je ne peux vous en parler sans divulgâcher la fin). Et émerveillement, il y a : rien que le contexte / le postulat de départ sont époustouflants, sans parler de certains éléments du reste du texte (dont la fin) ! Lire la suite

La chose – John W. Campbell

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Un texte d’une étonnante modernité

la_chose_campbellQuiconque s’est intéressé, même vaguement, à l’histoire de la SF (ou quiconque a lu le numéro 94 de Bifrost) sait que John W. Campbell y a une importance capitale via ses activités de rédacteur en chef, de découvreur et promoteur de talents littéraires (Asimov, van Vogt, Heinlein, etc : excusez du peu !). Mais il était aussi auteur (comme Pierre-Paul Durastanti, également traducteur du texte dont je vais vous parler aujourd’hui, l’explique fort bien dans sa préface), et il a donné au genre une histoire qui sera rendue légendaire par une de ses trois adaptations cinématographiques, à savoir The thing de John Carpenter. Parue en… 1938, La chose (ici proposée par le Belial’ dans une traduction inédite) est une novella d’une étonnante modernité, un précurseur de la SF horrifique, et un des grands classiques du genre dans son ensemble. Malgré son ancienneté, c’est donc un court roman tout à fait digne d’être lu, surtout si vous avez apprécié le long-métrage de Carpenter et souhaitez revenir à ses sources.

J’en profite pour rappeler que d’une certaine façon, La chose avait déjà été mis en lumière, cette fois indirectement, par les mêmes Béliaux il y a quelques années, puisque un des textes du recueil Au-delà du gouffre de Peter Watts, paru chez cet éditeur, se plaçait cette fois du point de vue de la créature. J’imagine donc que lire les deux à la suite peut s’avérer être une expérience digne d’intérêt  😉 Vous apprendrez par contre avec… eh bien terreur qu’une suite au texte de Campbell est en cours d’écriture par John Gregory Betancourt (source), c’est-à-dire l’auteur de ce massacre qu’est le prélude des Princes d’Ambre de Zelazny : ça promet ! (ou pas…). Lire la suite