La légion – Jamie Sawyer

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Une demi-déception

legion_lazareLa légion est le second tome de la trilogie Lazare en guerre, après L’artefact, une SF militaire dont je n’attendais rien de particulier et qui, au final, s’est révélée être une très bonne lecture. Sachez (et c’est suffisamment rare pour être souligné et salué) que l’Atalante va publier, au mois de Novembre, la novella Rédemption, qui sert de tome « 2.5 » à ce cycle (dans la plupart des cas, les éditeurs français ne traduisent jamais les nouvelles et romans courts qui, de plus en plus souvent, complètent les romans auxquels ils ou elles sont rattachés).

Deux ans après les événements du tome 1, Conrad « Lazare » Harris et son équipe sont à nouveau envoyés sur un site Bribe, cette fois dans l’espace. Alors que son prédécesseur était inspiré par Joseph Conrad, Aliens et Avatar, La légion se balade, lui, entre Terminator, Hypérion, Le sens du vent et Vision aveugle. Je le disais, alors que j’ai abordé le tome 1 sans attentes particulières et que j’ai été impressionné par cette lecture, cette fois j’attendais beaucoup (trop, sans doute) de ce tome 2… et j’en sors à-demi déçu. Il s’agit toujours d’une très bonne SF militaire, mais qui manque cette fois de la profondeur qui faisait l’intérêt du tome précédent. Lire la suite

Une nuit sans étoiles – Peter Hamilton

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Retour aux fondamentaux

hamilton_fallers_2Une nuit sans étoiles est la deuxième partie du diptyque Les naufragés du Commonwealth, après L’abîme au-delà des rêves. Après l’énorme rebondissement de la fin de ce dernier, il nous aura donc fallu patienter un an et demi pour connaître la suite de cette histoire, qui met (provisoirement, sans doute, puisque Peter Hamilton n’exclut pas d’y revenir dans le futur -contrairement à certaines rumeurs-) un terme à l’exploration de l’univers du Commonwealth par l’auteur. Il a en effet annoncé que sa prochaine trilogie (Salvation) se situerait dans un contexte inédit.

Ce second roman se déroule (pour l’essentiel) 265 ans après la fin du tome 1. Il mélange nouveaux personnages et anciens du meta-cycle du Commonwealth (qui comprend les cycles de Pandore, du Vide et le présent diptyque). Mais surtout, le plus important est qu’après un tome 1 qui cassait en partie les codes Hamiltoniens, celui-là revient sagement aux fondamentaux.

J’attire votre attention sur le fait qu’il est impossible de chroniquer ce tome 2 sans spoiler la fin du 1. Si vous n’avez pas encore achevé ce dernier, je vous conseille vivement de passer directement à la conclusion.  Lire la suite

L’abîme au-delà des rêves – Peter F. Hamilton

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Hamilton fait sa Révolution et nous livre son meilleur roman à ce jour

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Voilà une nouvelle production de Peter Hamilton extrêmement inhabituelle, qui défie les standards qu’il a lui-même établis. Jusque là, il nous a proposé soit des romans simples (Dragon Déchu, La Grande Route du Nord), soit des cycles complets, en général en trois volumes. Etant donné la taille de la totalité de ces romans, l’édition française les a le plus souvent coupés en deux tomes chacun (certains dépassent les 1000 pages en édition anglaise). Rien de tout cela ici. Ce nouveau cycle ne comptera que deux tomes en VO, et ce premier tome ne fait « que » 645 pages.

Il est donc évident, dès qu’on a fait ce constat, que Hamilton a changé quelque chose à son écriture. Jusqu’ici, il avait l’habitude, dans les grands cycles comme l’Aube de la Nuit, Pandore ou le Vide, de consacrer des chapitres entiers à présenter les protagonistes, la menace contre laquelle ils vont se battre et les lieux de l’action. Rien de tout cela ici, et ce pour deux raisons. D’abord, certains protagonistes (Nigel Sheldon et Paula Myo) sont déjà connus de ses fidèles lecteurs. Ensuite, pour les nouveaux personnages (ceux du vaisseau Brandt ou ceux de la planète Bienvenido), on les découvre désormais progressivement au travers de l’action. Et ça, mine de rien, c’est un changement colossal, car ça change complètement le rythme de l’action et du roman. Un Hamilton, jusqu’ici (à part à la rigueur Dragon Déchu), c’était le Boléro de Ravel, une lente mais inexorable montée en puissance du rythme et de l’action. Dans l’Abîme, ça ressemble plutôt à un morceau de Metallica, ça commence en mid-tempo et ça finit à 200 à l’heure. Lire la suite