Apophis Box – Septembre 2021

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag.

Un couple de blogueurs : les Cave Trolls

Alors normalement, dans la rubrique « Un blogueur / une blogueuse » de l’Apophis Box, on parle de gens qui, selon moi, n’ont pas des blogs connus / reconnus / fréquentés, que ce soit par le public ou l’édition, à la hauteur de la qualité de ce qu’ils / elles proposent. Rien de tel pour Au pays des Cave Trolls, qui reçoit plusieurs dizaines de milliers de visites par an, bénéficie d’assez de SP pour remplir deux fois la caverne de Smaug, dont un des membres écrit pour le prestigieux site d’ActuSF, et qui est un blog apprécié et respecté de tous, directeurs de collection, autrices et auteurs, autres membres de la blogosphère, et j’en passe. Logiquement, j’aurais donc dû vous parler aujourd’hui d’un autre site, qui lui, aurait un vrai besoin d’un coup de projecteur. Seulement voilà, les Trolls des cavernes ont de gros marteaux de guerre, et ils n’hésitent pas à s’en servir. Il est donc plus prudent de ne pas les énerver !

Contrairement à l’écrasante majorité des blogs ou sites dont je vous ai parlé jusqu’ici dans l’Apophis Box, Au pays des Cave Trolls est vraiment multi-rédacteurs, puisque non seulement deux personnes (Célinedanaë -Céline- et Lhotseshar -Bruno-) y rédigent des articles, mais que, même si l’une (Céline) en écrit plus que l’autre, la contribution de Bruno n’est pas aussi mineure (en terme de nombre d’articles) que pour les rédacteurs autres qu’Alfaric sur Les portes du multivers, par exemple, ou que pour les autres membres de l’équipe du Bibliocosme que Boudicca et Dionysos. Et ce qui est très intéressant, c’est que certaines fois, les deux donnent leur avis (parfois divergent !) sur le même livre, ce qui, pour leurs lecteurs, a le bénéfice de proposer deux points de vue différents sur la même œuvre sur un seul et unique blog.

Un autre point remarquable sur Au pays des Cave Trolls est la diversité des types d’articles : on y trouve des critiques de romans de SFFF, bien sûr, mais aussi de jeux de société / de rôle, de films / séries, de BD, et j’en passe, même si les littératures de l’imaginaire s’y taillent la part du lion. J’attire tout particulièrement votre attention sur une série d’articles thématiques (que vous pouvez trouver dans ce sous-menu), consacrés pour la plupart à des créatures emblématiques de la SFFF (mais pas que), extrêmement complets et détaillés. Pour avoir écrit ce genre de papier, pour le Culte ou ailleurs, je suis à même de mesurer le travail colossal de recherche, synthèse et rédaction que cela représente, et n’en suis que plus admiratif devant l’excellence du résultat : bravo !

Pour en découvrir plus sur les mœurs des Trolls des cavernes, c’est par ici !

Micro-guide de lecture : GR ∞, les étoiles… par la route ! *

* Gravity’s gone, Drive-by Truckers, 2006.

Quand le grand public pense « Science-Fiction », une des premières images, sinon LA première, qui lui vient à l’esprit est celle d’un astronef, Faucon Millenium ou Enterprise, selon ses préférences personnelles, voire le Galactica. Le connaisseur de SF, lui, sait bien entendu que le genre est très loin de se réduire à des contextes multi-planétaires où ce véhicule est un élément cardinal de la civilisation, du transport, du commerce, de la guerre, et ainsi de suite. J’ai d’ailleurs, il y a quelques années, consacré un article de fond à la place du vaisseau spatial dans la SF. Et pourtant, il existe des univers où une personne peut se rendre d’un système stellaire (voire d’une galaxie) à un autre sans utiliser un astronef, soit parce que ces derniers n’existent pas, soit parce qu’ils cohabitent avec d’autres moyens de franchir les gouffres interstellaires. Je vous propose d’en découvrir quelques exemples dans ce micro-guide de lecture !

Parlons d’abord, évidemment, de Dan Simmons. Dans son cycle des Cantos d’Hypérion, bien qu’il utilise un certain nombre de vaisseaux, l’auteur américain semble prendre un malin plaisir à leur enlever une partie de leur importance, décrivant deux moyens différents de se rendre d’un monde à l’autre sans les employer. Il y a tout d’abord les Distrans (géniale traduction de Farcaster), des portails entre deux points différents de l’espace. Vous pouvez les franchir à pied, bien sûr, étant sur une planète au début de votre mouvement puis sur une autre une fois votre pas achevé et le seuil du portail franchi. Mais l’auteur, et le gouvernement de l’Hégémonie humaine qui les utilise, est plus ambitieux et créatif que cela : on a créé ce que l’on appelle le Fleuve Téthys, formé par des bouts de rivières (voire des zones d’océan !) situées sur des dizaines de mondes différents, reliés entre eux par des Distrans ouverts en permanence. Ainsi, vous pouvez vous balader d’une zone de la galaxie à l’autre… en jonque, hors-bord, pédalo ou sur un radeau ! Plus fort encore, les gens richissimes (comme un des protagonistes, du moins à un stade de sa vie) peuvent posséder ce que l’on appelle des maisons Distrans : cette fois, les portails permanents relient entre elles les différentes pièces d’une même habitation, chacune étant située sur une planète différente. L’auteur, là aussi, s’amuse à décrire des curiosités architecturales, comme un escalier qui descend dans une tour ou les toilettes situées sur un radeau dérivant sur les océans presque « sans limites » de Mare Infinitus.

Dans la seconde moitié de sa tétralogie, Simmons va encore plus loin, puisque un de ses autres personnages possède le pouvoir de se déplacer par lui-même (sans machinerie comme un portail Distrans, et donc sans vaisseau également) entre les mondes, par le seul pouvoir de sa volonté (et de son sang bien particulier), l’application ultime de ce concept « les étoiles… par la route ». Presque un quart de siècle plus tard, Simon Jimenez écrira, avec Un cantique pour les étoiles, (un bien pâle ersatz de L’éveil d’Endymion de Simmons, un des romans de SF les plus émouvants de l’histoire du genre, et de loin), un livre similaire, où c’est, cette fois, un jeune garçon mutique dont le sang donnera aux Corporations le pouvoir de franchir les gouffres interstellaires instantanément.

Autre spécialiste incontesté du « les vaisseaux pourquoi pas, mais alors le moins possible », Peter Hamilton. Dans ses univers de Pandore / du Vide (9 romans en français), de La Grande Route du Nord (2 volumes) et de Salvation (3 tomes), il utilise des portails à trous de ver ou à intrication quantique, selon le cas, pour permettre le passage d’une colonie extrasolaire à l’autre ou depuis la Terre. Mais lui donne à la chose une dimension industrielle, de masse, qui n’existait pas forcément (ou en tout cas n’était pas montrée) chez Simmons : chez le britannique, ce sont des trains entiers, de passagers et de marchandises, qui franchissent quotidiennement des dizaines de portails. L’auteur décrit aussi ce qu’il appelle des chemins Silfens (du nom d’une race extraterrestre), qui, comme leur nom le suggère, sont des sentiers pouvant vous mener des forêts d’un monde à celles d’un autre, le tout graduellement et sans que vous ne vous en rendiez toujours compte (ce qui peut conduire aux problèmes que vous imaginez), grâce à une forme plus subtile (et à la machinerie invisible) de trou de ver (du moins, on le suppose). Imaginez que vous êtes sur le GR 20 en Corse, ou sur le GR65 en route vers Compostelle, et qu’alors que vous traversez un bois, vous vous retrouvez bien contre votre gré sur ce que l’on pourrait appeler le « GR ∞ », passant de monde en monde simplement en marchant : excitant (mais terrifiant), non ?

Dans la trilogie Skyway de John DeChancie, les humains découvrent, sur Pluton, un tronçon de route bâti par de mystérieux extraterrestres, qui, par des portails à sens unique, mène de monde en monde, franchissant en un instant les années-lumière. Nul ne sait où la Skyway commence et finit, et aucune carte de l’ensemble de son tracé (seulement de quelques sections locales très limitées) n’existe. L’humanité s’est étendue le long de cette autoroute céleste, rencontrant d’autres races aliens en chemin. Les romans du cycle suivent Jake, un chauffeur de « camion » (énorme, alimenté par la fusion nucléaire, pouvant évoluer dans le vide et doté d’une IA qui n’est autre que la conscience téléchargée du père de Jake !) parcourant cette route des étoiles, alors qu’il a de gros ennuis car tout le monde est persuadé qu’il possède LA carte, alors… que ce n’est pas le cas !

Enfin, mentionnons Sur la route d’Aldébaran, novella d’Adrian Tchaikovsky à paraître en français aux éditions du Bélial’ le 18 novembre 2021 dans la collection Une heure-lumière. Dans ce texte de SF horrifique très immersif et très recommandable (mais pas dépourvu d’humour, même s’il est parfois bien noir), un astronaute humain se retrouve enfermé dans un artefact extraterrestre de la taille de la Lune, percé d’innombrables passages menant chacun sur d’autres mondes. Un lieu où l’on peut, en marchant, franchir sans même s’en rendre compte des distances interstellaires, voire intergalactiques, un infernal labyrinthe qui a peut-être les dimensions de la Voie Lactée, un abominable piège cosmique. Bref un court roman qui, s’il n’est pas tout à fait à la hauteur des meilleures productions de l’auteur (dont le fabuleux Dans les profondeurs du Temps), reste tout de même de très haut niveau au sein de sa pléthorique production (et le mot est faible, à tel point que même Feyd et moi avons cessé de vouloir tout lire !). Les plus impatient(e)s d’entre vous (ne niez pas…) peuvent d’ores et déjà aller lire ma critique de la VO  😉

L’œil de Heh – Demain et le jour d’après / Le magicien quantique

Il y a quelques années, j’ai créé sur ce blog une série d’articles, L’œil d’Apophis, destinée à remettre en avant des romans anciens et oubliés, négligés. Il y a quelques mois, j’ai créé une série parallèle, L’œil de Sekhmet, plus spécifiquement consacrée aux livres récemment sortis et qui avaient pâti soit des confinements liés à la pandémie de Covid, soit été noyés dans l’énorme vague de sorties qui a suivi le retour à la normale du monde de l’édition et des librairies. Aujourd’hui, je lance un troisième concept connexe, que j’ai appelé L’œil de Heh, du nom du dieu égyptien de l’éternité. En effet, il arrive que certains directeurs de collection (un, en particulier, comme nous allons le voir) disent « Tel roman qui vient de sortir ne marche pas aussi bien qu’espéré, loin de là » ou, pire encore, « La traduction du tome 2 ou 3 de ce cycle est compromise par les ventes décevantes du 1 ». Plutôt que, des années ou des mois après, vous dire « À l’époque, selon moi, vous êtes sans douté passé à côté de quelque chose en ne lisant pas ce bouquin là », j’ai préféré agir maintenant pour tenter (à ma modeste échelle) de redonner un peu du succès que tel ou tel roman mérite (toujours selon moi) ou, mieux encore, pour contribuer à assurer la traduction de l’intégralité de tel ou tel cycle.

Mais pour ça, encore faut-il que les directeurs de collection communiquent sur les résultats de leurs livres, et on ne peut pas dire qu’ils se prêtent tous à l’exercice. L’exception bien connue de ceux qui suivent de près le petit monde de la SFFF française étant bien sûr Gilles Dumay, chez Albin Michel Imaginaire. Qui, dans un de ses billets (clic), nous explique qu’une des sorties assez récentes se porte mal, et que pour la traduction du tome 3 d’un des cycles publiés par son département éditorial, ça va être compliqué si la sauce ne prend pas pour le 2, à paraître bientôt.

Le standalone, c’est Demain et le jour d’après. Je cite Gilles : « Au niveau des retours, il y a une vraie inquiétude sur Demain et le jour d’après de Tom Sweterlitsch qui ne suit pas du tout, c’est le moins qu’on puisse dire, la trajectoire de son prédécesseur, Terminus. Dommage, c’est un bon bouquin cyberpunk, certes très noir, mais qui a quand même fait son effet au Parisien, dans la revue Bifrost et ailleurs ». Il se trouve que c’est votre serviteur qui a justement écrit la recension sur ce livre dans Bifrost 103, et je vous confirme volontiers qu’il est tout à fait digne de lecture. Oui c’est très noir, mais c’est aussi très beau, intéressant et prenant. Si vous avez aimé Terminus, n’hésitez pas, vous ne devriez pas être déçu(e). Et franchement, ça me ferait mal au cœur qu’un bouquin pareil vivote, alors que c’est très, très loin d’être le moins intéressant (de mon point de vue) du catalogue présent ou futur (dans ce qui est d’ores et déjà annoncé ou, hum, sur le point de sortir, au moment où je rédige cet article) d’Albin Michel Imaginaire !

magicien_quantiqueLe second livre, émane de Derek Künsken, cette fois. Laissons la parole à Gilles : « J’ai mis en fabrication Le Jardin quantique de Derek Künsken (Cycle de L’évolution quantique, tome 2), toujours traduit par Gilles Goullet. Là aussi, comme pour Adam-Troy Castro, il va falloir que la sauce prenne, sinon ça va être compliqué pour le tome 3, The Quantum War, à paraître en VO le 12 octobre chez Solaris ». Alors là aussi, j’ai bien du mal à comprendre pourquoi ça ne marche pas : Le magicien quantique est une excellente Hard SF (accessible) de casse, un Ocean’s Eleven rencontre Greg Egan doté de personnages très attachants, et sa suite, Le jardin quantique, que j’ai lue en VO, pour ma part, est globalement presque aussi bonne (et à mon avis plus impressionnante sur le plan Hard SF). Je n’ai pas encore lu The quantum war, puisque ce livre n’est pas sorti en anglais au moment où je rédige ces lignes, mais ayant récemment lu l’extraordinaire The house of Styx, je n’ai vraiment aucune raison de croire que le niveau va baisser, bien au contraire. Et d’ailleurs, pour compléter ce que dit Gilles, si les ventes ne suivent pas et qu’il n’y a pas de traduction du tome 3, ça veut aussi dire que The house of Styx ne sera jamais disponible en français non plus. Histoire de vous situer la chose, ce roman étant à Vénus ce qu’est la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson à la planète rouge, c’est un peu comme si le chef-d’œuvre absolu de KSR n’avait jamais été traduit ; vous voyez le côté aberrant de la chose ?

Bref, dans le cas de Künsken comme dans celui de Sweterlitsch, foncez, ce sont de très bons bouquins !

***

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15 réflexions sur “Apophis Box – Septembre 2021

  1. Waouh! Je ne sais que dire devant tant de compliments. Je suis toute rouge et mon petit cœur fait boum! Un énorme merci cher Dieu du chaos. Pour le marteau c’est vrai, on en a eu un nouveau récemment en plus 😉
    Pour les articles thématiques, j’ai des idées pour une autre série, il faut juste que je trouve le temps de les faire.
    En tout cas je suis vraiment heureuse de lire un tel message de ta part!

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  2. Je partage entièrement ce que tu dis sur ce blog de Trolls (avec une majuscule 😉 ) que je prends toujours beaucoup de plaisir à lire ! Je vois qu’on traine dans le même genre de lieux.

    Concernant le reste du billet, j’ai hâte de lire le UHL de Tchaikovsky vu ce que tu en dis ! J’ai aussi dans la toile du temps dans ma PàL que je ne vais pas tarder à sortir, quand l’envie de relire des romans me sera revenue (l’enchainement de déceptions, c’est l’enfer… Heureusement que je peux couper avec des mangas et des bds).
    Je vais aussi faire remonter dans ma PàL numérique le magicien quantique, que j’avais acheté sur tes recommandations. Je le continuerai en papier si j’accroche bien et m’offrirais le premier tome en papier également, dans ce cas de figure.
    Pour l’autre, j’adorais Terminus mais je fais partie des personnes qui n’ont pas du tout adhéré à la fin et ça m’a gâché l’ensemble (pourtant j’ai lu tout ce qui a été dit à ce sujet mais voilà…), du coup j’ai un peu peur d’essayer celui-là. Je le prendrais sûrement en numérique aussi malgré tout car grande est ma confiance en ma divinité 😉

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  3. Ouais, ils sont assez sympas les trolls, mais l’un plus que l’autre 😉
    (oups, je… trolle !)
    Sinon, pour les séries en péril, il y a aussi le Castro, c’est toujours dommage que de bons livres ne trouvent pas leur public alors que des daubes se vendent par palettes (enfin, en Imaginaire, c’est plutôt des cartons que des palettes^^).

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  4. Je remarque, effarée, que mon précédent commentaire n’a pas été envoyé… Outrage !
    Je disais que je ne pouvais qu’approuver ton choix de mettre en avant nos amis Trolls et que je trouvais ta nouvelle rubrique très intéressante. Le magicien quantique va remonter dans ma PàL numérique. Quant à l’autre texte, je fais partie des gens déçus par la fin de Terminus (mais je suis peut être la seule à n’y avoir rien compris…) alors que j’étais très emballée par le reste. Du coup je n’ose pas le tenter… Mais si je le trouve en numérique à un prix correct, je te ferais confiance comme toujours 😉

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