Apophis Box – Avril 2022

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag.

Mondes perdus : Terre Creuse et SFFF *

* La danse des pirates, 1985.

Dans Bifrost 105, j’ai écrit un long article consacré au Grand livre de Mars de Leigh Brackett, dans lequel j’expliquais la façon dont la planète rouge fantasmée par l’autrice ou par les autres grands écrivains de SFFF avant elle s’était fracassée sur le mur du réel quand la sonde Mariner 4 a transmis les premières images de ce monde en 1965, révélant un désert glacé à l’atmosphère raréfiée et toxique, bien évidemment dépourvu de vie. On constate, pourtant, ces dernières années, un étrange phénomène dans l’édition, qu’elle soit francophone ou anglo-saxonne, une nostalgie pour cette SF / Science-Fantasy / ce Merveilleux Scientifique de l’âge d’or, menant à des histoires tentant de faire revivre cette Mars relevant désormais plus de la légende que d’une quelconque science. De la réédition du Prisonnier de la planète Mars de Gustave Le Rouge aux Temps ultramodernes de Laurent Genefort, qui s’en inspire, en passant par Simulacres martiens d’Eric Brown qui tire sa substance d’H.G. Wells, la Mars « mythique » fait un retour en force sur les tables des libraires (n’en déplaise à Mariner 4 !).

En extrapolant cette curieuse tendance, il se pourrait bien que d’autres « Mondes perdus », invalidés par les progrès de la science ou de l’exploration, refassent surface un jour ou l’autre, surtout que certains d’entre eux ne sont en fait pas si « perdus » que cela, ayant fait l’objet d’une déclinaison SFFF il y a quelques décennies, voire années ou même mois à peine. Je vais maintenant évoquer l’un d’entre eux, la Terre Creuse, théorie aujourd’hui considérée comme pseudoscientifique et qui a surtout fait parler d’elle (outre dans le domaine des littératures de l’imaginaire) parce que la mystique nazie lui accordait une place de choix. Comme son nom l’indique, cette conception suppose que notre planète est creuse, et que l’intérieur est tout aussi habitable que la surface. Je parle de théorie au singulier, mais je devrais plutôt employer le pluriel, car au cours des siècles, ses défenseurs ont proposé diverses variantes, avec parfois plusieurs coquilles concentriques (c’est le cas du modèle proposé par Edmond Halley en 1692), et parfois plusieurs noyaux en fusion (au lieu d’un seul) servant de « soleils ». Les aponautes de ma génération se souviendront sans doute de la série d’animation Les mondes engloutis, qui suppose l’existence de nombreuses « Strates » qui sont autant de mondes non pas parallèles mais concentriques, situés à des profondeurs croissantes. Notez que dans le registre connexe (et plus large) des aventures souterraines (mais n’impliquant pas forcément une Terre Creuse, « juste » des réseaux plus ou moins larges de cavernes), Lovecraft a, dans Le tertre, donné une déclinaison bien plus sinistre de cette notion de strates avec sa civilisation de K’nyan, supposé bâtie au sommet du domaine d’une autre culture vivant plus profondément, elle-même occupant la position supérieure des cavernes où vi(vai)t un troisième peuple, et ainsi de suite.

La SFFF / le Merveilleux scientifique se sont emparés du concept, dont la déclinaison la plus fameuse est sans nul doute le cycle Pellucidar d’Edgar Rice Burroughs, dont le premier des sept volumes (Au cœur de la Terre) parait en anglais en 1914 et en français pour la première fois en 1937 dans… Le journal de Mickey (si, si !). Le célèbre romancier américain y introduit une caractéristique qui sera souvent reprise, à savoir le fait que si les dinosaures ont disparu de la surface de la Terre, ils ont en revanche survécu dans sa partie souterraine. En plus du héros de la saga proprement dit (David Innes), il ne pourra évidemment pas résister et fera faire une petite visite dans « Jurassic Land » à son personnage mythique, Tarzan. L’influence de Pellucidar sur tous les mondes souterrains / où survivent les dinosaures qui suivront sa publication sera aussi puissante que visible : si la Terre Sauvage de Marvel n’est pas une Terre Creuse, elle doit en revanche visiblement beaucoup de sa substance à Burroughs, tout comme Karl Lykos, le « ptérodactyle-garou » (oui, oui) aux pouvoirs surnaturels (le truc hilarant étant que ce super-vilain prend le nom de code de… Sauron !) évoque fortement les Mahars de l’américain, une race de ptérosaures intelligents aux grands pouvoirs psychiques dominant de vastes régions de Pellucidar.

En 1975, le scénariste-dessinateur de Comics Mike Grell s’inspirera lui aussi de Pellucidar pour créer Skartaris, sa propre déclinaison, dans l’excellente série de BD Warlord (une de mes BD préférées). Durant la Guerre Froide, le lieutenant-colonel Travis Morgan, de l’US Air Force, pilote un avion espion SR-71 Blackbird au-dessus de l’URSS quand il est touché par des missiles. Perdant du carburant, il établit une trajectoire passant au-dessus du pôle nord pour rejoindre l’Occident. Obligé de s’éjecter, il n’atterrit pas au Yukon, comme il s’y attendait, mais dans une jungle tropicale étrange où le soleil ne décline pas à mesure que les heures passent. Il tombe alors sur le spectacle sidérant d’une belle jeune femme barbare attaquée par un dinosaure et se défendant à l’aide d’une épée. Il déduira par la suite que la Terre est creuse et que son appareil en perdition est passé par une des deux ouvertures, qui se trouvent aux pôles. Le prétendu « soleil » éternel de Skartaris, qui ne se couche jamais, étant bien entendu le noyau en fusion de notre monde. Outre un dessin de grande qualité et des personnages très charismatiques (à commencer par Morgan, qui devient le Seigneur de la guerre -Warlord-, combattant à l’habileté suprême, maniant l’épée autant que diverses armes à feu originaires de la Surface -revolver chambré en .38 au début, puis .44 semi-automatique), l’univers de Grell est un mélange fascinant de diverses époques d’inspiration (préhistoriques, antiques, voire futuristes) et de genres, puisque la technologie primitive des natifs, ainsi qu’une bien réelle sorcellerie, y côtoient des gadgets venus de la surface (Morgan ne sera pas le seul exilé…) ainsi qu’une ancienne science bien plus avancée que la nôtre émanant des Atlantes qui, après la destruction de leur archipel, se sont réfugiés à Skartaris. Notez que comme souvent, les reboots ultérieurs de ce comic ont rétroactivement changé certains des fondamentaux du contexte, Skartaris devenant une dimension parallèle et non pas la Terre Creuse.

Il est important de comprendre que le caractère creux d’un monde peut très bien s’appliquer à autre chose qu’à la Terre, à la SF / la Science-Fantasy ou à un phénomène réel (ou du moins considéré comme tel par les cultures décrites par l’œuvre concernée) : le film Moonfall, sorti en… 2022 (comme quoi, l’idée est toujours bien présente dans l’imaginaire) implique une Lune creuse, tandis que l’album Le pays sans étoile de Valérian et Laureline transpose l’idée sur une exoplanète. Alain Paris, dans son cycle de la Terre Creuse, qui est à la base une uchronie et une œuvre post-apocalyptique dans laquelle les nazis ont gagné la Seconde Guerre mondiale avant qu’une conflagration nucléaire ne renvoie l’Humanité à un stade technologique et social bien plus primitif, exploite non pas la théorie de la Terre Creuse convexe que je vous ai précédemment décrite, mais celle de la variante concave, où c’est nous qui vivrions dans un monde creux, et où ce que nous appelons gravité est en réalité un effet de la force centrifuge, tandis que ce que nous prenons pour le ciel n’est pas ce que nous croyons (typiquement, c’est un aperçu de ce qui se trouve à l’opposé de nous sur la face interne de la coquille, comme dans une Sphère de Dyson). C’est du moins ce que les habitants de ce Reich du futur croient dur comme fer, nourris qu’ils l’ont été au paganisme nazi. De même, dans L’île habitée des frères Strougatski, les habitants de Saraksh sont persuadés de vivre à l’intérieur d’une planète creuse, alors qu’il n’en est rien, et que seul un phénomène atmosphérique le leur fait croire. Il faudra l’arrivée d’un astronaute terrien pour leur démontrer le contraire !

Mais certains des plus beaux exemples (relativement) récents de « Terres » Creuses viennent, à mon sens, du jeu de rôle, notamment des extensions (les règles avancées, en réalité) pour L’œil noir nommées Maîtres d’armes 1 et 2, qui, tout en enrichissant le système de jeu (la magie et le combat, notamment), renforcent beaucoup son inspiration germanique (il y avait bien une touche teutonique dans l’univers de jeu qui existait jusque là, mais elle restait relativement discrète et globalement, l’Aventurie -ah, ah, ah… pardon, c’est nerveux- tenait plus du contexte rôlistique anglo-saxon typique qu’autre chose) et assombrissent son ambiance, cette « Terre » Creuse là étant, comme beaucoup d’autres, totalitaire et militariste. On retiendra aussi Mystara, un monde conçu au départ pour Donjons & Dragons (comprendre : la version de base du père des Jeux de rôle, par opposition à ce que l’on appellerait aujourd’hui D&D1, qui est en réalité sa version « avancée » nommée A-pour Advanced-D&D) puis qui fut plus tard utilisé pour AD&D 1 et 2 (ce dernier étant en réalité D&D2), puis abandonné à l’époque de la sortie de D&D3. C’est une Terre Creuse très classique (on y entre par des passages polaires si vastes qu’on ne se rend même pas compte qu’on pénètre à l’intérieur de la planète -c’est la même chose dans Warlord, au passage), à deux détails près : d’une part, elle sert de réserve pour des cultures ou des créatures disparues de la surface de Mystara, et d’autre part, vu qu’il s’agit d’un monde de Fantasy, tout l’arsenal de monstres, races fantastiques et de sorcelleries de D&D y existe… et plus encore (même si la magie y est sévèrement impactée par les pouvoirs utilisés par le créateur de cette « réserve », Ka, pour préserver ses pensionnaires).

Je vais m’arrêter là, car même en se limitant aux Terres Creuses et en ne parlant pas des aventures souterraines en général (ou de thèmes connexes des « univers creux » tels que « Nous sommes en fait dans un astéroïde évidé ou un vaisseau à générations, mais nous n’en savons rien »), le sujet est si vaste qu’il dépasse de très loin la longueur que je veux donner à chacun des trois contenus d’une Apophis Box. Clairement, il y aurait à l’extrême minimum un dossier, voire même un Guide / Livre entier, à consacrer au sujet ! Je vous dirais toutefois que la SFFF des « mondes » souterrains est encore vivante, et qu’il est tout à fait possible qu’elle connaisse une nouvelle période faste semblable à celle que connaît actuellement, d’une certaine façon, la Mars pré-Mariner. On peut d’ailleurs remarquer que la planète rouge de l’âge d’or ou la Terre Creuse ne sont pas les seuls « Mondes perdus » des littératures de l’imaginaire : si ce concept vous plait, je pourrai continuer à l’explorer dans de futures Apophis Box (exprimez-vous en commentaires !).

L’œil de Heh – Cycle de L’évolution quantique

Dans L’Apophis Box de septembre 2021, je créais une déclinaison du concept de l’Œil d’Apophis, nommée Œil de Heh (du nom du dieu égyptien de l’éternité), devant vous signaler que certains romans sortis récemment ne marchaient pas autant qu’on aurait pu l’espérer, compte tenu de leur qualité, et que donc, si vous ne vouliez pas passer à côté, et donc en être réduit, quelques années plus tard, à de l’occasion, du numérique, voire de la VO, il fallait leur donner un petit coup de pouce maintenant (sachant que je ne touche de commission d’aucun éditeur, hein, mais défendre avec force et conviction ce qu’on considère être les bons bouquins, c’est un peu le cœur de métier de tout -bon- blogueur). On se rappellera d’ailleurs de la mobilisation de la blogosphère pour sauver le soldat Castro, ce qui est fait puisque la VF du troisième et dernier volet des aventures d’Andréa Cort est imminente.

Dans ce nouveau numéro de L’œil de Heh, c’est, cette fois, le soldat Künsken qu’il faut sauver : alors que le premier tome du cycle L’évolution quantique, Le magicien quantique, avait eu la malchance de sortir au moment du premier confinement, le deuxième, Le jardin quantique, paraît dans un contexte qui, d’une certaine façon, est encore plus défavorable ; entre l’apathie en matière de ventes propre à une année d’élection présidentielle, la crise du papier, l’effet catastrophique de la guerre en Ukraine sur le moral des consommateurs et d’autres facteurs encore, le livre du canadien, pourtant, selon nombre de critiques, encore meilleur que son prédécesseur, débarque à un très mauvais moment. Sur le forum du Bélial’, Gilles Dumay s’est d’ailleurs montré très pessimiste sur les chances du tome 3 (puis du 4) d’être traduit si la tendance actuelle se poursuit (sachant que cette fois, il n’y aura probablement pas, comme pour Adam-Troy Castro, de ventes miraculeuses d’un autre bouquin de la collection – La nuit du Faune, en l’occurrence- pour compenser et cimenter la traduction des tomes restants du cycle).

Moralité : si vous aviez l’intention de lire le tome 1 et / ou 2, ne procrastinez pas ; si vous ne connaissez pas cette saga, lisez mes critiques ou celles de mes sœurs blogueuses ou frères blogueurs, vous verrez que vous avez affaire à un fort agréable mélange de SF de casse, de Hard SF très abordable, d’humour et de Sense of wonder, avec d’excellents personnages. Parce que bon, certains aponautes et moi pourrons toujours lire la suite dans la langue de Shakespeare, mais cela ne sera, hélas, pas le cas de la grande majorité d’entre vous (encore que, j’ai l’impression qu’à force de prêcher depuis toutes ces années en faveur de la lecture en anglais, ça commence à porter ses fruits, vu que j’ai de plus en plus de commentaires du genre « Je m’y suis mis / remis grâce à toi, et c’est le pied ! »). Sachant, je le répète, que je n’ai aucun intérêt financier dans l’affaire, juste l’envie de voir un bon bouquin avoir la carrière qu’il mérite.

Distorsion de la ligne éditoriale : The Orville

Il y a une règle cardinale sur le Culte d’Apophis : on n’y parle que de romans (et de BD) de SFFF, pas d’autre chose, comme des films ou des séries.

Mais…

Il y a aussi une règle spécifique à l’Apophis Box : on y parle de tout ce qu’on veut, tant que c’est en rapport avec la SFFF. Séries y compris !

Bref, je vais vous parler présentement d’une série de SF au catalogue de Disney+, The Orville, dont la troisième saison va bientôt être disponible. Et c’est une des séries / saisons de SFFF que j’attends avec le plus sincère enthousiasme cette année, avec Star Trek – Strange New Worlds et la saison 3 de The Boys, mais très, très loin devant les Moon Knight (vu le premier épisode, Bof), Seigneur des anneaux et autre Obi-Wan Kenobi. Et d’ailleurs, j’ai entendu parler de The Orville d’une bien étrange manière et par un canal fort singulier : je fais partie, depuis dix ans, de la communauté du MMORPG Star Trek Online (STO), où, chaque fois que la question « Quelle est, selon vous, la meilleure série du Nu Trek ? » est posée (et cette interrogation revient souvent), une réponse revient avec une fréquence surprenante : The Orville (les autres réponses les plus fréquentes étant Lower Decks et Prodigy, Discovery -à l’exception notable des épisodes de la saison 2 mettant justement en scène l’équipage au centre de SNW- ayant une partie significative de la communauté contre lui et Picard divisant pas mal). Vous allez probablement me demander, si vous ne connaissez pas cette série et / ou le fandom ST, en quoi c’est étonnant ; la réponse est simple : The Orville n’est PAS une série Star Trek, ne se situe PAS dans le même univers, mais pourtant, pour une part ahurissante de son fandom (en tout cas celui jouant à STO), c’est le show télévisé représentant le mieux l’esprit ST !

Ce qui n’est, toutefois, pas tout à fait un hasard : The Orville est à la fois un pastiche et surtout un hommage à Star Trek (mais pas que : il y a des clins d’œil tout à fait transparents à d’autres œuvres, comme Flatland, par exemple, et la présence d’un certain acteur phare de Babylon 5 dans la future saison 3 en dit aussi long sur les autres sources d’inspiration de Seth MacFarlane), tout spécialement la série originale et (avant tout) The next generation. Pour qui connait ces séries, c’est visible comme le nez au milieu de la figure : Bortus est l’équivalent de Worf, Isaac celui de Data, une certaine race dont je vais taire le nom est un miroir des Borgs, et j’en passe. Qui dit pastiche dit évidemment que l’humour est très présent dans la série, à tel point qu’après avoir vu le pilote, décrété que c’était sympa, techniquement bien fait et que les actrices et acteurs formaient une équipe efficace et attachante, j’ai failli m’arrêter à un unique épisode. Sauf qu’au fil des mois, voyant sans cesse revenir cette réflexion selon laquelle The Orville serait plus digne du « vrai » Star Trek que les séries Star Trek officielles récentes (le « Nu -pour New- Trek »), je me suis dit que je ratais un truc, et j’ai repris le visionnage. Avant d’enchaîner les deux saisons disponibles à ce moment en quelques jours à peine.

Car The Orville n’est pas QUE une comédie parodiant ET rendant hommage à ST : TNG, menée par une équipe de comédiens / personnages fort sympathiques : plus la série avance, et plus elle se transforme en comédie « dramatique », des thématiques de fond tout à fait sérieuses venant se greffer à un côté humoristique qui, pourtant, ne disparaît jamais tout à fait, et de vraies séquences d’émotion (dans l’épisode Traverser le temps, par exemple) venant s’insérer au milieu de scènes assez WTF (vous vous souviendrez longtemps des scènes de « sexe » entre le médecin de bord et un certain membre d’équipage parodiant l’Odo de Star Trek : Deep Space Nine !). Et effectivement, plus on avance, et plus on se dit qu’aussi ahurissant que cela puisse paraître, outre le fait que The Orville est le VRAI héritier de TNG, c’est aussi la plus Star Trek des séries non-ST… mais aussi des séries ST récentes ! Même si Strange New Worlds va sans doute redistribuer les cartes, et que personnellement, j’aime beaucoup Picard également.

Bref, si vous aimez les séries « à la Star Trek » (progressistes, humanistes, etc.) mais avec une bonne grosse dose d’humour en plus, n’hésitez surtout pas à donner au moins une chance à The Orville : je ne doute pas qu’au bout de quelques épisodes, vous rejoigniez la cohorte de ses fans ! Et c’est sans doute le fait qu’elle ne se prenne pas au sérieux tout en disant ce qu’elle a à dire sur notre monde et ses questions de société (sexisme, transphobie -via une astucieuse inversion de point de vue : dans une certain culture alien, ce sont ceux qui ne changent PAS de genre qui sont honnis-, racisme, génocides, et ainsi de suite) qui la démarque de l’insupportable Discovery, au militantisme effroyablement moins subtil et aux acteurs qui, à quelques exceptions près, n’ont jamais réussi à projeter l’élément cardinal de toute série ST : le propos n’est pas centré sur une personne mais un équipage, et celui-ci n’est pas une simple coalescence, de 8h à 17 heures, de collègues de travail, mais une famille. Ah, et puis oui, la bande originale de The Orville est assez formidable, avec notamment une sidérante utilisation d’un titre de Dolly Parton… pour une scène de bataille  😀

***

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19 réflexions sur “Apophis Box – Avril 2022

  1. Je rebondis sur Künsken. Je peux aisément comprendre qu’il faut l’acheter , cela correspond à mes goûts… mais malheureusement même en le faisant,rien ne m’assure que l’on verra la suite !
    On se mord la queue, j’en suis conscient mais marre aussi de dépenser mon argent dans des séries dont je ne verrais jamais la fin en français…… J’ai joué le jeu pendant de très nombreuses années, j’en ai eu marre de filer mes séries incomplètes à Emmaus…..

    Je ne comprendrai jamais les choix éditoriaux. Pour moi, si on choisit de publier une trilogie, la moindre des choses est de le mener à son terme. Cela fait partie des risques du métier si je puis me permettre, on ne vend pas chaque fois un best seller et cela fait partie de leur travail de dénicher pour eux la perle rare ou pas justement… Ou de faire un financement participatif, c’est la grande mode dans la publication de livres (cf de mémoire, Mnémos et la réédition de Lovecraft qui a engrangé un sacré paquet de pognons.. mais bon Lovecraft plus porteur que Künsken…)

    Mais arrêter en cours de route est le plus sur moyen de dégouter les acheteurs potentiels. Pour ma part, la vache à lait , c’est fini et j’achète uniquement quand le cycle est publié en intégralité , là au moins, pas de mauvaise surprise.

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    • Je comprends tout à fait ton point de vue, mais comme tu en es toi-même conscient, on se mord la queue : attendre l’hypothétique parution complète en VF d’un cycle avant d’acheter le premier tome est le plus sûr moyen de s’assurer que l’éditeur typique, devant les ventes faméliques dudit roman, ne poursuivra pas l’aventure. Même si je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait que quand un éditeur commence un cycle, il devrait s’engager à en finir la publication. Surtout que, comme par hasard, les maisons jusqu’ici coutumières du fait sont souvent les plus prospères du paysage éditorial, et ont donc largement de quoi compenser des pertes sur des cycles mineurs vu les tonnes d’exemplaires vendus sur leurs locomotives (je pense par exemple à Bragelonne).

      Et c’est d’autant plus vrai pour un groupe majeur comme Albin Michel : je pense que la maison / collection a bien plus à perdre, en terme d’image, en ne menant PAS à terme le cycle de Künsken que l’argent qu’elle peut perdre en le faisant. Surtout que là, vu la qualité des bouquins, c’est juste une question de malchance, conjoncturelle, pas un problème propre / intrinsèque à ces romans. En-dehors du fait, bien entendu, qu’une Hard SF, ou même une SF-taillée-pour-le-fandom-classique tout court, suscitera moins d’intérêt (notamment en matière de demandes spontanées de SP ou de réponse favorable à ceux proposés) d’une partie de la blogo, des instagrameuses ou booktubeuses qu’un Estelle Faye ou qu’une SF plus basique / accessible à la Querbalec ou Leafar Izen.

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  2. Aaaah l’Apobox, mon moment préféré du mois sur la blogo 😀

    À quand le guide sur le concept de Terre Creuse ? Chaque fois que je te lis sur ce type de sujet, j’ai un sursaut d’idée, un petit frémissement, un « oh ce serait bien si… » bon pour le moment ça ne m’a pas encore guérie mais ça a le mérite de provoquer une réaction.

    Pour Künsken, j’ai essayé mais hélas pas accroché. Ça arrive ! Bon ça m’arrive souvent en ce moment, j’admets. Toutefois je rejoins un commentaire fait ci-dessus, même si c’est le serpent qui se mord la queue, quand on commence à traduire une série la moindre des choses c’est de prévoir d’aller jusqu’au bout… Ou alors s’abstenir, tout simplement. Perso je n’achète plus chez B. aussi pour ça (et pour tout le reste). Tu as déjà très bien répondu à ça mais j’avais envie de le souligner aussi.

    Quant à The Orville, je sais désormais ce que je vais regarder une fois que j’aurais fini mon bingewatching de Castle (j’étais curieuse de voir la série dans son ensemble et pas juste plic ploc à la télé) ça fait bien le job sur l’aspect divertissement et ça fait un peu au genre policier ce que Orville semble faire à Star Trek vu ce que tu en dis, mais je reviendrais peut-être sur cette impression hasardeuse après mon visionnage !

    Bref, une autre box rondement menée ! J’espère que tu vas bien sinon, tu te fais rare dans les parages j’ai l’impression, ça me fait d’autant plus plaisir de te lire ce soir 🙂 À bientôt j’espère Grand Serpent !

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    • Merci amie Ombre ! J’ajoute donc le guide de la Terre Creuse / SFFF souterraine à la liste « à faire, un jour », même si pour le moment, les priorités sont de finir l’arlésienne du blog (le guide de la Dark Fantasy) et de commencer mon vieux projet « Alienbuilding : comment construire un extraterrestre ? ».

      Pour répondre à ta question, les temps sont malheureusement difficiles à de multiples niveaux de mon côté (santé, psychologique, financier, etc.) depuis le début 2022, mais je vais essayer de reprendre une activité UN PEU plus régulière à partir de ce mois-ci, du prochain au pire. Merci pour ton intérêt et ta gentillesse, en tout cas 🙂

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  3. Je trouve inacceptable de démarrer une trilogie ou un série et de ne pas terminer l’édition, c’est un mépris des auteurs et de leurs lecteurs. Malheureusement, certains éditeurs pas nécéssairement les moins riches n’ont aucun scrupule. AM m’a toujours paru être dans cette catégorie . Le magisien quantique m’avait un peu déçu mais je vais lire le suivant. Me méfiant de Bragelone , j’ai attendu d’avoir les 3 tomes de Salvation de Peter Hamilton en main pour démarer la lecture. Pour certains auteurs dont je crains l’absence de traduction, je me force à lire dans la langue de Shakespear. Pour les terres creuses et les mondes clos, c’est un sujet fort intéressants, qui mériterait peut être pas un livre mais en tous cas un essai… par notre blogueur divin préféré! En plus de ceux déjà cités, je pense aux Royaumes de Tartare de Brian Stableford, un auteur peu connu mais je viens de voir que CRITIC avait publié l’intégrale « grainger ».

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    • Il est indubitable qu’on peut multiplier les exemples, Stableford ou autres, je n’ai clairement fait qu’effleurer la surface de ce sujet. Alors un livre, je ne sais pas, mais un article, ou une série de plusieurs, dédié(e) au sujet (un peu comme je l’avais fait pour le Planet Opera), pourquoi pas, mais sans doute pas dans le futur immédiat. Là j’ai plus envie de travailler sur le sujet des extraterrestres, à vrai dire.

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  4. Oui pour plus de « Mondes perdus », je signe et je re-signe ! Sinon, « The Orville » m’a l’air exactement ma came. Dommage que je n’aie pas d’abonnement Disney+… Est-ce que c’est dans la même veine que « Galaxy Quest » ?

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    • Il y a un peu de ça, oui. Sinon concernant Disney+, c’est vraiment un excellent rapport qualité – prix, je trouve : énormément de séries et de films intéressants (tout Marvel et tout Star Wars, déjà), et un tarif bien inférieur à celui des concurrents en parallèle. Au pire, tu peux prendre un mois cet été pour te faire une idée, ça ne te coutera que 8.99 euros et en quatre semaines, tu auras le temps de voir ou au moins de tester la grande majorité de ce qui t’intéresses.

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    • Merci ! Je te confirme que je ne connaissais pas cet ouvrage. Par contre, même si je ne doute pas un instant que le tarif soit justifié par la somme de travail demandée pour sa rédaction et par son exhaustivité et sa qualité, 70 euros, ça tabasse tout de même. Je pense qu’il y a donc de la place pour que je propose un « guide » plus modeste et surtout gratuit sur ce blog dans le futur 😉

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  5. Coucou
    Alors je ne rebondirai pas sur l’édition cela a été fait et bien fait par vous tous déjà ci dessus. Et je plussoie tout à fait.
    Je reviens sur les premiers romans se situant dans des mondes souterrains de la Terre je m’attendais à y voir au moins notre incontesté Jules Verne et son voyage au centre de la Terre qui pour moi entre dans cette catégorie que ce soit dans le monde « d’en bas » ou les créatures dinosauresques découvertes. Mais je peux me tromper.
    J’ai découvert cette box avec joie merci beaucoup. Et je me demande comment j’ai pu rater les précédentes 🤔. Bon week-end à tous.

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  6. Ah, les mondes engloutis… Que de souvenirs. J’étais fan du générique !
    Plus sérieusement, dans les déclinaisons récentes du thème de la terre creuse, et proche d’un Alain Paris, il y a un anime jap, Patéma et le monde inversé, que j’ai trouvé tout à fait digne d’intérêt. Au plaisir de te lire, Apo, en espérant que tu vas te refaire la cerise…

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