La nuit du Faune – Romain Lucazeau

2021 : l’Odyssée de l’espèce

Cette critique est réalisée dans le cadre d’un service de presse fourni par Albin Michel Imaginaire. Merci à l’éditeur, à Gilles Dumay et tout particulièrement à Romain Lucazeau pour sa sympathique dédicace.

Cinq ans après son premier roman, le très bon Latium (clic et clic), Romain Lucazeau revient avec un second (on l’espère plus prolifique à l’avenir, même si le fait qu’il vienne d’accéder à de prestigieuses fonctions ne rend pas l’hypothèse très probable, malheureusement), La nuit du faune, qui s’inscrit dans un univers différent. De Latium, j’avais dit : « Si Romain Lucazeau publie quoi que ce soit d’autre, j’achète sans la moindre hésitation. Parce que si pour un premier roman, on frôle le chef-d’œuvre, m’est avis qu’au deuxième, troisième au pire, on ne fera pas que le frôler ». Eh bien mon pressentiment était le bon, car La nuit du faune est bel et bien un authentique chef-d’œuvre, dépassant de très loin tout ce que la SF française a jamais pu produire, et projetant son auteur, tel un javelot tiré de la main d’un dieu, directement au panthéon de la Science-Fiction mondiale, grands-maîtres anglo-saxons y compris. Si, si. Car si l’auteur aixois s’est inspiré de ces derniers (j’y reviendrai), son roman est supérieur à la somme des parties qui le composent, et une Hard SF d’ampleur cosmique digne de Rajaniemi, Baxter, Zindell et Clarke, probablement ses principaux inspirateurs.

Et d’ailleurs, puisqu’on en parle, beaucoup de gens, qui déclarent avoir hâte de lire ce livre, semblent n’en avoir appréhendé (et la communication de l’éditeur n’y est certainement pas étrangère) que l’aspect conte philosophique. Il est certes incontestable, mais comme chez Hannu Rajaniemi, il est étroitement mêlé à une Hard SF de haut niveau, même si monsieur Lucazeau fait de bien plus gros efforts que le finlandais pour rendre l’aspect scientifique de la chose, de plus en plus (omni)présent au fur et à mesure qu’on avance dans le roman, accessible à toutes et à tous. Même si, d’expérience (pour avoir traduit une nouvelle de Rajaniemi opérant dans un registre assez similaire et pour observer de très près toutes les critiques de Hard SF dans la blogosphère et ailleurs), je sais que ce qui me paraîtra accessible théoriquement à toutes et à tous laissera en fait sur le bord de la route un certain nombre de lectrices et de lecteurs. Tout en étant conscient, donc, que La nuit du faune n’est peut-être pas ce qu’il pensait être de prime abord, j’espère toutefois que le lecteur potentiel ne sera pas effarouché et saura faire l’effort nécessaire pour suivre (il n’y a vraiment RIEN d’insurmontable, hein). Parce que dans le cas contraire, ledit lecteur passerait vraiment à côté d’un immense roman ! D’ailleurs, dans mon panthéon personnel de la SF, je le placerai désormais en quatrième position, ex aequo avec Diaspora de Greg Egan, et après l’indétrônable HypérionVision aveugle et la médaille de bronze Inexistence (clic et clic).

Base de l’intrigue et personnages

Au sommet d’une montagne, il y a une maison entourée d’un vaste parc, et sertie dans une bulle qui la met à l’abri de toutes les forces régnant dans le monde extérieur, temps y compris. Une petite fille, Astrée, y vit. Un jour, un Faune, qu’elle nommera Polémas (la majorité des noms de personnages sont issus du « roman des romans », qui s’appelle bien entendu…L’Astrée !), y pénètre. Il considère cet endroit comme le séjour des dieux, et vient y chercher leur savoir pour conférer la puissance à son peuple, à peine sorti de sa préhistoire.

Bien entendu, Astrée n’est pas vraiment une petite fille, mais Kalinda des fleurs… pardon, une sorte d’avatar (au sens mythologique et Hindouiste du terme), rajeuni et à la mémoire expurgée, de la dernière (post)humaine, qui attend sans rien faire, sur cette montagne, depuis des centaines de millions d’années. Et la montagne n’en est pas vraiment une non plus, d’ailleurs. Pas plus que Polémas n’est un Faune (sa description évoque plus une sorte de… Totoro, si vous me permettez cette comparaison osée), mais un membre de la dernière en date des espèces intelligentes maîtresse de la Terre (je vais y revenir). Astrée le qualifie même de Premier représentant de celle-ci tant elle est d’apparition récente (les plus éveillés d’entre vous remarqueront que l’association du Premier et de la Dernière a déjà un certain parfum Stapledonien, qui ne va aller qu’en s’intensifiant). Elle lui explique que sa quête est vaine, car comme toutes les autres espèces intelligentes, la sienne s’apercevra que lorsque la science est achevée et qu’il n’y a plus rien à découvrir, il n’y a plus, non plus, de raison de vivre (une perspective très Eganienne, période Amalgame -on notera aussi avec intérêt que le centre de la galaxie est évité / inconnu des meta-civilisations-, voire… Lovecraftienne : le savoir causera notre perte). Et que donc, ses efforts héroïques pour parvenir jusqu’à elle sont stériles, puisque tout est voué à l’entropie, et que toutes les civilisations périront (une perspective cette fois proche d’Alastair Reynolds, période House of suns). En gros, trois sorts attendent toutes les races : stagner, mourir ou changer d’une façon si radicale que cela revient à mourir. Argh !

Mais lui s’entête, alors elle lui propose de lui démontrer la véracité de ses dires en lui montrant les différentes civilisations du Système solaire d’abord, de la galaxie ensuite, avant de finir leur odyssée à dix millions d’années-lumière de la Terre. Ce voyage, ils l’accompliront d’abord sous forme d’une copie sentiente composée de neutrinos (et ce transport sous forme « éthérée » évoque un des livres de SF les plus fondamentaux, Créateur d’étoiles d’Olaf Stapledon -et d’ailleurs pas que sur ce plan précis), tandis que leurs corps resteront au sommet de la montagne, puis grâce à un phénomène d’intrication quantique. En chemin, ils vont gagner un nouveau compagnon de route, Alexis, et rencontrer de nombreux personnages, comme Galatée (ces noms étant, une fois encore, tirés de L’Astrée).

Précisons que chacun des trois personnages principaux représente un désir des races de l’univers : l’immortalité (Astrée), le risque de mourir (Alexis ; à la Adam-Troy Castro) et la survie (Polémas le Faune). Signalons, aussi, au passage, la présence d’un petit aspect métafictif (p 175).

Structuration du récit

Il me faut tout d’abord expliquer que Romain Lucazeau fait de l’Hypothèse Silurienne une réalité : la Terre donne régulièrement naissance à une nouvelle espèce intelligente, qui développe la technologie, épuise les ressources en hydrocarbures, Terres rares et Actinides facilement accessibles, avant de provoquer un effondrement écologique et soit de mourir, soit de partir dans l’espace (sachant qu’à chaque fois, seule une « élite » part, grâce aux efforts de tous les autres). La tectonique des plaques permet alors à la fois d’effacer pratiquement toutes les traces de leur passage (une idée jadis employée par David Brin, d’ailleurs), de renouveler les gisements minéraux et de permettre la lente formation de nouveaux hydrocarbures et autres gisements de charbon. Au bout de 200 millions d’années, une nouvelle espèce intelligente apparaît, et le cycle, dit du Carbone, recommence. Les humains sont la cinquième espèce issue de la Terre, les Faunes la huitième (au passage, Lucazeau explique ainsi la régularité des extinctions de masse au cours de la longue histoire de notre planète). On voit donc que La nuit du Faune relève (comme La cité et les astres de Clarke, entre autres) de la SF de la fin des temps / Terre mourante, que ce soit du fait de l’échelle temporelle ou de la perte d’élan de la race humaine, oisive et indifférente.

Pourquoi est-ce que je vous dévoile ça ? Pour deux raisons. D’abord, parce que Astrée va commencer par montrer au Faune le devenir, invariablement tragique, dans un sens ou un autre, des différentes espèces issues du cycle Terrestre du carbone, avant de lui faire rencontrer des races extraterrestres. Ensuite parce que cette notion de cycles est un des éléments structurant le récit.

En effet, une lecture naïve ou peu attentive conclura que celui-ci est construit de façon centrifuge par rapport à la Terre, et centripète par rapport à la Voie Lactée (avant un grand bond vers les limites du Groupe Local un peu avant la fin). En clair, le voyage de nos héros va les mener d’abord vers Jupiter, puis Encelade, le nuage d’Oort, une planète errante dans l’espace interstellaire mais pas très loin de l’Héliopause, avant de se diriger petit à petit vers le Trou Noir central, Sagittarius A, et de faire un bond de géant final. Mais, si on y regarde de plus près, en fait le récit est structuré selon quatre autres axes, moins évidents. Le premier est de dévoiler une série de cycles enchâssés, celui du Carbone donnant naissance à celui du Silicium (dans une perspective très Asimovienne, période L’homme bicentenaire), qui lui-même donne celui de la matière exotique, puis de la matière non-baryonique. Le second, connexe, part de créatures familières comme le Faune et aboutit à des machins qui vivent dans des trous noirs ou sont codés dans la croute d’une étoile à neutrons (je vous l’avais dit, c’est de la Hard SF…). Dans le même genre, on part de la Terre et de la Physique banale et on aboutit aux frontières du Groupe Local et surtout de ladite science. Le troisième débute avec des créatures du même degré d’intelligence que le Faune, même si plus avancées, et donc au moins en partie compréhensibles, pour arriver à ce que Zindell ou le projet Orion’s arm appelleraient des « Dieux » de niveau toposophique élevé. Le quatrième part de « simples » civilisations, isolationnistes, voire égoïstes, passe par des meta-civilisations robotiques et finit en une pan-civilisation formée de ce que j’appellerais des (petits) Points Oméga du pauvre (à l’échelle d’un amas de galaxies), dans une perspective, une fois encore, Asimovienne (*ahem* Galaxia *hum*).

Sense of wonder / dread

Il n’y a pas de Sense of wonder présent dans le roman La nuit du Faune : cet objet n’est en réalité pas fait de papier, mais de senseofwonderium pur ! Romain Lucazeau imagine, recycle (je vais en reparler) et fait siennes certaines hypothèses et certains scénarios (comme la possibilité éventuelle de se servir d’un astéroïde interstellaire de passage dans le Système solaire comme d’une arche pour partir au hasard vers d’autres étoiles) lorsque Astrée montre au Faune ce que sont devenues les espèces successives issues de la Terre. Là aussi, on s’aperçoit d’une constante : une stratégie payante est de s’installer là où les autres ne veulent pas aller, parce que c’est trop dangereux ou pas assez rentable. D’où la plongée dans les nuages de Jupiter (vu l’état incorporel dans lequel se trouvent les personnages, difficile de ne pas penser à l’entité qui fut Dave Bowman chez Clarke et à son propre tour du Système solaire), d’où l’être qui est en fait une civilisation et qui s’est réduit à une expression tautologique effroyablement nihiliste et narcissique de lui-même, d’où l’affreuse « civilisation » esclavagiste des astéroïdes du Nuage d’Oort, puis celle d’Alexis (qui a eu une évolution « à la Clarke » -dans 2001-, où les explorateurs abandonnent leurs fragiles corps organiques pour des substituts de métal indestructibles). Et d’où cette espèce qui s’est embarquée sur l’astéroïde en vadrouille (à la Oumuamua)… sans aucun contrôle sur sa direction, mais par contre avec un abominable degré de contrôle sur la société qui peuple ses entrailles.

Et les merveilles ne font que commencer : étoiles à neutrons, trous noirs, IA, matière exotique, matière noire, autres galaxies, ce sont tout le ban et l’arrière-ban des prodiges de l’astrophysique, de la cosmologie et de la physique des particules qui sont conviés à la célébration. Et que dire de la fin, qui donne carrément une explication (à la Stephen Baxter) des plus grands mystères de la cosmologie, comme les trous noirs supermassifs primordiaux, la structure à grande échelle de l’univers, l’Hypothèse du Big Bounce, la formation des quasars et des galaxies, la cause réelle des extinctions de masse terrestres et l’origine de la vie et de l’intelligence (Clarke rencontre Leiber, en quelque sorte).

Mais bien entendu, il y a aussi de l’effroi dans ce récit, devant la puissance de certains êtres ou civilisations, les dimensions colossales ou les propriétés terrifiantes de certains objets astrophysiques, les gouffres spatiaux ou temporels impliqués, l’égoïsme de la plupart des civilisations (et leur impermanence due à leur propension à l’autodestruction), la guerre et l’esclavage omniprésents, la dictature absolue très fréquente, un cosmos qui n’offre que fausses solutions, errances et pièges, qu’un choix entre autonomie et mort ou au contraire survie et servitude (« bienveillante »), et j’en passe. Et peut-être par dessus-tout, le fait que quels que soient les efforts d’une race, ils resteront vains devant le poids écrasant de l’entropie (sauf que… la séquence de l’Observateur remet bien des choses en perspective !).

Le pauvre Faune, qui vient après tout d’une culture qui sort à peine de sa propre version de la Préhistoire, va ainsi avoir du mal à encaisser bien des choses ! (au passage, il sert de candide à qui il faut expliquer les choses simplement et de façon compréhensible, et donc d’avatar du lecteur non-féru de science ou de Hard SF -et j’ai l’inquiétante intuition que cela va constituer une très grosse part du lectorat du livre…).

Pourtant, même le féru de Hard SF va savourer La nuit du Faune, tout simplement parce que ce roman est un peu un best-of de ce qu’il a vu chez un grand nombre d’auteurs de tout premier plan. Ce qui me conduit à…

Hommages et ressemblances (peut-être involontaires)

Dans ma critique des deux volumes de Latium, j’avais souligné que le roman était un peu trop inspiré par Banks et Simmons à mon goût (au passage, la morale finale de La nuit du Faune à un très fort parfum de celle de L’éveil d’Endymion : le sens de la vie ne réside pas dans la durée, mais dans l’intensité), sans compter pléthore d’autres auteurs de SF. Défaut classique de tout premier roman, me direz-vous. Certes. Mais là, c’est le deuxième, donc le fait que les emprunts aux Grands Maîtres de la SF anglo-saxonne soient légion devrait me poser encore plus problème, théoriquement. Sauf que Romain Lucazeau a forgé une histoire de la vie dans l’univers qui transcende ses éléments constitutifs, qui est plus que la simple somme de ses parties : il recycle certes beaucoup Clarke (de la montagne qui est presque une Diaspar -la mémoire d’Astrée est « éditée », après tout- aux posthumains qui reviennent sur Terre après avoir visité la galaxie, du Monolithe en passant par le fantôme de Bowman), toute la fin hurle « STEPHEN BAXTER ! », une partie pourrait sortir tout droit de chez David Zindell, le Tubule est la Voie chez Greg Bear, il y a une mention difficile à rater au Fleuve de l’éternité de Farmer, la page 243 cite mot pour mot le début de Star Trek : TOS, et j’en passe (sans compter que le concept de base a l’air de sortir d’un mélange de la nouvelle Le serveur et la dragonne d’Hannu Rajaniemi, avec son entité post-humaine qui s’ennuie, cherchant désespérément la nouveauté alors que tout a été expliqué par la science, et bien entendu des romans d’Olaf Stapledon, et que Lucazeau recycle une partie de ses propres concepts -philosophie, mythologie grecque et SF-), MAIS l’ensemble forme un tableau plus complet que celui de ses prédécesseurs (à l’exception peut-être de Stephen Baxter et Stapledon -et encore, ça dépend sur quel plan on se place), réduisant leurs œuvres, pourtant formidables, à l’état de simple grain sur un chapelet.

Signalons tout de même qu’il y a des « anti-influences » : p 97, le fait de guider de « jeunes races » est par exemple présenté comme un tabou, alors que c’est la base de l’univers phare de David Brin ! Et ceci alors que comme chez ce dernier, l’Humain est un Franc-Tireur, qui refuse de se laisser embrigader dans une des meta-civilisations galactiques. Influences et anti-influences peuvent, pour un même auteur, cohabiter, ce qui rend ainsi l’aspect « ce n’est qu’un assemblage d’éléments vus ailleurs » à nuancer, et ce d’autant plus que Romain Lucazeau apporte aussi, évidemment, ses propres idées dans ledit assemblage.

Si je ne devais toutefois retenir qu’une poignée d’influences, les principales, outre Baxter sur la fin du roman (où il éclipse toutes les autres), je choisirais Rajaniemi et Clarke, pour le mélange conte (pour le premier), et Hard SF + côté poétique (pour les deux). 

En chipotant beaucoup…

Outre des influences omniprésentes et très (trop ?) visibles, toujours au chapitre défauts potentiels, mais peut-être pas pour tout le monde ou selon tous les angles d’analyse, j’ai été TRÈS frustré par la « Guerre temporelle » à la Leiber expédiée en un recto et demi à la fin, presque autant que par le très court passage uchronique (celui dans l’équivalent du RTH-ECMO de Simmons) dans Latium. Monsieur Lucazeau me « doit » donc désormais deux romans : le prélude uchronique de ce dernier, ET « Astrée dans le Temps » (il y a d’ailleurs un vague côté « fin de BSG » à la chose, je pense). De même, on pourrait dire que un peu comme dans Latium (même si ici, ça ne m’a pas frappé, et encore moins gêné), l’auteur ne s’attarde pas assez sur certaines scènes / personnages / décors, passant à cent à l’heure des uns aux autres. Mais tout compte fait, vraiment pas de quoi remettre en cause l’excellence globale du roman !

Un incontestable monument de la SF… mais peut-être pas à conseiller à tout le monde

Comme je l’ai déjà précisé, je n’ai pas l’impression que beaucoup de ses lecteurs potentiels aient pris la mesure de la Hard SF d’élite que constitue en fait La nuit du faune, s’étant arrêtés à l’aspect « Conte » avec une petite fille et un Faune. J’imagine sans peine que le réveil va être brutal et douloureux pour la plupart, surtout que l’écrasante majorité ne lisent pas ce type de Hard SF (vous me direz, c’est peut-être l’occasion d’y prendre goût…). Pourtant, ce n’est pas la seule difficulté qui attend un lecteur potentiel : il y a bien sûr le contenu philosophique, loin d’être négligeable ; il y a aussi le style de Romain Lucazeau, qui tout en étant d’une incontestable richesse, est sans doute moins accessible à celui ou celle qui lit peu de grosse SF adulte que d’autres, même si les parties Hard SF sont (paradoxalement ?) plus accessibles sur le plan stylistique (pas forcément sur celui du contenu, mais plutôt du vecteur) que les autres (et plus on avance dans le roman, plus l’aspect Hard SF est omniprésent) ; il y a, enfin, la densité absolument hors-normes de la chose : le roman ne fait « que » 250 pages, ce qui peut donc faussement indiquer quelque chose de facile et de rapide à lire (je l’ai achevé en moins de 24 heures, écriture de cette critique comprise, après tout), alors qu’en réalité, il n’en est rien : chaque page, chaque ligne, est remplie de concepts philosophiques, Historiques, scientifiques, SF, à méditer, digérer, analyser, ce qui représente un effort mental digne d’un roman au bas mot deux fois plus gros. Sans compter que ce n’est certainement pas le genre de lecture « détente » ou « reposante » (là aussi, j’ai l’impression que pas mal de gens se font une idée particulièrement fausse de la chose), mais une Histoire passée et future de l’univers d’une ampleur exceptionnelle et d’une vertigineuse complexité.

Bref, comme je l’ai dit en introduction, si je tiens La nuit du faune pour un roman exceptionnel, je ne le recommanderais pourtant pas à tous les profils de lectrices et de lecteurs, et certainement pas à des débutants ou des gens qui ne lisent que du Young Adult. Mais bon, comme le dit l’auteur, « Rien n’est plus important que la capacité du monde à contredire nos attentes », donc…

Aux autres, je dirais ceci : ceux d’entre vous qui me connaissent savent que je ne place pas facilement un auteur français sur le même plan, voire sur un plan supérieur, à celui des plus Grands Maîtres de la SF anglo-saxonne ; et pourtant, je le dis haut et fort : avec ce deuxième roman, Romain Lucazeau a conté une saga de l’Histoire des civilisations (et de leur impermanence) et surtout de la vie dans l’univers (et de son combat pour survivre et prospérer) d’une ampleur, d’une puissance épique et d’une démesure exceptionnelles, et même s’il reste encore un auteur relativement débutant (dans la forme longue, du moins), La nuit du faune le place sans conteste possible au panthéon de la Science-Fiction, au minimum francophone. Je ne serais d’ailleurs pas du tout étonné que ce roman, comme Latium, soit traduit dans d’autres langues, ce qui, pour un auteur français de SFFF, reste rarissime.

Pour finir, un passage plus personnel, disons : pour sa coopération avec l’Armée via sa participation à la Red Team, Romain Lucazeau a, avec d’autres, subi l’ire de la frange la plus militante des écrivain(e)s de SFFF. La qualité phénoménale de ce roman, et le succès, considérable et amplement mérité, que je ne doute pas qu’il va rencontrer, constitue la plus belle réponse qu’il pouvait leur apporter ! Et d’ailleurs, à l’heure où, dans les mêmes cercles, il est de bon ton de dénigrer la SF des Grands Maîtres, Lucazeau, tout au contraire, leur apporte, ainsi qu’aux classiques issus de leurs plumes, un des plus vibrants hommages que j’ai eu le plaisir de lire. On imagine d’ailleurs sans peine que des passages comme ceux de la page 153 (« Vous ne partagez pas la bonne vision. Cette discussion est inutile ») pourraient résumer le sectarisme de certains !

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous recommande la lecture des critiques suivantes : celle de Feydrautha, celle de Gromovar, de Just a word, de Yogo, de Fourbis et têtologie, de Yuyine, de Célinedanaë, de Tachan, du blog Constellations, du Nocher des livres, du Chroniqueur,

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61 réflexions sur “La nuit du Faune – Romain Lucazeau

  1. J’ai dévoré la première moitié… et je suis conquis !
    C’est « très » accessible, le langage est riche, la Science est à l’honneur mais (pour l’instant) très bien explicitée.
    Un plaisir de lecture, j’y retourne et relirai ta chronique que je n’ai que survolé après ma lecture.

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  2. Bonjour Apophis,

    Fervent lecteur de ton blog (et notamment des formidables Guides de lecture et autres Oeil d’Apophis & Co : Bravo et grand merci pour cette initiative qui me permet de découvrir de supers bouquins adaptés à mon niveau littéraire SFFF!), cette critique me laisse un petit goût amer : ayant déjà eu bien du mal à comprendre / apprécier la nouvelle de Rajaniemi cet après-midi, c’est sacrément frustrant mais j’ai bien peur que ce chef-d’œuvre (comme qlqs autres) ne sera pas pour moi…
    Allez je retourne aux Émissaires des Morts…

    Petit scarabée qui apprend l’humilité littéraire 🤪

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    • Bonjour et merci ! La nouvelle de rajaniemi ressemble à La nuit du faune dans le sens où ce sont deux contes philosophiques mélangés avec de la Hard SF et une écriture avec un côté poétique. En revanche, là où le finlandais ne fait aucun effort pour être compréhensible par les lecteurs non-férus de science ou de SF, le français en fait, lui, beaucoup pour être compréhensible par le plus grand nombre. Je pense donc que tu as bien plus de chances d’apprécier / saisir le texte de Lucazeau que celui de Rajaniemi.

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  3. Je suis entrain de le lire donc je lirai ta chronique quand j’aurai fini ^^. C’est pour le moment passionnant. J’ai le coté poésie et philosophie que j’attendais, mais c’est vrai, peut-être pas autant que je l’attendais :D.

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    • J’ai trouvé que plus on avançait, plus il s’effaçait devant le côté scientifique, Hard SF et sense of wonder. Moi ça me convient très bien, mais je conçois aisément que d’autres profils de lectrices et de lecteurs recherchent plus le côté conte / philo / poésie. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai essayé de bien faire saisir aux lecteurs potentiels ce qu’était exactement La nuit du faune, toutes ses dimensions.

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  4. Merci pour les précisions concernant le côté Hard SF, comme d’autres avant moi, ça me donne encore plus envie de le lire (d’autant plus d’un auteur français !).
    Très étonné concernant le nombre de pages, en lisant ta chronique, je visualisais un roman de 500/600 pages voire plus !

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  5. Même si t’as failli m’avoir avec le faune-totoro, je sais bien que ce bouquin est pas du tout pour moi 😀

    J’ai vu sur Twitter que les auteurs de la red team se font cracher dessus par une partie des lecteurs. Je trouve ça vraiment dommage. Pour un lectorat qui encense souvent l’art de la nuance, c’est un jugement binaire assez bas du front.

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    • Je ne pense pas que ce soit pour toi, en effet.

      Je suis bien d’accord. Et je suis de plus fermement convaincu que chacun devrait pouvoir travailler avec / pour qui bon lui semble sans se faire trainer dans la boue.

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  6. Bon, Latium m’ayant plu, le début de la critique semble dithyrambique dès les premiers paragraphes, j’arrête là et il prend sa place dans la valise avec les autres. ‘faut juste que je l’achète…

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  7. Je viens seulement de recevoir « Latium » donc malgré ta critique dithyrambique il attendra sans doute l’année prochaine ! Mais sûr qu’en citant Olaf Stapeldon en référence je m’évade déjà entre poésie cosmique et nostalgie juvénile! Merci à toi de mettre à notre portée le meilleur de la SF 😉 (parce que je n’en lis plus autant qu’avant et donc que le choix est d’autant plus crucial )
    Longue vie au Culte!

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  8. Je ne sais pas trop si ce roman est fait pour moi ou non. Je suis un peu perplexe après la lecture de ton excellente et très complète chronique. Je vais attendre les retours de lecteurices à mon niveau en hard sf pour juger. J’avoue qu’en plus je ne m’attendais pas du tout à ce que ça soit de la hard sf en voyant la couverture, le titre, bref surprise surprise. J’admets qu’en prime, j’étais davantage concentrée sur le roman d’Estelle Faye à venir bientôt chez AMI aussi 😅

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    • Je dirais oui pour le niveau et oui pour la capacité de ce roman à te séduire (et sinon, au pire, nous ne sommes pas si loin de Noël que ça 😀 ).

      C’est pour ça que j’ai lourdement insisté sur l’aspect Hard SF : ces dernières semaines, j’ai clairement eu l’impression que des tas de gens n’avaient pas conscience du sous-genre majoritaire du livre, le « réduisant » à un conte philosophique (ce qu’il est, mais pas seulement, et sans doute pas principalement ; comme le dirait probablement l’auteur, c’est une « poésie scientifique »). Parce que je ne voudrais pas voir des dizaines de « ce livre n’était pas pour moi » juste parce que les gens sont partis avec des idées préconçues (il est vrai bien « aidés », si j’ose dire, par une présentation de l’éditeur qui me paraît inadaptée).

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      • Je trouve ça un peu surprenant quand même. L’éditeur en vendra sûrement davantage en le présentant comme il le fait mais l’accueil critique risque d’être très mauvais et de nuire à l’auteur du coup, c’est plutôt dommage de présenter les choses sous cet angle au lieu d’assumer le roman dans sa globalité.

        Je te ferai sûrement une fois de plus confiance, nous verrons ce que ça donnera 😉

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        • Je vois les choses de la même façon que toi : visiblement, chez AMI, ils pensaient qu’en présentant le roman comme de la Hard SF, ils allaient effaroucher une partie du lectorat (alors que je vois presque plus de : « Ah, c’est aussi de la Hard SF ? Chouette ! » qu’autre chose), mais comme me le disait il y a quelques années un des directeurs de collection de l’Atalante, il vaut mieux des gens qui ne lisent pas (et donc n’écrivent pas de critiques, particulièrement sur les sites marchands) un livre qui n’a aucune chance de leur plaire que d’autres qui l’ont lu par erreur et qui vont répandre leur déception (et, pour certains, leur fiel…) dans des dizaines de chroniques catastrophiques qui vont couler le livre. C’est d’ailleurs pour ça que pour lui, des chroniques négatives / mitigées / nuancées très détaillées, argumentées et surtout précoces sont un bien, contrairement à ce que l’on pourrait penser intuitivement : elles détournent du bouquin ceux pour qui il n’est pas fait et donc provoquent un ratio critiques positives / négatives nettement plus favorable.

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    • Merci ! Avec Feydrautha et d’autres, on pense que c’est le roman de SF française de l’année… minimum. Pour ma part, je pense qu’on peut largement le placer au panthéon de la SF francophone toutes époques confondues et que même si on élargit au monde anglo-saxon, ça reste du lourd.

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  9. D’habitude j’interviens sur le forum du Belial mais je n’ai pas trouvé de topic sur le livre.
    Ta critique m’a convaincu. La prese’tation de Gilles m’avait titillé mais là vendu.

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    • Salut et bienvenue, M ! Il n’y a pas encore de fil sur ce livre sur le forum (au moment où je rédige ces lignes) à ma connaissance. Connaissant un peu tes goûts, je pense que ce roman a tout pour te plaire 😉

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  10. Ping : La Nuit du Faune – Romain Lucazeau – L'épaule d'Orion

    • De rien ! C’est vrai qu’aussi bien en VO qu’en VF, c’est un tsunami, et c’est très loin d’être fini. Mon programme de lecture compte une écrasante majorité de nouveautés jusqu’en… novembre !

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  11. Ping : Throwback Thursday #2021-29 – Les Blablas de Tachan

  12. Ping : Chroniques des livres éligibles au Prix Planète-SF 2022 : L à Z (par titre) - Planète-SF

  13. J’ai commencé à lire cette critique mais je n’ai pas pu arriver au bout… entre temps j’ai scrollé tout en bas pour prendre le livre sur Amazon. 🙂

    On m’a rarement vendu aussi bien et aussi rapidement un livre je dois dire !

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    • A ma connaissance, il y a pour l’instant quatre critiques sur ce roman : la mienne (dithyrambique), celle de Feydrautha (le livre de SF française de l’année… au minimum), celle de Just a word (10/10, note rarissime chez lui) et celle de Gromovar (Bluffant) : ça pose tout de suite le niveau 😀

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  14. Le côté conte philosophique de la 4e de couverture ne me tentait pas du tout. Heureusement ta critique et celles des autres blogueurs (toutes dithyrambiques) me rassurent avec la hard SF. Vendu donc !

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    • Vu que le côté Hard SF est très largement plus présent que le côté conte et le côté philosophique, tu devrais logiquement aimer ce livre toi aussi. N’hésite pas à repasser par ici pour nous résumer ton avis 😉

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  15. Ping : La nuit du faune – Fourbis & Têtologie

  16. Merci pour ta chronique qui m’a permis de découvrir ce petit bijou, un véritable plaisir !

    J’ai une question, il y a un concept que je n’arrive pas à appréhender (spoilers ahead) :

    Les civilisations vivant au centre des galaxies dans des trous noirs supermassifs primordiaux, s’y sont recluses afin de se protéger de l’Ennemi. Or si l’entropie l’emporte, sur une échelle de temps suffisamment longue, elle fera s’évaporer les trous noirs primordiaux et ces sociétés s’éteindront, non ?
    Je ne vois pas comment ils sont protégés de l’entropie, peux-tu éclairer ma lanterne de jeune faune perdu ?

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    • La clé est justement dans la durée de vie incroyablement longue des trous noirs et dans la stabilité de ce milieu, du moins jusqu’à l’évaporation finale : pour un trou noir d’une masse solaire, elle est de l’ordre de quelque chose comme 10 puissance 67 ans, il me semble. Et plus le trou noir est gros, plus la durée de vie augmente de façon « exponentielle ». Autant dire qu’il n’existera plus d’étoiles normales aptes à réchauffer des planètes très, très, très longtemps avant que les trous noirs ne disparaissent à leur tour. Ces civilisations seront donc en fait protégés de l’entropie bien plus longtemps que celles s’épanouissant hors des trous noirs.

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  17. Ping : La nuit du faune de Romain Lucazeau – Au pays des cave trolls

  18. Je viens de finir ma lecture, c’était du bonheur.
    Spoilers : Comme le dit le commentaire juste au-dessus, l’auteur ne devrait pas dire que les Confinés seront à l’abri, les radiations Hawking en viendront à bout. Alors oui ce sera très long, mais ils disparaîtront aussi. J’ai trouvé que l’auteur se contredisait sur ce point.
    Sinon rien à dire, si ce n’est que je serai ravi de trouver une analyse du texte et de ses références, je suis sûr que j’en ai manqué des tas. Merci encore une fois du conseil de lecture !

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  19. Ping : Récursion – Blake Crouch | Le culte d'Apophis

  20. Ping : La Nuit du Faune de Romain Lucazeau – Les Blablas de Tachan

  21. Ping : La nuit du Faune — Romain Lucazeau – Constellations

  22. Ping : La Nuit du faune, Romain Lucazeau – Le nocher des livres

  23. Ping : La Nuit du Faune, de Romain Lucazeau – Les Chroniques du Chroniqueur

  24. Quelle critique! J’ai écouté hier l’auteur invité dans le podcast de Lloyd Cherry, il est hautement intéressant, s’exprime très bien et semble très érudit. Comme dirait un ancien collègue : « chez celui là, il y a de la lumière à tous les etages » 🙂
    Je vais commencer Latium, si son style me plait je continuerais avec La nuit du Faune.
    Merci pour cette découverte

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    • Merci ! Les deux livres sont relativement différents, de mon point de vue (ne serait-ce qu’en terme de longueur), donc aimer / détester l’un n’est probablement pas une garantie absolue d’avoir le même sentiment pour l’autre.

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  25. Ping : Apophis Box – Octobre 2021 | Le culte d'Apophis

  26. Je viens de finir la nuit du Faune mais je suis dans un avis contraire: lecture pénible tout du long, je pense que le style de l’auteur n’est pas pour moi ( je n’avais pas réussi à aller au bout du 1er tome de Latium). Je n’y ai vu que des défauts: déséquilibre dans la narration entre les 3 personnages et le narrateur/auteur omniscient. Pas de différence de style suivant les personnages, même structure grammaticale et niveau de vocabulaire alors que le Faune est sensé être le « primitif ». Utilisation de vocabulaire « courant » terrien pour des métacivilisations. On commence avec le magicien d’Oz, on saute à une fantasy avec sémantique SF, on termine par une cosmogonie « humaine » ( conflit entre deux entités opposées ayant des agents se combattants depuis la naissance de l’univers). Tic d’écriture : répétition à « foison » des terme éternité, perfection et artificielle… J’arrête là, je dois avoir un biais mais j’avais l’impression d’un auteur qui n’avait pas réussi à choisir son style de roman, et naviguait entre plusieurs… Un roman hybride raté mais bourré d’idée intéressantes prisent séparément… Voila , un avis plus que mitigé mais je voulais vraiment terminer la lecture au vu des avis positifs dans bon nombre de blog, sachant que je suis régulièrement en phase avec Apophis sur les conseils de lecture SF/Fantasy. Par comparaison, un auteur comme Rich Larson à une facilité à jouer sur plusieurs styles d’écriture en lien avec le sujet et les personnages de ses nouvelles: lisez la Fabrique des lendemains (plusieurs pépites à l’intérieur). Désolé pour la longueur du comm. Cordialement

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  27. Et bien je n’ai pas réussi à le finir 😦 J’ai aimé la mise en place, mais dans l’espace, mon coeur s’est arrêté. J’aime la Hard SF, la SF tout court, je comprends les concepts (je suis physicien de métier) … mais je n’ai pas pu décollé avec le duo. J’ai souvent trouvé artificiel l’usage de la science « dure » et l’effort de vulgarisation ne m’a pas aidé à l’accepter. Je me faisais une joie de ce roman… je crois que je vais laisser décanter quelques mois et y revenir.

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  28. Merci pour cette analyse magnifique de ce récit tout à fait particulier. Ma culture en matière de littérature SF étant proche du néant en comparaison avec la votre, je n’ai pas pu déceler les similitudes avec les auteurs cités puisque je n’en ai encore lu aucun. Je me suis délectée de cette lecture et ressors avec les mêmes impressions : j’ai le cerveau en feu tellement il a été nourri !

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  29. Ping : Prix Apophis 2021 | Le culte d'Apophis

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