Le retour du hiérophante – Robert Jackson Bennett

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Une digne suite des Maîtres Enlumineurs !

Le 29 septembre 2021, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le retour du Hiérophante de Robert Jackson Bennett, le très attendu second volet du cycle Les maîtres enlumineurs, que j’ai, pour ma part, lu à sa sortie en anglais en avril 2020. Après un premier tome éponyme ayant bénéficié d’un véritable triomphe critique, on peut dire que la barre a été placée très haut et que donc, on pourrait « forcément » craindre une vague déception (d’autant plus que le livre intermédiaire d’une trilogie est rarement le meilleur). Pourtant, une fois achevé ce second roman, on se dit qu’il constitue une suite tout à fait digne de son prédécesseur, même s’il en est finalement plutôt différent : plus noir, thématiquement bien plus profond, doté de personnages et dialogues inégaux, mais aussi plus contrasté entre une première partie nettement moins intéressante et bien plus stéréotypée que la seconde (assez prodigieuse), Le retour du Hiérophante offre majoritairement (à part dans ses huit premiers %, en gros) une expérience de lecture plutôt différente des Maîtres Enlumineurs, mais certainement pas moins fascinante. Et ce d’autant plus que ce tome 2 renforce encore (si, si) les deux très gros points forts de son devancier, à savoir d’une part un magicbuilding qui était déjà très impressionnant et détaillé et qui s’étoffe encore, et peut-être surtout l’inclusion de tropes SF dans ce qui est, jusqu’à preuve du contraire, une pure Fantasy, inclusion qui s’accentue là aussi encore plus, notamment via un aspect temporel qui, s’il est du rabâché en science-fiction, est encore hautement exotique en Fantasy, même si ce nouveau sous-genre est en développement très rapide ces dernières années.

Bref, tout comme je vous recommandais jadis chaudement Les maîtres enlumineurs, je vous conseille tout aussi vigoureusement la lecture de ce second tome, qui est une digne suite de son prédécesseur, même s’il offre une expérience de lecture relativement différente (et puis bon, une couverture pareille, ça ne se refuse pas !). J’invite celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir (beaucoup) plus sur ce roman à lire ma critique complète de la VO !

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The maleficent seven – Cameron Johnston

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Suicide Squad of the Wyld !

Lorsque, en mai 2017, je vous ai fait découvrir la VO de Wyld de Nicholas Eames, un éminent aponaute, l’excellent Olivier Boile, a fait la remarque suivante : « L’idée de départ de ce roman semble tellement évidente qu’on s’étonne que personne ne l’ait eue plus tôt ! ». On pourrait dire la même chose à propos de celle au centre de The maleficent seven, le nouveau roman de Fantasy de Cameron Johnston : s’inspirer à la fois du film Les sept mercenaires (en anglais : The magnificent seven) ET faire non pas d’antihéros, mais carrément de méchants les protagonistes. D’où le titre, The maleficent seven. Chacun de ces éléments, titre y compris, n’étant pas tout à fait nouveau (il y a deux autres romans, dont un de Fantasy, portant le même nom et référencés sur Goodreads), mais c’est leur combinaison qui retient l’attention. Et le concept, similaire à celui du film Suicide Squad, et explicitement posé par l’auteur à un moment, de monstres combattant d’autres monstres. Quand vous saurez qu’en plus, il s’agit (entre autres) de sauver la famille d’un des personnages de l’invasion de sa ville par des hordes d’ennemis, et que les héros ont 60-70 ans (j’y reviendrai), voire plus, le parallèle avec Wyld est également clair. Ce qui a donc conduit, étant donné qu’en plus, l’humour est très présent, beaucoup de critiques sur Goodreads à présenter le livre de Johnston comme un mélange Suicide Squad / Kings of the Wyld.

Comme certaines personnes l’ont fait remarquer sur cette plate-forme, si la formule est pertinente, elle est aussi limitée et peut induire en erreur : en effet, à partir d’un certain point du récit, le mélange humour / Dark Fantasy se transforme en un Grimdark extrêmement gore, sombre et violent, et ça, ça n’a clairement pas plu à tous les profils de lecteur. Personnellement, j’ai adoré ce bouquin, et plus j’avançais, plus j’aimais (la fin et les épilogues sont exceptionnels). Il faut donc être conscient de ce dans quoi vous allez vous engager si vous décidez de lire The maleficent seven : une partie peut vous plaire / remplir le contrat Suicide Squad + Wyld, tandis que la suivante peut ne plus correspondre à vos goûts. Même si, personnellement, je ne pense pas que les lecteurs francophones de Dark Fantasy soient aussi facilement effarouchés que les anglo-saxons (mais bon, lisez le reste de la critique tout de même…).

Il y a quelques jours, je me suis aperçu tout à fait par hasard que depuis que ce blog existe, j’ai pratiquement toujours fait mes meilleures lectures de l’année en août : avec ce roman, et La nuit du faune de Romain Lucazeau en approche, je crois que cette récurrence, ou tradition, appelez-ça comme vous voulez, ne sera pas démentie en 2021 !  😉 Lire la suite

The shadow of the gods – John Gwynne

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Le miracle John Gwynne s’accomplit de nouveau !

Shadow_of_the_gods_gwynneCela fait maintenant plusieurs années que l’Ours Inculte et moi (enfin, surtout lui, vu qu’il est plus avancé dans la bibliographie de l’auteur que moi) vous parlons de John Gwynne, qui est, pour nous et pour beaucoup de ses lecteurs, le nouveau David Gemmell. Oh, je sais, on a déjà attribué à nombre d’autrices et d’auteurs cet héritage, sauf que cette fois-ci, c’est vrai. Ce qui ne rend d’ailleurs le fait que pas un seul des sept romans précédents du britannique n’ait été traduit que plus abracadabrant, surtout de la part de la maison d’édition qui a fait une partie de sa renommée avec les bouquins de Gemmell et qui, donc, aurait logiquement dû se jeter sur l’œuvre de son successeur. Mais bon, ladite maison n’est pas la seule coupable, puisque je sais que d’autres se sont penchées sur le cas Gwynne sans le publier, essentiellement en raison du coût des traductions et des ventes à réaliser pour être à l’équilibre. Espérons que le bouquin dont je vais vous parler aujourd’hui fasse pencher la balance !

Alors que les sept romans précédents de John Gwynne (une tétralogie et une trilogie) se situaient tous dans le même univers, The shadow of the gods, le premier tome de la trilogie The Bloodsworn saga, en introduit un tout nouveau, un monde secondaire (imaginaire) mais très inspiré par la civilisation Viking et la mythologie nordique. Ce qui n’a absolument rien d’un hasard : dans les remerciements, l’auteur explique être fasciné par les Sagas depuis ses neuf ans et faire partie, avec ses trois fils, d’un groupe de reconstitution viking se baladant en cotte de mailles, l’épée ou la hache au poing, prêt à former un mur de boucliers. Son cycle est donc, cette fois, inspiré par Beowulf et par le Ragnarök, la fin du monde dans les mythes scandinaves.

Le point le plus étonnant chez John Gwynne est que sa Fantasy est ultra-classique (quoi que dans le cas de ce nouveau roman, on puisse un peu nuancer, comme nous allons le voir), mais tellement bien réalisée que même les vieux loups de mer comme moi peuvent y prendre un sincère (et grand) plaisir. Sans compter que comme le dit Robin Hobb en personne, la prose de Gwynne vous rappelle pourquoi vous êtes devenu(e) fan du genre. C’est ce que j’appelle « le miracle John Gwynne » : il peut multiplier les tropes et les clichés mais entre la qualité des personnages et un art du conteur consommé, entre autres qualités, il arrive tout de même à rendre addictive la lecture de ses romans même pour quelqu’un qui a vu tout ça mille fois en Fantasy. Et tout ça tout en ayant l’immense avantage, justement parce qu’il propose une Fantasy « basique » (et je dis cela sans la moindre connotation négative), d’être parfaitement accessible aussi bien au débutant qu’au lecteur ou à la lectrice venant du Young Adult et souhaitant passer à une fantasy plus exigeante ou plus sombre. Lire la suite

La piste des cendres – Emmanuel Chastellière

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Voilà un roman dont l’achat ne vous laissera pas un goût de cendres !

Une version modifiée de cette critique est parue dans le numéro 98 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag

piste_cendres_chastellièreLa piste des cendres s’inscrit dans le même univers que L’empire du léopard, un quart de siècle plus tard. Il n’en constitue pas une suite, et peut donc se lire de façon indépendante, voire même avant L’empire du léopard.

L’action a lieu au Nouveau-Coronado, contexte imaginaire mais s’inspirant de la colonisation espagnole en Amérique centrale et du sud. Formé vingt-cinq ans plus tôt, après la défaite de l’empire du léopard, le dernier et le plus puissant des royaumes indigènes, il présente un net contraste entre un nord  agricole (les ex-territoires impériaux) et un sud industrialisé. Les divisions sont nombreuses, entre colons nordiques rêvant d’indépendance et sudistes fidèles à la métropole, entre indigènes et colons venus du Premier Continent, entre ceux qui ont connu celui-ci et ceux qui sont nés dans la péninsule, entre individus issus de parents d’une seule ethnie et métis, entre ceux issus d’un père colon et les autres. Alors que la grogne et les tensions menacent de faire éclater une guerre civile, les indigènes montrent eux aussi des signes de révolte, et l’assassinat du vice-roi par l’un d’eux puis l’annonce de la venue prochaine de la reine Constance vont mettre le feu aux poudres. Lire la suite

Anthologie Apophienne – épisode 12

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce douzième épisode, nous allons parler d’un des plus grands maîtres actuels de la SF, Greg Egan, d’un des grands espoirs de la SFFF hexagonale, Audrey Pleynet, ainsi que d’un auteur qui est une étoile montante du domaine et dont l’ascension est très loin, à mon avis, d’être terminée, Emmanuel Chastellière. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

La fille aux éclats d’os – Andrea Stewart

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Un roman prévisible mais prenant, à l’univers original, et une précommande exceptionnelle

fille_éclats_os_stewartOn le sait, certains éditeurs sont capables de sortir la VF d’un roman en anglais avec un faible écart (quelques mois) par rapport à sa publication anglo-saxonne. C’est le cas de Bragelonne qui, le 5 mai 2021, nous proposera La fille aux éclats d’os, premier tome du cycle L’empire d’écume, et surtout traduction de The bone shard daughter d’Andrea Stewart, paru dans la langue de Shakespeare en… septembre 2020. On peut dire que ça n’a donc pas traîné, même si on a déjà vu des écarts plus faibles encore, que ce soit chez Bragelonne ou d’autres éditeurs, comme AMI par exemple.

Lorsque je vous fais ce genre de rappel de sortie en VF d’un roman que j’ai, pour ma part, lu en anglais, c’est soit pour vous signaler qu’il s’agit d’un livre à ne pas rater, soit, dans quelques cas, pour vous avertir que le soi-disant chef-d’œuvre vanté par l’éditeur est très loin d’en être un (de mon point de vue, du moins). Le livre de Stewart, sans être un monument de la Fantasy, est toutefois très recommandable, la question n’est donc pas là. Je voulais plutôt attirer votre attention sur le fait que La fille aux éclats d’os sort chez Bragelonne Big Bang, c’est-à-dire dans la collection Young Adult de l’éditeur. Et vu que les aponautes ne sont, en majorité, pas forcément des lectrices et lecteurs massifs de YA, d’après ce que je constate, je ne voudrais pas que vous passiez à côté d’un livre qui a bien des atouts pour vous séduire (sans compter que je ne vois pas trop pourquoi il a atterri dans une collection YA, mais bon…).

Celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir plus sur ce roman peuvent se référer à ma critique complète de la VO. Je signale aussi que l’éditeur propose de nombreux avantages liés à la précommande de l’ouvrage (vous trouverez tous les détails sur cette page de son site), ce qui explique que je fasse ce rappel de sortie en VF de façon un peu plus précoce que je n’en ai l’habitude (en général, c’est environ quinze jours avant), afin que celles et ceux d’entre vous qui voudront en profiter ne ratent pas l’occasion.

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Apophis Box – Février / Mars 2021

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite

Les maîtres enlumineurs – Robert Jackson Bennett

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Un roman exceptionnel !

Le 31 mars 2021 marquera la sortie, chez Albin Michel Imaginaire (AMI), des Maîtres enlumineurs, version française du roman Foundryside de Robert Jackson Bennett (déjà auteur du magistral et salutaire Vigilance ainsi que de l’également très bon American Elsewhere), dont je vous parle quasiment depuis le jour de sa parution anglo-saxonne tant il m’a impressionné, et ce sur plusieurs plans. Le plus évident étant que comme l’a fait remarquer l’auteur américain Dan Wells, « Le meilleur livre de Fantasy épique de l’année est aussi le meilleur roman de Cyberpunk de l’année. Avez-vous souvent l’occasion de déclarer cela ? ». En effet, sans faire de Science Fantasy ou de SF déguisée en Fantasy, mais un pur représentant de ce dernier genre, Bennett recycle de façon particulièrement habile les codes, tropes et thématiques sociétales et technologiques (informatiques) du Cyberpunk dans un univers de magie. Et c’est bluffant ! Le plus fort étant que celui qui connait lesdits codes s’amusera à les repérer au sein du texte, tandis que celui ou celle qui n’est pas adepte de SF / de Cyberpunk ne sera pas, pour autant, gêné dans sa lecture, qui reste totalement abordable en tant que pur livre de Fantasy. Si on ajoute à cela des personnages extrêmement sympathiques, on se retrouve devant un bouquin qui n’est pas sans rappeler un autre roman paru chez AMI, à savoir Le magicien quantique de Derek Künsken : propre à régaler le connaisseur mais pourtant tout à fait lisible par le néophyte.

Excellente injection de codes SF dans une pure Fantasy, personnages attachants, dialogues, style et intrigue de qualité, les atouts du roman de Bennett pour vous séduire seraient déjà conséquents s’il n’en existait pas un autre qui les éclipse tous : le système de magie. Certes, nombreux sont les auteurs qui ont bâti un magicbuilding élaboré ou original (on citera, par exemple, Brandon Sanderson ou Brent Weeks), mais celui de Bennett les dépasse, à mon sens, tous, du fait de son élégance : un postulat de départ extrêmement simple à comprendre (on peut persuader les objets que les lois de la physique ne s’appliquent plus à eux / ont été modifiées) entraîne une foule de conséquences passionnantes et de développements fouillés (et pourtant digestes !). Bref, si vous êtes amoureux des livres qui ne se contentent pas d’un « ta gueule, c’est magique ! » d’auteur feignasse, celui-là est carrément pour vous. Et même le pur amateur de SF qui, d’habitude, voit la Fantasy comme quelque chose de risible ou d’inintéressant aura tout intérêt à jeter un coup d’œil à ce livre, et encore plus à sa suite, qui va encore plus loin dans l’exploitation de la reprogrammation « informatique » de l’univers et dans l’injection de codes / tropes d’habitude purement SF (cyberpunk, posthumanistes, etc).

Si l’argumentaire précédent ne vous a pas déjà incité à jeter vos euros durement gagnés sur votre écran, ma critique TRÈS complète de la VO devrait atomiser vos dernières réticences. Et pour les plus aventureux d’entre vous, celle de la VO du tome 2 est également disponible  😉 Lire la suite

Le chant des sorciers – R. Scott Bakker

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Quel « final » !

chant_des_sorciers_bakkerLe chant des sorciers est le troisième et dernier tome du cycle Le prince du néant, après Autrefois les ténèbres et Le guerrier prophète. Il ne propose pourtant pas la fin de l’histoire (juste celle d’une de ses phases), puisque l’ensemble de cette trilogie ne constitue en fait que l’équivalent du premier tome, découpé en trois livres en raison de sa taille, de la vraie « trilogie » envisagée initialement par l’auteur, et appelée The second apocalypse. L’équivalent du second tome a été publié (en anglais) en quatre livres, puisque le troisième volet était si volumineux que l’auteur a été obligé de le scinder à son tour en deux volumes. Oui, hein, on se croirait chez Les moutons électriques… Au moment où je rédige ces lignes, l’équivalent du tome 3 de la trilogie telle qu’elle était initialement envisagée reste à écrire. Vu mes soucis de santé actuels (qui expliquent le fait que pour la première fois de son histoire, ce blog n’a pas été alimenté pendant près d’un mois, et que jusqu’à nouvel ordre, la périodicité des nouveaux posts risque d’être franchement aléatoire), je n’ose plus vous promettre quoi que ce soit, mais normalement, les romans (en anglais) du second sous-cycle devraient être chroniqués sur ce blog… un jour.

Si je vous raconte tout cela, ce n’est pas tout à fait par hasard, mais pour bien vous faire comprendre qu’il ne faut pas vous formaliser si la fin du Chant des sorciers n’en est pas totalement une, en tout cas pas sur tous les plans. Oui, elle tient bien la promesse initiale de l’auteur, à savoir montrer toutes les étapes du cheminement de la Guerre Sainte vers la cité sacrée de Shimeh. Mais non, le destin de tous les personnages principaux ne s’accomplit pas complètement. Il y a bien des parallèles à faire entre The second apocalypse et Dune, et très clairement, il faut voir toute la trilogie Le prince du néant comme l’équivalent du seul premier roman de la saga de Frank Herbert : elle ne sert qu’à instaurer un nouveau paradigme, à mettre en place un prophète sur un trône, et les conséquences de ce bouleversement ne seront indubitablement examinées que plus tard, à la fois dans d’autres livres et surtout plus loin dans la chronologie de cet univers (la tétralogie qui fait suite à cette trilogie inaugurale se déroule plusieurs décennies plus tard). Ce qui, finalement, n’est pas un gros problème pour un lecteur anglophone, mais en constitue par contre un beaucoup plus épineux pour une personne qui ne lit qu’en français, puisque je vous rappelle que ledit second sous-cycle de quatre romans est paru depuis des années, qu’il n’a pas été traduit et qu’il me paraît très peu probable qu’il le soit (il faudrait déjà que l’éditeur français réédite Le prince du néant, et il n’en montre absolument aucun signe).

Vous allez donc vous / me demander si, dans ce cas, vous avez intérêt à lire cette trilogie si vous n’avez aucune chance d’avoir droit à la suite dans la langue de Molière un jour : vu sa qualité hors-normes, et le fait que Le chant des sorciers propose tout de même une forme partielle de conclusion, la réponse est (à mon sens) très clairement oui. Encore faudra-t-il pouvoir vous procurer les VF : mon exemplaire du tome 3 (dont j’étais tombé amoureux de la sublime couverture) m’a coûté la modique somme de… cinquante euros, en poche et d’occasion. Comme on dit chez mes ancêtres slaves : cyka blyat ! Lire la suite

Anthologie Apophienne – épisode 11

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce onzième épisode, parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, nous allons reparler d’auteurs déjà abordés dans cette série d’articles, à savoir Robert Silverberg, H.P. Lovecraft et Alastair Reynolds. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite