Les euh… NON-critiques d’Apophis – épisode 1

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cropped-apophis-ra_symbolAux débuts de ce blog, la politique était simple : on n’abandonne jamais un roman commencé, et on critique tout ce qui est lu. Point. Je m’y suis tenu pendant deux ans, avant que différents facteurs, dont une PAL / wish-list prenant des proportions bibliques, ne me fassent changer d’avis. Depuis début 2018, en gros, si un bouquin n’arrive pas à me convaincre, je l’abandonne sans regret. Trop de livres à lire, pas assez de temps, vous connaissez la chanson. Par contre, j’avais jusque là décidé de ne pas chroniquer un roman que je n’avais pas fini. Certains le font, je ne critique pas la chose, chacun fait comme il le veut sur son blog. Pour ma part, si je laisse tomber avant la fin, je ne me sens pas la légitimité d’émettre un avis qui pourrait potentiellement être complètement invalidé dix ou cent pages après le point où j’ai laissé tomber.

Toutefois, une discussion récente sur le blog de Lutin m’a conduit à légèrement revoir cette position : en effet, certaines personnes ont des goûts très proches des miens, et ne pas dire « j’ai commencé le roman Machin, j’en ai lu x pages, et j’ai abandonné parce que ceci ou cela » peut éventuellement les conduire à l’acheter de leur côté et à connaître la même désillusion que moi (sans compter, évidemment, la perte d’argent associée). J’ai donc décidé de vous proposer des micro-avis sur les livres abandonnés et dont je me souviens / dont j’ai pu retrouver la trace dans mes notes. Il ne s’agit en aucun cas d’une critique (même pas des mini-critiques comme je peux en proposer dans L’œil d’Apophis) mais d’un ressenti ou d’un fragment (et j’insiste sur ce terme) d’analyse vous expliquant pourquoi, au point où je me suis arrêté, je n’ai pas trouvé la motivation pour aller jusqu’à la fin. À partir de là, tout dépendra du fait que vos avis sur les bouquins soient, d’habitude, proches des miens ou pas, car vous ne trouverez pas, dans ces micro-avis forcément très subjectifs, les éléments d’analyse objectifs que j’insère dans mes critiques « normales » (celles des livres finis) et qui vous permettent de décider, en fonction de vos propres critères (qui ne sont pas forcément les mêmes que les miens) si le roman en question peut vous plaire ou pas. Lire la suite

The A(pophis)-Files – épisode 11 : Au-delà de la Voie Lactée

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afiles_3Je vous propose un troisième mini-guide annexe en complément du Guide de lecture du Planet Opera, après ceux de l’Universe Opera et de la SF centrée sur les astéroïdes. Nous allons parler aujourd’hui de quelque chose qui est de plus en plus rarement abordé dans la Science-Fiction d’aujourd’hui (mais qui était beaucoup plus fréquent lors de l’âge d’or du genre), à savoir tout ce qui est situé en-dehors de la Voie Lactée, qu’il s’agisse de ses satellites (voir plus loin), d’autres galaxies ou encore des systèmes stellaires se trouvant dans l’espace intergalactique. Si vous n’êtes pas féru d’astronomie, pas de panique, je vais vous proposer (sans basculer dans le cours magistral non plus !) une vue d’ensemble rapide et quelques définitions, histoire de vous permettre de suivre aisément.

Vous pouvez retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles de fond via cette page ou ce tag. Lire la suite

Peter F. Hamilton – Guide de lecture

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cropped-apophis-ra_symbolJe vois souvent passer, sur Babelio, dans la blogosphère, par mail ou sur ce blog, en commentaires, des questions de gens ayant entendu parler de Peter F. Hamilton, souhaitant découvrir l’auteur mais ne sachant pas par quel bout prendre son oeuvre, il est vrai considérable. Le même genre de questionnements se pose pour une personne ayant lu un livre ou cycle, et ne sachant pas trop quoi lire ensuite, surtout si elle sait que certains desdits cycles sont liés entre eux. Il se trouve toujours une bonne âme (dont votre serviteur) pour répondre à ces questions, mais les réponses données sont forcément subjectives, et ne correspondront donc pas forcément aux goûts de la personne. Sans écarter cette dimension là, le présent article va essayer de vous donner le maximum de données pour faire votre choix, sachant que plusieurs parcours de lecture sont possibles, en fonction de vos préférences en tant que lecteur, mais aussi (et c’est bien malheureux) de la disponibilité du livre majeur (il fallait que ce soit celui-là…) de l’auteur.

Si la formule vous plaît ou vous est utile, je vous proposerai d’autres guides de lectures dans le même style (sachant que j’en propose déjà par genre / sous-genre des littératures de l’imaginaire –clic– ou par thématique – clic et clic-). De nombreuses personnes se posent, en effet, des questions similaires à propos (par exemple) du cycle de la Culture de Iain M. Banks ou de l’Honorverse de David Weber, donc il y a de quoi faire.  Lire la suite

The A(pophis)-Files – épisode 10 : Cailloux dans le ciel – Astéroïdes & SF

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afiles_3En complément du Guide de lecture du Planet Opera, j’étais parti pour vous proposer un guide annexe détaillant les livres de SF où les astéroïdes sont habités ou bien abritent des artefacts mystérieux, des installations extraterrestres à explorer. Et puis je me suis fait la réflexion que les « cailloux dans le ciel » avaient bien d’autres usages en SF, et que le propos devait être élargi. Au passage, je me suis permis un petit abus de langage : en astronomie, on n’emploie le terme « astéroïde » que pour les amas de roche / métal / glace / carbone qui se trouvent dans le Système Solaire dit « intérieur », c’est-à-dire en-deçà de l’orbite de Jupiter, à l’exception des astéroïdes dits « Troyens », dont certains se trouvent sur les Points de Lagrange de Jupiter, d’Uranus et de Neptune (en plus de ceux de la Terre et de Mars). Pour tout ce qui se trouve au-delà, on emploie les termes de « comète » (surtout formée de glace), de « Centaure » (astéroïdes se trouvant entre les orbites des planètes géantes) ou d' »objet transneptunien ». Pour ma part, je vais, dans cet article, le plus souvent tout regrouper sous le terme d’astéroïde (voire de comète), pour des raisons de simplicité.

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ABACAB 1 – Le programme de lecture

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cropped-apophis-ra_symbolDepuis environ un an et demi, on m’a demandé pas mal de conseils relatifs à l’ouverture ou à la tenue d’un blog : que faire, ne pas faire, comment le faire ? Comment être plus attractif, faire plus de vues ? Comment marchent les liens d’affiliation et autres partenariats avec Amazon ou la FNAC ? Quelle est la méthode pour structurer une critique ? Quelle est la recette pour établir un programme de lecture ? J’ai répondu aussi bien et aussi souvent que je le pouvais, dans la mesure de mes connaissances et de mon temps disponible. Et puis je me suis fait la réflexion qu’une réponse donnée en MP sur telle ou telle plate-forme ou par mail pouvait potentiellement profiter à d’autres personnes intéressées par le même sujet. Et que, donc, faire une série d’articles consacrés aux conseils aux blogueurs, le fait que l’expérience accumulée puisse profiter à d’autres, ne serait pas une mauvaise idée.

Comme toute série d’articles de fond sur Le culte d’Apophis, celle-ci devait avoir un nom, de préférence qui pète la classe et / ou humoristique. J’ai eu un éclair de génie, en lien avec une de mes chansons de Genesis préférées : cette nouvelle série d’articles s’appellera donc ABACAB (Apophis fait sa Bonne Action en donnant des Conseils Aux Blogueurs). Et pour l’inaugurer, nous allons nous attaquer à un sujet épineux : le programme de lecture. Générique et c’est parti ! Lire la suite

Guide de lecture SFFF – Découvrir le (ou progresser en) Planet Opera

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ApophisJe vais un peu anticiper sur la partie « définitions » de cet article, mais dans mon Guide des genres et sous-genres de l’imaginaire, j’ai précisé que dans ma conception, le Planet Opera pouvait aussi concerner quelque chose qui n’était pas une planète mais qui était cependant d’une taille hors-norme, comme dans L’anneau-monde de Larry Niven, par exemple. L’important était que l’action se concentrait sur un lieu et que celui-ci était exotique et présentait des possibilités d’aventure, de découverte, d’exploration, d’étude d’une société autre, etc. J’ai cependant averti qu’on pouvait aussi classer certains de ces romans dans une thématique SF dite à « Big Dumb Objects » (BDO). Dans le cadre de ce guide de lecture, je vais cependant écarter tout roman ou cycle à BDO, afin de ne pas alourdir un article déjà très long et de m’en tenir à la définition « orthodoxe » du Planet Opera (ces guides s’adressant aussi à des gens qui découvrent les littératures de l’imaginaire, rester le plus clair et simple possible me paraît être la meilleure voie à suivre). De même, je vais rester strictement dans le cadre de la conception française de ce sous-genre, les américains mettant sous l’étiquette Planetary Romance une foule de bouquins qui n’ont parfois que peu de points communs entre eux et relèvent de genres ou sous-genres très disparates (Science-Fantasy, Fantasy, etc). Ce qui fait que nous ne parlerons ni de Pern, ni de John Carter ou d’Eric John Stark, qui apparaîtront dans des guides de lecture ultérieurs, et que nous nous concentrerons donc sur les romans de pure SF. Vous remarquerez que certains taxonomistes anglo-saxons vont vraiment très loin : pour eux, tout livre relevant de la Hard SF ne se qualifie pas pour de la Planetary Romance, et ce même s’il satisfait tous les critères que je vais décrire dans la partie suivante de cet article. Je précise que pour ma part, j’ai choisi de ne pas adopter cette conception, ce qui fait que vous retrouverez des livres relevant aussi de la Hard SF dans les conseils de lecture : ces deux sous-genres peuvent, à mon sens, tout à fait se cumuler.

Je vous proposerai tout de même un article sur les BDO dans les mois à venir, mais pas dans la présente série de guides de lecture, plutôt dans le cadre des A-Files. Il y aura, de même, un article sur les astéroïdes aménagés. Je précise également que, sauf exception, ce qui concerne les planètes-océan (comme La face des eaux de Robert Silverberg, Un monde d’azur de Jack Vance ou L’écorcheur de Neal Asher, par exemple) sera traité dans le futur Guide de lecture du Water Opera (dont j’ai d’ores et déjà programmé l’écriture afin qu’il vous accompagne sur les plages à l’été 2020).

Vous pouvez retrouver les autres guides de lecture des différents genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire via ce tag ou cet article. Lire la suite

The A(pophis)-Files – épisode 9 : Universe Opera !

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afiles_3Dans ce neuvième épisode de la série des A-Files (des articles de fond consacrés aux grandes thématiques et éléments emblématiques de la SFFF), je vais traiter d’un groupe de romans très particuliers, sorte de sous-genre hautement exotique du Planet Opera dont, au moment où je rédige ces lignes, je suis en train d’écrire le Guide de lecture. En effet, certains auteurs, plutôt que d’imaginer une simple planète aux particularités intéressantes, sont allés beaucoup plus loin : ils se sont demandés ce que donnerait un univers, le nôtre ou un autre entièrement imaginaire, qui ne posséderait pas les mêmes lois physiques. Ainsi, par analogie avec le Planet Opera, j’ai imaginé le terme d’Universe Opera pour classer les livres concernés dans un sous-genre ou une thématique commune. Et puis je me suis rendu compte qu’on pouvait aller plus loin : dans certains cas, les lois de notre cosmos, qui sert de cadre à l’action, sont inchangées, mais grâce à une technologie avancée, les humains ou une autre race créent d’autres univers, tandis que dans d’autres œuvres, les humains (ou des aliens, peu importe) modifient les lois de leur cosmos (volontairement ou par accident), ce qui fait qu’on peut aussi classer les bouquins concernés dans un hypothétique Universe Opera. Je vous propose donc un mini-guide de lecture, accompagné d’un tour d’horizon des mécanismes mis en jeu.

Dans les mois qui viennent, je vous proposerai (au moins) deux autres « guides annexes » à celui du Planet Opera, un concernant les BDO (Big Dumb Objects) et l’autre les astéroïdes aménagés. Vous aurez aussi droit au deuxième volet de la liste de lecture de la SF à environnements exotiques. Au passage, vous pouvez retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles de fond via cette page ou ce tag. Lire la suite

Guide de lecture SFFF – Découvrir la (ou progresser en) Hard SF

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ApophisIl y a une profonde incompréhension, de la part du public qui n’en lit pas encore ou qui n’en a que peu lu, au sujet de la Hard SF : certains, qui ne lisent que du Young Adult, pensent que toute la SF adulte ressemble à la Hard SF, ce qui n’est évidemment pas le cas ; d’autres sont persuadés que toute la Hard SF leur est inaccessible, ou bien est réservée aux lecteurs qui ont fait des études scientifiques ou techniques (ce qui, là aussi, est inexact) ; enfin, la majorité des lecteurs est persuadée que toute la Hard SF est du niveau de ses auteurs les plus pointus (typiquement, Greg Egan) ou, plus insidieux encore, que chaque livre de Hard SF d’un auteur donné présente le même degré d’exigence, ce qui, dans les deux cas, est profondément faux : un même écrivain (Greg Egan et Stephen Baxter me paraissent être deux bons exemples) peut, tout en écrivant de la Hard SF dans chaque cas, proposer des textes aux niveaux de complexité très différents. Il y a un gouffre entre Évolution et Exultant de Stephen Baxter, comme entre Zendegi et Schild’s Ladder de Greg Egan ! Et puis bien sûr, il y a les lecteurs qui pensent que tel bouquin est de la Hard SF, alors qu’il ne se qualifie pas vraiment pour ce sous-genre, ou en tout cas pas parmi ses représentants à recommander (cf Retrograde).

En conséquence, la structure que j’ai décidé d’adopter pour ma série de guides de lecture n’a sans doute jamais été aussi pertinente : il est vraiment capital, surtout pour un lecteur non-issu d’une filière scientifique, de commencer sa découverte de la Hard SF par les livres les plus accessibles, faute de quoi vous risquez très fortement de vous dégoûter d’un sous-genre auquel vous ne « comprendrez rien » ! Attention, toutefois, aux généralisations : je connais des lecteurs experts en Hard SF qui n’ont pas du tout une formation scientifique, et à l’inverse, quelqu’un qui bosse à l’ONERA ou au CNRS (les intéressés se reconnaîtront…) peut bien évidemment s’affranchir du parcours conseillé et commencer directement par le plus pointu. Encore que, Schild’s Ladder, une fois encore… Lire la suite

Une interview : Aliette de Bodard – L’univers de Xuya

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Il y a quelques semaines, l’ami FeydRautha a eu l’idée de réaliser une interview d’Aliette de Bodard, portant notamment sur l’univers Xuya, une science-fiction dont l’ambiance asiatique tranche radicalement avec ce qui se fait d’habitude en Space Opera. Avec la gentillesse et la classe qui le caractérisent, il nous a proposé, à Lutin du blog Albédo et à moi, d’être associés à cette initiative, vu que nous avions nous aussi apprécié cet univers. Nous avons donc mis au point tous ensemble une liste de questions à soumettre à l’autrice, qui a eu l’amabilité d’y répondre. Et comme vous le verrez, lesdites réponses sont extrêmement intéressantes, et prouvent que la place d’Aliette dans ma Sainte Trinité des autrices critiquées sur le Culte n’est pas usurpée (réponse subliminale à une des questions du concours -qui se termine vendredi à minuit, il ne vous reste plus beaucoup de temps pour participer !-).

Je vous invite donc à lire cette interview sur le blog de FeydRautha !

L'épaule d'Orion - blog de SF

aliette Photographie : Lou Abercombrie

Si vous passez sur ce blog de temps à autre, vous avez dû apercevoir quelques chroniques de différents textes d’Aliette de Bodard, qui s’inscrivent dans l’univers science-fictif de Xuya créé par l’auteure française. Ayant beaucoup apprécié l’originalité de cet univers à contre-courant de ce que se fait habituellement en Space Opera, genre qui montre une forte tendance à s’enfermer dans des normes et dans une esthétique aseptisée d’inspiration occidentale, j’ai eu l’envie de proposer une interview à Aliette de Bodard. Elle a accepté avec gentillesse et enthousiasme en dépit d’un planning très serré. Pour mener cette interview, j’ai voulu faire appel à la collaboration de deux figures de la blogosphère SFFF en France, qui ont eux aussi récemment exploré l’univers de Xuya et en sont ressortis charmés : Lutin, la blogueuse à sabre, dresseuse d’hyménoptères, et gardienne de l’Albedo, et Apophis, le blogueur à crochets…

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Guide de lecture SFFF – Découvrir la (ou progresser en) SF militaire

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ApophisBien moins monolithique qu’on ne l’imagine souvent, la Science-Fiction militaire rassemble en réalité des romans très différents, qui, à part un cadre qui concerne les forces armées et une intrigue qui met en scène des soldats, ne partagent pas forcément beaucoup de points communs : certains (rares), sont antimilitaristes, certains se déroulent sur Terre et dans un futur proche alors que d’autres nous projettent, des siècles ou des millénaires dans le futur, dans de grands conflits interstellaires, certains mettent l’emphase sur les amiraux à la tête de vastes forces spatiales tandis que d’autres se concentrent sur les Marines ou soldats de base, qui font le sale boulot au sol ou en abordant les astronefs ennemis en apesanteur, et ainsi de suite.

Cependant, par souci de simplicité, je vais traiter toute la SF militaire dans un seul article synthétique, vous signalant pour chaque livre ce qui fait sa singularité ou son intérêt en particulier.  Lire la suite