Iain M. Banks – Cycle de la Culture – Guide de lecture

cropped-apophis-ra_symbolBien que le cycle de la Culture de Iain M. Banks (1954 – 2013) soit une des œuvres les plus importantes du New Space Opera et de la SF Transhumaniste, et plus généralement de la science-fiction dans son ensemble de ces trente dernières années, on s’aperçoit fréquemment que les lecteurs débutants n’en ont pas forcément entendu parler, et que beaucoup de fans de SF ne l’ont pas lu en entier. Il faut dire qu’il n’est pas toujours évident de savoir par quel bout l’attaquer, surtout compte tenu de l’assertion selon laquelle les tomes étant « indépendants », on peut les lire dans n’importe quel ordre (ce qui est souvent faux). Il était donc plus que temps d’essayer de débroussailler tout ça, en vous proposant un guide de lecture dans le même esprit que ceux déjà disponibles sur ce blog, qu’ils soient consacrés à Peter Hamilton ou à l’Honorverse de David Weber.

Fondamentaux

La Culture est une civilisation interstellaire (voire même intergalactique, comme le prouve L’homme des jeux) où les humains (qui ne sont pas originaires de la Terre, cependant) et quelques races extraterrestres sont dirigés… hum conseillés par des Intelligences Artificielles bienveillantes (du moins, en première approximation et en apparence : la réalité est nettement plus proche de l’univers du cycle Polity de Neal Asher), les plus petites s’incarnant dans des drones, les plus grosses, appelées Mentaux, formant le cerveau de vaisseaux titanesques (les plus gros font des centaines de kilomètres de long), nommés, selon le type / la taille / le but, véhicule système général (VSG), Unité de contact générale (UCG), etc.

La Culture est une société post-pénurie où les ressources sont illimitées, où l’argent n’existe plus, où le travail est effectué par des machines et où donc, les intelligences, biologiques ou artificielles, choisissent librement ce qu’elles veulent faire de leur vie, comme un loisir, un hobby, etc. C’est aussi une société tolérante, égalitaire, multi-culturelle et surtout complètement décentralisée. Loin d’un empire de SF centré, classiquement, sur des planètes colonisées, le gros de sa population vit dans des vaisseaux mobiles, des astéroïdes aménagés ou des mini-anneaux-mondes appelés Orbitales (des stations spatiales annulaires d’une dimension colossale, pouvant accueillir des dizaines de milliards d’habitants). Lorsque L’homme des jeux commence, la Culture, formée à l’origine par la coalescence de plusieurs civilisations humanoïdes et de groupes d’IA, existe depuis onze mille ans. Une partie de ses origines sera explorée dans l’ultime tome du cycle, La sonate Hydrogène. Elle ne possède ni loi, ni, officiellement, une armée, juste des « sections » appelées « Contact » (diplomatique) et « Circonstances Spéciales » (il faudra attendre l’avant-dernier tome, Les enfers virtuels, pour découvrir qu’il y en a d’autres). En réalité, CS a tout d’un service d’espionnage / d’opérations spéciales, et l’ensemble Contact + CS d’une structure militaire qui ne veut pas dire son nom, du moins lorsque la Culture est impliquée (même potentiellement) dans un conflit.

Notez que, que ce soit à l’échelle d’un simple vaisseau ou d’une partie beaucoup plus conséquente de l’ensemble d’habitats et d’astronefs qui forment la Culture, les sécessions, ou les UCG / VSG qui décident de faire un peu comme ils veulent, merci, sont loin d’être rares. Notez aussi que certains Mentaux issus d’autres races peuvent, à l’inverse, rejoindre la Culture.

La technologie de la Culture est très avancée (plus que celle de la majorité des autres entités politiques de la Voie Lactée ou celle d’autres livres de SF : la plupart des romans les plus précoces laissent penser que c’est la puissance dominante -à part pour les Sublimés-, mais Trames remet tout cela carrément en perspective), que ce soit en terme de sciences physiques (elle maîtrise un système de téléportation appelé Déplaceur, la nanotechnologie, le vol hyperluminique, des armes à « trous noirs en grappe », etc) ou biologiques. Pour un humain, la biotechnologie de la Culture permet d’abolir toutes les frontières, qu’elles soient de genre (on peut en changer à volonté, comme c’est très bien expliqué dans Excession), de forme (on peut modifier son apparence, s’ajouter des membres), de possibilités (on peut s’ajouter des améliorations cybernétiques avancées) ou de plan d’existence (on peut avoir une glande qui permet de secréter à volonté un éventail hallucinant -c’est le cas de le dire- de drogues récréatives). Les femmes y gagnent en plus un degré de contrôle impressionnant sur leur appareil reproducteur. Bref, la Culture, c’est l’utopie progressiste incarnée.

La Culture est, à la base, non-impérialiste, dépourvue de frontières (puisqu’en grande partie d’essence mobile) et hautement pacifiste. Outre le fait que certains éléments (astronefs, essentiellement) se sont, disons, auto-accordés un degré inhabituel de liberté (surtout pour un vaisseau géant capable de manipuler un cerveau à quelques décennies-lumière de distance…), il y a des cas où certaines civilisations plus « primitives » dépassent les bornes, et où la Culture, étant une des puissances majeures de la Voie Lactée, doit intervenir… y compris militairement. Ceci, bien entendu, quand elle n’est pas elle-même la cible de l’agression. Ces interactions avec d’autres races ou civilisations (et les dilemmes moraux et éthiques qu’elles entraînent) sont au centre de nombre de romans du cycle. Notez que la Culture n’est pas à l’abri des sales petites guerres pas très catholiques pour une prétendue utopie, pas avare de l’usage de mercenaires pour éviter de souiller ses blanches mains, et que certaines fois, elle fait de grossières erreurs qui finissent par menacer de lui exploser à la figure (cf Le sens du vent). On verra aussi que cette soi-disant société mature, pondérée, d’une haute valeur morale, est tout à fait susceptible de céder à ses plus bas instincts si vous lui faites miroiter un trésor d’une valeur assez grande ou si une opportunité de réaliser un objectif politique (pourtant noble) ne peut être saisie qu’en employant des moyens éthiquement douteux (cf Excession).

Bibliographie

Le cycle de la Culture comprend neuf romans et un recueil de nouvelles. Son auteur étant décédé (au grand désespoir de votre serviteur), la saga est achevée. Les livres qui la composent sont réputés être indépendants les uns des autres, ce qui fait qu’en admettant que ce soit vrai (et ça ne l’est pas, je vous le dis tout de suite), vous pourriez les lire dans n’importe quel ordre. En pratique, il est vivement conseillé de les lire dans un ordre précis, que je vous détaillerai après une présentation (parfois pas si) succincte de chacun de ces ouvrages.

Sachez qu’on peut diviser ce cycle en deux phases, une précoce dans laquelle le ton général est plutôt grave, et une autre dans laquelle il est beaucoup plus léger, avec bien des éléments humoristiques, à commencer par les noms des vaisseaux. Ceux-ci ont tellement marqué les gens (dont un certain Elon Musk) qu’ils sont régulièrement ré-utilisés pour de vrais engins (fusées, sous-marins, etc) dans le monde réel. Sachez aussi que l’éditeur français n’a initialement pas respecté l’ordre de publication anglo-saxon (ce sera le cas à partir d’Excession), publiant L’homme des jeux (sorti en VO en 1988) et L’usage des armes (1990) avant de sortir Une forme de guerre, pourtant publié en 1987 en Angleterre. Je pense cependant qu’il a bien fait, car des trois, Une forme de guerre est, et de loin, le moins intéressant, comme nous allons le voir.

L’homme des jeux

  • player_of_gamesDate de publication : 1988 (VO), 1992 (VF).
  • Résumé : un citoyen de la Culture, spécialiste des jeux, est recruté par CS (Circonstances Spéciales) pour se rendre dans le Petit Nuage de Magellan (une galaxie satellite de la Voie Lactée), plus précisément dans l’Empire d’Azad, où un jeu très complexe, et qui ne ressemble à aucun des milliers qu’il connaît, est utilisé pour déterminer le rang social des citoyens.
  • Intérêt / difficultés : outre le fait que le roman est plutôt intéressant en lui-même, il a surtout le très gros avantage de prendre le lecteur par la main en lui expliquant les particularités de la Culture, en lui détaillant ce qu’est un drone, une Orbitale, etc. Les autres romans du cycle ne le font pas (ou en tout cas certainement pas à ce degré là), ce qui fait de L’homme des jeux la porte d’entrée la plus logique dans cette saga.

L’usage des armes

  • usage_armesDate de publication : 1990 (VO), 1992 (VF).
  • Résumé : il s’agit tout simplement de la biographie de Cheradenine Zakalwe, mercenaire au service de CS intervenant au sein de civilisations peu avancées.
  • Intérêt / difficultés : L’usage des armes est à la fois, sans conteste, le joyau du cycle, et aussi un livre de tout premier plan, surtout compte tenu du fait qu’il est sorti à une époque (fin des années 80 / début des 90) où les romans ayant marqué l’Histoire de la SF étaient littéralement publiés tous les quatre matins (Hypérion, Un feu sur l’abîme, etc). Son problème est cependant double : d’abord, sa structure est extraordinairement complexe, puisqu’elle comprend deux types de chapitres, les uns racontés dans l’ordre chronologique standard, tandis que les autres, avec qui ils alternent, sont disposés dans un ordre anti-chronologique. L’ensemble forme une sorte de compte à rebours infernal vers deux énormes révélations à la fin de l’ouvrage (je me suis d’ailleurs toujours dit que je le relirai un jour en commençant par la fin, donc dans l’ordre inverse). Le souci, c’est que cette narration est très exigeante, et qu’elle pourra donc laisser certains lecteurs sur le bord de la route. Le second problème du roman est qu’il est extrêmement noir (beaucoup plus que l’écrasante majorité des bouquins ultérieurs de la Culture), une atmosphère qui, là encore, ne plaira pas à tout le monde. Vous auriez cependant tort de ne pas au moins tenter ce roman majeur, que ce soit dans la bibliographie de Banks ou dans l’ensemble de la SF.

Une forme de guerre

  • une_forme_de_guerreDate de publication : 1987 (VO), 1993 (VF).
  • Résumé : Alors que la guerre entre les Idirans (des extraterrestres militaristes et fanatiques religieux) et la Culture fait rage, le tout nouveau Mental d’un vaisseau de cette dernière (à peine sorti de sa chaîne de fabrication) se cache, pour échapper à ses poursuivants, sur le Monde de Schar, une planète de la Sérénité (un monde déclaré hors-limites par une espèce post-physique et toute puissante). Un mercenaire, Horza, est chargé par les Idirans de s’en emparer, vu qu’il fait partie de l’espèce de Métamorphes qui, jadis, avait pour mission de surveiller l’endroit (qui présente d’ailleurs de fascinantes particularités, qui ne sont pas sans rapport avec le roman Niveau 7 de Mordecai Roshwald).
  • Intérêt / difficultés : D’une part, Une forme de guerre est un très mauvais point de départ pour commencer le cycle, vu que la Culture y est surtout vue… par les yeux de ses ennemis, et que, donc, ses particularités ne sont pas détaillées (certainement pas comme dans L’homme des jeux, en tout cas). D’autre part, il s’agit pour moi du plus mauvais livre du cycle : le début est intéressant, la partie qui se déroule sur le monde de Schar encore plus, mais le souci est que pour en arriver là, vous devrez traverser des centaines de pages pas franchement passionnantes. Je serais même presque tenté de vous dire que si vous deviez vous dispenser d’un des romans du cycle, cela pourrait sans trop de soucis être celui-là… à un gros détail près. En effet, les appendices de ce roman détaillent les causes, le déroulement et les conséquences de la guerre Idirane, et celle-ci est évoquée dans tous les autres bouquins de la saga (ou quasiment), particulièrement dans Le sens du vent. Il est donc très utile de lire, en fin de compte, soit le roman tout entier, soit, au minimum, l’appendice historique seulement, quitte à lire le reste du livre après avoir achevé tout le reste. Au chapitre des points positifs, je signale toutefois que c’est, et de loin, le plus militarisé des livres de la Culture, avec La sonate hydrogène, ce qui fait que les amateurs de SF martiale pourraient y trouver un intérêt qui échappera à d’autres types de lecteurs.

L’essence de l’art

  • state_of_the_art_belialDate de publication : 1991 (VO), 1996 (sous le titre L’état des arts) / 2010 (sous le titre L’essence de l’art) en VF.
  • Résumé / nature / intérêt : recueil de nouvelles contenant certains textes en rapport avec la Culture, dont la novella éponyme, qui montre une mission d’observation de la Culture sur… Terre à la fin des années 70. Vu qu’elle met en scène deux personnages apparaissant dans L’usage des armes, il est préférable de la lire avant ce roman.  En revanche, je suis en désaccord avec l’idée selon laquelle elle pourrait servir de point d’entrée dans la saga vu qu’elle nous en apprend concrètement moins sur la Culture que L’homme des jeux (même si elle peut servir à décoder les intentions de l’auteur pour le reste du cycle) et que sur le pur plan de l’intrigue, elle n’est pas spécialement mémorable (bien moins qu’une des autres nouvelles du recueil, Descente).

Excession

  • excession_banksDate de publication : 1996 (VO), 1998 (VF).
  • Résumé : l’apparition d’un mystérieux artefact dans l’espace, plus vieux que l’univers et démontrant des possibilités technologiques très supérieures à celles de la Culture, lance une ruée vers l’or opposant cette dernière et l’Affront, une espèce qu’on définira le mieux par le paradoxal qualificatif de « jovialement agressive ». En parallèle, nous suivons l’histoire tragique de deux amants.
  • Intérêt / difficultés : Outre le fait qu’Excession est un de mes livres de SF préférés, et un de ceux dont j’ai le plus relu des passages, voire des chapitres isolés, c’est aussi un tome qui marque un tournant décisif dans le cycle, à savoir l’introduction d’une large dose d’humour, par opposition au ton parfois extrêmement noir qui était plus ou moins la règle jusque là. Il a aussi le gros intérêt de montrer la face sombre de la Culture (qui est finalement, et concrètement, loin de l’utopie de façade), ainsi que la fort sympathique race des Affronteurs. On en apprend également plus sur les Mentaux qui quittent ou rejoignent la Culture. Le livre est d’ailleurs centré sur les messages (en forme d’e-mails, ou quasiment) qu’ils s’échangent entre eux, d’une manière qui rappelle Un feu sur l’abîme de Vernor Vinge. Il est par ailleurs intéressant de lire Excession avant La sonate Hydrogène, vu qu’une partie de ses personnages y est mentionnée (même si ne pas le faire ne rendra pas ce tome ultérieur incompréhensible, mais c’est le genre de clin d’œil qu’il est toujours gratifiant de capter). Mais surtout, Excession illustre à merveille un des axes centraux du cycle : les dilemmes éthiques auxquels doit faire face une hyperpuissance se présentant comme un garant de la moralité dans sa sphère d’influence face au comportement d’une espèce plus primitive et agressive. Bref, tout compte fait, on a pour moi affaire à un des livres les plus incontournables dans le cycle, avec L’homme des jeux (en tant que porte d’entrée) et L’usage des armes (pour sa qualité et l’ambition de sa structure narrative).

Inversions

  • inversions_banksDate de publication : 1998 (VO), 2002 (VF).
  • Résumé / intérêt : Inversions est, à mon sens, le grand oublié du cycle de la Culture. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’a pas l’air d’appartenir à cette saga, et qu’il ressemble plutôt à un roman de… (low) Fantasy ! Nombre de livres du cycle montrent les interventions de Contact ou Circonstances Spéciales sur des mondes non-Culturiens, que ce soit du point de vue de la Culture, de ses ennemis ou des indigènes (Le sens du vent). Mais des indigènes avancés, au minimum au même stade technologique que notre Terre du XXIe siècle. Inversions, lui, place l’action sur un monde médiéval, et seules de subtiles allusions en filigrane vous font comprendre que certains personnages viennent en fait de planètes extrasolaires techniquement plus évoluées, bref… de la Culture. Banks a même déclaré qu’il s’agissait d’un « roman sur la Culture qui n’en est pas un ». Nous suivons deux lignes narratives parallèles, en alternance d’un chapitre à l’autre (c’est un des éléments, avec le fait de placer intégralement le point de vue chez des indigènes primitifs et en-dehors de celui des agents de la Culture, qui a donné son titre au livre), concernant deux personnages dans l’entourage direct de deux des souverains de la planète. On comprendra qu’il s’agit de deux amis, chacun venu sur ce monde pour faire ce qu’il fallait pour améliorer le sort des indigènes, chacun à sa façon. Notez que ces deux lignes narratives ne sont pas vues directement selon le point de vue de ces deux personnages, mais de deux narrateurs qui les observent ou relatent leurs actions. L’intrigue (dans tous le sens du terme) les place au centre de deux complots, dirigés contre le souverain qu’ils servent et / ou contre eux-mêmes. Certes, Inversions se révélera très déstabilisant pour certains lecteurs, car étant un roman du cycle, mettant en scène deux personnages Culturiens, mais sans apparition de technologie (ou de la Culture, de ses institutions et de sa politique) autre qu’à mots couverts (particulièrement côté Vosill). Cela n’en fait pas un mauvais roman pour autant, justement du fait de ce côté jeu de pistes qui consiste à lire entre les lignes ! Bref, à vous de voir ce que vous allez y chercher : si ce sont les VSG, les Drones et les Effecteurs, clairement, vous pouvez faire l’impasse et passer au roman suivant (techniquement, Inversions se place entre Excession et Le sens du vent ; personnellement, je pense que vous pouvez le lire à n’importe quel moment, à condition d’avoir lu au moins un autre roman de la Culture, de préférence L’homme des jeux).

Le sens du vent

  • sens_du_vent_banksDate de publication : 2000 (VO), 2002 (VF).
  • Résumé : Un militaire extraterrestre a perdu le goût de vivre après la mort de son épouse, provoquée par une malheureuse intervention de la Culture sur sa planète, ayant entraîné une sanglante guerre de castes. On lui propose de frapper cette dernière lors de la commémoration de la bataille la plus meurtrière de la guerre Idirane, qui a eu lieu 800 ans auparavant.
  • Intérêt / difficultés : l’intérêt de ce roman est multiple : montrer que même la Culture est capable de se planter (alors que son ingérence dans les affaires d’autres civilisations est une constante du cycle et un de ses axes majeurs), montrer la façon dont d’anciens soldats (sur)vivent leur retour en temps de paix, nous en apprendre plus sur la Sublimation (une démarche vaguement entamée dans Une forme de guerre et qui atteindra son apogée dans La sonate hydrogène), les conséquences de la guerre Idirane (d’où l’intérêt d’avoir lu Une forme de guerre, ou au minimum ses appendices, avant), etc. On peut y voir une sorte de synthèse entre des éléments développés dans les romans antérieurs et ceux qui lui sont postérieurs (TramesLes Enfers Virtuels et La Sonate Hydrogène). Je le considère personnellement comme une sorte de pivot du cycle, non pas parce que c’est le roman le meilleur ou le plus indispensable, mais parce que quelque part, c’est un peu celui autour duquel tous les autres ont l’air de graviter. Dans son ADN, on trouve donc une référence directe à la guerre Idirane d’Une Forme de guerre, le côté noir, désabusé et mélancolique de L’usage des armes (même si ici, on est nettement plus sur ce dernier sentiment que sur la noirceur extrême de L’usage des armes), une certaine immersion dans la vie quotidienne des Orbitales (et une histoire centrée sur l’une d’elles) comme dans la première partie de L’homme des jeux, une histoire d’amour tragique comme dans Excession, la rencontre entre deux civilisations de niveaux technologiques différents et les conséquences de l’intervention (ou de la non-intervention) des uns dans la vie des autres (comme dans Trames), une évocation des moyens de se préserver virtuellement de la mort grâce à la technologie (comme dans Les Enfers Virtuels), et enfin, last but not least, une emphase sur la musique (une symphonie, plus précisément) et sur la Sublimation (transcendance hors des contraintes du corps physique) comme dans La Sonate Hydrogène. Si j’ajoute qu’on retrouve un système de flash-back comme dans l’Usage des armes (mais avec une construction littéraire moins complexe ou déroutante pour le lecteur), on se retrouve vraiment avec un patchwork du cycle, un best-of des éléments précédemment écrits et un aperçu de ce qui était à venir à l’époque de sa sortie.

Trames

  • trames_banksDate de publication : 2008 (VO), 2009 (VF).
  • Résumé : dans un monde-gigogne (un monde artificiel formé de sphères concentriques divisant l’espace en autant de niveaux habités par des espèces primitives, guidées par des mentors de plus en plus avancés, jusqu’au niveau des Impliqués -les superpuissances galactiques- comme la Culture), le roi d’une civilisation humaine (au stade pré-industriel), les Sarles, est assassiné par son commandant en second alors qu’il était sur le point de remporter une guerre contre les habitants du niveau suivant. Un des héritiers, qui a assisté à la scène, fuit, le deuxième, qui ne sait rien, est manipulé par l’assassin, qui est supposé être un simple régent temporaire mais a l’intention de garder le pouvoir, tandis que la fille du souverain défunt a rejoint la Culture quinze ans auparavant (comme c’est pratique…). Ainsi, une simple lutte de pouvoir au sein d’une civilisation primitive va finir par concerner des races bien plus avancées, jusqu’aux Impliqués eux-mêmes ! Sans compter que les mondes-gigognes, et celui-ci en particulier, cachent bien des secrets…
  • Intérêt / difficultés : Après huit ans sans publier de textes relatifs à la Culture, Banks y revient enfin. Trames est un roman au worldbuilding démentiel, à la fin poignante, et qui a surtout le gros mérite de servir à replacer la Culture dans un cadre beaucoup plus large : si les romans précédents nous avaient conduits à penser qu’elle était la puissance dominante de son coin d’espace, voire de la Voie Lactée, Trames n’en fait qu’une (très) grande puissance parmi une bonne douzaine d’autres, dont certaines au moins aussi redoutables. Le livre élargit donc considérablement l’univers du cycle, une démarche qui se poursuivra dans ses deux successeurs.

Les enfers virtuels

  • enfers_virtuels_banksDate de publication : 2010 (VO), 2011 (VF).
  • Résumé : une guerre simulée a lieu depuis des décennies, visant à déterminer si les Enfers Virtuels, des virtualités où les états mentaux sauvegardés des morts pourraient être torturés à loisir, seront autorisés ou pas. La Culture est, on s’en doute, farouchement opposée au procédé, mais même si elle ne prend pas part au conflit, elle en acceptera le résultat. Sauf que tout le monde n’est pas aussi passif, et que certains pourraient bien décider de tricher, voire d’exporter le combat… dans le réel !
  • Intérêt / difficultés : le premier intérêt est que ce roman nous en apprend plus sur les Virtualités et les sauvegardes « d’âme » déjà évoquées dans Le sens du vent ; le second, et pas des moindres, est de nous montrer qu’alors que la chose n’avait jamais été mentionnée jusque là, il y a d’autres organisations que Contact et CS au sein de la Culture ; le troisième est de nous montrer un vaisseau de la Culture complètement siphonné et aux redoutables possibilités militaires (à ce niveau, seul Neal Asher a fait mieux) qui est, de fait, un personnage extrêmement sympathique et marquant ; et la quatrième est de proposer un bon gros clin d’œil qui ne sera compréhensible qu’à ceux qui auront lu L’usage des armes avant, et qui ne se dévoile qu’à la toute fin de l’épilogue.

La sonate Hydrogène

  • sonate_hydrogène_banksDate de publication : 2012 (VO), 2013 (VF).
  • Résumé : La Sublimation est une méthode consistant, pour une civilisation, à quitter l’espace-temps « normal » pour des dimensions supérieures, autrement inaccessibles, où l’existence est plus riche, plus complète, et surtout éternelle. Alors qu’une race cousine de celles ayant formé la Culture va se sublimer, une autre espèce, comme il est de coutume de le faire en pareil cas, vient lui révéler un secret qu’elle lui cachait avant qu’elle ne parte vers le Sublime. Mais le vaisseau messager est détruit, et pire encore, la faction qui a eu connaissance de l’événement voit son QG détruit… par un vaisseau ami ! Mais le crime ne restera pas impuni, car dans les deux cas, les vaisseaux de la Culture ont bien vu que quelque chose clochait, et ils mènent donc l’enquête. Enquête qui va les mener, à travers la moitié de la galaxie, vers un membre de la Culture réputé vieux de dix mille ans, et pouvant confirmer le secret. D’où la mise en place d’un groupe de vaisseaux coordinateurs, et les nombreux dialogues entre eux qui parsèment le livre. Bien entendu, les meurtriers vont essayer de cacher leur crime, les espèces en concurrence pour s’emparer de la technologie et des territoires abandonnés post-Sublimation vont en venir aux mains, et qui va se retrouver au milieu ? Mais la Culture bien sûr !
  • Intérêt / difficultés : Iain Banks étant décédé l’année suivant la publication (en anglais) de ce roman, ce dernier constitue, de fait, l’ultime opus du cycle de la Culture, et se place à mon sens parmi ses meilleurs livres. Il a pas mal de points communs avec Excession, que ce soit sur la forme (le « tchat » entre Mentaux de vaisseaux) ou une partie du fond (là aussi, un groupe de Mentaux se forme pour enquêter sur des événements inhabituels -précisons qu’il ne s’agit pas de la Bande des Temps intéressants d’Excession, puisqu’elle est explicitement évoquée et mise « hors de cause »-). Ceux qui ont apprécié ce volet du cycle risquent donc fortement d’apprécier la Sonate, tandis que ceux qui ne l’ont pas aimé risquent d’avoir, de fait, un peu plus de mal. De même, suivant la tendance initiée dans Les Enfers Virtuels, nous en apprenons plus sur un autre des au-delà (à part les Virtualités) vers lesquels les habitants de la galaxie peuvent se diriger, à savoir la Sublimation. Autre caractéristique marquante : c’est le roman du cycle le plus orienté combats et action, à l’exception peut-être d’Une forme de guerre. On a aussi le sentiment que le roman est plus / mieux rythmé que la plupart de ses prédécesseurs. On pourra par contre émettre une légère critique sur la fin, le « grand secret » se révélant plus que fade. Mais peu importe, car ce qui compte, ce n’est pas la destination, mais le voyage. Et quel voyage ! Un roman du cycle de la Culture, c’est avant tout un panel extraordinaire de machines fabuleuses, d’extraterrestres étonnants, de mondes étranges, de personnages hauts en couleurs et de noms de vaisseaux pittoresques. Sur ce plan, la Sonate constitue probablement le sommet du cycle : plus encore que dans les autres livres consacrés à la Culture, on en prend plein les yeux. La variété des personnages a de quoi laisser rêveur : une militaire à quatre bras, son familier en forme de cape intelligente, un avatar de vaisseau, un androïde persuadé qu’il est dans une simulation tout au long du roman, un individu réputé avoir dix mille ans, un adepte des reconstructions physiques aux goûts disons… extrêmes, etc. Bref, du pur Banks, mais puissance dix même par rapport aux « standards » du cycle. Pour résumer, un très bon ultime roman du cycle de la Culture, rythmé, intéressant, et nous en apprenant plus sur deux grands thèmes, la Sublimation et les origines de la Culture. C’est peut-être un peu facile, mais j’ai envie de conclure en disant que grâce à ce bon texte, nous assistons à une très belle Sublimation… de la Culture. 

Parcours de lecture possibles

Alors que dans les guides de lecture consacrés à Peter Hamilton et à l’Honorverse de David Weber, je vous ai proposé de très nombreux parcours de lecture possibles, et alors que les romans du cycle de la Culture sont réputés être indépendants les uns des autres et pouvoir donc se lire dans « n’importe quel ordre », comme nous l’avons vu, il n’y a en fait qu’un nombre restreint de parcours concrètement possibles, du moins si on veut éviter de se compliquer la vie inutilement et comprendre le moindre clin d’œil disséminé par l’auteur dans les livres les plus tardifs du cycle. En conséquence, les parcours conseillés sont les suivants :

Parcours complet (vous lisez tout, dans l’ordre le plus logique)

L’homme des jeux -> L’essence de l’art -> L’usage des armes -> Une forme de guerre -> Excession -> Le sens du vent -> Trames -> Les enfers virtuels -> La sonate hydrogène

Inversions peut se lire à n’importe quel moment après avoir lu L’homme des jeux.

Parcours Aldaranien

C’est le même que le précédent, à ceci près que vous inversez L’essence de l’art et L’homme des jeux.

Parcours chronologique (dans l’ordre de publication anglo-saxon)

Une forme de guerre -> L’homme des jeux -> L’usage des armes -> L’essence de l’art -> Excession -> Inversions -> Le sens du vent -> Trames -> Les enfers virtuels -> La sonate hydrogène

Parcours « l’indispensable seulement » (la trame principale du cycle, pas les deux ouvrages annexes que sont Inversions et L’essence de l’art)

L’homme des jeux -> L’usage des armes -> Une forme de guerre -> Excession -> Le sens du vent -> Trames -> Les enfers virtuels -> La sonate hydrogène

Parcours « le meilleur d’abord, le dispensable à la fin »

L’homme des jeux -> L’usage des armes -> Une forme de guerre (appendices seulement) -> Excession -> Le sens du vent -> Trames -> Les enfers virtuels -> La sonate hydrogène -> Inversions -> L’essence de l’art -> Une forme de guerre (le reste du livre)

Parcours « je fais ce que je veux » (ou presque)

Dans ce scénario, vous lisez les romans un peu dans l’ordre qui vous convient le mieux, en fonction de vos goûts personnels et en fonction de l’avis et du résumé que j’ai donné plus haut pour chacun d’entre eux. Dans ce cas, je vous conseille tout de même de respecter un minimum de règles : d’abord, commencer dans tous les cas par L’homme des jeux ; ensuite n’oubliez pas qu’il est préférable (même si absolument pas indispensable) de lire L’essence de l’art avant L’usage des armes, ce dernier avant Les enfers virtuels, Une forme de guerre (ou au minimum ses annexes) avant Le sens du vent et Excession avant La sonate hydrogène.

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48 réflexions sur “Iain M. Banks – Cycle de la Culture – Guide de lecture

  1. Salut et merci pour ce guide. Je partage avec toi l’admiration de cet auteur que j’ai découvert dès de la publication de ‘L’homme des jeux’ chez Robert Lafont. J’ai donc lu ce cycle dans l’ordre de publication en français, relisant au préalable l’ensemble du cycle à chaque nouvelle sortie.
    Pour ma part, si j’ai clairement moi aussi un faible pour ‘Excession’, et que j’ai préféré ‘Inversions’ à la partie médiévalisante de ‘Trames’, je suis dans l’incapacité de formuler un classement des autres romans, tant chacun nous donne un autre point de vue éclairant l’univers de la Culture.
    Pour ajouter mon grain de sel à ton guide, je dirais surtout aux nouveaux lecteurs de tous les lire, sans exception et sans tarder. Pour ma part j’ai passé vingt ans à attendre, chaque fois, le prochain tome. Et j’aimerais toujours pouvoir en attendre un autre, tellement cet univers de la Culture est attachant.
    Ok, c’est décidé, à chaque lecture décevante d’une nouveauté, je vais relire un des romans du cycle…

    Aimé par 1 personne

    • Tout à fait d’accord, il faudrait lire tout ce qui concerne ce cycle. Et encore plus d’accord quand tu dis que tu aimerais pouvoir en attendre un autre : quand Banks s’est remis à la Culture avec Trames, et que les tomes se sont enchaînés rapidement, j’étais super heureux, et hélas, le bon Iain nous a quittés.

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    • Bonjour ,
      un cycle à la fois sublime et d’une rare violence. S’il s’agit d’une utopie libertaire nous sommes loin d’une société o les droits de l’homme et de la dignité sont respectés. L’auteur s’amuse même à des destructeurs de personnages innocents particulièrement épouvantable. Ayant eu le plaisir de traverser dans l’ordre conseillé toute cette oeuvre mémorable d’un écrivain jugé par son public faisant partie des cinq meilleurs écrivains britannique de tous les temps – classement d’une rare hétérogénéité mais excusez du peu- j’ai particulièrement apprécié la construction de l’usage des armes -souvenez vous du terrible « pulp fiction » , Les reflexions sociales et la fin si marquante de Trames, l’originalité de l’homme des jeux, l’humour décalé et la plongée dans l’hyperespace des mentaux dans excession, la force dramatique d »une « plage de verre » -hors culture-, leparcours terrible d’une forme de guerre. Mais l’ultra violence des enfers virtuels, l’attente vaine du sublime dans inversions, la violence intérieure et la victimisation de l’innocent dans le sens du vent,, le désinterêt de la suite de nouvelle dans l’essence de l’art -à part la « descente »-la relative platitude terminale de la sonate hydrogène peuvent être autant de bémols dans un parcours d’une puissance imaginative exceptionnelle et totalement singulière

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  2. C’est marrant, hier je lisais le retour d’Orion sur une nouvelle justement dans ce cycle et ce matin boum je lis ton guide qui répond à ma question silencieuse d’hier : mais pourquoi j’en avais jamais entendu parler et de quoi ça s’agit dans l’ensemble ? Bon d’accord, ça fait deux questions. Mais ça y répond quand même.
    Grand merci pour ce guide et cette découverte en tout cas ☺️

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    • Pour la première question, j’en parle très régulièrement (c’est un de mes cycles de SF préférés), mais tu n’as pas dû faire attention (j’en ai encore parlé il y a dix jours dans le numéro 4 de l’anthologie Apophienne). J’avais aussi fait une vague présentation quand j’ai commencé à parler du cycle Polity de Neal Asher, parce que ses fondamentaux sont similaires à ceux de la Culture, même si le résultat final est profondément différent.

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      • C’est pas que je ne fais pas attention, c’est que j’ai la mémoire d’un poisson rouge 😅 c’est bien pour ça que je prends des notes pour les découvertes de l’ombre. En fait l’intérêt du cycle en lui même m’a sauté aux yeux avec ton article actuel. Jusqu’ici je n’avais pas imprimé. Mais bon, erreur rattrapée c’est tout ce qui compte o/

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  3. Je n’avais pas entendu parler de cet auteur avant de traîner sur ce site… j’avais du coup emprunté « l’homme des jeux » à un proche. Et donc ce guide vient à pic, si l’homme des jeux me plaît, je pourrai enchaîner avec un ordre logique (je préfère suivre un ordre logique de lecture, c’est un truc qui m’agace dans les polars, de faire des allers-retours dans la vie des personnages parce que l’édition française a été faite n’importe comment 🙂 )

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  4. Merci une fois de plus pour cet article – guide.
    Personnellement j’ai commencé par l’homme des jeux que je n’ai pas terminé… et me convainc moyennement.
    Je vais néanmoins poursuivre car il y a des titres qui me tentent, suite à ton article.
    Je soumets ici l’ordre que je prévois (pour soumission à critiques et remarques).
    Précision, je ne suis pas fana de la SF militaire.

    L’homme des jeux > L’usage des armes > Excession > Trames > Les enfers virtuels > La sonate hydrogene

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  5. Un immense merci pour ce guide, d’une qualité et d’une clarté exemplaire, à l’image de l’ensemble du blog d’ailleurs.
    Je connaissais pas Banks et la Culture avant d’arriver sur ce blog il y’a quelques mois, et ce sont effectivement les nombreuses allusions et commentaires élogieux qui m’ont amené vers ce cycle.
    J’ai lu les 2 ou 3, je ne sais plus, critique des premiers tomes du cycle déjà présent et je me suis lancé.
    Etant en plein dedans (j’ai terminé hier soir très, trop 😦 tard « Une forme de guerre ») cet article vient à point nommer.
    Une remarque toute personnelle concernant une forme de guerre : Ce roman est assez déstabilisant bien que prenant et tout bonnement génial. Il faudrait le lire plusieurs fois probablement pour l’apprécier à sa juste valeur, car en première lecture, certains passages biographiques sont un peu longs et difficiles à replacer dans le contexte, surtout au regard de ce que l’on apprend à la fin du livre.

    De manière générale donc, au delà de cet article ci, je voudrais t’adresser un triple merci pour :
    – Nous proposer des articles de qualités, honnêtes et qui reflète bien la qualité d’un livre. Du moins me concernant, j’ai pour l’instant toujours été séduits par des livres que tu as jugés bons et ai pu lire par ailleurs des critiques très maussades de livres que j’avais trouvés moi même médiocres.
    – Nous faire découvrir ou redécouvrir des auteurs et des œuvres absolument fantastiques, mais moins connus que les Hypérion / Fondation et Dune par exemple.
    – Nous faire partager ton savoir et ta culture justement de la SFFF au travers de critiques de livres mais aussi d’articles de fonds sur les genres et sous genres ou bien des guides de lectures de tel auteur, cycles ou thèmes majeurs.

    Merci donc, et surtout ne change rien !

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  6. Beaucoup aimé « L’homme des jeux » et je m’étais promis de poursuivre (sauf que mon blog me rappelle que c’était il y a cinq ans, oups !). J’ai « L’usage des armes « dans ma PAL numérique (alias la PAL invisible 😁), donc y’aurait plus qu’à ! Merci pour ton guide, Apophis, qui ne pourra que m’aider lorsque je me déciderai à replonger dans ce Cycle.

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  7. … et c’est là que j’apprends que le livre par lequel j’ai commencé et lu Banks pour la première fois, est en fait le dernier de l’ordre de lecture. Merci doublement pour ce dossier, déjà pour m’avoir fait découvrir les autres mais aussi de m’avoir rassuré sur la relative indépendance de chaque tome 🙂 Quand je reviendrai dessus en terminant le cycle, j’aurai certainement une impression de déjà vu, mais avec bien plus de connaissances sur le « lore » de cet univers !

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    • Bonjour, je ne l’ai jamais lu en VO, donc je n’ai pas pu personnellement comparer, mais vu le calibre des traductrices et traducteurs qui ont été choisis (Hélène Collon, Sylvie Denis, etc), je n’ai vraiment aucune raison de croire que le travail a été mal fait.

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  8. Merci pour ce guide ! Moi qui voulait lire du Banks depuis un bout de temps, ça va me motiver à commencer 🙂
    D’ailleurs, as-tu déjà lu la suite de Gods of blood and powder ? J’ai hâte de voir ta critique 🙂

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  9. Ping : Brass Man – Neal Asher | Le culte d'Apophis

  10. Je ne suis pas aussi sévère avec « Une forme de guerre ». C’est bien écrit et c’est l’aventure, on voyage, quoi ! Tous les space operas ne sont pas aussi bien foutus.

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    • C’est sûr, ça reste du Banks, donc ça surpasse sans peine les écrivaillons qui tentent d’écrire du NSO. Pour autant, ça n’est clairement pas dépourvu de défauts, que ce soit en lui-même ou (surtout) en comparaison d’autres tomes du cycle.

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  11. Je suis un petit lecteur de SF mais j’ai lu, sous les conseils enthousiastes du Cafard Cosmique, tout le cycle de la Culture selon le « parcours complet », bien que je ne sais pas quand j’ai casé L’état des arts (chez DLM): j’ai en tout cas lu les autres nouvelles bien après. Dans ses préfaces, Gérard Klein justifie l’ordre de parution des trois premiers romans de façon sans doute convaincante, même si j’ai été partagé à l’époque. L’homme des jeux est une bonne portée d’entrée mais Une forme de guerre est très intéressant en terme de lore: éreintant mais très satisfaisant au final. J’ai toujours du mal à voir critiquer ce dernier, sachant qu’aucun roman de la Culture ne m’a semblé facile d’accès (quoique, on finit par apprivoiser la vision de l’auteur). Il m’a quand même sacrément impressionné et son apport à l’univers, après la lecture des « deux premiers », m’a paru fondamental. L’usage des armes fut rédigé longtemps avant les autres mais laissé de côté avant que Ken Mc Leod persuade Banks de le remanier en modifiant la structure (merci à lui). Plus ardu mais diaboliquement bon et touchant…L’homme des jeux est sans doute adapté pour commencer en douceur, d’autant qu’il me semble plus emprunt de cet esprit décalé et sarcastique!
    J’aurais bien du mal à faire un bilan de ce que m’a apporté ce cycle. Si le décès prématuré de l’auteur m’a attristé, ses deux dernier livres me donnaient l’impression qu’il avait plus ou moins fait le tour de la Culture. Les Enfers virtuels fait la part belle aux descriptions…infernales de cette virtualité mais sans forcément mener de réflexions sur tout ça (ou pas assez), sans compter l’antagoniste à l’ancienne dont Banks m’a toujours semblé féru, hélas. La révélation finale fait plaisir, mais le procédé est peut-être facile…La Sonate hydrogène passe à côté de passionnantes réflexions sur la sublimation d’une civilisation, un sujet que j’attendais de voir traiter alors que le roman s’intéresse à une quête qui, comme vous le dites, repose sur un révélation assez tiède, même si comme souvent chez Banks l’intérêt est ailleurs. Ces romans me faisaient bouillonner à la lecture et j’en tirai à chaque fois différentes déceptions ou insatisfactions, puis rétrospectivement, un certain plaisir à les avoir parcourus jusqu’au bout. Trames notamment a exigé une digestion particulière et risquait l’effondrement à quelques pages prêt, quant à Inversions, j’étais prévenu et le roman m’a plu, bien que j’ai mis un temps fou à comprendre que Vosill aimait vraiment le roi! Ça me semblait improbable.

    J’ai sans doute raté beaucoup de choses, moult clins d’œils et réflexions, mais je crois avoir capté quelques éléments essentiels, comme sur le statut très flottant des héros dans ces récits, ballottés par les Mentaux ou d’autres forces et ne semblant pas souvent aux commandes de leur destin, sinon lors de coups d’éclats. La course-poursuite dans un décors de théâtre (Enfers virtuels) comporte une symbolique immanquable, par exemple. Les mondes gigognes gérés à différents degrés à l’insu de leurs « habitants » ne manquent pas de nous questionner, une fois que certains persos s’extraient de leur société médiévale. Arh, je ne suis pas clair tant j’ai oublié…
    On suit après tout des individus cherchant parfois à tromper leur ennui en s’engageant dans CS ou devant trouver un sens à leurs actions, dans un écosystème de SF toujours plus renversant.

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  12. Merciiiii pour le guide, ça donne sacrément envie ! J’en entendais toujours parler de loin, sans bien savoir de quoi il s’agissait. Pour le coup c’est bien plus clair et ça a l’air carrément chouette, faudra que je me les procure un de ces jours.

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  13. Bonjour, et vraiment bravo pour ce site magnifique, quel boulot !!!
    Mais comment ce fait-il que dans un site aussi spécialisé, on ne trouve rien sur des auteurs majeurs comme;
    Jack Vance, Alfred Elton Van Vogt, Fredric Brown, Isaac Asimov, et pourquoi pas chez nos auteurs Français Gilles Thomas (Julia Verlanger), Paul Jean Hérault (Michel Rigaud) et aussi dans un style un peu différent René Barjavel ???
    Après avoir (re)lu tout l’Honoverse, dont je suggérerais une modification dans ton cycle de lecture (la « Couronne des esclaves » se passe pendant la trêve et doit donc se lire entre le Tome 1 de « Plaies d’honneur » et le tome 2, car la guerre reprend à la fin de ce tome), donc après Harrington, je vais me lancer dans Iain M.Banks sur tes conseils…
    Merci encore pour ce site ou je vais passer de nombreuses heures ….
    Jean-Michel

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    • Bonjour et merci. J’ai lancé ce blog début janvier 2016, alors que j’avais 41 ans. Je lis de la SF et de la Fantasy depuis que j’en ai 10. Donc j’ai lu des centaines de romans qui ne sont pas chroniqués ici.
      Concernant A.E. van Vogt, ayant participé à la rédaction du dossier consacré à cet auteur dans le prochain Bifrost, je publierai les trois articles correspondants ici un an après la sortie du magazine, donc en mai 2021.

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  14. Le cycle de la culture m’a accompagné durant ces 4 dernières années. J’ai commencé par l’homme des jeux, puis Une Forme de Guerre, dont j’ai eu beaucoup de mal a passer le milieu. Ensuite Inversion, dont j’ai adoré le principe, puis j’ai continué dans l’ordre de parution.

    J’ai adoré, et j’aime beaucoup la façon dont c’est présenté ici! Avant de le lire, j’avais surtout entendu parler de l’Homme des Jeux et un peu de l’Usage des Armes, qui sont plus « cultes » que le reste j’ai l’impression. Au final, je pense que mes préférés sont plus ceux à la fin, notamment Le Sens du vent, qui j’ai trouvé extrêmement touchant dans son ironie tragique, Trames et son final totalement vertigineux.

    Et enfin la Sonate Hydrogène. Quelque part, le « tout ça pour ça » ne m’a pas trop dérangé, parce que j’ai trouvé que c’était un livre sur la Mort, dont la Sublimation est une analogie. Une fois que je me suis dit ça, la lecture s’est avérée extrêmement riche et dense sur ce sujet, et le fait que ce soit le dernier de l’auteur la rend d’autant plus émouvante.

    J’ai très envie de relire les premiers, maintenant que j’ai bien en tête les thèmes généraux de la série. C’est vraiment un ensemble passionnant.

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    • Oui, je trouve Trames étrangement sous-estimé, pour ma part. Et je suis tout à fait d’accord, le fait que La sonate hydrogène soit à la fois le dernier tome du cycle, qu’il soit sorti après le décès de l’auteur (en France, du moins) et qu’il s’agisse, comme vous le soulignez, d’une évidente allégorie de la Mort fait qu’il s’agit d’une lecture tout à fait spéciale, que le lecteur abordera forcément avec un état d’esprit particulier.

      J’avais commencé à tout relire après la disparition de Banks, mais je me suis arrêté après Le sens du vent. Il faudra que je continue cette relecture, un jour.

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  15. Bonjour,
    Merci pour cette découverte ! Je connaissais ce cycle que de nom et je n’avais pas le courage de le débuter. Grâce à cet article, je me suis enfin motivé et j’ai choisi le parcours complet.
    Je fais une pause (j’ai fini une forme de guerre, je lis autre chose…) mais je voulais quand même te remercier et faire un petit retour.
    J’ai vraiment accroché dès l’homme des jeux, le thème de l’utopie est traité de manière passionnante au travers des livres.
    L’usage des armes est assez dur à lire mais j’ai adoré (la fin est incroyable).
    J’ai eu peur en commençant une forme de guerre par rapport à ton avis mais j’ai bien aimé le petit côté « tout se passe mal  » pour l’équipage.

    Encore un gros merci : La culture c’est bien, la culture c’est passionnant. Il faut de la culture dans ce monde de brutes.

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    • Bonjour, merci pour ton retour, ravi de savoir que tu as aimé ! Et je peux te dire que la suite est également très intéressante, notamment Excession, Le sens du vent et Trames !

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