Une cosmologie de monstres – Shaun Hamill

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Un roman très prenant, une première publication montrant un degré de maîtrise admirable, mais tout ça manque de tranchant…

cosmologie_monstres_hamillA cosmology of monsters est le premier roman de l’américain Shaun Hamill, sorti le 17 septembre 2019. La VF est sur les talons de la VO, puisque Une cosmologie de monstres paraîtra, lui, le 2 octobre chez Albin Michel Imaginaire. J’ai, pour ma part, lu ce livre dans la langue de Shakespeare et pas celle de Molière, ce qui fait que je suis incapable de me prononcer sur la qualité de la traduction (sur laquelle, AMI oblige, j’ai cependant peu de doutes). En revanche, même si, d’habitude, je suis fan du travail d’Aurélien Police, aussi bien au niveau du rendu purement esthétique que de l’adéquation de l’illustration finale au contenu ou à l’esprit du livre, force m’est cette fois de constater que dans ce cas précis, elle ne me satisfait sur aucun des deux critères (notamment sur l’aspect Lovecraftien de la chose, sur lequel je reviendrai). Il faut bien, ma foi, une exception à toute règle.

Ce bouquin nous arrive auréolé d’un buzz et d’une réputation tout à fait considérables, nimbé des louanges de Stephen King en personne et d’ores et déjà assuré de devenir une série TV. Mieux encore, vu l’hommage incessant à Lovecraft qui y est fait, il présente la caractéristique très attractive pour Gilles Dumay de pouvoir être vendu aux lectorats de King ET du génie de Providence. Je m’attendais donc à un chef d’oeuvre poussant les Lovecrafteries (qui ont été très à la mode ces dernières années : vous trouverez quelques-unes des plus marquantes sous ce tag) dans leurs derniers retranchements, mais j’aurais dû lire lesdites louanges de Stephen King un peu plus attentivement, notamment lorsqu’il déclare « L’horreur ne fonctionne que lorsque nous nous attachons aux personnes concernées  ; nous nous attachons aux Turner, et leurs cauchemars deviennent les nôtres. La prose de Hamill est sobre, tout simplement belle ». Et c’est bien là que s’est situé mon problème : oui, il s’agit globalement d’un très bon roman ; oui, pour une première publication, l’auteur fait preuve d’un talent et d’une maîtrise bluffants ; oui, Hamill fait « du Lovecraft » mais en plaçant l’humain au centre de son récit, alors que chez le maître, il est broyé par son insignifiance à l’échelle du cosmos ; MAIS (parce qu’il y en a un), ce bouquin a manqué pour moi (à part sur la toute fin) de ce frisson de terreur, d’horreur indicible, qui m’a saisi quand j’ai jadis lu King ou (surtout) Lovecraft. On est désolé pour la famille Turner, on compatit, mais on ne tremble finalement que rarement, et on n’est pris d’un vrai vertige que sur la toute fin. Il s’agit donc d’un très bon roman, mais pas d’un chef-d’oeuvre (et certainement pas d’un chef d’oeuvre de l’Horreur, en raison d’un manque de « tranchant »), à mon sens, même s’il reste très prenant et me laissera un bon souvenir. Lire la suite

Les attracteurs de Rose Street – Lucius Shepard

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Un livre plein d’habiles contrastes

attracteurs_rose_streetLucius Shepard (1943 – 2014) était un écrivain américain, grand voyageur (ce qui a eu une influence sur son oeuvre, surtout à ses débuts, où elle était vraiment axée sur l’Amérique centrale), ayant exercé mille métiers, parmi lesquels l’écriture n’est venue que très tardivement, alors qu’il avait déjà la quarantaine. Il a gagné un prix Hugo, un Nebula, un Locus et deux World Fantasy Award. Il est particulièrement connu pour son roman La vie en temps de guerre et pour sa saga du Dragon Griaule, lignée de textes courts de Fantasy mettant en scène un dragon jadis pétrifié par un magicien mais si grand que les hommes l’ont de tout temps pris… pour une chaîne de montagnes, et si maléfique que même à l’état de monolithe, il continue à exercer son influence corruptrice sur les environs. Il est éminemment renommé pour la qualité de son style.

Le Belial’, grand admirateur et soutien de l’auteur, nous propose, dans sa prestigieuse collection Une heure-lumière, une novella relevant de la Gaslamp / Gaslight Fantasy (ou à la rigueur du Weird, voire de l’Urban Fantasy ; pour la signification de ces termes, je vous invite à lire ceci), tout comme, d’ailleurs, un roman précédemment publié par l’éditeur. Elle met en scène un fantôme dans la Londres de la fin du XIXe siècle. Comme d’habitude, la (splendide) couverture est signée Aurélien Police, et la traduction, comme il se doit impeccable lorsqu’on a affaire à une VO si raffinée, par Jean-Daniel Brèque, à qui, sans surprise, le cadre victorien sied comme un gant. Lire la suite

The descent of monsters – Jy Yang

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Noir c’est noir

descent_of_monsters_yangLe monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Ah non, mince, ce n’est pas cette citation là. Je disais donc que le monde se divise en deux catégories : ceux qui vont découvrir le Silkpunk avec la sortie française prochaine de La grâce des rois de Ken Liu, et ceux qui lisent le Culte d’Apophis, et qui ont donc probablement lu l’article consacré à ce sous-genre. Et aujourd’hui, nous allons reparler de l’autre pape de cette forme sinisante de Steampunk-Fantasy, à savoir Jy Yang. J’ai déjà eu l’occasion de vous dire à quel point j’avais apprécié The black tides of Heaven (et je ne suis pas le seul, vu que ce texte a été nominé pour le prix Nebula 2017 et le Hugo 2018 dans la catégorie Novella) et (dans une -un peu- moindre mesure) The red threads of Fortune, aussi ne serez-vous pas étonnés d’apprendre que j’attendais le troisième tome du cycle Tensorate avec impatience. Au final, si ce n’est certainement pas un mauvais texte, je le placerais, personnellement, en-dessous de ses deux prédécesseurs. Reste à voir, maintenant, à quel point le quatrième volet, The ascent to godhood, modulera cette impression.

Point très important, il me paraît très difficile d’aborder The descent of monsters de façon isolée, car l’auteur ne présente ni son univers, ni la plupart de ses personnages, qui sont censés être déjà connus du lecteur.  Lire la suite

Ravencry – Ed McDonald

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Encore meilleur que le tome 1, si, si !

ravencryRavencry est le second tome du cycle qui s’appelle Raven’s mark en VO et Blackwing en VF, après Blackwing (VO) / La marque du corbeau (VF). L’auteur a déclaré que pour l’instant, trois romans étaient prévus (le dernier, Crowfall, sortira lors de l’été 2019), mais qu’il n’excluait pas d’en écrire d’autres, situés dans le même univers mais mettant en jeu un personnage différent.

Le livre précédent ayant reçu un accueil ma foi fort enthousiaste (surtout pour un premier roman), les attentes étaient donc fortes concernant sa suite. Et ce d’autant plus que certains lecteurs avaient été un poil déstabilisés par le détachement du personnage principal par rapport à ce qui arrivait (un sentiment que je ne partage pas vraiment, pour ma part). Que ces gens là se rassurent, cependant : cette fois, Ryhalt est carrément ultra-concerné par ce qui arrive, et ce non pas sur un, mais plusieurs plans ! Certes, ce tome 2 a quelques petits défauts sur la fin (mais rien de rédhibitoire), mais globalement, il a repris avec succès la recette de son prédécesseur, en l’améliorant encore. Plus d’action, plus de Désolation, plus d’immersion, plus d’émotion. Bref, vivement le tome 3 ! Lire la suite

Black Helicopters – Caitlin R. Kiernan

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95 % de bouillie incompréhensible, suivis par 5% de pur génie

black_helicopters_kiernanBlack Helicopters est une novella écrite par Caitlin R. Kiernan, et se passant dans le même univers que Agents of Dreamland (dont le personnage principal, le Signalman, fait une apparition dans le chapitre 16). Malgré le fait qu’elle soit sortie hier, ce n’est pas une totale nouveauté, mais une version allongée (de cinq chapitres) et remaniée d’un texte sorti en 2015. Ce dernier avait en effet été limité en nombre de signes, et cette réédition a été pour l’auteure l’occasion d’ajouter à la fois des scènes envisagées à l’époque et « coupées au montage » faute de place mais aussi de faire le lien avec son travail récent en plaçant cette histoire dans le même contexte qu’Agents of Dreamland. Alors je vais anticiper un peu, mais clairement, ce qui a été ajouté ne sert pas à grand-chose (les chapitres 6 et 13, par exemple, relèvent de la catastrophe industrielle), et ce qui a été « remanié » ne l’a clairement pas assez été. Le très gros problème de cette nouvelle mouture, en effet, et très probablement de l’ancienne, est qu’elle est en très grande majorité incompréhensible, et ce sur de multiples plans. Seul l’avant-dernier chapitre donne une explication (et encore, il faudra vous accrocher pour comprendre, l’ami FeydRautha, qui l’a aussi lu, vous confirmera qu’on finit facilement en PLS sous son bureau, avec 98 points de SAN en moins), qui, et c’est un comble, pose finalement presque autant de questions qu’il n’en résout.

Je dois dire que la surprise a été à la fois rude, mauvaise et complètement inattendue : c’est le quatrième texte de Kiernan que je lis et critique en quelques semaines, et jusqu’ici, mon avis à leur sujet se baladait entre « excellent » et « tout ce qu’il y a d’honnête ». Bref, je ne m’attendais guère à lire ce qui pourrait être un sérieux prétendant au trophée de Razzie Apophien 2018, s’il existait (encore).  Lire la suite

L’empire du léopard – Emmanuel Chastellière

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Un bon roman, qui aurait pourtant pu être encore meilleur

empire_leopardEmmanuel Chastellière est à la base le co-fondateur, le rédacteur en chef et la figure de proue d’Elbakin (principal forum et site d’information sur la Fantasy en France), et il a petit à petit ajouté d’autres cordes à son arc : il est traducteur depuis 2007, et auteur depuis 2016. Jusqu’ici, ses deux ouvrages n’avaient pas éveillé mon intérêt (en raison des genres explorés, Fantastique et Steampunk), mais pour sa toute dernière production, L’empire du Léopard, c’est en revanche une tout autre histoire. En effet, il s’agit d’une Gunpowder Fantasy mettant en scène des peuplades de type précolombien (pour simplifier : comme nous le verrons, la réalité est plus subtile) dans une allégorie de l’aventure des conquistadors (mais décalée à une époque où les trains et les bateaux à moteur existent !). Bref, cela rassemble à la fois nombre de tendances en vogue dans la Fantasy anglo-saxonne récente et un éloignement des carcans habituels du genre pour lequel je milite depuis que ce blog existe : c’est une Fantasy post-médiévale située dans un cadre non-européen, ce qui ne peut que m’attirer. Et Emmanuel Chastellière qui fait de la Gunpowder, ça ne se refuse pas : le personnage a une vraie légitimité dans ce domaine, vu qu’il est responsable des traductions des Mille noms de Django Wexler et de la trilogie des Elfes de fer (dont La souveraine des ombres) de Chris Evans. Mais bon, sur le Culte, on a également acquis quelques connaissances dans le domaine 😉

Au final, si le résultat est plus qu’honorable par rapport aux précurseurs anglo-saxons, et plus encore par rapport à la moyenne de la production française en matière de Fantasy, il est malgré tout perfectible : trop long, trop bavard, avec des personnages paradoxalement beaucoup trop développés, il perd, à certains moments, de son impact et de son intérêt. Reste toutefois un univers très travaillé (sans doute trop pour un roman isolé) et peut-être surtout le fait qu’il va faire découvrir la Fantasy à poudre à un public français qui, en majorité, n’en a jamais entendu parler. Et ce d’autant plus que l’écriture fluide et agréable de l’auteur, ainsi que le simple fait que ce roman soit facilement disponible, et en français qui plus est, font que L’empire du léopard constitue une porte d’entrée idéale dans le genre pour un non-anglophone (les romans majeurs de la Flintlock / Gunpowder Fantasy n’ayant soit jamais été traduits, soit ayant été publiés par l’inénarrable Eclipse et n’étant pratiquement plus disponibles en français aujourd’hui).  Lire la suite

La ballade de Black Tom – Victor LaValle

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Une expérimentation littéraire audacieuse et bluffante

black_tomVictor LaValle est un auteur américain qui, en plus de la SFFF, écrit aussi des essais et des critiques de livres. Les problèmes mentaux ainsi que les vies de personnages afro- ou latino-américains dans les décennies passées sont des thèmes récurrents dans son oeuvre. La ballade de Black Tom (son premier texte traduit en français) revisite ainsi L’horreur de Red Hook d’H.P. Lovecraft du point de vue d’un jeune noir, et fait donc partie de cette vague de textes donnant leur place, dans les univers du Maître, à ceux qui n’en ont pas ou trop peu sous sa plume (les femmes, les personnes de couleur, etc). A cet égard, la dédicace de l’auteur est très éclairante : « A H.P. Lovecraft, avec tous mes sentiments contradictoires » (au passage, on savourera un passage de la fin du roman, où la police new-yorkaise conseille à un trouble-fête de retourner vers sa chère Providence voir si le climat lui convient mieux). Dans le même registre, on peut également citer L’éclosion des Shoggoths d’Elizabeth Bear ou La quête onirique de Vellitt Boe de Kij Johnson.

On voit souvent passer à propos du texte de Victor LaValle le terme de « réécriture » de celui de Lovecraft, et on est en fait très exactement dans ce registre là : alors que Kij Johnson s’est appropriée un des univers d’H.P.L, ainsi qu’un de ses personnages et le squelette d’une de ses intrigues, LaValle est allé beaucoup plus loin, proposant au lecteur une véritable expérimentation (et expérience) littéraire, comme nous allons le voir.  Lire la suite

Le modèle de Pickman – H.P. Lovecraft / L’autre modèle de Pickman – Caitlin R. Kiernan

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Dunwich, Innsmouth, Boston, Hollywood, c’est le même destin !

ghoul_LovecraftC’est désormais presque une tradition, pas un mois sans parler d’une nouvelle signée Caitlin R. Kiernan sur ce blog. Et pas un mois non plus sans composer pas à pas ma petite anthologie Apophienne idéale du meilleur de ce que les Lovecrafteries du XXIe siècle ont à nous offrir. Dans ce registre, L’autre modèle de Pickman signé par l’autrice est un représentant de choix, tant il revient avec régularité dans différentes anthologies, qu’elles soient françaises ou anglo-saxonnes (vous trouverez une liste de liens en fin de critique). Comme son nom l’indique, ce texte est basé sur un de ceux du maître, Le modèle de Pickman, ce qui fait que je vous en propose également la critique, « en tandem » pourrait-on dire. Comme avec beaucoup de Lovecrafteries modernes, la nouvelle de Kiernan met en exergue ce qui était laissé dans l’ombre, voire complètement passé sous silence, chez H.P.L (les femmes, l’homosexualité, le sexe et la pornographie), tout en répondant, pour une certaine catégorie de créatures, aux mêmes questions posées dans Le cauchemar d’Innsmouth, par exemple.  Lire la suite

Blackwing – La marque du corbeau – Ed McDonald

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Une brillante Dark Fantasy post-médiévale et post-apocalyptique

blackwing_1_VFLe 18 avril 2018 sortira en français Blackwing tome 1 : La marque du corbeau, par Ed McDonald, que j’ai, pour ma part, lu l’année dernière en anglais et trouvé à la fois original et très intéressant, avec un univers qui sort des sentiers battus, une puissante ambiance, un personnage central très travaillé et une excellente intrigue. Je vous invite donc à lire ma critique de la VO, sachant que je ne peux évidemment pas juger la qualité de la traduction, de la relecture, de l’édition, etc. On remarquera toutefois que dans la langue de Shakespeare, La marque du corbeau (Raven’s mark) est le nom du cycle, pas celui du premier tome, qui s’appelle simplement Blackwing. Au passage, je vous reparlerai très bientôt du tome 2, Ravencry, qui sort (en VO) en juin.

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Hyperborée & Poséidonis – Clark Ashton Smith

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Continents anciens rime avec Lovecraftien !

hyperboree_poseidonis_CASHyperborée & Poséidonis est le second volume de l’intégrale Clark Ashton Smith publiée par Mnemos, après Zothique. Si ce dernier était, très logiquement, sous-titré « mondes derniers », puisqu’il parlait d’un continent du lointain avenir de la Terre, ce tome 2, lui, est appelé, au contraire, « mondes premiers ». Il s’intéresse en effet à l’Hyperborée, un continent dont le Groenland actuel n’était qu’une péninsule et qui, au Miocène, bénéficiait d’un climat tropical, avant une fatale glaciation due au basculement de l’axe de la planète, ainsi qu’à Poséidonis, la dernière île de la civilisation Atlante. L’ouvrage est divisé en deux parties, chacune consacrée à un de ces « mondes premiers », la première, dévolue à l’Hyperborée, comprenant douze textes, tandis que la deuxième, vouée à Poséidonis, en rassemble huit. Vous aurez également droit à une préface (très intéressante), une postface (signée S.T. Joshi en personne !) et deux cartes.

Les plus éveillés d’entre vous auront peut-être remarqué le tag « Lovecrafteries » sous cet article, la mention de Tsathoggua, Iog-Sottot (sic) ou Kthulhut (sic) sur la quatrième de couverture du livre ou encore d’Ubbo-Sathla ou du Livre d’Eibon dans la préface ou le sommaire. Si vous êtes rôliste ou connaisseur de l’oeuvre d’HPL, rien de tout cela ne devrait vous étonner : les deux auteurs étaient amis et correspondants réguliers, et les allers-retours entre leurs œuvres respectives étaient nombreux. Si Lovecraft a repris le Tsathoggua de Smith, celui-ci a aussi rendu hommage aux créations les plus fameuses du génie de Providence. Bref, en plus du reste, Hyperborée & Poséidonis relève également du registre Lovecraftien, et une connaissance correcte de ce dernier est un gros plus (sans être indispensable) pour la lecture de certaines nouvelles. Vous pourriez aussi vous étonner du classement en Light Fantasy / Fantasy humoristique, mais ce serait oublier que cette dernière comprend aussi l’ironie ou la satire qui est particulièrement présente dans ce recueil, ce qui n’exclut pas la noirceur, bien au contraire. Lire la suite