The tangled lands – Paolo Bacigalupi / Tobias S. Buckell

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Une fantasy alliant un solide fond (principalement écologiste) avec une forme à la fois exotique et sombre 

tangled_lands_bacigalupiContrairement aux apparences, The tangled lands n’est pas tout à fait un roman écrit à quatre mains par Paolo Bacigalupi et Tobias S. Buckell, mais plutôt un fix-up de (longues) nouvelles situées dans le même monde, partageant certains personnages, mentionnant des événements communs, mais pouvant, à part ça, se lire de façon indépendante, même si, lues à la suite, elles forment aussi une seule histoire de la ville de Khaim. Sur ces quatre textes, deux ont déjà été publiés (isolément et dans un recueil -audio- commun nommé The Alchemist and The Executioness), The alchemist de Bacigalupi (traduit chez nous sous le nom L’alchimiste de Khaim) et The Executioness de Buckell, tandis que les deux autres sont inédits (vous trouverez en fin de critique une liste complète de liens vous permettant de faire un tri là-dedans, en VO et en VF).

Les préoccupations écologistes de Bacigalupi sont bien connues, bien que s’exerçant d’habitude dans un registre SF. Ici, elles sont transposées dans un monde secondaire et un contexte de Fantasy, où l’usage de la magie provoque la pousse d’une ronce empoisonnée qui finit par chasser les gens de leurs champs, de leurs mines et de leurs cités, créant des colonnes de réfugiés « climatiques », en quelque sorte. Et lorsqu’on sait que n’importe qui peut potentiellement utiliser la magie et que l’interdiction théorique de l’employer édictée par les autorités est en fait assez peu suivie… Lire la suite

An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock

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Beaucoup de bruit pour rien

alchemy_craddockAn alchemy of masques and mirrors est le premier roman de Curtis Craddock, auteur américain vivant au Colorado et enseignant l’informatique à des prisonniers dans un pénitencier. Après l’avoir achevé et fait quelques recherches pour la rédaction de cette introduction, je me suis également aperçu qu’il s’agissait du premier tome d’un cycle, The Risen kingdoms, alors que franchement, vu que la fin boucle tous les arcs narratifs, je ne m’attendais pas vraiment à une suite. Même si vu la place accordée au worldbuilding, j’aurais dû m’en douter. Pas sûr, cependant, que je lise le tome 2, vu à quel point j’ai eu du mal à finir celui-ci. Même si il y a certains points que j’aimerais bien voir éclaircis sur l’origine de ce monde.

Sur Goodreads, ce roman bénéficie d’une note de 4.1 (sur un peu plus de 300 évaluations, ce qui reste modeste), et ses lecteurs avaient l’air très enthousiastes. De fait, le mélange de genres proposé (Mousquetaires, sorcellerie, vaisseaux des airs) avait l’air assez original et attractif. Au final, on se retrouve avec un monde auquel il est assez difficile d’adhérer, avec une fausse originalité qui cache en fait un grand classicisme, avec un des deux protagonistes auquel il est malaisé de croire, avec une narration verbeuse et une intrigue convolutée qu’on a hâte de voir se terminer (enfin), après le 18e coup de théâtre et la 27e révélation (en trois chapitres). Bref, je m’attendais à me régaler, et c’est avec un grand soupir de soulagement que je l’ai achevé et que je suis passé à (beaucoup) plus intéressant, à savoir le tome 4 de The shadow campaigns (qui sera la dernière critique publiée sur ce blog en 2017 : il est de tradition, sur le Culte, de finir chaque année sur un genre mal-aimé en France et de commencer l’année suivante de la même façon. Cette fois-ci, donc, nous allons finir sur de la Flintlock et commencer 2018 avec de l’Heroic Fantasy -féminine-). Mais revenons à nos moutons !  Lire la suite