Blackwing – La marque du corbeau – Ed McDonald

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Une brillante Dark Fantasy post-médiévale et post-apocalyptique

blackwing_1_VFLe 18 avril 2018 sortira en français Blackwing tome 1 : La marque du corbeau, par Ed McDonald, que j’ai, pour ma part, lu l’année dernière en anglais et trouvé à la fois original et très intéressant, avec un univers qui sort des sentiers battus, une puissante ambiance, un personnage central très travaillé et une excellente intrigue. Je vous invite donc à lire ma critique de la VO, sachant que je ne peux évidemment pas juger la qualité de la traduction, de la relecture, de l’édition, etc. On remarquera toutefois que dans la langue de Shakespeare, La marque du corbeau (Raven’s mark) est le nom du cycle, pas celui du premier tome, qui s’appelle simplement Blackwing. Au passage, je vous reparlerai très bientôt du tome 2, Ravencry, qui sort (en VO) en juin.

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The tangled lands – Paolo Bacigalupi / Tobias S. Buckell

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Une fantasy alliant un solide fond (principalement écologiste) avec une forme à la fois exotique et sombre 

tangled_lands_bacigalupiContrairement aux apparences, The tangled lands n’est pas tout à fait un roman écrit à quatre mains par Paolo Bacigalupi et Tobias S. Buckell, mais plutôt un fix-up de (longues) nouvelles situées dans le même monde, partageant certains personnages, mentionnant des événements communs, mais pouvant, à part ça, se lire de façon indépendante, même si, lues à la suite, elles forment aussi une seule histoire de la ville de Khaim. Sur ces quatre textes, deux ont déjà été publiés (isolément et dans un recueil -audio- commun nommé The Alchemist and The Executioness), The alchemist de Bacigalupi (traduit chez nous sous le nom L’alchimiste de Khaim) et The Executioness de Buckell, tandis que les deux autres sont inédits (vous trouverez en fin de critique une liste complète de liens vous permettant de faire un tri là-dedans, en VO et en VF).

Les préoccupations écologistes de Bacigalupi sont bien connues, bien que s’exerçant d’habitude dans un registre SF. Ici, elles sont transposées dans un monde secondaire et un contexte de Fantasy, où l’usage de la magie provoque la pousse d’une ronce empoisonnée qui finit par chasser les gens de leurs champs, de leurs mines et de leurs cités, créant des colonnes de réfugiés « climatiques », en quelque sorte. Et lorsqu’on sait que n’importe qui peut potentiellement utiliser la magie et que l’interdiction théorique de l’employer édictée par les autorités est en fait assez peu suivie… Lire la suite

A gathering of ravens – Scott Oden

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Quand un orc du Seigneur des anneaux rencontre Vikings (la série) et une version Grimdark de L’épée brisée de Poul Anderson, on balance son pognon sur son écran et puis c’est tout ! 

gathering_ravens_odenA gathering of ravens est un stand-alone qui a comme particularité de s’insérer dans une trilogie de romans pouvant également se lire de façon indépendante et partageant le même héros, Grimnir. Le second tome (Twilight of the gods) est d’ores et déjà annoncé. Le premier, donc, a été publié en Angleterre en 2017 (par une des subdivisions de Macmillan), et sera à nouveau publié, cette fois aux USA (par Bantam), le 17 mai 2018. L’auteur, Scott Oden, de nationalité américaine, a écrit un autre livre de Fantasy Historique, ainsi que des romans Historiques tout court.

Il s’agit d’une Fantasy relativement proche de L’épée brisée de Poul Anderson (et j’insiste sur le « relativement »), mêlant le monde réel des Xe et XIe siècles ainsi que la magie et les mythes scandinaves et celtiques. Toutefois, ce livre relève aussi (et peut-être surtout) du Grimdark, et met en scène l’antihéros le plus brutal et amoral vu, probablement, depuis le Kane de Karl Edward Wagner (avec lequel il partage d’ailleurs certaines caractéristiques -mais pas toutes-). Mais un Kane qui serait… un orc, tout droit (ou presque) sorti de chez Tolkien ! Traversée par des scènes d’une rare puissance, non dépourvue d’un fond que ne renieraient ni David Gemmell, ni Marion Zimmer Bradley, magnifiée par un personnage qui balaye les faibles d’un revers de sa lame tel un Conan orc adepte de Loki et non de Crom, cette oeuvre, dont on peut s’étonner qu’elle ne soit pas plus connue, impressionne par sa noirceur, son côté crépusculaire et sa brutalité.   Lire la suite

Le sang sur le sable – Bradley P. Beaulieu

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Un très bon second tome

le_sang_sur_le_sable_beaulieuLe sang sur le sable est le second tome du cycle Sharakhaï de l’auteur américain Bradley P. Beaulieu, après Les douze rois de Sharakhaï. Et la saga fait preuve d’une belle vitalité, puisque le tome 3 est attendu (en VO) en mars 2018, le 4 en 2019 (6 sont prévus au total), et que deux novellas d’une centaine de pages sont ou vont sortir en octobre / novembre (elles seront critiquées sur ce blog dans les mois qui viennent). Je vous rappelle également que je vous propose des recensions consacrées à la nouvelle In the village where brightwine flows et à la novella Of sand and malice made. D’ailleurs, la lecture de cette dernière est un plus non négligeable pour pleinement saisir certains passages du Sang sur le sable relatifs au Prince en haillons. Un petit mot sur la couverture, un pur chef-d’oeuvre (un de plus !) signé par le génial Marc Simonetti : c’est, clairement, l’illustration de l’année, à mon sens (ça sent le Prix Apophis dans quelques semaines, lors du bilan 2017…).

Ce tome 2, donc, reprend toutes les qualités du 1, en en gommant les petits défauts. Il est long, certes (pas loin de 700 pages), mais envoûtant quasiment de la première à la dernière ligne. Bref, il confirme tout le talent de l’auteur. Et lorsqu’on sait que son autre cycle phare, Lays of Anuskaya, est réputé encore meilleur… Bref, vous allez avoir droit à beaucoup de Bradley P. Beaulieu dans les mois et années qui viennent sur Le culte d’Apophis !  Lire la suite

Sénéchal II – Grégory Da Rosa

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200 pages laborieuses, et puis…

senechal_2Ce second roman de Gregory Da Rosa fait suite à Sénéchal, oeuvre d’un jeune auteur prometteur qui montrait toutefois un certain nombre de défauts (de rythme, notamment), certes partiellement excusables sachant qu’il s’agissait de son premier ouvrage. On aurait cependant pu penser que Da Rosa tiendrait compte des retours et tenterait de corriger le tir. C’est (en partie) raté. En même temps, lorsqu’on lui demande (cf le retour d’Aelinel) ce qu’il pense des critiques, il répond (je cite) « Un avis, c’est comme un trou du cul, tout le monde en a un ! ». Certes, sauf qu’un écrivain qui veut progresser a tout intérêt à se remettre en question de temps en temps, à être à l’écoute des retours constructifs de ses lecteurs.

Vu cette introduction, vous pourriez donc croire que j’ai détesté ce livre, que je l’ai trouvé très mauvais. La réalité est nettement plus contrastée, en fait. Les 200 premières pages sont laborieuses, présentent les mêmes défauts relevés dans le tome 1, et ne sont, effectivement, pas très agréables ou passionnantes à lire. Mais le reste, en revanche… c’est une tout autre histoire ! Lire la suite

Godblind – Anna Stephens

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Un agneau déguisé en loup

godblind_stephensGodblind est à la fois le premier roman de la britannique Anna Stephens, ainsi que le tome inaugural d’une trilogie. C’est aussi la « grosse sortie » de l’année de Bragelonne, qui nous promet comme à chaque fois qu’il s’agit là d’une découverte extraordinaire, d’un futur classique, d’un écrivain appelé à devenir un des grands du genre, etc. Sauf qu’à part quelques exceptions notables, les livres en question se révèlent souvent sympas mais sans plus. Eh bien là, nous sommes encore un stade au-delà : voilà un ouvrage qui non seulement est plutôt bizarre sur le plan taxonomique (en gros, c’est de la High Fantasy mais avec un côté explicite, sanglant et violent très Grimdark, étiquette sous laquelle il est d’ailleurs présenté), mais qui en plus est du mille fois vu et cumule les défauts d’écriture (d’un style assez pauvre à une structure extrêmement hachée en passant par des personnages perfectibles).

Signalons qu’on va vous demander 28 euros (pour moins de 500 pages, plutôt aérées qui plus est) si vous souhaitez acquérir la version physique. Oui, moi aussi, quand je l’ai acheté, je n’ai pas compris pourquoi ce prix était aussi inhabituellement élevé. Mais il se trouve que la couverture, superbe, m’a convaincu, pour une fois, de délaisser la version électronique au profit de la physique. Faut bien se faire plaisir de temps en temps… Et donc, pourquoi un tel tarif ? Couverture rigide (mais l’illustration n’est pas imprimée sur la couverture elle-même mais plutôt sur une jaquette), impression sur la deuxième et la troisième de couv’, papier de meilleure qualité que celui utilisé d’habitude par Bragelonne sont quelques éléments de réponse. Mon avis sur la corrélation entre le prix demandé et la qualité proposée ? Relativement mitigé. C’est le prix d’un Mnemos, sauf que chez eux on a un signet intégré, l’impression directement sur la couverture (ce qui évite que la jaquette aille se balader ailleurs ou finisse par se déchirer -ça  a déjà commencé pour la mienne-, sans compter qu’en 2017, une jaquette, ça fait grand genre et petits moyens), et en général du paratexte. Là, on a certes une carte, mais pas un Dramatis personæ, qui aurait pourtant vraiment été indispensable étant donné la dizaine de points de vue adoptés. Et puis, bon, celui qui n’a pas de liseuse et qui ne peut ou ne veut pas dépenser 28 euros pour un seul bouquin n’a hélas plus qu’à attendre une éventuelle version poche. Je pense qu’il aurait été plus pertinent de proposer cette version « de luxe » en tirage limité ou en POD, et en parallèle avec une autre, plus classique, à couverture souple, à 22-25 euros.   Lire la suite

The traitor Baru Cormorant – Seth Dickinson

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A côté de ce roman, le Trône de Fer est du YA !

baru_cormorantSeth Dickinson est un écrivain américain de SF et de Fantasy, dont The traitor Baru Cormorant (simplement connu, dans son édition britannique, sous le nom de The traitor) est le premier roman. Il a terminé sa suite, The monster Baru Cormorant, en juillet 2017, soumettant un colossal manuscrit de… 1104 pages ! C’est également un auteur de nouvelles assez prolifique pour divers sites ou magazines consacrés aux littératures de l’imaginaire, et il a aussi travaillé sur deux jeux vidéo.

Issu d’une nouvelle écrite en 2011, The traitor Baru Cormorant est un roman de Hard Fantasy, sous-genre qui tente de proposer des mondes plus réalistes que dans la Fantasy moyenne. Attention, cela ne signifie pas (forcément) gommer les éléments emblématiques du genre (bien que ce soit le cas ici), comme les dragons, la magie ou les races imaginaires (elfes, nains, etc), mais plutôt donner aux aspects géopolitiques, économiques ou technologiques une précision et un degré de développement qu’ils n’ont pas d’habitude.

Mais ce livre est surtout un véritable modèle de (Grim)dark Fantasy : du côté dystopique à la complexité psychologique des personnages en passant par l’ambiance très noire à certains points-clefs de l’intrigue, nous sommes devant un exemple très pur de ce sous-genre. Et pourtant… The traitor Baru Cormorant m’a offert des moments d’émotion comme j’en ai rarement vécu en Fantasy. Son début et sa fin offrent une intensité assez extraordinaire, qui peuvent aisément pardonner quelques longueurs au milieu.  Lire la suite