Les portes de la maison des morts – Steven Erikson (version Leha)

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In-con-tour-na-ble !

portes_maison_des_morts_eriksonLe 16 novembre, (re)paraîtra en français Les portes de la maison des morts, second tome du Livre des martyrs (anciennement Livre Malazéen des glorieux défunts), monumental cycle de Fantasy signé Steven Erikson. Je l’ai, pour ma part, lu il y a près de trois ans dans une précédente édition française, qui l’avait scindé en deux livres. Histoire de vous éviter de parcourir x articles, faisant de plus mention de particularités ne concernant pas cette édition signée Leha, j’ai synthétisé mon analyse et mon ressenti dans la suite de la présente chronique (par contre, n’ayant pas racheté ce tome 2, je ne peux évidemment pas juger la qualité de la nouvelle traduction, et il se peut que certains noms de personnages et autres termes propres à cet univers mentionnés dans ma critique ne soient pas ceux adoptés par Leha) . En résumé : achetez ce livre ! Que vous ayez apprécié mais sans plus le tome 1, ou au contraire que vous l’ayez adoré, ce tome 2 est facilement deux divisions au-dessus, et constitue à mon sens une des lectures les plus marquantes et les plus incontournables de toute l’histoire de la Fantasy. Rien de moins !  Lire la suite

The monster Baru Cormorant – Seth Dickinson

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The fall of Baru Cormorant ?

monster_baru_cormorantThe monster Baru Cormorant est le second tome du cycle également nommé d’après ce personnage, et fait suite à The traitor Baru Cormorant, sans aucun doute une de mes lectures les plus marquantes en 2017. Mais comme le dit si bien l’expression, plus on s’élève, et plus dure sera la chute. En effet, ce deuxième livre concentre et amplifie tous les défauts de son prédécesseur, sans pour autant proposer les quinze premiers et derniers % extraordinaires qui faisaient tout son intérêt (et pourtant, de bonnes fées se sont penchées sur son berceau : Kameron Hurley, Max Gladstone, Yoon Ha Lee et même la multi-primée Ann Leckie). La déception est donc cruelle, même si certaines révélations de la fin font que je n’exclue pas totalement de lire le tome suivant. Il faut en effet savoir que Seth Dickinson a soumis à son éditeur un manuscrit si colossal (1104 pages !) que celui-ci a décidé de le couper… en trois. De diptyque, le cycle s’est donc (à ma connaissance) transformé en tétralogie.

J’attire votre attention sur le fait que la moindre ligne de ce qui suit est un énorme spoiler sur la fin du tome 1 : si vous n’avez pas lu celui-ci, je vous conseille donc de passer directement à la conclusion (oui, j’aime passer trois heures à rédiger des critiques que 99% des gens ne pourront donc pas lire…).  Lire la suite

Time’s children – D.B. Jackson

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Un mélange d’éléments très classiques et d’autres plus novateurs, pour un résultat assez unique

time_s_children_jacksonD.B. Jackson est le pseudonyme de David B. Coe, écrivain américain de Fantasy (jusqu’ici principalement épique, urbaine et Historique -voire Historique / Urbaine, à la Marie Brennan-) auteur d’une vingtaine de romans (traduits dans une douzaine de langues, excusez du peu !), dont certains publiés chez Tor (un gage de qualité, à mon sens). Sa nouvelle trilogie, The Islevale Cycle, explore des territoires à la fois nouveaux pour lui et probablement pour une grosse partie de ses lecteurs (nous allons en reparler). Le tome 1, Time’s Children, est sorti en début de mois, le second, Time’s Demon, est prévu pour mai 2019, tandis que le travail sur le troisième, Time’s Assassin, a déjà commencé.

Mais laissez-moi vous résumer ce roman inaugural : un jeune homme doit voyager dans le temps parce que la nation qu’il sert est en train de perdre une guerre sur deux fronts. En remontant quatorze années en arrière, il doit apaiser certaines tensions et faire en sorte que le conflit n’éclate jamais. Malheureusement, sa mission échoue, et l’Histoire est réécrite, générant une uchronie dystopique du monde tel qu’il le connaissait. Coincé dans le passé parce que l’appareil qui lui permet de voyager dans le temps a été endommagé, il se retrouve, en plus, avec une compagne de voyage bien encombrante sur les bras. Vous êtes probablement en train de vous dire : « Mouais, du Time Opera classique, rien de nouveau sous le soleil ! ». Sauf que, cher lecteur, tu es parti sur une hypothèse erronée, car il ne s’agit pas de SF… mais de Fantasy !  Lire la suite

L’empire des Soleri – Michael Johnston

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Entre le Roi Lear et l’ancienne Égypte, une Fantasy politique à découvrir

soleri_T1Le 17 octobre, sortira chez Bragelonne L’empire des Soleri, le premier tome du cycle Soleri par Michael Johnston (le second n’étant pas encore paru en VO au moment où je rédige cet article). J’ai, pour ma part, lu ce roman en anglais à sa sortie, et il m’avait laissé une impression qui, si elle n’était pas parfaite, était en tout cas prometteuse et solide sur bien des plans. Je vous invite donc à lire ma critique si vous souhaitez en savoir plus sur cette Fantasy politique, qui mélange l’esprit de l’Égypte antique avec des intrigues de cour inspirées par Shakespeare, intrigues qui feraient passer les Lannister et les Borgia pour une bande de petits bricoleurs du dimanche en matière de manigances et autres vilenies. On remarquera, pour terminer, l’illustration très Powerslave (clic) et surtout très réussie signée Pierre Santamaria.

Foundryside – Robert Jackson Bennett

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Peut-être le meilleur système de magie de toute l’histoire de la Fantasy !

foundryside_2Robert Jackson Bennett est un auteur américain de SFFF, d’Horreur et de thriller (certains livres mélangeant d’ailleurs plusieurs de ces aspects). Plutôt prolifique (le roman dont je vous parle aujourd’hui est le huitième en autant d’années), il n’avait jusque là été que peu traduit (une seule fois, et par Eclipse -donc autant dire zéro, vu le peu de sérieux en matière de promotion et de suivi de cette maison-), du moins jusqu’à ce qu’Albin Michel Imaginaire décide de faire de son American Elsewhere un de ses trois titres de lancement, en octobre 2018. Il était jusqu’ici connu pour une trilogie de Fantasy, The divine cities.

Foundryside, le premier tome de la Founders trilogy, relève également de ce genre. Et autant le dire tout de suite, nous avons ici affaire à ce qui est sans doute la sortie anglo-saxonne de l’année, et probablement le meilleur système de magie de toute l’histoire de la Fantasy. Et en plus, l’écriture est excellente, l’intrigue passionnante et les personnages attachants ! Lire la suite

Redemption’s blade – Adrian Tchaikovsky

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Le seigneur des anneaux IV : Après la guerre

redemption_s_bladeBien que le public français connaisse désormais la partie SF de l’oeuvre d’Adrian Tchaikovsky (via Dans la toile du temps et la traduction prochaine de Dogs of war), c’est en fait surtout un auteur de Fantasy, genre dont relève l’écrasante majorité de sa production. Et c’est aussi là qu’il faut classifier son tout dernier roman, Redemption’s blade, qui s’inscrit dans un cycle appelé After the war (en fait un univers partagé).

Le point central non pas tellement de l’intrigue mais plutôt des thématiques développées est le suivant : le Sauron local, le Kinslayer (le fratricide), a été vaincu. C’est très bien, tout le monde est content, mais si lui est mort, ses armées sont toujours là, certaines de ses forteresses encore debout, et les artefacts de pouvoir créés ou amassés par lui n’ont pas disparu. Comment les races élevées pour lui servir de soldats ou mises en esclavage vont-elles vivre dans le « monde d’après » ? Comment réparer les dommages, qu’ils soient physiques ou psychologiques, infligés au reste du monde, plongé dans un véritable stress post-traumatique géant ? C’est de l’héroïne qui a abattu le demi-dieu maléfique que viendra un début de réponse !  Lire la suite

Elephants and corpses – Kameron Hurley

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Takeshi Kovacs Fantasy ! 

elephants_and_corpsesElephants and corpses est une nouvelle signée Kameron Hurley, une auteure américaine qui exerce dans des genres très différents des littératures de l’imaginaire, depuis la science-fiction et la Fantasy (dont relève le texte dont je vais vous parler aujourd’hui) jusqu’à quelque chose qu’elle appelle le « bugpunk », sa trilogie Bel Dame Apocrypha (sic). Les lecteurs non-anglophones vont pouvoir la découvrir en français dès Novembre 2018, via la parution de Les étoiles sont légion chez Albin Michel Imaginaire. Pour ma part, je vais souvent vous reparler de l’auteure dans les mois qui viennent, puisque un minimum de trois autres critiques de ses ouvrages sont prévues.

L’idée de départ de Elephants and corpses est absolument fascinante : il existe une guilde de mercenaires qui apprend à ces derniers comment « sauter » de corps en corps, devenant ainsi quasiment immortels et à même d’être les derniers debout sur un champ de bataille !  Lire la suite

Ravencry – Ed McDonald

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Encore meilleur que le tome 1, si, si !

ravencryRavencry est le second tome du cycle qui s’appelle Raven’s mark en VO et Blackwing en VF, après Blackwing (VO) / La marque du corbeau (VF). L’auteur a déclaré que pour l’instant, trois romans étaient prévus (le dernier, Crowfall, sortira lors de l’été 2019), mais qu’il n’excluait pas d’en écrire d’autres, situés dans le même univers mais mettant en jeu un personnage différent.

Le livre précédent ayant reçu un accueil ma foi fort enthousiaste (surtout pour un premier roman), les attentes étaient donc fortes concernant sa suite. Et ce d’autant plus que certains lecteurs avaient été un poil déstabilisés par le détachement du personnage principal par rapport à ce qui arrivait (un sentiment que je ne partage pas vraiment, pour ma part). Que ces gens là se rassurent, cependant : cette fois, Ryhalt est carrément ultra-concerné par ce qui arrive, et ce non pas sur un, mais plusieurs plans ! Certes, ce tome 2 a quelques petits défauts sur la fin (mais rien de rédhibitoire), mais globalement, il a repris avec succès la recette de son prédécesseur, en l’améliorant encore. Plus d’action, plus de Désolation, plus d’immersion, plus d’émotion. Bref, vivement le tome 3 ! Lire la suite

The poppy war – R.F. Kuang

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Un livre schizophrène, alternant roman d’apprentissage quasi-Young Adult et grimdark fantasy militaire ultra-hardcore

poppy_warRebecca F. Kuang est une sino-américaine de vingt-deux ans, arrivée aux USA en 2000 et étudiante en Histoire de la Chine. Avec The poppy war (tome inaugural d’une trilogie et premier roman de l’auteure), son ambition était de dénoncer les exactions des japonais en Chine durant les années trente et quarante, particulièrement (comme nous l’apprend son site) le massacre de Nankin ou les expérimentations menées par l’unité 731 (j’y reviendrai), ainsi que de montrer comment une personne peut se transformer en dictateur (son personnage principal est modelé sur Mao -en version féminine-). Sur le papier, il s’agit d’une Fantasy militaire (lourdement) grimdark, écrite par quelqu’un qui connaît à la fois bien la Chine et la stratégie / histoire militaire, et qui pense que certaines blessures ne peuvent être refermées qu’après une analyse sans concession du passé. On pourrait donc croire que nous avons affaire à quelque chose d’à la fois solide, engagé et très noir et adulte.

Malheureusement, on s’aperçoit rapidement que ce roman est schizophrène, car il alterne une première moitié qui relève presque du Young Adult (à 2-3 points près) ET qui, de plus, est outrageusement pompée sur Patrick Rothfuss (influence d’ailleurs jamais citée par l’auteure qui, dans un post sur Goodreads, parle plutôt d’Avatar – Le dernier maître de l’air, de La stratégie Ender, de La grâce des rois de Ken Liu et bien entendu du Trône de fer) avec une seconde moitié dont certains passages ne sont vraiment, mais alors vraiment pas faits pour les âmes sensibles. En gros, donc, il y a de tels écarts d’ambiance que ce livre est, pour parler vulgairement, le cul entre deux chaises, divisé en deux moitiés dont chacune plaira à un public bien précis (plutôt Young Adult / adepte de roman d’apprentissage pour la première, et aux fanatiques du plus radical des Grimdarks ou de la plus extrême des Fantasy Historiques pour la seconde) mais (et c’est là le souci) dont l’autre moitié sera détestée par le public en question (les adeptes du Grimdark vomiront la première partie, les fans de YA / roman d’apprentissage la Fantasy militaire extrêmement noire de la seconde partie). Et donc, au final, ce livre n’est taillé pour plaire… à pratiquement personne. Enfin, logiquement et / ou en France, en tout cas. Il faut cependant nuancer lorsqu’on voit la réputation flatteuse et la bonne note dont il peut se vanter sur Goodreads (même si la réception d’un même roman sera parfois très différente entre les USA / l’Angleterre d’un côté et l’Hexagone de l’autre : des livres comme Godblind ou La justice de l’Ancillaire sont là pour en attester).  Lire la suite

Les jardins de la Lune – édition Leha – Steven Erikson

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Une lecture incontournable ! 

mbotf_1_LehaLe 18 Mai, sortira en français (pour la troisième fois…), sous la bannière des éditions Leha cette fois, Les jardins de la lune, le premier tome du cycle phare de Steven Erikson (rebaptisé pour l’occasion Le livre des martyrs), une des œuvres majeures de la Fantasy sortie ces vingt dernières années, et très probablement de toute l’histoire du genre. Je ne saurais donc trop vous conseiller de vous y intéresser, et vous propose de (re)découvrir la critique que j’avais écrite il y a quelques années d’une des traductions antérieures (parue à l’époque chez Calmann-Lévy). Si cette recension reste valable sur le fond, je vous ferais cependant remarquer qu’elle ne peut pas se prononcer sur la qualité de la nouvelle traduction (signée Emmanuel Chastellière) qui est présentée par Leha comme très supérieure à celle des deux éditions françaises antérieures, offrant une expérience de lecture largement améliorée. Je ne vous proposerai de critique de la version Leha qu’à partir du tome 3, donc l’année prochaine (si le programme de l’éditeur est mené à bien, chaque tome paraîtra six mois après le précédent).

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