La chute du corbeau – Ed McDonald

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Grimdark, certes, mais avec du cœur

blacwing_t3_vfLe 15 avril 2020, sortira la version électronique du troisième et dernier tome du cycle Blackwing, La chute du corbeau. La version papier, qui aurait évidemment dû sortir en même temps est, d’après les informations dont je dispose, pour l’instant prévue pour le 12 août, même si, crise sanitaire oblige, toute date est, à ce stade, hautement spéculative. C’est donc peut-être l’occasion, pour celles et ceux d’entre vous qui hésitaient encore à le faire, de se mettre à la lecture en version électronique, qui n’a que des avantages par rapport à sa contrepartie physique (à commencer par un prix et un encombrement moindres).

J’ai, pour ma part, lu ce roman en anglais (vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page), et voici, en résumé, ce que j’en avais pensé : troisième et dernier tome du cycle BlackwingLa chute du corbeau en constitue une digne conclusion, tout en ouvrant la porte à ces possibles futurs romans se déroulant dans le même monde mais avec un héros différent évoqués par l’auteur. Alors que Ryhalt a passé les six dernières années majoritairement dans la Désolation, s’éloignant de plus en plus du monde des hommes (et commençant à perdre l’apparence et les caractéristiques de l’un d’entre eux), et que de nouveaux phénomènes étranges et terribles frappent ce dernier suite à la Chute du corbeau (le combat des Sans-Noms contre les Rois qui tentaient de réveiller Cthulhu… euh je veux dire le Dormeur), un nouveau danger menace. Acradius a acquis une partie du pouvoir du Dormeur et a soumis les autres Rois, devenant l’Empereur des profondeurs. Alors qu’il approche de Valengrad avec une énorme armée et un pouvoir supérieur à celui de n’importe quel Sans-Nom ou Roi, un phénomène céleste rarissime pourrait donner l’opportunité à Ryhalt et ses alliés de mettre un terme à la guerre. Si, du moins, ils survivent au mystérieux personnage qui semble les traquer !

Relativement lent à se mettre en place, semblant encore plus noir et désespéré que les autres tomes, La chute du corbeau offre pourtant un final aussi percutant que beau, dans son genre très particulier. Ed McDonald clôt tous les arcs narratifs, rassemble toutes les pièces du puzzle, répond à toutes les questions, mêmes celles dont vous n’aviez pas forcément conscience que vous vous les posiez, densifiant encore un monde déjà très solide. Ce faisant, il s’impose sans conteste comme un grand écrivain (d’une forme novatrice) de Fantasy, chose qui était déjà sensible dans le tome 1, son tout premier roman publié et qui montrait déjà d’impressionnantes qualités littéraires. Bref, si vous avez apprécié les tomes précédents, il n’y a pratiquement aucune chance pour que vous soyez déçu par celui-ci !

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Le jeu de la Trame – Intégrale – Corgiat & Lecigne

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Game of Trame

jeu_trame_intégraleLe jeu de la trame est un cycle de quatre romans publiés entre 1986 et 1988 par la mythique collection Fleuve Noir Anticipation, et écrit à quatre mains par Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne. Publié alors que la Fantasy française, aujourd’hui riche de nombreux auteurs et balayant un vaste éventail de sous-genres, n’en était qu’à ses balbutiements, il a acquis une aura assez mythique, et ce d’autant plus que pour son époque, il était très hautement exotique : songez en effet qu’alors que même la Fantasy anglo-saxonne ne jure quasiment que par les mondes d’inspiration européenne et essentiellement (même si Glen Cook a commencé à changer les choses) par la lutte très manichéenne entre le Bien (auquel appartient forcément le protagoniste) et le Mal, nos deux écrivains français proposent, eux, un monde japonisant et un personnage principal qui est une des pires ordures jamais croisées dans le genre ! Et ce sans compter un puissant aspect érotique, une rareté chez les anglo-saxons…

Si Le jeu de la trame est incontestablement un cycle précurseur en Fantasy française et qu’il sort, à son époque, des sentiers battus, le problème est que depuis (voire parfois même avant), dans des registres relativement similaires, on a fait mieux… et même parfois beaucoup mieux, et que même replacée dans son contexte, la saga montre bien des défauts (mais aussi certaines qualités parfois majeures), ce qui fait que je ne la conseillerais sans réserves qu’à quelqu’un cherchant à explorer les racines de la Fantasy francophone telle qu’on la connaît de nos jours ou qui veut lire tout ce qui fait référence, sur un plan ou un autre (et que cela soit justifié ou pas, ce qui est un autre problème), en matière de Fantasy japonisante / asiatique, même si, comme nous le verrons, vous avez largement mieux à lire dans ce domaine. Lire la suite

Le saint des lames – Conn Iggulden

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Les six mercenaires

saint_des_lames_igguldenLe saint des lames est le dernier tome de la trilogie entamée avec Darien et poursuivie avec Shiang. L’éditeur a donc proposé en français 1/ l’ensemble du cycle et 2/ en moins d’un an, ce dernier point étant à saluer car il est bien agréable d’entamer le tome n en ayant encore en tête les éléments du tome n-1, au lieu d’avoir lu ce dernier x années auparavant.

J’anticipe un peu sur ma conclusion, mais si ce tome 3 reste toujours aussi agréable à lire, il montre tout de même quelques défauts du cycle, dont un worldbuilding flou et assez léger, une répétitivité des mécanismes utilisés pour l’intrigue, ainsi que des fins de romans un peu abruptes (et c’est tout spécialement le cas pour celui-ci). La trilogie reste parfaitement recommandable (et une incursion incontestablement réussie dans le domaine de la Fantasy pour Conn Iggulden, une des stars du roman Historique en Angleterre), mais il n’en reste pas moins que cela reste perfectible sur certains points.

On notera la beauté de la couverture, qui fait que pour une fois, je regrette presque d’avoir acheté ce livre, pour des raisons d’économie et de manque d’espace de rangement, en version électronique. On notera aussi que j’ai du mal à comprendre le titre. La traduction n’est pas en cause, puisque c’est strictement celle du titre de la VO, mais elle tendrait à prouver qu’Hondo est au centre du propos, alors que ce n’est pas vraiment le cas (et ce même si c’est un des deux personnages les plus sympathiques du livre). Il aurait été plus pertinent, à mon sens, d’appeler ce roman « Tellius » (vous comprendrez pourquoi si vous le lisez). Mais bon, j’ergote. Lire la suite

Orconomics – J. Zachary Pike

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Beggars of the Wyld

orconomicsSi, comme moi, vous attendez que Outlaw empire, le tome 3 de Wyld, sorte, même en VO, et que pour patienter, vous vous demandez ce que vous pouvez lire dans le même genre, le premier nom sur lequel vous allez tomber est Orconomics de J. Zachary Pike, volet inaugural de la trilogie The dark profit saga (le second, Son of a Liche, a été publié en 2018, et on devra patienter, là aussi, pour avoir le troisième et dernier). Selon les gens qui ont lu à la fois Kings of the WyldWyld : La mort ou la gloire et Orconomics, les deux romans seraient très similaires, à la fois sur leurs postulats de départ, en terme d’ambiance et de qualité (je vais y revenir, en détails). Personnellement, je nuancerais un peu : Orconomics est plus intéressant que Wyld sur certains plans, notamment l’exploitation des fondamentaux du Jeu de rôle et surtout les thématiques de fond, mais en revanche, niveau intrigue et personnages, il met beaucoup de temps à se hisser à des hauteurs similaires à celle du bouquin de Eames, si même il y parvient (ou alors seulement sur la fin). Par contre, le tome 2, Son of a Liche (ce titre 😀 ) est réputé corriger les défauts du 1 et proposer quelque chose de grande qualité. On verra, vu que je compte bien vous en proposer la critique plus tard dans l’année. Vous noterez aussi la qualité et l’humour de la couverture, que vous pouvez admirer en plus grand format ici.

Pour tout dire, je suis passé par des phases très différentes lors de ma lecture : j’ai d’abord été amusé par le style et par l’humour omniprésent, charmé par l’excellente exploitation des stéréotypes du Jeu de rôle, intéressé par le recyclage des thèmes économiques et sociétaux du monde réel, puis un peu lassé par une intrigue et des personnages qui ne décollaient pas vraiment, ainsi que par ce que je percevais comme une intrigue stéréotypée, avant que mon intérêt ne se réveille au début de la seconde moitié et qu’il finisse par atteindre des hauteurs stratosphériques lors de la longue fin, quand l’auteur vous cueille lorsque vous ne vous y attendez plus. Bref, tout ça pour dire que si vous n’accrochez pas, même au bout d’une bonne moitié du roman, ça vaut vraiment le coup de finir ce livre. Lire la suite

Taltos – Steven Brust

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De retour sur les bons rails ! 

TaltosTaltos est le quatrième des quinze romans du cycle Vlad Taltos parus à ce jour, après Jhereg, Yendi et Teckla. Les plus astucieuses et malins d’entre vous auront remarqué qu’alors que ces trois là portaient le nom de maisons nobles de cet univers, ce nouveau livre arbore, lui, celui du protagoniste. Jusqu’ici, j’ai adoré Jhereg, trouvé Yendi très sympathique mais eu beaucoup plus de mal avec Teckla. Toute la question était donc de savoir si cette suite allait me plaire… ou pas. Et la réponse est « oui » !

Avec cette lecture, se conclut la partie du cycle qui a été traduite en français par Mnémos (puis reprise par FolioSF). En effet, le roman Les gardes Phénix se déroule dans le même monde, mais ne fait pas partie de la saga Vlad Taltos. On espère que la maison d’édition lui redonnera une deuxième chance, par exemple via une de ces luxueuses intégrales dont elle a le secret (et qui sont vraiment très bien réalisées, l’objet-livre valant le détour et l’investissement, le plus souvent). Je vous incite, en attendant, à vous procurer les exemplaires Mnémos ou Folio qui sont encore disponibles, car il s’agit vraiment d’un cycle à l’écriture très agréable, aux personnages inoubliables et à l’univers étonnant (et aux romans pouvant se lire de façon indépendante, c’est également à souligner). Pour ceux qui se posent la question, je vais continuer en anglais, mais il est très probable que seul le tome 5 sera chroniqué en 2020, à cause d’un programme très chargé en matière de sorties VO et de la volonté d’achever d’abord des sagas plus prioritaires. Lire la suite

Shiang – Conn Iggulden

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Toujours aussi agréable

ShiangShiang est le second livre de la trilogie Les prodiges de l’empire, après Darien, qui m’avait laissé une impression franchement bonne. On peut d’ailleurs remarquer que Bragelonne propose un rythme de parution française très vigoureux, puisque ce tome 2 débarque moins de six mois après son prédécesseur, et que le tome 3 est annoncé le 12 février 2020. L’intégralité du cycle aura donc été publiée en moins d’un an.

Comme son nom l’indique, ce deuxième roman laisse une large place à la cité de Shiang, celle dont on est originaire Tellius, un des protagonistes du tome 1. Rassurez-vous, cependant, passé un certain point, l’action va à nouveau se dérouler à Darien, et remettre en jeu (à partir du second quart) certains personnages que vous connaissez déjà (même si parmi eux, Tellius se taille très, très largement la part du lion, les autres faisant office de figurants).

Finalement, Shiang m’a laissé une impression au moins aussi bonne que Darien, que ce soit en terme de souffle épique, de qualité d’écriture (c’est extrêmement fluide et prenant, à défaut de sortir toutes les deux phrases des effets de manche de m’as-tu-lu) et d’immersion. Ce cycle me fait un peu le même genre d’impression (bien que pour des raisons différentes) que celui de Vlad Taltos, à savoir une respiration bienvenue entre deux livres exigeants, compliqués, ennuyeux, au style lourd, ou tout ça à la fois. Vivement Le saint des lames ! Lire la suite

Made things – Adrian Tchaikovsky

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Ce n’est certes pas un chef-d’oeuvre, mais c’est très loin d’être dénué d’intérêt !

made_thingsSi vous ne connaissez de l’oeuvre d’Adrian Tchaikovsky que le peu qui en a été traduit (pour le moment) en français, c’est-à-dire Dans la toile du temps et Chiens de guerre, vous pourriez facilement croire qu’il s’agit essentiellement d’un auteur de SF. Et pourtant, celle-ci est minoritaire dans sa bibliographie, puisque sur vingt-quatre romans ou novellas, dix-sept relèvent… de la Fantasy, dont Made things, dont je vais vous parler aujourd’hui, et qui est le quatrième livre de l’auteur publié en VO en 2019 (plus un en VF !), après (dans l’ordre de parution) Cage of soulsChildren of ruin (la suite de Dans la toile du temps) et Walking to Aldebaran. Une productivité telle que nous sommes désormais un certain nombre à affubler l’auteur du gentil sobriquet de « Stakhanovsky »  😀

Bien sûr, une telle frénésie ne peut être sans conséquences, et fatalement, certains textes seront moins aboutis, réussis ou plus dispensables que d’autres. Si Cage of souls relevait, pour moi, de cette catégorie, je ne classerais pourtant pas tout à fait Made things dans la même. Tout simplement parce qu’à mon sens, comme je vais vous l’expliquer, l’intention sous-jacente est différente. Et qu’un auteur (Tchaikovsky ou n’importe quel autre) n’est pas « condamné » à ne produire que des chefs-d’oeuvre, ayant aussi le droit d’écrire des bouquins pour se faire plaisir et / ou qui n’ont pas l’ambition d’obtenir un prix quelconque. Sans compter le fait que mes attentes ne sont pas les mêmes pour une novella comme Made Things et un roman pleine taille comme Cage of souls. Lire la suite

The Black Hawks – David Wragg

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Surprenant

black_hawks_wraggAvant d’entamer une longue série de lectures SF (ou plus généralement non-Fantasy), je vais vous parler aujourd’hui de The Black Hawks, qui est à la fois le premier roman de l’auteur britannique David Wragg ainsi que le tome inaugural d’un cycle appelé Articles of faith. Mais pour vous parler de ce livre, il me faut vous expliquer de quelle manière je choisis mes futures lectures, ou plutôt la façon dont je fais le tri entre ce que je considère comme prioritaire et ce que je remets à plus tard (et ceux qui suivent le blog depuis longtemps savent que parfois, « plus tard » peut signifier plusieurs années). À la lecture du résumé (hop ; attention toutefois, je trouve qu’il en dévoile beaucoup), j’ai été interpellé par autant de points positifs que négatifs, les premiers venant surtout de la comparaison avec Abercrombie et Lynch, les seconds étant constitués par la mention d’un « morveux de prince » et d’un énième ersatz de La Compagnie Noire. J’étais donc prêt à repousser cette lecture aux calendes grecques quand j’ai vu qu’Ed « Blackwing » McDonald en avait écrit une critique franchement positive sur Goodreads. J’ai donc entamé cette lecture peu après la sortie du roman.

Au final, si je n’en ressors pas aussi convaincu que lui, et si cette lecture ne sera pas parmi mes plus marquantes en Fantasy cette année, elle ne s’est pour autant révélée ni désagréable, ni catastrophique, et en tout cas, elle a eu le mérite de s’avérer constamment surprenante. Il faut dire que la quatrième donne du bouquin une image relativement distordue, qui ne correspond pas vraiment à sa réalité. De plus, ça tient bien moins de la Compagnie Noire que d’une Fantasy politico-religieuse (certes Dark), et si les premières dizaines de pages m’ont presque conduit à abandonner l’ouvrage, la suite s’est avérée plus intéressante, et la fin assez étonnante m’a convaincu de lire la suite quand elle sortira. Et puis j’ai apprécié d’être constamment pris à contre-pied, chaque changement de cap du scénario s’avérant soit imprévisible, soit faussement prévisible, ce qui est presque plus intéressant. Bref, ce n’est pas un chef-d’oeuvre, c’est une (Low) Fantasy classique qui ne révolutionnera pas le genre, ni en terme taxonomique, ni via un worldbuilding qui se contente de faire le job et un magicbuilding totalement absent, mais si vous êtes à court de romans cultes en Fantasy, celui-ci n’est pas un mauvais candidat en tant que prochaine lecture potentielle. Lire la suite

Teckla – Steven Brust

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Plus profond, mais pas vraiment passionnant !

teckla_brustTeckla est le troisième des quinze romans du cycle Vlad Taltos parus à ce jour, après Jhereg et Yendi. Si j’ai adoré ces deux derniers, j’ai en revanche eu beaucoup plus de mal avec ce tome 3. J’y ai trouvé du positif (un approfondissement -spectaculaire- de la psychologie du protagoniste) mais aussi, hélas, beaucoup de négatif, comme je vais vous l’expliquer. Pas de quoi m’empêcher de lire la suite (qui, d’après son résumé, a l’air de repartir sur des bases plus saines), mais certainement de quoi me décevoir, parce que les romans de cette saga constituent pour moi, du fait de leur brièveté, de la fluidité de l’écriture et de l’humour omniprésent (alors que nous sommes dans un contexte de Fantasy très sombre), une respiration bienvenue entre deux livres exigeants, longs ou les deux à la fois. Donc autant dire que je n’avais pas vraiment envie de me prendre la tête avec des questionnements conjugaux et politico-sociétaux. Après, bien sûr, tout dépendra de vos attentes, certains ont autant aimé ce troisième tome que ses deux prédécesseurs.

D’ailleurs, je pense que c’est la première fois que je traîne autant des pieds pour rédiger une critique, on doit être sur un record, là : d’habitude, c’est plié dans les 24-48 h après avoir fini le bouquin, mais là, ça doit faire 5 jours, facile. Autant de retard qu’une femme enceinte, qu’on vous dit. Lire la suite

The bone ships – R.J. Barker

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Ursula Le Guin (revue façon Dark Fantasy) + Patrick O’Brian = R.J. Barker !

bone_ships_barkerR.J. Barker est un auteur britannique, dont les deux premiers tomes de la trilogie Le royaume blessé ont été traduits en France par Bragelonne au moment où je rédige ces lignes (il faudra d’ailleurs que je me décide à lire le premier, mais ceci est un autre problème). The bone ships est son tout nouveau roman, et débute un cycle différent, appelé The Tide Child (du nom du navire qui est au centre de l’intrigue). Il s’inscrit dans une récente tendance, consistant, depuis la mort d’Ursula Le Guin, à proposer des univers de Fantasy inspirés par ou ressemblant à tel ou tel point de la saga Terremer, mais généralement avec une atmosphère très différente de celle des livres de l’autrice. J’aurai d’ailleurs l’occasion, en début d’année prochaine, de vous présenter un autre roman relevant de cette tendance émergente. Mais nous en reparlerons en temps et en heure. Pour l’occasion, j’ai créé un tag, Fantasy Le Guin-ienne, pour centraliser les romans plus ou moins inspirés par l’autrice (ou ressemblant en tout cas à son oeuvre), récents ou pas.

Mais revenons à nos moutons : si la ressemblance avec Terremer, qu’elle soit voulue ou fortuite, est incontestable, ce n’est pas la seule qui doit retenir l’attention. Car plusieurs éléments pointent aussi fortement vers Patrick O’Brian (R.J. Barker le citant d’ailleurs dans les remerciements), l’auteur de la saga de romans Historiques consacrés au personnage de Jack Aubrey (joué au cinéma par Russell Crowe dans le magistral film Master & Commander), depuis le surnom d’un des deux protagonistes jusqu’à l’ambiance, qu’elle concerne la vie quotidienne à bord d’un navire de guerre ou celle des combats. Mais je m’aperçois que j’ai presque oublié de vous mentionner un « détail » essentiel : si l’univers a un parfum Le Guin-ien, le traitement qui lui est appliqué est en revanche Dark Fantasy, et si nos héros sont à la barre d’un navire, celui-ci est fait… d’os de dragons des mers ! Inutile donc de vous dire que nous avons un worldbuilding qui, outre le fait qu’il soit très soigné, « claque » carrément, a une « gueule » terrible. Moorcockienne, presque. De ce point de vue là, le roman de Barker est donc une spectaculaire réussite. Toutefois, si je prends toutes les composantes de ce livre, il m’a manqué un petit quelque chose pour passer d’une bonne, voire très bonne impression d’ensemble, à un des romans « cultes » qui ont donné son nom à ce blog. Néanmoins, si vous êtes comme moi, et regrettez que la Fantasy maritime soit marginale, et / ou que vous souhaitiez voir un traitement Dark Fantasy de l’oeuvre phare (en Fantasy, du moins) d’Ursula Le Guin, voilà une lecture hautement recommandable ! Lire la suite