Apophis Box – Septembre 2022

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au début ou au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

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Dans la spirale uchronique : Londres, 994 ap. J.-C.

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Dans la spirale uchronique est une série d’articles décrivant, comme son nom l’indique, un scénario dans lequel l’Histoire prend un cours différent de celui que nous avons connu. Chaque numéro, nommé d’après le lieu et la date de la divergence, commence par rappeler les événements qui se sont réellement déroulés, avant de proposer un ou plusieurs scénarios possibles expliquant la genèse de l’Uchronie, en tentant de rester un minimum réaliste (sachant que je ne suis pas Historien et que je ne passe pas des mois en recherches préparatoires non plus). Sont ensuite examinées les conséquences possibles à court, moyen, voire long terme, ainsi que l’impact de la divergence à divers niveaux (géopolitique, religieux, économique, militaire, etc.). Le but de la chose étant soit de vous faire réfléchir (voire rêver ou cauchemarder) sur les « routes non prises » (pour reprendre une expression fameuse dans le domaine de l’Uchronie), soit de vous fournir une amorce de contexte de Jeu de rôle ou de roman, si vous êtes auteur (merci de me citer dans les remerciements  😀 ). 

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La Campagne écarlate – Brian McClellan

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Un tome intermédiaire inhabituellement intéressant

Le 23 septembre 2022 paraîtra La Campagne écarlate de Brian McClellan, second volet de la trilogie des Poudremages. Je ne pense pas que la majorité de ceux qui ont lu La Promesse du sang aient besoin d’être convaincus de lire la suite (mais plutôt qu’ils vont se ruer dessus dès sa sortie !), mais au cas où il y aurait encore quelques indécis, ayant lu ce tome 2 en VO, je peux assurer que pour un tome intermédiaire de trilogie (classiquement le moins intéressant des trois, coincé entre l’effet découverte du premier et l’effet épique / dramatique du dernier), celui-ci est inhabituellement bon et intéressant. Il a aussi le gros mérite de prendre le lecteur systématiquement à contre-pied, en ne jouant pas la partition à laquelle il pouvait s’attendre et en le surprenant constamment. On notera aussi une vraie dynamique psychologique et relationnelle entre les personnages, ainsi, bien entendu pour la Rolls de la Fantasy à poudre, que le côté épique des combats.

Si vous avez aimé le roman précédent, il n’y a donc, logiquement, aucune raison de ne pas lire sa suite. Celles et ceux d’entre vous qui voudraient en savoir plus à son sujet pourront se référer à ma critique complète de la VO.

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Unity – Elly Bangs – VF

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Dichotomique et magnifique

Le 28 septembre 2022 paraîtra chez Albin Michel Imaginaire Unity, premier roman d’Elly Bangs, jusqu’ici connue pour des nouvelles de qualité, dont Dandelion, qui paraîtra dans Bifrost. Le dernier point sur l’état de la collection fait par Gilles Dumay nous apprend qu’à lui seul, le dernier Émilie Querbalec, Les Chants de Nüying, a concentré plus de demandes de SP que les deux prochaines parutions d’AMI, à savoir Les Flibustiers de la mer chimique de Marguerite Imbert et, donc, Unity d’Elly Bangs. Je ne me prononcerais pas (encore) sur le Querbalec (reçu mais pas lu en raison d’un problème de santé mi-août qui m’a laissé KO et dont je ne me suis pas encore entièrement dépêtré) ni sur le Imbert (que je n’ai aucune intention de lire), mais ayant lu Unity en VO, je peux dire avec une absolue certitude que négliger ce roman serait une erreur encore plus grande que passer à côté de Summerland. Et si j’en juge par ce que j’ai vu passer, ceux qui m’ont fait confiance concernant ce dernier n’ont pas eu de raison de le regretter.

Eh bien c’est pareil ici, à un détail près. Unity, est, en effet, un roman très dichotomique, sa première partie ne reflétant absolument pas la qualité de la deuxième, facilement deux ou trois ordres de grandeur au-dessus. Il va donc falloir être patient et ne pas abandonner avant d’avoir atteint ce point de bascule, qui se situe, de mémoire, quasi-exactement à 50% du bouquin. De toute façon, parvenu à ce point, vous serez tellement happé que vous ne pourrez plus lâcher Unity, littéralement. Pour ma part, ayant déjà lu Bangs, je savais, ou plutôt je croyais savoir, quelle puissance émotionnelle elle était capable de dégager, et c’est en confiance que j’ai continué à tourner les pages. Confiance bien placée, donc. Précisons toutefois que même la première partie est intéressante au moins sur le plan d’un worldbuilding plus singulier qu’il n’y paraît de prime abord : post-apocalyptique, certes, mais post- plusieurs apocalypses, avec des humains vivant surtout dans des villes sous-marines et une technologie qui est très au-delà d’un Mad Max ou équivalent.

Je n’insisterais jamais assez : Unity est un roman qui, pris dans sa globalité, est de tout premier ordre, et c’est clairement une des sorties SF de l’année. Si vous voulez en savoir plus à son sujet, sans spoiler (à vrai dire, la quatrième de couverture d’AMI en dévoile plus que ma critique, à mon sens), ma chronique de la VO est à votre disposition. Je vous encourage donc à demander un SP ou à faire l’acquisition de ce livre, faute de passer un peu bêtement à côté d’une des parutions majeures de cette rentrée littéraire 2022.

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Apophis Box – Août 2022

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au début ou au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

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Malice – John Gwynne (VF)

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Le digne héritier de David Gemmell

Le 26 août 2022, sortira (sous le même titre) la traduction de Malice, premier des quatre tomes du cycle Le Livre des Terres Bannies. Si vous suivez nos blogs et nos réseaux sociaux, ça fait un moment que le camarade Inculte et moi (le camarade Culte ^^) vous parlons de l’auteur, John Gwynne, qui est pour nous clairement l’héritier (le vrai, hein) de l’immense David Gemmell. Jusqu’ici, la prose du britannique n’étant disponible que dans la langue de Shakespeare, la plupart d’entre vous devait, malheureusement, se contenter de notre parole en la matière, ainsi que lorsque nous vous expliquions à quel point c’était exceptionnellement immersif et doté de personnages particulièrement vivants et attachants. Heureusement, pour ce cycle comme pour bien d’autres, les éditions Leha sont venues à la rescousse, et entament donc sa traduction dans la langue de Molière.

J’ai, pour ma part, lu l’ouvrage il y a quatre ans et demi, pour le compte d’une maison d’édition (pas Leha) qui n’a pas donné suite (pas pour des raisons de qualité, mais de rapport coût de la traduction / recettes projetées). Je concluais ma critique (que vous pouvez lire en intégralité sur cette page) ainsi : tome introductif d’une tétralogie de beaux pavés, Malice réalise une sorte d’impossible mélange entre éléments de structure ou de style propres à J.R.R. Tolkien, G.R.R. Martin ou (surtout) David Gemmell (dont John Gwynne est à mon avis un sérieux prétendant au titre d’héritier), entre épique et intime. High Fantasy à fort aspect politique, écrite dans un style, un univers, une narration et une atmosphère évoquant fortement Gemmell, cette histoire brille particulièrement sur deux plans, à savoir une immersion extraordinaire et des personnages inoubliables. On appréciera la place laissée à une civilisation de géants (ce qui ne court pas les rues en Fantasy) dans ce monde, ainsi qu’un certain twist aux codes de la High Fantasy lorsque deux des personnages croient servir le bien alors que le lecteur, lui, a des doutes. Quoi qu’il en soit, Malice est un premier roman absolument impressionnant, ouvrant un cycle dont chaque tome est réputé meilleur que le précédent (si, si). C’est donc avec un grand plaisir que je lirai la suite. Car ce roman, c’est pour moi un Retour vers le futur : ce sont les sensations et l’immersion d’un Elric, des Princes d’Ambre ou du Seigneur des anneaux, mais à 47 ans, pas à 10-15 ! Inutile de dire que cela ne m’arrive pas tous les quatre matins, blasé, inévitablement, que je suis après 37 ans de lectures SFFF…

Sachez, pour terminer, que depuis la parution de cette tétralogie, Gwynne a amplement confirmé son statut 1/ de très grand auteur de Fantasy « à l’ancienne » et 2/ d’héritier (désormais incontestable) de David Gemmell, notamment avec le premier tome de sa dernière trilogie en date, The Shadow of the gods. Bref, très clairement, si vous êtes amateur de Fantasy, je vous conseille vivement la lecture de Malice, vous ne le regretterez pas !

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Dans la spirale uchronique : Tyane, 272 ap. J.-C.

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Dans la spirale uchronique est une série d’articles décrivant, comme son nom l’indique, un scénario dans lequel l’Histoire prend un cours différent de celui que nous avons connu. Chaque numéro, nommé d’après le lieu et la date de la divergence, commence par rappeler les événements qui se sont réellement déroulés, avant de proposer un ou plusieurs scénarios possibles expliquant la genèse de l’Uchronie, en tentant de rester un minimum réaliste (sachant que je ne suis pas Historien et que je ne passe pas des mois en recherches préparatoires non plus). Sont ensuite examinées les conséquences possibles à court, moyen, voire long terme, ainsi que l’impact de la divergence à divers niveaux (géopolitique, religieux, économique, militaire, etc.). Le but de la chose étant soit de vous faire réfléchir (voire rêver ou cauchemarder) sur les « routes non prises » (pour reprendre une expression fameuse dans le domaine de l’Uchronie), soit de vous fournir une amorce de contexte de Jeu de rôle ou de roman, si vous êtes auteur (merci de me citer dans les remerciements  😀 ). 

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Célestopol – Emmanuel Chastellière

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Le hasard a bien fait les choses

Petit retour en arrière : après être devenu traducteur en 2007, Emmanuel Chastellière (co-fondateur et rédacteur en chef d’Elbakin, site / forum de référence en France en matière de Fantasy) décide, en 2016, de devenir également auteur. Ses trois premières productions, Le Village, Célestopol et Poussière Fantôme, n’éveillent pas mon intérêt, pour une pure question taxonomique : ils relèvent de genres soit qui ne m’inspirent guère, soit avec lesquels je suis souvent déçu. Puis, en 2018, sort L’Empire du léopard, qui lui, correspond parfaitement au cœur de cible du Culte en matière de Fantasy : militaire, à poudre et inspirée par autre chose que le Moyen Âge européen. Je connaissais déjà la plume agréable du Chastellière traducteur, je découvre celle de l’Emmanuel auteur. Aussi, quand Célestopol 1922 apparaît dans la liste des livres à lire pour la préparation de Bifrost 103, je me dis qu’il serait pertinent d’aller voir ce que l’auteur donne version Steampunk, même si c’est un genre où je suis quasi-systématiquement déçu. Et ce d’autant plus que les deux recueils sont réputés pouvoir être lus de façon totalement indépendante (ce qui est vrai).

Si je vous raconte tout cela, ce n’est pas pour faire 3615 Ma Vie (<– blague de vieux), mais pour vous expliquer qu’en fait, lire les deux Célestopol dans l’ordre « inverse » (1922 en premier, puis le recueil éponyme) a été une bonne chose, et ce pour deux raisons : d’abord parce que si Célestopol est un très bon recueil de nouvelles, son successeur est un cran au-dessus, et donc, lire le meilleur des deux en premier était sans doute préférable au parcours inverse ; et surtout, la fin de Célestopol m’a réservé une surprise à laquelle 1922 ne m’avait pas préparé, et qui constitue un point capital de l’histoire de la cité qui donne son nom à ces livres. Donc, aussi paradoxal et contre-intuitif que cela puisse paraître (même si les recueils sont présentés comme lisibles séparément / dans l’ordre que l’on désire), je vous recommande de suivre le même parcours, à savoir commencer par le second recueil puis enchaîner par le premier.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un court point taxonomique : selon les endroits, vous verrez Célestopol classé en Steampunk ou en SF (soit parce que la personne concernée considère que le Steampunk en est un sous-genre – ce qui n’est pas mon cas -, soit parce qu’elle considère probablement que vu la parenté avec le Merveilleux Scientifique, c’est le classement qui fait le plus sens). À mon avis, aucun de ces classements ne reflète complètement la réalité de cet univers, puisque s’il y a une certaine esthétique Steampunk, il n’y a guère de vapeur et les avancées technologiques rétrofuturistes sont en partie catalysées par autre chose (une substance appelée Sélénium -rien à voir avec l’élément chimique réel de numéro atomique 34, apparemment), et puisque s’il y a des éléments de SF / de Merveilleux Scientifique, il y a aussi des bouts d’autre chose, comme la présence de magie et de créatures surnaturelles ou mythiques, donc de Fantasy, et quelques éléments horrifiques. Donc, à mon sens, on est plus sur une variante assez spéciale de New Weird que sur du Steampunk ou sur de la SF (je vous reparlerai d’ailleurs de quelques exemples de « Steampunk sans Steam » dans l’Apophis Box de septembre). Lire la suite

Haute-école – Sylvie Denis

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De bonnes idées, insuffisamment exploitées

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 103 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Haute-école est le premier roman de Sylvie Denis, le seul qui relève de la Fantasy. Il s’agit d’une déclinaison inhabituelle du genre, surtout pour l’époque de sa parution, avec sa société pré-industrielle devant plus à l’Ancien Régime qu’au Moyen Âge, sa magie remplaçant la technologie, et son histoire sortant des canons de celles centrées sur une école de magie. Le problème étant que depuis 2004, on a fait bien mieux dans ces registres, ce qui fait que ce livre accuse son âge… ce qui n’est hélas pas son seul souci.

Le worldbuilding, singulier, s’articule autour de deux royaumes concentriques : l’un, dit Intérieur, entoure le centre du monde, un désert calciné par le Solaire, l’autre, dit Extérieur, est limité par la mer et des Murailles de Brume infranchissables. Ils sont en guerre, depuis si longtemps que la raison du conflit a été oubliée. Dans le royaume Intérieur, on tue les magiciens, jugés trop dangereux, à la naissance ; dans l’Extérieur, ils sont enrôlés de force dans la Haute-école. Les plus chanceux finissent professeurs, les autres au service de l’armée, l’administration ou de riches privilégiés, servant de système d’éclairage public, à actionner les pompes pour l’eau courante, et ainsi de suite (l’école les qualifie de matériaux : ce ne sont plus des humains, mais des machines. On est loin de l’élite que forment les mages dans les autres univers de Fantasy). La répétitivité de ces tâches conduisant à la folie, au suicide ou une fuite punie de mort. Et le Grand Méchant, qui vient de s’emparer de l’école par le meurtre, a des projets encore plus sinistres : pour donner au processus la dimension d’un véritable travail à la chaîne, il veut créer un programme eugéniste et faire se reproduire les mages entre eux. Les rafles et l’embrigadement ne suffisent plus, voilà qu’arrivent l’élevage en batterie et les expérimentations humaines (pour développer de nouveaux pouvoirs). Lire la suite

Demain et le jour d’après – Tom Sweterlitsch

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Sombre mais d’une grande beauté

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 103 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Après le succès de Terminus, Tom Sweterlitsch revient chez AMI avec la traduction d’un roman antérieur, Demain et le jour d’après. En 2048, un attentat nucléaire rase Pittsburgh, tuant l’écrasante majorité de ses habitants, dont la femme, enceinte et quasiment à terme, de Dominic, absent de la ville ce jour fatidique. Dix ans plus tard, on a créé une reconstitution en Réalité Simulée de la cité, l’Archive, grâce aux données des caméras de surveillance, des webcams, des réseaux sociaux et à un peu d’interpolation à partir des souvenirs de ceux qui la visitent, grâce à l’implant cérébral que tous portent, et qui permet par ailleurs de les faire vivre dans une omniprésente et invasive Réalité Augmentée dans le monde réel. À la base conçue comme un espace de recueillement, l’Archive sert aussi aux enquêteurs mandatés par les compagnies d’assurance, comme Dominic, à rechercher la cause exacte de la mort de telle personne ou de la destruction de tel édifice, dans le but d’éviter de payer les juteuses primes. Mais il va découvrir par hasard un cadavre dans l’Archive, une femme tuée avant l’attentat et dont le sort n’intéresse personne. Sa consommation de drogue (renforçant son immersion) va lui faire perdre son emploi, et lors de sa thérapie légalement imposée, son psychiatre va lui proposer de travailler pour un riche mandataire, qui cherche sa fille, qui semble avoir été effacée de l’Archive. Les deux affaires vont se révéler liées de bien ténébreuse façon !

À la lecture de ce roman post-apocalyptique particulièrement sombre, on pense avant tout à Peter Hamilton pour l’enquête dans une ville simulée (La Grande route du Nord), à Dan Simmons pour le procédé technologique permettant de revivre les souvenirs heureux (Flashback), à Vernor Vinge (Rainbows End) pour la Réalité Augmentée omniprésente (et ses pop-ups publicitaires continuels) et à un mélange de Jean Baret (l’humour en moins) et de Robert Jackson Bennett (Vigilance) pour la société décrite, où le porno et le sordide sont mis en scène en permanence et sans vergogne, comme lorsque les condamnations à mort présidentielles sont filmées ou que la dernière victime d’un crime du jour voit ses vidéos intimes balancées à une populace avide (de sexe, d’obscène, de scandale) et amorale. À cette critique, sans concessions, des dérives à peine exagérées et projetées de la société américaine du futur proche, à l’enquête (très addictive) de Dominic pour résoudre le meurtre et la disparition, s’ajoute le récit de sa catharsis (et de sa quête de justice pour les victimes) et de celui de l’impossible tentative de rédemption de l’autre protagoniste, Albion. Et c’est sur ce niveau de lecture que se situe le vrai intérêt du roman, très référencé culturellement, sombre mais d’une grande beauté, qui prouve une fois de plus que Sweterlitsch est un grand auteur de SF.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous recommande la lecture des critiques suivantes : celle de Célinedanaë, celle de Gromovar, de Yossarian, de Just a word, d’Alias, du Nocher des livres, du Maki, de FeyGirl,

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