The century blade – Rob J. Hayes

7

Une bonne façon de découvrir le cycle Mortal Techniques

Étant, en ce moment, dans une sorte de cycle de lecture informel faisant la part belle aux lectures de Fantasy aux contextes exotiques, le moment me parait bien choisi pour vous reparler de Rob J. Hayes. Auteur britannique auto-édité et très expérimenté (une quinzaine de romans au compteur, tout de même), Hayes m’avait bluffé avec son roman Never Die, titulaire du SPFBO 2017, prix littéraire chapeauté par Mark Lawrence couronnant chaque année le meilleur des auto-édités anglo-saxons. Fantasy à monde secondaire d’inspiration asiatique et très héroïque, Never Die était un bouquin sympathique mais sans plus jusqu’à sa fin, tout bonnement extraordinaire, qui remettait tout le reste en perspective. Il se trouve que depuis ma chronique, l’auteur (très prolifique) a étendu cet univers à deux autres romans (Pawn’s Gambit et Spirits of vengeance) et une nouvelle, The century blade (à la couverture magnifique –la preuve en grand format), dont je vais vous parler aujourd’hui. Le tout forme un cycle informel, The mortal techniques, car si chacun de ces textes s’inscrit dans le même univers, chacun peut se lire de façon totalement indépendante de tous les autres.

Outre la (courte) nouvelle The century blade proprement dite, le « livre » électronique qui vous est vendu contient aussi le premier chapitre du roman Spirits of vengeance. Pour… 0.99 euros, vous avez donc l’occasion d’avoir un aperçu de l’univers (fascinant) et du style (fluide, agréable et puissamment évocateur) de l’auteur, ce qui vous permettra de voir si vous voulez investir dans les trois romans de The mortal techniques (c’est toujours plus rapide à lire et moins cher de prendre la température de l’eau avec une nouvelle à moins d’un euro qu’avec un roman de plusieurs centaines de pages, forcément plus onéreux). Et en plus, la nouvelle est très plaisante, même si elle a, comme nous le verrons, un défaut non négligeable. Lire la suite

Apophis Box – Janvier 2022

48

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite

A fool’s hope – Mike Shackle

14

Un très bon tome intermédiaire

A fool’s hope est le deuxième tome de la trilogie The last war, par Mike Shackle, et la suite de l’excellent We are the dead. Un an après sa sortie, et alors que le troisième et dernier roman (Until the last) se profile déjà à l’horizon (il sortira en avril), il était plus que temps de le lire. Non pas que je n’avais pas envie de le faire, mais vu la noirceur de We are the dead, j’avoue ne pas avoir été spécialement pressé de le faire compte tenu du contexte actuel. Et évidemment, hein, cela s’est avéré être une très bonne lecture, que je regrette de ne pas avoir fait plus tôt.

La particularité de We are the dead est qu’on avait l’impression que quelqu’un avait expliqué à Mike Shackle le principe du Hopepunk (l’anti-Grimdark, pour résumer), qu’il était parti d’un immense éclat de rire maléfique, avant de décider d’aller complètement à rebours de la tendance actuelle en écrivant, au contraire, la Fantasy la plus sombre et désespérée possible. Si l’espoir est un peu plus présent dans A fool’s hope (mais bon, ce titre, hein, si c’est pas du troll, je ne sais pas ce que c’est  😀 ), l’ambiance est toujours ultra-sombre et désespérée, et le roman finit franchement mal pour un grand nombre de personnages (enfin pour les survivants, je veux dire, parce que la mortalité est impressionnante, même pour de la Dark Fantasy).

Un certain nombre d’entre vous doivent se dire, à la lecture de ces lignes, « Oh, ce n’est pas pour moi, donc ! ». Pas si vite, chers aponautes. N’oubliez pas que c’est au cœur des ténèbres les plus absolues que la plus infime flamme brillera d’autant plus. Et franchement, si vous ne vous attachez pas à certains des personnages justement à cause des tourments qu’ils subissent, vous n’avez pas de cœur. Sans compter que le troisième tiers, en gros, est prodigieux d’originalité (pour de la Fantasy), de rythme, de côté épique et de « Oh Apophis, ils ne vont jamais s’en sortir ! ». Alors certes, si ce tome 2 a amélioré certains des menus défauts de son prédécesseur, il y a sans doute un peu perdu en profondeur au passage, donnant plus dans l’épique que dans les thématiques de fond. Mais le plaisir de lecture reste égal, dans les deux cas. Et j’aurais même tendance à dire que ce tome 2 sera significativement plus attractif pour les gros bataillons du lectorat Fantasy que We are the dead. Ne serait-ce que par sa très grande dimension maternelle  😉 Lire la suite

Bilan 2021 – Memento Mori

110

Chaos_Inside_V2En ce premier janvier 2022, il est temps de tirer un bilan de l’année écoulée et de donner un aperçu de ce que celle à venir vous réserve sur le Culte. Mais d’abord, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une bonne année, ainsi que mes meilleurs vœux !

Si vous me suivez depuis un moment, vous connaissez ma manière de procéder, et donc après un point statistique, je vais revenir sur ce qui était supposé arriver sur le blog en 2021 et sur ce qui s’est effectivement passé (ou pas), avant de conclure en vous donnant un aperçu de mes projets et de mes objectifs pour 2022. Lire la suite

Crusaders – T1 – La colonne de fer

40

Une BD… de Hard SF !

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous savez que la Hard SF est un sous-genre qui y est particulièrement mis à l’honneur (c’est tout simplement le deuxième le plus représenté dans la catégorie Science-Fiction). Sauf qu’en temps normal, les articles qui en relèvent parlent de romans, pas de BD ! Rappelons, au passage, que « Hard » ne désigne en aucun cas une difficulté de lecture mais plutôt la solidité de l’aspect scientifique de l’univers concerné, sa cohérence avec les lois physiques telles qu’on les comprend au moment de sa création, et / ou le nombre de détails scientifiques / techniques qui sont donnés pour étayer le dit univers.

La colonne de fer est donc le premier tome du cycle Crusaders, qui, au moment où je rédige ces lignes, compte 3 BD. Il relève sans conteste possible de la Hard SF, puisque le scénariste fait (une vaste) œuvre de vulgarisation en matière de planétologie, d’astronomie et de cosmologie. Et il a un vrai talent pour cela, à tel point que je trouve que ce premier tome ferait une bien belle porte d’entrée pour initier quelqu’un au genre (surtout qu’une BD est bien plus digeste qu’un roman, même court, même accessible en terme de difficulté).

Comme nous allons le voir, j’ai été vraiment hautement convaincu par ce tome d’ouverture, et j’espère que les deux autres maintiennent le niveau, aussi bien sur le plan graphique que sur celui du sense of wonder ou de la vulgarisation. C’est, et de très loin, la meilleure BD chroniquée sur le Culte depuis que j’y rédige des critiques de romans graphiques en plus des romans tout court. Lire la suite

La voie du sabre – BD – T1 – Les cendres de l’enfance

4

Une adaptation particulièrement réussie

Les cendres de l’enfance est la première d’une série (achevée) de trois BD adaptant le roman La voie du sabre de Thomas Day, sans conteste le chef-d’œuvre de l’auteur. Signalons que celui-ci ne signe que la préface de l’ouvrage, pas son scénario comme il l’a fait dans d’autres BD. Toutefois, l’adaptation est, de mon point de vue, extrêmement fidèle, et le texte des bulles extrêmement bien écrit, ce qui fait que le lecteur n’y perd pas au change et que notre bon Gilles Dumay n’a pas, non plus, de motifs d’insatisfaction ou de regret à avoir.

Curieusement, alors que la couverture de plus en plus de BD, souvent signée par un dessinateur différent de celui qui s’est occupé des planches, est plus réussie que ces dernières, dans le cas de ces cendres de l’enfance, sans qu’elle soit catastrophique, je trouve qu’elle ne rend pas totalement justice au contenu. Même si celui-ci est inégal du fait d’une certaine particularité (nous en reparlerons).

En fin de compte, je sors de ce premier tome (presque) totalement enthousiasmé, et je lirai à coup sûr les deux autres. Lire la suite

L’œil d’Apophis – HS 5 – Toujours pas traduit, toujours pas réédité, que fait l’édition française ?

109

Eye_of_ApophisEn décembre 2018 et 2020, j’ai publié des articles mettant en lumière le fait que certains cycles ou romans mériteraient soit une traduction, soit une réédition. Douze mois de plus se sont écoulés, et si le cas de certains de ces livres est réglé (leur traduction a été annoncée, par exemple), celui de la plupart des autres reste identique. Il était d’autant plus temps de faire un point sur la situation que dans l’intervalle, d’autres livres de grande envergure se sont ajoutés à la liste. Enfin, dans cette édition 2021, je vais aussi dire un mot de livres qui ont été annoncés, parfois depuis longtemps, voire très longtemps… et que nous attendons toujours. Sans parler du fait qu’annoncer, puis publier effectivement, c’est bien, mais qu’il faut ensuite que la qualité de traduction et de correction suive. Et c’est loin d’être toujours le cas !

Alors certes, le Covid et les confinements sont passés par là, certes, il y a une incontestable surproduction, certes, les éditeurs ne peuvent pas tout traduire, certes, il y a parfois des questions épineuses de droits, oui, certaines fois le directeur de collection veut mais son supérieur ne veut pas, oui, certains livres sont peut-être dans les tuyaux mais les annonces n’ont pas été faites (pas à votre serviteur, en tout cas), certes, une partie de ces livres est toujours disponible d’occasion, certes, pour quelques-uns d’entre eux, le public (ou le libraire…) ne suivra peut-être pas, et certes, mes goûts (ou ceux des blogueuses et blogueurs sur la même longueur d’onde que moi) ne sont clairement pas ceux de nombre de maisons françaises, et si la qualité de certains cycles n’est mise en cause par personne, leur coût de traduction serait apparemment « prohibitif dans l’état actuel du lectorat SFFF ».

Certes. D’un autre côté, quand on voit ce que publient certaines des personnes nous sortant ce genre d’excuses, on est en droit de se dire que ça va, merci, il y a bien assez de Young Adult / de Fantasy initiatique / de Big Commercial Fantasy / de dystopies – post-apo / de SFFF militante / de SF « éblouichiante » (copyright Ours Inculte) pour que DE TEMPS EN TEMPS, on insère AUSSI dans le programme de parution un truc choisi pour ses qualités littéraires (oui, je sais, quelle drôle d’idée, hein) et pas parce qu’il coche les bonnes cases, qu’elles soient marketing ou autres. Lire la suite

Panthéon Apophien – épisode 8

34

cropped-apophis-ra_symbolSur ce blog, certains romans sont distingués par un tag prestigieux (si, si) : (roman) culte d’Apophis, qui représente une combinaison de coup de cœur hautement subjectif et surtout de ce que je pense être, objectivement, le meilleur de ce que les littératures de l’imaginaire ont à offrir. À la base, le tag a été attribué aux livres lus après la fondation du Culte, le 5 janvier 2016. Mais au fil des années, certains aponautes m’ont posé la question : et donc, quels sont les (romans) cultes d’Apophis lus avant cette date ? Eh bien la série dont fait partie le présent article, Panthéon Apophien, a précisément pour but de vous parler des cultes avant le Culte, entre 1985 et fin 2015. Chaque article vous présentera trois romans ou cycles, retraçant également en parallèle de façon plus ou moins chronologique (c’est loin, tout ça…) ce qu’a été mon parcours personnel de lecteur de SFFF et mon état d’esprit de l’époque.

Vous pouvez retrouver tous les autres articles de cette série sous ce tag ou sur cette page. Les romans cultes d’Apophis, pré- ou post-2016, sont listés sous cet autre tag. Lire la suite

Abrégé de Cavorologie – Laurent Genefort

17

Making of et worldbuilding de compétition !

L’information est apparemment passée assez inaperçue, mais Albin Michel Imaginaire (AMI) a sorti hier un texte, format novella (mais voyez plus loin tout de même), sous forme numérique et qui, surtout, est gratuit (vous pouvez le télécharger sur cette page). Sur la couverture, vous constaterez qu’un certain Hippolyte Corégone, professeur au Collège de France, est supposé en être l’auteur. Il ne s’agit en réalité à la fois que d’un personnage et d’un pseudonyme de Laurent Genefort. Et cet Abrégé de Cavorologie a été, comme il l’avoue lui-même dans la postface (joliment dénommée « Note de l’auteur derrière l’Auteur »), conçu pour donner une base à son uchronie. Celle-ci étant examinée dans le roman Les temps ultramodernes, à paraître chez AMI le 5 janvier 2022. L’Abrégé est donc, comme c’est souvent le cas avec ce département éditorial, une mise en bouche gratuite pour un livre à paraître quelques semaines plus tard. Sauf que d’habitude, en pareil cas, l’éditeur propose une ou deux nouvelles, pas un ouvrage de 112 pages !

Sachez, par ailleurs, qu’un second éditeur vous proposera bientôt un autre texte (une nouvelle, cette fois, appelée Cavorite) vous permettant de découvrir l’univers des Temps ultramodernes si vous aviez quelque hésitation à acquérir ce roman : en effet, Genefort figurera aussi à l’affiche du numéro 105 de Bifrost, à paraître fin janvier. Or, il se trouve qu’au moment où je rédige ces lignes, je me trouve dans une position très singulière : participant à la relecture des épreuves du magazine, j’ai déjà lu ladite nouvelle, et je viens d’achever L’Abrégé de Cavorologie ; je suis donc en mesure de vous dire que si la novella et la nouvelle sont très différentes dans leur ton et leur structure, elles se complètent en revanche très bien, et toutes deux donnent franchement envie de lire le roman. Lire la suite

Apophis Box – Décembre 2021

57

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite