Dans un monde parallèle, ce sont des UHL, mais ici…

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Normalement, si vous fréquentez ces lieux, vous connaissez la collection Une heure-lumière du Bélial’, lancée en 2016 et qui, dans le sillage de son incontestable succès commercial et critique, a impulsé un engouement inédit pour le format court dans une bonne partie de l’édition SFFF française. Ladite collection rassemble des textes primés et plus généralement de très grande qualité, au format novella selon la nomenclature des prix littéraires anglo-saxons (donc entre 100 et 200 K signes, espaces comprises). Toutefois, parce qu’ils sont sortis avant la création d’UHL chez d’autres éditeurs, ou parce qu’ils sont sortis après mais n’ont pas su retenir l’attention ou satisfaire aux critères du Bélial’, certains textes, qui auraient pu, voire parfois, à mon sens, en faire partie, n’y ont pas été inclus. Si, dans certains cas, la chose pourrait hypothétiquement se faire (je n’ai pas d’infos allant dans ce sens, je m’empresse de le préciser), si les droits devenaient disponibles, dans d’autres, ces UHL hypothétiques relèveront à jamais du domaine du « Et si… » et des mondes parallèles ou uchroniques (ce qui n’est pas tout à fait la même chose).

Rien ne m’empêche, cependant, de vous en dresser une liste (on pourrait y inclure d’autres textes, évidemment), d’où j’ai retiré un nom puisque d’après ce qui m’a été dit, celui-là sera publié à un moment ou un autre. Elle pourra servir à ceux qui ont lu tous les UHL (ou du moins tous ceux dont le résumé ou les critiques disponibles les séduisaient) et / ou qui n’ont pas été convaincus par les ersatz de la collection lancés par la concurrence et qui cherchent des courts romans, rapides à lire mais de qualité et ambitieux, par exemple sur la plage (c’est de saison).

Metallica, s’inspirant de Lovecraft, chanta jadis « The Thing that should not be » : découvrez avec moi « The OLH (One Light-Hour) that should have been » ! (et non, on ne pourra pas dire : « Pas de Robert Charles Wilson : liste nulle », puisque ce bon vieux Robert est cité -ma rouerie est sans limite, MOUAHAHA). Lire la suite

Summerland (VF) – Hannu Rajaniemi

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Contenant = 0, Contenu = ∞

Le 8 juillet 2022, sortira (sous le même titre), aux éditions ActuSF, la version française de Summerland d’Hannu Rajaniemi, auteur dont j’ai eu le privilège de traduire la nouvelle Le serveur et la Dragonne publiée dans Bifrost 101. D’habitude, lorsque je vous informe qu’un livre que j’ai lu en VO va prochainement paraître dans la langue de Molière, je mets en ligne mon article environ deux semaines avant qu’il ne fasse son apparition dans les librairies, pas un peu plus de trois comme c’est le cas aujourd’hui. De plus, ces rappels de sortie en VF se concentrent sur le fait d’attirer votre attention, selon les cas, sur la grande qualité, ou, parfois, au contraire, sur le caractère hautement dispensable (à mon sens, du moins) de ladite parution. Histoire de vous aider à trier le bon grain de l’ivraie (après, les goûts et les couleurs…). Aujourd’hui, toutefois, l’angle que j’adopte dans cet article est radicalement différent : il vise tout simplement à vous faire prendre conscience de l’existence et de l’importance de ce livre (on verra pourquoi dans la suite de ce propos) et surtout à ce que vous ne passiez pas à côté pour de mauvaises raisons (idem). Parce qu’il s’agit d’un roman qui me tient beaucoup à cœur, et pas seulement à cause de mon intérêt particulier pour son auteur. Explications. Lire la suite

La guerre des Marionnettes – Adam-Troy Castro

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Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir !

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un service de presse fourni par AMI. Un grand merci à l’éditeur et en particulier à Gilles Dumay !

Le soldat Castro était en danger, la parution en français du troisième tome du cycle Andrea Cort menacée, mais le troupier et son héroïne ont été sauvés, évitant ainsi à Albin Michel Imaginaire de rejoindre le club formé par ces éditeurs (inutile que je les cite, tout le monde ici les connaît) entamant la publication de certaines sagas sans la mener à terme. Ce qui (il suffit de lire régulièrement les commentaires sur le Culte pour s’en convaincre) a un effet désastreux sur le consommateur, qui devient, dès lors, très méfiant et n’achète plus que les cycles achevés en VF. Ce qui, évidemment, plombe les ventes des T1-2, diminuant, par voie de conséquence, la probabilité que le ou les suivants soient traduits un jour, conduisant alors la maison d’édition concernée à les abandonner pour sauver les meubles, renforçant donc en retour la suspicion des acheteurs potentiels.

Je suis d’autant plus satisfait de ce sauvetage que La Guerre des Marionnettes n’existait même pas en version papier (et je dis bien : papier, pas électronique) anglaise, seulement audio (et vu que je n’audiolis pas et n’ai aucune intention de m’y mettre…), ce qui, je vous l’assure, est absolument rarissime. Que certains livres anglo-saxons n’aient pas de version électronique, OK, ça arrive, mais quand j’ai envisagé de terminer ce cycle en VO devant l’incertitude de la parution du T3 en VF, j’ai été sidéré par l’absence de version imprimée, situation inédite pour moi alors que je blogue depuis janvier 2016 et lis, au moins occasionnellement, des romans en VO depuis 2013.

Ce troisième et (pour l’instant ?) dernier tome d’Andrea Cort est, comme les précédents, en fait un recueil contenant, dans l’ordre, une novella d’une centaine de pages, Les Lames qui sculptent les Marionnettes, le troisième roman du cycle proprement dit, La Guerre des Marionnettes, puis une novelette de soixante pages, La Cachette. Je vais dire un mot assez rapide sur les deux textes courts, m’attardant un peu plus sur le long. Sachez toutefois que, pour résumer, ce tome 3 est (et de loin) celui qui m’a globalement le moins séduit, ce qui ne m’empêche pas de vous conseiller chaudement, pourtant, ses deux prédécesseurs. Lire la suite

Noon du soleil noir – L.L. Kloetzer

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Un roman de Leiber Leiber Kloetzer

Noon du soleil noir est le nouveau (et troisième) roman de L.L. Kloetzer qui, comme on le sait, n’est que le pseudonyme commun des époux Laurent et Laure Kloetzer (un peu comme le « James S.A. Corey » auteur de The Expanse n’est qu’un nom de plume pour deux écrivains différents). Et l’attente a été longue pour ses fans, puisque la précédente œuvre de l’artiste bicéphale, Anamnèse de Lady Star, datait d’il y a déjà neuf ans, même si de son côté, le seul Laurent a été plus productif, y compris chez le Bélial’, qui avait déjà publié son Issa Elohim dans la collection Une heure-lumière en 2018. Les plus éveillés d’entre vous remarqueront que 1/ c’est le premier roman de Fantasy de L.L. Kloetzer, 2/ c’est par contre un retour à ce genre pour le seul Laurent, et que 3/ Olivier Girard est tout de même un fin renard de publier de la Fantasy (ce qui est très inhabituel pour sa maison d’édition) au moment où « tout le monde » fait surtout de la SF, qui est plus dans l’air du temps.

Je me suis, jusque là, tenu à l’écart de la prose SF des Kloetzer, que ce soit Issa Elohim ou les deux romans rédigés en commun, car je n’étais pas convaincu qu’ils étaient susceptibles de me séduire. Seulement voilà, quand le Bélial’ a commencé à communiquer sur Noon, il a mis en exergue le fait qu’il s’agissait d’un hommage au cycle des épées de Fritz Leiber, une œuvre pour laquelle j’ai une tendresse toute particulière. Un hommage assumé, ce qui est finalement devenu rare : je pourrais citer plusieurs ouvrages de SF, rédigés dans la langue de Molière ou traduits, qui tirent significativement leur substance d’un autre auteur, mais qui, pourtant, ne citent jamais l’influence de l’inspirateur, semblant, au contraire, parier sur la méconnaissance des classiques d’une grande part du lectorat actuel pour lui vendre de pales ersatz des originaux. Rien de tel ici, ce qui est clairement à mettre au crédit du Bélial’ et des deux co-auteurs.

Quand, comme moi, vous êtes cité sur la quatrième de couverture de la seule intégrale (intégrale complète, hein, pas le machin partiel paru chez Bragelonne -oui, l’intégrale-pas-intégrale, c’est un concept…) existant en français (celle parue au Livre de Poche) de cette saga fondamentale en Fantasy, lire un roman qui s’en réclame est pratiquement une obligation « professionnelle ». J’avais toutefois des doutes sur la capacité de l’écriture des co-auteurs à me convenir, doutes levés quand l’éditeur a eu la bonne idée de mettre en ligne un extrait gratuit de ladite prose. De fait, elle est élégante sans être pompeuse, fort rythmée, musicale, fluide et agréable. J’ai d’ailleurs dévoré ce (petit) roman à une vitesse devenue rarissime chez moi, signe certain de sa qualité. Tout comme le fait que je lui attribue la distinction enviée (si, si) de (roman) Culte d’Apophis !

On signalera également que l’ouvrage est richement illustré par Nicolas Fructus, qui signe aussi la couverture. Outre le fait que les dessins intérieurs vont du « correct » au « magnifique » (les paysages, le jardin médicinal, etc. ; certains constitueraient presque à eux seuls un motif d’achat, même en ne tenant pas du tout compte du texte), ils permettent de visualiser plus clairement l’action ou ses protagonistes, et contribuent à renforcer la puissante atmosphère déjà tissée par la prose des Kloetzer.

Je ressors de cette lecture d’autant plus satisfait que ce livre m’a réservé bien des surprises, à commencer par le fait que s’il est marqué du sceau de Fritz Leiber, ce n’est pas la seule influence qui a servi à le forger, la seule fée inspiratrice à s’être penchée sur son berceau. Et à vrai dire, l’une d’elles est aussi présente que celle du père du cycle des épées… voire presque plus sur certains points capitaux de l’intrigue et de la construction du monde. Je ne saurais trop recommander la lecture de Noon du soleil noir aux amateurs de Fantasy « à l’ancienne », Sword & Sorcery et Heroic Fantasy, qu’ils aiment le travail des Kloetzer ou pas. Et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je compte bien revenir, un jour ou l’autre, sur le reste de leur bibliographie, commune ou celle du seul Laurent (et ce d’autant plus que j’ai Issa Elohim en stock, récupéré sous forme électronique lors du Confinement, il me semble). Lire la suite

Flowers like needles – Derek Künsken

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Inattendu mais intéressant

Je continue mon exploration de la bibliographie de Derek « Le Magicien quantique » Künsken, qui est loin de s’arrêter au cycle de L’évolution quantique, mais comprend également des nouvelles (à vrai dire, l’auteur canadien a longtemps été connu pour exercer exclusivement dans la forme courte) comme Flowers like needles, initialement parue dans le numéro de Mars / Avril 2021 de la revue Asimov’s Science Fiction, et qui sera également à l’affiche de The Year’s Top Hard Science Fiction Stories 6, qui sortira dans huit jours (avec un bataillon d’autres écrivains de Hard SF de premier plan : Greg Egan, Nancy Kress, David Moles, Ray Nayler, Hannu Rajaniemi, etc., excusez du peu !). Sachez que vous pouvez lire gratuitement (en anglais) le texte de Künsken ou bien le télécharger sous forme de fichier pdf à cette adresse (une excellente initiative, qui permet de le transférer facilement sur liseuse, au pire moyennant un changement de format de fichier via Calibre, ce qui rend tout de même la lecture plus agréable que sur un moniteur). Notez que cette nouvelle reprend l’univers d’une novelette parue neuf ans plus tôt, The way of the needle.

Si je m’attendais évidemment à un texte de Hard SF (plan sur lequel il remplit parfaitement son contrat) et de Planet Opera (un genre que Künsken maîtrise à la perfection, vu la grande qualité de cet aspect dans The House of Styx), j’ai en revanche été surpris par son aspect conte philosophique à base d’adeptes des arts martiaux, auquel je ne m’attendais en revanche pas du tout. Pour être parfaitement honnête (c’est le credo de ce blog, après tout), si j’avais réalisé la chose avant, je pense que je serais allé vers Flowers like needles un peu à reculons, tant le mélange Hard SF / Wuxia m’aurait paru improbable. Surtout quand on sait qu’il met en jeu des créatures ressemblant aux Pradors de Neal Asher, donc des « crabes » intelligents. Et pourtant, aussi ahurissant que cela puisse paraître, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien ! Comme quoi, méfions-nous des préjugés littéraires  😉 Lire la suite

Weaponized – Neal Asher

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Un chef-d’œuvre de SF posthumaniste et biologique, à la structure d’une diabolique subtilité

Si vous suivez ce blog depuis quelques années, vous le savez, qui dit printemps dit critique du nouveau Neal Asher tout juste sorti, à savoir, en 2022, Weaponized. Comme Jack Four en 2021, ce roman s’inscrit certes dans l’énorme cycle Polity, mais pas dans un de ses sous-cycles et est donc lisible de façon indépendante. Et la remarque n’a jamais été aussi vraie, puisque l’auteur britannique a l’habitude de faire des allers-retours dans la chronologie interne de son univers (qui couvre neuf siècles, si je ne m’abuse), et qu’un sous-cycle (Spatterjay) se déroulant au début du quatrième millénaire peut parfaitement être suivi par un autre (Transformation) se passant 500 ans plus tôt ; ici, Asher fait un retour en arrière encore plus radical, puisque les événements de Weaponized se déroulent en partie avant et en partie en même temps que ceux de Prador Moon, premier livre à lire si l’on suit ladite chronologie interne. Ce qui veut dire que même quelqu’un qui ne connaitrait strictement rien à Polity peut parfaitement se lancer là-dedans (même si, personnellement, je conseillerais tout de même de commencer par Prador Moon, pour des raisons que je vais exposer dans la suite de ce propos).

Neal Asher m’a procuré certaines de mes plus fantastiques lectures en 37 ans de SFFF, par la démesure de son propos (énorme Sense of wonder) et sa combinaison de Hard SF, de SF posthumaniste et militaire. Sa sortie annuelle est donc celle qu’en général, j’attends avec la plus sincère impatience, et j’en sors rarement déçu. J’ai cru, quasiment jusqu’à la toute fin de ma lecture, que mon impression sur Weaponized serait, toutefois, complexe, nuancée, dichotomique : d’un côté, c’est un roman de Planet Opera et surtout de SF biologique / Posthumaniste totalement hallucinant, mais d’un autre côté, sur un pur plan littéraire, j’ai cru dur comme fer que sa structure qui me paraissait inutilement complexe tempèrerait nettement mon sentiment global et final. Et puis j’ai lu la fin. Et puis j’ai relu le début. Et j’ai compris le véritable double coup de génie de l’auteur. Le premier se comprend à un stade relativement précoce de la lecture. Le second dans les dernières pages. Si on ajoute à tout cela le fait qu’Asher s’inspire de l’univers Alien mais en tire un résultat incomparablement plus ambitieux, on est clairement là sur un des romans-culte qui ont donné son nom à ce blog ! Lire la suite

Apophis Box – Juin 2022

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite

Hors-série Une heure-lumière 2022

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Les femmes à l’honneur

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un SP fourni par le Bélial’. Un grand merci à Olivier Girard et Erwann Perchoc !

Pour la cinquième année consécutive, le Bélial’ vous propose, à partir du 26 mai, pour l’achat de deux titres de la collection Une heure-lumière en version papier (le but étant de soutenir les libraires -l’opération est aussi évidemment valable sur le site de l’éditeur lui-même-), un Hors-série gratuit qui ne sera disponible que par ce biais et seulement dans la limite des stocks disponibles. L’objet ayant une dimension collector, s’il vous intéresse, il ne faut pas traîner. Et justement, c’est aussi le 26 mai 2022 que sortiront les deux nouveaux titres d’UHL, à savoir Un an dans la Ville-Rue de Paul Di Filippo et Opexx de Laurent Genefort. J’ai lu le premier pour le compte de Bifrost (vous pourrez retrouver ma critique dans le numéro 107 du magazine, à paraître début juillet), et ne vous en dirai donc pas grand-chose, sinon que c’est un excellent livre, à la traduction (signée Pierre-Paul Durastanti) d’une impressionnante qualité, mais peut-être pas tout à fait destiné à tous les profils de lecteurs. Vous trouverez ma critique du second ici.

L’ouvrage (112 pages au compteur tout de même) est illustré, comme d’habitude avec brio, par Aurélien Police pour la couverture (très esthétique, mais n’ayant finalement aucun rapport avec le contenu, comme nous allons le voir) et Anouck Faure pour l’unique illustration intérieure (vous retrouverez une autre de ses œuvres dans le numéro 107 de Bifrost, en ouverture d’une nouvelle de Sarah Pinsker). Il débute avec un court édito d’Olivier Girard, le capitaine à la barre du navire Bélial’, qui revient sur le chemin parcouru par la collection en six ans (avec un coup de canif, à mon avis complètement mérité mais encore trop gentil, envers ces autres maisons qui, soudain, trouvent d’immenses mérites au format court, pour lequel elles n’avaient, jusqu’ici, que mépris) et souligne le fait que le format très singulier d’UHL favorise la prise de risque, aussi bien pour l’éditeur (moins de papier, moins de coûts -éventuels- de traduction) que pour le lecteur (moins cher payé, plus vite lu, donc un moyen facile de tester une autrice ou un auteur). Lire la suite

Opexx – Laurent Genefort

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Impressionnant

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un SP fourni par le Bélial’. Un grand merci à Olivier Girard et Erwann Perchoc !

Le 26 mai 2022, paraîtront deux nouveaux titres de la collection Une heure-lumière, à savoir Un an dans la Ville-Rue de Paul Di Filippo et Opexx de Laurent Genefort. J’ai lu le premier pour le compte de Bifrost (vous pourrez retrouver ma critique dans le numéro 107 du magazine, à paraître début juillet), et ne vous en dirai donc rien (sous peine de décapitation sauvage -Olivier Girard a besoin d’un quickening de temps en temps-), sinon que c’est un excellent livre, à la traduction impressionnante de qualité (signée Pierre-Paul Durastanti -who else ?-) mais peut-être pas tout à fait destiné à tous les profils de lecteurs. Dans la suite de cet article, je vais donc plutôt vous parler de la novella de Laurent Genefort.

Sans doute inspiré par ses activités au sein de la Red Team, Genefort, à mon sens un des meilleurs écrivains de SF français en activité, donne un cadre militaire à sa nouvelle production, reprenant le sigle bien connu OPEX (Opérations Extérieures -sous-entendu au territoire métropolitain français) utilisé par notre Armée et lui ajoutant un « x » de plus, pour marquer le fait que dans son roman, lesdites opérations sont carrément extérieures à la planète Terre. Et, nom de moi-même, qu’il est agréable de voir 1/ un auteur progressiste qui ne fait pas preuve d’un antimilitarisme primaire, et 2/ un éditeur qui n’hésite pas à publier ce sous-genre de la SF (c’est de plus en plus rare).

À la lecture, je me suis longtemps demandé où Genefort voulait en venir. J’avais échafaudé une hypothèse, qui s’est révélée fausse (le narrateur aurait été un alien envoyé pour étudier l’espèce humaine mais ne le saurait pas lui-même parce que sa mémoire a été éditée), et c’est seulement en approchant de la fin que j’ai compris l’angle adopté par l’auteur pour son roman. Que j’ai trouvé très proche d’un légendaire film sorti à la fin des années 80, un long-métrage qui a marqué toute une génération et qui n’a strictement rien à voir avec la SFFF. En repensant à Opexx sous ce prisme d’analyse, beaucoup de choses ont fait sens. J’ignore si monsieur Genefort a intentionnellement « réécrit » cette histoire dans une perspective SF ou si il s’agit d’une coïncidence fortuite, mais dans ce dernier cas, je serais curieux de savoir ce qu’il pense de l’analogie, qui me semble absolument frappante. Je suis aussi curieux de savoir ce que les autres lecteurs vont en penser, et si eux aussi vont faire le même parallèle.

Quoi qu’il en soit, et comme nous allons le voir, même s’il n’est pas tout à fait dépourvu de tropes, voire de clichés, Opexx est un excellent (si j’osais, je dirais même un exxcellent  😀 ) court roman, qui prouve une fois encore, s’il en était besoin, tout le talent de l’homme, notamment en matière de worldbuilding et dans sa capacité à toujours mettre l’humain au centre de ses univers. Lire la suite

Les neuf Magnifiques – Chapitres 1-4

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Je vous ai récemment parlé de mon projet de cycle de novellas mélangeant Western, Fantasy, Steampunk, Super-Héros et une part pas si négligeable de SF, le cycle des Magnifiques. Dans cet article, je vous propose de lire les quatre premiers chapitres du tome 1, Les neuf Magnifiques. Si ma prose plaît à un nombre suffisant d’entre vous, je mettrai ensuite en ligne un chapitre par semaine jusqu’au quatorzième et dernier. Vos commentaires, même négatifs, sont les bienvenus, à condition bien évidemment qu’ils soient constructifs et argumentés (ce qui signifie que je ne tolèrerai pas des « Cé nhulle » sans argumentaire, par exemple). Lire la suite