Full fathom five – Max Gladstone

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Une nouvelle phase du cycle

full_fathom_fiveFull fathom five est le troisième roman du cycle The craft sequence dans l’ordre de publication, et le cinquième (sur six) dans celui de sa chronologie interne. Il en marque aussi une nouvelle phase : alors que Three parts dead et Two serpents rise utilisaient un lieu de l’action (dans le même univers fictif) et des protagonistes différents, et que les trois autres livres reprennent soit des lieux, soit des personnages déjà croisés (en terme de protagonistes), quand ce ne sont pas les deux à la fois, Full fathom five est un cas intermédiaire entre ces différentes phases de la saga ; s’il se déroule dans un coin inédit de la planète, et que ses deux protagonistes sont inconnus du lecteur, ce n’est pas le cas de trois personnages secondaires d’importance. En effet, Ms. Kevarian et Cat étaient deux des protagonistes de Three parts dead, et Teo était un des personnages secondaires de Two serpents rise. Signalons d’ailleurs que la première fait également partie du casting de Last first snow, qui sera (normalement) critiqué sur ce blog en février.

Si ce troisième roman de The craft sequence reste une lecture hautement recommandable, c’est, peut-être, celui des trois sur lequel je serais le plus « mitigé », bien que le mot soit sans doute trop fort et mal adapté. Dans ma critique de Two serpents rise, je disais que son seul vrai défaut était probablement son intrigue, mais que tout le reste était excellent ; dans le cas de Full Fathom Five, je dirais qu’à part le world-/magic-building, l’intrigue est le seul point qui ne m’ait pas posé un problème, même modeste. Les deux romans sont donc profondément différents l’un de l’autre. Lire la suite

Les attracteurs de Rose Street – Lucius Shepard

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Un livre plein d’habiles contrastes

attracteurs_rose_streetLucius Shepard (1943 – 2014) était un écrivain américain, grand voyageur (ce qui a eu une influence sur son oeuvre, particulièrement à ses débuts, où elle était particulièrement axée sur l’Amérique centrale), ayant exercé mille métiers, parmi lesquels l’écriture n’est venue que très tardivement, alors qu’il avait déjà la quarantaine. Il a gagné un prix Hugo, un Nebula, un Locus et deux World Fantasy Award. Il est particulièrement connu pour son roman La vie en temps de guerre et pour sa saga du Dragon Griaule, lignée de textes courts de Fantasy mettant en scène un dragon jadis pétrifié par un magicien mais si grand que les hommes l’ont de tout temps pris… pour une chaîne de montagnes, et si maléfique que même à l’état de monolithe, il continue à exercer son influence corruptrice sur les environs. Il est particulièrement renommé pour la qualité de son style.

Le Belial’, grand admirateur et soutien de l’auteur, nous propose, dans sa prestigieuse collection Une heure-lumière, une novella relevant de la Gaslamp / Gaslight Fantasy (ou à la rigueur du Weird, voire de l’Urban Fantasy ; pour la signification de ces termes, je vous invite à lire ceci), tout comme, d’ailleurs, un roman précédemment publié par l’éditeur. Elle met en scène un fantôme dans la Londres de la fin du XIXe siècle. Comme d’habitude, la (splendide) couverture est signée Aurélien Police, et la traduction, comme il se doit impeccable lorsqu’on a affaire à une VO si raffinée, par Jean-Daniel Brèque, à qui, sans surprise, le cadre victorien sied comme un gant. Lire la suite

Programme de lecture des sorties en VO – 2019

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Eye_of_ApophisVous êtes nombreux, apparemment, à regretter la « disparition » du programme de lecture à long terme (jusqu’en 2022 !) qui était visible sur ce blog durant ses deux premières années et demi d’existence. Précisons qu’il existe toujours, mais qu’il n’est plus (et ne sera plus) public, car j’y apporte trop de changements continuels et autres annotations personnelles pour qu’il présente la moindre utilité pour une autre personne que moi, ou pour qu’il soit mis à la disposition de tous. Néanmoins, il m’a paru intéressant de partager une partie de ce que je prévois de lire en VO en 2019. Une partie parce qu’il y a des lectures que je me réserve encore le droit de supprimer (ou déplacer) dans ledit programme (et puis parce que je me garde 2-3 trucs sous le manteau histoire de vous parler du truc que personne n’avait vu venir, mouahaha !), et en VO parce qu’à part quelques éditeurs français vertueux n’étant pas adeptes des cachotteries, les autres sont nettement plus cryptiques.

Bref, voici, en gros, ce que j’ai prévu de lire en terme de sorties VO en 2019. Beaucoup d’images de couverture étant indisponibles (et parfois même les résumés !), la présentation est très « roots », mais bon, hein, peu importe le flacon, etc. Rappelez-vous toutefois que ce programme est susceptible de changer et que c’est plus une prévision que quelque chose de gravé dans le marbre.  Lire la suite

Guide de lecture SFFF – Découvrir la (ou progresser en) Hard SF

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ApophisIl y a une profonde incompréhension, de la part du public qui n’en lit pas encore ou qui n’en a que peu lu, au sujet de la Hard SF : certains, qui ne lisent que du Young Adult, pensent que toute la SF adulte ressemble à la Hard SF, ce qui n’est évidemment pas le cas ; d’autres sont persuadés que toute la Hard SF leur est inaccessible, ou bien est réservée aux lecteurs qui ont fait des études scientifiques ou techniques (ce qui, là aussi, est inexact) ; enfin, la majorité des lecteurs est persuadée que toute la Hard SF est du niveau de ses auteurs les plus pointus (typiquement, Greg Egan) ou, plus insidieux encore, que chaque livre de Hard SF d’un auteur donné présente le même degré d’exigence, ce qui, dans les deux cas, est profondément faux : un même écrivain (Greg Egan et Stephen Baxter me paraissent être deux bons exemples) peut, tout en écrivant de la Hard SF dans chaque cas, proposer des textes aux niveaux de complexité très différents. Il y a un gouffre entre Évolution et Exultant de Stephen Baxter, comme entre Zendegi et Schild’s Ladder de Greg Egan ! Et puis bien sûr, il y a les lecteurs qui pensent que tel bouquin est de la Hard SF, alors qu’il ne se qualifie pas vraiment pour ce sous-genre, ou en tout cas pas parmi ses représentants à recommander (cf Retrograde).

En conséquence, la structure que j’ai décidé d’adopter pour ma série de guides de lecture n’a sans doute jamais été aussi pertinente : il est vraiment capital, surtout pour un lecteur non-issu d’une filière scientifique, de commencer sa découverte de la Hard SF par les livres les plus accessibles, faute de quoi vous risquez très fortement de vous dégoûter d’un sous-genre auquel vous ne « comprendrez rien » ! Attention, toutefois, aux généralisations : je connais des lecteurs experts en Hard SF qui n’ont pas du tout une formation scientifique, et à l’inverse, quelqu’un qui bosse à l’ONERA ou au CNRS (les intéressés se reconnaîtront…) peut bien évidemment s’affranchir du parcours conseillé et commencer directement par le plus pointu. Encore que, Schild’s Ladder, une fois encore… Lire la suite

L’œil d’Apophis – Numéro 12

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Eye_of_ApophisDouzième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans ou cycles : aujourd’hui, il s’agit de la saga des Princes d’Ambre de Roger Zelazny, du Bureau des atrocités de Charles Stross et de La brèche de Christophe Lambert.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). Lire la suite

Edge of infinity – Collectif

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Un meilleur niveau moyen que dans l’anthologie précédente, mais moins de nouvelles vraiment marquantes

edge_of_infinityEdge of Infinity est la seconde des sept anthologies de Hard SF du projet Infinity, mis en place par Jonathan Strahan, un maître dans l’exercice. Cette fois, les nouvelles concernées tournent autour d’un thème commun, à savoir la conquête du système solaire.

On y trouve, comme dans Engineering Infinity, un mélange d’auteurs très connus et d’autres qui le sont beaucoup moins sous nos latitudes (même si la part des premiers est supérieure à ce qu’elle était dans l’anthologie précédente). On retrouve d’ailleurs certains écrivains qui étaient déjà présents dans le premier opus : Stephen Baxter, Kristine Kathryn Rusch, John Barnes, Gwyneth Jones, Hannu Rajaniemi. Ce qui était, pour moi, une bonne nouvelle pour le premier et le dernier, moins pour les trois autres dont je n’avais pas forcément apprécié les textes jusque là. Mais comme nous allons le voir, j’ai eu quelques surprises, et quelques certitudes ébranlées, dans un sens ou dans l’autre !  Lire la suite

Bilan 2018 : un quart de million de vues en douze mois !

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ApophisEn ce premier janvier 2019, il est temps, pour la troisième fois depuis la création du blog, de tirer un bilan de l’année écoulée et de donner un aperçu de ce que celle à venir vous réserve. Mais d’abord, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une bonne année 2019, ainsi que mes meilleurs vœux !

Si vous suivez le Culte depuis un moment, vous connaissez la chanson, et donc après un point statistique, je vais décerner mes « prix Apophis 2018 », avant de revenir sur ce qui était supposé arriver sur le blog en 2018 et sur ce qui s’est effectivement passé (ou pas), et de conclure en vous donnant un aperçu de ma feuille de route pour 2019.  Lire la suite

Two serpents rise – Max Gladstone

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Quelle intensité !

two_serpents_riseTwo serpents rise est le second roman du cycle The craft sequence, par Max Gladstone, et ce à la fois dans l’ordre de publication et dans la chronologie interne de l’univers. Il faut en effet savoir que l’auteur a écrit sa saga « dans le désordre », publiant d’abord trois romans présentant des lieux et des personnages, avant d’en publier un autre revenant sur des événements du passé desdits lieux / protagonistes (Last first snow nous parle de ceux d’un personnage secondaire de Two serpents rise ET d’un personnage principal de Three parts dead, le tout dans la ville qui sert de décor au livre dont je vais vous parler aujourd’hui), puis de proposer la suite du premier roman publié, et enfin celle du troisième. Pour aider les lecteurs qui souhaiteraient lire le cycle dans un ordre compatible avec sa chronologie interne, il a eu une idée simple mais très efficace : à l’exception du sixième livre du cycle (de toute façon le dernier à lire dans tous les cas), les autres ont un chiffre dans leur titre, qui correspond à l’ordre de lecture en suivant la chronologie interne et pas l’ordre de publication. Ainsi, Last first snow, quatrième publié, doit se lire en premier (« first ») pour qui veut suivre la chronologie interne.

Pour ma part, j’ai fait le choix de lire ces livres dans leur ordre de publication, afin de mesurer l’évolution de l’auteur. Et bien m’en a pris, car celle-ci a été spectaculaire, alors qu’une seule année sépare la sortie de Three parts dead et de Two serpents rise. Si l’univers, le magicbuilding et l’originalité de la Fantasy post-médiévale (ici de l’Arcanepunk) proposée étaient les gros points forts de Three parts dead, j’avais mis du temps pour apprécier les personnages et l’intrigue à leur juste valeur, n’y parvenant que dans la dernière partie du roman. Rien de tel ici : j’ai tout de suite accroché au scénario et aux protagonistes / antagonistes. J’ajoute que l’auteur propose un roman très prenant, à l’intensité totalement hors-norme, que ce soit en terme de pyrotechnie, de relation entre les personnages, ou de… eh bien sense of wonder, un terme d’habitude employé en SF et pas en Fantasy, et qui me paraît ici tout à fait valable. Alors certes, il reste quelques défauts au bouquin, comme des rebondissements prévisibles ou une base de l’intrigue calquée sur celle du tome 1 (mais cette fois poussée jusqu’au bout). Mais franchement, pas de quoi nuire à l’intérêt de Two serpents rise, qui achève pour moi de placer ce cycle dans le panthéon de la Fantasy dans son ensemble (et pas seulement dans ceux de l’Arcanepunk ou des Fantasy post-médiévales). Et, ô joie, ô bonheur, il me reste encore quatre tomes à lire, sans compter les textes, courts ou longs, réputés à venir chez Tor. Lire la suite

Gridlinked – Neal Asher

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Le (perfectible) début d’une énorme saga

gridlinked_asherSi, dans la chronologie interne de l’univers, Gridlinked est le troisième livre de la saga Polity à lire (après Prador Moon et Drone), c’est à la fois le premier à avoir été publié (en 2001) et le premier roman à proprement parler de l’auteur (il n’avait écrit que des textes courts, nouvelles ou novellas, avant ça). C’est, enfin, le tome inaugural du sous-cycle Agent Cormac, qui en compte cinq. Sachant tout cela, je me doutais que l’écriture de Neal Asher ne serait probablement pas aussi efficace que dans les bouquins ultérieurs, et ma lecture a confirmé cette prédiction : sans être mauvais, Gridlinked ne saurait se comparer à la plupart de ses successeurs. À un point tel que Neal Asher s’est d’ailleurs senti obligé, bien plus tard, d’entièrement réécrire une fin à la fois relativement cryptique et assez peu satisfaisante (vous pourrez lire cette conclusion « étendue » ici une fois que vous aurez achevé la lecture du roman : comme vous le verrez, elle est très supérieure à la version initiale).

Malgré tout, cette lecture n’est pas désagréable, introduit, si vous lisez les romans dans l’ordre de publication, un univers fascinant (et un James Bond de l’espace), et, peut-être surtout, permet de se rendre compte du chemin parcouru par Asher, jusqu’à atteindre, dans les derniers romans de Polity en date, une efficacité stylistique absolument impressionnante. Au final, une lecture tout à fait valable, donc, même si pas toujours enthousiasmante. Je vais donc continuer à enchaîner, en vous proposant prochainement une critique de The line of Polity, le second tome des aventures de Cormac (le troisième en comptant Drone). Lire la suite

L’œil d’Apophis – Hors-série numéro 2 – Conseils d’achats de Noël à destination… des éditeurs !

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Eye_of_ApophisC’est apparemment très tendance ces jours derniers, dans la blogosphère SFF, de proposer aux gens une liste de Noël, bref des achats conseillés. Personnellement, j’ai fait ce genre d’article l’année dernière à la même époque, et en 2018, j’ai préféré faire tout autre chose.

Normalement, les articles de L’œil d’Apophis sont destinés à faire découvrir ou redécouvrir aux lecteurs / consommateurs des livres oubliés, négligés, noyés dans une grosse vague de parutions, etc. Ce second hors-série, pourtant, a une ambition différente : faire découvrir ou redécouvrir aux éditeurs français des romans qui mériteraient soit une traduction, soit une réédition. Cet article n’a aucune prétention à l’exhaustivité, et va donc se contenter de ce qui a été critiqué sur ce blog et pour lequel il existe donc une recension détaillée, donnant aux maisons concernées plus d’éléments pour se faire leur avis. Bref, voici une liste de sept livres à traduire ou rééditer d’urgence ! Si vous avez lu ces romans, êtes d’accord pour dire que leur traduction ou réédition est indispensable, ou que vous avez lu les critiques et que vous aimeriez bien voir ces ouvrages traduits ou réédités, exprimez-vous en commentaires, votre avis peut inciter un éditeur à se pencher un peu plus sur leur cas !  Lire la suite