The descent of monsters – Jy Yang

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Noir c’est noir

descent_of_monsters_yangLe monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Ah non, mince, ce n’est pas cette citation là. Je disais donc que le monde se divise en deux catégories : ceux qui vont découvrir le Silkpunk avec la sortie française prochaine de La grâce des rois de Ken Liu, et ceux qui lisent le Culte d’Apophis, et qui ont donc probablement lu l’article consacré à ce sous-genre. Et aujourd’hui, nous allons reparler de l’autre pape de cette forme sinisante de Steampunk-Fantasy, à savoir Jy Yang. J’ai déjà eu l’occasion de vous dire à quel point j’avais apprécié The black tides of Heaven (et je ne suis pas le seul, vu que ce texte a été nominé pour le prix Nebula 2017 et le Hugo 2018 dans la catégorie Novella) et (dans une -un peu- moindre mesure) The red threads of Fortune, aussi ne serez-vous pas étonnés d’apprendre que j’attendais le troisième tome du cycle Tensorate avec impatience. Au final, si ce n’est certainement pas un mauvais texte, je le placerais, personnellement, en-dessous de ses deux prédécesseurs. Reste à voir, maintenant, à quel point le quatrième volet, To ascend to godhood (prévu en fin janvier), modulera cette impression.

Point très important, il me paraît très difficile d’aborder The descent of monsters de façon isolée, car l’auteur ne présente ni son univers, ni la plupart de ses personnages, qui sont censés être déjà connus du lecteur.  Lire la suite

Redemption’s blade – Adrian Tchaikovsky

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Le seigneur des anneaux IV : Après la guerre

redemption_s_bladeBien que le public français connaisse désormais la partie SF de l’oeuvre d’Adrian Tchaikovsky (via Dans la toile du temps et la traduction prochaine de Dogs of war), c’est en fait surtout un auteur de Fantasy, genre dont relève l’écrasante majorité de sa production. Et c’est aussi là qu’il faut classifier son tout dernier roman, Redemption’s blade, qui s’inscrit dans un cycle appelé After the war (en fait un univers partagé).

Le point central non pas tellement de l’intrigue mais plutôt des thématiques développées est le suivant : le Sauron local, le Kinslayer (le fratricide), a été vaincu. C’est très bien, tout le monde est content, mais si lui est mort, ses armées sont toujours là, certaines de ses forteresses encore debout, et les artefacts de pouvoir créés ou amassés par lui n’ont pas disparu. Comment les races élevées pour lui servir de soldats ou mises en esclavage vont-elles vivre dans le « monde d’après » ? Comment réparer les dommages, qu’ils soient physiques ou psychologiques, infligés au reste du monde, plongé dans un véritable stress post-traumatique géant ? C’est de l’héroïne qui a abattu le demi-dieu maléfique que viendra un début de réponse !  Lire la suite

Elephants and corpses – Kameron Hurley

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Takeshi Kovacs Fantasy ! 

elephants_and_corpsesElephants and corpses est une nouvelle signée Kameron Hurley, une auteure américaine qui exerce dans des genres très différents des littératures de l’imaginaire, depuis la science-fiction et la Fantasy (dont relève le texte dont je vais vous parler aujourd’hui) jusqu’à quelque chose qu’elle appelle le « bugpunk », sa trilogie Bel Dame Apocrypha (sic). Les lecteurs non-anglophones vont pouvoir la découvrir en français dès Novembre 2018, via la parution de Les étoiles sont légion chez Albin Michel Imaginaire. Pour ma part, je vais souvent vous reparler de l’auteure dans les mois qui viennent, puisque un minimum de trois autres critiques de ses ouvrages sont prévues.

L’idée de départ de Elephants and corpses est absolument fascinante : il existe une guilde de mercenaires qui apprend à ces derniers comment « sauter » de corps en corps, devenant ainsi quasiment immortels et à même d’être les derniers debout sur un champ de bataille !  Lire la suite

A kiss with teeth – Max Gladstone

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Dracula in love 

a_kiss_with_teethNon, non, non, Max Gladstone n’est pas que l’auteur de l’excellent cycle The craft sequence, il donne aussi dans le texte court et propose d’autres univers ou styles de SFFF que l’Arcanepunk ! C’est même un nouvelliste relativement prolifique (ce n’est pas Robert Silverberg non plus, hein !) pour ses trente-quatre ans, puisqu’il peut se prévaloir de la publication de onze nouvelles via différentes plate-formes.

Avec cette critique, je redonne un sang neuf (ah, ah !) à mon cycle de lecture littérature vampirique de référence, lancé en 2016 et laissé de côté en 2017. Je vous en rappelle le but : en plus de vous présenter les romans de vampires qui sont considérés comme une référence du genre (Carmilla, etc), que ce soit grâce à leurs pures qualités littéraires ou du fait de leur influence sur les textes consacrés à la créature parus après eux, il vous donne aussi des pistes si vous ne souhaitez surtout pas lire du Twilight (ou la grosse majorité de la Bit-Lit, qui peut être mise dans le même sac). Lire la suite

The lady astronaut of Mars – Mary Robinette Kowal

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Touchant

lady_astronaut_kowalMary Robinette Kowal est une auteure américaine qui présente l’étonnante particularité d’être, en même temps, une marionnettiste professionnelle, ainsi qu’une narratrice pour les livres audio d’autres auteurs de SFFF, comme John Scalzi, Seanan McGuire, Cory doctorow ou encore Kage Baker. La novelette dont je vais vous parler aujourd’hui a gagné le prix Hugo (la plus prestigieuse récompense dans le domaine de l’imaginaire) en 2014 pour cette catégorie de textes. Je vous rappelle d’ailleurs la nomenclature anglo-saxonne, basée sur le nombre de mots : à moins de 7500, on parle de Nouvelle, de 7500 à 17500 de Novelette (ou de « nouvelle longue » chez nous), de 17500 à 40 000 de Novella (ou de « roman court » en France), et au-delà de Roman (Novel dans la langue de Shakespeare). Mais revenons à nos moutons : cette novelette, donc, s’inscrit dans le même univers que deux romans à paraître en 2018, The calculating stars (sorti en juillet) et The fated sky (prévu en août), et les trois textes font partie du cycle Lady Astronaut. Le plus étonnant dans l’histoire est que les deux romans constituent le prélude de la novelette !

Rendons à la gens Julia, ou plutôt aux Harkonnen, ce qui leur appartient, puisque c’est le camarade FeydRautha qui a attiré mon attention sur ce texte. Je suis toujours à la recherche d’exemples à vous donner pour illustrer mes articles taxonomiques, et cette novelette (ou plutôt les romans qui en constituent le prequel) me paraissant être un exemple d’Atompunk, j’ai décidé de vous en proposer une critique. Notez qu’elle est disponible gratuitement (mais en anglais) sur le site de TorLire la suite

Hold-time violations – John Chu

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Un worldbuilding très original

hold_time_violationsHold-time violations est une nouvelle signée John Chu, spécialiste de la forme courte, et d’ailleurs primé dans cette catégorie lors de la remise du prix Hugo 2014 (excusez du peu !) pour The water that falls on you from nowhere. Toute sa production est caractérisée par un worldbuilding particulièrement original, et le texte qui va nous occuper aujourd’hui (que je classifierais personnellement dans le New Weird) ne déroge pas à cette tradition.

Si vous vous penchez attentivement sur les littératures de l’imaginaire dans leur ensemble, vous vous apercevrez qu’un grand nombre de romans, voire de sous-genres entiers, se concentrent sur l’élite, ou sur des élus commençant modestement mais appelés à devenir le sauveur du monde / un amiral ou général de légende / etc. Il y a finalement peu d’œuvres de SFFF (science-fiction, Fantasy, Fantastique) qui se préoccupent des types en bas de l’échelle, des cols bleus. Dans cette dernière catégorie, un exemple emblématique est à mon avis le film Alien, qui montre après tout une bande de routiers de l’espace confrontés à l’indicible. Hold-time violations adopte une approche hybride : il nous montre le boulot d’une jeune femme assurant la construction et l’entretien / la réparation d’une vaste installation de plomberie. Sauf que l’installation en question sous-tend les lois de la physique, qu’elle se trouve dans un autre univers, et que son existence / accès n’est connue ou réservé qu’à une mince élite !  Lire la suite

Jubilee – Karl Schroeder

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Roméo et Juliette dans l’espace

jubilee_schroederJubilee est une nouvelle écrite par Karl Schroeder, auteur canadien plutôt prolifique mais peu traduit en France (seuls Ventus et Permanence l’ont été). Ce texte court se déroule dans le même univers que son roman stand-alone Lockstep (qui sera critiqué sur ce blog en 2019), mais il peut se lire de façon indépendante.

La singularité de ce contexte tient au fait que la société de la planète extrasolaire lointaine où se déroule l’action est divisée en deux populations différentes : une, les realtimers, vit une vie normale, tandis que les Locksteppers (les synchronisés, disons) sont en stase et ne se réveillent que pour un mois tous les trente ans. Du moins, c’est la moyenne. Mais que se passe-t-il quand deux installations abritant des gens en stase se détestent tellement qu’elles se désynchronisent exprès, que lors d’une des rares conjonctions où leurs habitants sont éveillés en même temps une jeune femme de l’une tombe amoureuse d’un adolescent de l’autre, et qu’ils commencent à s’échanger des lettres lors de leurs périodes de réveil postérieures successives ? Et que la société des Realtimers commence à changer en fonction de cet échange épistolaire hors du commun et de cet amour qui transcende les siècles ?  Lire la suite