Bilan 2019 – L’ascension de Skywal… de l’Apophisme !

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Chaos_Inside_V2En ce premier janvier 2020, il est temps de tirer un bilan de l’année écoulée et de donner un aperçu de ce que celle à venir vous réserve sur le Culte. Mais d’abord, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une bonne année, ainsi que mes meilleurs vœux !

Si vous me suivez depuis un moment, vous connaissez ma manière de procéder, et donc après un point statistique, je vais revenir sur ce qui était supposé arriver sur le blog en 2019 et sur ce qui s’est effectivement passé (ou pas), avant de conclure en vous donnant un aperçu de mes projets et de mes objectifs pour 2020. Je signale que les prix Apophis (mon palmarès des meilleures lectures de l’année) sont désormais présentés dans un article séparé et plus dans ce bilan annuel. Lire la suite

Prix Apophis 2019

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Chaos_Inside_V2Les aponautes de longue date le savent, le 1er janvier est pour moi l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, que ce soit en terme de statistiques, de lectures marquantes ou du fait que les projets que j’avais un an auparavant se soient concrétisés comme prévu… ou pas. Cette année, pourtant, j’ai décidé d’opérer un léger changement, en déconnectant l’attribution de mes « prix Apophis » (mon top lectures) de l’article bilan, afin de leur donner plus de visibilité et de proposer une présentation plus agréable tout en allégeant le bilan 2019. À partir d’aujourd’hui, mes meilleures lectures relevant de la SFFF (des littératures de l’imaginaire) seront donc dévoilées à la fin de l’année concernée, et plus au début de la suivante.

Dans la liste qui suit, si une catégorie n’est pas présente, c’est que le prix correspondant n’a pas été attribué cette année, faute de lectures marquantes le plus souvent. Lire la suite

En mission – David Weber

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Renversement de perspective

en_mission_1En mission est le douzième roman du cycle Honor Harrington, par David Weber. Comme pour tous les tomes postérieurs au cinquième, Pavillon de l’exil, il est divisé, dans sa version française semi-poche, en deux volumes, d’environ 400 pages chacun. Signalons que le 23 janvier 2020, l’Atalante sortira à la fois le très attendu quatorzième livre du cycle, Sans concession (paru en VO en… 2018 : on est loin de la réactivité de certains autres éditeurs !), ainsi que les versions poche de En mission et du roman suivant du cycle, L’orage gronde (dont la critique sera la seconde publiée sur ce blog en 2020)… en un volume unique, et au prix de 12 euros (au lieu d’une quarantaine pour la version semi-poche…) pour le tome douze et de 11 pour le onze (au lieu d’une trentaine pour la version semi-poche). Alors c’est très bien pour ceux qui ont commencé la saga en version poche, et qui bénéficient donc, en version physique, de tarifs encore inférieurs à ceux de la version électronique, mais pour ma part, il aura vraiment fallu l’excellence des couvertures de Genkis pour faire passer la pilule.

Mais revenons au livre proprement dit : après un tome 11 qui était, de mon point de vue, un des meilleurs du cycle, et qui montrait une bataille d’une ampleur proprement homérique, toute la question était de savoir ce que Weber allait proposer après une telle apothéose, et surtout s’il saurait éviter de retomber dans ses travers antérieurs (les tomes 9-10 étant épouvantablement verbeux). Et le résultat est globalement positif, même si le premier des deux volumes peut franchement faire peur, comme nous allons le voir. En tout cas, En mission se finit sur un changement absolument colossal dans la géopolitique de cet univers, dont les conséquences seront explorées dans L’orage gronde. Pour finir, signalons que même si c’est encore plus sensible dans le tome 13, il devient très difficile de pouvoir tout comprendre sans avoir lu les deux cycles dérivés de l’Honorverse, à savoir La couronne des esclaves et Saganami. Je signale d’ailleurs que je publierai, en 2020, un guide de lecture (semblable à celui consacré à Peter F. Hamilton) permettant de se retrouver dans ce fouillis en terme d’ordre de lecture, de textes indispensables ou accessoires, etc (sachant qu’il y a également des recueils de nouvelles et autres sourcebooks qui rendent la tâche encore plus ardue). Alors entendons-nous bien, lire le cycle principal sans rien lire d’autre est possible (l’auteur vous donne les éléments indispensables pour suivre), mais ça n’a rien de très agréable, tant on a l’impression (justifiée) de passer à côté de nombreux « détails » (qui n’en sont pas vraiment). Lire la suite

Anthologie Apophienne – épisode 2

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce deuxième épisode, nous allons parler de deux nouvelles, une plutôt longue signée Dan Simmons, et l’autre, très courte, par Isaac Asimov, ainsi que d’une novella écrite par Ken Liu. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

Émissaires des morts – Adam-Troy Castro – deuxième partie : roman

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La chute d’Endymion, par Dan-Troy Castro-Simmons

emissaries_castro_manchu_roughAlbin Michel Imaginaire (AMI) va publier, au premier semestre 2020, un ouvrage appelé Émissaires des morts, qui comprend la traduction du roman (le premier d’une trilogie) Emissaries from the dead de l’auteur américain Adam-Troy Castro, précédé de quatre textes courts se déroulant avant, dans la chronologie interne de cet univers, à savoir (dans l’ordre) With unclean hands, Tasha’s fail-safe, The coward’s option et Unseen demons. La critique de l’ensemble étant (selon les standards du Culte, du moins) trop longue pour tenir dans un seul article (d’une taille raisonnable), j’ai décidé de la scinder en deux : vous trouverez donc la chronique des nouvelles sur cette page, tandis que je vous présente dans ce qui suit celle du roman proprement dit.

Et ledit roman me laisse une curieuse impression : il est franchement bon sur la majorité des plans… à condition de laisser au vestiaire une éventuelle connaissance de ses classiques de la SF. Si celui qui n’a pas lu Dan Simmons va probablement crier au génie, en revanche le lecteur qui connaît ses classiques risque fort de se dire que oui, c’est bien, mais que fondamentalement, c’est, sur de nombreux points capitaux, très « inspiré » par La chute d’Hypérion mélangée à un point de worldbuilding de L’éveil d’Endymion, tous deux écrits par l’auteur préféré de Jean-Daniel Brèque. Ce qui ne devrait d’ailleurs pas étonner ceux qui suivaient Gilles Dumay à l’époque Lunes d’encre (il a déjà démontré son intérêt pour les mélanges Banks / Simmons avec -le néanmoins intéressant- Latiumclic et clic-). Alors on est d’accord, un roman n’a pas forcément à être original pour être bon, et ces points de worldbulding ou d’intrigue mis à part, Émissaires des morts a bien d’autres atouts pour séduire (mais aussi, à mon sens, le défaut assez conséquent -et complètement déconnecté de toute histoire d’influences littéraires- d’être trop prévisible), mais je pense qu’il existe assez de livres non-traduits à la fois singuliers et intéressants (ahem, House of suns, hum) pour éviter d’investir dans les « copies », même celles qui sont bien faites. Lire la suite

Émissaires des morts – Adam-Troy Castro – première partie : textes annexes

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Une antihéroïne misanthrope paradoxalement impliquée dans des histoires profondément humanistes

cort_nouvelles_castroAdam-Troy Castro est un auteur américain dont le seul texte que j’ai lu jusque là (la nouvelle Une brève histoire des formes à venir) m’a impressionné par sa subtilité, son humour et son humanisme. Je suis donc ravi de vous apprendre, si vous ne le savez pas encore, qu’Albin Michel Imaginaire (AMI) va publier le cycle consacré à l’héroïne fétiche (de son propre aveu) de Castro, Andrea Cort. Celui-ci se compose, à la base, de trois romans, mais comprend également un nombre conséquent de nouvelles, novelettes et novellas, dont quatre qui se déroulent avant le premier tome. Ce qu’AMI va donc publier, au premier semestre 2020, sous le nom Émissaires des morts ne correspond, ainsi, pas « juste » à la traduction du tome 1 de la trilogie, Emissaries from the dead, mais comprend aussi les quatre textes courts se déroulant avant, dans la chronologie interne de cet univers, à savoir (dans l’ordre) With unclean hands, Tasha’s fail-safe, The coward’s option et Unseen demons.

L’année 2020 s’annonçant particulièrement riche en sorties VO franchement intéressantes, j’ai décidé de prendre de l’avance, en ce mois de décembre chiche en nouveautés, en lisant en anglais les textes qui seront compris dans l’ouvrage que publiera en français AMI. En commençant les nouvelles, je me suis cependant rapidement aperçu qu’il y avait beaucoup à en dire, en fait tellement qu’un seul article portant sur les cinq textes (le roman + les deux novellas, la nouvelle et la novelette) ferait entrer ladite critique dans ce que l’on pourrait appeler une dimension nébalienne. J’ai donc décidé de découper la chronique de ce que vous pourrez lire en français dans un seul ouvrage, Émissaires des morts, en deux articles : celui que vous êtes en train de lire parle des textes courts, tandis que le suivant, à lire ici, traite du roman Emissaries from the dead proprement dit. Bien entendu, lisant en VO, je ne peux me prononcer sur la qualité de la future traduction et j’utiliserai titres et termes anglo-saxons. Mais place aux nouvelles ! Elles sont présentées non pas dans l’ordre d’écriture, mais dans celui dans lequel elles se placent dans la chronologie interne de cet univers. Lire la suite

Taltos – Steven Brust

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De retour sur les bons rails ! 

TaltosTaltos est le quatrième des quinze romans du cycle Vlad Taltos parus à ce jour, après Jhereg, Yendi et Teckla. Les plus astucieuses et malins d’entre vous auront remarqué qu’alors que ces trois là portaient le nom de maisons nobles de cet univers, ce nouveau livre arbore, lui, celui du protagoniste. Jusqu’ici, j’ai adoré Jhereg, trouvé Yendi très sympathique mais eu beaucoup plus de mal avec Teckla. Toute la question était donc de savoir si cette suite allait me plaire… ou pas. Et la réponse est « oui » !

Avec cette lecture, se conclut la partie du cycle qui a été traduite en français par Mnémos (puis reprise par FolioSF). En effet, le roman Les gardes Phénix se déroule dans le même monde, mais ne fait pas partie de la saga Vlad Taltos. On espère que la maison d’édition lui redonnera une deuxième chance, par exemple via une de ces luxueuses intégrales dont elle a le secret (et qui sont vraiment très bien réalisées, l’objet-livre valant le détour et l’investissement, le plus souvent). Je vous incite, en attendant, à vous procurer les exemplaires Mnémos ou Folio qui sont encore disponibles, car il s’agit vraiment d’un cycle à l’écriture très agréable, aux personnages inoubliables et à l’univers étonnant (et aux romans pouvant se lire de façon indépendante, c’est également à souligner). Pour ceux qui se posent la question, je vais continuer en anglais, mais il est très probable que seul le tome 5 sera chroniqué en 2020, à cause d’un programme très chargé en matière de sorties VO et de la volonté d’achever d’abord des sagas plus prioritaires. Lire la suite

Le dernier vœu – Andrzej Sapkowski

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Sympathique à défaut d’être inoubliable

witcher_1_V2Aussi étonnant que cela puisse paraître, étant donné l’aura des livres du cycle Sorceleur (The Witcher dans la version anglaise) et des jeux vidéos qui en ont été tirés (j’en profite pour préciser que contrairement à une croyance répandue, les bouquins ne sont pas des novélisations des jeux mais les précèdent), je n’avais jamais, jusqu’ici, lu une seule ligne de cette saga. C’est encore plus singulier quand on sait que je suis très curieux vis-à-vis de toute SFFF qui ne provient ni de la Francophonie, ni du monde anglo-saxon (et il y a du bon dans le lot : Liu Cixin, Javier Negrete, etc), et que je suis de la même origine (polonaise, par mon père) qu’Andrzej Sapkowki, le créateur de cet univers, ce qui fait que j’aurais dû y jeter au moins un coup d’œil. Mais alors que la série télévisée arrive (le 20 décembre) et qu’on sait déjà qu’elle est renouvelée pour une deuxième saison, il était plus que temps de réparer cette lacune.

Notez que je me suis fié à la numérotation adoptée par Bragelonne, basée sur la chronologie interne de l’univers et pas sur l’ordre de parution polonais. J’ai donc commencé ma découverte du cycle par Le dernier vœu, un fix-up de six nouvelles reliées par des intermèdes servant de fil rouge, et pas par le premier roman publié, Le sang des elfes.

Je ressors de cette lecture assez étonné par la réputation de ce cycle, qui, sur la base de la lecture de ce premier tome, doit plus tenir à la qualité des jeux que des livres. Le dernier vœu n’est pas mauvais, hein, mais entre un bouquin passable et un chef-d’oeuvre, il y a un gouffre. Et pourtant, on peut, je pense, difficilement me qualifier d’élitiste en matière de Fantasy, étant plutôt bon public. Par contre, c’est sans doute moins stéréotypé qu’on a pu le dire, et ça reste un moment de lecture agréable, à défaut d’être inoubliable. Même s’il faut se garder des jugements hâtifs : si j’étais, par exemple, resté sur mon impression de Premier sang de Joe Abercrombie, j’aurais sans aucun doute eu une appréciation du cycle dont il fait partie très différente de celle obtenue en lisant les deux autres tomes. Lire la suite

Sortie prévue en 2020-2021, déjà chroniqué sur le Culte d’Apophis !

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Chaos_Inside_V2En Décembre – Janvier, de nombreux sites ou blogs spécialisés vous proposent un « best-of » de leurs lectures de l’année (lisez celui de Boudicca, il est très bien fait !), laissent la parole aux éditeurs avec qui ils ont d’étroites relations pour que ces derniers vous présentent leurs nouveautés à venir lors de la prochaine année, etc. Sur le Culte, vous le savez si vous êtes là depuis un moment, je ne fais jamais rien comme les autres. En 2018, par exemple, j’avais proposé une liste de Noël à destination non pas des lecteurs, mais des éditeurs. Cette année, je me suis fait la réflexion que les présentations des nouveautés à venir par les maisons d’édition elles-mêmes étaient forcément succinctes, et fatalement partiales (il est peu probable qu’un directeur de collection ne pousse pas à fond le bouquin qu’il a choisi de publier). Il est aussi peu vraisemblable que vous trouviez ne serait-ce qu’une quatrième de couverture pour en savoir plus si ledit directeur de collection vous parle, en janvier, d’un roman qui ne doit sortir qu’en novembre, les sites marchands ne créant la fiche des livres qu’à l’échelle de 3-6 mois, en général. Et vu que la plupart d’entre vous ne lit pas en anglais, il va vous être difficile d’aller pêcher les infos (résumé, critiques, notes, etc) sur les futures traductions sur les sites anglo-saxons.

Or, il se trouve que dans l’état actuel de mes recherches sur ce que la maison machin ou bidule va publier en 2020, j’ai déjà lu en anglais une bonne douzaine des sorties à venir en 2020, voire 2021 (dans certains cas, lorsque vous lirez en français le premier tome d’une trilogie, j’aurai déjà lu au minimum le second… voire le troisième, ou à peu de choses près). Il m’a donc paru intéressant de vous proposer un résumé de ce que vous allez pouvoir lire dans le futur, avec des liens vers mes critiques complètes pour tout savoir sur le bouquin concerné, en tout cas bien plus qu’un résumé en deux phrases de l’éditeur ou que le simple contenu d’une quatrième. Sans compter que vu qu’il s’agit d’une critique et pas d’un argumentaire de vente, les articles en question pointent aussi bien les forces que les faiblesses des romans concernés.

Bref, si vous voulez, alors que 2019 n’est même pas achevée, déjà tout savoir sur ce que vous lirez peut-être en 2020, voire 2021, le Culte est the place to be !   😉 Lire la suite

Shiang – Conn Iggulden

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Toujours aussi agréable

ShiangShiang est le second livre de la trilogie Les prodiges de l’empire, après Darien, qui m’avait laissé une impression franchement bonne. On peut d’ailleurs remarquer que Bragelonne propose un rythme de parution française très vigoureux, puisque ce tome 2 débarque moins de six mois après son prédécesseur, et que le tome 3 est annoncé le 12 février 2020. L’intégralité du cycle aura donc été publiée en moins d’un an.

Comme son nom l’indique, ce deuxième roman laisse une large place à la cité de Shiang, celle dont on est originaire Tellius, un des protagonistes du tome 1. Rassurez-vous, cependant, passé un certain point, l’action va à nouveau se dérouler à Darien, et remettre en jeu (à partir du second quart) certains personnages que vous connaissez déjà (même si parmi eux, Tellius se taille très, très largement la part du lion, les autres faisant office de figurants).

Finalement, Shiang m’a laissé une impression au moins aussi bonne que Darien, que ce soit en terme de souffle épique, de qualité d’écriture (c’est extrêmement fluide et prenant, à défaut de sortir toutes les deux phrases des effets de manche de m’as-tu-lu) et d’immersion. Ce cycle me fait un peu le même genre d’impression (bien que pour des raisons différentes) que celui de Vlad Taltos, à savoir une respiration bienvenue entre deux livres exigeants, compliqués, ennuyeux, au style lourd, ou tout ça à la fois. Vivement Le saint des lames ! Lire la suite