Le seigneur des anneaux – Director’s cut – Une nouvelle Apophienne

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ApophisEn ce premier avril, il m’est venu une idée de très courte nouvelle (deux pages sous Word) de science-fantasy humoristique, inspirée par le re-visionnage d’un film d’action mettant en scène des mercos faisant le sale boulot de la CIA. J’étais parti pour la soumettre au Belial’ (pour Bifrost), dans le but de gagner un peu de sousous histoire de remplacer mon PC d’il y a dix ans (véridique), mais j’ai décidé de ne pas faire ma crevure et de vous la filer gratuitement à vous, mes chers adeptes. Qu’est-ce que je suis sympa, tout de même… Bref, c’est parti (à prendre au douzième degré, bien entendu, et bien sûr pétri de 3200 private jokes et punchlines au centimètre carré, tapant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche), merci de ne pas me mettre en PLS, c’est la première fois que j’écris une nouvelle, donc ça doit être plein d’erreurs de gros débutant. Lire la suite

Dans la toile du temps – Adrian Tchaikovsky

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A lire absolument ! 

dans_la_toile_du_tempsLe 12 avril 2018, sort en français Dans la toile du temps d’Adrian Tchaikovsky, roman que j’ai lu en anglais il y a un an et demi. Je ne saurais trop vous conseiller de le lire, car c’est, à mon sens, une des œuvres majeures de la science-fiction sortie ces dernières années (et l’ultime livre sélectionné par Gilles Dumay avant le début de l’ère Godbillon). Si vous voulez en savoir plus à son sujet, je vous invite à vous reporter à ma critique de la VO, sachant que celle-ci ne s’exprimera évidemment pas sur la qualité de la traduction, de la relecture, de l’édition, etc, bref tout ce qui est propre à la VF. Avec cet article, j’inaugure aussi un nouveau tag, Sortie en VF, qui vous permettra de faire le point sur tous les livres critiqués à l’origine en VO qui ont été traduits en français plus tard. Vous le trouverez tout en bas de la colonne latérale du blog.

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A colder war – Charles Stross

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Presque une claque !

cold_war_cthulhuJe continue à me bâtir ma propre anthologie (oui, ça y est, j’ai le mega-melon !) idéale des Lovecrafteries du XXIe siècle, en explorant aujourd’hui la nouvelle A colder war, par Charles Stross. Notez que ce texte a été traduit en français dans le cadre du projet Exoglyphes, sous le titre Une guerre encore plus froide. J’ai pour ma part lu cette histoire en VO, dans l’anthologie New Cthulhu : the recent Weird (qui contient d’autres excellents textes -signés Caitlin R. Kiernan, China Mieville, Neil Gaiman ou Kim Newman, excusez du peu !-, et dont j’aurais sans doute l’occasion de vous reparler). Sachez que cette novelette est également présente dans plusieurs autres anthologies anglo-saxonnes et qu’elle est lisible gratuitement en ligne ici.

Notez que ce texte, s’il ne relève pas à proprement parler du cycle de la Laverie, est toutefois situé dans un univers qui en très proche, au ton près (je vais en reparler).  Lire la suite

Hyperborée & Poséidonis – Clark Ashton Smith

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Continents anciens rime avec Lovecraftien !

hyperboree_poseidonis_CASHyperborée & Poséidonis est le second volume de l’intégrale Clark Ashton Smith publiée par Mnemos, après Zothique. Si ce dernier était, très logiquement, sous-titré « mondes derniers », puisqu’il parlait d’un continent du lointain avenir de la Terre, ce tome 2, lui, est appelé, au contraire, « mondes premiers ». Il s’intéresse en effet à l’Hyperborée, un continent dont le Groenland actuel n’était qu’une péninsule et qui, au Miocène, bénéficiait d’un climat tropical, avant une fatale glaciation due au basculement de l’axe de la planète, ainsi qu’à Poséidonis, la dernière île de la civilisation Atlante. L’ouvrage est divisé en deux parties, chacune consacrée à un de ces « mondes premiers », la première, dévolue à l’Hyperborée, comprenant douze textes, tandis que la deuxième, vouée à Poséidonis, en rassemble huit. Vous aurez également droit à une préface (très intéressante), une postface (signée S.T. Joshi en personne !) et deux cartes.

Les plus éveillés d’entre vous auront peut-être remarqué le tag « Lovecrafteries » sous cet article, la mention de Tsathoggua, Iog-Sottot (sic) ou Kthulhut (sic) sur la quatrième de couverture du livre ou encore d’Ubbo-Sathla ou du Livre d’Eibon dans la préface ou le sommaire. Si vous êtes rôliste ou connaisseur de l’oeuvre d’HPL, rien de tout cela ne devrait vous étonner : les deux auteurs étaient amis et correspondants réguliers, et les allers-retours entre leurs œuvres respectives étaient nombreux. Si Lovecraft a repris le Tsathoggua de Smith, celui-ci a aussi rendu hommage aux créations les plus fameuses du génie de Providence. Bref, en plus du reste, Hyperborée & Poséidonis relève également du registre Lovecraftien, et une connaissance correcte de ce dernier est un gros plus (sans être indispensable) pour la lecture de certaines nouvelles. Vous pourriez aussi vous étonner du classement en Light Fantasy / Fantasy humoristique, mais ce serait oublier que cette dernière comprend aussi l’ironie ou la satire qui est particulièrement présente dans ce recueil, ce qui n’exclut pas la noirceur, bien au contraire. Lire la suite

The gone world – Tom Sweterlitsch

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Le roman définitif sur le voyage temporel et les univers parallèles ? 

gone_worldTom Sweterlitsch est un écrivain américain qui a débuté sa carrière en 2014. Il est peut-être surtout connu pour être le co-auteur des scénarios de trois courts-métrages (RakkaFirebase et Zygote) avec Neill « District 9 » Blomkamp. C’est d’ailleurs ce dernier qui va réaliser l’adaptation cinématographique du roman qui nous occupe aujourd’hui, The gone world. Celui-ci mélange voyage dans le temps, univers « parallèles » (voir plus loin) (vaguement) uchroniques, post-apocalyptique, le tout lié par l’enquête menée par un agent spécial du désormais célèbre Naval Criminal Investigative Service. Time Opera et NCIS, il n’en fallait pas plus pour me convaincre ! Je pensais tomber sur un thriller temporel dans le genre du Déjà vu de Tony Scott, avec éventuellement un peu de Leroy Jethro Gibbs dedans, mais j’ai en fait eu affaire à quelque chose de beaucoup plus ambitieux, d’une qualité littéraire impressionnante et d’une envergure science-fictive bluffante. Il y a certes quelques vagues zones d’ombre (je vais en reparler), mais certainement pas de quoi impacter négativement l’impression d’ensemble.  Lire la suite

The tangled lands – Paolo Bacigalupi / Tobias S. Buckell

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Une fantasy alliant un solide fond (principalement écologiste) avec une forme à la fois exotique et sombre 

tangled_lands_bacigalupiContrairement aux apparences, The tangled lands n’est pas tout à fait un roman écrit à quatre mains par Paolo Bacigalupi et Tobias S. Buckell, mais plutôt un fix-up de (longues) nouvelles situées dans le même monde, partageant certains personnages, mentionnant des événements communs, mais pouvant, à part ça, se lire de façon indépendante, même si, lues à la suite, elles forment aussi une seule histoire de la ville de Khaim. Sur ces quatre textes, deux ont déjà été publiés (isolément et dans un recueil -audio- commun nommé The Alchemist and The Executioness), The alchemist de Bacigalupi (traduit chez nous sous le nom L’alchimiste de Khaim) et The Executioness de Buckell, tandis que les deux autres sont inédits (vous trouverez en fin de critique une liste complète de liens vous permettant de faire un tri là-dedans, en VO et en VF).

Les préoccupations écologistes de Bacigalupi sont bien connues, bien que s’exerçant d’habitude dans un registre SF. Ici, elles sont transposées dans un monde secondaire et un contexte de Fantasy, où l’usage de la magie provoque la pousse d’une ronce empoisonnée qui finit par chasser les gens de leurs champs, de leurs mines et de leurs cités, créant des colonnes de réfugiés « climatiques », en quelque sorte. Et lorsqu’on sait que n’importe qui peut potentiellement utiliser la magie et que l’interdiction théorique de l’employer édictée par les autorités est en fait assez peu suivie… Lire la suite

Guns of the dawn – Adrian Tchaikovsky

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Jane Austen au Vietnam dans une Flintlock Fantasy… antimilitariste ! 

guns_of_the_dawnC’est la troisième fois (après Dans la toile du temps et Dogs of war) que je vous parle sur ce blog d’Adrian Tchaikovsky, mais la première où j’aborde le volet Fantasy de son oeuvre, alors que ce dernier est pourtant largement majoritaire par rapport à la SF. Bien que l’auteur fonctionne plutôt par cycles (dont un de… dix romans !) dans le premier de ces deux genres, Guns of the dawn est au contraire un stand-alone. Il appartient à la Flintlock Fantasy, mais se révèle être un représentant très atypique de ce sous-genre encore récent, car exaltant notamment moins le côté épique du mélange mousquets & magie par rapport aux romans phares que sont La promesse du sang ou Les mille noms. A la place, il nous immerge dans la boue, le sang et surtout la trouille d’une jeune femme de bonne famille projetée dans les horreurs d’une guerre pour la survie d’un certain mode de vie, une boucherie surréaliste pour le contrôle de marais salants, de fondrières et d’une jungle où on n’y voit pas à deux mètres, un environnement qui rappelle souvent les films sur… la guerre du Vietnam. Sa première originalité est donc de relever essentiellement d’une Flintlock Fantasy… antimilitariste. Mais ce n’est pas la seule : en effet, son (long, très long) prologue nous immerge dans un univers qui a plus de points communs avec Jane Austen qu’avec l’épopée Révolutionnaire ou Napolonienne qui est à la base de la Flintlock. J’entends par là qu’on se préoccupe plus de la condition de la femme que d’événements politiques / changements de paradigme ou de grandes conflagrations militaires. Enfin, le niveau technologique place ce roman aux limites de la Flintlock (plutôt centrée sur un monde secondaire inspiré par les années 1789-1815 dans l’immense majorité des cas) et de la Gaslamp Fantasy, voire de l’Arcanepunk sur un point précis de la pré-fin.

Bref, si je devais résumer, nous avons affaire à une Flintlock Fantasy atypique car plus centrée sur l’intime que sur l’épique, plus anti- que pro-militariste, et à un roman très imprégné de Jane Austen mais avec une ambiance qui frôle parfois le film consacré à la guerre du Vietnam ! Autant dire que je ne vous conseillerais pas de commencer votre exploration de la Fantasy à mousquets par lui, il présente trop de particularités pour cela. Parallèlement, comment se situe, au niveau de la qualité, ce livre par rapport à d’autres signés Tchaikovsky ? On va dire que pris globalement, il est (presque) aussi bon que les deux cités plus haut que j’ai eu l’occasion de lire, même s’il présente beaucoup plus de défauts d’écriture qu’eux. Il n’en reste pas moins qu’une fois arrivé à la fin, il a largement mérité d’être estampillé (roman) Culte d’Apophis !  Lire la suite