Apophis Box – Septembre 2021

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite

The all-consuming world – Cassandra Khaw

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It’s a Phoque !

La première fois que j’ai entendu parler de Cassandra Khaw, c’était en 2018, quand j’ai lu la VO des Agents de Dreamland de Caitlin R. Kiernan. En effet, cette dernière novella était non seulement disponible seule, mais aussi regroupée avec plusieurs autres (dont les versions anglaises de La ballade de Black Tom et de La quête onirique de Vellitt Boe) dans une offre spéciale proposée par Tor, comprenant également Hammers on bone de, donc, Cassandra Khaw. Mais à l’époque, quelqu’un (il me semble bien que c’était Erwann Perchoc du Bélial’) m’avait déconseillé ce texte, que j’avais laissé tomber, sachant la recommandation fiable. Il y a quelques mois, j’ai vu que Khaw allait sortir un roman, de SF, cette fois, orienté IA. Et comme vous le savez, c’est un des thèmes (avec, par exemple, la guerre temporelle) qui m’attire tellement que je suis prêt à m’infliger des livres sur lesquels j’ai de gros doutes, dans le cas improbable où, allez, soyons fous, quelqu’un aurait pondu un nouveau cycle de la Culture ou une nouvelle saga des Araignées et des Serpents. Le facteur qui m’a définitivement décidé à lire The all-consuming world, le livre dont je vais vous parler aujourd’hui, est l’information selon laquelle ses droits avaient été achetés en français, par Pygmalion. J’ai dès lors voulu savoir ce qui avait décidé pareil éditeur à publier un bouquin émanant d’une autrice inconnue en France ou quasiment.

Je crois que ceux d’entre vous qui me connaissent depuis longtemps sentent venir la suite : « évidemment », cette lecture n’a pas été à la hauteur du peu d’attentes que j’avais. Mais en fait, c’est bien pire que ça : ce bouquin est tellement grotesquement mauvais, et ce sur pratiquement tous les plans, qu’on se demande comment un Lecteur (avec un grand « L ») ou un directeur de collection a pu le recommander pour traduction. Ce n’est pas comme si il n’y avait pas des dizaines, sans doute même des centaines, de romans de SFFF anglo-saxons récents qui mériteraient d’être proposés en VF et qui, pourtant, ne le sont pas, hein ? Enfin bref, quand ça sortira en français (je vous ferai un rappel le moment venu), je vous déconseille très fortement l’achat de ce roman, où il n’y a rien à sauver ou quasiment, comme je vais vous l’expliquer. Après, les goûts et les couleurs… Lire la suite

Vers Mars – Mary Robinette Kowal

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Décevant

Le 6 octobre 2021, paraîtra chez Denoël, dans la collection Lunes d’encre, la très attendue suite de Vers les étoiles de Mary Robinette Kowal, un roman appelé Vers Mars. Notez que depuis la parution de ce second volet du diptyque, l’autrice a signé un contrat pour (au moins) trois romans supplémentaires, dont un, The relentless moon (dont les événements se déroulent en parallèle de ceux décrits dans Vers Mars), est déjà paru en anglais au moment où je rédige ces lignes (les deux autres seront consacrés à la base martienne et -et j’attends celui-là de pied ferme- à une colonie vénusienne).

J’ai, pour ma part, lu la VO de Vers Mars (The fated sky) à sa sortie anglo-saxonne, il y a trois ans, et j’en suis sorti déçu, en raison d’un changement radical d’atmosphère, de maladresses au niveau des personnages, de la structure, de la narration et de l’intrigue (le fameux coup de l’incident à l’intérieur de l’incident à l’intérieur de l’incident !), et peut-être surtout à cause du fait que dès qu’on évoque Mars, certaines références incontournables (Robinson, Weir, etc) viennent logiquement à l’esprit, et que la comparaison n’est pas vraiment flatteuse pour Kowal. Mais ce qui fait, à mon humble avis, le plus de mal à Vers Mars est tout simplement la comparaison avec Vers les étoiles, qui est bien meilleur (ce qui est étrange vu que les deux volets ne formaient à l’origine qu’un seul roman, coupé en deux par l’éditeur anglo-saxon).

J’invite celles et ceux d’entre vous qui voudront en savoir plus sur Vers Mars à lire ma critique détaillée de la VO, sachant que, de mon point de vue, son propre successeur, The relentless moon, est à peine plus enthousiasmant. Reste à voir ce que vont donner les deux tomes suivants. J’étais très enthousiaste pour le 5, consacré à ce rare sujet qu’est un traitement hard SF de la colonisation de Vénus, mais depuis, est sorti The house of Styx de Derek Künsken, qui, dans le domaine, me paraît aussi difficile à dépasser, désormais, que la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson l’est en ce qui concerne la planète rouge. On verra…

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Silversands – Gareth L. Powell

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Classique mais efficace

Lorsque je lis un texte qui ne me convainc pas émanant d’un auteur que, pourtant, je connais déjà et apprécie, je n’aime pas rester sur une mauvaise impression. Ayant très récemment lu Light Chaser, novella co-écrite par Peter Hamilton et Gareth L. Powell qui ne m’a guère séduit, j’ai voulu explorer un peu plus la bibliographie du plus jeune des deux auteurs, et ai décidé de le lire dans la forme courte, ce que je n’avais pas fait jusqu’ici. Ce qui m’a permis, au passage, de faire un peu plus le tri dans ce qui clochait et « à cause » de qui dans Light Chaser. J’ai donc lu Silversands, le premier (court) roman de Powell, sorti en 2010 et réédité plusieurs fois (parfois avec une nouvelle en bonus) depuis (d’où les deux couvertures différentes servant à illustrer le présent article, au passage ; j’aurais, par ailleurs, pu en reproduire encore deux autres, puisqu’il y en a quatre différentes en tout, mais elles sont bien moins esthétiques que les deux choisies).

Je pourrais faire de cette novella la même critique (dans tous les sens du terme) que celle des deux autres romans de l’auteur que j’ai lus : c’est une bonne SF, très classique, fort agréable à lire, qui ne révolutionnera pas le genre mais se révèle bien plus valable et plaisante à lire que l’écrasante majorité de ce qui sort aujourd’hui en Science-Fiction anglo-saxonne, mais qui a le défaut de s’inspirer un peu trop visiblement d’auteurs plus anciens ; alors que Braises de guerre avait un très puissant parfum de Iain M. Banks, on sent ici plutôt l’influence de Peter Hamilton (tiens, tiens…), de Frederik Pohl, voire de Stargate SG-1 (je vais en reparler, parce qu’il y a des choses intéressantes à dire sur le sujet des ressemblances et inspirations). Ce que vous devez retenir, c’est que si vous cherchez une novella de SF sympathique et qui tient la route, vous ne perdrez pas votre temps avec Silversands, même si ça ne mérite pas forcément un prix et que ça ne révolutionnera certainement pas le genre. Sans compter que sur certains points (mais pas tous), c’est fort prévisible. Lire la suite

Inhibitor Phase – Alastair Reynolds

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Tell me who’s that writin’ ? Alastair the revelator ! 

Boum badaboum, en cette fin d’été et ce début d’automne 2021, les auteurs de la vieille garde font un retour tonitruant sur le devant de la scène, un come-back qui claque autant qu’une mandale assénée par Belmondo : alors qu’on attend très prochainement (en VO) de nouveaux Benford et Baxter, c’est Alastair Reynolds qui sort, sous vos yeux ébahis, un roman inédit de son fameux cycle des Inhibiteurs. Si, si. Fini le Solarpunk de la trilogie Les enfants de Poséidon, fini le quasi-Young Adult de Vengeresse, le gallois en revient (enfin !) à son univers le plus connu, celui qui a fait sa gloire et lui a permis de signer son fabuleux contrat « 10 ans, 10 romans, 1 million de livres sterling » avec Gollancz. Pour autant, il n’en oublie pas celles et ceux d’entre vous qui débutent en SF et ne connaissent ni L’espace de la révélation, La cité du gouffre, L’arche de la rédemption ou Le gouffre de l’absolution : ce nouveau roman, Inhibitor Phase, a été spécifiquement conçu pour être aussi lisible de façon isolée par quelqu’un qui n’aurait aucune connaissance de cette saga et de cet univers. Bien sûr, les vieux de la vieille décoderont les allusions et comprendront quel est le vrai nom du Gobe-Lumen John the revelator ou du Porcko Pinky, saisiront l’importance de la référence à telle planète, faction, événement ou personnage. Mais, pour n’avoir rien lu dans le cycle depuis… longtemps, je peux attester qu’on peut aborder ce nouveau tome sans aucun problème même en ne connaissant pas cet univers ou en ayant des souvenirs flous et lointains des tomes précédents. D’ailleurs, l’auteur en personne fournit, à l’usage des néophytes, un résumé des fondamentaux de ce contexte et surtout de sa chronologie (quasiment au bout de laquelle se place ce nouveau roman, à l’exception de quelques aperçus d’un futur encore un peu plus lointain donnés dans Le gouffre de l’absolution). Signalons qu’il explique également que les événements de ce tome peuvent sembler contredire, justement, la chronologie de ce dernier roman ainsi que celle de Galactic North, mais que ce n’est pas grave, parce qu’on peut expliquer la chose de telle ou telle façon (très… non-euclidienne), donc ça va. Mouais… Précisons, enfin, que Reynolds explique que si ce tome partage certains éléments avec les autres, il ne les divulgâche pas (donc : vous pouvez lire celui-là d’abord, et les autres ensuite sans problème, même si personnellement, je ne crois pas que ce soit très pertinent).

Les fans du cycle des Inhibiteurs tout comme les néophytes ne le connaissant pas mais appréciant d’autres pans de l’œuvre de Reynolds, ou bien les lectrices et lecteurs toujours à la recherche d’un bon roman de SF, doivent se demander ce que vaut Inhibitor Phase. La réponse est complexe : c’est un bon livre de science-fiction, un Alastair Reynolds bien plus enthousiasmant que nombre des bouquins sortis dans le cadre de son contrat « 10 ans, 10 romans, 1 million de livres sterling » avec Gollancz, mais de mon point de vue, on reste relativement loin des meilleurs moments du cycle. Sans compter que le livre est très inégal, le début et la fin étant très bons, tandis que les parties sur Yellowstone et pire encore, Ararat, présentent (de mon point de vue) longueurs et / ou faiblesses. Bref, un bilan, pour ma part, en demi-teinte. On est loin des claques qu’ont été L’arche de la rédemption ou, dans d’autres pans de la bibliographie du gallois, House of suns, mais on est aussi au moins un bon cran au-dessus de la plupart de sa production récente. Lire la suite

Le retour du hiérophante – Robert Jackson Bennett

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Une digne suite des Maîtres Enlumineurs !

Le 29 septembre 2021, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le retour du Hiérophante de Robert Jackson Bennett, le très attendu second volet du cycle Les maîtres enlumineurs, que j’ai, pour ma part, lu à sa sortie en anglais en avril 2020. Après un premier tome éponyme ayant bénéficié d’un véritable triomphe critique, on peut dire que la barre a été placée très haut et que donc, on pourrait « forcément » craindre une vague déception (d’autant plus que le livre intermédiaire d’une trilogie est rarement le meilleur). Pourtant, une fois achevé ce second roman, on se dit qu’il constitue une suite tout à fait digne de son prédécesseur, même s’il en est finalement plutôt différent : plus noir, thématiquement bien plus profond, doté de personnages et dialogues inégaux, mais aussi plus contrasté entre une première partie nettement moins intéressante et bien plus stéréotypée que la seconde (assez prodigieuse), Le retour du Hiérophante offre majoritairement (à part dans ses huit premiers %, en gros) une expérience de lecture plutôt différente des Maîtres Enlumineurs, mais certainement pas moins fascinante. Et ce d’autant plus que ce tome 2 renforce encore (si, si) les deux très gros points forts de son devancier, à savoir d’une part un magicbuilding qui était déjà très impressionnant et détaillé et qui s’étoffe encore, et peut-être surtout l’inclusion de tropes SF dans ce qui est, jusqu’à preuve du contraire, une pure Fantasy, inclusion qui s’accentue là aussi encore plus, notamment via un aspect temporel qui, s’il est du rabâché en science-fiction, est encore hautement exotique en Fantasy, même si ce nouveau sous-genre est en développement très rapide ces dernières années.

Bref, tout comme je vous recommandais jadis chaudement Les maîtres enlumineurs, je vous conseille tout aussi vigoureusement la lecture de ce second tome, qui est une digne suite de son prédécesseur, même s’il offre une expérience de lecture relativement différente (et puis bon, une couverture pareille, ça ne se refuse pas !). J’invite celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir (beaucoup) plus sur ce roman à lire ma critique complète de la VO !

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Anthologie Apophienne – épisode 15

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce quinzième épisode, nous allons parler de deux nouvelles de Mike Resnick (une très courte, une d’une taille conséquente) et d’une autre de Nancy Kress. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite