Récursion – Blake Crouch

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Peut-être pas le livre le plus essentiel de la rentrée littéraire, mais…

Le 6 octobre 2021, sortira chez J’ai Lu, dans la collection Nouveaux Millénaires, Récursion (avec un « é ») de Blake Crouch, traduction de… Recursion (avec un « e »), sorti en anglais il y a un peu plus de deux ans. Mais si, vous savez, Blake Crouch, l’auteur de Dark Matter, roman (en VF, comme son nom ne l’indique pas forcément) fort efficace mais qui avait le défaut d’être 1/ quasiment impossible à chroniquer sans divulgâcher et 2/ d’être un peu trop inspiré par les livres (plus prestigieux) d’autres auteurs. Eh bien vous savez quoi ? On pourrait faire quasiment les mêmes remarques pour Récursion, qui n’est pas une suite de Dark Matter mais en partage pourtant nombre des caractéristiques, tout en étant, à mon avis, un peu plus intéressant.

Voilà un roman qui plaira au novice en littératures de l’imaginaire autant qu’au vieux briscard, même si ce sera sans doute pour des raisons différentes. Seul celui qui cherchera une approche nouvelle dans des tropes (motifs scénaristiques récurrents) frôlant souvent le cliché restera sur sa faim, car tout a été vu ailleurs (autres auteurs ou recyclage de choses déjà vues chez Crouch lui-même), et s’il y a des twists dans l’intrigue, que le vétéran verra venir, il n’y en a pas dans les thématiques utilisées.

On ne peut certainement pas dire que Récursion est le roman de SFFF le plus attendu de la rentrée littéraire (il y a des chances pour que Vers Mars ou Le retour du Hiérophante puissent revendiquer cet honneur), ni qu’il est le plus réussi (titre qui appartient, à mon humble avis, à La nuit du Faune), et il ne sera vraisemblablement pas la bonne surprise qui était passée inaperçue, noyée au milieu de dizaines de sorties (moi, je miserais plutôt sur La ville dans le ciel dans ce rôle là…) : cela n’en fait ni un mauvais livre, ni une sortie indigne d’intérêt  😉

Celles et ceux d’entre vous qui voudront en savoir plus pourront se référer à ma critique complète de la VO, en sachant que comme pour Dark Matter, il est particulièrement difficile de chroniquer de façon décente ce roman sans divulgâcher (un peu, hein). Même si, dans le cas de la VO de Récursion, j’ai fait le choix de ne dire que le STRICT nécessaire, vous laissant découvrir le reste à la lecture du bouquin.

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Vers Mars – Mary Robinette Kowal

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Décevant

Le 6 octobre 2021, paraîtra chez Denoël, dans la collection Lunes d’encre, la très attendue suite de Vers les étoiles de Mary Robinette Kowal, un roman appelé Vers Mars. Notez que depuis la parution de ce second volet du diptyque, l’autrice a signé un contrat pour (au moins) trois romans supplémentaires, dont un, The relentless moon (dont les événements se déroulent en parallèle de ceux décrits dans Vers Mars), est déjà paru en anglais au moment où je rédige ces lignes (les deux autres seront consacrés à la base martienne et -et j’attends celui-là de pied ferme- à une colonie vénusienne).

J’ai, pour ma part, lu la VO de Vers Mars (The fated sky) à sa sortie anglo-saxonne, il y a trois ans, et j’en suis sorti déçu, en raison d’un changement radical d’atmosphère, de maladresses au niveau des personnages, de la structure, de la narration et de l’intrigue (le fameux coup de l’incident à l’intérieur de l’incident à l’intérieur de l’incident !), et peut-être surtout à cause du fait que dès qu’on évoque Mars, certaines références incontournables (Robinson, Weir, etc) viennent logiquement à l’esprit, et que la comparaison n’est pas vraiment flatteuse pour Kowal. Mais ce qui fait, à mon humble avis, le plus de mal à Vers Mars est tout simplement la comparaison avec Vers les étoiles, qui est bien meilleur (ce qui est étrange vu que les deux volets ne formaient à l’origine qu’un seul roman, coupé en deux par l’éditeur anglo-saxon).

J’invite celles et ceux d’entre vous qui voudront en savoir plus sur Vers Mars à lire ma critique détaillée de la VO, sachant que, de mon point de vue, son propre successeur, The relentless moon, est à peine plus enthousiasmant. Reste à voir ce que vont donner les deux tomes suivants. J’étais très enthousiaste pour le 5, consacré à ce rare sujet qu’est un traitement hard SF de la colonisation de Vénus, mais depuis, est sorti The house of Styx de Derek Künsken, qui, dans le domaine, me paraît aussi difficile à dépasser, désormais, que la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson l’est en ce qui concerne la planète rouge. On verra…

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Le retour du hiérophante – Robert Jackson Bennett

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Une digne suite des Maîtres Enlumineurs !

Le 29 septembre 2021, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le retour du Hiérophante de Robert Jackson Bennett, le très attendu second volet du cycle Les maîtres enlumineurs, que j’ai, pour ma part, lu à sa sortie en anglais en avril 2020. Après un premier tome éponyme ayant bénéficié d’un véritable triomphe critique, on peut dire que la barre a été placée très haut et que donc, on pourrait « forcément » craindre une vague déception (d’autant plus que le livre intermédiaire d’une trilogie est rarement le meilleur). Pourtant, une fois achevé ce second roman, on se dit qu’il constitue une suite tout à fait digne de son prédécesseur, même s’il en est finalement plutôt différent : plus noir, thématiquement bien plus profond, doté de personnages et dialogues inégaux, mais aussi plus contrasté entre une première partie nettement moins intéressante et bien plus stéréotypée que la seconde (assez prodigieuse), Le retour du Hiérophante offre majoritairement (à part dans ses huit premiers %, en gros) une expérience de lecture plutôt différente des Maîtres Enlumineurs, mais certainement pas moins fascinante. Et ce d’autant plus que ce tome 2 renforce encore (si, si) les deux très gros points forts de son devancier, à savoir d’une part un magicbuilding qui était déjà très impressionnant et détaillé et qui s’étoffe encore, et peut-être surtout l’inclusion de tropes SF dans ce qui est, jusqu’à preuve du contraire, une pure Fantasy, inclusion qui s’accentue là aussi encore plus, notamment via un aspect temporel qui, s’il est du rabâché en science-fiction, est encore hautement exotique en Fantasy, même si ce nouveau sous-genre est en développement très rapide ces dernières années.

Bref, tout comme je vous recommandais jadis chaudement Les maîtres enlumineurs, je vous conseille tout aussi vigoureusement la lecture de ce second tome, qui est une digne suite de son prédécesseur, même s’il offre une expérience de lecture relativement différente (et puis bon, une couverture pareille, ça ne se refuse pas !). J’invite celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir (beaucoup) plus sur ce roman à lire ma critique complète de la VO !

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La ville dans le ciel – Chris Brookmyre

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Un mélange de polar et de SF extrêmement convaincant

Le 15 septembre 2021, paraîtra dans la collection Lunes d’encre des éditions Denoël (qui ont eu l’amabilité de citer votre serviteur sur la quatrième de couverture, ce dont je les remercie) un roman appelé La ville dans le ciel, par Chris Brookmyre. Un nom qui, convenons-en, ne dira sans doute rien à la majorité des lectrices et des lecteurs de SF, mais qui, pourtant, est très loin d’être inconnu : Christopher Brookmyre est un écrivain écossais (et vous verrez que la précision n’est pas anecdotique) de polars et de thrillers, qui a, excusez du peu, publié une trentaine de romans et vendu, rien qu’au Royaume-Uni, un million d’exemplaires de son cycle Jack Parlabane. Depuis quelques années, il s’essaye au mélange des genres, un précédent livre (Bedlam) ayant même été apprécié, en son temps, par feu Iain Banks en personne. Aussi, quand, fin 2017, est sorti (en VO) son nouveau roman, Places in the darkness, une SF fortement teintée de polar noir (ou peut-être l’inverse, vu que Brookmyre est auteur de crime fiction avant tout), je me suis empressé de le lire. Et bien m’en a pris, car l’ouvrage s’est révélé extrêmement convaincant, et ce sur tous les plans (le fin connaisseur de SF s’apercevra que la thématique centrale a déjà été traitée par d’autres, mais même sur le strict plan science-fictif, l’écossais ne fait finalement pas beaucoup moins bien que ses devanciers, qu’il dépasse de toute façon largement sur ceux de l’intrigue ou des personnages).

Très sincèrement, j’avais abandonné l’idée de voir ce livre traduit un jour. Aussi, quelle n’a pas été ma surprise de voir surgir le patronyme de Brookmyre dans la liste des romans à paraître en français ! Comme me l’a expliqué le (très) sympathique camarade Godbillon, directeur de collection de Lunes d’encre (et Folio SF), il serait disponible depuis l’année dernière, déjà, si ce satané Covid ne s’en était pas mêlé. Vu que la rentrée littéraire 2021 est exceptionnellement chargée, je ne voudrais surtout pas que vous ratiez cette sortie, et attire donc votre attention dessus. Celles et ceux d’entre vous qui voudront en savoir plus sur La ville dans le ciel pourront se reporter à ma critique détaillée de la VO, ou au résumé qui suit (en partie repris sur la quatrième de couverture) : rédigé par un des maîtres du roman noir écossais (le fameux mouvement Tartan Noir), ce mélange de polar / SF / techno-thriller se révèle extrêmement convaincant, même si, sur le strict plan science-fictif, ce n’est pas tout à fait de l’inédit. L’intrigue est très solide (tout comme le contexte) et menée avec une grande habileté, les deux protagonistes féminins se révèlent très intéressants, l’aspect presque hard-SF franchement crédible et le côté polar (évidemment, vu le calibre de l’auteur) un sans-faute. Bref, j’ai passé un vrai bon moment avec La ville dans le ciel, et je relirai d’autres titres SF de Chris Brookmyre (Bedlam, par exemple) sans souci.

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Les ténèbres hurlantes – Christopher Ruocchio

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Une des sorties récentes les plus marquantes en matière de Space Opera d’envergure

Le 2 juin dernier est sorti le roman Les ténèbres hurlantes de Christopher Ruocchio, second tome du cycle Le dévoreur de soleil, après L’empire du silence. Et la suite arrive très vite, puisque la VF du tome 3, Le démon blanc, sera publiée le premier septembre, tandis que la VO du tome 4, Kingdoms of death, paraîtra en mars 2022. Je signale aussi que l’auteur a écrit une (grosse) novella consacrée à Crispin Marlowe, The lesser devil, qui s’insère entre les deux premiers tomes du cycle.

Si L’empire du silence était, globalement, un bon roman mais qui n’était pas dépourvu de bien des défauts, sa suite est deux, voire trois divisions au-dessus, sans pour autant se débarrasser de certaines des dites maladresses, mais en les compensant très largement par d’énormes qualités (notamment une grande dramaturgie, une phénoménale intensité et une dimension grandiose). J’ai, pour ma part, lu Les ténèbres hurlantes en anglais il y a deux ans, et voici la conclusion de ma critique (que vous pouvez lire en intégralité sur cette page) : ce roman conserve certes quelques-uns des défauts de son prédécesseur (longueur et trop grand degré de copier-coller par rapport à Frank Herbert et Dan Simmons), mais propose surtout des scènes d’une prodigieuse intensité dramatique, un fond très solide, une fascinante allégorie de La divine comédie de Dante, d’excellents personnages et un fort sense of wonder. Ce qui, à mon sens, fait de lui une des sorties récentes les plus marquantes en matière de Space Opera d’envergure. Je ne saurais donc trop vous conseiller de le lire si vous avez apprécié le tome 1, et de lui donner tout de même sa chance même si L’empire du silence vous a laissé une impression mitigée.

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Le mystère du tramway hanté – P. Djèli Clark

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Le Caire des merveilles

Le 10 juin 2021, sortira chez l’Atalante Le mystère du tramway hanté de P. Djéli Clark, une novella se déroulant dans le même univers que la nouvelle L’étrange affaire du Djinn du Caire, présente dans le recueil Les tambours du dieu noir, récemment paru.

Je n’ai aucun doute sur le fait que celles et ceux d’entre vous qui ont découvert et apprécié, à cette occasion, le très sympathique Caire uchronique du début du XXe siècle imaginé par l’auteur vont se ruer sur ce court roman, et pour les autres, je reproduis ici la conclusion de ma critique de la VO, lue il y a deux ans (l’article complet est lisible sur cette page) : dans cette uchronie de Fantasy (ou police procedural du surnaturel, c’est comme vous voulez, mais où on troque l’imper et le feutre contre des vêtements plus adaptés à la terre des pharaons), l’ouverture d’un passage entre notre monde et celui des Djinns dans les années 1880 a tout changé, faisant de l’Égypte une puissance mondiale de premier plan et du Caire une capitale industrielle rivalisant en importance et en extravagance architecturale avec Londres ou Paris. Nous suivons, en 1912, l’enquête de deux agents du Ministère de l’alchimie, des enchantements et des entités surnaturelles, confrontés à ce qui devrait être une affaire simple, la possession de l’IA d’une rame de Tram, mais qui va se révéler bien plus hasardeuse, le tout sur fond d’imminence d’un vote crucial sur le droit de vote à accorder (ou pas) aux femmes égyptiennes. Eh bien voilà un texte à l’univers fascinant, dépaysant par rapport à ce que propose l’imaginaire d’habitude (bien que point par point, il y ait des parallèles à faire avec d’autres œuvres), aux protagonistes sympathiques, à l’intrigue rondement menée, et où le fond sociétal et progressiste n’est pas sacrifié au profit d’une forme pourtant excellente. Bref, je recommande chaudement, surtout si comme moi, vous êtes féru de SFFF arabisante.

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Dans les profondeurs du temps – Adrian Tchaikovsky

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Aussi sidérant que cela paraisse, Tchaikovsky fait ENCORE MIEUX qu’avec Dans la toile du temps !

Profondeurs_temps_TchaikovskyLe 9 juin 2021, paraîtra dans la collection Lunes d’encre des éditions Denoël le très attendu Dans les profondeurs du temps, suite de l’excellent Dans la toile du temps. Avec ce dernier, Adrian Tchaikovsky avait placé la barre très haut, et rien que le fait de proposer un tome 2 d’aussi bonne qualité aurait déjà été méritoire. Eh bien croyez-le ou non, mais le britannique a fait mieux. Et pas dans de petites proportions, qui plus est. Si vous avez aimé le tome 1 de ce cycle, je vous conseille vraiment de vous ruer sur cette suite, qui étend beaucoup cet univers (et sa fin vertigineuse promet de très belles choses pour le tome 3 !).

Celles et ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus pourront se référer à ma très complète critique de la VO. Il me faut d’ailleurs vous avertir : elle évite soigneusement de dévoiler la nature d’une des espèces impliquées dans l’intrigue, mais cela ne sera pas le cas de toutes les chroniques de la version anglaise qui sont déjà présentes sur le net (ou de celles de la VF qui vont débarquer via les SP dans les tout prochains jours). Lire certaines recensions sur ce roman est donc à vos risques et périls si vous souhaitez garder le maximum de surprises ! Lire la suite

À dos de crocodile – Greg Egan

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Le sense of wonder fait un retour tonitruant dans la collection Une heure-lumière ! 

à_dos_de_crocodile_eganEn cinq ans d’existence, la collection Une heure-lumière (UHL) du Bélial’ a connu ce que l’on pourrait appeler un triomphe critique et commercial, lançant un vrai engouement pour la forme (semi-)courte dans l’édition française, puisqu’un certain nombre d’autres maisons se sont découvert un, hum, intérêt soudain pour ce format. Pourtant, il y manquait quelque chose : les textes à fort sense of wonder y étaient vraiment très rares (on peut citer Retour sur Titan et Le sultan des nuages), ce qui est d’autant plus paradoxal quand on connaît la ligne éditoriale de la maison mammésienne. Bien conscient de cette lacune, le Bélial’ Suprême a donc décidé de la réparer, en publiant, le 20 mai 2021, la traduction de Riding the crocodile, longue nouvelle de Greg Egan faisant partie du cycle dit de l’Amalgame.

Le problème avec Greg Egan est que la grande majorité des lectrices et lecteurs connaît mal son œuvre (et le fait qu’elle est subdivisée en différentes branches ou époques aux degrés d’exigence extrêmement différents), et s’en fait donc de fausses idées : ceux qui n’ont rien compris à Diaspora sont persuadés que la prose de l’australien est trop difficile pour eux (ce qui est faux, vu que la majorité de ses textes -surtout les plus récents- est plus accessible, même si certains d’entre eux sont bien plus ardus que DiasporaSchild’s ladder, voire Dichronauts-), tandis que ceux qui n’ont lu que Cérès et Vesta ou pire, Zendegi, peuvent penser que tous ses romans / textes courts sont aussi accessibles, ce qui n’est pas forcément vrai. Que les deux catégories de lectrices et de lecteurs se rassurent : À dos de crocodile est franchement lisible par toutes et par tous, surtout pour du Egan old school. Et vous auriez vraiment, mais alors vraiment tort de vous en priver, tant on ne croise pas souvent ce genre d’univers à forte ambition en Science-Fiction de nos jours !

En effet, À dos de crocodile fait partie de cette SF qui brasse les dizaines de milliers d’années-lumière et les millénaires comme d’autres parlent de kilomètres et de jours, de cette science-fiction de l’émerveillement, ambitieuse, qui atomise toutes les limites, qui, de mon point de vue, manque terriblement au genre (du moins sa partie écrite / traduite en France, hein) aujourd’hui. Proche du très regretté Iain M. Banks et peut-être surtout du formidable House of suns d’Alastair Reynolds, ce nouvel Egan (le second dans la collection UHL) n’en oublie pas pour autant l’humain… bien au contraire. Ce n’est en rien un texte froid, mais le récit d’un acte de foi et d’amour tout à fait extraordinaire. Inutile, donc, de dire que je vous conseille de ne surtout pas passer à côté de cette sortie, tant vous feriez une énorme erreur en ne lisant pas ce titre, je le répète très accessible pour du Egan. On espère aussi que l’éditeur a prévu de traduire d’autres textes de l’Amalgame !

Celles et ceux qui voudront en savoir plus pourront se référer à ma critique complète de la VO.

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La fille aux éclats d’os – Andrea Stewart

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Un roman prévisible mais prenant, à l’univers original, et une précommande exceptionnelle

fille_éclats_os_stewartOn le sait, certains éditeurs sont capables de sortir la VF d’un roman en anglais avec un faible écart (quelques mois) par rapport à sa publication anglo-saxonne. C’est le cas de Bragelonne qui, le 5 mai 2021, nous proposera La fille aux éclats d’os, premier tome du cycle L’empire d’écume, et surtout traduction de The bone shard daughter d’Andrea Stewart, paru dans la langue de Shakespeare en… septembre 2020. On peut dire que ça n’a donc pas traîné, même si on a déjà vu des écarts plus faibles encore, que ce soit chez Bragelonne ou d’autres éditeurs, comme AMI par exemple.

Lorsque je vous fais ce genre de rappel de sortie en VF d’un roman que j’ai, pour ma part, lu en anglais, c’est soit pour vous signaler qu’il s’agit d’un livre à ne pas rater, soit, dans quelques cas, pour vous avertir que le soi-disant chef-d’œuvre vanté par l’éditeur est très loin d’en être un (de mon point de vue, du moins). Le livre de Stewart, sans être un monument de la Fantasy, est toutefois très recommandable, la question n’est donc pas là. Je voulais plutôt attirer votre attention sur le fait que La fille aux éclats d’os sort chez Bragelonne Big Bang, c’est-à-dire dans la collection Young Adult de l’éditeur. Et vu que les aponautes ne sont, en majorité, pas forcément des lectrices et lecteurs massifs de YA, d’après ce que je constate, je ne voudrais pas que vous passiez à côté d’un livre qui a bien des atouts pour vous séduire (sans compter que je ne vois pas trop pourquoi il a atterri dans une collection YA, mais bon…).

Celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir plus sur ce roman peuvent se référer à ma critique complète de la VO. Je signale aussi que l’éditeur propose de nombreux avantages liés à la précommande de l’ouvrage (vous trouverez tous les détails sur cette page de son site), ce qui explique que je fasse ce rappel de sortie en VF de façon un peu plus précoce que je n’en ai l’habitude (en général, c’est environ quinze jours avant), afin que celles et ceux d’entre vous qui voudront en profiter ne ratent pas l’occasion.

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L’armada de marbre – Gareth L. Powell

6

Loin d’être dépourvu de défauts, mais pourtant très prenant !

armada_de_marbre_powellAprès une pause en 2020 due à ce satané Covid, la publication du cycle Braises de guerre reprend chez Denoël, dans la prestigieuse collection Lunes d’encre, puisque le 14 avril 2021, paraîtra le second tome, L’armada de marbre, qui fait suite à Braises de guerre (le roman), qui était un bouquin certes prévisible, certes très (trop ?) inspiré par Iain M. Banks, mais aussi et surtout franchement prenant et, en fin de compte, un  (New) Space Opera parfaitement recommandable.

J’ai, pour ma part, lu ce deuxième volet en anglais il y a deux ans, et voilà quel était mon sentiment à son sujet (l’intégralité de ma critique est lisible sur cette page) : ce second tome du cycle Braises de guerre reprend les qualités et les défauts de son prédécesseur ; écriture d’une fluidité remarquable, très agréable, personnages solides et sympathiques, Space Opera plus qu’honnête, mais aussi sans doute trop inspiré par quelques maîtres, au premier rang desquels se trouve (le regretté) Iain M. Banks et, sur ce tome en particulier, la saga Alien. On ajoutera que le scénario de ce tome 2 était prévisible dès la fin du 1, et qu’il comprend deux points pas forcément d’une logique folle. Pourtant, je persiste à conseiller ce roman et ce cycle, car tout compte fait, l’ensemble reste vraiment très plaisant et un Space Opera qui, sans révolutionner le genre ou marquer l’émergence d’un nouveau maître (pas pour le moment, en tout cas), demeure tout à fait valable.

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