Crispin’s model – Max Gladstone

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Néo-Lovecrafterie de première classe

crispin_s_model_gladstoneSur Le culte d’Apophis, lorsqu’on apprécie un auteur, on a tendance à vous en reparler souvent. Et vu que j’aime beaucoup ce que fait Max Gladstone, après Three parts dead et A kiss with teeth, je vais vous présenter aujourd’hui un autre de ses textes, une nouvelle appelée Crispin’s model, que vous pouvez lire gratuitement (en anglais) sur cette page du site de Tor.

Ce texte s’inscrit dans le registre Néo-Lovecraftien, et pour avoir lu un nombre non-négligeable de textes appartenant à ce dernier, je peux dire qu’il fait incontestablement partie des plus réussis, avec entre autres une écriture absolument remarquable, notamment dans la façon dont elle génère une tension et une atmosphère tout à fait dignes des écrits du Maître. Mettant en scène un artiste et surtout son modèle, cette nouvelle évoque à la fois Le modèle de Pickman et La musique d’Erich Zann, dont elle fusionne, voire inverse, certains éléments. Lire la suite

Le modèle de Pickman – H.P. Lovecraft / L’autre modèle de Pickman – Caitlin R. Kiernan

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Dunwich, Innsmouth, Boston, Hollywood, c’est le même destin !

ghoul_LovecraftC’est désormais presque une tradition, pas un mois sans parler d’une nouvelle signée Caitlin R. Kiernan sur ce blog. Et pas un mois non plus sans composer pas à pas ma petite anthologie Apophienne idéale du meilleur de ce que les Lovecrafteries du XXIe siècle ont à nous offrir. Dans ce registre, L’autre modèle de Pickman signé par l’autrice est un représentant de choix, tant il revient avec régularité dans différentes anthologies, qu’elles soient françaises ou anglo-saxonnes (vous trouverez une liste de liens en fin de critique). Comme son nom l’indique, ce texte est basé sur un de ceux du maître, Le modèle de Pickman, ce qui fait que je vous en propose également la critique, « en tandem » pourrait-on dire. Comme avec beaucoup de Lovecrafteries modernes, la nouvelle de Kiernan met en exergue ce qui était laissé dans l’ombre, voire complètement passé sous silence, chez H.P.L (les femmes, l’homosexualité, le sexe et la pornographie), tout en répondant, pour une certaine catégorie de créatures, aux mêmes questions posées dans Le cauchemar d’Innsmouth, par exemple.  Lire la suite

Agents of Dreamland – Caitlin R. Kiernan

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Lovecrafterie du XXIe siècle, certes, mais hardcore

agents_of-dreamlandCaitlin R. Kiernan est une auteure irlandaise vivant de longue date aux USA. Elle a écrit une dizaine de romans (de SF et de « Dark Fantasy » -comprendre, dans la terminologie anglo-saxonne, du Fantastique ou du Weird Lovecraftien, pas l’équivalent de ce que font Cook ou Abercrombie-), des scénarios de comics, plus de 250 nouvelles et novellas (dont celle que je vous présente aujourd’hui) ainsi que des… articles scientifiques consacrés à la paléontologie (son domaine d’études avant qu’elle ne se lance dans une carrière d’écrivain à plein temps). Elle est également connue pour avoir travaillé en étroite collaboration avec Neil Gaiman sur The dreaming, le spin-off de The Sandman. Elle a, entre autres, reçu deux World Fantasy Awards (excusez du peu !), mais ce qui est à mon avis son plus grand titre de gloire est la comparaison faite par S.T. Joshi en personne de son style avec ceux de Poe, Dunsany et Thomas Ligotti.

Malgré son titre, et si elle est sans conteste Lovecraftienne, cette novella n’a que très peu à voir avec les Contrées du rêve (qui ne sont que vaguement évoquées) et rien avec The dreaming. En fait, le « Dreamland » en question est une base souterraine située dans la légendaire Zone 51, et le cœur de l’histoire est en réalité relié à un tout autre pan de la mythologie Lovecraftienne. Par contre, Agents of dreamland est un prélude à une autre nouvelle de l’auteure, Black ships seen south of Heaven, publiée dans le volume quatre de l’anthologie Black wings (of Cthulhu) dirigée par S.T. Joshi.

J’ai créé, à l’occasion de cette critique, un nouveau cycle de lecture, « Lovecrafteries », dans lequel j’ai rétroactivement ajouté d’autres textes. Et d’autres encore viendront s’y greffer dans les semaines qui viennent (trois sont d’ores et déjà prévus : deux novellas et une nouvelle). Vous pouvez retrouvez ce tag dans la barre latérale du blog ou bien sur cette page. Notez que ce texte est disponible soit individuellement, soit dans un pack contenant trois autres Lovecrafteries (voir liens en fin de critique).  Lire la suite

The library at Mount Char – Scott Hawkins

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Un roman de Fantastique Lovecraftien / Strossien vraiment, mais alors vraiment pas comme les autres, qui met les bibliothécaires au pouvoir

mount_char(depuis la parution de cette critique, ce livre a été traduit sous le nom de La bibliothèque de Mount Char).

Scott Hawkins est un écrivain américain de 45 ans, qui vit dans la banlieue d’Atlanta. The library at Mount Char est son premier roman (mais un autre est déjà en cours d’écriture). Dans la vie de tous les jours, il est programmeur informatique.

Ce livre raconte l’histoire d’une bande d’enfants américains qui, dans leur enfance, ont été enlevés par un mystérieux personnage, appelé Père, qui les a conduits dans sa bibliothèque (ou plutôt la Bibliothèque) pour les élever selon les anciennes traditions et leur apprendre son savoir. Et lorsqu’on sait que le savoir en question permet de faire revenir les morts à la vie, voir le futur et les réalités parallèles ou encore d’obscurcir le soleil, on comprend que Père est peut-être Dieu… ou du moins un dieu. Et puis un jour, il disparaît, et aucun pouvoir n’est capable de le retrouver. Est-il mort, juste caché ? Ses « enfants » (désormais trentenaires) ne le savent pas. Mais en tout cas, il y a une opportunité à saisir, et ils vont commencer à s’opposer pour le contrôle de la bibliothèque… et donc du pouvoir suprême sur toute la Création, jusqu’à la Réalité même. Sauf que leurs pouvoirs, strictement compartimentés et spécialisés par Père lors de leur éducation, ne sont pas égaux. Carolyn, qui a reçu celui de comprendre et parler toutes les langues, part avec un fort désavantage par rapport à certains de ses camarades. Mais c’est sans compter son ingéniosité…

Ce livre bénéficie (surtout pour un premier roman) d’une grosse réputation, notamment sur Goodreads (4.05 étoiles / 5 sur 10792 notes) et Amazon US (4.5 étoiles / 5 sur 403 commentaires). Est-elle justifiée ? En bonne partie, oui, même si l’ouvrage est critiquable sur certains points.  Lire la suite