Panthéon Apophien – épisode 4

cropped-apophis-ra_symbolSur ce blog, certains romans sont distingués par un tag prestigieux (si, si) : (roman) culte d’Apophis, qui représente une combinaison de coup de cœur hautement subjectif et surtout de ce que je pense être, objectivement, le meilleur de ce que les littératures de l’imaginaire ont à offrir. À la base, le tag a été attribué aux livres lus après la fondation du Culte, le 5 janvier 2016. Mais au fil des années, certains aponautes m’ont posé la question : et donc, quels sont les (romans) cultes d’Apophis lus avant cette date ? Eh bien la série dont fait partie le présent article, Panthéon Apophien, a précisément pour but de vous parler des cultes avant le Culte, entre 1985 et fin 2015. Chaque article vous présentera trois romans ou cycles, retraçant également en parallèle de façon plus ou moins chronologique (c’est loin, tout ça…) ce qu’a été mon parcours personnel de lecteur de SFFF et mon état d’esprit de l’époque.

Vous pouvez retrouver tous les autres articles de cette série sous ce tag ou sur cette page. Les romans cultes d’Apophis, pré- ou post-2016, sont listés sous cet autre tag.

Un peu d’histoire *

* Freedom, Rage against the machine, 1992.

La période 1992-1996 marque de grands changements pour moi : changement de région pour toute la famille (Sud -> Est), entrée en fac, vie indépendante (je ne rentre chez mes parents que le week-end et pendant les vacances, un trip « sympa » impliquant deux heures et demi de trajet, trois gares et deux trains ou bus), inclusion dans le Numerus Clausus dans une année épouvantablement compétitive, où la promo a 200 élèves de plus que l’année précédente (dans les 550, en tout… pour 90 places, 100 en comptant les étudiants de nationalité étrangère), et premier stage pro entre les première et deuxième années de fac (où la titulaire croit pendant 99% de mes deux mois de stage que je suis en sixième année).

Un changement malheureux est que je passe de Marseille, où, comme nous l’avons vu dans les épisodes précédents, je ne manque pas de potes experts en Jeu de rôle ou en SFFF, à Nancy, où c’est tout le contraire : dans ma promo, je tombe sur UN type qui pratique le JdR (ce qui est très étonnant pour la ville qui abrite les Joutes du téméraire, évènement majeur en matière de JdR -et même de jeu en général- en France), et quasiment personne ne lit de SFFF. Alors ça changera au fil des années (le pote et moi initierons certains de nos amis communs, et l’un d’entre eux et sa copine se lanceront dans la lecture SFFF), mais du coup, c’est moi qui me retrouve, pour la première fois, dans la position du maître plutôt que de l’élève. Ce qui fait aussi que pour trouver mes prochaines lectures, je n’ai plus personne avec qui discuter (pas d’internet à l’époque…), ce qui fait que je me fie, pendant cette période, essentiellement aux conseils de Roland C. Wagner dans Casus Belli.

La période 91-96 est extraordinaire, un âge d’or de la SF comme vous pouvez difficilement vous l’imaginer aujourd’hui si vous n’avez pas connu cette époque ou si vous étiez trop jeunes pour acheter des romans. Certains d’entre vous auront peut-être même peine à concevoir cette ère « précambrienne » de l’édition SFFF française, tant le paysage est profondément différent de celui d’aujourd’hui. La plupart des collections, voire même des éditeurs qui règnent aujourd’hui sur la SF et la Fantasy n’existent tout simplement pas, ou n’en sont qu’à leurs balbutiements. Durant l’écrasante majorité de cette période (sauf en 96, dans certains cas), pas de Bragelonne, de Lunes d’encre, d’AMI, pas de Belial’, de Mnémos, d’ActuSF, de Critic, etc. Le grand format est dominé par la collection Ailleurs & Demain de chez Robert Laffont (qui, en fin 2020, vient de se réveiller d’une hibernation de six ans avec la réédition / révision de traduction de Dune) pour la SF et NéO pour la Fantasy et le Fantastique, le poche par FNA, Presses Pocket et la collection Présence du Futur chez Denoël. Comme vous le constatez, les acteurs et collections de premier plan ont énormément changé aujourd’hui, même si certains étaient déjà des éditeurs d’envergure sur le marché SFFF à l’époque (je pense à l’Atalante) et le sont toujours aujourd’hui. Par contre, demandez à une blogueuse ou un blogueur de moins de 20-25 piges aujourd’hui de vous parler d’A&D, il y a peu de chances pour qu’il ou elle soit très prolixe. Même si cela va évidemment changer dans les mois qui viennent.

Une époque lointaine, très différente, mais, comme je le disais, extraordinaire : si je prends seulement la période 91-96, disons, et que je me limite à A&D, sont publiés, excusez du peu (et entre autres…), Tehanu d’Ursula Le Guin, Hypérion, La chute d’Hypérion et Endymion de Dan Simmons, L’usage des armes, L’homme des jeux et Une forme de guerre de Iain M. Banks, Un feu sur l’abîme de Vernor Vinge, La cité des permutants de Greg Egan et Le samouraï virtuel de Neal Stephenson, qui marquera le passage du Cyberpunk au Postcyberpunk. Et si j’élargis à d’autres éditeurs, on peut ajouter à cette liste, déjà impressionnante, des titres comme ceux de la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson ou L’âge de diamant de Neal Stephenson. Et on pourrait aussi citer des gens comme Bear, Benford, Varley et tant d’autres. Bref, c’est un peu comme si en 2021, paraissait au minimum tous les deux mois un blockbuster du calibre (selon vos propres références) des bouquins d’Ada Palmer, d’Anatèm, de Diaspora, etc. De mon point de vue, on en est très, très loin. Il y a certes de bons, voire très bons romans de SFFF qui sont publiés, mais en terme de densité, de fréquence de parution de très grands livres, rien de comparable à cette période là. Que je suis évidemment heureux d’avoir connue. C’était vraiment la période idéale pour monter en puissance dans la découverte des littératures de genre (SF surtout).

Un dernier détail : je ne vais pas vous parler de La chute d’Hypérion, qui est (évidemment !) lui aussi un roman Culte d’Apophis, parce que je considère que si vous avez lu et aimé Hypérion, vous lirez et apprécierez forcément sa suite. A la place, je vais plutôt me concentrer sur les romans et cycles suivants :

L’usage des armes – Iain M. Banks *

* Roll the bones, Rush, 1991 (les initiés comprendront  😉 ).

use_of_weapons_adAlors je ne vais pas vous parler, là aussi, des particularités de ce roman extraordinaire, vu que j’ai déjà traité le sujet dans mon Guide de lecture du cycle de la Culture. Je vais plutôt retracer mon expérience de lecture. Je le lis entre Hypérion et La chute d’Hypérion, histoire de vous situer le niveau que j’attends à ce moment là d’un roman de SF, et on ne peut pas dire que j’en sorte en ayant le sentiment d’avoir lu quelque chose de vraiment très inférieur, que ce soit sur le plan de la construction, de la puissance dramatique, de l’univers, etc. Même si Banks n’est pas Simmons et que son style est moins flamboyant. J’ai relu L’usage des armes plusieurs fois depuis, et même en connaissant les deux énormes révélations de la fin, il a tout gardé de la claque lors des relectures. Je me suis d’ailleurs promis de le relire de la fin au début un jour (lointain). Par contre, il a eu un effet pervers : extrêmement noir (bien plus que la plupart des autres bouquins du cycle de la Culture), il ne m’a pas incité, ensuite, à me jeter sur L’homme des jeux et Une forme de guerre, qui sortent respectivement plus tard en 1992 et en 1993, parce que je cherchais des lectures moins sombres, à l’époque, plus héroïques, plus flamboyantes. C’est après la sortie d’Excession (un de mes livres de SF préférés de tous les temps ; je vous en reparle dans deux mois dans l’épisode 5 du panthéon Apophien) que je me suis intéressé à nouveau à ces deux bouquins et que je les ai lus en poche.

Pour résumer, L’usage des armes est non seulement le joyau noir du cycle de la Culture (même s’il n’est certainement pas son représentant le plus typique), mais surtout un livre extraordinaire même pour une époque où, comme nous l’avons vu, les chefs-d’œuvre sortaient à la cadence de tir d’une MG42. Si, chez A&D, ils ont deux sous de jugeotte (et je gagerais qu’ils en ont bien plus que ça), ils vont ressortir le cycle en intégralité en édition collector, et si vous n’avez jamais lu ce livre et que vous voulez le faire dans une belle édition papier, jetez-vous dessus. Vraiment.

Un feu sur l’abîme – Vernor Vinge

fire_upon_the_deepLà encore, je ne vais pas entrer dans les détails du roman, vu que je lui ai consacré une critique (bien énervée) aux débuts du blog. Je vais plutôt vous expliquer en quoi, là aussi, ça a été la grosse, grosse, GROSSE baffe. Je le lis en 1994, après ma période de changement majeur de vie expliquée plus haut, au cours de laquelle j’ai plus lu de JdR en anglais qu’autre chose. J’ai donc eu un peu le temps de me déshabituer des chefs-d’œuvre publiés les uns après les autres. De passage au Cora de Charleville-Mézières un week-end, sa couverture rouge pétant (en même temps, il y a « feu » dans le titre…) attire mon œil (d’Apo… ah non, mince, pas encore à l’époque  😀 ), et vu que c’est un A&D, que je connais la qualité de la maison et que la quatrième est carrément alléchante, j’acquiers l’ouvrage. Et là, la patate de forain. L’univers est très original (je n’ai jamais rien lu qui y ressemble, même depuis cette lointaine époque), le propos génère du sense of wonder par paquets de douze, et surtout, alors que je croyais avoir lu le bouquin ultime sur les IAs avec La chute d’Hypérion, Vinge me fait changer de paradigme en créant plusieurs niveaux de Singularité (concept qu’il a d’ailleurs popularisé), une idée qui sera réexploitée (souvent avec plus de brio encore) par des gens comme Stross ou Zindell.

Bref, même remarque que pour L’usage des armes, si c’est réédité en version collector, jetez-vous dessus (pour les plus impatients, on le trouve en poche d’occasion -voire neuf-, et en version Kindle -à un prix prohibitif-. On espère d’ailleurs que A&D va revoir d’urgence sa copie sur le numérique, surtout pour des rééditions, hein). Sans compter qu’un autre bouquin s’inscrivant dans le même univers est aussi excellent, même si c’est sur d’autres plans. Mais nous en reparlerons le moment venu.

La trilogie martienne – Kim Stanley Robinson

trilogie_martienne_ksrVous avez lu Chroniques des années noires, Aurora, 2312 ou d’autres KSR (par exemple sa Fiction Climatique) mais pas son cycle martien, et vous croyez connaître le meilleur de l’auteur américain ? Faux ! Publié en France à partir de 1994, en trois tomes puis en édition omnibus, ce cycle est un tel événement, arrive précédé d’une réputation telle, qu’on en parle jusque dans la presse généraliste (ce qui n’est pas courant du tout à l’époque). Comme nous sommes sur le point de le voir, le premier tome, Mars la rouge, est tout d’abord un peu déstabilisant pour moi, mais très vite, je commence à en saisir l’intérêt considérable. Il me faudra plusieurs relectures des trois tomes pour en appréhender un peu plus la richesse. Et si je suis sûr d’une chose, c’est que même aujourd’hui, je n’ai pas pris l’entière mesure d’un joyau aux si nombreuses facettes.

La trilogie martienne (Mars la rougeMars la verteMars la bleue) est à la fois le cycle probablement insurpassable traitant de la colonisation et de la terraformation de cette planète, mais aussi, à mon sens, le roman de Planet Opera ultime, tant Kim Stanley Robinson décrit avec un luxe inouï de détails tous les aspects mis en jeu : scientifiques et techniques, culturels, astronomiques, géologiques, économiques, sociologiques, gouvernementaux, etc. Nabokov disait qu’il n’y a pas de bons lecteurs, seulement de bons relecteurs, et cela n’a jamais été aussi vrai que pour cette saga, tant sa richesse infinie et ses multiples strates ne peuvent être pleinement saisies en une seule fois. Et de ce fait, conjugué à l’aridité du style de l’auteur (quand je l’ai commencé, je m’attendais à un truc très américain, très héroïque, et j’ai initialement été déstabilisé, jusqu’à ce que je comprenne que l’intérêt de Mars la rouge était ailleurs), et au fait qu’il est plus là pour vous faire partager son amour de la planète rouge (puis verte, puis bleue) que pour vous faire vivre intensément une intrigue inoubliable servie par des personnages attachants (et ce même s’il y a une forme de poésie, chez lui, qui ne laisse pas insensible : quand il vous décrit un paysage martien, on croirait presque qu’il l’a contemplé de ses propres yeux, et les derniers mots de l’ultime tome ont longtemps résonné en moi tant ils hurlent tout ce que ressent l’auteur pour ce monde), c’est clairement une saga à laquelle on ne s’attaque pas sans un minimum d’expérience de la SF derrière soi et qu’on ne doit en aucun cas envisager comme une lecture « détente ». Comme toute grande œuvre, celle-ci va se mériter, mais la récompense sera un monument à la gloire de Mars forgé par un auteur de génie qui, de mon point de vue, n’a jamais fait mieux, même si dans leurs genres respectifs, Chroniques des années noires et Aurora sont également de très haute volée.

***

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36 réflexions sur “Panthéon Apophien – épisode 4

  1. Du solide pour bien commencer l’année. Je sais pouvoir compter sur le culte pour m’aider à allonger ma PAL 🙂 Je viens d’ailleurs de commencer mon parcours ultime Honor Harrington avec La Maison d’Acier, et j’aime beaucoup la densité de cet univers ! Sans doute une source future pour mes propres écrits de SF militaire.
    Bonne année à toi grand serpent !

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  2. C’était la bonne époque pour la SF. J’ai Lu était déjà là, il y avait aussi terreur de Pocket, malheureusement Opta était mort quelques années avant…. Et puis il y avait Goimard, grâce à lui la Fantasy a explosé à l’époque. J’ai connu cette période en tant que lecteur mais aussi en tant que vendeur de SF. J’en salive rien qu’en y pensant…

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    • Oui, moi aussi. Et je pense que tu salives non seulement pour le niveau de qualité, pour la fréquence élevée avec laquelle les excellents bouquins sortaient, mais aussi pour les ventes. Gilles Dumay relatait une fois qu’à l’époque, même un bouquin moyen de SF faisait du 15 000 exemplaires, contre 400-1000 aujourd’hui.

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      • La SF représentait 6.5% du CA de la librairie. Je me rappelle encore les ventes sur Hyperion et aussi chez Buchet Chastel la serie Arturienne. Tu avais le triple des sorties actuelles avec une qualitée majeure. La chute a commencé au début des années 2000 et n’as cessé depuis.

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  3. Ahhh les joutes du téméraire, je ne pensais pas que l’on en parlerait sur ton blog. J’ai participé à leur organisation dans les années 2000 sur plusieurs éditions. De beaux souvenirs!

    Sinon dommage pour ce panthéon épisode 4, j’ai déjà tout lu. Faut dire que ton dossier sur la Culture m’avait poussé à tout relire il y a quelque mois! Ca reste indépassable

    En tout merci pour tes conseils de lecture (trop) souvent pertinents.

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  4. Mars, je l’ai lu en anglais sans nul doute un ou deux ans avant sa traduction. Il est évident que je n’ai pas tout « compris » de cette trilogie, et en même temps, j’en garde presque 30ans aprés une impression indélibile, des souvenirs très vifs de situations, de personnages, d’ambiances.
    Et je n’ai encore jamais pris le temps de le relire.

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  5. Tiens, j’étais persuadé que  » L’homme des jeux  » était sorti avant  » l’Usage des armes  » chez Robert Laffont.
     » Use of weapons  » étant le 4ème opus du cycle de La Culture, si on compte  » The State of art « .
    C’est vrai que le roman est vraiment noir, mais c’est aussi le premier ou Banks commence à introduire l’humour qui portera le suite du cycle vers les sommets.

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    • Non, ils ont publié L’usage des armes au tout début 1992, puis L’homme des jeux plus tard la même année, et Une forme de guerre en 1993. Et à mon sens, ils ont très bien fait de ne pas s’en tenir à l’ordre de publication anglo-saxon, surtout vu que ces trois romans sont totalement indépendants les uns des autres (ce qui ne sera pas totalement le cas de tomes ultérieurs du cycle). De cette façon, ils ont publié le meilleur roman d’abord, la meilleure porte d’entrée dans cet univers ensuite, et le plus dispensable des trois pour finir (si tant est qu’un Banks soit dispensable, ce qui est un autre débat).
      Concernant l’humour, pour moi il n’est incontestablement visible qu’à partir d’Excession (ah, les Affronteurs !).

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      • T’as du oublier les 2 chapitres à bord du Piquet ultra-rapide  » Xénophobe « , ou Diziet Sma et Skaffen Amstiskaw se lance aux trousses de Zakalwé, alors que le drone a sciemment omis de préciser à la première que CS ignorait la localisation du mercenaire, à un amas de 100 000 étoiles près.
        Sans parler de la participation inavouée de l’avatar du vaisseau à la partouze générale, dont Dizzy à du mal à comprendre les brulures intimes à postériori.
        Banks quoi !
        .

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  6. Pour moi, l’age d’or en fait démarre un peu avant en en fait en 1970 pour avoir son apogée fin 70 début 80. en terme de collections, outre A & D , il y avait Dimension de Calman-Lévy, Opta (avec CLA, antimonde, nébula, Galaxie bis) , PdF , J’ai lu SF, JC Lattès, Albin Michel SF, Marabout, le masque SF et j’en oublie quelques unes , mais beaucoup avaient disparues dans les années 90. Et c’est vrai que c’est difficile de se concentrer sur tes révisions quand tu as un Franck Herbert, un Brunner ou un SPinrad dans ta PAL. Nous étions 400 en première année avec un numérus clausus à 70 et malgré ça rien ne pouvait me faire quitter un roman d’un de mes auteurs favoris.

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    • Quelque part, je pense qu’il n’y a pas eu un âge d’or mais plusieurs : celui de l’époque des Pulps, celui de la Nouvelle Vague, celui que je décris, celui de la Dark Fantasy, de Cook à Martin et Erikson en passant par Abercrombie, l’explosion de la fin du XXe siècle / début XXIe avec l’apparition en ordre assez serré d’Egan, Liu, Chiang et quelques autres, le feu d’artifice des grands auteurs de Hard SF (Baxter, Egan, watts, etc), et j’en passe. Je ne pense pas qu’une période soit l’âge d’or unique à l’exclusion de toutes les autres, mais que ça dépend sous quel angle ou pour quel genre on aborde la chose. Là, je parlais essentiellement de SF et de densité des sorties de romans de très grande envergure.

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  7. La trilogie Martienne m’était tombé des mains pendant le tome 1 ! Il faudrait réessayer ca passerait peut être mieux aujourd’hui.

    Banks je n’ai lu que 2 romans de la culture Une forme de guerre (pas facile) et l’Homme des jeux (très accessible). Celui-ci faudrait que je le lise…

    Venor Vinge je ne le connais que de réputation mais il ne me tente pas du tout

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    • Dans le cycle de la Culture, je te conseille Excession, qui est absolument formidable. Beaucoup d’humour, énormément d’inventivité, une histoire d’amour tragique, du sense of wonder à la tonne, bref tout ce qu’il faut pour passer un très bon moment. Si tu as apprécié L’homme des jeux, je ne vois guère pourquoi tu n’aimerais pas Excession, qui est facilement deux ordres de grandeur au-dessus.

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  8. J’ai découvert La Trilogie Martienne un peu par hasard en 1997 un jour où j’étais censé aller faire une sortie cinéma pédagogique avec le lycée et que j’avais séchée. Pour ne pas rester dehors toute la matinée, je suis allé dans la petite librairie où j’allais de temps en temps parce qu’il y avait de bons bouquins de SF introuvables ailleurs.
    Et ce jour-là je suis tombé sur « Mars la Rouge » qui m’a attiré par son titre (j’adorais et j’adore toujours tous les bouquins de SF sur Mars) et sa couverture magnifique (la première édition de Presses de la Cité).
    Je suis ressorti de la librairie avec le bouquin et quand je l’ai fini quelques jours plus tard (à l’époque il n’y avait pas de PAL 😛 je lisais au fur et à mesure) c’était une grosse claque. Les mois qui ont suivi, j’ai pris les deux suites…
    Et je me souviens que cette année-là j’ai eu à faire une dissertation sur Mars justement quelques mois plus tard. Et bien j’ai pompé des morceaux entiers de Robinson quand il parle de la formation de Mars… A l’époque pas d’Internet pour vérifier si c’était du pompage ou non…
    Et la Trilogie fait toujours partie de mes bouquins préférés. Il va d’ailleurs falloir que je la relise bientôt…

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    • Je la relisais tous les dix ans, à une époque, avec d’autres cycles comme les Princes d’Ambre, par exemple. Mais bon, depuis que j’ai ouvert le blog, les relectures ne sont plus à l’ordre du jour, hélas. Sinon, si ma mémoire est bonne, KSR a passé une bonne dizaine d’années à préparer sa trilogie, donc ce qu’il décrit est à mon avis scientifiquement très solide (dans la limite des connaissances de l’époque).

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  9. Super intéressant ! Effectivement, c’est une époque que j’ai pas du tout connue vu que j’étais littéralement pas là, donc ça pique ma curiosité de voir comment était le paysage éditorial à cette époque !
    Mais t’abuses, il y a des blogueurs de moins de 25 ans qui connaissent Ailleurs et Demain 😀

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    • Oui, il y en a, parce qu’ils se sont intéressés à l’histoire éditoriale de la SFFF française, parce que leur père / mère / frère / sœur aîné(e) en avait dans sa bibliothèque, etc. Par contre, si on va sur Instagram ou Booktube, je ne miserais même pas sur 1% des gens qui connaissent cette collection. Déjà qu’ils ne connaissent pas AMI / le Belial’ / Lunes d’encre / etc qui publient en continu depuis des années, alors une collection qui n’a rien publié de 2014 à fin 2020…

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  10. Bizarrement je n’arrive pas à terminer les livres de Robinson que j’ai essayé (2312 et Chroniques des années noires), je ne sais pas pourquoi? J’ai toutefois l’omnibus martien dans ma PAL donc je vais réitérer, et puis si la relecture est aussi riche, c’est peut-être que ma première lecture/tentative ne suffit pas, donc je vais poursuivre.
    Je n’ai pas connu cet âge d’or de publications (étant née en 1992), mais je vais effectivement me jeter sur les éventuelles rééditions de chez A&D (on croise les doigts pour quelles soient nombreuses) !

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    • Pour 2312, c’est un peu normal, il est très mauvais. Concernant les autres livres de KSR, ils sont intelligents, érudits et ambitieux, mais son style très aride fait qu’il est en effet parfois difficile d’accrocher.

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  11. Salut,

    J’ai commencé à lire de la SF quand A&D était la collection de référence (il me semble qu’à part ça il n’y avait que des poches), dans les années 70-80. Bon, c’était pas donné et la plupart des A&D que j’ai encore datent de l’époque où j’étais assez jeune pour me les faire payer par mes parents (il arrivait à mon père de lire de la SF, et c’est grâce à lui que j’ai commencé).

    Mais je me suis un peu détourné de la SF dans les années 90 (vie de couple avec une moitié avec qui nous avions beaucoup de lectures communes mais qui ne partageait pas mon goût pour la SF, enfants, moins de temps pour lire…). Ce qui fait que j’ai raté une bonne partie des grandes œuvres dont tu parles (j’ai quand-même lu Hyperion, mais il faudrait que je le relise; je ne le retrouve pas, j’ai dû le prêter…).
    Il m’en reste donc beaucoup à découvrir, à commencer par le Vinge. Sans-doute aussi la trilogie martienne (j’ai lu Aurora et beaucoup apprécié; je sais que ce n’est pas la même vision de l’avenir que dans la trilogie, mais au moins ça m’a convaincu que K.S. Robinson a des choses intéressantes à dire et les dit bien). Et peut-être Banks (le seul que j’ai lu ne m’a pas convaincu, mais ce n’était pas le bon pour commencer).

    Bref, merci pour cet article ou plutôt cette série d’articles. Une des raisons pour lesquelles je fréquente ton blog.

    Bonne année et longue vie au culte d’Apophis !

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    • Merci et bonne année à toi aussi ! Si ça peut te rassurer, j’ai bien diminué la lecture de SFFF moi aussi pendant plusieurs années (études universitaires, entrée dans la vie active, horaires de dingue, gardes de nuit / week-end / jours fériés, etc), même si ça a plutôt impacté ma lecture de Fantasy que de SF, où je n’ai jamais totalement décroché.

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  12. Merci pour cette nostalgie d’une époque que je n’ai pas vraiment connue. Je ne dirai pas « hélas » car j’ai été bien occupé autrement, service militaire, mariage, enfants, il m’a fallu pas mal de temps pour revenir dans le « milieu ».
    La bonne nouvelle est que j’ai ces trois bouquins à rattraper !

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