Elder race – Adrian Tchaikovsky

Witchcraft to the ignorant… simple science to the learned *

* The sorcerer of Rhiannon, Leigh Brackett, 1942.

Si je vous précise que Elder Race, (assez) court roman (200 pages) signé Adrian Tchaikovsky, est le douzième des textes publiés par ce dernier chroniqué sur ce blog, vous pouvez, je pense, me croire sur parole quand je vous assure que dans la pléthorique production de l’auteur, l’excellent alterne avec le passable, voire le carrément mauvais. Chaque sortie est donc une prise de risque. Le résumé d’Elder Race disponible sur les sites marchands ne m’ayant pas donné envie de le lire, j’avais décidé de faire l’impasse dessus. Quelques jours avant sa sortie, j’ai cependant, et fort heureusement, lu une critique anglo-saxonne présentant en avant-première le roman, et en disant beaucoup plus à son sujet. Suffisamment pour qu’un parallèle avec Inversions de Iain M. Banks me frappe immédiatement et m’incite, évidemment, à changer d’avis. À la lecture, le parallèle est pleinement justifié, mais le livre de Tchaikovsky ne se réduit pas à cela, loin de là.

Celui-ci fini, on peut sans problème le classer parmi les meilleurs de sa production, que ce soit en général (l’auteur est connu pour balayer un nombre ahurissant de genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire) ou dans le registre science-fictif en particulier. Notez toutefois qu’alors que dans ce dernier, Tchaikovsky a tendance à tendre vers la Hard SF, nous sommes ici plus clairement sur une Ethno-SF / une SF linguistique, donc une Soft-SF.

Inversions

Je vous ai amplement parlé, sur le Culte, du cycle de la Culture de Iain M. Banks, particulièrement dans le Guide de lecture que je lui ai consacré. Ce cycle comprend un roman très particulier, dont l’auteur disait qu’il s’agissait d’un « roman sur la Culture qui n’en est pas un ». En effet, nombre d’autres livres de la saga montrent l’intervention d’agents d’une civilisation technologiquement avancée sur d’autres planètes, que ce soit du point de vue de la Culture, de ses ennemis ou des indigènes. Mais des indigènes avancés, au minimum au même stade technologique que notre Terre du XXIe siècle. Inversions, lui, place l’action sur un monde médiéval, et seules de subtiles allusions en filigrane vous font comprendre que certains personnages viennent en fait de planètes plus évoluées. Ils y emploient parfois des gadgets technologiques, mais aux yeux des natifs, il ne s’agit pas de science (qu’ils ne maitrisent pas, en tout cas certainement pas à ce degré là)… mais de magie. Rappelez-vous de la célèbre Troisième Loi de Clarke (« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. »), ou de formules similaires et antérieures du même ordre, telle que celle de Leigh Brackett reprise en ouverture de cet article. Ce qui distingue Inversions des autres romans de la Culture, c’est que cette fois, toute l’intrigue est perçue selon le point de vue des dits primitifs et pas des civilisations avancées.

Une autre caractéristique marquante d’Inversions, et celle, qui avec le basculement de perspective (Culture –> indigènes), donne son nom à ce bouquin, est que la narration alterne, d’un chapitre à l’autre, entre deux lignes narratives parallèles. D’où le fait que le titre soit Inversions au pluriel, au passage.

En ouverture d’Elder Race, Adrian Tchaikovsky déclare explicitement s’être inspiré d’une novelette de Gene Wolfe intitulée Trip, Trap. Je ne l’ai pas lue, et je ne pense pas le faire (du moins pas de façon rapide ou prioritaire) tant elle ne semble pas tenue, par les amateurs anglo-saxons de l’auteur, pour un de ses textes courts les plus intéressants (je l’ai plus vu qualifié de longuet que de génial, pour tout dire). Tchaikovsky ne cite pas Banks en tant qu’autre source d’inspiration, pourtant il est impossible de ne pas faire le parallèle entre les romans des deux britanniques. Mais on aurait aussi tort de réduire Elder Race à une copie d’Inversions (et dans le même ordre d’idée, résumer ce court roman à la plus belle illustration de la Troisième Loi de Clarke me paraît terriblement… eh bien réducteur, justement), car, que ce soit dans la narration ou le côté Ethno-SF / SF linguistique, Tchaikovsky va nettement plus loin que Banks. Et oui, quand je dis qu’un auteur, même sur un point / livre très précis fait mieux que Banks, c’est dans ma bouche un immense compliment. Notons toutefois qu’une bonne partie des dilemmes de Nyr sont de nature morale et éthique, celles des implications de l’intervention éventuelle, taboue, d’une culture supérieure dans les affaires d’une société technologiquement primitive, et là par contre, c’est du Banks-comme-Banks pur jus.

Notez qu’outre Clarke (Tchaikovsky fait une référence impossible à manquer à la Troisième Loi à la toute fin du roman : « I am nothing but a scientist of sufficiently advanced technology which is to say a magician »), Wolfe, Banks et quelques autres, il y a un passage qui évoque, je trouve (même si pour le coup, c’est probablement plus subjectif qu’autre chose), le fabuleux Aurora de Kim Stanley Robinson : « Any of these diasporic human colonies flung out into the cold abyss of space by a desperately optimistic humanity » (c’est moi qui souligne les deux termes en italique).

Narration / base de l’intrigue / univers / personnages – 1 : Demons & Wizards *

* Heaven denies, Demons & Wizards, 2000.

La narration va donc alterner entre deux points de vue, et deux modes. Le premier met en jeu Lyn (je vais y revenir), et est narré à la troisième personne du singulier ; le second implique Nyr, et est cette fois à la première personne du singulier. Cette différence est à mon avis un élément habile permettant d’encore plus distinguer les deux visions du monde des deux protagonistes principaux. Les points de vue des deux personnages alternent avec une parfaite régularité d’un chapitre à l’autre, opérant donc une inversion comme dans le roman de Banks. Un événement vu dans un point de vue peut être revu, et interprété via un prisme différent (vous allez bientôt comprendre) dans le suivant. Procédé qui, quand il est bien utilisé, a une efficacité redoutable pour donner une impression de narration dynamique (il était également employé avec brio dans le très récent et excellent La ville dans le ciel). Seul le chapitre central (parce qu’il se situe très exactement à 50% de l’ouvrage) est différent : le texte est présenté en deux colonnes, celle de gauche correspondant au moment où Nyr dévoile la vérité sur son monde à Lyn, celle de droite montrant la façon dont la jeune femme comprend ce discours (je vais là aussi y revenir). Et c’est tout à fait brillant !

Mais revenons à nos moutons : dans le premier chapitre, nous faisons la connaissance de Lyn(esse), quatrième fille de la souveraine de Lannesite, royaume d’un monde (secondaire) médiéval-fantastique qui paraît tout à fait banal, avec sa mention de sorciers, démons et j’en passe. Récemment, les principautés d’une région forestière voisine ont fait état d’un terrible démon voleur d’esprit, contre lequel toutes les armes habituelles sont restées sans effet. Sa mère refuse d’intervenir, et ce alors que des hordes de réfugiés sont lancées sur les routes. En effet, dans un autre phénomène d’inversion de prisme d’analyse, la souveraine considère qu’il n’y a pas de démon, seulement une hostilité accrue entre les potentats locaux, de mauvaises récoltes ou de simples rumeurs de magie noire. Le fait que sa plus jeune fille soit incapable de se détacher de la légende et de la superstition constitue d’ailleurs un motif d’exaspération, de défiance, de déception, envers Lyn. Notez que Nyr considèrera le problème un peu de la même façon : il pense par exemple à une épidémie ou autre phénomène naturel, que les autochtones sont incapables de percevoir ou de comprendre et expliquent donc de façon surnaturelle.

Lyn se souvient que son arrière-grand-mère, Astresse, a vaincu un seigneur de la guerre ayant asservi des démons grâce à l’aide du dernier et du plus grand des sorciers, Nyrgoth. Vu qu’un pacte lie ce dernier à sa famille, elle se rend en secret, sans l’aval de sa génitrice, dans la tour, difficile d’accès, du mage, dans l’espoir qu’il l’aidera à terrasser la créature et à montrer qu’alors qu’elle n’est qu’un objet de déception pour sa mère (qui la tient pour une jeune femme qui n’a pas su dépasser ses rêves de gamine et laisser de côté ses rêves de princesses guerrière pour devenir utile à la Couronne) ou de moquerie pour ses sœurs, elle vaut plus, mieux, que cela.

À son arrivée à la tour, l’esprit-gardien de la porte demande à goûter son sang pour s’assurer qu’elle fait bien partie de la lignée royale, seule autorisée à pénétrer dans ces lieux, tandis qu’un autre intangible et arcanique serviteur parle de « réveiller son maître ». Ce qui n’étonne guère Lyn, les magiciens étant connus pour devoir méditer pendant de très longues périodes pour régénérer leurs facultés. Et celui-ci étant réputé extrêmement vieux… Quand Nygoth apparaît, il est tout à fait conforme à ce que l’on s’imagine être un maître des arts mystiques : près de deux mètres, doté de cornes, l’air pas tout à fait humain, vêtu d’un étrange costume semblant avoir été tissé de fils d’or par des diablotins. Sauf que…

Narration / base de l’intrigue / univers / personnages – 2 : Drones & Anthropologues

… Sauf que pratiquement tout ce que je viens de vous raconter est ce que Lyn et son peuple croient, pas la vérité. Alors si tout ce que je vais vous révéler maintenant peut être considéré comme un spoiler, je ne divulgâche pas pour autant : le gros du déballage d’infos se fait dès le deuxième chapitre, à 8% du livre. Et de toute façon, j’en ai besoin pour écrire une critique digne de ce nom.

Donc non, il ne s’agit pas d’un monde secondaire de Fantasy, mais d’une ancienne colonie terrienne fondée par un vaisseau à générations, et qui est retombée à un stade médiéval (l’auteur emploie la jolie formule « post-technologique »). Les habitants ont même oublié qu’ils venaient d’ailleurs, qu’ils ont possédé une science et une ingénierie avancées, et se croient natifs de cette planète. Pour l’anecdote, le royaume que dirige la mère de Lyn, Lannesite, correspond tout simplement à… Landing Site (site d’atterrissage). Notez que ce trope de la colonie perdue d’une civilisation avancée qui a oublié son passé technologique, les artefacts d’antan étant vus comme des objets magiques, était, à une époque, ultra-répandu, notamment dans le Jeu de rôle : citons Empires & Dynasties, Jorune, Tékumel, Shadow World, etc.

Non, il n’y a ni magie, ni démons (huuuum… voyez plus loin tout de même sur ce dernier point). Les seconds sont en réalité les robots industriels en sommeil, que certains peuvent commander en employant la langue du passé (celle des colons d’origine). La première est tout simplement la science, qui paraît magique aux yeux des « natifs » redevenus primitifs.

Nyr n’est pas un sorcier, et sa tour pas celle d’un mage. Après la première vague de colonisation, la Terre s’est effondrée à la fois économiquement et écologiquement, et il lui a fallu du temps pour se relever, temps pendant lequel les colonies, dépendantes du monde d’origine, sont retombées à un stade primitif, et ont en tout cas évolué sur le plan culturel (l’auteur en donne de fascinants exemples, notamment sur le plan funéraire) et linguistique (voir plus loin). La seconde impulsion interstellaire terrienne a été encore plus spectaculaire que la première, vu que des bonds technologiques importants avaient été faits. La tour de Nyrgoth n’est en fait qu’un avant-poste où une équipe d’anthropologues étudiait les cultures et les langues locales, sans intervenir et surtout sans s’impliquer émotionnellement. Outre une version draconienne de la légendaire Directive Première de Star Trek, ces terriens sont dotés (entre autres implants cybernétiques et / ou biotech, dont les cornes, qui sont en réalité des antennes radio servant à communiquer avec des satellites) de ce que l’on appelle un DSC (Dissociative Cognitive System), qui leur permet de maintenir leurs émotions / leur biochimie en laisse pour pouvoir réfléchir de façon rationnelle, sans interférence des sentiments, des émotions, de la douleur, et ainsi de suite. Sachant qu’ils ne peuvent pas le laisser activé en permanence, pour permettre à leurs corps d’évacuer les hormones tenues en laisse (on retrouve un concept très similaire dans Le regard de Ken Liu).

Il y a bien des siècles, cette équipe d’anthropologues a reçu un message de la Terre lui demandant de rentrer en raison de problèmes. Seul l’un d’entre eux, Nyr Illim Tevitch, alias Nyrgoth, alias Nyr, est resté en arrière pour continuer la mission. Ses compagnons étaient supposés revenir rapidement, la Terre envoyer des messages. Rien de tout cela n’a jamais eu lieu. Du temps de l’aïeule, Astresse, de Lyn (à laquelle la jeune femme ressemble d’une façon frappante), Nyr est intervenu, cette fois, directement, car un zozo avait réussi à réactiver et commander des robots et des drones et en profitait pour créer un chaos indescriptible. Il a alors juré à sa belle reine guerrière que si sa lignée était en danger, à l’avenir, elle pourrait faire appel à lui, à condition que le problème implique la sorcellerie (comprenez : une technologie avancée du passé mettant en péril les natifs primitifs). Il est ensuite entré en animation suspendue, dont la Tour le réveille à l’arrivée de Lyn. Et si un « esprit-gardien » a « goûté » le sang de la jeune femme, c’est tout simplement pour s’assurer, via un séquençage d’ADN, qu’elle appartenait réellement à la descendance d’Astresse.

S’il n’a pas l’air tout à fait humain, c’est qu’en fait, au contraire des locaux qui sont, pour la plupart (à part une compagne de voyage de Lyn qui fait plus tapisserie qu’autre chose tant l’histoire se réduit essentiellement à Nyr et Lyn), proches de l’Homo Sapiens de base, Nyr est lourdement transhumain (sur le plan génétique) et cybernétisé. Et sa « toge » de mage est en fait un vêtement high-tech doté de redoutables défenses qui, aux yeux des primitifs ou des joueurs de D&D, ont furieusement l’air de sorts.

Malgré le fait que la solitude, l’idée d’être potentiellement le dernier de sa race transhumaine et la ressemblance troublante Astresse / Lyn lui pèsent et qu’il soit très dépendant de son implant régulateur d’émotions pour gérer sa dépression, et, surtout, que toute l’affaire ressemble de plus en plus à une violation flagrante de son éthique d’anthropologue et des paramètres de sa mission, il accepte d’aller voir de quoi il retourne, persuadé que le prétendu « démon » n’est qu’une machine de plus qui obéira à ses codes de commande.

Sauf que c’est là que Tchaikovsky fait intervenir une autre et magistrale inversion : et si malgré sa technologie, Nyr tombait sur quelque chose… qui défie toutes les lois de la physique, rendant donc caduque toute sa technologie ? Quelque chose qui ressemble à The Expanse ou Babylon 5 – La cinquième dimension… mais réécrit par Lovecraft (SI, SI !!!!)  😀

Incommunicado *

* Marillion, 1987.

Le point À LA FOIS (et ça, c’est très, très fort) touchant, amusant (pour ne pas dire hilarant) et intellectuellement intéressant le plus remarquable d’Elder Race est qu’après des siècles de sommeil, Nyr, malgré l’aide de ses implants cybernétiques, de leurs bases de données et de leurs algorithmes de traitement de l’information semi-intelligents, a bien du mal à se faire comprendre exactement. D’une part la langue de Lyn est très subtile, d’autre part il a des siècles de retard par rapport à ses évolutions, et enfin, comment faire comprendre à une civilisation qui ne connait pas la technologie qu’il n’est pas un mage mais un scientifique quand ni le mot, ni la notion n’existent pour elle ? L’auteur décrit ainsi plusieurs tentatives maladroites où, par exemple, en tentant de dire qu’il n’est pas un sorcier, il finit par dire qu’il est un… sorcier. Ou un mage, un magicien, maître des arts occultes, seigneur des arts mystiques, ou équivalent. À un moment, Nyr déclare (je traduis) : « Ils pensent que je suis un magicien et je n’ai pas les mots pour leur dire qu’il n’en est rien », ou encore « Je dis scientifique, érudit, mais dans leur langue les deux mots sont liés à sorcier ».

Le sommet de cet aspect du roman est bien sûr constitué par ce fameux chapitre central, avec sa narration parallèle sur deux colonnes, où Nyr pète un câble et déballe TOUT à Lyn, les vaisseaux à générations et tout le reste, mais où ce qu’elle comprend est très… différent. Je dirais presque que le livre vaut le coup d’être lu pratiquement rien que pour ce court chapitre. Outre l’aspect amusant (pour le lecteur) ou désespérant (pour Nyr) de cette impossibilité de communiquer, celle-ci ouvre de fascinantes pistes de réflexion sur la transformation des langues au fil du temps, et constitue bien sûr une allégorie des difficultés, pour deux membres de cultures étrangères l’une à l’autre, de communiquer vraiment, même avec une base linguistique commune.

Pour le comprendre, considérez l’allégorie suivante : prenez un distingué professeur de lettres de l’université de Téhéran, possédant une maîtrise inégalée, dans sa culture, du Farsi, et francophile, comme il se doit dans les cercles universitaires internationaux qui se respectent ; il parle donc le français (mal), et rencontre un jour son équivalent, un autre distingué professeur de lettres, un français de la Sorbonne, qui, lui, a bien évidemment une maîtrise parfaite de sa propre langue. En admettant que le second ne fasse (le cuistre !) aucun effort pour se mettre au niveau linguistique en français de son interlocuteur perse, une bonne partie de son discours risque d’échapper à celui-ci, qui n’en percevra pas toutes les nuances ou les multiples niveaux de subtilité du vocabulaire. À l’inverse, quand notre érudit iranien va tenter d’exprimer / transposer sa riche pensée telle qu’elle s’exprime en Farsi dans sa tête dans un français oral qui sera limité par sa maîtrise imparfaite de cette langue, même s’il cherche à exprimer une nuance, celle-ci risque fort d’être perdue tout simplement du fait de son manque de vocabulaire dans la langue de Molière. Dans le roman de Tchaikovsky, Nyr est le distingué Perse, Lyn l’érudite française.

Ce qui est très intéressant pour le lecteur est la façon dont un même évènement ou discours est perçu par les deux protagonistes : là où Lyn voit un monstre, Nyr voit un simple drone, par exemple. On a donc hâte de passer d’un chapitre à l’autre pour voir la réinterprétation que chaque personnage va faire selon son propre prisme. Attention toutefois à ne pas réduire ces différences de perception à un simple problème linguistique, puisque des facteurs culturels entrent aussi évidemment en ligne de compte.

Notez que la fin montre qu’une suite serait tout à fait possible. Après tout, au moins une question (le sort de la Terre) reste en suspens !

En conclusion, Elder Race est un roman intelligent, touchant (notamment du fait des difficultés de Nyr à gérer ses émotions lorsqu’il coupe son implant régulateur), drôle, formidablement bien construit, même s’il n’est pas original : qu’il s’agisse d’influences revendiquées (Gene Wolfe) ou pas (Iain Banks), voire de recyclage de la propre matière de Tchaikovsky (le monde ressemble finalement un peu à celui Dans la toile du temps, quand on y réfléchit), sans parler du recyclage de tropes comme celui de la brèche dans la Directive Première ou celle vers le hum, Extérieur, c’est essentiellement du déjà-vu, mais c’est vraiment fait de main de maître et ça dépasse en intérêt la simple somme de ces inspirations. Après avoir fait du Brin mieux que Brin, voilà que Tchaikovsky fait du Banks mieux que Banks : au secours, tout est foutu !

Niveau d’anglais : aucune difficulté.

Probabilité de traduction : Vous avez appelé le bureau du bonheur, ne quittez pas… Allo, allo, monsieur le Bélial’, quand tu auras fini ton déménagement, pour ce roman laisse battre ton cœur (et puis y’a des démons !)…

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous recommande la lecture des critiques suivantes : celle de FeydRautha, celle de ,

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19 réflexions sur “Elder race – Adrian Tchaikovsky

  1. Ping : Elder Race – Adrian Tchaikovsky – L'épaule d'Orion

  2. « Je dirais presque que le livre vaut le coup d’être lu pratiquement rien que pour ce court chapitre.  » Mais oui ! C’est aussi mon sentiment. Ce chapitre central est d’une intelligence absolue. Et pourtant, il semble, tellement évident. Mais personne ne l’avait fait (je crois) aussi distinctement. Un coup de maître !

    Aimé par 2 personnes

  3. Je plussoie pour une traduction pour le Bélial.

    Je reviens à Inversions de Banks. Si pour le premier point et le deuxième point que tu indiques pour expliciter le titre sont ce que j’avais ressenti, de mémoire, à la lecture, il y avait aussi une inversion au niveau comportement entre l’héros et l’héroine. Cela m’avait frappé à l’époque et je me disais que le titre renvoyait aussi à leur changement comportemental au cours du livre.

    Mémoire infidèle pour ne pas pouvoir m’exprimer mieux 😦

    Un livre qui fait envie mais l’anglais est sans espoir pour moi… reste donc le Bélial 🙂

    Merci pour cette critique toujours de très haute volée.

    J'aime

  4. Ayant essuyé des plâtres avec cet auteur, c’est avec une certaine réserve que j’envisage d’acquérir un roman en VO. Je suis ravie quand tu joues les éclaireur et que tu repères les pépites.
    L’envie de le lire est bien là, déjà uniquement pour ce chapitre si alléchant. La question est la suivante : en VO ou j’attends la traduction du Bélial (peut-être) ?

    Aimé par 1 personne

  5. Ping : Prix Apophis 2021 | Le culte d'Apophis

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