[TAG] Les incontournables (récents) en SFFF

Que le choix fut dur !

incontournablesSFFFSi vous suivez le Culte depuis très, très longtemps, vous savez que ma ligne éditoriale exclut, et ce depuis des années, la participation à des tags, alors que c’est quelque chose que je faisais à mes débuts. Je n’ai pas l’intention de remettre cette politique en question, mais toute règle a son exception, et le présent article en est une. En effet, il y a quelques temps, la blogueuse Vert du blog Nevertwhere (j’adore ce nom 😀 ) a lancé une très intéressante initiative, détaillée ici : en gros, il s’agissait, à contre-courant des médias généralistes, de proposer des listes de romans incontournables en SFFF qui ne soient ni anciens, ni écrits toujours par les mêmes profils d’auteurs. Les contraintes étant : pas plus de dix ouvrages dans la liste, et publiés après 2000… la date de publication en VO faisant foi. 

Alors vous commencez à me connaître, se limiter à dix ouvrages a été la chose la plus difficile pour moi, surtout à l’heure de choix déchirants. J’aurais facilement pu vous faire au minimum une deuxième liste de dix, et sans doute plus, mais je me suis tenu aux règles. C’est la date de publication en VO qui m’a causé le plus de tourments, car elle a signé l’abandon d’œuvres aussi incontournables, pour moi, dans leurs genres respectifs, que Diaspora, L’épée brisée ou Le livre des martyrs

Précisons, avant d’entrer dans le vif du sujet, que l’excellent logo du tag a été créé par la non moins excellente Anne-Laure du magistral blog Chut… Maman lit !

Sans ordre particulier, voici donc mes dix… enfin disons plutôt dix de mes incontournables de la SFFF des vingt dernières années. Pour les autres, voyez notamment les tags (roman) culte d’apophis et panthéon apophien

Mes vrais enfants – Jo Walton 

mes_vrais_enfantsMes vrais enfants, outre le fait qu’il est le chef-d’oeuvre de Jo Walton, est une merveille, tout simplement. Mêlant uchronie personnelle, uchronie tout court (Historique), et peut-être Fantastique / délires sans réalité d’une vieille femme / SF (vous ne le découvrirez que dans le dernier chapitre), il est aussi, sans que cela n’efface (ne fasse d’un prétexte de) l’aspect SFFF / uchronique, un magnifique plaidoyer en faveur de la paix, du désarmement nucléaire, de la tolérance, du progrès, de la raison, de la libération de la femme et de l’égalité des chances, et ainsi de suite. Comme toute uchronie personnelle, il nous fait réfléchir sur les conséquences de nos choix, sur les routes non prises, sur ce qui aurait pu arriver si nous avions pris une décision différente.

L’écriture de l’autrice Galloise est tout en intelligence, en subtilité, en immersion, en empathie, à commencer par celle ressentie pour les deux versions du personnage principal et pour deux des personnages secondaires. Tout comme Replay, elle montre l’amour inconditionnel, au-delà de l’espace-temps, d’une personne pour son conjoint et ses enfants. Voilà un livre magistral, à côté duquel tout amateur de romans intelligents, humanistes, féministes, sensibles, qu’ils soient SFFF ou pas, ne saurait passer (au passage, je trouve qu’il constitue une excellente porte d’entrée vers nos genres de prédilection pour quelqu’un qui ne les connaît -voire apprécie- pas). 

Si vous souhaitez en savoir plus à son sujet, je vous invite à lire ma critique complète

Dans la toile du temps – Adrian Tchaikovsky

dans_la_toile_du_tempsDans cet anti-Starship Trooper, une expérience d’élévation de singes vers l’intelligence-conscience (à la David Brin) sur une planète extrasolaire tourne mal, et ce sont les araignées qui se mettent à évoluer à leur place. Des arachnides qui, confrontés des milliers d’années plus tard aux descendants de l’humanité, fuyant dans leur arche spatiale une Terre empoisonnée et inhabitable, se montreront sous un jour plus humaniste que les humains !

Ce très grand roman de Hard SF mélange avec maestria de prestigieuses références, qu’elles viennent de Brin, de Vernor Vinge (il y a d’évidents parallèles à faire avec Au tréfonds du ciel), de Stephen Baxter (les échelles temporelles utilisées, qui se comptent en milliers d’années, sont tout aussi vertigineuses que celles couramment employées par cet auteur) ou de Star Trek. Le worldbuilding, de très grande qualité, nous montre avec brio une société résolument autre, que ce soit dans ses voies de développement technologique, dans son univers sensoriel ou dans sa façon d’aborder les crises, y compris (et surtout) les plus graves. Dans son genre très particulier, c’est un livre qui peut aisément être comparé avec ces références que sont La paille dans l’oeil de Dieu ou Vision aveugle (sans toutefois atteindre la vertigineuse profondeur de réflexion et de précision scientifique de ce dernier).

C’est une belle réflexion, très profonde, sur l’humanisme, l’empathie, la communication. Mais c’est aussi un riche livre de Hard-SF, mélangeant uplift, upload de personnalités dans des matrices informatiques, post-apocalyptique, post-utopie, transhumanisme et vaisseaux à congélation interstellaires.

Bref, c’est le meilleur de la SF, que ce soit sur le plan de la réflexion sur les travers de notre époque et de nos sociétés ou sur celui du pur Sense of wonder. On pourra juste émettre un vague bémol sur une partie humaine souvent moins intéressante que les chapitres vus du point de vue arachnide (sauf dans le dernier quart), et sur des personnages souvent plus faibles chez les premiers que chez les seconds. Par contre, la fin est assez formidable, et vient conclure un roman passionnant de bout en bout.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire la critique complète que j’avais consacrée à la VO. Sachez aussi qu’il y a une suite… et qu’aussi difficile à croire que cela paraisse, elle est encore meilleure (si, si !). 

Vision aveugle – Peter Watts

vision_aveugleJ’aurais tendance à dire que si vous ne deviez lire qu’un seul livre dans les dix chefs-d’oeuvre présentés dans cet article, ce devrait être celui-là. Mais ma dévotion envers les dieux de la Hard SF n’est plus à prouver, donc suis-je bien impartial ? Clairement non !

Vision aveugle est une histoire de premier contact extraterrestre. Vous allez vous dire : bof, déjà vu. Eh bien non, pas du tout. Car ces aliens là sont extrêmement inhabituels, et l’équipe envoyée pour les rencontrer l’est encore plus. Dans ce roman de Hard-SF, le vampire Jukka Sarasti… « euh, une minute », êtes-vous en train de vous dire, « un vampire dans un livre de Hard-SF ? ». Oui, tout à fait. Watts réinvente le mythe, et d’une manière magistrale. Au passage, dans la « suite » de ce bouquin, il réinvente aussi les zombies  😀

Mais revenons à nos moutons. Rien dans ce livre n’est habituel : ni l’approche du Transhumanisme, ni celle de l’extraterrestre, ni même la narration. La particularité de Peter Watts est qu’il ne prend pas son lecteur pour un imbécile : il va vous proposer une profonde réflexion autour de théories scientifiques (voire philosophiques) pointues, ayant notamment trait à la perception du monde ainsi qu’à la nature de la conscience et à son utilité (si, si). Il va vous en demander beaucoup en terme de capacité d’attention, mais il vous fournira tous les éléments pour comprendre son intrigue et son propos (y compris, parfois, dans des annexes prodigieusement intéressantes). Bref, il respecte l’intelligence de son lecteur, en ne partant pas du principe qu’il est trop con pour suivre (et donc que soit il faut simplifier, soit que seule une élite parviendra à tout comprendre, et tant pis pour les autres) tout en lui fournissant tout de même les clefs nécessaires, s’il s’accroche, pour le faire. Et ça, c’est une attitude bien trop rare et que je respecte énormément.

De ce point de vue, Vision aveugle est un modèle presque insurpassable dans l’intelligence de son écriture : oui, c’est de la Hard-SF, oui, c’est très pointu, mais non, ce n’est en aucun cas incompréhensible, même sans connaissance préalable des domaines abordés, si vous faites l’effort d’essayer de suivre et de comprendre. Ce roman va vous en demander beaucoup, mais il vous en donnera encore plus. J’ai lu ce livre deux fois, et même à la seconde reprise, alors que l’effet de surprise était passé, j’ai énormément apprécié l’expérience. Il y a une telle richesse là-dedans, tellement de niveaux de lecture et d’analyse possibles (un peu comme dans La trilogie martienne de Kim Stanley Robinson), que c’est sans hésitation et avec un plaisir intact que je le recommencerai à nouveau.

L’homme qui mit fin à l’Histoire – Ken Liu

ken_liu_u731La collection Une heure-lumière du Belial’ est exclusivement formée de novellas, primées et inédites pour la très grande majorité. La qualité du texte moyen en faisant partie est remarquablement élevée, mais aucune n’atteint celle, extraordinaire, du roman court L’homme qui mit fin à l’Histoire signé Ken Liu. Sur un sujet d’une gravité extrême (les exactions japonaises lors de la Seconde Guerre mondiale), l’auteur évite les nombreux pièges dans lesquels un écrivain moins doué aurait facilement pu tomber pour nous livrer une novella d’une intelligence, d’une justesse, d’une habileté et surtout d’une profondeur (celle des questionnements qu’elle fait naître chez son lecteur) rarissime. En dépit de cela, il  me paraît évident que ce court roman n’est malheureusement pas destiné à tout le monde : son sujet, l’horreur absolue de certaines scènes, font qu’il va laisser de côté une partie du lectorat. Et pourtant… il participe à un devoir de mémoire, à une lutte contre le Négationnisme et le Révisionnisme, contre les mensonges d’Etat, qui en font une lecture nécessaire, bien au-delà de sa simple qualité sur un pur plan littéraire ou science-fictif.

Si vous n’avez pas encore lu ce chef-d’oeuvre absolu, et que vous voulez en savoir plus à son sujet, je vous invite à lire la longue critique que je lui ai jadis consacré.

Spin – Robert Charles Wilson 

spinUn beau jour, une mystérieuse barrière, à l’intérieur de laquelle le temps s’écoule des millions de fois plus lentement (un demi-siècle dedans équivaut à cinq milliards d’années dehors), encercle la Terre, la condamnant donc à la mort quand l’évolution du Soleil la vouera aux flammes (comme dirait Arthur C. Clarke). Le propos de Spin, incontestable et incontournable chef-d’oeuvre de Robert Charles Wilson (l’écrivain préféré de notre canidé blogosphérique favori), qui se dévore plus qu’il ne se lit, est de nous montrer la façon dont des gens ordinaires se confrontent (sur des dizaines d’années) à des événements absolument extraordinaires, nous dévoilant au passage des secrets et des concepts sur l’origine de la barrière relevant d’un impressionnant niveau de Sense of wonder. C’est donc à un très grand roman, mêlant l’intime et le cosmique, auquel nous avons affaire. En fait, son seul défaut est d’avoir deux suites… malheureusement pas au même niveau. Considérez le donc comme un one-shot… avec des suites ! 

Le nom du vent – Patrick Rothfuss

nom_du_ventLe nom du vent est le premier roman de l’auteur américain Patrick Rothfuss, ainsi que le tome inaugural d’une trilogie, Chronique du tueur de roi (et pour une fois, on est certain qu’elle ne se transformera pas en « trilogie en cinq volumes », pour des raisons que je vais vous expliquer plus loin). Il s’agit en fait du début de l’autobiographie de Kvothe, un aventurier, magicien et musicien légendaire devenu aubergiste (si, si). Il fait son récit à un scribe surnommé Chroniqueur, sur trois jours, chacune de ces journées correspondant à un des romans de la trilogie (vous comprenez donc pourquoi il est impossible d’étendre le nombre de volumes, comme c’est devenu l’énervante habitude ces derniers temps. Par contre, nous avons déjà eu droit à un spin-off, La musique du silence). Les tomes 1 et 2 sont d’ores et déjà parus (et traduits), tandis que le troisième se fait (et c’est un euphémisme !) désirer.

J’ai été happé et enthousiasmé par ce roman, alors que si je l’analyse attentivement, c’était complètement improbable. Le palais construit est certes magnifique, mais si on regarde bien, on s’aperçoit que toutes ses briques sont du déjà-vu ailleurs, que ce soit chez Le Guin (surtout), Kay, Rowling, Gemmell ou d’autres. Et pourtant, au final, la construction a son identité propre, elle ne ressemble plus vraiment à quelque chose d’autre.

Outre le style d’écriture particulièrement fluide et immersif (le roman est énorme mais se lit à une vitesse folle), c’est l’habileté dans la construction des personnages et dans la description des péripéties qui m’a bluffé. Alors qu’il n’y a quasiment rien d’épique et que nous sommes sur du roman initiatique « banal », l’auteur ne sonne jamais Young Adult ou gnan gnan, et rend ses protagonistes particulièrement crédibles (signalons aussi de très beaux personnages féminins). Et au final, on est ferré, avec une seule idée : lire la suite ! Alors certes, il y a bien quelques défauts (notamment les interludes qui cassent l’immersion, et souvent au plus mauvais moment), mais franchement, on s’en fiche, tant Le nom du vent n’est en fait pas un roman mais bel et bien un sortilège, qui va vous envoûter. Il fait partie de ces livres que, même des années après les avoir lus, on ne peut oublier.

Si vous voulez en savoir plus, ma critique complète est à votre disposition. 

La cinquième saison – N.K. Jemisin

cinquieme_saisonSur des bases qui n’ont pourtant à priori rien d’original (une science-fantasy post-apocalyptique / de la Terre mourante où une caste de « magiciens / mutants » appelés Orogènes est discriminée), N.K. Jemisin bâtit un univers et un roman exceptionnels, en terme de cohérence, de richesse ainsi que de subtilité dans la narration et le traitement des thématiques (centrées sur la discrimination, la stigmatisation, le dogmatisme, etc). L’intrigue et la découverte progressive de ce supercontinent ravagé par l’activité sismique et volcanique, qui anéantit quasiment à intervalles réguliers (les fameuses cinquièmes Saisons -en réalité des hivers « nucléaires »-) la civilisation et l’humanité, se révèlent passionnantes. Mais c’est sa narration d’une très grande qualité (dans le style, l’immersion et la structure) qui achève de faire de La Cinquième saison un vrai chef-d’oeuvre, méritant totalement son prix Hugo et à lire absolument, un alliage d’une pureté inégalable entre dépaysement et réflexion.

Si vous voulez en apprendre plus sur ce roman, vous trouverez ma critique complète ici

La saga du Commonwealth (cycle de Pandore) – Peter F. Hamilton

hamilton_asteroidJe ne vais pas vous réexpliquer pourquoi il faut absolument lire Peter F. Hamilton, vu que j’ai consacré un guide de lecture entier au sujet. En revanche, je vais vous conseiller de lire plus spécifiquement sa Saga du Commonwealth, plus volontiers connue en France sous le nom de cycle de Pandore. Le résumé de l’intrigue est (faussement) simple : l’apparente disparition inexpliquée d’une étoile mène à l’envoi d’un vaisseau pour enquêter. L’astre est en fait encapsulé, et l’ouverture de la « boîte » va s’apparenter à celle de Pandore… Mais bien sûr, avec l’auteur, rien n’est aussi linéaire, et personnages secondaires et sous-intrigues abondent, dans une oeuvre dont, comme d’habitude avec le britannique, le worldbuilding constitue le joyau et la pièce maîtresse. 

Peter F. Hamilton est un auteur incontournable dans la SF des deux dernières décennies en général, et dans le New Space Opera en particulier, tout comme son compatriote Iain M. Banks, et le cycle de Pandore est à mon sens une de ses deux meilleures oeuvres (l’autre ayant été publiée avant 2000 et n’étant que difficilement disponible en français). 

Anatèm – Neal Stephenson 

anatem_T1 Anatèm raconte, sur un monde appelé Arbre (dont la nature restera incertaine à l’issue du premier de ses deux tomes), la quête d’Érasmas, un avôt (érudit philosophico-scientifique cloîtré, comme tous ses pareils, dans des enceintes qui ne s’ouvrent au monde extérieur que tous les un-dix-cent-mille ans, les protégeant des convulsions de ce dernier mais les empêchant aussi de mettre leurs considérables connaissances théoriques en pratique), pour retrouver son maître, qui a découvert un secret astronomique que la hiérarchie « monastique » et le pouvoir séculier veulent à tout prix cacher. L’auteur ayant créé un écosystème complet de néologismes allant avec son monde (on peut d’ailleurs saluer le travail de dingue du traducteur !), et vous immergeant dans celui-ci d’un coup, sans vous tenir par la main, les premières centaines de pages sont prodigieusement exigeantes, même pour quelqu’un habitué à ce genre de livre-univers et pour un vétéran de la SF. Si la suite s’avère beaucoup plus digeste (à partir de 40 % du tome 1, en gros), et invariablement passionnante (et j’insiste sur ce fait), elle constituera parfois aussi une autre forme de défi, tant les larges et profondes thématiques abordées (de la sociologie à l’Histoire en passant par la linguistique, la philosophie, la mécanique quantique, la cosmologie, l’ingénierie, etc) peuvent laisser sur le bord de la route les lecteurs les moins intéressés par cet aspect ou n’ayant pas le bagage culturel adéquat (et je pense que peu, moi y compris, répondront à 100 % à celui exigé par Stephenson, du moins sans recherches sur le net).

Clairement, donc, Anatèm n’est pas un livre facile (du moins, une partie du tome 1 ne l’est pas), mais tout aussi clairement, c’est un livre de SF majeur, qui vous en demandera beaucoup mais vous en donnera encore plus. Je vous prie de croire que des romans comme ça, vous n’en verrez qu’une fois ou deux par génération, et que donc ne pas le lire serait une décision aussi lourde de conséquence que de l’acheter à la légère. C’est le style de roman qui tire tout le genre, voire toutes les littératures de l’imaginaire, vers le haut, que ce soit sur le plan stylistique ou intellectuel, aussi serait-il malavisé, à mon sens, de ne pas au moins tenter l’expérience avec le tome 1.

anatèm_T2Et d’ailleurs, si le tome 1 laissait clairement entrevoir un grand roman, le 2 prouve sans conteste possible que nous avons en fait affaire à un des chefs-d’oeuvre du genre, rien de moins. Je conclurai en disant qu’Anatèm dans son ensemble n’est certes pas une lecture facile ou destinée à tous les profils de lecteurs (c’est clairement un ouvrage pour vétérans ou esthètes de la SF), mais que c’est aussi, à mon sens, un des livres qu’il faut avoir lu si on a l’ambition de connaître les œuvres les plus fondamentales, les plus ambitieuses, vertigineuses, intelligentes, que peut offrir ce genre littéraire. C’est le type même de roman qui donne ses lettres de noblesse à la Science-Fiction, et prouve que, loin d’une sous-littérature, elle n’a en fait strictement rien à envier à la littérature blanche en terme de valeur et d’intérêt.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire mes critiques des deux tomes : tome 1 et tome 2

Autrefois les ténèbres – R. Scott Bakker

autrefois_les_ténèbresDans chaque genre des littératures de l’imaginaire, il y a des œuvres hors-normes, du fait de leur richesse (thématique ou celle de leur univers), de leur complexité, de leur degré d’exigence ; la SF a (par exemple) ses Anatèm, ses Diaspora, ses Trop semblable à l’éclair ; la Fantasy, elle, a son Livre des martyrs, ses Instrumentalités de la nuit et… Le prince du néant, le cycle dont Autrefois les ténèbres est le premier tome. Car clairement, au niveau univers, personnages, sous-intrigues et degré d’exigence, la trilogie de R. Scott Bakker joue dans la même division qu’Erikson et Cook. Autrefois les ténèbres va donc se mériter, nécessiter une lecture attentive et sur le laps de temps le plus court possible, mais vous pouvez me croire, grande sera la récompense, tant on tient là un roman véritablement exceptionnel sur de nombreux plans, à commencer par des protagonistes extrêmement soignés et une écriture de toute beauté.

Je n’en dis pas plus, car un court résumé ne saurait rendre justice à pareil bijou. Pour en prendre la pleine mesure, je vous invite donc plutôt à lire ma critique complète

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Si vous êtes curieux de savoir quels étaient les incontournables des autres participant(e)s à ce tag, Vert a eu la bonté de recenser leurs contributions sur cette page de son blog, ce qui m’évite une demi-heure de recherches, ouf !  😉

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49 réflexions sur “[TAG] Les incontournables (récents) en SFFF

  1. Chouette liste !
    On n’en a aucun en commun mais plusieurs sont dans ma PàL (Vision Aveugle, L’homme qui mit fin à l’histoire, La cinquième saison) ou en wishlist (Dans la toile du temps, Anatèm).
    Par contre moi RC Wilson j’accroche pas du tout. Aucun souvenir de ma lecture de Spin ou des Chronolithes. Pas un auteur pour moi.
    L’étoile de Pandore j’ai audiolu le premier volume et ça m’a relativement laissée de marbre. Un jour me mettrai à la suite.
    Et Mes vrais enfants ne me tente pas du tout 😮

    Sinon par contre pareil pour la difficulté à en choisir seulement 10… du coup… j’ai triché. 🤫

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      • À ma décharge, on m’a autorisée à tricher 🤣🤣🤣Mais je trouve ça tellement difficile de faire un choix. C’est super arbitraire le « pourquoi » un livre qu’on adore plutôt qu’un autre, surtout quand les raisons ne sont pas du tout les mêmes et que donc il n’y a pas de comparaison possible 😱

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        • Je ne savais pas qu’on pouvait demander à tricher 😀
          Pour ma part, je me suis basé sur la vitesse à laquelle j’ai dévoré plus que lu ces livres, ou bien le fait qu’ils m’aient tellement retourné le cerveau que tous les autres bouquins ont eu l’air fades à côté.

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          • J’ai inspiré de la pitié dans un moment de faiblesse 👀
            « Ô à quelle douloureuse épreuve suis-je donc soumise en ce terrible été » et mes paroles ont été entendues par les instances supérieures.
            Apparemment va y avoir une liste des tricheurs car nous serions nombreux à avoir cédé à nos (bas) instincts, pauvres humains incapables de se maîtriser que nous sommes.
            Tu te souviens de ta vitesse de lecture d’œuvres lues y’a parfois longtemps ? Bravo ! 🎉🍾🎊
            Si je m’étais limitée je me serais imposée de ne mettre en avant que du roman francophone.
            Ça m’aurait embêtée pour Abercrombie, Tade Thompson et les autres mais bon.

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  2. On en a au moins un en commun ^^(La Cinquième Saison) mais je plussoie en ce qui concerne « Mes vrais enfants », « Le prince du néant » et « Le nom du vent » que j’ai aussi adoré (dix c’est trop peu !). Je note les autres, même si la plupart étaient déjà dans ma liste suite à tes chroniques 🙂

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  3. Ping : [TAG] Les incontournables (récents) en SFFF – Les Lectures de Xapur

  4. C’est à dire qu’il ne faut pas inclure de romans écrits par des auteurs blancs ayant passé la cinquantaine ? Si je n’ai rien contre la diversité, l’exclusion à cause de son âge ou de la couleur de sa peau, quel qu’en soit la couleur me laisse plus que dubitatif.
    Avec ce genre de principe on divise en communauté de communauté et chaque case sociale est divisible à l’infini… Moi qui croyais que la couleur, le sexe ou l’âge n’avait pas d’importance j’ai l’impression d’être un vieux réac du coup, ce qui est un comble à 28 ans !
    Il y a eue des tas de bons romans/auteurs de toutes couleurs/orientation sexuelle/sexe etc qui ont été publiés depuis l’an 2000, pourquoi dissocier le blanc des autres ? L’homme de la femme ? Les histoires mettant en-avant des personnages aussi divers que variés sont très présents depuis un certain temps déjà. D’Imaro à Nightrunner et de Nnedi Orokafor à Ken Liu, on ne manque pas de diversité à mon sens. Le cliché auteurs/héros blancs hétéro est parfaitement désuet et est le reflet d’une époque où la SFFF ne s’adressait prétendument qu’au ados boutonneux fan de Donjons et dragons et d’informatique.
    Bref, je suis plus que perplexe sur ce genre d’initiative, mais ce, sans animosité ni aucune haine, j’attends impatiemment le listing spécial « homme blanc cinquantenaires depuis 2000 ». Eux aussi écrivent de bonnes choses à ce qu’il paraît.
    Désolé du commentaire s’il sera peut-être perçus comme plus clivant que je ne le souhaite.

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    • Eh bien pour ma part, je ne connais que deux catégories d’auteurs : les bons et les mauvais. Pour le reste (et je me suis exprimé plusieurs fois sur ce sujet au fil des années), qu’ils soient homme, femme, blancs, noirs, cis, trans, de droite, de gauche, mauves à pois verts du troisième sexe (comme dirait Indochine) votant pour le parti orthogonal m’importe peu. Tu remarqueras d’ailleurs que ma liste de dix livres / cycles ne contient aucun clivage, qu’il soit par âge ou autre catégorie. On m’a demandé le meilleur des vingt dernières années, je fournis ce que je pense être le meilleur, point.

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    • Je crois que tu n’as pas compris le sens du tag. Quand on voit les listes faites par les médias transnationaux nous n’avons que des livres du siècle dernier, écrit par des hommes blancs etc… alors qu’il existe de très bons bouquins plus récents, pas forcements écrits par des hommes blancs !

      Et donc ces listes montrent le diversité et la richesse des publications récentes où tu retrouveras même des hommes blancs de cinquante ans !

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      • Oui c’était en rapport avec le blog de Vert, désolé c’était maladroit de ma part.
        Je ne fais pas plus dévier la discussion ce n’est pas le but. De toute façon quelqu’un qui découvre la SFFF avec un « classique » omniprésent dans les tops de médias généralistes (Hobb, Martin, Tolkien, Feist, K. Dick etc) finira tôt ou tard par approfondir par le biais de blogs, elbakin, le forum du belial etc.
        Cordialement

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  5. Si l’on enlève les 2 livres de Fantasy, j’ai lu 7 des 8 autres. Il me reste donc à lire le Peter Watts pour être en accord avec le Culte ! 😉

    Par contre je note que tu n’as pas un roman francophone dans ta liste ?

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    • Quoi, tu deviendrais finalement un bon adepte de l’Apophisme ?! Je n’ose y croire !

      Ah, c’est cette satanée limite de dix bouquins, mon bon Yogo. Comme je le disais à Xapur, Jaworski a failli y être, mais j’avais déjà dû faire tant de choix difficiles que je n’ai pû me résoudre à éjecter un autre auteur de la liste (déjà qu’il n’y a pas Iain Banks…).

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  6. Liste très sympathique, merci pour les idées. « Vision aveugle » semble difficile à trouver malheureusement :/
    J’ai adoré « Dans la toile du temps », du Planet Opera comme je les aime.
    « Anatèm » j’ai tout lu, plein de choses intéressantes mais beaucoup trop de blabla philosophiques pour moi.
    Personnellement la trilogie de Cixin Liu ferait parti d’un tel top 10 sans hésiter, c’est ce que j’ai lu de mieux en SF ces dernières années (même s’il y a des défauts).

    Au passage merci pour le blog, je ne partage pas toujours tes gouts mais tes critiques et tes articles de fond sont toujours très bien écrits et instructifs (juste dommage de mettre Amazon en avant).

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    • Merci ! La trilogie de Liu Cixin a failli y être, mais la limite de dix cycles / romans a été très contraignante. Comme je le dis dans l’article, j’ai largement de quoi faire une ou plusieurs listes du même genre.

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  7. Chouette liste, je mets « La cinquième saison » et « Anatem » sur ma prochaine liste de souhait, merci!
    J’ai juste un peu tiqué sur « Le nom du vent » que j’ai certes bien apprécié, mais si le premier tome peut faire illusion les deux tomes suivants m’ont fortement déçus, trop répétitifs, ficelles narratives grosses et usées, très peu de progression sur l’intrigue au profit d’anecdotes dont on devine l’issue facilement à force. J’aurais plus vu une oeuvre plus originale comme « Perdido Street Station » ou un auteur français comme Stephane Beauverger… mais bon, c’est jamais facile de choisir!

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  8. Je n’en ai lu que deux… Mais si je faisais ce tag, ils seraient dans ma liste d’incontournables, c’est certain ! Il s’agit de « Mes vrais enfants » et « Le Nom du Vent » (dont justement j’apprécie les interludes même si ça suprend, au début, et que c’est régulièrement dans des moments où on est en attente de la suite) 😍
    J’avais noté « Spin » dans ma liste d’envies, il faudra vraiment que je m’y mette un jour.

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  9. Ah non, il va falloir arrêter d’en ajouter, si j’ai lu 50 pages en moyenne par jour en juillet et août, je vais avoir plus de mal dans les semaines à venir !
    Mais je ne t’en veux pas et te remercie.
    Je viens de finir Tchaikovsy (lien vers ma critique ci-dessous) et d’acheter Pandore et te remercie vivement pour tes conseils.
    Je retiens beaucoup de noms dans la liste que tu cites avec une préférence pour Watts que je vais rapidement ajouter à ma pile ! Je recherche en effet de l’humanisme, du profond, de l’anticipation et hard science.

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    • Concernant Watts, je te conseille vivement Eriophora, qui va sortir chez le Belial’ à la mi-septembre (il y aura un rappel de sortie sur le blog d’ici quelques semaines), et qui est tout à fait prodigieux, notamment en terme de sense of wonder.

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  10. Les enfermés de Scalzi (quand je le conseille à des connaissances, je leur dis toujours que j’aurais 1 question à leur poser après leur lecture).
    Outresable, d’Howey
    La trilogie spire de Genefort (ça compte pour 1, je triche :))
    Le N° 3 de The expanse du duo Corey
    Coalescence de Baxter
    Nous sommes legion (nous sommes bob) de Taylor, pour l’humour
    Lazare en guerre de Sawyer
    Le faucheur David Gunn pour le coup de poing impolitiquement correct
    A un an près: des milliards de tapis de cheveux de Eschbach (c’est le problème, quand on a commencé à tricher on continue :))
    Et dans la toile du temps.
    Je me rends bien compte que la plupart de « mes » auteurs sont plutôt mainstream mais c’est ce qui me revient spontanément en tête.
    Bonne idée en tout cas.

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  11. J’ai eu du mal à m’en tenir à 10 choix aussi ! On a le Jemisin et le Walton en commun, j’ai adoré les deux. « Dans la toile du temps » faisait partie des challengers, mais la partie des humains, moins captivante que le point de vue des arachnides, a joué en sa défaveur 🙂

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  12. Aïe, ma PAL vient encore d’en prendre un coup avec ces dix incontournables récents ! Heureusement, quelques-uns étaient déjà prévus (Mes vrais enfants, Vision aveugle, Le nom du vent, voire la 5e saison). Et je me garde l’article de côté, pour y revenir une fois ces romans-là achevés. J’irai aussi voir les contributions des autres participant(e)s, au risque de donner une crise cardiaque à ma liste déjà interminable ! C’est une belle liste (le genre qui fait s’arracher les cheveux au moment de choisir), et je te remercie encore de la découverte de l’Homme qui mit fin à l’Histoire grâce à toi (c’est le déclic qui m’a redonné l’envie de vraiment me replonger en SFFF ^^)

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  13. Ping : TAG Mes incontournables récents (ou un peu moins) en SFFF – C'est pour ma culture

  14. « Précisons, avant d’entrer dans le vif du sujet, que l’excellent logo du tag a été créé par la non moins excellente Anne-Laure du magistral blog Chut… Maman lit ! »
    mais, mais… merci ❤
    Deux livres en communs, j'aurais pu mettre Pandore aussi… j'avais hésité mais c'est surtout parce que les deux dernières séries du cycle m'ont moins emballées. Je note Spin et Anatem ^^

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    • Merci à toi pour cette chouette idée de tag, permettant à la fois de proposer aux gens des listes de conseils de lecture plus adaptées à ce qu’est la SFFF en 2020 que ce qu’on trouve dans les médias généralistes, mais aussi de renforcer les liens entre membres du fandom et de la blogosphère, puisque nombreuses et nombreux sont ceux qui se sont prêtés à l’exercice avec plaisir 😉

      (et tu as vu, je n’ai pas triché, m’en suis tenu à dix livres sortis en VO après 2000, moi ^^).

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    • Oui, c’est dommage que la traduction de la seconde trilogie (qui s’est transformée en tétralogie, d’ailleurs) n’ait pas été effectuée. Personnellement, je lis en anglais, mais ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.

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  15. Aaah une liste!! 😉
    Jo Walton! J’ai adoré Nos vrais enfants aussi. (et Replay aussi d’ailleurs, vu que tu le cites).
    Le Watts a l’air plutôt tentant, même si ce n’est pas « mon rayon » la hard SF. Tu sais être convaincant.
    Je note aussi le Ken Liu, que j’ai déjà vu passer plein plein de fois…

    J’ai lu aussi Le nom du vent… mais juste le premier tome, qui m’avait bien plu. Il faut que je continue cette série. Argh à mon avis, je devrais reprendre le premier tome pour me remettre les idées au clair. Tu as lu toute la série j’imagine?

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  16. Ping : [Motus] Les incontournables (récents) en SFFF – Le Vaisseau-Livres

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