Diaspora – Greg Egan

Le roman le plus ambitieux et le plus rempli de sense of wonder de toute l’histoire de la science-fiction

DiasporaVous avez découvert Greg Egan récemment, par exemple avec Zendegi, Cérès et Vesta, voire, si vous êtes anglophone, avec Perihelion Summer, et vous pensez connaître l’auteur ? Eh bien comme le disait un personnage d’une série récemment achevée (dans tous les sens du terme), « Tu ne sais rien, Jean Neige » (je francise). Dans ces textes, l’australien fait ce que j’appellerais de la « Light Hard SF », au mieux (et souvent presque de la Soft SF), ce qui est donc un ou plusieurs ordres de grandeur en-dessous de la complexité, de la difficulté et de l’ambition de la plupart de ses textes plus anciens (pour plus de détails, voir mon Guide de lecture de la Hard SF). Rien de tel ici : publié en 1997 en VO, Diaspora relève de cette pure ultra-Hard SF qui a fait connaître l’auteur. Ce qui veut dire que même si, pour moi, c’est sans aucun doute le livre le plus ambitieux et le plus rempli de sense of wonder de toute l’histoire de la Science-Fiction, il ne se destinera probablement pas à tous les profils de lecteur. Même si l’australien fait un notable effort à coups d’analogies, de visualisations et de métaphores pour rendre son propos compréhensible, qu’il y a une vraie intrigue et que le propos n’est pas froidement centré uniquement sur les sciences mais plutôt sur l’humain, c’est une SF d’un tel calibre que, comme, dans un sous-genre différent, Anatèm, elle se révélera à la fois exigeante mais aussi incomparablement gratifiante pour qui s’investira dans sa lecture.

Ceci étant posé, voilà une sortie à côté de laquelle il ne faut surtout pas passer, car je vous prie de croire que des livres de ce calibre, il n’en est publié le plus souvent qu’un par décennie, au mieux (le décalage entre la sortie en VO et la traduction a fait que nous en avons, avec Anatèm, eu deux en quelques mois, ce qui fait que nous vivons clairement ce que je n’hésite pas à appeler une époque bénie). J’ajoute que voilà un parfait exemple de la SF que moi, je veux lire : moins de Damasio, plus de Diaspora !

Univers, base de l’intrigue

Le livre est structuré en huit parties, chacune ouverte par une prolepse d’une page (voire un simple recto) servant de fil rouge et se déroulant beaucoup plus tard, et chacune mettant en général en vedette un personnage différent. Précisons que la quatrième de ces parties correspond à un texte publié antérieurement (dans le recueil Océanique), Les tapis de Wang. Le tout s’étendant sur… oh, plus que ça, et commençant sur Terre, au XXXe siècle. Chaque partie montre un changement de paradigme : de la nature de la vie terrestre, de la compréhension des lois de la Physique ou de la structure du multivers, de la conception de ce que peut être une vie extraterrestre, etc.

La planète est occupée par plusieurs types d’intelligences, artificielles ou organiques, désincarnées ou dotées d’un corps. D’un côté, il y a les descendants en chair et en os des humains d’origine, les enchairés (j’en profite d’ailleurs pour louer l’excellence de la traduction de Francis Lustman). Eux mêmes se divisant entre Statiques (pas ou peu de modifications génétiques) et Exubérants. Depuis la fin du XXIIe siècle, existent aussi des Polis, communautés d’esprits vivant dans un environnement virtuel. Si, au début, leurs citoyens étaient des humains numérisés, leur population est, depuis, formée à l’écrasante majorité d’Intelligences Artificielles (j’y reviendrai), pouvant avoir 1, 2, 20 ou même… zéro parent. Enfin, il existe un autre type d’IA, qui, lui, refuse de perdre contact avec le monde réel, physique, et s’incarne dans des corps robotiques : ce sont les Gleisners. Au début du récit, en 2975, les enchairés sont tout à fait minoritaires sur la planète, les citoyens des Polis formant le gros des habitants. Les Gleisners, eux, sont répartis dans le système solaire, surtout dans la Ceinture d’astéroïdes. Quelle que soit la communauté, Polis, Gleisners ou enchairés, le nombre d’habitants est strictement contrôlé : la croissance exponentielle de jadis est vue comme une folie à éviter à tout prix. Et c’est d’autant plus nécessaire que les logiciels intelligents des Polis peuvent se cloner à volonté, et que c’est avant tout un monde d’immortels : seuls les Statiques et les plus conservateurs des Exubérants ont conservé les gènes ancestraux de la mort programmée, et dans les Polis, on ne meurt que si on décide de se suicider (et au cours du récit, c’est moins rare qu’on pourrait le croire). Malgré tout, il faut aussi maintenir un certain taux de renouvellement, afin d’éviter le piège tout aussi insidieux de la stagnation culturelle et génétique (y compris avec des gènes virtuels !).

Notez qu’il existe une défiance des enchairés envers les Polis, les premiers pensant que les secondes veulent les uploader à tout prix, alors que c’est tout à fait contre l’éthique des Polis (il est d’ailleurs étonnant de voir que les Gleisners sont tout aussi déterminés à ne pas en devenir des citoyens, même si cela arrive parfois). Une méfiance qui va d’ailleurs jouer un rôle tragique dans l’intrigue. L’auteur décrit aussi les plus radicales des milliers de modifications génétiques artificielles auxquelles les Exubérants peuvent se soumettre : hermaphrodisme, reproduction parthénogénétique, métabolisme photosynthétique, ailes, branchies, etc.

Cette défiance devient un problème épineux quand on s’aperçoit, très tardivement, qu’une catastrophe de nature astronomique menace toute vie organique sur Terre. Elle aura cependant le mérite de faire prendre conscience aux intelligences qui peuplent la planète que plus que jamais, mettre tous leurs œufs dans le même panier, à savoir un seul système solaire, est une très mauvaise idée, et que l’imprécision de leurs théories physiques constitue désormais un danger inacceptable. Les Gleisners vont donc construire une flotte de vaisseaux interstellaires propulsés par la Fusion nucléaire, tandis que les Polis vont travailler sur quelque chose de nettement plus exotique. Mais dans les deux cas, la diaspora qui donne son titre au roman est lancée. On verra qu’elle ne s’arrêtera certainement pas aux étoiles mais ira infiniment plus loin !

Sense of wonder

Je ne vais pas vous dire qu’il y a du sense of wonder (sentiment d’épiphanie / émerveillement / sidération devant les merveilles de l’univers ou de la science) dans ce livre, parce que cela signifierait qu’il existe des pages où il n’y en a pas. En fait, de la première à la dernière d’entre elles, c’est tout le roman qui est un bloc pur et massif de SoW ! Et les merveilles commencent dès l’ouverture : je constatais dans une critique récente que la naissance des IA était un processus assez négligé (on préfère plutôt traiter les conséquences de leur apparition, pas les détails de celle-ci), eh bien avec Diaspora, j’ai été exaucé au-delà de mes rêves les plus fous. Car nous assistons littéralement à l’embryogenèse informatique d’un des protagonistes, Yatima. Je m’empresse d’ailleurs de préciser que l’auteur / le traducteur parle des citoyens des Polis en utilisant des pronoms de genre neutre / indéfini (ille, iel, al). Certains lecteurs n’aiment pas l’emploi de ce genre de procédé, trouvant qu’il rend la lecture pénible ou fastidieuse, mais honnêtement, ici ça passe très bien, et son utilisation est en fait assez minoritaire à l’échelle de la totalité du roman. Et de toute façon, vous serez clairement trop occupé à vous émerveiller devant l’audace de l’auteur et l’ambition de ce qu’il raconte pour y faire attention.

Et l’émerveillement ne s’arrête certainement pas à la conception dans un utérus virtuel d’une IA désincarnée : qu’il se base sur l’astrophysique, la physique des particules, la cosmologie, la génétique, l’upload transhumaniste de consciences, la découverte de formes de vie autres à des années-lumière des peluches de Star Wars ou des pseudo-humains de Star Trek, il est, comme je le disais, incessant. Comme dans L’énigme de l’univers, Egan propose une théorie fictive du Tout (quelque chose dérivé d’une théorie émise par John Wheeler et qui, à mon avis, n’est pas sans rapport avec l’hypothèse du Trou noir électronique établie par Einstein, mais généralisée à toutes les particules et basée sur les Trous de ver), et, plus tard dans le livre, il joue avec des univers, hum, « parallèles » (même si c’est beaucoup plus compliqué et riche que ça) aux lois physiques complètement différentes, comme il le fera plus tard dans le cycle Orthogonal ou dans Dichronauts. On peut aussi remarquer que comme dans Perihelion Summer, Schild’s Ladder ou Orthogonal, la catastrophe est imminente et menace le monde / la galaxie / l’univers. Notez qu’un passage est étonnant dans le sens où on dirait presque qu’Egan s’est amusé à donner une explication (ultra-)Hard SF à l’existence de la Voie présente dans l’Éon de Greg Bear.

Il y a tellement de sense of wonder, tellement d’ambition démesurée par rapport aux écrivaillons qui pensent bricoler de la SF et qui ne savent même pas de quoi ils parlent, qu’on est pantois devant tant d’audace : le terme de « baffe » est clairement insuffisant pour décrire ce que l’on ressent, même quand, comme moi, on a tout lu ou presque. La sensation ressentie est plus proche de ce qui était montré dans un film de Van Damme des années 80, quand on avait l’impression que lorsqu’il donnait un coup au méchant, il lui en mettait en fait trois (ce qui était simplement dû au fait que la scène était filmée sous trois angles différents). Eh bien là, c’est la même chose, mais en dix dimensions (vous comprendrez en lisant ce livre). Car où croisez-vous un accélérateur de particules linéaire de 140 milliards de km de long, une molécule unique pesant 25000 tonnes, des termes comme « les continents de l’étoile » ou « la lumière de l’océan », ou encore mille clones d’une Polis lancés vers autant de systèmes stellaires répartis dans un volume de 10 millions d’années-lumière cube ?

La description des virtualités des Polis est également fascinante : n’importe quel environnement peut être simulé, n’importe quelle allégorie visuelle peut organiser les données, et même le taux subjectif d’écoulement du temps peut être manipulé. Si vous le décidez, tandis que le substrat informatique physique de votre cité se traîne vers Fomalhaut a à peine 8% de la vitesse de la lumière, vous pouvez suspendre ou ralentir votre perception des événements pour que subjectivement parlant, le voyage ne prenne qu’un instant ! Vous pouvez également converser avec vos clones logiciels restés sur Terre ou partis vers d’autres étoiles, échanger des souvenirs avec eux, créer des doubles de votre personne tout en changeant leurs sens, leur anatomie, leur structure atomique ou dimensionnelle, le contenu de leur mémoire, et j’en passe. Et vous découvrirez que les IA aussi font l’amour ! Voilà encore un aspect de ce livre d’une richesse impressionnante.

Mais le plus impressionnant n’est pas dans les décors, astronomiques puis cosmologiques, ou dans les gadgets et les évolutions technologiques, si extrêmes soient-elles (c’est probablement un des seuls romans que je connaisse qui dépasse la picotech de Neal Asher pour descendre au niveau femtométrique… et même plus bas à la fin !), mais bel et bien dans l’évolution de l’homme, qu’elle soit physique (les enchairés), culturelle (idem, plus les polis) ou intellectuelle (Gleisners, citoyens). Greg Egan fait du transhumanisme de plus en plus radical au fur et à mesure que le livre avance, ne se contentant plus d’intelligences artificielles ou uploadées tournant sous un substrat physique pour changer la nature même de ce dernier, allant jusqu’à le recomposer avec des « atomes » et dans des espaces-temps radicalement transformés. Naissance d’IAs, suicides, clonages, édition de souvenirs et fusion de personnalités, il transforme ce que nous ou nos descendants technologiques serons d’une façon à la fois bluffante, extrême et sans aucun doute jamais vue ou presque en SF.

Et surtout, l’auteur n’en oublie pas ses personnages, son intrigue, il ne sacrifie ni le récit ni l’humain sur les autels jumeaux du transhumanisme ou de l’émerveillement. Tout ceci a une dimension paradoxalement à notre taille, celle d’intelligences très différentes par certains côtés mais très proches par certains autres de nous, et qui peuvent ressentir désespoir, envie d’en finir, peur de l’avenir, de l’échec et de la mort. On aura beau chercher, il sera difficile de trouver à ce livre incroyablement brillant, et sans aucun doute le chef-d’oeuvre de son auteur, un défaut. À part peut-être le fait que justement, son intelligence et son ambition ne le mettront malheureusement pas, ou pas complètement, à la portée de tous, sans élitisme de ma part aucun. Comme tous les très grands livres de SF, il va se mériter, et je ne suis pas certain que tout le monde soit prêt, malheureusement, à consentir pareil effort. Même si, je le répète ou le précise, nous ne sommes pas sur le niveau de difficulté de Schild’s Ladder et que l’australien fait des efforts pour rendre son propos compréhensible par tous.

La fin, ah, la fin ! Elle ridiculise celle, pourtant démesurée, de Tau Zero, et donne le chiffre le plus vertigineux de toute l’histoire de la SF, à mon humble avis. Et vient conclure un roman qui prouve que même Hannu Rajaniemi, Peter Watts, Stephen Baxter ou les autres grands noms de la Hard SF seront toujours un petit pas en-dessous du Maître au sommet de l’Olympe.

En conclusion

Diaspora montre la dispersion, dans l’espace interstellaire puis beaucoup, beaucoup plus loin, des descendants d’une humanité mutilée par une catastrophe cosmique ayant frappé la Terre à la fin du trentième siècle. Roman vertigineux du fait de l’ampleur inégalée de l’ambition et du sense of wonder omniprésent dont fait preuve son auteur, il constitue sans aucun doute le chef-d’oeuvre d’une carrière pourtant riche en textes d’une envergure quasiment unique. On y trouve la description très poussée d’une évolution transhumaniste, celle des merveilles mais peut-être surtout des dangers de l’univers, celle de formes de vie extraterrestres dont le degré d’originalité et de complexité ridiculise pratiquement toutes les tentatives d’autres auteurs dans ce domaine (à part sans doute les Xeelees de Stephen Baxter). C’est certes un festival d’ultra-Hard SF, mais l’auteur n’en oublie pas (tout à fait) d’être compréhensible, ni l’aspect humain ou son intrigue en cours de route.

C’est donc à un roman de SF comme on n’en voit, au mieux, qu’une fois par décennie, auquel nous avons affaire, le pinacle de la carrière de son auteur, l’apogée de ce qu’à pu proposer la Hard SF, et, à mon avis, l’acmé de la science-fiction tout court. On ne pourra donc qu’en recommander chaudement la lecture à tout amateur de ce genre qui se respecte, sachant que si Diaspora n’atteint pas les sommets de complexité de Schild’s Ladder, et que Greg Egan fait de réels efforts pour rester compréhensible, elle demeurera exigeante. Comme tout chef-d’oeuvre de la SF, celui-ci va se mériter, mais la récompense de vos efforts sera plus qu’à la hauteur des efforts consentis ! Et bien sûr, un grand merci au Belial’ pour nous avoir enfin fourni une version française de cette merveille !

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de FeydRautha, celle du Chroniqueur, du blog Constellations,

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56 réflexions sur “Diaspora – Greg Egan

  1. Ping : Diaspora – Greg Egan ***** – L'épaule d'Orion – blog de SF

  2. Quelle critique!!! C’est un ensemencement. Même si la hard-sf me faisait encore un peu peur – ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui – je me dirais qu’il faut lire ce livre. Non pas parce qu’Apo le dit, ou parce que c’est un livre qui doit être lu, mais car les thèmes abordés, la structure, et toutes les trames m’interpellent. Et puis, j’avoue n’avoir jamais été déçue par un livre que tu recommandais chaudement.

    Après Axiomatique que j’ai vraiment apprécié, place à Diaspora. Cela tombe bien, c’est mon cadeau d’anniversaire

    Dans tous les cas tu donnes un superbe aperçu du roman, et une envie de le lire intense!!!

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  3. Le 30 mai semble tellement loin :,( Je me suis pris une méchante baffe rien qu’avec Orphanogenèse, et j’en redemande ! Entre ça et Ada Palmer, Le Bélial frappe fort cette année.

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    • Ce n’est pas le livre le plus facile du monde, c’est sûr, mais il n’y a pas besoin de comprendre le moindre développement scientifique pour saisir l’idée générale que Greg Egan veut faire passer. C’est un peu comme dans Anatèm, on ne saisit peut-être pas forcément chaque référence philosophique, cosmologique, etc, mais on comprend le cœur de ce que Stephenson veut faire passer.

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  4. Je dois m’avouer impatient de lire les avis du lectorat francophone sur ce roman. Je n’avais évidemment aucun doute sur l’accueil que toi tu lui réserverais, mais il est probable qu’il polarise la blogosphère. Ce sera un bon outils pour sonder l’attente du public français en matière de SF avancée. Il semble qu’Egan intimide toujours autant, et je m’attends à ce que certains lecteurs ne le digèrent pas. Plus encore, ce que je serais curieux de connaître c’est l’avis des auteurs français qui vont le lire.

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    • C’est pour ça que j’ai émis des avertissements dans ma critique. Diaspora n’est pas aussi accessible que Cérès et Vesta, et c’est cette fois de la vraie Ultra-Hard SF, comme j’aime à l’appeler. Et cette catégorie très particulière de romans n’est clairement pas taillée pour plaire à tout le monde. Même si je suis persuadé que le lecteur n’a pas besoin de tout comprendre pour saisir l’énorme ambition d’Egan (surtout à la fin).

      Pour ce qui est de l’attente du lectorat français à propos de la SF avancée, avant la sortie d’Anatèm, j’aurais été pessimiste si tu m’avais posé la question, maintenant je le serais sans doute un peu moins.

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  5. Mais du coup, est-ce jouable pour des bibous comme moi, qui lisent un peu de hard SF mais n’en sont pas non plus de fieffés lecteurs ?

    Parce que bon, je l’ai repéré et placé dans ma wishlist depuis un bout de temps, mais j’ai un peu peur quand même 😀

    Aimé par 1 personne

    • Je vais faire la comparaison avec Anatèm, de Neal Stephenson : ce n’est pas du tout un livre facile, il faut s’accrocher, et accepter de ne pas forcément tout comprendre ou de saisir la moindre référence lorsque l’auteur se lance dans des développements philosophiques, cosmologiques, etc, de pointe. Mais, pour autant, le cœur de l’histoire, lui, reste compréhensible par tous, et vu l’ambition démesurée de ce type de romans, c’est le genre de livre qu’il faut vraiment avoir au moins tenté.

      J’ajoute que Pierre-Paul Durastanti (traducteur de nombreux livres de SFF) disait justement sur Twitter qu’il n’avait pas de connaissances particulières en sciences, et que cela ne lui avait pas posé de problème pour apprécier le livre. Les gens du Belial’ ne disent pas autre chose : aucun n’est un spécialiste en physique quantique, et pourtant ils ont aimé ce livre. Honnêtement, la compréhension des passages les plus pointus n’est absolument pas indispensable pour aimer cette histoire et saisir pleinement le message que veut faire passer Egan. Et il est grandiose !

      Aimé par 2 personnes

  6. Ping : Chroniques des livres éligibles au Prix Planète-SF 2019 : A à K (par titre) – Planète-SF

  7. Je fais un court séjour à Nantes et comme tu le places sur la même échelle de qualité qu’Anatèm , je vais en profiter pour foncer chez la librairie l’Atalante ou je vais faire mon plein annuel.

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  8. Impossible de passer à côté, hein, ce serait… Presque un crime, avec une telle critique ! Je ne sais pas si j’ai les épaules pour lire cette Hard SF, mais je m’en voudrais de ne pas essayer. Au boulot, donc !

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  9. Ping : En mai, lis ce qu’il te plaît – Albédo

  10. C’est un bon roman, surtout pour les amateurs de Hard SF de haute volée MAIS j’ai toujours la nostalgie de l’âge d’or de la science fiction, où la sf était en fait un moyen d’explorer l’âme et la psychologie humaine, où l’anticipation était un moyen d’explorer l’univers des possibles qui est ici passé sous silence d’un revers de la main, d’un balayment.

    La prospective.

    Aujourd’hui on se perd surtout sur des exposés de possibilités théoriques et une difficulté à s’attacher à des personnages qui n’ont plus rien d’humain. Effectivement le final de Egan est grandiose mais en terme de sense of wonder où l’aventure, les rebondissements et le scénario sont au rendez-vous et à la hauteur des perspectives, je ne peux que recommander « La voie terrestre » de Reed qui traite des mêmes thématiques.

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    • La voie terrestre est un très bon roman (j’en ai d’ailleurs parlé il y a un moment dans ma série d’articles l’œil d’Apophis), mais je ne le mettrai, pour ma part, pas au même niveau que Diaspora.

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  11. Ping : The A(pophis)-Files – épisode 9 : Universe Opera ! | Le culte d'Apophis

  12. Ping : Diaspora, de Greg Egan – Les Chroniques du Chroniqueur

  13. Ping : Chroniques des livres éligibles au Prix Planète-SF 2020 : A à K (par titre) – Planète-SF

  14. Ping : Diaspora – Greg Egan – Constellations

  15. Bonjour, lecteur de SF expérimenté, j’ai fini ce livre il y a quelques jours et je ne partage pas ton sentiment. Certes de très bonnes idées mais je n’en garde pas un souvenir impérissable ; j’ai notamment trouvé que ça manquait de personnages attachants et de suspense. Je continue néanmoins à suivre avec attention tes critiques, on ne peut pas toujours tomber d’accord sur tout. Bonne soirée.

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  16. Ping : L’œil d’Apophis – Numéro 14 | Le culte d'Apophis

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