L’œil d’Apophis – Hors-série 4 – Toujours pas traduit, toujours pas réédité, que fait l’édition française ?

Eye_of_ApophisIl y a deux ans, j’ai publié un Hors-série de l’œil d’Apophis mettant en lumière le fait que certains cycles ou romans mériteraient soit une traduction, soit une réédition. Il ne s’agissait d’ailleurs que de quelques exemples parmi d’autres, comme cet article publié sur l’excellent blog « Chut ! Maman lit… » vous en convaincra. Vingt-quatre mois ont passé, et parmi ma liste de sept romans ou cycles, je sais que l’un d’entre eux sera traduit (je ne vous dirai pas lequel, par respect pour ceux qui ont partagé l’info avec moi), deux pourraient bien être traduits ou réédités (par le même éditeur), un a été examiné par une autre maison mais rejeté (en raison du coût très important de la traduction), et je fais du lobbying intense pour les trois autres, sans succès pour le moment. Bref, le résultat n’est guère brillant. Et il l’est encore moins quand vous réaliserez que le sujet du présent article est de vous présenter dix autres cycles / livres qui mériteraient aussi une réédition ou une traduction.

Certes, les deux confinements sont passés par là, certes, les éditeurs ne peuvent pas tout traduire, certes, il y a parfois des questions épineuses de droits, certes, des fois le directeur de collection veut mais son supérieur ne veut pas, certes, certains livres sont peut-être dans les tuyaux mais les annonces n’ont pas été faites (pas à moi, en tout cas), certes, une partie de ces livres est toujours disponible d’occasion, certes, pour quelques-uns d’entre eux, le public (ou le libraire…) ne suivra peut-être pas, et certes, mes goûts (ou ceux des blogueuses et blogueurs sur la même longueur d’onde que moi) ne sont clairement pas ceux de nombre de maisons françaises, et si la qualité de certains cycles n’est mise en cause par personne, leur coût de traduction serait apparemment « prohibitif dans l’état actuel du lectorat SFFF ». Certes. Mais bon, vous voulez qu’on parle de Leha et du Livre des martyrs ? Comme le dit le Special Air Service britannique, « Qui ose gagne ».

Vous pourriez vous étonner de l’absence de certains titres (surtout si vous suivez de près et depuis longtemps ce blog), mais je suis au courant de certaines rééditions / traductions à venir prochainement, aussi était-il inutile de les mentionner.

Tétralogie The faithful and the fallen – John Gwynne

Malice_gwynneComment appelle-t-on un auteur capable de me faire aimer de la High Fantasy ? De me faire revivre l’enthousiasme et l’émerveillement de mes débuts en Fantasy, il y a 35 ans ? Mais un génie, tout simplement ! Son nom ? Gwynne, John Gwynne. Voici d’ailleurs ce que je disais de Malice, le premier roman de sa tétralogie The faithful and the fallen, il y a presque trois ans : tome introductif d’une tétralogie de beaux pavés, Malice réalise une sorte d’impossible mélange entre éléments de structure ou de style propres à Tolkien, G.R.R. Martin ou (surtout) Gemmell (dont John Gwynne est à mon avis un sérieux prétendant au titre d’héritier), entre épique et intime. High Fantasy à fort aspect politique, écrite dans un style, un univers, une narration et une atmosphère évoquant fortement la première moitié du cycle Rigante de David Gemmell, cette histoire brille particulièrement sur deux plans, à savoir une immersion extraordinaire et des personnages inoubliables. On appréciera la place laissée à une civilisation de géants (ce qui ne court pas les rues en Fantasy) dans ce monde, ainsi qu’un certain twist aux codes de la High Fantasy lorsque deux des personnages croient servir le bien alors que le lecteur, lui, a des doutes. Quoi qu’il en soit, Malice est un premier roman absolument impressionnant, ouvrant un cycle dont chaque tome est réputé meilleur que le précédent (si, si).

Celles et ceux qui veulent en savoir plus sur Malice pourront se référer à ma critique complète. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire les tomes suivants (la critique du 2 est prévue en 2021, si tout se déroule comme prévu), mais le camarade ours inculte l’a fait, aussi je vous invite à aller lire ses recensions sur son blog (vous l’aiderez ainsi à franchir le très symbolique cap des 100 000 vues annuelles). Au moins une maison d’édition a, à ma connaissance, envisagé de traduire cette tétralogie, mais le coût de la traduction l’en a dissuadée. Si nos critiques, à l’Ours et à moi, ont éveillé votre enthousiasme, faites-le savoir aux éditeurs en commentaires de nos articles !

Trilogie Le prince du néant – R. Scott Bakker

autrefois_les_ténèbresLe problème, avec la trilogie de R. Scott Bakker, n’est cette fois pas de la traduire (encore que, elle fait partie d’un cycle beaucoup plus vaste, qui, lui, ne l’a jamais été), mais de la rééditer. En effet, ce monument de la Fantasy, du calibre, excusez du peu, du Livre des martyrs, à l’écriture qui est une des plus fines et délectables qu’il m’ait jamais été donné de lire dans ce genre littéraire, à l’ambition démesurée, aux personnages inoubliables, est certes encore disponible d’occasion en version poche, mais à des prix prohibitifs : si je prends l’exemple des tarifs constatés sur l’Amazone, on est à 33 euros (frais de port compris) pour l’exemplaire le moins cher du tome 2 (en poche et d’occasion, hein), et à, tenez-vous bien, près de 92 euros pour le moins onéreux de ceux du tome 3, dans un simple état « bon ». Bref, il est plus que temps de faire quelque chose.

Ma critique du tome 1 est déjà disponible, celle du tome 2 le sera en toute fin décembre ou début janvier 2021, celle du tome 3 plus tard dans l’année. Là, aussi, si cette trilogie vous a tapée dans l’œil, et que vous voulez pouvoir la lire neuve et pas à cinquante balles le livre de poche, interpellez son éditeur dans les commentaires de cet article !

Summerland – Hannu Rajaniemi *

* Summerland, Lunatic Soul, 2008.

summerlandDeux ans et demi après sa sortie, l’excellent Summerland d’Hannu Rajaniemi n’a toujours pas été traduit, malgré le fait qu’à ma connaissance, au moins une maison d’édition française s’est penchée sur son cas. Pourquoi ? Mystère. Apprécié, voire encensé, par trois des quatre membres des GAFrA (Gromovar-Apophis-Feydrautha-rAzheem) ET par Gillossen d’Elbakin, ce roman reste pourtant inaccessible à celles et ceux d’entre vous qui ne lisent pas l’anglais. Pour vous convaincre que vous ratez vraiment quelque chose avec ce bouquin qui invente à lui tout seul un nouveau sous-genre, que j’ai baptisé Ectopunk, voilà ce que j’en disais dans ma critique : Summerland est un roman tout à fait brillant qui prouve que même lorsqu’il sort de son habituel registre Hard SF, Rajaniemi reste un auteur à suivre. Bâtissant une nouvelle cosmogonie et cosmologie en un tout unique, l’auteur finlandais nous montre une Angleterre et une Espagne d’un 1938 uchronique et rétrofuturiste, où l’exploration puis la colonisation de l’au-delà dès les années 1890 par les britanniques a tout changé. Deux espions du Secret Intelligence Service, une femme vivante et un homme mort, vont s’opposer lorsque la première va chercher à prouver que le second est une taupe au service des Soviétiques. S’ensuit alors une intrigue très intéressante dans un univers fascinant, où l’auteur a minutieusement tiré toutes les conséquences, qu’elles soient technologiques, sociales ou historiques, de son postulat de départ. Aux deux tiers, on explorera une autre thématique, un classique de la SF qui reçoit ici un traitement original. Les personnages sont très solidement construits, et la découverte de leurs motivations ainsi que la dynamique de leur relation sont remarquables. Bref, Hannu Rajaniemi nous offre ici une oeuvre en tout point hautement recommandable, même pour celui qui n’apprécie pas d’habitude ce genre de mélange technologie / surnaturel.

Si vous souhaitez lire ce roman dans la langue de Molière, les commentaires de cet article sont là pour que vous puissiez en informer l’édition française !

L’IA et son double – Scott Westerfeld

IA_double_westerfeldAu moment où je rédige ces lignes, la dernière édition de L’IA et son double de Scott Westerfeld date de… seize ans. Pour un roman hautement apprécié par Bifrost ET par Galaxies, et qui plus est traduit par Pierre-Paul Durastanti, puissant personnage qu’il est dangereux de contrarier, voilà qui est « un peu » long. Surtout lorsqu’on sait qu’il fait partie des meilleurs livres sur les Intelligences Artificielles qui existent. Il est, à mon sens, fondamental pour qui s’intéresse à la fois à la psychologie des IA et à un domaine encore plus rarement abordé, leur naissance. Et je dis bien naissance, pas forcément fabrication. Dans le premier de ces deux domaines, il est aussi incontournable que le cycle de la Culture de Iain M. Banks, que le récent Latium de Romain Lucazeau, que Polity de Neal Asher ou encore que le prochain roman que je vais vous présenter dans cet article. Dans le second, il n’est probablement égalé que par un autre cycle très sous-estimé, Singularité, composé de éveil / veille / merveille, par Robert J. Sawyer.

Ce roman est divisé en deux : dans la première partie, la plus courte, nous assistons à la naissance d’une IA à partir de l’ordinateur de bord d’un vaisseau, seulement intelligent mais pas conscient, pas une personne capable de réussir le Test de Turing. Dans la deuxième, cette IA est impliquée dans une complexe affaire impliquant des œuvres d’art et un procédé théoriquement impossible : le clonage d’Intelligences Artificielles. Dans les deux parties, ce qui est très original est la place du sexe dans l’univers et l’intrigue : c’est via le sexe que l’ordinateur se « transforme » en IA, et les relations charnelles entre Chéri (c’est son nom) et sa partenaire humaine sont également importantes dans la suite de l’intrigue. Et elles sont d’autant plus fascinantes qu’elles sont hautement perverses et inhabituelles… Bref, avec deux thèmes encore une fois rabâchés (les IA et le sexe / les relations avec des créatures autres / étrangères / artificielles, allégorie des mariages / couples mixtes -que la mixité concerne l’ethnie, la religion, l’âge, la nationalité, etc-), Westerfeld fait du neuf, quitte à choquer.

Si vous voulez lire ce roman dans une version neuve et accessible au plus grand nombre, dites-le aux éditeurs dans les commentaires !

Suprématie – Laurent McAllister

suprematie_mcallisterDans le cas de Suprématie, le problème n’est pas la traduction, pas vraiment la disponibilité (on en trouve encore quelques exemplaires neufs, et d’autres d’occasion, malgré le fait que l’unique édition date de 2009), mais plutôt un souci de mise en avant : quand on dispose d’un roman de SF aussi intéressant, autant le mettre en avant et le faire découvrir au plus grand nombre, non ? Laurent McAllister est le pseudonyme commun de deux auteurs de SFFF canadiens qui ont, dans ce one-shot, exploré les thématiques (mille fois vues) de la vengeance, de la lutte contre un oppresseur d’ampleur galactique, de l’attaque désespérée contre une position imprenable, et de la boucle temporelle. Sauf que… tout ça a été fait avec une rare intelligence. On pose d’entrée le fait que l’histoire va se concentrer sur un amas d’étoiles, et que le reste de la Voie Lactée ne sera pas affecté par l’issue des événements, quelle qu’elle soit. La Suprématie, car tel est son nom, continuera à dominer la galaxie. Mais peut-être qu’Alcaino, ancien Suprémate vouant une haine farouche à son ex-nation, pourra, à l’aide de la dernière Nef de Guerre (traduisez : vaisseau géant et surpuissant) de l’Amas, mettre un terme, au moins local, au moins temporaire, à la tyrannie, rendre, pour une fois, les coups, après le massacre de trop. Et pour cela, il met au point un plan incroyablement audacieux, basé sur une application inédite du phénomène de boucle temporelle.

Ce roman est époustouflant, et il est à peine croyable qu’il soit aussi peu connu et reconnu. Il redéfinit tout : les unités de mesure (tout est exprimé en secondes et en fractions d’année-lumière), les origines de la colonisation spatiale (apparemment germaniques), et jusqu’aux méthodes par lesquelles une dictature galactique s’impose et fait régner la paix et l’amour (via le concept génial de « filtres de réalité »). Les personnages sont solides (leur historique, leur motivation et leur psychologie sont établis via une série de flash-backs très bien insérés par rapport aux séquences dans le présent), d’autant plus qu’ils ne sont pas tous humains : on retiendra les Dikkiks, « gardes du corps / enfants » d’Alcaino et surtout l’IA de la Nef de guerre, dont la psychologie et la structure sont si originales et prises en compte dans l’intrigue qu’on ne reverra quelque chose de ce niveau qu’en 2016, avec la sortie de Latium. Et que dire de la longue et hallucinante séquence de l’attaque proprement dite, ou des trouvailles comme cette espèce qui « collectionne » les séquences génétiques d’autres races afin d’augmenter ses capacités (griffes, sacs à venin, groupes musculaires générant des décharges bioélectriques, cœur auxiliaire, etc) ?

Bref, Suprématie, qui propose une relecture inégalée des concepts de boucle temporelle et de contrôle cybernétique des citoyens d’une dictature (plus une psychologie et une « immunologie IA » -vous comprendrez en lisant le roman- très solides), mériterait vraiment une réédition / réimpression et une remise en avant !

Tomes 2+ de la Saga du guerrier oublié – Larry Correia

correia_acier_noirEn septembre 2017, l’Atalante publiait un très bon roman relevant d’une Fantasy très inhabituelle (j’avais résumé ça par « Judge Dredd et Stormbringer chez les Hindous »), Le fils de l’acier noir (dont vous pouvez lire ma critique sur cette page), signé Larry Correia, par ailleurs connu pour ses Chroniques du Grimnoir. Depuis, l’auteur a sorti les deux autres tomes de la Saga du guerrier oublié, plus une nouvelle se déroulant dans cet univers. Le tome 2 est sorti en VO il y a pratiquement deux ans au moment où je rédige ces lignes, et n’a toujours pas été (à ma connaissance) annoncé par l’Atalante en français. L’éditeur va probablement répondre que malheureusement, le tome 1 n’a pas trouvé son public, bla bla bla, ce à quoi je rétorquerai que s’il l’avait soutenu un peu plus vigoureusement (par exemple via des SP qui, d’après ce que j’ai vu, ont brillé par leur absence), il avait tout pour bien fonctionner.

On le sait, le lectorat devient extrêmement méfiant envers les éditeurs qui abandonnent la traduction de cycles en cours de route, et même financièrement parlant, une maison d’édition a probablement plus à perdre sur le long terme en adoptant ce genre de pratique qu’en traduisant coûte que coûte des livres qui se vendent mal. Je ne prêche pas pour ma paroisse, vu que je suis parfaitement capable de lire les tomes 2+ du cycle de Correia en anglais, mais plutôt pour celles et ceux qui, ne lisant que la langue de Molière, n’ont pas cette possibilité. Si vous voulez que le cycle de Correia soit traduit en intégralité, dites-le à son éditeur en commentaires !

A gathering of ravens – Scott Oden

gathering_ravens_odenIl y a presque deux ans, paraissait A gathering of ravens de Scott Oden, un roman incroyable qui, en bidouillant les mythologies scandinave et celte, se débrouillait pour caser des orcs dans le monde réel (par opposition à un monde secondaire classique de Fantasy). Traversé par des scènes à la puissance évocatrice peu commune, porté par un antihéros absolument extrême (qui balance des claques à sa compagne de voyage, impensable !) et par une volonté jouissive d’envoyer bouler le politiquement correct et le Hopepunk pour qu’ils retournent en couinant à la soirée de l’ambassadeur, ce bouquin, qui avait pourtant un défenseur de poids, en la personne de Patrice Louinet, n’a cependant toujours pas trouvé preneur dans l’édition française, malgré le fait qu’à ma connaissance, au moins un éditeur s’est intéressé de près à son cas. Et ce alors que le tome 2 est déjà sorti en VO !

Pour en savoir plus, ma critique complète est à votre disposition, et les exhortations à Stéphane Marsan d’écraser son Cohiba dans le cendrier et de retrousser ses manches de chemise pour hurler impérieusement sur ses collaborateurs, ces feignasses, pour qu’ils achètent, séance tenante, les droits de ce roman et lui fournissent le premier jet de la traduction pour avant-hier, sont à adresser en commentaires.

War cry – Brian McClellan

war_cryJe ne vais pas revenir sur l’aberration absolue que constitue le fait que l’édition française ait abandonné le cycle phare de Brian McClellan (ou celui de Django Wexler, d’ailleurs) pour vous parler plutôt de sa novella War Cry, qui, à part Titanshade et sa Fantasy à monde secondaire inspiré par les seventies, a poussé l’Arcanepunk le plus loin (à ma connaissance) en créant une allégorie… de la Seconde Guerre mondiale. Si, si. Alors que quelques rares éditeurs (Critic, principalement) ont pris la mesure de l’importance de la Fantasy industrielle, d’autres continuent à faire comme si cela n’existait pas, et à proposer éternellement des Fantasy médiévales qui à part les grands débutants, ont fini par lasser tout le monde ou presque. Bref, alors que le format novella a prouvé, grâce au Belial’, son intérêt, d’autres éditeurs seraient bien inspirés de faire coup double en proposant, sous ce court format attractif, ce roman s’inscrivant dans un cadre presque unique pour ce genre littéraire !

Ma critique vous convaincra probablement de l’intérêt de la chose, et surtout, n’hésitez pas à vous exprimer en commentaires si vous avez envie que ce texte soit traduit !

Never die – Rob J. Hayes

never_dieIl y auto-édité et auto-édité, et dans ce domaine, des auteurs comme Rob J. Hayes sont clairement le haut du panier. Car son roman Never die, qui commence comme une Wuxia Fantasy sympa mais sans plus, réserve une série d’énormes surprises à la fin, qui remettent tout le reste du texte en perspective. Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, voilà quelle était la conclusion de ma critique ; cette fantasy asiatique (et à poudre !) part d’un postulat très original : un petit garçon a reçu d’un dieu psychopompe le pouvoir de ramener à la vie des héros morts, afin de l’aider à renverser le tyran qui opprime l’équivalent d’une Chine très fantastique dans un monde imaginaire. Seul problème : tous ceux qu’il veut recruter ne sont pas morts, ce qui fait qu’il va d’abord falloir les occire avant de les ramener à la vie ! Voilà une Fantasy portée par des personnages hautement attachants et intrigants (tout comme l’est la base de l’intrigue), et qui, jusqu’à la bataille finale, paraît sympathique mais un peu linéaire et faite d’une succession de combats et de pas grand-chose d’autre. Pourtant, ne vous y trompez pas, rien n’y a été fait au hasard, et la fin, extraordinaire, et basée sur une série de révélations fracassantes, remet tout cela en perspective. De distrayant mais sans plus, le roman prend alors une tout autre dimension, et se révèle dès lors plus que recommandable pour qui aime ce sentiment de « ah, ce salaud d’auteur m’a bien eu ! » et les révélations finales fracassantes. Ajoutons que l’originalité de Never Die (fantasy non-européenne, à poudre, dont les héros ont été ramenés à la vie) le rend de toute façon fort attrayant pour qui cherche un livre qui sort radicalement des sentiers battus de la sempiternelle Fantasy d’inspiration européenne, médiévale, et des élus désignés par une prophétie.

Bref, si vous voulez que certains éditeurs arrêtent de publier des machins de boomer qui ont l’air d’avoir été écrits il y a vingt, voire quarante ans, et vous proposent quelque chose qui sort vraiment des sentiers battus, exprimez-vous en commentaires, on ne sait jamais, entre deux vitupérations vipérines à mon égard, ils pourraient vous entendre !

The border keeper – Kerstin Hall

boder_keeperLa dernière mais non des moindres, ma jeune autrice préférée, dont le talent n’a d’égal que sa gentillesse absolue : je veux bien entendu parler de Kerstin Hall. Remarquée, et pas que par votre serviteur, pour sa première novella (dont la suite est d’ailleurs dans les tuyaux), elle sortira en 2021 son premier roman, sur lequel je me jetterai tel Lawrence d’Arabie sortant du désert et se ruant sur une citronnade glacée au club des officiers. Et pourquoi, me direz-vous ? Mais parce que la jeune lady a une imagination prodigieuse, un style envoûtant, et surtout parce que sa prose ne ressemble à celle de personne. Et c’est moi, toujours prompt à trouver des ressemblances et des convergences, qui vous l’affirme. Sorti il y a pratiquement un an et demi, son court roman The border keeper est-il traduit, ou même annoncé en français ? Non et non. Scandaleux ! Inacceptable !

Pour prendre la mesure du fait que l’édition française passe (encore…) à côté de quelque chose, lisez ma critique complète, et n’hésitez pas à joindre votre voix, en commentaires, au cœur de ceux qui veulent lire Ms Hall en français.

Pour conclure, la prochaine fois qu’un directeur de collection vous expliquera que tout ce qui est intéressant est traduit, partez d’un grand éclat de rire démoniaque et fournissez-lui un lien vers cet article ou son jumeau de 2018 ! Non, non et NON, tous les bons livres ne sont pas traduits ! Et je suis persuadé que les blogueuses et blogueurs lisant en anglais pourraient vous sortir chacune et chacun dix autres livres / cycles méritant traduction ou réédition, tant le problème est vaste. J’invite d’ailleurs mes CAMARADES à se joindre à la lutte lancée par le Culte d’Apophis en reprenant le concept de cet article comme un tag s’ils le désirent ! Debout, les damnés de la blogosphère !

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108 réflexions sur “L’œil d’Apophis – Hors-série 4 – Toujours pas traduit, toujours pas réédité, que fait l’édition française ?

  1. Pardonnez-moi mais votre travail (c’en est un) devrait recevoir une juste rémunération car votre passion éclaire, oriente bien des choix de lectures donc fait marcher le commerce (dans tous les sens du terme) de la plus passionnante des expressions de l’art humain, l’imaginaire. Bravo et merci infiniment des partages au-delà même des goûts.

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    • Merci beaucoup, mais ma plus grande récompense est (et c’est sincère) constituée par les témoignages d’amitié prodigués par de fidèles membres de ma communauté, tels que vous. Maintenant, si un éditeur veut m’envoyer une boite de cigares cubains, je ne dis pas non (mon cardiologue, par contre…).

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      • Tu fais partie de ces gens qui seraient tout à fait à leur place dans une maison d’édition. Qu’aucune ne t’ait contacté pour te recruter me surprend. Je te vois tout à fait à la tête d’une collection. Des blogueurs anglosaxons ont bel et bien était recruté comme editor chez Tor ou chez Orbit pourquoi pas chez nous.

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      • Ton appel est si subtil que je ne l’ai pas compris tout de suite… 🙂
        La dernière fois que j’ai offert des cigares, c’était à Thibaud Eliroff pour la naissance de sa (première ?) fille. Oui, il partage cette pratique sordide et aristocratique avec toi. A J’ai lu le prix de la Honteuse Connivence 2021 ! A moins que Charlotte l’ait convaincu de s’en débarrasser 😉 Bref, ça fait un bail. Pour toi, je peux essayer de faire passer en note de frais « relations presse » ?

        Blague à part, comme tu le dis, Suprématie a souffert d’un manque de reconnaissance et donc de notoriété. Tu te doutes bien que j’aurais bien aimé prolonger sa carrière, tant j’étais fier d’apporter un tel bouquin, qui plus est en SF francophone, ce qui n’est pas ce pour quoi Bragelonne est le plus reconnu non plus. Mais le bouquin est énorme et les ventes furent beaucoup trop faibles pour supporter le cout d’une réimp. Maintenant si un éditeur poche veut en acquérir les droits… 😉

        Gwynne, ça m’a pas transporté à sa sortie, alors que ça semblait avoir marqué Bragelonne partout dessus. C’est même moi qui lui ai remis son David Gemmell Award je crois. Faut que j’y rejette un oeil…

        Scott Oden : c’est nous qui avons publié Le Lion du Caire, sur les conseils de Patrice Louinet qui l’a traduit. J’ai pas pris le suivant, malgré son insistance. Faut jamais dire jamais…

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    • Aucune trace d’une version électronique légale de ce bouquin (et je ne fais pas de pub pour le piratage sur mon blog, hein). Sans compter que tout le monde ne lit pas en version électronique, et que donc même s’il y en avait une (légale), cela n’exonèrerait pas l’éditeur d’en proposer une version physique, par exemple en POD.

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  2. Camarade je joins ma voix à la tienne ! Si le roman de l’IA a ma préférence je dois dire que tout ce que tu présentes met l’eau à la bouche d’une manière ou d’une autre et j’espère vraiment que des éditeurs tenteront ces traductions ou ces rééditions. Très bel article que je vais m’empresser de partager une fois de retour sur l’ordi 🙂

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  3. je serai prêt à participer à du crowfunding, à un appels de fonds public (peu importe en fait lol) de tes amis situés St-Mammès ou d’un autre éditeur pour publier la traduction de ces chefs d’oeuvres !!

    quand je vois la participation pour le Mook Dune de l’Atalante & Leha, cela laisse rêveur 😉

    et je plussoie aux messages déjà publiés: que vive ton blog !
    merci encore 🙂

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  4. Comme ta chronique est juste ! je lis quelques fois en anglais (par exemple quand je voyageais au US pour raison professionnelle) mais ce n’est pas mon truc. D’autre part, de nombreuses oeuvres ne sont pas rééditées et difficile à trouver d’occasion. Je me refuse au piratage et je n’aime pas la lecture électronique (très fatiguant quand on travaille déjà toute la journée sur des écrans). S’il est vrai que certaines oeuvres vieillissent mal , il y a quand même des écrits qui méritent de rester disponibles. Malheureusement, la nécessité de proposer de la nouveauté, fut-elle mauvaise, est une priorité de nos sociétés. C’est typique dans la bibliothèque de mon village, tout ce qui a plus de dix ans est élagué. Heureusement, que tu est là pour nous guider !

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    • Merci PHacide ! Je trouve très juste ta remarque sur la pression imposée pour proposer sans cesse de la nouveauté. Je suis d’accord, c’est la qualité qui doit primer, pas le fait de proposer de l’inédit ou du récent à tout prix.

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    • Si on arrive à faire rééditer le Bakker et à avoir la suite du Correia, je n’aurais pas perdu les quelques heures passées à rédiger cet article ! Même si je suis plus optimiste pour le premier que pour le second, vu que j’ai la nette impression que l’Atalante est partie dans une tout autre direction ces derniers temps. C’est pareil, je trouve que ça traîne vraiment des pieds pour la traduction de la Cour d’Onyx de Marie Brennan, à tel point que j’ai été presque surpris de voir débarquer celle du T2.

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      • C’est vrai que j’ai plusieurs séries entamées à l’Atalante dont j’attends la suite (dont le Marie Brennan en effet). J’espère qu’ils ne vont pas systématiser le processus en traduisant des premiers tomes et en abandonnant la suite !

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          • tiens, je croyais qu’on était les seuls en France à arrêter des séries… 😉
            Ce genre de procédé, Apo (tu permets que je t’appelle Apo), ça évite parfois de perdre une montagne de fric pour faire plaisir à 3 personnes. Je préfère les décevoir que de sacrifier des emplois… Je ne suis pas un service public.

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          • Ils l’ont déjà fait. On n’a jamais eu la suite du Sang des Ambrose de James Enge. Le pire c’est qu’!ls ont tué le bouquin avec une couverture qui ne lui rend pas hommage. Quand on compare avec la couverture américaine, il n’y avait pas photo.

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              • C’est pas le seul cas de bouquin tué par sa couverture française. Bragelonne avait commis ce « crime » avec L’Année de notre guerre de Steph Swainson. La couverture n’était pas vraiment évocatrice de l’ambiance particulière du bouquin. À mon humble avis seule Florence Magnin aurait pu vraiment faire une couverture qui reflète l’ambiance tout en donnant envie à des lecteurs.

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                • Dans le genre, l’Atalante a bien flingué le cycle La cour d’Onyx de Marie Brennan avec des couvertures qui sont de vrais repoussoirs. Je ne compte plus les témoignages du genre « ta critique me fait dire que je suis peut-être passé(e) à côté de quelque chose, parce que la couverture est si hideuse que je n’ai même pas cherché à en savoir plus quand je l’ai aperçu dans ma librairie ».

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  5. Merci beaucoup de partager mes chroniques, effectivement John Gwynne est un digne successeur Gemmellien. Les suites penchant encore plus vers ça, j’ai hâte de lire tes prochains avis sur ce monument épique !

    Je conçois aussi que la taille du machin fasse reculer pas mal d’éditeurs, mais je continue mon lobbying de blogueur relou 🙂

    Tu me rappelles aussi que j’ai Never Die sur la liseuse.

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  6. Malheureusement, quand tu vois les chiffres de ventes réels de certains titres pourtant en général loués par leurs lecteurs ou réclamés sur tel blog ou forum… ça ne m’étonne pas. :-/
    Je touche encore du bois tous les jours que le pari de Leha ait fonctionné pour Erikson. Après, oui, dans ta liste, certains ont l’air plus accessibles que Bakker. ^^

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    • Tout à fait. Gilles Dumay parlait des chiffres décevants du Chant mortel du soleil de Franck Ferric sur le forum du Belial’ l’autre jour, et je n’ai pas l’impression qu’un bouquin comme Vorrh, pourtant encensé par certains, se vende beaucoup.

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      • En février, on était au tour de 1200 exemplaires vendus, si j’ai eu les bons échos. Mais typiquement, Vorrh, tu ne le traduis pas en espérant relancer ta collection. ^^
        Le Chant Mortel, je peux comprendre qu’il ait surpris certains lecteurs quand on lit la 4e. Je trouve le roman lui-même – que j’ai aimé – assez différent ! 🙂

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        • Je n’avais jamais lu Ferrick avant ça, mais j’en entendais beaucoup de bien. Quand Gilles a commencé à parler du roman, j’ai imaginé du Conan des steppes revu par Abercrombie ou G.R.R. Martin. Autant dire que j’ai été légèrement… surpris 😀

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    • eh oui helas. A chaque fois (je dis bien à chaque fois) que « on nous reclame la suite de telle serie à cors et a cri, si on la sort ils vont se jeter dessus », et qu’on le fait, on vend au mieux 400 ex en poche. Parce qu’il y a un effet loupe : je respecte l’enthousiasme sincère de 10 personnes, mais c’est 10 personnes, or helas il en faut un peu plus pour rentabiliser une rééd, sans parler d’un inédit. Donc la vox populi, zero, surtout quand y a pas bcp de populi 😉 il faut suivre ses propres gouts et intuitions et croiser les doigts. Tous les editeurs du monde refusent des futurs best ou prix Nobel et apres faut vivre avec. Moi j’ai refusé 5 fois True Blood avant la serie télé. Après, je me suis mis à boire…

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  7. Encore un excellent article sur le blog d’Apophis (Désolée, mais j’ai toujours dans un coin de ma tête la série Stargate quand je passe sur ce blog).
    Tout ce qui est intéressant n’est pas traduit et a contrario, pas mal de choses inintéressantes sont traduites !
    J’ai noté l’énorme emballement autour de la saga « Le livre des Martyrs » que tu mentionnes plusieurs fois. Au point que certains fans deviennent vite agressifs envers ceux qui n’accrochent pas et j’ai entendu plusieurs fois « Non mais ça c’est nul par rapport au Livre des Martyrs, c’est ça qu’il faut absolument lire »…
    Je rajouterai ma petite pierre à cet article en regrettant la saga des Derinys de Katherine Kurtz, qui m’a redonné le goût à la lecture et à la fantasy il y a plus de 15 ans. Même si ce n’est pas la saga du siècle, elle a pour moi une valeur sentimentale.

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    • S’il y a vraiment des gens qui réagissent ainsi, c’est qu’ils sont devenus « fans » (dans le mauvais sens du terme) plutôt que lecteurs. En plus, en général, ce n’est pas comme ça qu’on va convaincre les gens de s’y mettre, au contraire. ^^
      A titre perso, en tant que co-traducteur du cycle, j’aime beaucoup Erikson – c’est quand même plus pratique pour travailler dessus – mais je ne suis pas sûr que je le rangerai dans mon top 5 de fantasy épique. Comme quoi !

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    • Pour ma part, je considère que chacun a le droit d’avoir ses propres goûts, et que le chef-d’œuvre ou le classique des uns peut être imbuvable pour d’autres. Moi-même, j’ai beaucoup de mal avec des gens comme Jack Vance, Christopher Priest, Tim Powers, etc. Et si en plus ça va jusqu’à l’agressivité, la moquerie ou le dénigrement (comportements dont j’ai été personnellement victime par rapport à Trop semblable à l’éclair d’Ada Palmer, par exemple), alors là c’est Niet. Nul ne devrait être ostracisé parce qu’il n’aime pas / aime tel livre, cycle, auteur ou sous-genre.

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      • Moi c’est c’est des trucs comme ça qui me désole;Quand je lis que tu t’es fait bâcher parce que tu n’as tout simplement pas pu rentrer dans l’univers de Terra Ignota, alors que comme je le disais chez FeydRautha les 3/4 des libraires que je fréquente ont lâché le bouquin comme toi et sont incapables d’en causer à leurs clients, je me demande ou est la tolérance quand un blogueur a l’honnêteté de l’écrire.
        Tiens puisque nous en parlons, j’avais pas ouvert un bouquin de Fantasy depuis Zélazny, alléché par ta chronique j’ai acheté les 2 premiers tomes,… et j’ai pas dépassé la page 150.
        J’en ai conclus que définitivement, il fallait que je laisse tomber les mages, les elfes et les dragons, mais ça me m’autorise pas à aller faire mon Troll chez les amateurs du genre.

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  8. Il est certain que ces titres méritent d’être disponibles. Et je ne peux souligner combien Supprémacie vaut le détour!!!
    J’en ai quelques uns dans ma PAL, et j’en suis bien heureuse d’ailleurs.
    J’ai lu aussi – sur ton conseil – ‘L’IA et son double qui plaira à de nombreux lecteurs sans aucun doute.

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  9. Je vote pour (comment ça c’est pas comme ça que ça marche ?? 😉) :
    – Malice de Gwynn (J’avais pas bien lu ta critique : Gemmell et son cycle Rigante ? J’achète !!!! Si aucune maison ne va l’éditer, je l’achèterai en VO )
    – la suite de De la saga du guerrier oublié : j’ai ADORÉ le premier tome suite à ta critique. J’ai hâte de découvrir la suite…j’espère pouvoir le faire en Français

    Et pour finir Never Die : je l’ai trouvé extraordinaire (je suis fan de Zihao xD), magnifique découverte et pour le coup c’est pas long à lire !

    Question peut être bête (Et peut être que ça existe déjà…) : est ce qu’une maison d’édition peut lancer un crowd founding pour inciter les fans d’une série à investir dans la suite ?

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      • Exactement ! Les maisons d’édition retireraient une partie du risque. Et pour informer le lectorat que ce projet existe il suffirait pour les maisons de disques de communiquer auprès des blogs qui ont encensé le tome précédent… 😀

        Allez l’Atalante, Svp essayez avec la suite du guerrier oublié:D

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  10. À force de se couper de public populaire plus rien ne marche. Les chiffres de meilleures ventes sont abberrants puisque ce sont les œuvres le plus difficiles qui sont best sellers si l’on en croit Datalib ( je fait le suivi pour l’observatoire de l’imaginaire). Du fond de ma province j’entends l’opinion sur la SF et la fantasy des gens y compris de personnes cultivées : la SF et la fantasy c’est une littérature difficile pour les élites. Comment on a tué nos littératures à coup de Houellebecque, de Dantec et de Damasio. On a complétement changé le ressenti par rapport à nos littérature. Il y a quinze ans on se plaignait que nos littératures étaient perçus comme des littératures faciles et que ça ne leur rendait pas justice. À la limite ça valait mieux. Parce que ça permettait à des jeunes et parfois de moins jeunes s’ils avaient les bons conseils, de s’y mettre. À l’époque le cœur de la SF c’était le space opera, maintenant c’est la dystopie. Bref ça n’a pas changé forcément pour le meilleur.

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  11. Bon, moi la fantasy j’y connais rien, mais tu te doutes bien que je suis entièrement d’accord avec toi en ce qui concerne Summerland, qui se devrait d’être publié chez le Bélial’ (c’est pas faute de leur en causer) et The Border Keeper (fantasy ?), que je verrai bien dans la collec AMI.

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    • Comme je le disais à Yogo, le cas Summerland est pour moi totalement incompréhensible. Je n’arrive tout simplement pas à croire qu’aucune maison n’en ait acheté les droits. Cela me dépasse.

      Concernant Kerstin Hall (effectivement de la Fantasy), vu qu’elle a un roman plus la suite de The border keeper qui doivent sortir en 2021 (si Covid le veut, comme dirait Olivier), peut-être qu’une plus grande exposition incitera nos éditeurs à s’y intéresser de plus près. Ainsi que le format long pour son roman. Peut-être que ce qui a coincé pour TBK, c’est le format semi-long plus qu’autre chose.

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  12. Bonjour je rajoute ma pierre à l’édifice concernant le cycle épique de Bakker, que je reverrai de voir réédité. Si l’éditeur passe par là… La High Épique exigeante a le vent en poupe, relancez le cycle !! 👍

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  13. Le problème que je constate sur les séries dont la traduction s’arrête en cours de route (et les séries francophones dont l’édition s’arrête aussi avant la fin), c’est que je vois de plus en plus de lecteurs écrire qu’ils préfèrent attendre que « toute la série » soit éditée avant de commencer à la lire, car ils ont été échaudés dans le passé.
    Inévitablement, ça doit baisser le chiffre de vente des T1, entraînant une annulation de la série… On a un cercle vicieux.

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    • Tout à fait. Et un problème connexe est que ça va diminuer la prise de risques du côté des maisons d’édition qui, du coup, vont se rabattre sur des valeurs sûres, des autrices / auteurs, des cycles, des genres / sous-genres qu’ils sont raisonnablement certains de vendre. Avec de plus en plus de rééditions de classiques, de publications de bouquins qui ont bien marché à l’étranger, de romans consensuels en terme de genres, et j’en passe. Bref, de moins en moins de possibilités de tomber sur une bonne surprise.

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    • À l’époque où l’on publiait des inédits en poche ça posait beaucoup moins de problèmes en fait. La politique du grand format = livre cher, donc destiné à un public plus aisé financièrement. Si l’on veut qu’une série populaire soit rentable il faut la publier en poche et si possible avec de jolies couvertures. Et là on vendra beaucoup plus. La France est encore un pays d’ouvriers et de petits employés. Eux ils n’achètent que des poches.

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  14. Excellent article Apo (je note le Westerfeld et le McAllister). Pour y participer, je cite un cycle qui rentre aussi bien dans la case réédition que traduction : le cycle Neverness de Zindell.

    Je l’ai vu passer plusieurs fois sur ton blog et il semble avoir tout pour (me) plaire !

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  15. Lu la plupart. Je dois commencer le nouveau cycle de Gwynne. J’ai adoré The Faithful and the Fallen. Quand on voit certains titres très moyens traduits c’est incompréhensible même si le risque est là.
    Dire que j’avais les Scott Bakker en broché et que je les ai vendu à l’époque de mon déménagement…

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    • Mais tout le nœud du problème est visiblement là : les éditeurs préfèrent traduire des livres moyens qui se vont se vendre moyennement que de prendre des risques avec des romans bien plus intéressants mais qui, étant plus de niche ou exigeants (voire les deux) ont une chance non négligeable de se planter complètement (mais aussi une de faire des ventes bien supérieures à la moyenne, à condition que leur lancement soit suffisamment soutenu, par du marketing et de la pédagogie). Il suffit de voir comment Eclipse a torpillé des cycles à fort potentiel comme les Poudremages en les sortant en catimini.

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      • En tant qu’éditeur j’ai pu voir la différence quand il y a 2 ou 3 libraires qui se bougent pour défendre un titre et le cas où il personne ne fait le job.
        Dans le premier cas ça se vend plus que dans le deuxième. Après je vend que des français et il y a d’autres problématiques qui jouent (notamment des aspects locaux).

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  16. Dans toute ta fabuleuse liste, je retiens Summerland et Never die, qui, s’ils sont un jour traduits, auraient vraiment de quoi m’attirer. (les autres ne sont pas moins intrigants non plus !) Je ne désespère pas de me remettre à lire en anglais un de ces jours (j’ai deux bouquins test en vue pour cela, dont Crossings dont tu avais aussi parlé), mais ça me demande bien plus de temps que les bouquins français, bien sûr. Merci en tout cas de toujours proposer des oeuvres qui changent et qui méritent d’être découvertes !

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  17. J’ai sollicité les éditions Atalante par le biais des réseaux sociaux justement concernant le tome 2 du Guerrier Oublié, la réponse était évidente, « ce n’est pas prévu pour le moment » donc jamais en réalité. J’hésite à me lancer sur la VO, j’ai l’habitude de lire des comics en VO un livre ce sera une première, mais il faut bien commencer quelque part.

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    • Merci pour l’info ! Je ne suis pas étonné du tout moi non plus, car vu les déclarations de Madame Rivallan depuis un peu plus d’un an, ce genre de Fantasy ne cadre plus du tout avec leur nouvelle ligne éditoriale, à base de Kra et de Vita Nostra. Je subodore d’ailleurs que rapidement, il n’y aura plus d’inédits en SF militaire et de moins en moins de SFFF populaire.
      Honnêtement, quand on a le niveau pour lire des comics en anglais, la plupart des romans de SFFF ne sont pas plus difficiles, et souvent moins, car rédigés dans un anglais plus académique, donc employant moins d’argot ou d’expressions de la vie de tous les jours. De mon point de vue, cela devrait donc être largement faisable.

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      • Il se passe ce que je disais il y a un an. Un effet Damasio qui pousse les éditeurs à publier des ouvrages ambitieux. Les ventes de Damasio sont malheureusement une malédiction. Il vend pour ses convictions politiques et pas pour autre chose.
        Et le Goncourt ne vas pas arranger les choses de ce côté là.

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        • Entièrement d’accord pour Damasio. D’autant plus que des bouquins comme Kra et surtout Vorrh sont en train de se vautrer dans les grandes largeurs. La SFFF « ambitieuse » n’est visiblement certainement pas un gage de réussite, ni critique, ni commerciale.

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          • D’autant plus qu’il y a plein de bouquins qu’on a jamais eu. John Meaney, Elizabeth Bear ou d’autres ne sont pas traduits. On a beaucoup traduit McCauley mais sa trilogie univers Confluence n’est pas traduite. Il y a l’air d’avoir encore des œuvres majeures non traduites. J’attends encore la traduction de la suite de la série du Xenoweatlth de Tobias Buckell également.
            On ne fait rien pour pousser des œuvres populaires qui sont censées se vendre toutes seules. Mais tout l’effort marketing est centré sur les œuvres ambitieuses. Et il ne faut pas oublier aussi que le lectorat s’est féminisé, ce qui est une bonne chose. Mais le lectorat masculin jeune est inexistant. Et même en tant qu’éditeur je ne sais pas comment le récupérer. Donc la féminisation tient autant à l’augmentation du public féminin dans les années 90 et 2000 qu’à la désaffection d’un public masculin jeune. Le YA cible plutôt les jeunes femmes (vu que chez les anglo-saxons les décrocheurs de la lecture sont surtout des jeunes femme semblerait-il) et par contre rien pour le public masculin jeune.

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  18. Je te souhaite une bien belle année Apophis !

    Ce que l’on peut dire…est que la naissance dans l’I.A. et son double n’est pas vraiment la même que celle décrite dans Diaspora ;). Incroyable bouquin…Ames sensibles s’abstenir hihihi

    Suprématie…Pour ne rien te cacher, la taille du pavé et l’énumération sans fin de moult personnages dès le prologue a failli me faire abandonner…c’eut été une grave erreur de ma part. Lecture très recommandable

    J’attaque bientôt le Neal Asher dont l’Ecorcheur m’avait charmé. Cet auteur manque de traductions au vu de tes lectures en VO qui font saliver

    Hâte de te lire dans le Bifrost 101

    A bientôt et merci pour ces précieux conseils de lecture

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  19. Bonjour Apophis
    Ayant lu et apprécié l’IA et son double, j’attendais un avis de ta part sur Les légions immortelles de Westerfeld, mais je ne le vois plus dans la liste de tes prochaines critiques…Abandon ? Mauvais ?

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    • Bonjour Fluvi, non, non, fini (il y a deux mois, facile), beaucoup apprécié, mais d’une part, j’ai manqué de temps pour écrire la critique (j’ai passé les deux dernières semaines à bosser sur des recensions pour Bifrost), d’autre part il y a une avalanche de nouveautés en VO et je me dis que vu le temps depuis lequel ça attend, ça peut encore patienter un peu, et enfin, vu qu’en fait, on a plus affaire à un roman unique coupé en deux qu’à deux vrais tomes, je pense que je vais lire le livre suivant dès que possible, et faire une chronique commune. Mais vu que je ne sais pas quand je pourrais faire tout ça, je l’ai retiré de la liste des critiques à venir pour le moment. Mais quoi qu’il en soit, tu peux le lire les yeux fermés, c’est du bon.

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