Mage de bataille – tome 1 – Peter A. Flannery

Plaisir coupable

mage_de_bataille_AMIMage de bataille (divisé en deux tomes dans son édition française – cette critique ne concernant que le premier-) est un des trois romans faisant partie du lancement d’Albin Michel Imaginaire, le 26 septembre 2018 (il faut aussi remarquer que des titres annoncés jusqu’ici par l’éditeur, c’est le seul qui relève de la Fantasy. Mais j’y reviendrai). Gilles Dumay a un discours très clair à propos des titres qui seront publiés en 2018 : Les étoiles sont légion est un space opera féministe, Anatèm une SF de haut-vol destinée à des amateurs éclairés, American Elsewhere du Fantastique grand public et Mage de bataille, donc, une Fantasy d’initiation, destinée aux débutants dans le genre. Et le moins qu’on puisse dire est que la description faite par l’éditeur est, pour une fois (ses petits camarades devraient d’ailleurs s’en inspirer plutôt que de raconter souvent n’importe quoi en quatrième : nous en avons récemment eu un spectaculaire exemple, avec un bouquin qui fait partie d’un cycle et relève du Young Adult… alors que ce n’est indiqué nulle part dans sa présentation !), rigoureusement exacte : les schémas utilisés dans Mage de bataille sont tellement éculés qu’il a plus l’air d’avoir été écrit en 1985 que dans les années 2010, ce qui fait que, théoriquement, il devrait faire fuir tout lecteur ayant un minimum vital d’expérience en Fantasy, sauf à la rigueur le fanatique de High Fantasy.

Eh bien croyez-le ou non, mais la réalité est un peu plus complexe que cela : vu mon niveau d’expérience et mon aversion pour ce sous-genre et le roman initiatique, cette lecture aurait dû relever du calvaire, et pourtant j’y ai pris un étonnant plaisir. Oh je ne vais certainement pas vous dire qu’il s’agit du bouquin de Fantasy de l’année, ou de vous ruer dessus. Je vous dis en revanche que la personne qui a déclaré à son sujet que AMI faisait « les poubelles de Bragelonne » exagérait quelque peu. Et puis après tout, ce roman bénéficie de l’excellente note de 4.48 (sur plus de 3000 notations) sur Goodreads, donc tant de gens ne peuvent se planter complètement, pas vrai ? 

Genre, politique de l’éditeur par rapport à la Fantasy

Eh bien pour une fois, pas besoin d’une longue analyse, c’est très clair : c’est une High Fantasy tout ce qu’il y a de classique, avec un groupe de compagnons d’armes servant le Bien devant sauver le monde d’une invasion de Démons et de Possédés représentant le Mal le plus absolu. Sur le plan moral, c’est donc manichéen au possible (ou presque, j’y reviendrai), ce qui correspond à la lettre aux codes de ce sous-genre. Si on prend les autres définitions de celui-ci, on est aussi dans la norme : nous sommes bien dans un monde secondaire (imaginaire), et les éléments surnaturels sont vraiment très présents (démons, dragons, forte présence de la magie, épées et armures enchantées, etc). Enfin, ça reste aussi dans la norme, c’est-à-dire que l’inspiration est antique-médiévale et européenne. Le seul point où cette Fantasy-là est moderne est dans l’absence de races non-humaines (Elfes, Nains, Orcs, etc), de plus en plus fréquente ces dernières années.

Tout ceci me conduit donc à parler de deux choses, à propos de la politique d’acquisition de l’éditeur : comme je le disais plus haut, pour l’instant, par rapport à la SF et, plus étonnant, au Fantastique, la Fantasy est ultra-minoritaire chez AMI, et le seul titre qui a été confirmé va, en raison de son critère de choix plus commercial que littéraire, forcément s’attirer les foudres d’une partie du Fandom. A l’heure où Leha publie Le livre des martyrs, la Fantasy probablement la plus ambitieuse de tous les temps, et où Critic publie Olangar, Fantasy postmédiévale, ou L’empire du léopard, une Fantasy à poudre, on peut se demander quel était l’intérêt, pour une maison aussi majeure qu’Albin Michel, de publier Mage de bataille, roman certes sympathique, certes très bien accueilli dans le lectorat anglo-saxon (même si les réactions de ce dernier sont parfois difficilement projetables sur le lectorat francophone, dont les attentes ne sont pas les mêmes), mais qui est désespérément classique et qui, loin de s’inscrire dans les récentes évolutions du genre (cadre postmédiéval, extra-européen, thématiques invitant à la réflexion, exploitation de tropes propres à la SF, etc), constitue, bien au contraire, une sorte de voyage dans le temps trente, voire quarante ans en arrière, dans une forme de Fantasy qui, honnêtement, ne devrait plus, en 2018, être qu’anecdotique. Je ne suis pourtant pas le dernier à apprécier une Fantasy héroïque / épique old school de temps en temps, avec des démons et de grosses épées magiques, telle n’est pas la question :  des fois ça peut être une lecture vraiment valable (essayez ça par exemple !).

J’ose pourtant espérer que Gilles Dumay a dans ses cartons ou son viseur autre chose que de la Fantasy bourrine médiévale, européenne, celto-romano-nordique et pour débutants. A l’heure où une nouvelle incarnation du genre émerge de plus en plus chez les anglo-saxons, il serait dommage que l’éditeur s’enferme dans les schémas prévalant à son époque épées & dragons (ancienne collection de Fantasy d’Albin Michel) ! J’espère aussi que la balance va être un peu plus rééquilibrée et que la Fantasy, loin d’être ultra-minoritaire dans le catalogue d’AMI, va être un peu plus mise en avant et qu’un équilibre entre les trois genres majeurs de l’imaginaire va être atteint avec les futures publications (et vu ce qui est annoncé pour 2019, c’est très mal parti). Et que les lecteurs expérimentés du genre ne seront pas oubliés !

Univers, World- et Magic-building

Alors c’est là aussi très simple : dans le monde d’Ire (Wrath en VO), une coalition de royaumes est en lutte contre les Possédés et les démons qui les commandent, ces derniers étant sous les ordres de Marchio Dolor, le Marquis de la Douleur. Lesdits Possédés sont apparus quand une nation qui essayait de conquérir le reste du monde, la Férocie (oui, oui, je sais, ce nom est pourri : la traduction de l’ami Patrice Louinet est très bonne, fluide, agréable et tout ce qu’on veut, mais certains noms piquent vraiment les yeux, même si ce n’est pas forcément de sa faute), s’est pris une méchante contre-attaque dans le pif, et, en dernière extrémité, a fait appel aux forces du Mal. Et du coup, sont apparus les Possédés, dont je ne suis toujours pas sûr d’avoir compris la vraie nature. Apparemment, ce serait une sorte de mode berserk magique. Mais ce n’est pas franchement clair à la lecture (ce n’est pas le seul point où le roman est flou, d’ailleurs, mais nous en reparlerons). Pour contrer cette nouvelle menace (épaulée par de terrifiants démons, qui plus est), sont apparus les Mages de bataille (MdB). Alors qu’un Thaumaturge (magicien) normal doit passer des heures, voire des jours ou plus à préparer ses sortilèges et mobiliser de l’énergie, le MdB lance ses sorts aussi vite qu’il y pense, générant éclairs d’énergie ou champs de force protecteurs. De plus, son épée, son bouclier et son armure enchantés, ainsi que son entraînement martial, et l’aura de Foi et de confiance qu’il génère, font qu’en plus d’être une force avec laquelle il faut compter sur le champ de bataille, le MdB est aussi un phare d’espoir auquel les hommes de troupe, terrifiés par l’aura maléfique de leurs ennemis (qui ont ce que j’appellerais un « effet Balrog » : en leur présence, le soldat est las, lent d’esprit, prompt à s’enfuir et découragé), peuvent se raccrocher.

Plus fort encore, le MdB peut invoquer un dragon, qui vient d’on ne sait pas trop où, on ne sait pas trop comment et on voit pas trop pourquoi (il y a une vague -une constante, ça- explication à la Le Guin, du genre « les dragons sont nos frères »). Ta gueule, c’est magique pardon, draconique. Déjà qu’il était top balaise tout seul, alors avec la bestiole… Sauf que… la couleur du dragon change avec l’âge, et il devient fatalement noir. Ou bien il peut débarquer directement de cette couleur à l’invocation. Et dans les deux cas, s’il est noir, il est fou, et veut tuer le MdB / les humains plutôt que de les aider. Pire encore, dans le passé, on s’est aperçu que les machins pouvaient être possédés, ce que l’on croyait impossible jusque là. Une génération de MdB et leurs dragons se sont donc entretués. Mais le cas le plus emblématique est celui d’Aquila Danté (rire hystérique), le papa du protagoniste, Falco Danté (fou rire ; ces noms, je n’arrive pas à m’en remettre, on dirait que ça sort d’un jeu vidéo nippon, une sorte de Devil may cry for the legacy of the Final Fantasy of Kain croisé avec la Divine Comédie de Dante  :D). Quand son dragon a viré au sombre, le cuistre a refusé de le découper en apéricubes, et il s’est même allié à lui pour tuer plein de gens, avant d’être occis par son meilleur ami. Du coup, le petit Falco a vécu dans une honte extrême et porte, même adulte, le poids de la culpabilité sur ses fragiles épaules.

Comme je l’ai déjà mentionné plusieurs fois, tout ça est d’un flou assez agaçant : il faut énormément de temps pour décanter… j’allais dire ce que sont les Possédés, ou plutôt ce qu’ils ne sont pas, à savoir des morts-vivants par exemple. On nous parle de Férocie depuis le début, il faut aussi du temps pour comprendre que non, ce n’est pas (à l’origine du moins) un Royaume des Ténèbres sur « Terre » à la Heroes of might and magic ou Loup solitaire. Et surtout, il faut beaucoup de temps pour faire le tri au niveau géopolitique : au début, on nous dit que l’émissaire de la reine vient d’Ire, et il nous faut un moment pour saisir qu’Ire, en plus d’être le nom de la planète (du continent ? de sa fédération de royaumes ?), est aussi celui… d’une ville. De plus, les hommes de la reine Catherine sont surtout Illiciens (traduisez : allemands / germains), alors que la capitale, donc, se trouve en Clémonce, d’assez nette inspiration… française (il faut donc du temps pour saisir que la ville d’Ire ne se trouve pas en Illicie…). Pour être complet sur le sujet, la Valence est d’inspiration italienne (cf les noms et prénoms : Falco, Danté, le roi Vittorio, etc) et la Beltane (grand-)bretonne, dans les deux cas plus antiques que médiévales, bien que le niveau de technologie et d’organisation militaire soit par contre clairement inspiré par le Moyen-âge. Au passage, il va falloir m’expliquer comment la Valence, d’inspiration romaine / Italienne médiévale, peut nommer ses villes Caer machinchose (caer est le terme gaélique pour forteresse) et comment il peut y avoir des lanistes (terme latin) dans la Clémonce inspirée par la France… Quel gloubi-boulga ! Mais bon on va pardonner à Mister Flannery, il a eu le bon goût d’appeler une des cités de sa pseudo-Grande-Bretagne… Maiden  😀

Alors ne vous attendez pas à une géopolitique de folie à la Trône de fer (Martin) / Trilogie de l’empire (Feist / Wurts), c’est pour les dé-bu-tants, on vous dit : d’un côté, la coalition des gentils pleins de bonne volonté pour s’entraider, de l’autre la Férocie, et au milieu deux nations puissantes, militaristes mais égoïstes, la Thrace et l’Achéron. Point. On sent bien que les thaumaturges sont en train d’essayer de prendre le pouvoir dans la coalition, mais tout ça reste très (trop…) classique et un peu pipi-caca.

Pour ce qui est du système de magie, c’est encore une fois le flou total : les dragons sortent un peu de nulle part, on ne sait pas d’où vient le pouvoir magique, pourquoi certains peuvent l’utiliser ou pas, pourquoi machin peut être Thaumaturge et pas MdB (ou inversement), etc. Et j’ajoute que si vous avez fait un minimum vital de Jeu de rôle à l’ancienne, disons D&D ou Pathfinder, voire Ars Magica ou Rolemaster, l’inspiration probable du Magicbuilding va vous sauter aux yeux, jusqu’au découpage de la magie en « disciplines » qui ressemblent aux écoles ou domaines des références précitées : Conjuration, Dissimulation, Guérison, Fortification, Communication, et ainsi de suite. Même les deux professions semblent sortir tout droit d’un Jdr, c’est tout dire. Bref, l’auteur ne s’est vraiment pas cassé la tête, et alors que certains écrivains rivalisent pour nous pondre des magicbuildings de fou furieux (Sanderson, Weeks, Bennett, McClellan, Gladstone, etc), voir un truc aussi basique et éculé en 2018 fait un poil pitié, franchement.

Intrigue et personnages : plus de clichés que chez Kodak

Falco Danté, donc, est le fils du défunt Aquila Danté, le MdB honni qui a un peu tout massacré sur les bords jadis (et bien entendu, la maman, un modèle de douceur, est morte en couches, et le petiot est donc un pauvre orphelin, c’est de la Fantasy old-school, on vous dit). Il a été recueilli par Siméon, un vieux MdB aveugle (il l’est devenu en combattant et tuant Aquila, qui était son meilleur ami, lorsqu’il a été pris de folie meurtrière en se rangeant aux côtés de son dragon devenu noir), qui l’emploie comme serviteur (là aussi, vu un certain twist lors du tournoi, il va falloir m’expliquer cette histoire de biclassage serviteur / fils adoptif, mais bon…). Il est plutôt pris en sympathie par les habitants du patelin, du moins jusqu’à ce qu’il cause la mort du MdB qui aurait pu les défendre de la horde de Possédés en approche, et que toute la ville soit obligée de fuir. Là, du coup, il va devenir la tête de turc de la colonne de réfugiés, ce qu’il était déjà pour le plus éminent des nobles locaux et surtout son fils, Jarek. Dans une deuxième partie, le jeune homme, qui représente le stéréotype de l’élu-malingre-mais-plus-pour-longtemps-promis-à-sauver-le-monde (et -courageux) va intégrer, comme ses deux meilleurs amis, Malaki, le balaise-prolo-courageux, et Bryna, la jeune femme-noble-froide-mais-courageuse, l’Académie de guerre d’Ire (la ville…).

Commence alors le cycle usé jusqu’à la corde de péripéties classiques dans une école (quelle que soit la nature des enseignements dispensés) de Fantasy, à savoir la méfiance / moquerie initiale qui se mue peu à peu en admiration pour Falco, l’élève noble et sa bande de gros bras qui font des misères aux gentils (on remarquera que Jarek ressemble à Jaspe -jusque dans le nom- chez Le Guin ou à Ambrose chez Rothfuss. Et puisque j’évoque les inspirations / ressemblances, Madaille et Hodor, hein, même combat ^^), les instructeurs bourrus mais pleins de sagesse, les héros qui excellent dans leurs domaines respectifs, le jeune chétif (« gringalet dans un monde de guerriers ») et atteint de tuberculose qui va guérir et se muer en machine de guerre, etc. On remarquera aussi que tous les antagonistes sont épouvantablement clichés (tout comme Siméon, Aurélian ou Fossetta chez les gentils, remarquez), et qu’à part Falco, qui a une (petite) part d’ombre à cause de son histoire familiale, ils sont très mono-dimensionnels. J’avais un peu d’espoir pour Malaki, dont je voulais croire qu’il pourrait virer du BFF (best friend forever) à l’ennemi sans merci, mais non, rien (pas dans ce tome 1, du moins).

Jetons aussi un voile pudique sur les Deus ex machina en série qui parsèment l’intrigue, comme (entre autres) la façon dont Malaki peut accéder à l’Académie de guerre lors du tournoi, celle dont le message demandant des secours parvient à destination en dépit de toute logique ou quasiment, les interventions de la reine ou d’un MdB sorti de nulle part ou presque pour permettre à Falco d’être entraîné malgré les manœuvres des Thaumaturges, et j’en passe, croyez-moi. Et dans un genre connexe, je trouve qu’on passe bien facilement l’éponge sur l’énorme connerie de Falco, alors qu’elle se solde par des morts et la perte de toute l’infrastructure d’une ville, hein. Et puisque j’en suis à balancer des voiles pudiques en rafale, les mages de bataille qui sautent de leur dragon en faisant des pirouettes (véridique) ou qui font des roulés-boulés en armure de plates, comment dire…

Bref, des personnages (le héros malingre mais qui cache un énorme pouvoir et qui va se muer en gros balaise au fur et à mesure du bouquin, son pote le costaud qui le protège des caïds de cour d’école, la jolie jeune fille dont au moins un des deux est amoureux, un des antagonistes qui est un fils de noble qui empoisonne impunément la vie des protagonistes, etc) à l’intrigue générale (le monde est menacé par Sauron Marchio Dolor / les Démons / les Possédés) ou l’enchaînement / le déroulement des péripéties, on est littéralement dans du mille fois vu. Ce qui n’est finalement pas si grave compte tenu du positionnement éditorial et commercial de ce titre : étant destiné aux débutants en Fantasy, ceux-ci n’auront tout simplement pas les connaissances nécessaires pour voir à quel point c’est basique ET du mille fois vu. Si vous êtes plus expérimenté, en revanche, ne vous attendez pas à des surprises, il n’y en aura aucune, vous saurez littéralement tout ce qui va se passer avant les personnages. Attention, je ne suis pas en train de vous dire que, que ce soit pour un débutant ou même un lecteur plus ancien de Fantasy, c’est un mauvais livre : le premier ne verra pas les défauts, le second pourrait bien en pardonner une partie pour les raisons que je vais bientôt vous exposer.

Style, ton

Le style de l’auteur n’a rien de particulièrement remarquable. Je ne veux pas dire par là qu’il est plat, insipide ou quoi que ce soit, mais que dans des genres radicalement opposés, on est loin à la fois de la puissance évocatrice et de l’empathie pour les personnages générée par Gemmell ou de la virtuosité dans l’usage de la langue d’un Jaworski. Pourtant, à ma grande surprise, surtout compte tenu de l’abondance de clichés que je constatais à la lecture, je dois dire que celle-ci s’est avérée étonnamment prenante, et que je revenais au bouquin tous les jours sans déplaisir. De même, il y a quelques belles scènes là-dedans, qu’elles soient de combat ou chargées d’émotion (voire les deux à la fois).

Ce qui me conduit d’ailleurs à parler d’une étrangeté : ce livre est présenté comme une Fantasy épique, est clairement martial, et c’est un peu du Démons & Dragons. Bref, je m’interroge sur le ton geignard, frôlant souvent de très, très près le Young Adult, employé. Et quand je dis geignard, c’est littéralement ça : nos deux compères masculins valençais, Falco et Malaki, venant pourtant d’une nation de mecs déters où on est guerrier depuis toujours, ont une propension alarmante à fondre en larmes à répétition, comme des pucelles à qui on présenterait bibliquement Manuel Ferrara. Oh là là, que d’émotion, comme le disaient jadis Thierry et Jean-mi-mi. Tout ça pour vous dire que certaines fois, il y a un grand écart désagréable entre l’ambiance démoniaco-grosses-épées-germains / Illiciens et les deux loupiots qui sont bien loin du Spartiate viriliste. Et sur ce chapitre, la romance reine / émissaire fait un peu tâche également, on a dit de la Fantasy é-pi-que, nom de moi-même.

Pour terminer sur ce chapitre, je vous dirais que l’auteur tente clairement de vous faire ressentir des émotions, il ne fait pas appel à vos capacités de réflexion, et donc vous vivez l’histoire plus qu’elle ne vous conduit à examiner l’allégorie de tel ou tel thème. De ce point de vue là, nous ne sommes clairement pas au niveau des évolutions les plus récentes de la Fantasy, de ce que proposent des gens comme Sofia Samatar ou Jy Yang. Enfin, la transmission d’informations sur le monde est particulièrement maladroite, c’est à signaler : outre Malaki le candide, qui est le seul du patelin à ne RIEN savoir sur les dragons, les infos sont systématiquement ou presque données au mauvais moment, c’est-à-dire après des centaines de pages à se demander de quoi l’auteur parle exactement. Exemple tout bête, le terme de « Contrées interdites », mentionné à plusieurs reprises et clairement expliqué à seulement… 86 % du livre !

A jeter ? Hop, hop, hop, attendez un peu…

Vu tout ce qui précède, à moins que vous ne soyez débutant en Fantasy, il est probable que vous ayez au moins quelques doutes sur l’intérêt d’acheter ce livre. Eh bien figurez vous qu’en plus de son côté prenant, il a une vraie grosse qualité, pas du tout mise en avant par son éditeur : le côté militaire. En effet, la grosse majorité du bouquin va vous décrire par le menu l’organisation militaire d’Ire, la façon dont on entraîne les différents types de troupes, les officiers, etc. Et ça, c’est franchement bien fait et intéressant. De même, on va vous montrer la conception de l’armure magique de Falco (et probablement celle de son épée dans le tome 2), et ça aussi, moi ça m’a carrément fasciné (ça n’atteint pas le niveau de Mathieu Gaborit dans Les chroniques des crépusculaires, mais ça reste tout de même intéressant). Enfin, si cette lutte contre les Possédés n’atteint (évidemment) pas l’intérêt de celles proposées par Peter F. Hamilton en SF (L’aube de la nuit) ou Django Wexler en Fantasy (The infernal battalion), et si la retraite sur des centaines de kilomètres n’arrive certainement pas à la cheville de celle de Coltaine dans le tome 2 du Livre des martyrs, elles réservent pourtant quelques scènes d’action vraiment pas dégueulasses, le tout magnifié par la traduction fluide et évocatrice de Patrice Louinet (et la couverture très « Livres dont vous êtes le héros » de l’excellent Alain Brion -qui devrait se rebaptiser Brio, il le mérite, c’est cadeau-).

Bref, je ne vous déconseille pas ce livre si vous êtes un lecteur de fantasy (un minimum) expérimenté, si vous êtes capables de passer outre les clichés sur les personnages et l’intrigue, outre le ton un peu cucul, outre le monde assez basique, le roman a quelques vraies qualités, s’avère prenant, et si même l’apôtre des formes les plus novatrices de Fantasy que je suis vous assure qu’il ne regrette pas sa lecture, c’est que vos euros ne seront sans doute pas dépensés en vain.

La fin de ce tome 1 est sans enjeu particulier, on sent plus la coupure à 50 % que placée après une vraie scène d’envergure ou ménageant un insoutenable suspense. Pour ma part, que ce soit en SP ou sur mes propres deniers, je lirai le tome 2 sans souci.

Pour finir, Sébastien Cabal le guerrier colossal, coïncidence ou marque de la visible francophilie de l’auteur ?

En conclusion

Fantasy épique / High destinée, de l’aveu même de Gilles Dumay, au débutant, Mage de bataille (son tome 1, du moins) multiplie effectivement les clichés et cultive un côté basique, old school, évident, que ce soit au niveau de la construction du monde, de la magie, ou, surtout, de l’intrigue et des personnages. De plus, son ton assez particulier, un peu geignard (on pleure beaucoup dans cette bande de guerriers…), un poil Young adult (ou à la limite extrême), tranche avec des passages démons-épées-germains-dragons plus conformes à ce que laissent présager la quatrième et la première de couverture, ou le classement taxonomique employé par l’éditeur. Et d’ailleurs, c’est dans la taxonomie qu’on trouvera un vrai point d’intérêt : en effet, l’aspect militaire / académie de guerre / formation et organisation d’une armée pseudo-médiévale est solide, et l’amateur de Fantasy martiale devrait, lui, trouver un intérêt réel à cet ouvrage. Qui, par ailleurs, même pour un lecteur vétéran de la Fantasy, s’avère prenant (c’est même surprenant, compte tenu de la quantité de clichés présente), se lit et se finit sans déplaisir aucun, et ménage quelques scènes vraiment palpitantes. De là à crier au chef d’oeuvre, clairement pas, mais de là à aller dire, comme certains, qu’AMI fait les « poubelles de Bragelonne », certainement pas non plus !

Pour aller plus loin

Retrouvez sur le blog les critiques des autres titres du lancement d’Albin Michel Imaginaire : American ElsewhereAnatèm (tome 1), Les étoiles sont légion.

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce tome 1, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Lutin sur Albédo, celle de Lorhkan, d’Herbefol, du Chroniqueur, de Xapur, de Lhotseshar, de Célindanaé, de Dionysos,

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69 réflexions sur “Mage de bataille – tome 1 – Peter A. Flannery

  1. Ah je ne supporte pas quand ils font ça. Sérieusement : un auteur, ça se doit d’être bon ou mauvais. Par respect pour le lecteur. C’est comme un maraîcher qui te vend des tomates de serre et, au milieu du panier, il t’en rajoute une ou deux en te disant « tenez, goûtez-moi celles-là ». Et pourquoi tu ne m’as pas vendu celles là, tête de …?

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  2. Merci pour ce retour rapide sur ce livre, si le côté attrayant passe par le côté militaire ça me refroidit d’autant plus je me souviens de Dragon Master où vraiment je n’accrochais pas, mais pour intéresser un lectorat qui ne connaît rien à la fantasy hormis les films de Tolkien ça peut être un bon début

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  3. Ping : Quand le chaos se penche sur la lutte éternelle entre le bien et le mal - Albin Michel Imaginaire

  4. Je me permets de te citer :
    « Qui, par ailleurs, même pour un lecteur vétéran de la Fantasy, s’avère prenant (c’est même surprenant, compte tenu de la quantité de clichés présente), se lit et se finit sans déplaisir aucun, et ménage quelques scènes vraiment palpitantes. »
    Ça marche (très bien, à mon humble avis, sinon je n’aurais pas mis ma tête sur le billot pour l’acquérir/le faire traduire) parce que Peter A. Flannery a (avant tout) le sens des personnages. Et ce que tu vois comme « geignard » est à mon sens plutôt paradoxalement « réaliste » quant on voit à quoi les personnages (jeunes) sont confrontés (ils en prennent plein la gueule et encore plein la gueule). Le sujet de ce roman c’est le passage de l’humain au surhumain (et de l’adolescence à l’âge adulte), exactement comme dans First and only, son polar parapsychologique.
    C’est un roman de gare, de plage, d’aéroport. Populaire et sincère. Lui dit : « une bonne pizza ».

    Et oui, il y aura d’autres fantasy chez Albin Michel Imaginaire, dont notamment une (française), au printemps, avant les Imaginales, dont l’acquisition sera annoncée après le lancement.

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    • Carrément pas d’accord. Malaki et Falco sont supposés venir d’une culture guerrière, et donc avoir la larme à l’oeil à la moindre occasion est irréaliste. Je ne vois pas un guerrier Spartiate ou Japonais montrer ses émotions, voire même se laisser submerger par elles de cette façon. Et si ce n’est pas réaliste pour eux, ça l’est encore moins pour le vieux Mage de bataille qui instruit Falco ou certains des autres vétérans. Et pour ce qui est du sens des personnages, on est loin de Gemmell ou même de quelqu’un comme John Gwynne. Je n’ai jamais ne serait-ce qu’approché le niveau d’empathie que j’ai ressenti pour les persos des romans de ces deux là dans celui de Flannery.

      Pour le reste, je ne pense pas avoir à prouver mon soutien à la SFF populaire, mes centaines d’articles étant là pour en attester.

      Je me doute bien qu’il y aura d’autres Fantasy, la vraie question est de savoir dans quelle proportion, s’adressant à quel type de lectorat, old school ou à la pointe du progrès, et dans quels sous-genres. Parce que d’après ce que tu en a révélé sur le forum du Belial’, ladite Fantasy française m’a l’air d’opérer exactement dans le même registre (et j’espère me tromper).

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  5. Ni Falco ni Malaki n’ont été élevés en guerriers, l’un est le fils du forgeron, l’autre le fils d’un mage de bataille dont on dit qu’il a sombré dans une folie meurtrière (la vérité est évidemment un peu plus compliquée). On est loin, très loin, de l’éducation spartiate, ils sont le produits de leurs environnements familiaux respectifs… Surtout que l’un est malade / paria donc encore plus déconnecté d’une possible culture martiale. Mais coupons-là…

    Le roman de fantasy français est une épopée barbare lorgnant sur le western spaghetti avec des personnages affreux, sales et méchants. Le tout servi par une langue riche et poétique qui plaira, je crois, aux fans de Benvenuto Gesufal. On peut difficilement trouver plus différent que Mage de bataille.

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  6. Les poubelles de Bragelonne… Oh là là, mais ça doit être « Gandalf le barbare post-apo contre les zombies de l’Autre Dimension » !
    Ce que je comprends pas, c’est pourquoi les possédés tuent les gens au lieu de les faire prisonniers pour les posséder à leur tour… En six mois t’as colonisé toute la planète ! Pourquoi se compliquer la vie ?

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  7. Bien. Je pariais sur une critique comme celle-là, te connaissant quand même assez bien, et je ne me suis pas trompée. J’avais même prévu ton « ta gueule, c’est magique! »
    Je suis globalement d’accord avec toi concernant les principaux défauts avec un oeil de lecteur un peu plus expérimenté. Le principal pour moi étant que j’ai du mal à y voir un roman de post 2015, il fait davantage vintage. (Bon tout cela tu le liras dans ma propre chronique qui paraîtra très bientôt).

    Les personnages ne m’ont pas autant gênée que toi, car ils sont jeunes et je n’ai pas ressenti une ambiance très martiale dans leur village. Mais, Malaki est un poil candide et les « méchants » de l’académie sont… monodimensionnels comme pour toi.

    J’ai beaucoup aimé la première partie, avec la catastrophe et la retraite et de belles scènes de bataille. Tout comme toi, j’ai aussi bien apprécié cette ambiance martiale à l’académie, et cet entrainement qui change vraiment. Les dragons cela m’a fait davantage pensé à Eragon. Bref, le tout, un patchwork empruntant à diverse influence et qui fonctionne. (j’avoue que sans cette première partie, le mystère derrière les dragons noirs et les thaumaturges, l’aspect martial et les batailles, j’aurai fait un peu la moue.)

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    • Eh bien écoute, j’ai lu Anatèm, c’est un monument, je suis en train de lire American Elsewhere, c’est très prenant, et le camarade FeydRautha a lu Les étoiles sont légion, et l’a trouvé excellent.

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  8. On l’a reçu il y a peu mais il faut d’abord que je finisse Les jardins de la Lune d’Erikson (et je ne suis pas sûre qu’enchaîner les deux soit une bonne idée : Mage de bataille risque d’en pâtir ^^). Je reviendrais lire ta critique en détail après ma lecture, mais je suis plutôt rassurée dans l’ensemble 🙂

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    • C’est quand même un roman extraordinaire : il arrive à faire hésiter un expert qui sait pertinemment, qui sent tout au fond de son être, dans chaque fibre de sa passion, que cette fantasy à base de dragons et de boules de feu n’est plus pour lui…
      😉
      Mais je suis près à parier qu’il y a quelques années (et quelques dizaines de lectures plus tôt) tu aurais beaucoup aimé.

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  9. Ping : American Elsewhere – Robert Jackson Bennett | Le culte d'Apophis

  10. Et ben, le coup de la poubelle de Bragelonne, ce n’est pas très sympa… Il y a d’autres titres chez AMI qui m’intéressent davantage que celui-ci. J’ai peur que le côté YA ne me fasse lever les yeux au ciel par moment. Ce n’est plus ce que je recherche aujorud’hui dans mes lectures.

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  11. Bon, j’attendais les premiers retours avant de savoir si je craquais ou non. J’avoue la promotion de l’éditeur avait été claire c’est du Classique, pour autant il m’intriguait. Maintenant après avoir lu ta chronique, je vais apsser mon tour, j’ai de plus en plus de mal avec le beaucoup trop classique voir cliché.
    Après concernant Goodreads, il a quand même ses contre-exemples, je me demande toujours comment All Systems Red peut être nôté 4,15 sur 16 947 notations ^^

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    • Sur All systems red, nous sommes complètement d’accord. Pour ma part, ayant cependant une sensibilité de lecteur proche de celle des lecteurs anglo-saxons, majoritaires sur Goodreads, ça reste cependant statistiquement un indicateur très fiable de la capacité d’un roman à me plaire. Je ne lis quasiment plus rien en-dessous de 3.80, d’ailleurs.

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  12. Ping : Anatèm – tome 1 – Neal Stephenson | Le culte d'Apophis

  13. Ping : Mage de Bataille – Peter Flannery – Albédo

  14. Hi Apophis
    This is Peter, the author of Battle Mage here. First of all I must admit that I don’t speak French and I was only able to read your excellent review because of the magic of Google Translate! Personally, I found your review informative and amusing (And I must say, quite accurate).

    You are correct in saying that the book is full of clichés. In fact I would go so far as to say it is one big cliché. However, I think you’d agree that I never tried to pretend otherwise. From the moment you meet my weakly hero and his sturdy best friend you know what’s going to happen. Or at least, you should.

    The challenge for me was to write a classic ‘coming of age’ story, but to somehow make it my own. You are only half way through the book so I hope you will read the second part before deciding whether I succeeded or not.

    And yes, I would be the first to admit that I am not the greatest writer in the world. I am continually reminded of my own literary shortcomings, and I’m in awe of many of the writers you mentioned in your review. So you will hear no quibbles from me on that point.

    And yes, my characters do tend to cry a lot! 🙂 I guess this is a reflection of my own emotional sensibilities, but it is also an essential part of the story. The strong, impassive Spartans would never survive against the Possessed because they would never develop the emotional resilience to deal with psychological attacks. Their ego alone would be like an open door to the whispers of the enemy.

    But this is also based on observations from real life. If you look at the training of Special Forces, for instance. It is rarely the strong stoic types that succeed in these gruelling selection processes. It is the individuals with strong character, those that draw strength and support from their comrades and friends. Everyone has a breaking point but an individual who cannot express their emotions will often break sooner than someone who can. This is one of the reasons why women often outperform men in challenges of mental toughness.

    As one American reader put it… ‘It wasn’t until I was near the end of the book that I realised that all Falco’s suffering was the crucible in which he had been forged.’

    But the thing that I enjoyed most about your review was that you had the good grace to admit that you enjoyed it (albeit a little reluctantly 🙂 Even though your extensive knowledge of the fantasy genre meant that there were many areas open to criticism, you were still generous enough to acknowledge that the book was quite entertaining. In short, your objectivity was not eclipsed by your ego. And that is a very admirable quality.

    So thanks for reviewing Mage de Batallie, Apophis. And I look forward to hearing your thoughts on the second part of the book. It’s true… you already know what is going to happen. You know many of the scenes that are likely to take place.

    The forging of the armour and sword
    The inevitable ‘trials’
    The meeting with his dragon and the unlocking of his power
    And finally the ultimate confrontation with the enemy’s champion

    You know these scenes are coming
    The only question is,
    Are they satisfying?
    Are they done well?

    I will leave that for you and your followers to decide…

    With kind regards
    Peter

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    • Hi Peter,

      thank you for your kind words. I am indeed an experienced Fantasy reader (been reading that genre since i’m 10 years old, and i’m almost 44 now), and i must say that what i found absolutely amazing in your book (the first half that i’ve read so far, at least), is that even if it is a very classic coming of age / epic fantasy, even veteran readers like myself can and do enjoy it, which is, for me, with no doubt a sign of the quality of Battle Mage. And a scene may be « classic » / seen before multiple times, and keep its magic, the power to fascinate the reader, like the forging of enchanted weapons or armor, or the discovery of the power hidden in the hero. I look forward to see, for example, the encounter between Falco and his dragon, and to read the second part of Battle Mage. About your writing, i think that you’ve done an admirable job to create an empathic connection between the reader and characters feeling strong emotions, and to describe epic battle scenes. That alone made me appreciate your book. That and the very precise depiction of the military training or organisation of a (fantastic) medieval setting.

      I sincerely hope to read more of your books in the future,

      thank you very much for stopping by on my humble blog,

      (and sorry for my bad english, i’m an experienced english reader, but i rarely write in your language),

      with kind regards,

      Apophis / Michael.

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  15. Le commentaire de Mr. Flannery est très classe, pourtant tu n’as pas été tendre avec son roman. Il y a des tas d’auteurs français qui auraient pris la mouche pour moins que ça !
    Bon, ce « Mage de bataille » n’est clairement pas pour moi, mais je garde un œil sur les futures parutions d’Albin Michel Imaginaire, ce qu’annonce le Big Boss en fantasy française a l’air très alléchant !

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    • J’ai pensé exactement la même chose, et ce d’autant plus que je connais deux autrices françaises qui ont bien, mais alors bien plus mal pris les critiques de leurs bouquins publiées sur le Culte que Mr Flannery. La grande classe, effectivement.

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    • @ Olivier Boile
      Mon idée concernant la fantasy c’est quand même de « piocher » largement chez les auteurs de langue française. Si possible (car ça dépend d’eux). Il y a une french touch en fantasy extrêmement convaincante. J’ai fait cette année le speed dating des Imaginales et deux projets m’ont semblé très prometteurs, dont un de pure fantasy. Après, j’attends des francophones qu’ils fassent exactement le contraire de Peter A. Flannery, c’est à dire qu’ils explorent de nouveaux territoires littéraires. Quand on retire les coûts de traduction d’un projet éditorial, tout de suite on a les coudées plus franches. On peut oser des choses qui semblent impossibles dès qu’on ajoute le coût d’une traduction.

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  16. Ping : Chroniques des livres éligibles au Prix Planète-SF 2019 : L à Z (par titre) – Planète-SF

  17. Merci pour cette critique amusante, et merci à l’auteur pour sa réponse précise
    Ca oscille entre traitement long et détaillé de la formation académique avec élève noble sadique comme dans le soldat chamane et traitement court de situations ou composantes de l’univers, ca claudique mais on suit le cours de l’histoire en pardonnant de bonne grâce, livre sans prétention efficace et agaçant qui pourra paradoxalement dérouter un non connaisseur du genre

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  18. Ping : Mage de bataille, de Peter A. Flannery – Les Chroniques du Chroniqueur

  19. Ping : Mage de Bataille, tome 1 – Peter A. Flannery – Les Lectures de Xapur

  20. Ping : Mage de bataille-Peter A.Flannery – Au pays des Cave Trolls

  21. Ping : Mage de bataille tome 1-Peter A.Flannery – Au pays des Cave Trolls

  22. Ping : Les étoiles sont légion – Kameron Hurley | Le culte d'Apophis

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