Les cendres de Babylone – James S.A. Corey

Passage obligé

expanse_6_cendres_babyloneLes cendres de Babylone est le sixième volume du cycle The Expanse, après L’éveil du Léviathan, La guerre de Caliban, La porte d’AbaddonLes feux de Cibola et Les jeux de Némésis. La critique du tome 7, Le soulèvement de Persépolis, qui vient tout juste de paraître en VF, suivra celle-ci d’ici quelques jours. Le tome 8, Tiamat’s Wrath, est sorti en anglais en mars, et le neuvième et ultime roman (les auteurs -rappelons qu’ils sont deux à se cacher sous le pseudonyme commun « James S.A. Corey »- ont déjà annoncé qu’ils passeraient à un autre univers de SF ensuite) est prévu (en VO) en 2020. Signalons qu’Actes Sud accélère le mouvement, puisque après avoir longtemps été à la traîne de trois autres pays européens en matière de délai de traduction, l’éditeur a mis les bouchées doubles en 2019, faisant paraître deux tomes en VF la même année (les 6 et 7) alors que de 2014 à 2018 inclus, il n’y en a eu qu’un par an. La maison arlésienne est donc certes presque à jour, mais cette accélération du rythme n’a pas été, comme nous le verrons, sans conséquence sur la qualité de la traduction et de la relecture.

Après un bon premier tome, un tome 2 très bon, un troisième fort décevant, un 4 plutôt passable (mais avec de bons moments) et un 5 qui relevait vraiment le niveau, j’étais curieux de savoir ce qu’allait donner ce sixième roman. Pour tout dire, sans être mauvais, il est tout de même bien long pour ce qu’il a à raconter (c’est le plus gros des huit livres parus en VO pour le moment), et son issue ne fait guère de doutes. Quand on a compris le schéma général du cycle (nous allons en reparler), on a le sentiment que, certes, son écriture et son intrigue étaient un passage obligé, mais on a tout de même hâte de passer au tome suivant. Qui, lui (je suis en plein dedans, au moment où je tape ces lignes), est beaucoup plus intéressant et surprenant. Tout compte fait, on a cependant affaire à un tome qui se lit sans trop de frustrations, et qui globalement, est meilleur que les tomes 3-4, même s’il n’atteint pas (à part peut-être dans son dernier quart) la qualité du tome 5.

Avertissement : arrivé au tome 6 d’un cycle, les spoilers sur les romans précédents sont inévitables. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de les lire, ce qui suit est donc à vos risques et périls.

Avant-propos : structure du cycle

On peut dégager un motif récurrent structurant l’ensemble du cycle : les tomes forment des duos, le premier livre de chacun d’entre eux installant un nouveau paradigme tandis que le second examine les conséquences de ce changement (et en général, un événement a lieu en fin de ce second roman, qui est l’amorce du prochain paradigme, celui qui sera au cœur du duo suivant). Ainsi, L’éveil du Léviathan installe le paradigme « protomolécule » (nous ne sommes pas seuls dans l’univers), dont les conséquences sont examinées dans La guerre de Caliban. Dans La porte d’abaddon, la protomolécule a construit l’Anneau, qui mène vers la Zone Lente et donc vers 1300 nouveaux mondes, ce qui installe le paradigme « l’action n’est plus limitée au Système Solaire » ; dans Les feux de Cibola, nous observons les conséquences de ce changement quand l’action est justement déplacée du Système Solaire à un autre. Dans Les jeux de Némésis, le fait que les ressources et l’espace vital de 1300 mondes soient accessibles modifient radicalement les perspectives d’avenir de la Ceinture et de la terraformation martienne, ce qui mène à la fuite de Duarte vers Laconia et à l’action de Marco Inaros, avec les frappes sur la Terre qui installent le nouveau paradigme « c’est nous les bossmangs maintenant ! » (Comment, vous ne parlez pas le créole des Ceinturiens ? Tsss…).

Et donc, dans ce tome 6, les auteurs examinent les conséquences de ce changement de paradigme, et en fin de roman, amorcent celui qui prendra sa place dans le tome 7 (même si une partie de ce paradigme suivant est amorcée dès Les jeux de Némésis).

On remarquera aussi que pour l’instant, trois des quatre duos de romans introduisent un nouvel ennemi dans le premier livre dudit duo, qui sera vaincu dans le second (bien que pour le duo 4 -tomes 7 et 8, la question se pose encore-) : il s’agit des humains infectés par la protomolécule dans le duo 1, de Marco Inaros dans le duo 3 (tomes 5-6) et de Duarte dans le tome 7.

Résumé « à la hache » de l’intrigue

L’intrigue débute immédiatement après les événements du tome 5, et est plutôt facile à résumer : tandis que la Flotte Libre d’Inaros tente de s’emparer des vaisseaux se dirigeant vers la Zone Lente afin de redistribuer leurs ressources dans la Ceinture, et que la Terre est en plein trip post-apocalyptique (10-15 milliards de morts -soit la moitié de la population-, effondrement de l’infrastructure et des écosystèmes, épidémies, manque de nourriture et combats pour les ressources vitales, seigneurs de la guerre -ou plutôt police qui fait main basse sur lesdites ressources-, etc), ce qui reste du gouvernement Martien, fragilisé par la trahison de Duarte et le changement de paradigme qui a rendu le projet de terraformation caduque, tente de coopérer avec Avasarala et Holden pour mettre au point une contre-attaque et détruire la Flotte Libre. Mais Inaros va la jouer fine (mais cette tactique va cependant lui coûter cher… dans son propre camp), sabotant ou volant les infrastructures et ressources des astéroïdes majeurs avant de les abandonner (ou plutôt des millions de réfugiés et un cauchemar logistique et technique) à ses ennemis, se cachant dans l’espace comme un taliban se planque dans la montagne (ce sont les auteurs eux-mêmes qui font le parallèle).

Tout semble donc mal engagé pour nos héros, à ceci près qu’estimant qu’il est allé trop loin en mettant en danger les Ceinturiens qu’il était supposé protéger, un des lieutenants de Marco Inaros, Michio Pa (je signale, pour celles et ceux qui suivent la série télévisée The Expanse en parallèle, que ce personnage a été plus ou moins fusionné, si j’ai bien tout suivi, avec celui de Drummer dans le show, et ce dès la saison 3), décide de tracer sa propre route. Sans compter que la haine féroce que Marco voue à Naomi et Holden va lui faire voir rouge et lui faire commettre quelques erreurs également ! Ainsi, les auteurs vont mêler étroitement l’histoire microscopique, la rancœur familiale et amoureuse (Filip – Marco contre Naomi), avec l’Histoire avec un grand « H », le niveau macroscopique, à la fois géopolitique et culturel, conduisant la Ceinture à se redéfinir une deuxième fois, à se réinventer pour survivre, et aux planètes intérieures (Terre et Mars) à lui accorder une place moins asymétrique dans l’économie du Système solaire. La lutte politico-idéologique se double d’une vengeance amoureuse, et Naomi se range aux côtés de sa famille de cœur contre celle légale et biologique.

La fin résout de façon très élégante, à mon sens, la disparition programmée de la civilisation Ceinturienne, en lui donnant une utilité inédite, qui se concrétisera pleinement dans le tome suivant.

Personnages, narration

Comme dans tous les autres livres du cycle, la narration alterne entre plusieurs points de vue. Le roman précédent avait comme particularité de n’introduire aucun nouveau point de vue (même s’il introduisait, par contre, quelques personnages inédits : simplement, l’action n’était pas vue par leurs yeux), n’utilisant que ceux de l’équipage du Rossinante (donc quatre, pour les deux du premier rang de la classe qui suivent). Dans Les cendres de Babylone, par contre, c’est la fête du slip, puisque, si j’ai bien compté, il y a… dix-huit points de vue différents. Alors certes, la plupart sont ceux de personnages déjà connus (nos quatre héros, Filip, Clarissa, Bobbie, Prax, Avasarala, Fred, etc), et les autres ne sont en général employés qu’une seule et unique fois (trois, par exemple, montrent les événements vus par autant d’employés de la station Médina). Mais pour ceux qui ont les points de vue multiples en horreur (coucou Leather), j’imagine qu’un tel bouquin doit relever du cauchemar absolu. Même si, pour ma part, je n’ai pas trouvé que ça rendait la narration particulièrement exigeante ou pénible à suivre.

On peut toutefois se demander si une telle débauche de points de vue était nécessaire, voire même utile ou pertinente : à mon sens, la réponse est clairement non. Je me suis amusé à compter, et même en faisant preuve de largesse, douze auraient suffi. Sans compter le fait que pour moi, aucun bouquin ne devrait dépasser les six points de vue, grand maximum. Voire quatre. Après ça, le rapport utilité / probabilité de perdre une partie du lectorat devient, à mon sens, trop défavorable. J’en profite d’ailleurs pour vous inviter à vous exprimer sur ce sujet en commentaires : comment supportez-vous les points de vue (lourdement) multiples ?

Sans trop spoiler, signalons que le personnage de Michio Pa est très intéressant (et j’ai presque trouvé que l’équipage du Connaught était une sorte de miroir de celui du Rossinante), notamment dans son cheminement psychologique et idéologique, qui va la conduire à créer une alternative là où il n’y en avait pas, que celui de Filip s’étoffe, que celui de Marco consterne (c’est le genre à vous sortir que n’importe quel rebondissement complètement imprévisible faisait en fait partie de son plan -pas celui qu’il vous a présenté une heure avant les événements, hein, mais celui qu’il vous dévoile une heure… après-), et qu’un personnage secondaire-mais-pas-tant-que-ça tire sa révérence de façon inattendue. Signalons aussi que certains personnages déjà connus mais un peu oubliés du lecteur (du tome 3, essentiellement, mais aussi d’autres romans) refont une apparition, comme Anna ou Prax. Enfin, Chrisjen est toujours au sommet de sa forme en terme de jurons, ce qui, comme toujours avec elle, donne une saveur toute particulière aux chapitres narrés selon son point de vue ou plus généralement ceux dans lequel elle intervient. On remarquera toutefois qu’elle s’humanise, notamment via les scènes où elle pleure son mari ou celle avec sa petite-fille (qu’elle n’aime pas  😀  ).

Mais le point capital, au niveau des personnages, de ces Cendres de Babylone est la pleine intégration de Bobbie et Clarissa à l’équipage du Rossinante, qui ne va pas sans difficultés en raison du passif que se traîne la seconde aux yeux d’Holden. Cette intégration ayant des conséquences majeures dans le tome 7, Le soulèvement de Persépolis.

Mon ressenti

Sans être aussi mauvais que le tome 3 ni aussi passable que le 4, ce sixième roman ne se hisse pourtant pas à la hauteur de son prédécesseur immédiat, Les jeux de Némésis. Ce qui est nous est raconté est plutôt intéressant (surtout la nouvelle dynamique de l’équipage élargi du Rossinante), mais le livre reste assez long, et les événements auraient pu être résumés sans problème, à mon sens, avec 150 ou 200 pages de moins. Le dernier quart est cependant plus nerveux, avec des scènes de combat qui vont ravir les amateurs de SF militaire. Et comme je l’ai évoqué, la fin donne un aperçu fascinant de ce qui est à venir dans Le soulèvement de Persépolis.

Pour revenir un instant sur l’aspect militaire, le point clef du tome 5 était une allégorie du 11 septembre, une frappe aussi imprévisible que dévastatrice qui a d’énormes conséquences géopolitiques. Dans Les cendres de Babylone, les auteurs montrent que pour survivre à la riposte, l’organisation révolutionnaire / terroriste qui est à l’origine de ladite frappe ne peut pas adopter des tactiques standard et est obligée de mener une guerre asymétrique, ainsi qu’une bataille sur le terrain médiatique / de l’opinion. Et qu’elle se met en péril quand l’ennemi l’attire dans un engagement classique au lieu d’actions de guérilla et quand son unité se fissure parce ce que certaines des décisions politiques ou stratégiques prises ne font pas l’unanimité, vont contre l’idéologie ou le plan initial, voire contre le simple bon sens, qui est bien évidemment de protéger son peuple plutôt que de constituer le plus grand péril pour lui (pour immobiliser la flotte Terre-Mars, Marco sabote les équipements des grands astéroïdes colonisés, mettant ainsi en danger des millions de gens incapables de les fuir). Cet aspect montre aussi que profiter de circonstance favorables ou d’une aide inattendue ne peut en aucun cas se substituer à un vrai sens tactique, à une formation militaire ou tout simplement à un défaut de lucidité. Et qu’un entrainement supérieur et une base industrielle (et technologique) solide seront toujours des facteurs décisifs pour gagner une guerre. Ce qui est d’ailleurs parfaitement démontré dans le tome suivant.

Pour conclure, je dirais que si vous êtes arrivé à ce stade du cycle, vous avez tout intérêt à continuer, car Le soulèvement de Persépolis, le roman qui suit celui-ci, introduit un vent de fraîcheur bienvenu et est très tonique dès ses premières pages. Les cendres de Babylone est certes un peu lent et verbeux pour ce qu’il a à raconter (mais je ne le considère pas comme un mauvais roman, pour ma part), mais d’un autre côté, vous vous rendrez compte, en lisant le tome 7, que c’était un passage obligé pour installer le nouveau paradigme qui va changer (une fois de plus) assez radicalement les fondamentaux géopolitiques de cet univers.

Des problèmes de traduction / relecture

Disons-le tout net, sur le plan de la traduction et de la relecture, ce roman est plus que perfectible, surtout pour un éditeur de ce calibre. Je préfère croire à des délais un peu courts plutôt qu’à du je-m’en-foutisme ou à de l’amateurisme, même s’il faut bien reconnaître que dans la collection SF d’Actes Sud, il y a souvent des problèmes (rappelez-vous de la quatrième de couverture du Problème à trois corps…). Petit florilège :

  • Erreur grossière de traduction : « le baril de l’arme de leur porteur », traduction très, très incorrecte de barrel, qui, lorsqu’on parle d’une arme à feu, doit se traduire par canon. Je sais bien que l’écrasante majorité des traducteurs (et des auteurs) a une connaissance extrêmement limitée de tout ce qui touche aux armes, mais là, tout de même, ça pique terriblement les yeux ! Dans le même registre, on peut aussi citer « même le logo de l’Industrie de Tycho », qui est très probablement (je n’ai pas accès à la VO pour comparer) une mauvaise traduction de Tycho Industries (ou plutôt de ça), et qui aurait donc dû donner « des Industries Tycho ».
  • Conjugaison aux abonnés absents : « son collimateur tête haute devait indiquait« .
  • C’est du français, ça ? : « laser de distance » (probable traduction de laser rangefinder) au lieu de « télémètre laser ».
  • Correcteur, réveille-toi : « mais ils n’étant pas énoncés », « elle s’attendait que son maquillage, à présent, soit une catastrophe ».
  • Et le clou de cet affligeant spectacle : les « célèbres » oiseaux pinçons au lieu de pinsons, évidemment.

Votre serviteur payant 95% de ses livres (à l’exception des lectures pour Bifrost), comme la plupart d’entre vous (je ne reçois aucun SP de la part d’Actes Sud, contrairement à certains blogueurs), il estime, en tant que consommateur, avoir droit, surtout pour le prix demandé, à un travail un peu mieux fini. Surtout que, très franchement, les erreurs relevées sont tellement énormes qu’elles devraient sauter aux yeux de professionnels comme un directeur de collection, un traducteur ou un correcteur.

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18 réflexions sur “Les cendres de Babylone – James S.A. Corey

  1. Bonjour,

    Bravo tout d’abord pour avoir eu le courage de publier un article le dimanche, on sent la passion que vous mettez dans votre travail et ce blog.
    Je suis globalement d’accord avec vous, ça me semble un tome de transition qui prépare le changement de paradigme du Soulèvement de Persépolis, que je suis en train de lire également. Je suis aussi du même avis sur le personnage de Michio Pa, ses dilemmes sont de loin les plus intéressants et les plus complexes parmi la flopée de personnages qu’on rencontre, et coincée comme cela entre deux camps d’une guerre galactique, sa situation provoque efficacement l’empathie. Le roman est parfois un petit peu longuet, mais il reste pertinent et n’est pas dénué d’intérêt, en particulier sur le thème de l’affrontement géopolitique entre faction terroriste et ordre établi.
    Il reste quelques coquilles dans le texte fini, je ne comprends pas comment l’éditeur et le correcteur ont pu passer à côté, ce qui est dommage car de manière générale, je trouve l’écriture, et donc la traduction, un peu plus fluide que celle des premiers volumes. Je n’ai jamais mis les pieds chez Actes Sud mais travaillant moi-même dans l’édition, je sais que les correcteurs, traducteurs voire les éditeurs sont… disons souvent surchargés de travail à réaliser dans des délais courts, je trouve fréquemment ce genre d’erreurs dans les textes de ma propre maison, malheureusement. Ce qui n’excuse rien cependant. Prenons un petit peu plus de temps… Je n’ai pas encore tout lu, mais le travail sur le Soulèvement de Persépolis m’a l’air d’être de meilleure qualité.
    Et pour répondre à votre question, la multiplication des points de vue ne m’a personnellement pas dérangé, au contraire, un univers et des thèmes d’une telle complexité impliquent nécessairement pour moi un nombre important d’expériences diverses, et donc, de points de vue.

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    • Bonjour,

      je suis d’accord avec vous, au point où j’en suis (43%) le travail de traduction et de correction réalisé sur Le soulèvement de Persépolis est bien meilleur. Vous noterez aussi que mon hypothèse privilégiée pour expliquer les erreurs constatées dans Les cendres de Babylone est effectivement un manque de temps, probablement dû à la volonté de sortir deux tomes la même année.

      Merci pour votre retour concernant les points de vue multiples !

      (et vous pouvez ajouter : un dimanche… de finale de Fed Cup et de début du Masters de tennis masculin : mon dévouement envers mes lecteurs est sans limites 😀 ).

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      • Félicitations supplémentaires, alors, d’autant plus que la victoire en Fed Cup est au bout (allez Kiki, tout ça…) ! Je vais de ce pas continuer ma lecture du Soulèvement de Persépolis, qui me semble l’un des meilleurs volumes de la série et que je prends grand plaisir à lire. En attendant votre prochaine critique.

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  2. Chronique très intéressante même si j’ai surtout envie de réagir concernant la traduction parce que… Ça arrive trop souvent. Je suis en train de lire un roman traduit où sur quelques pages j’ai trouvé trois fautes grossières d’innatentions qui sont dues à mon avis à un trop gros empressement de l’éditeur à le sortir vu que la saga sortait à un tome tous les 6 mois. Mais ça n’excuse rien en fait. J’estime que si on n’a pas le temps de faire les choses correctement, il faut le prendre. Parce que, que tu achètes le livre ou que tu le reçoives comme SP, tu en parles pour le conseiller à des gens qui vont probablement le payer de leur poche donc c’est une question de respect global du lecteur. Enfin c’est mon avis. Je ne dis pas qu’il ne peut pas subsister une coquille ou deux mais y’a coquille et coquille..
    Bref voilà j’en profite pour râler un peu :p

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          • Bonne nouvelle, la série est effectivement très bonne.
            Et puis, pour ceux qui ont lu les premiers tomes du cycle depuis déjà un certain temps, c’est un bon moyen de se remettre en tête l’intrigue et les personnages avant de lire les plus récents…
            Il m’a juste semblé que ça pouvait être complexe à suivre pour qui n’avait pas lu les livres (pas mal d’ellipses sur des points qui, à l’écrit, donnent lieu à plus d’explications).

            Mais côté lecture, j’ai pris de l’avance : je suis passé à l’anglais à partir du 3e tome et j’ai enchaîné avec la lecture des tomes 4 à 7 il y a déjà pas mal de temps, puis ai lu le 8e dès sa sortie. Je partage ton avis, il y a effectivement des hauts et des bas et quelques longueurs, mais dans chaque tome, même moins bon, il y a des passages et des personnages qui sauvent l’ensemble. Quoi qu’il en soit, c’est un cycle qu’il est difficile de lâcher en route, et j’attends le dernier tome avec impatience : en fait quand j’ai acheté le 8e j’avais cru comprendre qu’il serait le dernier, et évidemment la fin m’a laissé sur ma faim…

            Quant à la multiplication des points de vue, j’aime bien, même si Corey en abuse(nt) parfois un peu – je ne me rappelle pas si ça m’avait gêné dans Babylon’s Ashes, lu il y a plus de deux ans, mais 18 pdv, effectivement ça fait beaucoup.
            En tout cas ça ne m’a jamais fait perdre le(s) fil(s) de l’histoire, juste parfois donné envie de sauter certains passages… il y a évidemment des personnages auxquels on s’attache ou s’intéresse plus qu’à d’autres et c’est parfois agaçant de devoir les lâcher dans le feu de l’action pour changer provisoirement de point de vue, de lieu et de climat.
            Mais globalement c’est bien fait et c’est rare que ces changements de point de vue n’apportent rien : ça permet aux auteurs de tisser en parallèle plusieurs fils qui finissent par se rejoindre… et là on s’aperçoit que s’il en manquait un la toile ne serait pas complète – c’est donc aussi un moyen d’apporter des infos sans quitter le registre narratif, en évitant les pages d’explication qui seraient peut-être nécessaires sans cela.

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  3. Correcteur fait partie des boulots que les maisons d’éditeur tentent d’externaliser au max, histoire de payer des auto-entrepreneurs à un tarif misérable. Et des échos que j’ai eu, Actes Sud n’est pas vraiment à l’avant-garde du combat pour améliorer leurs conditions. Ces gens sont mal payés, ils ne faut donc pas s’attendre à ce que leur boulot soit de qualité.
    Si j’en crois Noosfere, la série a changé de traducteur à partir du cinquième volume. Tu n’auras donc pas la joie de le voir débarquer pour réagir à tes remarques (j’ai eu le coup sur ma chronique du deuxième volume :P).
    Pour ce genre de problème, je n’en veux pas tant au traducteur, qui a le nez dans le guidon et peut faire des boulettes improbables sans s’en rendre compte (m’étant prêté un peu à l’exercice, je me suis parfois sacrément surpris à la relecture). Par contre, j’en veux à l’éditeur qui ne fait pas relire/corriger correctement une traduction. C’est sa responsabilité qu’il engage.

    Concernant les points de vue multiples.
    Ça ne me gène pas qu’ils soient nombreux, pourvu que ça serve à quelque chose dans le récit et surtout pourvu que les personnages soient bien écrits. J’ai par exemple trouver chez Stephen King ou George R. R. Martin des points de vue qui ne servent que le temps d’un chapitre mais où l’auteur s’en sert pour amener quelque chose d’intéressant et surtout où l’on plonge rapidement dans le personnage, ses petits soucis, etc. A l’opposé, j’ai le souvenir du premier volume de Havrefer où je n’arrivais pas à retenir les noms des persos, que je désignais dans ma tête par leur fonction tant ils n’avaient aucune épaisseur. De plus, les points de vue se recouvraient en permanence, ça en devenait soulant.
    Pour moi, la multiplicité ou au contraire le faible nombre de point de vue n’est pas un argument de vente. J’attends surtout que les personnages soient bien fait, que ça donne envie de les suivre, qu’on n’ai qu’un point de vue ou vingt-cinq. Et c’est mieux si cette multiplicité sert le récit. Et dans certains cas c’est effectivement un peu utile de disposer d’un peu plus que trois ou quatre points de vue, sinon mettre en scène tous les événements importants comment à ressembler à un numéro d’équilibre casse-gueule. 🙂

    Sur cette série, je m’étais arrêté au 2e estimait que j’avais assez « souffert ». Vu ton résumé du niveau des volumes suivants, en particulier le 3e, je crois que j’ai bien fait.

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    • Merci pour ce retour très détaillé.

      Le niveau est fluctuant, mais certains tomes sont très intéressants, surtout le 5 et le 7 (pour ce dernier, au point où j’en suis, soit les deux tiers). Mais si ta lecture du tome 2 (que pour ma part j’ai trouvé bon) s’est avérée relever du calvaire, il y a effectivement très peu de chances que les tomes 3 et 4 te donnent envie de poursuivre. Tu n’as donc aucun intérêt à retenter l’aventure.

      Oui, j’ai vu ça pour le changement de traducteur (à partir du tome 5). Je signale que par contre, pour l’instant je n’ai repéré qu’une seule coquille sur Le soulèvement de Persépolis, et ce en plusieurs centaines de pages. Il faut donc croire qu’un effort a été fait.

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      • Dans la mesure où il y a toujours Holden dans les volumes suivants, ça suffit en soi à ce que je ne m’y intéresse pas. 😛

        Si la qualité du texte français s’améliore, tant mieux. Peut-être que cette fois le traducteur a eu plus de temps pour se relire avant d’envoyer sa copie, parfois ça ne tient qu’à ça. Ou alors l’éditeur s’en est occupé sérieusement lui-même, à défaut d’utiliser un correcteur/relecteur digne de ce nom (les derniers échos que j’ai eu hier sur Actes Sud et les correcteurs ne sont pas reluisants).

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        • L’évolution / Les prises de conscience d’Holden sont pourtant un grand attrait de la série, pour moi.

          Je deviens méfiant pour ma part sur les changements de point de vue. Ca peut facilement nuire à un récit, je pense. Après, ça peut être bien fait. Dans le livre que je lis, il y a trois points, dont 1 exprimé à la première personne (mais c’est en fait le point de vue d’un des deux autres personnages, en tant que voyageur revenu dans le passé (et présent des deux autres)) C’est interessant.

          Aimé par 1 personne

          • Dans le genre, Singh n’est pas mal en matière de prise de conscience dans le tome 7.

            Oui, c’est aussi mon point de vue : ça PEUT être bien fait, mais ça peut également (et à mon sens surtout) constituer un obstacle, au moins pour une partie du lectorat.

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