Flowers like needles – Derek Künsken

Inattendu mais intéressant

Je continue mon exploration de la bibliographie de Derek « Le Magicien quantique » Künsken, qui est loin de s’arrêter au cycle de L’évolution quantique, mais comprend également des nouvelles (à vrai dire, l’auteur canadien a longtemps été connu pour exercer exclusivement dans la forme courte) comme Flowers like needles, initialement parue dans le numéro de Mars / Avril 2021 de la revue Asimov’s Science Fiction, et qui sera également à l’affiche de The Year’s Top Hard Science Fiction Stories 6, qui sortira dans huit jours (avec un bataillon d’autres écrivains de Hard SF de premier plan : Greg Egan, Nancy Kress, David Moles, Ray Nayler, Hannu Rajaniemi, etc., excusez du peu !). Sachez que vous pouvez lire gratuitement (en anglais) le texte de Künsken ou bien le télécharger sous forme de fichier pdf à cette adresse (une excellente initiative, qui permet de le transférer facilement sur liseuse, au pire moyennant un changement de format de fichier via Calibre, ce qui rend tout de même la lecture plus agréable que sur un moniteur). Notez que cette nouvelle reprend l’univers d’une novelette parue neuf ans plus tôt, The way of the needle.

Si je m’attendais évidemment à un texte de Hard SF (plan sur lequel il remplit parfaitement son contrat) et de Planet Opera (un genre que Künsken maîtrise à la perfection, vu la grande qualité de cet aspect dans The House of Styx), j’ai en revanche été surpris par son aspect conte philosophique à base d’adeptes des arts martiaux, auquel je ne m’attendais en revanche pas du tout. Pour être parfaitement honnête (c’est le credo de ce blog, après tout), si j’avais réalisé la chose avant, je pense que je serais allé vers Flowers like needles un peu à reculons, tant le mélange Hard SF / Wuxia m’aurait paru improbable. Surtout quand on sait qu’il met en jeu des créatures ressemblant aux Pradors de Neal Asher, donc des « crabes » intelligents. Et pourtant, aussi ahurissant que cela puisse paraître, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien ! Comme quoi, méfions-nous des préjugés littéraires  😉

Univers / intrigue

L’action se déroule sur une planète orbitant autour d’un Pulsar, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître, aujourd’hui que nous avons catalogué des milliers d’exoplanètes orbitant dans des systèmes stellaires plus classiques, ont été Les premières découvertes. Bien que le texte soit court, l’auteur se débrouille très bien pour décrire les particularités de l’environnement et de la biosphère locaux, qui n’ont évidemment strictement rien à voir avec ceux de notre bonne vieille Terre : entre autres choses, les océans et la neige sont faits de pentacarbonyle de fer, et l’étoile morte trônant dans le ciel émet dans la bande micro-ondes et pas visible. Certains points font penser soit à Neal Asher, soit à L’Œuf du Dragon de Robert Forward (mais en bien plus littéraire  😀 ), voire, pour quelques menus détails ou au niveau d’une petite partie de l’ambiance, à Incandescence de Greg Egan, voire au Thomas Day de La voie du sabre.

L’espèce native de ce monde étrange ressemble à des crabes, mais avec une culture de style asiatique, avec des écoles d’arts martiaux (oui, oui !) et une omniprésence des notions d’honneur et de renommée. Pour achever sa formation, Bek, un noble moine-guerrier, se met en quête (philosophique autant que matérielle) de son ancien maître, Mok, le sage qui est l’autorité suprême pour les Adeptes de l’Aiguille. Mais le vieil artiste martial a parsemé l’approche de sa retraite d’une série d’embûches qui sont autant de tests et de leçons…

Mon avis

Rien à dire sur l’aspect Hard SF et Planet Opera, compte tenu de la faible longueur du texte, on en prend plein les yeux (au bout de quatre lignes, déjà ! Incroyable !), c’est crédible et ça change agréablement des mondes (et des biologies) de type terrestre. L’aspect conte moral et philosophique-en-mode-Wuxia-mais-avec-des-crabes-aliens surprend au début, on se demande si il va tenir la route, et puis oui, finalement, tout à fait, sans le moindre doute. Si l’humour est présent, le texte n’en est pour autant ni loufoque, ni ridicule. On peut même dire que la morale finale est assez grandiose, dans son genre (j’ai beaucoup aimé).

Bref, qu’on y vienne pour le registre Planet Opera Hard SF de l’extrême, la curiosité que constitue le mélange des genres ou le côté conte moral et philosophique et sa savoureuse leçon de vie finale, voilà un texte qui ne manque pas d’intérêt, d’autant plus qu’il est gratuit  😉

Niveau d’anglais : moyen (un peu plus élevé que le texte de SFFF lambda, sans être difficile pour autant).

Probabilité de traduction : euh… Plus que du Neal Asher ? (hélas…)

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Une réflexion sur “Flowers like needles – Derek Künsken

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