The autumn republic – Brian McClellan

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Une fin de cycle (et de roman) réussie

the_autumn_republicThe autumn republic est le troisième et dernier roman de la trilogie des Poudremages. Pourtant, il ne constitue pas (loin de là, même) la fin de l’exploration de cet univers par l’auteur : outre une dizaine de nouvelles (voir ici et ), Brian McClellan s’est lancé dans un second cycle, Gods of blood and powder, reprenant le même monde et certains des personnages que nous connaissons déjà (y compris via les textes courts, d’ailleurs, qui prennent donc encore plus d’importance pour celui qui veut pleinement saisir les tenants et aboutissants). Je vous proposerai, au premier trimestre 2018, une critique des deux premiers romans de cette nouvelle saga, ainsi que celle de la nouvelle The mad lancers.

Mais revenons à nos moutons : chaque tome des Poudremages est réputé un peu meilleur que le précédent, et celui-ci est supposé offrir un final en apothéose au cycle. Est-ce le cas ? Globalement, oui, même si j’ai eu personnellement un peu plus de mal à entrer dans celui-ci. Mais une fois que cela a été fait, quelle baffe ! 

Remarque : arrivé à ce stade d’un cycle, les spoilers sur les tomes précédents sont inévitables. Si vous n’avez pas lu le tome 2, la lecture de ce qui suit est donc à vos risques et périls.

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ! 

Le roman commence (deux semaines après la fin du précédent) alors que chaque groupe de personnages trouve une situation catastrophique à son lieu de destination : Taniel et Ka-Poel sont poursuivis par des centaines de soldats et coincés dans un réseau de vallées, Adamat, Nila et Bo trouvent le front en plein chaos, alors qu’une guerre civile oppose deux factions dans l’armée d’Adro (une sécessionniste menée par le Général Ket, qu’Adamat vient arrêter car c’est un profiteur de guerre, et une autre menée par le Général Hilanska, qui est en réalité un traître, comme le sait le lecteur -et Taniel- mais comme devront l’établir les autres protagonistes), tandis que Tamas (accompagné d’Olem et de Vlora) débarque, avec de l’avance sur ses troupes et ses alliés Deliv, dans une Adopest aux mains de deux brigades et de la moitié de la Cabale royale de Brudania, aux ordres d’un Lord Claremonte (le patron du sinistre Vetas) qui prétend n’être là que pour défendre la ville contre les Kez et qui concourt pour le poste de Premier Ministre. Tamas va rapidement quitter la ville pour se rendre sur le front lui aussi, préférant d’abord régler le problème Kez avant de s’attaquer à celui posé par Brudania et Claremonte. On verra que ses priorités ne sont pas forcément les bonnes !

Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie ! 

Comme vous vous en doutez, l’auteur va vite régler une partie de ces problèmes, histoire de confronter ses héroïnes (surtout Nila, dont l’importance dans le cycle ne cesse d’augmenter au fil des tomes) et ses héros aux vrais soucis d’envergure : les Kez puis… mais vous verrez ça en lisant ce livre ! Cette partie a créé chez moi un certain embarras, vu que j’ai eu du mal à entrer dedans, en tout cas beaucoup plus que pour les deux tomes précédents, où mon immersion a été totale et immédiate. La faute à certains Deus ex machina ou interventions des uns qui se déroulent avec un timing (un peu trop) parfait pour sauver les autres. Je ne dis certainement pas que je m’ennuyais ou que c’était mauvais, mais à ce stade, je peinais à voir en quoi ce tome 3 était si exceptionnel que certains le disaient. Et bien évidemment, je me trompais !

Dans la phase suivante de l’histoire, chaque personnage / groupe de protagonistes va se lancer à la poursuite de quelque chose : Tamas va passer du statut de proie à celui de chasseur avec les Kez, Nila et Olem vont chasser un Brisemage qui conduit une force de cavalerie Kez menaçant les arrières du Maréchal, Taniel et Vlora vont se lancer sur les traces d’un autre membre de l’équipe qui a été enlevé par d’autres Kez, tandis que Adamat, envoyé par Tamas soutenir Ricard(o) (la VF a changé le nom de ce personnage, pour ceux qui ont La promesse du sang en français) dans la course au poste de Premier Ministre, enquête sur le responsable de l’attentat qui a failli coûter la vie à ce dernier. Cette phase de l’intrigue est beaucoup plus intéressante que la précédente, surtout la partie enquête où Adamat vole pratiquement la vedette à Tamas et aux autres par moments. D’ailleurs, si l’aspect Fantasy militaire est, comme toujours, fort intéressant, il se fait voler, dans ce tome, le rôle de premier plan par les aspects investigation, donc, mais aussi politique et surtout par l’implication (très Steven Erikson) des dieux dans le destin des mortels et de leurs royaumes.

Au passage, comme je le disais, la lecture des nouvelles est un plus pour pleinement saisir certains clins d’œil ou allusions. Par exemple, Ricard Tumblar a établi son QG de campagne (électorale) à l’hôtel Kinnen, croisé dans la nouvelle Murder at the Kinnen Hotel. De même, il est fait mention de l’avenue Hrusch et de ses armuriers, ainsi que de l’enfance de Borbador, Taniel et Vlora, que, là aussi, on saisira mieux en ayant lu The girl of Hrusch Avenue.

Allumer le feu

Ce sont les événements qui se passent à Adopest qui sont les plus intéressants, que ce soit l’enquête d’Adamat au milieu du livre ou lorsque tous les protagonistes vont converger vers la capitale dans la dernière partie de l’intrigue. Et là, j’aime autant vous dire que vous allez en avoir pour votre argent, que ce soit au niveau pyrotechnie (les multiples combats -magiques- sont époustouflants), révélations (sur les dieux, sur Claremonte, sur les causes de la guerre Kez-Adro, le coma de Taniel, le retour de Kresimir, etc) et, peut-être surtout, émotion. Brian McClellan a réussi, à mon sens, une fin de roman et de cycle parfaite, et, qui plus est, très « visuelle », avec des scènes finales qui me semblent taillées pour un écran, qu’il soit de télévision ou de cinéma. Pour ceux qui se désoleraient de voir certains personnages « disparaître », pas de panique, vous en retrouverez quelques-uns (plus des nouveaux, évidemment) dans le second cycle, Gods of blood and thunder.

Au final, si la première partie joue une partition un peu trop convenue, si le milieu se révèle intéressant, que ce soit via les batailles de Tamas ou l’enquête d’Adamat (surtout, j’ai envie de dire), c’est la troisième et dernière section de l’intrigue qui donne vraiment à ce livre ses lettres de noblesse, et justifie à elle seule sa bonne réputation. Tamas a définitivement pris place dans mon panthéon personnel des personnages les plus marquants de la Fantasy, aux côtés du Coltaine de Steven Erikson.

Ce qui est également intéressant est l’évolution de l’univers, de la découverte de nouvelles technologies (la nitroglycérine -même si elle ne porte pas ce nom dans le roman-) à une évolution politique (la proclamation de la fameuse République à la place du Royaume d’Adro) ou magique (Privilégiée sans gants, fusion Cabale royale / Poudremages). Et cet aspect évolutif est justement ce qui fait le gros intérêt de ce cycle dans son ensemble, notamment le passage d’un médiéval-fantastique classique à un nouveau paradigme Révolution-Fantastique, avec une magie et une technologie (et surtout la combinaison des deux) à l’avenant.

En conclusion

Troisième et dernier tome de la trilogie des Poudremages (même si l’univers et certains personnages sont repris dans un nouveau cycle, Gods of blood and powder), The autumn republic conclut, globalement, en beauté cette saga. Si la première partie est un poil trop convenue (avec des interventions qui sauvent la situation avec un timing un peu trop parfait), la seconde fait bien monter l’intrigue et l’action en puissance (que ce soit via l’enquête d’Adamat ou les batailles de Tamas), avant une apothéose pyrotechnique et dans le registre de l’émotion dans la troisième et dernière partie du roman. On appréciera l’envergure des personnages et de l’intrigue (centrée sur l’intervention des dieux dans le destin des mortels, comme chez Erikson ou Sanderson) et le côté à la fois cinématographique, prenant (parfois même coup-de-poing) et spectaculaire des événements (dont les combats, évidemment). Au final, le cycle des Poudremages s’impose comme une des deux références absolues de la Flintlock Fantasy (avec The shadow campaigns de Django Wexler), et comme un cycle majeur dans la Fantasy dans son ensemble et celle qui cherche à s’affranchir du carcan médiéval-fantastique en particulier.

Niveau d’anglais : plutôt facile.

Probabilité de traduction : (malheureusement) très faible.

Pour aller plus loin

Ce livre fait partie d’une trilogie : retrouvez sur Le culte d’Apophis les critiques du tome 1 et du tome 2. Vous trouverez également celles consacrées à la dizaine de nouvelles complétant ces romans ici et .

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur The autumn republic, je vous conseille la lecture des recensions suivantes : celle de ,

11 réflexions sur “The autumn republic – Brian McClellan

  1. Pingback: La promesse du sang – Brian McClellan | Le culte d'Apophis

  2. Pingback: The crimson campaign – Brian McClellan | Le culte d'Apophis

  3. Je me répète, je sais, mais cette série sera surement lu dans le futur, dommage que l’absence de traduction des tomes 2 et 3 m’oblige à relire le premier maintenant que trop de temps c’est passé pour que je puisse enchaîner.
    Enfin, j’espère que ma relecture me plaira (j’ai du mal avec les relecture, le fait de savoir ce qu’il va se passer me retire tout le bonheur de la découverte qui compte pour un gros % de mon plaisir de lecture en général), pour tout dire j’appréhende beaucoup c’est pour ça que je laisse traîner pour l’instant.

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    • Après, lorsqu’on voit que la traduction du cycle Malazéen est relancée alors que plus personne n’y croyait, l’espoir reste permis pour les Poudremages. Emmanuel Chastellière va sortir son propre roman Flintlock Fantasy en 2018, et si il marche bien, qui sait, peut-être que cela impulsera un nouvel intérêt pour ce sous-genre auprès des maisons d’édition françaises. Même si leur aversion (à part l’Atalante, voire Bragelonne) bien connue pour toute SFFF militaire (militariste) me laisse à vrai dire peu d’espoir, ainsi que le fait que le tome 1 se soit déjà planté une fois (même si la quasi-absence de promotion de la part d’Eclipse y était lourdement pour quelque chose).

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      • J’avoue qu’Eclipse c’était totalement planté la dessus, même mes amis fans de fantasy ne savaient pas que ce livre existait à l’époque de sa sortie tellement il y a eu peu de promo, il n’était même pas dispo à ma librairie (qui est relativement bien achalandée niveau SFFF en général) sans le commander spécifiquement.
        Ça n’a pas aidé ça c’est sur !

        J’étais super déçue à l’époque à cause de ça, surtout que je l’attendais à fond moi vu que je l’avais repéré lors de sa sortie VO 6 mois avant.
        D’autant plus qu’ils ont fait exactement la même chose pour Les mille Noms (The Shadow Campaigns) quelques mois après!

        Bref, je pense que je vais vraiment me bouger pour relire le prochain, en 2018 surement (il ne faut pas non plus trop tarder :p). De toute façon comme tu le dit il y a peu de chance pour que la situation bouge et si elle fini quand même par bouger je serais à jour !

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  4. J’ai survolé ta chronique et je pense de plus en plus à me relancer dans ce cycle et le lire en VO, même si j’espère toujours une traduction en Français. Surtout que ma PAL VO a sacrément gonflé ces derniers mois et si je continue à la remplir je vais finir par m’y perdre ^^

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  5. De mon côté c’est pareil, je suis passé de quelques lectures en VO en 2016 à largement plus de 50 % certains mois en 2017. Ce mois-ci, par exemple, il y a deux lectures en VF de prévues et sept en anglais (dont deux novellas et ce troisième tome des Poudremages).

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  6. Je l’ai commencé, puis quelques événements familiaux du même types que ton hommage à Johnny ont mis un peu la pagaille à la fois dans les lectures et dans l’envie de lire. 😦
    Mais, je le reprends dès la semaine prochaine, je reviendrai donc partager avec toi ce que j’en pense. 🙂

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    • Ah, mince, désolé pour tes soucis familiaux (je ne parlerais pas d’hommage à Johnny, vu que ce n’est pas quelqu’un que j’appréciais particulièrement et que je trouve les réactions, que ce soit celles des gens ou des autorités, complètement disproportionnées. Je préfère qualifier cela de « contamination mémétique »).

      Oui, j’ai vu que tu t’apprêtais à le lire, l’espace pour ajouter le lien vers ta critique est déjà prêt 😉

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