L’œil d’Apophis – Hors-série numéro 1 – Trois chefs-d’oeuvre pour Noël

Eye_of_ApophisD’habitude, dans L’œil d’Apophis, je vous présente des romans oubliés, méconnus, méprisés, etc, mais pourtant de qualité (pas forcément des chefs-d’oeuvre, mais en tout cas toujours des lectures valables, au moins pour certaines catégories de lecteurs), sous forme d’avis rapide et pas de critique complète. Cela me permet de vous reparler de lectures qui, pour certaines, ont un quart de siècle, et qui nécessiteraient une relecture complète si je voulais écrire une recension correspondant aux standards de qualité habituels de ce blog. Malheureusement, les nouveautés sont si nombreuses et il me reste tant de livres un peu plus anciens à lire que relire un bouquin déjà lu est devenu très difficile, à mon plus grand regret.

Quoi qu’il en soit, pour ce numéro, qui aurait dû être le huitième, j’ai décidé de procéder de façon différente : il y a trois excellents livres, que j’aimerais faire découvrir au plus grand nombre, et qui, pour le coup, bénéficient de critiques complètes (presque) aux standards actuels du Culte. Cependant, lesdits avis datent des tout débuts du blog, il y a quasiment deux ans, ce qui fait que l’écrasante majorité des abonnés et lecteurs de passage actuels n’en a probablement jamais pris connaissance. J’ai donc décidé, dans ce hors-série spécial Noël, de remettre ces romans en avant, car s’il y a bien trois livres qui feraient de parfaits cadeaux de Noël SFFF, ce sont ceux-là. Je vais donc vous faire un point rapide sur leurs particularités, comme d’habitude dans l’œil d’Apophis, avant de vous donner un lien vers la critique complète, pour ceux qui voudraient en savoir plus. J’ai réussi à faire lire deux de ces trois ouvrages à au moins l’un d’entre vous à chaque fois, et les retours, que ce soit celui d’Olivier sur Kane ou celui de Renaud / FeydRautha sur Inexistence, ont été majoritairement enthousiastes. J’espère donc que cet article incitera un plus grand nombre d’entre vous à découvrir ces histoires, avec les réserves habituelles sur une certaine complexité pour deux d’entre eux et un côté particulièrement noir, amoral, Lovecraftien et science-fantasy pour le troisième. 

Kane – Intégrale 1 – Karl Edward Wagner

Kane_Wagner_LdES’il y a bien un grand auteur de Fantasy injustement méconnu, c’est, à mon sens, Karl Edward Wagner (avec Steven Erikson et Guy Gavriel Kay, autres « champions » du domaine auprès d’un grand public trop concentré sur les médiocres pour s’occuper des vrais bons romanciers). Écrivain majeur de la Sword & Sorcery, aux côtés de Clark Ashton Smith, Robert E. Howard, Fritz Leiber ou Michael Moorcock, il a bâti, avec Kane, l’antihéros ultime, via un cycle de romans et de nouvelles à l’écriture absolument remarquable (et à la traduction -signée Patrick Marcel- au top), peut-être la meilleure qu’il m’ait été donné de voir dans le domaine à part celle de Smith. En plus de la qualité de sa prose, de la singularité et de la personnalité magnétique de son « héros », le cycle de Kane a aussi pour intérêt de proposer une science-Fantasy à très puissante inspiration Lovecraftienne qui charmera ceux d’entre vous qui ont une sincère passion pour l’oeuvre du Maître de Providence (et ils sont nombreux). Sorcellerie, épées, démons, IA, sous-marins, rayons de la mort et êtres indicibles issus des sombres abysses, que demander de plus à un livre de SFFF ? Car c’est vraiment de cela dont il s’agit, réunir, dans un même univers, un tout d’une parfaite cohérence, certains des éléments emblématiques des trois genres majeurs des littératures de l’imaginaire !

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire mes critiques consacrées aux trois volets de l’intégrale : tome 1, tome 2, tome 3.

Un feu sur l’abîme – Vernor Vinge

fire_upon_the_deepUn feu sur l’abîme est un des grands chefs-d’oeuvre du New Space Opera et de la SF Transhumaniste (si vous ne connaissez pas ces termes, voyez mon article). Sa richesse est immense : un univers (au sens cosmologique comme au sens littéraire) extrêmement singulier, une anticipation bluffante de l’internet actuel (le livre date de 1992 -en VO- !) transposée dans un lointain futur et à l’échelle intergalactique, des espèces extraterrestres particulièrement originales et travaillées (surtout les Dards), une Singularité informatique 2.0 par le créateur du concept, et j’en passe : si Jo Walton a encensé ce roman et s’il a obtenu le prix Hugo, croyez-moi, ce n’est pas pour rien. Bénie fut cette époque, de la première moitié des années 90, où il n’y avait pas un mois ou quasiment où ne sortait pas en français un immense livre de SF, qu’il émane de Vinge, de Iain M. Banks, de Dan Simmons ou d’autres. Certes, Un feu sur l’abîme n’est pas vraiment un livre facile, certes, il a quelques défauts qui ne plairont pas à certains types de lecteurs (la partie sur le Monde des Dards par opposition à la partie spatiale, surtout), mais pour moi, il est presque aussi important de le lire que ces monuments que sont Hypérion ou L’usage des armes.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter ma critique complète de ce livre. Sachez aussi que son « prélude », Au tréfonds du ciel, est (dans un genre un peu différent) également très intéressant. Peut-être même un peu plus selon certains points de vue ! Mais nous en reparlerons dans le numéro suivant de l’œil d’Apophis !

Inexistence – David Zindell

inexistenceSi Un feu sur l’abîme peut paraître exigeant pour certains lecteurs, s’il va se mériter, s’il est une formidable anticipation des technologies du monde réel ou de la SF qui viendra après lui, ce n’est cependant rien par rapport à Inexistence de David Zindell ! Que ce soit en VF ou, pire, en VO (par laquelle certains d’entre vous passeront peut-être, étant donné le peu de disponibilité de cet ouvrage en français -contrairement aux deux autres livres dont je vous parle dans cet article, au passage-), le roman de l’auteur américain va vous en demander beaucoup. Il faut vraiment être un habitué de la Hard SF, et surtout se rappeler l’époque à laquelle ce livre a été écrit, ou encore connaître ce monument de Hard SF qu’est Orion’s arm, pour mesurer à sa juste valeur l’exploit que constitue Inexistence : il a presque tout inventé, bien avant tout le monde, et a traité la Singularité, l’IA, la Panthropie, le Transhumanisme et peut-être surtout le voyage plus rapide que la lumière avec un talent proprement inimaginable (et, pour la navigation interstellaire, avec une sorte de poésie mêlée de mathématiques à forte dose -mais ça reste lisible, je vous rassure !- jamais vue, ni avant, ni depuis, en SF). De plus, si vous êtes un fan de Dune, vous trouverez à la fois de fortes ressemblances et de profondes différences avec cette oeuvre majeure, dans un cocktail à la cohérence d’ensemble finale également bluffante. Ou comment faire du livre d’Herbert, emblématique de la Soft-SF, un monument de Hard-SF !

Si vous êtes prêt à vous lancer dans ce livre exigeant mais remarquable, je ne saurais trop vous recommander de lire ma critique ainsi que celle de mon ami Renaud / Feydrautha  !

***

Après ce numéro hors-série spécial Noël, nous reprendrons le cours normal de cette série d’articles en janvier 2018 avec le numéro 8, qui sera consacré à Inversions de Iain M. Banks, à Roma Aeterna de Robert Silverberg et à Au tréfonds du ciel de Vernor Vinge.

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Versions physiques : 

Kane, intégrale 1 – poche – broché

Un feu sur l’abîme

Inexistence (VO)

Versions Kindle : 

Kane

Un feu sur l’abîme

Inexistence (VO)

19 réflexions sur “L’œil d’Apophis – Hors-série numéro 1 – Trois chefs-d’oeuvre pour Noël

  1. Vous êtes un grand lecteur comme il y a des grands écrivains et les uns n’existeraient pas sans les autres. Merci pour votre passion partagée. Belles fêtes de fin d’année dans le grand Univers. Amitiés admiratives. Jean-Michel

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  2. En effet, Kane a été pour moi une très belle découverte, que je n’aurais certainement pas faite sans toi. En ce moment je suis moins dans une période « fantasy » que l’an dernier à la même époque, mais les tomes 2 et 3 sont toujours sur ma (trop) longue liste de « futures acquisitions prioritaires »…
    Et j’attends maintenant ton avis sur « Roma Aeterna » et « Au tréfonds du ciel », deux romans que j’avais également beaucoup aimés.

    Aimé par 1 personne

  3. Aaah, Vernor Vinge.
    Un auteur peu prolifique.
    Mais quel auteur, mes aïeux ! Quelle originalité ! Quel visionnaire ! Et avec des oeuvres si différentes : quel rapport entre « un feu sur l’abîme » et Rainbows End ou Cookie Monster?

    Il a une place de choix dans mon panthéon personnel.

    Quant aux deux autres romans, merci du conseil, j’ai hâte de les découvrir !

    (J’ai lu Roma Aeterna il y a une poignée de mois, je suis curieux de voir ta critique !)

    Aimé par 1 personne

  4. J’ai acheté Inexistence en début d’année, suite à ma lecture de ta critique (publiée bien avant que je ne découvre ton blog, mais c’est tout l’intérêt du tag « roman culte d’Apophis » ^^). Pour ma part, trouvé sans difficulté en occaz à l’époque, mais j’ai peut-être eu de la chance.
    A la base je voulais me familiariser un peu plus avec la Hard-SF avant de le lire, mais finalement je crois que je vais écouter mes envies et l’attaquer pour les fêtes, tant pis si je loupe quelques références ou si je ne comprends pas tout.

    Sinon pour Kane, 100% d’accord avec toi (y compris sur la traduction au top). Et si j’en juge par mon cas, ça peut s’apprécier même sans être un fin connaisseur de l’oeuvre de Lovecraft (je veux dire que même si on n’a lu qu’une poignée de nouvelles du maître et qu’on ne repère donc pas tous les liens, on sent tout de même cette inspiration et ça marche très bien au niveau de l’ambiance).

    Aimé par 1 personne

    • En fait, ce qui est impressionnant avec Inexistence est la façon dont ce roman, publié en VO en 1988 en étendant une nouvelle de 1985, a tout inventé avant tout le monde ou quasiment. Outre un sense of wonder colossal, le traitement de la Singularité et de l’iA qu’on y trouve est, notamment, incroyablement visionnaire pour cette époque lointaine. Dans le cas de ce livre, il ne s’agit pas tant de retrouver des références à des travaux de Hard SF antérieurs que de mesurer à sa juste valeur tout ce qu’il a fait avant ou mieux que les autres.

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    • Si ce Vinge là te fait peur, tu peux tenter Au tréfonds du ciel : c’est le même univers, avec un personnage en commun, mais je pense que c’est plus adapté à tes goûts. On en reparle début janvier dans le prochain numéro de l’oeil, de toute façon.

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