The Mad Lancers – Brian McClellan

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Les origines de Ben Styke et de son unité de cavalerie rebelle

the_mad_lancersThe Mad Lancers est une nouvelle de 85 pages rattachée au cycle Gods of Blood and Powder (je vous proposerai la critique du tome 1 dans quelques jours : sachez que les événements de ce texte se déroulent douze ans avant), qui lui-même prend place dans le même univers que la trilogie des Poudremages et en reprend quelques personnages. L’un d’entre eux est Ben Styke, un cavalier en armure enchantée qui apparaissait dans la nouvelle Ghosts of the Tristan Basin, donnait un coup de main à Taniel et ressemblait à un mélange entre Arnold Schwarzenegger et le Colonel Kilgore d’Apocalypse Now. C’est la façon dont il a rejoint la Révolution naissante, a formé son unité de cavalerie et peut-être surtout a obtenu leurs fameuses armures magiques qui est racontée dans The Mad Lancers. Si la lecture de ce texte n’est pas, à proprement parler, indispensable, elle éclaire cependant d’un jour nouveau les événements des deux cycles de Flintlock Fantasy de Brian McClellan, et se révèle, comme toujours avec lui, de qualité. 

Fatrasta, douze ans avant Sins of Empire. De précédents textes de McClellan en avaient donné une image entre le Canada et la Louisiane, et cette image Nord-américaine se précise, puisqu’on nous parle de plantations de coton et de tabac, de grands porches à colonnades, etc. Ce continent est sous la (cruelle et  incompétente) domination coloniale des Kez, mais attire des colons venus de tous les pays. Ben Styke est un Major, responsable d’une unité de Lanciers coloniaux et du village de Fernhollow (1000 habitants). Ce colosse (près de 2m10 et 140 Kg) est un héros de guerre : le fort de Kurlin et la majorité du nord-est de Fatrasta appartient à la couronne Kez du seul fait de ses exploits. Particulièrement brutal et sanguinaire au combat, c’est cependant un homme d’honneur, soucieux du bien-être et de la sécurité de ses soldats comme des civils dont il a la charge.

S’il y a des émeutes en lien avec les taxes et le grain, si le conflit bouillonne le long de la frontière et qu’il y a un sentiment général de mécontentement dirigé contre les Kez au sein de la population, Styke a réussi à maintenir son petit coin de Fatrasta au calme. Tout va changer en un après-midi fatidique, celui au cours duquel commence ce texte. La nouvelle que le gouverneur Lindet de Redstone (que les lecteurs de The ghosts of the Tristan Basin connaissent bien) a formé sa propre milice coloniale et chassé la garnison Kez à la pointe de la baïonnette atteint Fernhollow, tout comme l’avant-garde d’une unité de Cuirassiers Kez. Un capitaine, qui a l’air tout à fait correct, demande à Styke la permission de faire bivouaquer ses hommes dans sa ville pour la nuit. Ne voyant pas de réelle raison de refuser, Styke accepte. Le capitaine repart informer son officier supérieur, un certain Major Prost, en disant qu’il sera content. Ce nom évoque vaguement quelque chose à Styke, et ce n’est qu’une fois que l’unité à pénétré en ville qu’il comprend l’erreur qu’il vient de faire (mais avait-il réellement le choix ?) : Prost est un alcoolique, un sadique et un lâche, qui préfère brûler les villages Palo (et les enfants avec…) plutôt que de combattre l’indigène (pour ces derniers, pensez à un mélange d’indiens d’Amérique, d’esclaves noirs et… d’irlandais : ils sont roux, constellés de tâches de rousseur et à la peau très claire -superbe création anti-ethnocentrée, au passage-). Mais voilà, c’est le demi-frère du gouverneur Sirod de Landfall, personnage puissant qui couvre, pour ne pas dire encourage, ses exactions. Tant que la Couronne reçoit des approvisionnements réguliers de coton et de tabac, de toute façon, peu lui chaut. Et le pire est qu’à part quelques officiers corrects (comme le capitaine qui s’est présenté à Styke), qui ont offensé la mauvaise personne et se sont retrouvés au placard, le reste de l’unité de Prost est formé de voleurs et autres coupeurs de gorge aussi peu recommandables que lui…

Evidemment, les choses dérapent, de plus en plus vite et de plus en plus fort, lançant Styke dans une meurtrière vengeance (et c’est peu de le dire !) contre Prost et Sirod. Ce texte, outre son intrigue propre (classique mais prenante -enfin surtout dans la première moitié, la seconde est un peu plus molle- dans la plus pure tradition des films d’action où « putain, ça va chier ! »), a surtout le gros mérite de nous montrer comment Styke s’est retrouvé du côté des Révolutionnaires, comment il a formé sa légendaire unité de cavalerie et, surtout, comment cette dernière s’est retrouvée porter des armures magiques dignes des temps médiévaux et théoriquement désuètes en cette ère de poudre et de vapeur. Cela ne restera pas ma nouvelle préférée de McClellan, mais par contre le personnage de Ben Styke n’est que le dernier dans la longue lignée de protagonistes très vivants et intéressants créés par l’auteur (de Tamas à Taniel, Olem, Nila, Adamat et compagnie, vous avez l’embarras du choix !). Et le texte a le mérite de montrer comment et pourquoi la Révolution a démarré à Fatrasta, et de nous donner une image un peu plus précise de ce continent.

J’étais ravi de savoir que j’allais retrouver Ben Styke, aperçu (et apprécié !) dans Ghosts of the Tristan Basin, dans Sins of empire (qui, au passage, a la note hallucinante de 4.46 sur 4055 notations sur Goodreads, pour vous situer le niveau !), mais là, clairement, j’ai encore plus hâte, tant le personnage est à la fois sympathique et dur à cuire comme je les aime !

Niveau d’anglais : globalement facile.

Probabilité de traduction : très improbable.

Pour aller plus loin

Si vous avez apprécié cette nouvelle signée Brian McClellan, vous serez peut-être intéressé par les critiques de ses romans présentes sur ce blog :

9 réflexions sur “The Mad Lancers – Brian McClellan

  1. ça donne toujours autant envie, d’autant plus que normalement je zappe un peu les novellas et nouvelles autours d’un cycles, ou alors si je les lis c’est bien après l’avoir terminé, mais ici je vais prendre ton exemple et essayer de les lire dans l’ordre =)

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  2. Ça a l’air bien sympathique, en effet. Mais j’ai été voir sur Goodreads et… il y en a un paquet, de novellas autour de cet univers ! Est-ce qu’elles sont toutes uniquement disponibles en numérique ? Je demande ça par curiosité, car ce n’est pas demain la veille que j’aurai le niveau pour les lire. 😉

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  3. Pingback: Sins of Empire – Brian McClellan | Le culte d'Apophis

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  5. Pingback: Guide de lecture SFFF – Découvrir la (ou progresser en) Gunpowder / Flintlock Fantasy | Le culte d'Apophis

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