Premier sang – Joe Abercrombie

D’excellents personnages, un style épatant, mais…

premier_sang_abercrombieJoe Abercrombie est un écrivain britannique qui a déboulé comme un météore sur la scène Dark Fantasy il y a une quinzaine d’années, et qui est depuis devenu une des références du genre, avec Glen Cook, Steven Erikson ou G.R.R. Martin par exemple. Son oeuvre s’inscrit essentiellement dans un univers commun, celui dit de « la Première Loi », qui comprend une trilogie (dont je vous présente aujourd’hui le premier tome), des romans stand-alone (reprenant certains personnages secondaires de la trilogie), ainsi que des nouvelles, dont certaines réunies en un recueil. Aussi sidérant que cela puisse paraître pour un auteur emblématique du Grimdark, il a aussi rédigé une trilogie Young Adult, qui montre ce que peut être un représentant lisible de ce courant littéraire (même si, comme vous vous en doutez, c’est du YA « à l’Abercrombie », donc loin de certains des poncifs du genre).

Vu que la seconde trilogie débarque bientôt (le premier tome, A little hatred, sera publié en septembre en VO), il était plus que temps de critiquer la première sur ce blog. À commencer par Premier sang (qui, dans son édition française initiale -chez J’ai lu-, s’est d’abord appelé L’éloquence de l’épée), qui est aussi la première publication d’un auteur qui s’est révélé plutôt prolifique depuis (neuf romans et un recueil de nouvelles en douze ans).

C’est le NORD (Univers, système de magie) *

* Michel Galabru.

Vous aimez les worldbuilding de Fantasy de fou furieux, à la Max Gladstone, Steven Erikson et compagnie ? Eh bien vous risquez d’être quelque peu désappointé (comme dirait Monsieur Zorg) par celui-ci ! Car si Joe Abercrombie a vraiment beaucoup soigné certains aspects de son roman, le monde n’en fait pas partie. Nous avons en effet affaire à un monde secondaire de Fantasy assez classique, avec une pseudo-Europe à la limite entre le Moyen-âge et la Renaissance (apparition de la poudre à canon, universités, montée en puissance de la science, etc. Au passage, c’est le seul bouquin que je connais où la guilde des merciers a une telle importance dans l’intrigue 😀 ) formée par la fusion de trois anciens royaumes et donc l’unification du Midderland (il y a un parfum hollandais / germanique sur le bouquin, au passage -d’ailleurs, la monnaie s’appelle le Mark-), sous le nom d’Union. Au sud, nous avons l’ennemi Gurkhien (de vague inspiration arabe / perse / ottomane), au nord les barbares, encore plus au nord les Shankas (ou têtes-plates), dont on apprendra qu’ils auraient été « fabriqués » pour la guerre par le Seigneur des ténèbres local, à l’ouest le « Vieil Empire » (qui n’a plus d’empire que le nom, vu qu’il est en proie aux divisions et livré aux seigneurs de guerre). Point. Au Nord, on est barbare et un homme s’élève en fonction de ses mérites ; au Sud, on est « civilisé », et la place que l’on a dans la société est en grande partie figée et dépendante de sa naissance (= si on est noble ou pas), à part quelques exceptions comme le fait de gagner le Tournoi d’escrime (voir plus loin) ou de briller au combat (dans les deux cas, un des personnages -pas si- secondaires, le commandant West, illustre cela, ainsi que le fait qu’aux yeux des nobles, il restera malgré tout éternellement un roturier et un parvenu).

Et au niveau de la magie, c’est aussi basique : la puissance vient de l’Enfer, elle est chaotique, impétueuse, dangereuse ; le Mage (avec un grand « M ») la tempère grâce à la connaissance, la transformant en Grand Art. Elle subit des cycles de flux et reflux (comme dans l’univers de Shadowrun), et au moment où l’histoire commence, elle est loin d’être aussi puissante qu’elle le fut jadis, même s’il est encore possible de réaliser quelques effets sympathiques (mais rien à voir avec ce à quoi on assiste chez Erikson, par exemple, où certains individus rasent une montagne d’un vague geste de la main et avec une terrifiante facilité). Une conséquence de ce reflux est que les esprits, avec qui un des personnages a la (rare) capacité de communiquer, entrent actuellement en hibernation. Bref, après le « ta gueule, c’est magique, voici le « ferme ta bouche, c’est chaotique ».

Donc autant dire que ce bouquin ne sera pas vraiment destiné à ceux qui cherchent un world- / magic-building de compétition. Même si le résumé du futur tome de la seconde trilogie parle d’industrialisation, ce qui permet de penser que le worldbuilding va beaucoup s’étoffer et être plus mis au centre que d’autres composantes de l’écriture d’Abercrombie (les personnages principalement).

Je reviens un instant sur l’Union : théoriquement, elle est dirigée par un Roi Suprême, Gustav V, mais celui-ci, quand il ne dort pas (et il le fait souvent), alterne entre deux états : lapin dans les phares de la voiture et « vous pouvez répéter la question ? ». Bref, l’autorité réelle est dans les mains du Conseil Restreint, une douzaine d’hommes de pouvoir tous plus « sympathiques » les uns que les autres.

L’amorce de ce qui deviendrait l’Union a été mise en place il y a des siècles par un Mage, après une guerre contre un puissant sorcier (qui ressemble un peu à Sauron dans sa phase Annatar), le Créateur, dont la Tour (avec un grand « T ») domine toujours la capitale de cet État. Il est parti, mais il est dit qu’il reviendra.

Company of antiheroes (Écriture, ressemblances)

On présente souvent Abercrombie comme quelqu’un d’assez unique, qui a su allier (Grim)Dark Fantasy et humour (j’y reviendrai). C’est vrai, mais il faut cependant nuancer en disant que tout ce qui fait la « singularité » de Premier sang se trouvait en fait en germe dans le cycle de La compagnie noire de Glen Cook. Le britannique a juste poussé les curseurs beaucoup plus loin que l’américain, que ce soit dans le côté sordide et graveleux (qui se rapproche plus de G.R.R. Martin), dans la violence (les combats, bien que rares, sont d’une brutalité presque inégalée) et peut-être surtout dans l’humour, tendance noir, sarcasme et ironie. De plus, on note de suspectes convergences, comme un univers un peu « flou », un seigneur des ténèbres influençant la géopolitique / l’histoire / l’intrigue (le Créateur ici, le Dominateur / la Dame chez Cook), ou une bande de mercenaires où on s’appelle surtout par des surnoms.

Mais Abercrombie ne s’est pas contenté de faire « du Cook », car, outre le fait qu’il a des particularités stylistiques qui n’existent pas chez l’américain, il a aussi construit pas mal d’aspects de son livre non pas en convergence avec d’autres auteurs, mais surtout en divergence avec eux. Il y a notamment tout un travail visant à distordre les stéréotypes Tolkieniens, Howardiens ou autres : même une analyse superficielle des personnages principaux montre clairement qu’ils inversent les archétypes sur lesquels ils sont basés. Le grand barbare du nord ne veut plus tuer, le magicien équivalent à Gandalf ne prend rien au sérieux, le séducteur qui n’accordait aucune importance à ses conquêtes est désarmé face à une fille de la campagne dont il tombe désespérément amoureux, l’ancien noble et héros de guerre charismatique est transformé en être cassé et aigri que tout le monde fuit, etc.

On notera toutefois que malgré le fait que ce roman soit incontestablement Grimdark, on retrouve les éléments Tolkieniens dont j’ai déjà parlé (en plus des anti-Tolkieniens), à savoir la Tour – le Mage noir – le Mage blanc qui monte son équipe. Car Premier sang peut en réalité se résumer à une très longue mise en place, non pas tellement d’un contexte ou d’une intrigue… mais d’une équipe, d’une compagnie de… j’allais dire héros, mais il faut en fait parler d’antihéros devant sauver l’Union.

J’ai trouvé l’écriture du britannique très contrastée : si le world- et magic-building sont clairement sans attrait, si le bouquin est trop long, mal rythmé, plombé par des dialogues et des scènes d’exposition omniprésentes, en revanche l’auteur a un style extrêmement agréable, doté d’un humour noir, grinçant et féroce (particulièrement quand nous sommes dans la tête de Glotka -le contraste entre ce qu’il pense et dit est savoureux-, ou via les dialogues concernant Bayaz), fluide et efficace (notamment dans les dialogues, qui, s’ils sont très -trop- nombreux, sont en revanche rondement menés). Pour illustrer cet aspect du bouquin, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer une remarque de Sult, le supérieur de Glotka (voir plus loin) : il déclare avec mépris que la nouvelle génération trahit pour bien peu d’argent, n’ayant en cela que peu de l’ambition de ses aînés !

Les combats sont extrêmement immersifs, ce qui ne rend que plus frustrant le fait qu’ils soient aussi rares et tardifs dans le bouquin (il y en a surtout dans les cent dernières pages, en gros, qui, au passage, sont bien plus vigoureusement rythmées que le reste). Signalons d’ailleurs qu’ils sont d’une brutalité assez inégalée, même pour du Grimdark (et que vu l’abondance de scènes de torture, on déconseillera ce livre aux âmes sensibles amatrices d’une Fantasy plus bucolique). Mais là où l’auteur brille comme une supernova, c’est clairement sur ses personnages, qui sont le très gros, l’immense point fort de ce roman. A ceci près que les changements de point de vue fréquents peuvent être un point négatif pour certains types de lecteurs, évidemment.

Base de l’intrigue, personnages

L’intrigue est relativement simple à résumer : les peuples du nord se sont pour la première fois unis sous la bannière d’un seul chef, auto-proclamé Roi du Nord (oui, je sais…), et ils ont décidé de conquérir (ou plutôt, de leur point de vue, libérer) le Pays des Angles, à savoir la province la plus septentrionale de l’Union. Cette dernière se retrouvant au même moment menacée par son vieil ennemi du sud, à savoir les Gurkhiens, qui eux aussi se retrouvent menés par un nouveau chef (décidément…) beaucoup plus vigoureux que l’ancien. Dans le même temps, il y a magouille sur magouille de la part des pontes du Conseil Restreint de l’Union pour écarter des rivaux gênants et consolider leur pouvoir, extorqué des mains d’un roi falot et pour lequel il existe une vacance alors que le Chancelier qui l’accaparait jusque là, en entretenant soigneusement les divisions, vient de mourir. Mais dans son coin, le mage Bayaz monte sa petite équipe et se prépare à mener une quête pour sauver l’Union qu’il a contribué à créer.

Notez que tous les membres de cette future compagnie ne bénéficient pas de la même attention, et certains n’apparaissent que fort tardivement dans le récit (Ferro, ou, plus encore, Frère Long-Pied). Je vais donc me contenter de parler des trois principaux, à savoir Logen, Glotka et Jezal. Le premier est un barbare nordique, ancien champion et lieutenant de celui qui s’est désormais imposé comme roi du septentrion, Bethod. Il a vu sa famille et son village se faire massacrer par les Shankas, et même ses frères d’armes (Renifleur, Tul Duru, Dow le Sombre, le Sinistre, Séquoia et Gringalet -ça y est, vous la voyez la ressemblance avec Cook ?-) sont persuadés qu’il est mort. Il va cependant survivre et être convoqué par Bayaz, qui se rend à la capitale de l’Union. Surnommé « Neuf-doigts » (pour une mutilation) et « le Sanguinaire » (pour le nombre impressionnant de morts causées au fil des années), ce personnage en a désormais assez des tueries, et se révèle nettement plus complexe que ce que le mot « barbare » qui lui est accolé pouvait laisser présager. Notez que le combat final va faire se poser de sacrées questions à son sujet au lecteur (Logen ne serait donc pas tout à fait le Sanguinaire ?). Notez aussi que sa bande, qu’on suit un peu dans le sillage de Renifleur, est très intéressante également, bien qu’étant une copie… pardon un hommage de celle de Glen Cook.

Dans la capitale de l’Union, nous allons aussi faire connaissance avec Glotka, un noble qui fut jadis un Colonel, un officier de cavalerie à qui un avenir glorieux était promis avant qu’il ne soit capturé par les Gurkhiens. Il a « survécu », si on peut appeler ça comme ça, à deux ans de captivité chez eux (ce qui est un record), mais en est sorti brisé, à la fois physiquement (il a une jambe en mauvais état, qui lui cause de grandes souffrances à la marche et surtout dans les escaliers, et on lui a arraché une bonne partie des dents de devant) et psychiquement (il ne trouve du plaisir et de l’intérêt en rien ni personne). Doté d’une volonté de fer, il a remarché alors que les docteurs pensaient que c’était impossible, et a fait un choix qui a sidéré tout le monde : celui de devenir Inquisiteur, donc de participer à faire subir aux autres ce qui lui est arrivé. Sans sadisme, mais sans pitié non plus. Remarquez que lui aussi a deux acolytes, Severard et Frost (et un supérieur, Sult), pas piqués des hannetons. Ce personnage est, et de très loin, le plus intéressant d’un roman où les protagonistes extrêmement vivants, travaillés, complexes et crédibles abondent pourtant. De plus, à titre très personnel, j’ai ressenti une puissante empathie envers lui, parce qu’être loin de ce qu’on fut jadis, je ne sais que trop ce que c’est.

Enfin, toujours dans la capitale, nous allons suivre (un peu trop, d’ailleurs, à mon avis), Jezal, jeune noble à qui son papa a acheté son rang de capitaine, et qui passe le plus clair de son temps à dépouiller les autres officiers au jeu ou à courir le jupon en abandonnant ses conquêtes d’un soir une fois son plaisir pris. Il s’est cependant fait embarquer comme candidat au Tournoi d’escrime par son supérieur, un maréchal, ce qui le sort certes de sa routine de dandy mais peut potentiellement lui ouvrir l’accès à ces postes prestigieux auxquels il aspire tant. Cependant, sa rencontre avec Ardee, la sœur de son ami le Commandant West, va tout changer : sans attrait évident de prime abord, la jeune campagnarde, elle-même brisée (dans un sens et à un degré différent de Glotka), va bientôt exercer sur l’ex-séducteur un pouvoir contre lequel il ne peut rien et contre lequel il est totalement désarmé. De chasseur sur le plan amoureux, le pauvre Jezal va se muer en proie. Des trois personnages majeurs, c’est celui qui m’a clairement le moins plu (et malheureusement celui qui est probablement le plus mis en avant), tant, par rapport à Logen et surtout Glotka, il se révèle moins intéressant. On appréciera cependant son évolution entre le début et la fin du roman : on est ici loin des personnalités monolithiques et figées des mauvais écrivains ! (une remarque qu’on pourrait aussi appliquer à Logen).

Un mot rapide sur Bayaz, une sorte d’anti-Gandalf qui ne prend rien au sérieux et tout avec désinvolture (mais l’énerver ou le déranger a des conséquences très Docteur Manhattan-iennes, si on me pardonne ce néologisme barbare). Comme beaucoup de personnages, il est fort mystérieux, et l’auteur laisse dans ces cas-là filtrer des indices nous conduisant à penser que nous n’avons pas fini d’apprendre des choses intéressantes sur lui (c’est la même chose pour Ardee et Logen, notamment).

Bref, non seulement les personnages sont le très gros point fort du livre, mais en plus on a ici affaire à certains des meilleurs du genre tout entier, du fait de la multi-dimensionnalité de leur psychologie, de leur évolutivité (Logen, l’homme le plus redouté du Nord, est pourtant terrifié par la promiscuité et les masses humaines d’Adua, la capitale), de leur « charisme » auprès du lecteur, de la qualité de l’immersion (on vit la souffrance physique de Glotka, les doutes de Jezal au moment du Tournoi, etc), et ainsi de suite. On remarquera qu’ils couvrent l’intégralité du spectre, du barbare vêtu de fourrures et de haillons au fringant officier à l’uniforme immaculé, et qu’il y a des parallèles ou des effets de miroir entre eux : Glotka se lamente sur son aura passée, tandis que Jezal cherche à tout prix à construire la sienne, et que Logen n’en veut plus, alors que c’était l’homme le plus redouté du Nord ; Logen ne veut plus tuer, alors que Ferro n’a plus qu’une sanglante vengeance en tête (on regrettera au passage que les personnages féminins soient aussi en retrait à ce stade du cycle).

Un mot sur les thématiques

Mine de rien, Abercrombie ne donne pas que dans l’aventure (à vrai dire, vu à quel point on est en face d’un tome très introductif et lent, l’aventure est même minoritaire…), et en profite pour évoquer tout un tas de thématiques : la rédemption (de son passé de tueur pour Logen, de séducteur pour Jezal), le handicap, le déclassement, le mérite par rapport à la naissance / la classe (illustré par West), l’évolution psychologique d’une personne en fonction des épreuves traversées, les magouilles politiques (surtout du côté des Inquisiteurs), le poids des corporations (au sens médiéval du terme) et des banquiers, celui des attentes placées en nous par nos familles et nos supérieurs / employeurs, etc.

Oui, mais… 

Premier sang est, tout compte fait, un bon roman, surtout compte tenu du fait qu’il s’agit de la première publication de l’auteur. Seulement voilà, j’en suis sorti avec un sentiment mitigé. Certes, les personnages et le style caustique et virtuose sont formidables, mais sur d’autres points, c’est parfois très léger (univers, magie) ou franchement perfectible (ça manque de rythme et d’action, c’est trop long, il y a trop de dialogues et de scènes d’exposition -alors que paradoxalement, le worldbuilding est plutôt flou et basique, un comble-), voire stéréotypé (c’est certes du Grimdark, mais on aboutit à la fin à une compagnie menée par un magicien qui ne dépareillerait pas dans une -bonne ?- vieille High Fantasy, alors que sur d’autres plans, l’auteur a une visible volonté de casser lesdits stéréotypes !).

Mais je crois que ce qui m’a le plus dérangé chez Abercrombie (du moins sur la foi de ce seul bouquin) est le fait que certains le placent sur le même rang que Martin, Cook ou d’autres. Pour moi, il est tout de même un cran (voire plus) en-dessous (ne serait-ce qu’en terme d’originalité), sauf sur des points très précis comme les personnages (encore que, Cook et surtout Martin sont loin d’être manchots dans ce domaine et ont accouché de protagonistes et antagonistes inoubliables eux aussi), la plume ou les dialogues. On verra, dans les deux critiques suivantes des romans du cycle, si mon impression initiale a évolué par la suite !

En conclusion

Ce tome inaugural du célèbre cycle (et univers) de La Première Loi montre certes un auteur à la plume acérée, que ce soit dans le style ou l’humour (qui est donc parfaitement compatible avec de la Grimdark Fantasy), capable de distordre certains des stéréotypes les plus éculés du genre et de créer d’excellents personnages (à commencer par Glotka), mais il demeure un premier roman, et cela se voit : univers très flou, rythme quasi-absent, longueurs, surabondance de scènes d’exposition, déficit de scènes d’action, mauvais équilibre dans la mise en lumière des personnages (Jezal est trop mis en valeur, Ferro, l’équipe de Logen et Frère Pied-Léger pas assez), exploitation de certains autres stéréotypes (Tolkieniens…), les défauts sont nombreux et tout à fait réels. On se dit donc que mettre Abercrombie sur le même plan que Cook, Martin ou d’autres maîtres de la Dark Fantasy est sans doute exagéré, du moins à en juger par ce seul roman.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Boudicca, celle de l’ours inculte, de Blackwolf, d’Aelinel,

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24 réflexions sur “Premier sang – Joe Abercrombie

  1. Cette chronique est toujours très complète et comme à chaque fois malgré les aspects négatifs du livre tu me donnes envie de le lire xD La construction d’un univers solide a beaucoup d’importance pour moi, mais plusieurs aspects du roman me font envie et m’intrigue (notamment les scènes de combats) Je ne pense pas que je vais courir après ce roman, mais si je le croise à l’occasion je n’hésiterai pas à le lire.

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  2. Quand il s’agit d’un premier roman, je suis prête à faire pas mal de concessions. Le seul his que j’ai avec abercrompbie, c’est que je n’arrive toujours pas à décider si j’ai aimé – ou pas – Sang froid! Après bientôt deux ans, c’est assez singulier.
    Mais en même temps, un signe que l’auteur m’ait marqué dans son style. Déjà, j’avias noté tout son travail sur les perosnnages, et son style plutôt incisif et entrainant.
    ET il y aussi la critique de notre ami plantigrade qui est dans la même veine que toi… Bon faudra que je me décide à le lire. Je l’ai.

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  3. Ma lecture remonte à 2007 ou 2008, donc un peu lointaine…Je n’ai pas ressenti le côté tolkenien, mais je le connais mal, donc…
    Pour moi, c’est une sacrée trilogie, « fort couillue », comme on dit en « non politiquement correct »…
    Les trois romans indépendants valent le coup aussi…
    En revanche, la trilogie « La mer éclatée » fait un peu littérature jeunesse, écrite vite fait bien fait…

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  4. J’étais très curieux de voir ce que tu penserais de ce bouquin – et de l’auteur de façon plus générale. J’attends maintenant de voir comment tu vas apprécier les deux volumes suivants et ce que tu penseras de la fin.
    Pour la comparaison avec Martin et Cook, il faut garder à l’esprit que ni l’un, ni l’autre n’ont commencé leur carrière par leur série phare. Je pense que tu auras une vision un peu différente d’Abercrombie après avoir fini cette trilogie. Et si tu n’es pas totalement satisfait, mais pas trop déçue, je t’inviterai à poursuivre au moins sur les trois one-shot qui suivent et qui proposent chacun une ambiance différente.
    Perso, j’attends sa nouvelle série avec intérêt et je suis depuis un moment ses réflexions sur le « défi » qu’il s’est imposé pour cette nouvelle trilogie : l’écrire en entier avant la publication du premier volume. Apparemment, il a revu pas mal de choses sur son premier volume après avoir fini le premier jet du troisième. Une expérience probablement très intéressante pour un auteur.

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  5. En tout cas, ta critique donne plutôt envie. Pour moi, Abercrombie c’était juste un gars de plus, même bon, qui voguait sur le succès du grimdark et n’était donc pour moi vraiment pas une priorité de lecture. Mais là !… De l’humour, de la réflexion, une immersion totale et une couverture éclatante, je vais essayer de lui ménager une place…

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  6. J’avais lu ce premier tome il y a quelques années… et je me rends compte que je n’avais jamais senti le besoin/envie de poursuivre la trilogie, ce qui n’est pas bon signe. À voir si tes futures chroniques me feront changer d’avis. ^^

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  7. A posteriori c’est vraiment pas cette trilogie que je retiens de l’auteur, je te rejoins la dessus, c’était cool mais un peu maladroit, mais il gagne en maitrise avec le temps, et les héros et pays rouge sont au top. C’est vraiment la que j’ai trouve son boulot excellent.
    Et la mer éclatée, même si catalogué YA, est une tuerie.

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  8. J’ai lu ce 1er tome il y a quelques années, j’avais bien aimé globalement même si j’avais trouvé des longueurs. Et en effet aujourd’hui je ne me souviens pas de grand chose si ce n’est de Glotka ^^ je pensais lire la suite rapidement et elle attend toujours, il faudrait que je m’y remette !

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  9. Je ne saurais être plus d’accord avec cette critique. Ce que j’en avais entendu ici ou là me laissait craindre un auteur bas de gamme, du côté complaisant de la Dark Fantasy. A la lecture (encouragée par ton article), je découvre un roman certes imparfait mais très bon là où il l’est (je paraphrade), et plutôt plaisant à lire ce qui n’est pas toujours le cas. Ce n’est sans doute pas LA decouverte, mais cela m’incite à aller m’enfoncer plus profond dans les garennes d’Apophis et à en suivre les recommandation. Ton site est en train de devenir un de mes sites de référence en SFFF. Merci pour ce chouette boulot ! (Ceci dit, non pour faire reluire le céans du maître de ces lieux, mais parce que quand on voit quelque chose de bien il faut le faire savoir.)

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