Focus trilogie Rifteurs – Peter Watts

3

Ma première participation au magazine

Bifrost_93Je vous propose aujourd’hui le premier papier que j’ai rédigé pour Bifrost, lorsque j’ai intégré l’équipe de chroniqueurs du magazine en septembre 2018. Il s’agissait d’un article synthétique portant sur la trilogie Rifteurs de Peter Watts, pour le dossier qui était consacré à l’auteur canadien dans le numéro 93, paru en janvier 2019. Sachez qu’à l’avenir, vous pourrez retrouver toutes les critiques et articles écrits pour le périodique sous le tag Publié dans Bifrost (il y en aura notamment une autre début février).

Cet article constitue une meta-analyse de l’ensemble du cycle. Il a été conçu pour spoiler le moins possible, mais j’attire votre attention sur le fait qu’il s’agit d’une analyse et pas d’une chronique sans spoilers. Sa lecture est donc à vos risques et périls. Lire la suite

βéhémoth – Peter Watts

9

Une fin de cycle assez décevante

behemoth_wattsβéhémoth est l’ultime roman de la trilogie Rifteurs, et il présente une particularité plutôt rare : alors que l’édition française a tendance a couper en deux volumes des livres publiés en un seul chez ses confrères anglo-saxons, ici c’est l’inverse qui a eu lieu. En effet, en VO, il a été scindé en deux (βehemoth : β-Max et βehemoth : Seppuku), mais pas en VF, où il se présente sous la forme d’un volume unique. La réception par le lectorat anglo-saxon de Seppuku a été relativement mitigée, les lecteurs reprochant notamment à Watts une fin un peu facile et un côté trop prolixe des scènes de torture. L’auteur en est d’ailleurs conscient, puisqu’en postface d’un de ses autres romans, il prédisait que celui-ci serait probablement sa plus grosse gamelle depuis βéhémoth. 

Pour ma part, je ressors vraiment mitigé de cette lecture : elle n’est pas à proprement parler mauvaise, mais ce tome 3 n’est en tout cas pas à la hauteur de ses deux prédécesseurs, particulièrement de Starfish, qui constitue pour moi le sommet du cycle et le meilleur roman du canadien après Vision aveugleLire la suite

Rifteurs – Peter Watts

1

Très différent du premier tome, mais pas moins bon ! 

rifteurs_wattsRifteurs est le second tome du cycle du même nom, après Starfish. Alors que ce dernier était un oppressant huis-clos sous-marin, son successeur se passe au contraire quasi-intégralement à terre, et fait traverser à Lenie Clarke tout le continent Nord-Américain au lieu de la confiner dans une petite base. Même si, sur le fond, il y a des similitudes, ce tome 2 est surtout une complète remise en question de certaines bases posées dans Starfish, et dans un genre (et une atmosphère) assez différents, se révèle largement au niveau de ce dernier. De plus, même si l’aspect Biopunk reste toujours très présent (plus encore que dans le tome 1), une plus grande emphase est cette fois mise sur les IA et le Cyberespace, donnant ainsi un livre plus conforme à l’idée que le lecteur moyen se fait du (Post)Cyberpunk.

J’attire votre attention sur le fait qu’il est impossible de chroniquer correctement ce tome 2 sans spoiler la grande révélation de son prédécesseur. Si vous n’avez pas lu Starfish, tout ce qui suit est donc à vos risques et périls.  Lire la suite

Starfish – Peter Watts

25

Fish-tre, c’est noir, mais c’est bien ! 

starfish_wattsOn ne présente plus, sur ce blog, Peter Watts, mais précisons tout de même que le canadien est biologiste marin de formation, ce qui, comme nous allons le voir, a fortement influé sur le roman dont nous allons parler aujourd’hui. Premier livre publié par Watts (en VO ; en VF, il n’est sorti qu’après Vision Aveugle), Starfish est basé sur une nouvelle datant de 1990, Une niche (qui est d’ailleurs reprise en intégralité après le prologue, avec quelques modifications). C’est le tome inaugural d’une trilogie appelée Rifteurs (le tome 3 ayant été coupé en deux en VO mais existant sous forme unique en VF).

Starfish substitue aux profondeurs de l’espace celles de l’océan, et propose un huis-clos à l’atmosphère oppressante, et pas seulement en raison de l’endroit où l’intrigue se déroule : en effet, ses personnages vraiment très particuliers achèvent d’en faire une expérience assez unique pour le lecteur. De plus, le roman est construit comme un jeu de miroirs, et l’un d’eux consiste à brouiller les cartes avant que le vrai enjeu de l’intrigue se développe. Au final, Starfish est une lecture d’une très grande qualité (finalement pas si loin que ça de Vision aveugle, mais en plus accessible), même si sa noirceur extrême ne le destinera manifestement pas à tous les publics.  Lire la suite

Anthologie Apophienne – épisode 3

16

Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce troisième épisode, nous allons parler de trois nouvelles, signées Stephen King, H.P. Lovecraft et Poul Anderson. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

A tall tail – Charles Stross

6

Jouissance chimique

a_tall_tailA tall tail est une nouvelle signée Charles Stross, publiée en 2012 et lisible soit directement en ligne (gratuitement mais en anglais) sur cette page du site de Tor.com, soit, pour une modique somme, sous la forme plus traditionnelle d’un texte électronique Kindle (toujours en anglais uniquement) sur cette page du site d’Amazon (lien affilié). Toujours en recherche de nouvelles intéressantes pour alimenter mon anthologie Apophienne (ou pour donner des idées de lecture à ceux qui participent au Projet Maki, ce qui n’est pas mon cas vu que mon programme de lecture s’accommode mal des lectures imposées -en taille, en temps, en genre, etc- associées aux challenges de toutes sortes), je suis tombé par hasard sur celle-ci, et j’ai été franchement intrigué par les commentaires la concernant. Et autant le dire, j’ai passé un court mais excellent moment avec ce texte ! Lire la suite

L’orage gronde – David Weber

17

Une redéfinition radicale de la géopolitique de l’Honorverse

orage_gronde_t1L’orage gronde est le treizième roman du cycle Honor Harrington, par David Weber. Comme pour tous les tomes postérieurs au cinquième, Pavillon de l’exil, il est divisé, dans sa version française semi-poche, en deux volumes, d’environ 300 pages chacun, et… comment ? Pourquoi avoir divisé un bouquin de 600 pages en deux volumes vendus une quinzaine d’euros chacun ? Bonne question. Et encore meilleure lorsqu’on se rend compte que la version poche, qui sort le 23 janvier 2020, se présente sous la forme d’un unique livre, vendu… onze euros.  Alors je veux bien passer sur le prix, sa baisse est le propre d’une parution en une version poche, en revanche il va vraiment falloir m’expliquer pourquoi la version en plus grand format a été coupée en deux, alors que les volumes 1 de Plaies d’honneur ou de Coûte que Coûte font dans les 575 pages…

Mais bon, trêve de digression, revenons au fond de l’ouvrage. Les événements du tome 12, et particulièrement sa fin très surprenante, ont entraîné une redéfinition aussi complète que radicale de la géopolitique et des équilibres militaires dans l’Honorverse, l’univers d’Honor Harrington. Après vingt ans de conflit, la guerre Manticore – Havre a pris fin, tandis que les escarmouches limitées Solariens – Manticoriens sont sur le point de dégénérer en une guerre économique, puis en une effroyable conflagration armée tout court. Suite à la frappe opérée par l’Alignement sur le système de Manticore, la situation de nos héros semblait désespérée, mais leurs alliés vont venir à leur rescousse. Y compris deux auxquels personne ne s’attendait. Au passage, le véritable ennemi se dévoile, et il n’est pas Solarien : je vais vous donner un scoop, il s’agissait en fait d’un complot des chats. D’ailleurs, il y en a un sur la première de couverture (voir plus haut) et toute une bande sur la quatrième (une illustration remarquable !). Quand on vous disait que ces bestioles sont les vrais maîtres du monde ! (je précise, au cas où, qu’il s’agit bien sûr d’un trait d’humour et pas d’un spoiler majeur, même si les chats -sylvestres- ont effectivement un rôle inattendu dans l’intrigue). Pour finir, signalons qu’il devient très difficile de pouvoir tout comprendre sans avoir lu les deux cycles dérivés de l’Honorverse, à savoir La couronne des esclaves et Saganami. Pour ne pas dire, à partir de ce tome 13, impossible ou en tout cas très pénible. Lire la suite

Hors-série Une heure-lumière 2019

23

Peut-être pas le meilleur texte d’UHL, mais sans conteste le plus beau et le plus poignant

HS_UHL_2019Comme en 2018, le Belial’ a de nouveau proposé, de début septembre à fin octobre 2019, un hors-série de la collection Une heure-lumière (UHL), offert pour l’achat d’exemplaires physiques de deux autres titres (le but étant de soutenir les libraires). Comme le premier numéro, il est (brillamment) illustré par Aurélien Police, et se divise en trois parties, à savoir un édito d’Olivier Girard (le boss du Belial’), une novelette inédite signée Ian McLeod, Isabel des feuilles mortes, et le catalogue de la collection (plus un aperçu de ce qui est à venir dedans -et dont vous pouvez avoir un compte-rendu partiel dans mon article-), qui, en 2019, cite votre serviteur, pour sa critique de Retour sur Titan de Stephen Baxter. Vous trouverez, à la fin de cet article, un récapitulatif de tous les UHL critiqués sur le Culte au moment où je rédige ces lignes, sachant que deux autres sont à venir dans les jours qui viennent (et seront ajoutés à la liste le moment venu). Peu de choses à dire sur le papier du Girard, qui souligne l’importance des « craqueurs », les Jean-Daniel Brèque, Pierre-Paul Durastanti et autres Erwann Perchoc, passionnés qui repèrent des textes prometteurs en anglais et s’en font les avocats, ou qui sont les défenseurs acharnés d’un auteur en France. Je vais donc me concentrer, dans la suite de cet article, sur la novelette. Lire la suite

En mission – David Weber

6

Renversement de perspective

en_mission_1En mission est le douzième roman du cycle Honor Harrington, par David Weber. Comme pour tous les tomes postérieurs au cinquième, Pavillon de l’exil, il est divisé, dans sa version française semi-poche, en deux volumes, d’environ 400 pages chacun. Signalons que le 23 janvier 2020, l’Atalante sortira à la fois le très attendu quatorzième livre du cycle, Sans concession (paru en VO en… 2018 : on est loin de la réactivité de certains autres éditeurs !), ainsi que les versions poche de En mission et du roman suivant du cycle, L’orage gronde (dont la critique sera la seconde publiée sur ce blog en 2020)… en un volume unique, et au prix de 12 euros (au lieu d’une quarantaine pour la version semi-poche…) pour le tome douze et de 11 pour le onze (au lieu d’une trentaine pour la version semi-poche). Alors c’est très bien pour ceux qui ont commencé la saga en version poche, et qui bénéficient donc, en version physique, de tarifs encore inférieurs à ceux de la version électronique, mais pour ma part, il aura vraiment fallu l’excellence des couvertures de Genkis pour faire passer la pilule.

Mais revenons au livre proprement dit : après un tome 11 qui était, de mon point de vue, un des meilleurs du cycle, et qui montrait une bataille d’une ampleur proprement homérique, toute la question était de savoir ce que Weber allait proposer après une telle apothéose, et surtout s’il saurait éviter de retomber dans ses travers antérieurs (les tomes 9-10 étant épouvantablement verbeux). Et le résultat est globalement positif, même si le premier des deux volumes peut franchement faire peur, comme nous allons le voir. En tout cas, En mission se finit sur un changement absolument colossal dans la géopolitique de cet univers, dont les conséquences seront explorées dans L’orage gronde. Pour finir, signalons que même si c’est encore plus sensible dans le tome 13, il devient très difficile de pouvoir tout comprendre sans avoir lu les deux cycles dérivés de l’Honorverse, à savoir La couronne des esclaves et Saganami. Je signale d’ailleurs que je publierai, en 2020, un guide de lecture (semblable à celui consacré à Peter F. Hamilton) permettant de se retrouver dans ce fouillis en terme d’ordre de lecture, de textes indispensables ou accessoires, etc (sachant qu’il y a également des recueils de nouvelles et autres sourcebooks qui rendent la tâche encore plus ardue). Alors entendons-nous bien, lire le cycle principal sans rien lire d’autre est possible (l’auteur vous donne les éléments indispensables pour suivre), mais ça n’a rien de très agréable, tant on a l’impression (justifiée) de passer à côté de nombreux « détails » (qui n’en sont pas vraiment). Lire la suite

Anthologie Apophienne – épisode 2

13

Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce deuxième épisode, nous allons parler de deux nouvelles, une plutôt longue signée Dan Simmons, et l’autre, très courte, par Isaac Asimov, ainsi que d’une novella écrite par Ken Liu. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite