Anthologie Apophienne – épisode 12

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce douzième épisode, nous allons parler d’un des plus grands maîtres actuels de la SF, Greg Egan, d’un des grands espoirs de la SFFF hexagonale, Audrey Pleynet, ainsi que d’un auteur qui est une étoile montante du domaine et dont l’ascension est très loin, à mon avis, d’être terminée, Emmanuel Chastellière. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

L’armada de marbre – Gareth L. Powell

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Loin d’être dépourvu de défauts, mais pourtant très prenant !

armada_de_marbre_powellAprès une pause en 2020 due à ce satané Covid, la publication du cycle Braises de guerre reprend chez Denoël, dans la prestigieuse collection Lunes d’encre, puisque le 14 avril 2021, paraîtra le second tome, L’armada de marbre, qui fait suite à Braises de guerre (le roman), qui était un bouquin certes prévisible, certes très (trop ?) inspiré par Iain M. Banks, mais aussi et surtout franchement prenant et, en fin de compte, un  (New) Space Opera parfaitement recommandable.

J’ai, pour ma part, lu ce deuxième volet en anglais il y a deux ans, et voilà quel était mon sentiment à son sujet (l’intégralité de ma critique est lisible sur cette page) : ce second tome du cycle Braises de guerre reprend les qualités et les défauts de son prédécesseur ; écriture d’une fluidité remarquable, très agréable, personnages solides et sympathiques, Space Opera plus qu’honnête, mais aussi sans doute trop inspiré par quelques maîtres, au premier rang desquels se trouve (le regretté) Iain M. Banks et, sur ce tome en particulier, la saga Alien. On ajoutera que le scénario de ce tome 2 était prévisible dès la fin du 1, et qu’il comprend deux points pas forcément d’une logique folle. Pourtant, je persiste à conseiller ce roman et ce cycle, car tout compte fait, l’ensemble reste vraiment très plaisant et un Space Opera qui, sans révolutionner le genre ou marquer l’émergence d’un nouveau maître (pas pour le moment, en tout cas), demeure tout à fait valable.

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Anthologie Apophienne – épisode 11

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Eye_of_ApophisL’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Dans ce onzième épisode, parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, nous allons reparler d’auteurs déjà abordés dans cette série d’articles, à savoir Robert Silverberg, H.P. Lovecraft et Alastair Reynolds. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Lire la suite

Un souvenir nommé empire – Arkady Martine

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Un prix Hugo de pacotille dont la lecture a tout du calvaire

souvenir_empire_VFLe 3 mars 2021, sortira (si Covid le veut) Un souvenir nommé empire, première partie d’un diptyque signé « Arkady Martine », en réalité AnnaLinden Weller (un jour, il faudra m’expliquer quel est, en 2021, l’intérêt de ce genre de manœuvre, mais passons…). Couronné par le prestigieux prix Hugo (édition 2020), auréolé des louanges d’Ann Leckie (d’ailleurs inspiratrice de l’autrice), comparé à l’œuvre de cette dernière, de John Le Carré et même à celle de Iain M. Banks, et objet d’une hype considérable générée par ses éditeurs, aussi bien anglo-saxons que français (le camarade Eliroff a distribué massivement des épreuves non corrigées de l’ouvrage, accompagnées de plusieurs autres livres et goodies, à toute la blogosphère -sauf votre serviteur, évidemment-), sur le papier ce roman a tout du chef-d’œuvre incontournable. Sauf que pour l’avoir lu à sa sortie anglo-saxonne, le tableau que moi je vais vous en brosser est nettement moins flatteur. Un point est tout à fait juste, par contre : cela ressemble effectivement à du Ann Leckie, dans sa capacité à remplacer sans problème n’importe quel somnifère et à concourir dans la catégorie du prix Hugo le plus immérité de l’histoire de cette récompense (alors que de 2015 à 2019 inclus, la barre avait été bien redressée à ce niveau).

Bref, les goûts et les couleurs mis à part, je vous déconseille vraiment d’investir de l’argent dans une lecture qui a, pour moi, relevé du calvaire et d’une faiblesse littéraire manifeste. Après, vous êtes grand(e)s, et vous ferez ce que vous voulez, je ne prétends certainement pas que mon avis soit à suivre comme les tables de la Loi et universel, chacun sa sensibilité et ses attentes ou sa tolérance à l’incompétence rédactionnelle et éditoriale. Celles et ceux d’entre vous qui veulent en savoir plus pourront se référer à ma critique de la VO (qui est d’ailleurs une des plus drôles, dans son genre, jamais parues sur ce blog : les anciens de l’Apophisme vous le confirmeront, je ne suis jamais plus inspiré que quand j’ai détesté une lecture).

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Espace connu – Intégrale – Larry Niven

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Histoire du futur, certes, mais surtout du lointain passé !

Une version modifiée de cette critique est parue dans le numéro 97 de Bifrost. Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag. Je vous rappelle aussi (parce qu’un aponaute me l’a demandé) que le Bifrost 101, comprenant une traduction d’Hannu Rajaniemi et un article bibliographique consacré à Dan Simmons rédigés par votre serviteur, sort aujourd’hui. 

espace_connu_nivenAprès l’intégrale du cycle de L’anneau-monde, Mnémos propose un second omnibus regroupant cette fois les trois romans majeurs (Le monde des Ptavvs et Protecteur dans des traductions révisées et l’inédit Un cadeau de la Terre) se déroulant dans le même univers, mais à une époque antérieure, celle de la colonisation du système solaire puis des étoiles proches, et du Premier Contact avec des races étrangères. Le premier de ces romans montre qu’une statue d’origine inconnue retrouvée au fond de l’océan est en fait un Thrint, un extraterrestre échoué sur Terre depuis deux milliards d’années. Sa libération de sa stase temporelle donnera lieu à une course effrénée vers Neptune, où il veut retrouver un amplificateur télépathique qui lui servira à dominer la race humaine tout entière. On y apprend aussi les origines de la plupart des formes de vie galactiques. Lire la suite

Le crépuscule de la Hanse – Poul Anderson

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Tombe la Longue Nuit

crépuscule_hanseLe crépuscule de la Hanse est le cinquième et dernier tome du cycle de La Hanse galactique, après Le prince-marchand, Aux comptoirs du cosmosLes coureurs d’étoiles et Le monde de Satan. La superbe couverture est toujours signée par Nicolas Fructus, et représente un des personnages les plus emblématiques de cet univers, la Cynthienne Chee Lan. Outre un avant-propos signé par Jean-Daniel Brèque, le traducteur, l’ouvrage comprend le roman éponyme, suivi d’un court essai de Poul Anderson lui-même, datant de 1979, où il parle des Histoires du futur en général et de la genèse de la sienne en particulier (et qui permet de prendre la mesure de l’influence d’Hal Clement -dont je vous ai parlé dans mon Guide du Planet Opera -et de certaines similitudes avec Fondation, notamment une conception cyclique de l’Histoire -même si les interrègnes sont ici incomparablement moins longs).

Les romans de ce cycle (dont j’ai entendu parler pour la première fois en 1990, en lisant GURPS Espace) ont été mon petit bonheur de chaque année depuis la parution du premier, en 2016. Ils combinent en effet énormément de choses que j’apprécie : des personnages hauts en couleur, un style / une traduction virtuoses leur faisant adopter un langage fleuri et imagé, un worldbuilding de compétition, des mondes et des êtres exotiques, des protagonistes qui n’ont l’air de rien mais réussissent à blouser les antagonistes en étant plus malins et rusés qu’eux, l’histoire non plus d’une équipe, d’un équipage, mais bel et bien d’une fraternité qui transcende les espèces, les sexes, les âges. Je ne vous mentirai pas, cet ultime tome est celui qui m’a le moins séduit, non pas parce qu’il serait moins abouti que les autres, mais parce que, décrivant le début de la fin d’une civilisation, d’une époque, d’une ère pleine de promesses et d’aventures, son ton est nettement différent de celui de tous les autres, y compris Le monde de Satan qui commençait déjà à s’engager dans cette voie. On y retrouve certes quelques coups d’éclat linguistiques et roublards de van Rijn, mais le propos est ici nettement plus mélancolique au mieux, voire parfois franchement grave. Malgré tout, l’adieu à nos héros est digne d’être lu, ne serait-ce que pour le plaisir de passer quelques ultimes heures en leur compagnie. Lire la suite

Apophis Box – Janvier 2021

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apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée le 15 du mois (environ, hein, c’est pas une science exacte 😀 ). Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Lire la suite

Seven of infinities – Aliette de Bodard

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Un Arsène Lupin féminin dans un empire vietnamien de l’espace !

seven_of_infinities_kindleLes aponautes les plus anciens s’en souviennent peut-être, je vous ai parlé, il y a deux ans et demi, de l’univers Xuya de l’autrice Aliette de Bodard, un contexte de space opera inspiré non pas par la civilisation occidentale mais par la vietnamienne, et comprenant une trentaine de textes courts, essentiellement des nouvelles mais aussi plusieurs novellae, dont The tea master and the detective (à la critique duquel je vous invite à vous référer pour connaître les fondamentaux de cet univers) et The citadel of weeping pearls. Le 31 octobre 2020, est sorti le tout nouveau court roman s’inscrivant dans Xuya, Seven of infinities, d’abord dans une édition papier limitée (et signée), superbe mais au prix prohibitif (35.60 euros !), avant, heureusement, que cette novella ne sorte en version électronique (à un tarif plus de dix fois inférieur !), avec une couverture différente, qui plus est, le 9 décembre 2020. C’est évidemment dans cette dernière version que je l’ai lu.

Si The tea master and the detective était une évidente transposition de Sherlock Holmes dans l’univers Xuya, Seven of infinities utilise le même procédé, mais pour Arsène Lupin cette fois (c’est déjà assez clair à la lecture du texte, mais la fin des remerciements ôte tout doute éventuel sur ce point). Ce qui n’est d’ailleurs qu’une des nombreuses réutilisations de mécanismes déjà abordés dans les autres novellae qui font que cette fois-ci, le texte n’a pas vraiment fonctionné sur moi, sans pour autant que je puisse le qualifier de mauvais. Ces fameux remerciements montrent d’ailleurs qu’un nombre tout à fait ahurissant de bonnes fées aux noms connus se sont penchées sur son berceau. Lire la suite

Panthéon Apophien – épisode 4

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cropped-apophis-ra_symbolSur ce blog, certains romans sont distingués par un tag prestigieux (si, si) : (roman) culte d’Apophis, qui représente une combinaison de coup de cœur hautement subjectif et surtout de ce que je pense être, objectivement, le meilleur de ce que les littératures de l’imaginaire ont à offrir. À la base, le tag a été attribué aux livres lus après la fondation du Culte, le 5 janvier 2016. Mais au fil des années, certains aponautes m’ont posé la question : et donc, quels sont les (romans) cultes d’Apophis lus avant cette date ? Eh bien la série dont fait partie le présent article, Panthéon Apophien, a précisément pour but de vous parler des cultes avant le Culte, entre 1985 et fin 2015. Chaque article vous présentera trois romans ou cycles, retraçant également en parallèle de façon plus ou moins chronologique (c’est loin, tout ça…) ce qu’a été mon parcours personnel de lecteur de SFFF et mon état d’esprit de l’époque.

Vous pouvez retrouver tous les autres articles de cette série sous ce tag ou sur cette page. Les romans cultes d’Apophis, pré- ou post-2016, sont listés sous cet autre tag. Lire la suite

Incandescence – Greg Egan

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Un immense chef-d’œuvre de (Hard) SF… hélas pour lui !

incandescence_eganJe vous ai récemment parlé du cycle de l’Amalgame de Greg Egan, qui se compose de trois nouvelles, Riding the crocodile (qui sortira en français en 2021 dans la collection Une heure-lumière du Belial’), Gloire (déjà disponible en VF, mais chez Bragelonne cette fois) et Hot Rock, ainsi que d’un roman (qui est l’objet du présent article), Incandescence. Précisons tout de suite que la lecture préalable de Riding the crocodile est très vivement conseillée avant d’attaquer ce livre, à la fois parce que Egan ne s’embarrasse pas trop à décrire l’Amalgame, la meta-civilisation qui a colonisé tout le disque de la Voie Lactée, mais aussi parce que les protagonistes et événements de cette nouvelle sont mentionnés à plusieurs reprises. Je vous encourage d’ailleurs à relire ma critique de Riding, puisque je vais considérer que les fondamentaux de l’univers de l’Amalgame sont connus dans le reste de cet article.

Très clairement, Incandescence est un immense chef-d’œuvre, de Hard SF, bien entendu, mais plus généralement de la Science-Fiction dans son ensemble. Mais (parce qu’il y en a un, et un gros) quand je vois que beaucoup de lectrices et de lecteurs ont eu du mal avec l’aspect scientifique de Diaspora, pourtant, de mon point de vue, nettement plus aisé que celui d’Incandescence, je suis pessimiste pour ce qui est de sa capacité à se vendre massivement s’il était traduit en français. Je ne dirais pas tout à fait qu’Incandescence est un essai scientifique déguisé en roman comme peut l’être L’œuf du dragon de Robert Forward (bien que les deux romans présentent de troublantes ressemblances sur certains plans), car même s’il y a de ça (Egan avait visiblement pour but de s’amuser à décrire la découverte de la Relativité et à faire joujou avec des objets astronomiques extrêmes), il y a aussi une vraie ambition romanesque, et même en lisant les passages les plus scientifiquement ardus en diagonale, il est tout à fait possible d’apprécier le cœur de l’intrigue. Surtout que ce roman répond à la grande question posée dans les trois autres textes du cycle de l’Amalgame, à savoir la nature exacte de l’Aloof, la mutique civilisation qui contrôle la partie centrale de la galaxie et en interdit en grande partie l’accès. Et que je peux vous dire que des romans de ce calibre là, on n’en lit certainement pas tous les jours tant il est incroyablement ambitieux. C’est là qu’on se rend compte qu’il y a eu un complet changement chez Egan ces dernières années, car ses productions récentes, plus orientées thématiques sociétales ou « light » Hard SF, ne sont absolument pas représentatives de cette époque, branche ou phase de sa bibliographie (c’est d’ailleurs là qu’on se rend compte de l’immense gâchis qu’est Perihelion summer, notamment, qui aurait pu boxer dans la même catégorie). Méfiance, donc, Incandescence n’est certainement pas Cérès et Vesta ou Zendegi, et est beaucoup plus exigeant. Lire la suite