Disco volante
J’ai déjà parlé, sur ce blog (dans la critique de A colder war), du projet Exoglyphes, qui s’est donné pour mission (pour ne pas dire sacerdoce) de traduire les « causes perdues » de la SFFF, les textes qui, bien que de grande valeur, n’intéressent pas les éditeurs (ou ne sont pas jugés potentiellement rentables, difficilement traduisibles, etc). Et en 2020, les membres d’Exoglyphes ont pour ambition d’en ajouter une belle à leur tableau de chasse, déjà bien fourni, à savoir le formidable Ribofunk de Paul Di Filippo, dont je n’ai jamais compris pourquoi il n’avait pas bénéficié d’une VF, tant c’est un recueil fondamental dans les domaines du Biopunk et plus généralement du Postcyberpunk. Si je vous reparle de tout cela aujourd’hui, c’est qu’Exoglyphes met à disposition gratuitement et en français la version électronique d’une novella de Charles Stross, appelée Missile Gap en VO et L’écart des missiles en VF, que vous pourrez récupérer ici.
Ce court roman réunit plusieurs motifs récurrents chez Stross : le sense of wonder spatio-temporel, les barbouzes (y compris, parfois, de l’occulte) et la Guerre Froide revue selon le prisme de la SFFF. Il aborde un nombre considérable de thèmes science-fictifs, dans une perspective semblant mêler Robert Charles Wilson et Arthur C. Clarke (pour ce dernier, on pense à un texte précis, même si je ne peux vous en parler sans divulgâcher la fin). Et émerveillement, il y a : rien que le contexte / le postulat de départ sont époustouflants, sans parler de certains éléments du reste du texte (dont la fin) ! Continuer à lire « L’écart des missiles – Charles Stross »
Cela fait maintenant plus d’un an et demi que sur ce blog, je vous parle, ou bien nous parlons avec les aponautes en commentaires, de Rich Larson, vingt-huit ans mais… 200 nouvelles au compteur. Si, si. Et outre sa faramineuse, Silverbergienne productivité, le jeune auteur peut se prévaloir d’une qualité moyenne de chaque texte extrêmement élevée. Et je pèse mes mots. Bref, on parle aujourd’hui de lui comme d’un écrivain de SF du calibre des Egan, Liu ou Chiang, un auteur comme on n’en voit typiquement émerger qu’une fois par décennie, au mieux. Et d’ailleurs, ce qui est fascinant, c’est que quelque part, comme le souligne très justement la préface du recueil dont je vais vous parler dans les lignes qui suivent, Larson est la fusion, la synthèse, la quintessence, du vertige scientifique du premier et de la profonde dose d’humanité injectée dans sa prose par le second.
Fred Hoyle (1915-2001) était un astrophysicien et cosmologiste britannique, connu pour être un farouche opposant de la théorie du Big Bang (terme qu’il a d’ailleurs inventé -par dérision-), qui était en totale contradiction avec son propre modèle d’un univers dit « à l’état stationnaire » (éternel, immuable), modèle qui finira cependant par être abandonné car incapable de rendre compte des observations. Mais il ne faudrait pas, pour autant, oublier qu’il a été un des pionniers en matière de recherches sur la
The Doors of Eden est, au moment où je rédige ces lignes, le dernier roman en date d’Adrian Tchaikovsky… mais ça ne va pas durer. Si vous connaissez l’auteur et / ou suivez avec assiduité ce blog, vous avez pris la mesure de son impressionnante productivité, et vous vous doutez donc qu’il y a d’ores et déjà pléthore de sorties à venir dans le pipeline. De fait, sont prévues en 2021 (à ma connaissance) les suites de
Dans trois semaines, le 7 octobre 2020, sortira Vers les étoiles de Mary Robinette Kowal, premier roman du cycle Lady Astronaute (ce que ne précise pas la quatrième de couverture, apparemment, et ce même si ce livre peut tout à fait se lire de façon isolée : on rappellera d’ailleurs que ses deux suites,
Murray Leinster était le pseudonyme de William Fitzgerald Jenkins (1896-1975), écrivain américain de SF aujourd’hui quasiment inconnu du grand public (rien à voir avec Asimov, par exemple) mais pourtant très important dans l’histoire de la SF. En effet, outre son extraordinaire productivité (plus de 1500 nouvelles et articles, entre autres écrits), c’était aussi un incroyable visionnaire, crédité de l’invention, en science-fiction, des mondes parallèles (dans Sidewise in time, en… 1934 !), du traducteur universel (en 1945) et même d’un équivalent de l’internet, imaginé en… 1946 ! Leinster était donc extraordinairement en avance sur son temps, et d’autres écrivains, des séries télévisées et ainsi de suite lui doivent beaucoup.
Émilie Querbalec est une autrice française née au Japon (et on verra que la précision, loin d’être anecdotique, est au contraire d’importance). Quitter les monts d’automne, qui paraîtra le 2 septembre 2020 chez Albin Michel Imaginaire, est son deuxième roman (le précédent ayant été publié chez Nats éditions -connaît pas-). On pourrait presque dire de ce livre les mêmes choses que pour l’autre parution AMI qui aura lieu à cette date-là, à savoir
Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un service de presse consenti par AMI. Un grand merci à Gilles Dumay !
Le 27 août 2020, en plus des
Micaiah Johnson est une autrice californienne qui, avec The space between worlds, mêle plusieurs tropes science-fictifs pour explorer des sujets très divers, de l’identité au destin en passant par les inégalités sociales. Son récit est régulièrement rythmé par de grosses révélations et autres coups de théâtre, plutôt bien écrit, souvent (mais pas toujours) immersif, le personnage principal crée une vraie empathie chez le lecteur, seulement voilà, je ne suis jamais tout à fait parvenu à entrer dans ce roman, ou alors de manière épisodique. La faute sans doute à un rythme / intérêt fluctuant, à un univers / une intrigue qui fait parfois très artificiel et n’est souvent pas assez expliqué, à une histoire d’amour qui fait un peu tache face aux thèmes sociaux développés, et, justement, au côté un peu brouillon de toutes les thématiques, qu’elles soient science-fictives ou pas. Ce n’est certainement pas une mauvaise lecture, on peut même dire que c’est un bon livre, mais on n’est, à mon sens, pas sur la claque annoncée par certains.