Un roman où Hamilton s’inspire beaucoup trop d’autres auteurs ou de ses propres romans, trop bavard, à la structure trop hachée, mais…
(Une version condensée de cette critique est parue dans le numéro 94 du magazine Bifrost. Elle est reproduite dans la rubrique « En conclusion », en fin d’article).
Après trois cycles dans l’univers du Commonwealth / du Vide, l’annonce du fait que la nouvelle trilogie de Peter Hamilton, Salvation, se situerait dans un contexte inédit a fait l’effet d’une bombe. Certes, La grande route du Nord partait théoriquement sur une base identique, mais dans les faits, elle montrait en fait un système de déplacement par Trous de ver très similaire à celui existant dans le cycle de Pandore. Les fans attendaient donc du britannique qu’il propose cette fois quelque chose d’inédit et de profondément différent. Autant le dire tout de suite, de ce point de vue là, c’est raté. Alors certes, dans l’univers de Salvation, on se déplace grâce à des portails à intrication quantique spatiale et pas basés sur des Trous de ver (enfin… non, rien), mais fondamentalement, les différences ne sont que cosmétiques, et ce nouveau roman comprend de nombreux personnages, éléments d’intrigue, de construction d’univers, etc, qui ressemblent d’une façon flagrante à ceux qu’on trouve dans divers autres romans de l’auteur. Et encore pire, celui-ci, comme dans La grande route du Nord, s’inspire lourdement d’autres écrivains, le tout concourant à une impression de manque flagrant d’originalité.
Ceci étant posé, est-ce un mauvais roman ? Oui et non. Même le manque de nouveauté mis à part, il est trop verbeux et a une structure trop convolutée pour pleinement convaincre. Il n’en reste pas moins que cela reste un New Space Opera comme seul Hamilton peut en forger, dont, de plus, la fin donne franchement envie de lire la suite. Je dirais donc que votre ressenti dépendra probablement de l’acuité de votre esprit critique ou de votre faculté à le mettre en sommeil (par opposition à une volonté de vous laisser porter par l’aventure) et de vos lectures antérieures (chez Hamilton ou les auteurs dont il s’est inspiré). Pour ma part, même si je déplore une ré-utilisation de vieilles recettes, les maladresses dans l’écriture et une exploitation assez opportuniste (selon moi) du combat social autour des pronoms de genre neutres, j’ai eu ma dose requise de sense of wonder et je lirai sans souci la suite. Continuer à lire « Les portes de la délivrance – Peter Hamilton »
Jeremy Szal est un jeune écrivain (25 ans) australien, dont Stormblood est à la fois le premier roman et le tome inaugural d’un cycle appelé The Common. Il a d’ailleurs le défaut commun aux premiers pas de nombreux auteurs, qu’ils soient français, anglo-saxons ou autres, à savoir une trop grosse proximité avec les inspirateurs qui ont poussé ladite personne à se mettre à écrire elle aussi. À vrai dire, on est même sur un des pires cas de ce « syndrome » auquel j’ai eu affaire, tant sur de nombreux plans, ce bouquin est une copie carbone (c’est le cas de le dire…) du Carbone modifié de Richard Morgan : même personnage d’ex-supersoldat originaire d’une planète mêlant populations slaves et japonaises, même mélange de roman d’enquête noir et de SF, même brutalité des combats, etc. Sauf qu’ici, cette influence est mélangée avec une emphase sur la vie dans un astéroïde et sur une biotechnologie d’origine extraterrestre qui a un très fort parfum de The Expanse (les livres ou la série), et qu’un côté très militaire où on nous parle souvent d’armures de combat évoluées évoque le Starship troopers de Robert Heinlein (et non pas l’étron cinématographique qu’en a tiré Verhoeven). Sans compter d’autres influences sur lesquelles je vais garder le silence pour ne pas spoiler. Sur le plan de l’originalité, donc, on repassera.
D’habitude, L’œil d’Apophis est une série d’articles consacrée à des livres qui ont été injustement négligés ou oubliés, et qui méritent une remise en avant. Mais aujourd’hui, dans ce troisième hors-série, nous allons légèrement dévier de cette ligne éditoriale. Vous l’avez peut-être vu passer sur les réseaux sociaux ou sur des forums spécialisés comme ceux d’Elbakin ou du Belial’, mais les locaux de l’Atalante ont été récemment non seulement cambriolés (avec notamment la perte des ordinateurs de l’éditeur nantais), mais, comble de la bêtise, également vandalisés. Vous le savez si vous me suivez, je m’attache à maintenir ce que j’estime être une certaine distance avec les éditeurs, afin que mon travail critique ne soit pas entaché (même inconsciemment) par des relations trop étroites. Pourtant, l’Atalante occupe une place à part sur ce blog, car c’est sur la suggestion d’un de ses directeurs de collection que j’ai ouvert le Culte, et car c’est la première maison qui m’a fait confiance en matière de SP ou m’a demandé mon avis sur certaines lectures en VO. Même si, depuis cette époque, nos chemins ont divergé, la ligne éditoriale actuelle (à part en SF militaire) ne me correspondant plus vraiment, il n’en reste pas moins que l’éditeur conserve mon amitié, et donc, en ces temps difficiles pour lui, mon soutien.
Il est auteur de science-fiction, il est canadien, il s’appelle Robert et… Mais qu’est-ce que c’est que ce chien qui débarque tout frétillant en me faisant des fêtes ? Attendez, il a un collier, il s’appelle « Critique »… Eh bien non,
Après six mois sans nouvelle publication de roman, court ou long, ce qui, pour lui, est une éternité (on aimerait que les Martin, Lynch et Rothfuss en prennent de la graine…), Adrian Tchaikovsky nous revient le 12 Mai avec une novella de 185 pages, Firewalkers. J’en profite aussi pour vous signaler que son prochain roman proprement dit, The doors of Eden (qui parle d’univers parallèles), initialement prévu le 26 mai, est repoussé au mois d’août.
The human est l’ultime roman de la trilogie Rise of the Jain (après
Le 11 juin 2020, paraîtra chez le Belial’ La survie de Molly Southbourne de Tade Thompson, la suite de l’excellent
Brass Man est le troisième des cinq tomes du cycle Agent Cormac (après